Promo de miel d’acacia

dimanche 28 septembre 2008, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Assurément, Dada n’aurait pas voté pour la conservation du Cabaret Voltaire.
D’ailleurs, Dada n’aurait pas voté.

Dada aurait certainement ri aux éclats de voir que Gallimard proposait ses livres au format numérique au même prix que les livres en papier. Moi, je n’ai pas ri mais j’ai envoyé un courrier :

« Bonjour,
Si je ne fais pas erreur, je vois que le livre au format numérique est au même prix que le livre papier. Alors que le format numérique ne coûte rien, ni en papier, ni en transport, ni en stockage, et pour le peu qu’il a coûté en maquette puisque c’est à peu près celle du livre papier.
C’est tout à fait scandaleux !
J’espère que vous réviserez bien vite cette position commerciale et… éthique.
Un lecteur du Japon.»

Le genre de truc qui ne sert à rien.
— Un peu comme Dada, alors !

Mais Dada aurait dévoré l’entretien d’Article 11 avec Éric Chevillard. J’en extrais ce cliché des clichés des auteurs qui s’y croivent quand ils sont invités dans Un Livre Un Jour

« […] Dans Préhistoire, par exemple, la situation de départ est devenue la scène sur quoi se referme le livre, parce que le personnage a tout bonnement refusé de prendre ses fonctions de gardien de la grotte ornée où il se trouvait affecté ainsi que celles de héros de mon roman et qu’il m’a fallu tout au long de ce livre le convaincre, l’amadouer, insidieusement le conduire à entrer dans son rôle. Je me moquais un peu là des écrivains qui prétendent que leurs personnages leur échappent et dictent leur loi, ce qui m’a toujours paru être une affirmation de très mauvaise foi et d’une affectation ridicule.»

Et Dada aurait cru Federman, qui imagine Palin envahissant la Russie…

Sinon, ici, c’est beaucoup plus calme que les jours précédents. La recherche reprend ses droits, quand je ne suis pas en train de répondre à Vinteix…
À la pause thé, T. m’a lu le chapitre où Beaufort enfin s’échappe. Superbe mise en scène de la performativité du langage : il expose un de ses « quarante moyens d’évasion », puisqu’on lui a posé la question, et, joignant le geste à la parole, il sort du pâté en croûte les poignards, la corde et la poire d’angoisse qui vont servir à l’évasion. Dans la diégèse, parole et action sont deux choses différentes, juste synchrones, mais à la lecture, c’est bien la parole écrite qui produit les instruments et l’évasion…

Suis sorti tout de même en vélo, malgré la grisaille qui menaçait mitraille. J’ai fait près de 10 kilomètres et il n’y a guère qu’au retour qu’il commençait vaguement à bruiner. Au Seijo Ishii de Korakuen, promo de miel d’acacia et de confitures Saint-Dalfour.
Et, par intermitence, enregistrement de la série des Nouveaux Chemins de la connaissance sur la toupie l’utopie. Faut que j’écoute ça rapidement.

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Publié dans le JLR

3 commentaires

  1. karl

    hmmm le prix n’est pas si évident, je mets cela au chaud pour un billet sur La Grange. Trop long ici. 🙂

  2. Berlol

    J’attendrai avec une vive curiosité cette explication. En tout cas, les livres numériques de Publie.net sont à 5,50 euros et François Bon s’en est déjà largement expliqué…

  3. Philippe De Jonckheere

    Berlol, tu as raison, ce prix est déraisonnable. En revanche ce n’est pas non plus (et tu ne me soupçonneras pas de défendre un éditeur graphique sur ce genre de question) complétement sans coût de production.

    Pour publie.net, c’est un peu différent aussi, puisque les coûts de production sont quasi-nuls pour ce qui est de la fabrication de chaque fichier, mais pas nuls en revanche tout l’admnistratif.

    Mais quand même tu as raison sur le fond, à Gallimard ils prennent vraiment les lecteurs pour des Américains, mais ce n’est pas la première fois.

    Amicalement

    Phil