Chacun à son tour prend la sainte

lundi 15 septembre 2008, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Ce matin, découverte du Café littéraire de Daniel Picouly, sur France 2, qui a commencé le 5 septembre — personne ne me l’avait signalé et je ne passe pas mon temps à scruter les programmes (quoique parfois j’ai l’impression d’en donner l’image). Bruits de fond un peu lourds, parasitant les propos, par exemple pour écouter les propos intimes de Catherine Millet. Sensation de tourniquet, les auteurs passant l’un après l’autre… Qui n’en veut ! Et deux barils pour le prix d’un ! Picouly assez expressif, en apparence, mais le contenu de ses paroles plutôt consensuel et manquant de piquant. Et tellement long, tout ça. Près de deux heures! Heureusement, je lis dans Livres Hebdo qu’on va réduire d’une demi-heure pour la prochaine…
(J’ai quand même enregistré, en audio, pour écoute dans le train, par exemple, parce que je me méfie de mes réactions à l’image ; je suis plus attentif à l’audio seul…)

À propos d’audio, nous avons reçu hier un petit poste de radio, commandé par Amazon vendredi. Ayant voulu se séparer de la télévision, T. a éprouvé le besoin d’avoir tout de même une source d’information. Et curieuse de voir quels étaient les programmes culturels qu’elle pourrait découvrir, sur les stations de la NHK, par exemple. Hier et aujourd’hui, c’était des ajustements de fréquences, des repérages d’émissions avec les horaires dans le journal papier et par le web (le web japonais, ceci dit en passant, où il n’y a AUCUNE radio disponible en ligne gratuitement, même pas celles du service public (c’est qu’en fait, me dit T., la notion de service public n’existe pas au Japon (et où ce qui est public est plutôt une sorte de don des édiles — je ferme les parenthèses))). On a même eu droit tout à l’heure, avec l’antenne filaire et sur ondes courtes, à une radio russe donnant un cours de chinois !
Et puis nous sommes sortis, pour marcher. Jusqu’à Jimbocho, environ 4 kilomètres, où nous avons trouvé un magasin Patagonia ouvert sur de monstrueuses soldes — de quoi se faire une garde-robe pour l’été 2009, ou ce qu’il en reste pour 2008. Raisonnablement, mais on revient quand même avec des sacs…

Téléphone aux visiteurs de mardi dernier qui nous annoncent qu’ils prennent notre ex-appartement. Voilà une chose de réglée. Sommes très contents d’avoir de futurs voisins sympathiques.

Enfin, j’arrive à finir l’enregistrement des Matins avec Christine Angot (du 10). Les Matins est une des émissions qui m’énerve le plus, surtout quand il y a un invité que je souhaite écouter. Ça s’étale sur deux heures, c’est plein de recoins saccadés, bouts de journaux et chroniques où chacun à son tour prend la sainte parole… On imagine une ruche avec toutes ses énergies, du dopage matinal de l’auditeur pour qu’il aille bosser sur l’air des sept nains de Disney.

Olivier Duhamel : « Moi j’ai une hypothèse à vous proposer. je pense qu’il se passe avec vous la même chose, la même dérive que ce qui se passe avec la politique. C’est-à-dire qu’on va chercher une petite phrase — moi, la seule chose que j’aie entendue de votre roman que malheureusement je n’ai pas encore eu le temps de lire c’est « Te trompe pas de trou ! » — comme l’homme politique qui fait une petite phrase, qui est reprise partout et on ne parle plus du reste, du fond, de rien. C’est le même phénomène d’abêtissement, vous savez…
Christine Angot : — Oui, tout à fait. C’est-à-dire comment occulter quelque chose. Bon voilà, c’est exactement ce qui arrive à ce livre. C’est-à-dire, il faut absolument le faire taire, il faut l’occulter, il faut le faire disparaître, alors un des moyens de le faire disparaître c’est… de faire chanter Carla Bruni dessus… si on parle de politique, ou de raconter que c’est une affaire people. Comme ça, c’est réglé et on attend le prochain livre. Pour refaire la même chose. Ça peut durer longtemps, parce que c’est pas moi qui me lasserai la première.
Catherine Clément : — Oui, moi je voudrais raconter un peu ce que j’ai entendu en juin, ce qu’on m’a dit, ce que plusieurs personnes, attachées de presse, concurrentes aux éditions du Seuil m’ont dit en juin : tu ne vas pas pouvoir aimer le livre de Christine Angot, tu n’aimeras pas le livre de Christine Angot, vous n’allez pas pouvoir aimer le livre de Christine Angot. On ne me dit rien d’autre, hein. Alors là, je dresse l’oreille. C’est une chose qui m’est arrivée une fois, la cabale préparée pour dessouder le bouquin. […] Elle s’organise très tôt, trois mois à l’avance, en juin, en juin on me dit ça. En juin, j’ai une oreille qui se dresse, je me dis Ah va falloir que je lise vraiment ce livre pour voir ce qu’il y a dedans parce qu’il va y avoir une attaque en règle. Je pense que la sortie du livre de Catherine Millet est certainement l’une des clés de cette histoire…» (dans la dernière tranche de vingt minutes des Matins du 10 septembre 2008 — il y aura d’autres choses à citer, juste après, mais pour aujourd’hui, pour ne pas éparpiller la force du propos, ça suffit.)

Dans le TLF : « La première chose qu’on organise (…) ce sont les discordes, les jalousies, les intrigues, les cabales de toute espèce » (Fourier, Le Nouv. monde industr., 1830, p. 26)

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4 commentaires

  1. Caroline

    Vous écoutez Les Matins de France Cul en différé, puisque chez vous, ce n’est plus le matin. Le fait que cette émission dure deux heures s’explique par la tranche horaire qu’elle occupe. Elle permet de la prendre en cours de route suivant le moment où on écoute la radio (au réveil, en voiture, en se brossant les dents). Il s’agit d’une excellente émission qui a pour premier objectif l’information. Donc l’invité peut s’étendre sur deux heures et vraiment éclairer certains sujets d’actualité avec beaucoup de pertinence. En comparant avec la même tranche horaire sur France Inter, il n’y pas photo. On y zappe, on y coupe la parole et pourtant Nicolas Demorand qui était sur France Cul avant Ali Badou, n’y avait pas cette manie insupportable. Cependant, je reconnais que dans « les Matins » certains invités font regretter que l’émission dure deux heures. Était-ce le cas le 10 ?

  2. Stubborn

    @Caroline. Ali Badou : vous voulez dire le garçon qui le soir où Christine Angot fut l’invitée du Grand Journal chez Michel Denisot, transpirait par tous les pores de son visage son opinion négative, mais n’osait plus rien dire de tout le mal qu’il pensait la veille, sur le même plateau, du Marché des amants ? @Berlol. C. Angot ce soir-là parla de « droit à l’aveuglement ».

  3. christine

    pour que tu ne nous reproches pas de ne pas te l’avoir signalé, une info télé capitale : ton cher Taddéï a fait sa rentrée hier soir !

  4. Berlol

    Merci de me le dire… C’est marrant, que tu écrives ça maintenant : je suis précisément en train de l’écouter !