Quelle que soit la couleur de la barricade

lundi 11 août 2008, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Des fois, je me dis tiens je vais voir dans mon journal ce qui se passait à pareille date les autres années, c’est toujours instructif. En 2004, c’était la préparation du colloque de Cerisy sur l’Internet littéraire francophone, en 2005, on arrivait à Paris, pour aller au colloque deux jours après, justement, en 2006, visite d’une expo puis discussion sur les e-books, enfin en 2007, en pleine préparation sur Mérimée
Sinon, ailleurs dans le monde ou dans le temps, c’était quand même le jour de naissance d’Enid Blyton ! Mais si, rappelez-vous, OuiOui

On n’a presque rien mangé, les céréales étaient un peu collantes, avec du yaourt ça allait… Aussi, on est prêt à 11h30 pour aller déjeuner au Saint-Martin. Et on fait bien : le chef a concocté des keftas de toute beauté, sur confortable lit de taboulé !
Je vous passe la chronique des aménagements chez nous, c’est un peu comme hier et demain. On est dedans, c’est tout. Avec à côté des brouillons de rapports qui arrivent, s’entassent et qu’il faut que je corrige jusqu’à minuit. Et même pas vingt minutes à lire avant de passer dans l’autre monde…

« Et puis il y avait un autre motif de clore la discussion : en marchant nous étions entrés dans le centre de la ville et sans nous en rendre compte nous nous étions engagés à l’intérieur d’une barricade.
« Attention, c’est sérieux », a dit Astvo.
Nous nous sommes immobilisés tous les deux, les mains derrière le dos, la mine violemment provocante. En cas de danger, autant avoir l’air sûr de soi : c’est une manière de se défendre.
Les autres nous ont entourés et le plus petit a écarté le bas du foulard noir qui lui couvrait le visage.
« Le mot de passe ? il a demandé.
— Aigre bibiche », a dit Astvo.
Et aussitôt les autres ont commencé à nous taper familièrement sur l’épaule.
« C’est des nôtres ! » a crié quelqu’un depuis une fenêtre.
« Hourra ! » a repris une voix, sur une note qui m’a semblé un peu mélancolique.
Je ne sais pas comment Astvo se débrouille, mais il connaît toujours les mots de passe, quelle que soit la couleur de la barricade. […] » (Antoine Volodine, Biographie comparée de Jorian Murgrave, p. 66)

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Publié dans le JLR


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