Les courges dorment bien la nuit

mardi 25 novembre 2008, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Quand je me lève à 6h30, les nuages se déchirent. Il fera beau.
Insectes dans le train (le moustique plaque la mouche après l’avoir sucée, le cafard sort de terre et se rase la moustache, la fourmi accouche et mange quelques œufs pour survivre).
Deux cours comme lettres à la poste et une séance de soutien pour nos deux finalistes du concours d’éloquence (qui aura lieu samedi à la MFJ).

« Je pense, dit l’un des coléoptères, qu’il n’y a rien de plus élevé que notre solitude.
— Mis à part les eucalyptus, dit le second.
— Et les platanes, ajouta le premier, après un moment de réflexion.
— Et encore l’arbre à chicle qui pousse dans la partie sud-est du Yucatán.
— Sans aucun doute, acquiesça le premier, mais cette souche pourrie dans la clairière voisine n’est certainement pas plus élevée que notre solitude.
— C’est exact, confirma le second.
Les coléoptères rouges fixèrent de nouveau l’horizon, l’air pensif.
— Qu’y a-t-il de nouveau dans tes rêves ? demanda le premier au bout de quelques minutes.
— Bien des choses. Aujourd’hui, par exemple, j’ai remarqué un monde lointain et très bizarre, d’où quelqu’un nous a également aperçus.
— Vraiment ?
— Oui, répondit le second. Mais celui qui nous a vus nous a pris pour deux lampes rouges au sommet de la montagne qui se trouve près de la mer.
— Et que faisions-nous dans ton rêve ?
Le second entretint une pause dramatique.
— Nous luisions, expliqua-t-il avec la solennité d’un Indien, jusqu’à ce qu’on coupe l’électricité.
— Oui, reconnut le premier, notre âme est réellement irréprochable.» (Viktor Pelevine, La Vie des insectes, p. 136-137)

Laissez tomber Aubry mal élue (défaut de légitimité qui sera le talon d’Achille du PS), laissez tomber la bague regrettée de Dati et filez voir le 20 Heures en grève de France 2. Surtout le débat entre Noël Mamère et Frédéric Lefèbvre. Regardez la tête glauque de ce dernier, son total manque de charisme — sans parler de ses arguments faisandés. Jamais vu un porte-parole aussi peiné par le poids de sa tâche ! Faut dire qu’entre Pujadas et Mamère, il est assez difficile d’en place une et d’avoir raison — surtout quand on a tort. Lefèbvre incarne l’antithèse de l’enthousiasme niais de Christine Albanel, mais au fond ils se complètent. Ils forment la paire de courges, les Laurel et Hardy dont Sarkozy a besoin pour qu’aucune réponse valable ne soit apportée aux arguments contre la réforme et qu’aucun non-dit sur la main-mise étatique ne soit proféré.
Mais je me demande si les courges dorment bien la nuit.

Si vous préférez des débats où l’on se respecte, où des choses sont quand même dites sur le fond, il y a les deux Ce soir ou Jamais que je rattrape ce soir, et qui, quoi que très différents l’un de l’autre, apportent  tout de même, enfin, quelques nourritures intellectuelles (du 20 novembre sur les 100 plus beaux films et sur les mouvements sociaux — la meilleure part, et du 24 novembre sur les comédies musicales).

Tags : , , , , , , , ,

Publié dans le JLR

2 commentaires

  1. brigetoun

    Mamère qui m’agace souvent a fait un discours épatant à l’assemblée (vraiment).
    Mais rien ne vaut Pélevine

  2. Berlol

    Content que ça vous plaise !