Genrée dès la couverture

dimanche 22 octobre 2017, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Comme mon tableau de bord m’indiquait que j’avais publié 666 billets, j’hésitais à en rajouter…

Combien de films pourraient recevoir la mention : « Aucune femme n’a été maltraitée dans cette histoire » ? (Et qui irait les voir ?)

J’attends que le Vernon Subutex 3 sorte en poche. Pas par économie mais parce que j’ai déjà les deux premiers volumes en poche et que je ne veux pas les dépareiller.

Les raisons pour lesquelles j’admire Nathalie Sarraute, Marguerite Duras, Virginie Despentes, Olivia Rosenthal ou Laure Limongi (et quelques autres) ne tiennent pas à mon féminisme, ou à une écriture féminine dont je rejette d’ailleurs vivement le concept. Chacune d’elles a apporté un ton nouveau en littérature, de la même façon qu’on le dirait d’un écrivain homme (et sans pour cela l’enfermer dans un genre littéraire masculin). Malgré cela, l’identité de ces auteures, connue et genrée dès la couverture, m’a toujours fait me sentir membre du club sélectif de celles et ceux qui considèrent ces auteures à égalité avec les auteurs. Car beaucoup de critiques lues depuis ces quarante dernières années de mon existence et de mon métier contenaient, plus ou moins discrètement, des remarques sexistes, positives ou négatives (plus souvent), dont le principe même m’était étranger, disant en gros soit qu’elle écrit bien pour une femme, soit qu’elle écrit mal parce que c’est une femme

J’ai longtemps ignoré qu’Enid Blyton était une femme et Evelyn Waugh un homme. Oui, c’était à des âges différents de ma vie. Mais je les ai adorés tous les deux pour leurs textes, sans me poser la question de leur genre. Et quand j’ai su de quel sexe elle et il étaient, j’ai comme perdu quelque chose. Une légèreté, une virtualité qu’elle et il avaient parce qu’elle et il échappaient au principe de réalité, à la lourdeur des identités civile et sociale.

L’auteure des Tablettes de buis d’Apronenia Avitia s’appelle Pascal Quignard.

À l’inverse, j’ai tout de suite su que Sei Shônagon était une femme. Et de si loin qu’elle nous parle, je ne peux la voir autrement que magnifique et nous dépassant toutes et tous en finesse.

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Publié dans le JLR


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