| Jeudi 1er février
2007. Balancés dans les gémonies...
Journée un peu morose dans le monde
réel, plombée par les corrections de copies. Sauf
le déjeuner avec David, bien sûr, toujours haut en
couleur (il se prépare à partir pour
Orléans dans une quinzaine de jours avec un
collègue et la trentaine d'étudiants
sélectionnés, comme il
l'a déjà fait il y a deux ans et comme je l'ai
fait l'an dernier...). Entre temps, nouveau saut de chat botté vers la
belle T., et fin d'un livre-univers, avec toujours la tristesse de
quitter, ici non pas des amis (quoique... Scheidmann,
Gompo, Mardirossian...), mais un recoin où la forme de ma
pensée s'était lovée... et dont elle
se souviendra... Commentaires1. Le jeudi 1 février 2007 à 12:17, par ck : Lord Jim, oui, et Robert Walser... 2. Le jeudi 1 février 2007 à 15:12, par jcb : L'adaptation radio est une chose et un travail complet en soi et respectable. Mais le livre c'est vraiment autre chose. 3. Le jeudi 1 février 2007 à 15:50, par christine : autre chose, en effet : écouter les textes ce n'est pas du tout (pour moi) comme la lecture, comme voir les mots écrits (sur le papier ou sur un écran) ; c'est bien éventuellement pour une citation, un texte court, mais, très vite, c'est trop lent parfois, parfois trop rapide, ce n'est pas mon rythme 4. Le jeudi 1 février 2007 à 16:00, par Berlol : Merci de ta recommandation. Je suis bien sûr d'accord avec toi sur la prééminence du texte. Je conçois plutôt l'adaptation radio comme un bon apéritif, pour ouvrir l'appétit de lire... Mon rêve serait de lire cela dans sa langue originale... Mais si l'adaptation est bien faite, c'est une autre œuvre, en soi, qui a sa valeur littéraire propre (et il y a eu des feuilletons radio faibles ou mal conçus). Idem pour une BD... C'est un peu le même débat que les continuations d'œuvres ; j'en parlais hier en mentionnant l'héritier d'Hugo... 5. Le jeudi 1 février 2007 à 21:00, par vinteix : Oui, c'est bien d'entendre les mots (notamment pour la
poésie ou le théâtre)... mais j'ai besoin de les
voir, moi aussi. 6. Le jeudi 1 février 2007 à 21:14, par vinteix : A propos des gémonies, c'est marrant : hier
après-midi, j'avais ce mot-là en bouche ! même s'il
glace le sang ! 7. Le vendredi 2 février 2007 à 02:14, par brigetoun : oui pour Lord Jim, j'aurais même tendance
à penser qu'en passant par la radio le livre se ramène
à l'anecdote. 8. Le vendredi 2 février 2007 à 02:15, par Berlol : Oui bien vu les bouquinistes. Surtout, je voulais vérifier s'il était employé sans le "aux" et le verbe "vouer", parce que l'expression est un peu grandiloquente et je voulais quelque chose de plus souple, voire trash. 9. Le vendredi 2 février 2007 à 02:22, par vinteix : oui, trash... "balancer dans les gémonies" ! 10. Le vendredi 2 février 2007 à 03:02, par Berlol : Je ne me sentais plus guidé aux gémonies... 11. Le vendredi 2 février 2007 à 03:12, par vinteix : c'est de qui ça ? de toi, monstre-mutant... ? 12. Le vendredi 2 février 2007 à 03:14, par Berlol : Avec l'aide d'Arthur... quand il a ses haleurs 13. Le vendredi 2 février 2007 à 03:15, par vinteix : Ah ça y est ! suis-je bête ! j'ai compris la parodie "ivre"... 14. Le vendredi 2 février 2007 à 03:35, par Berlol : En plus, j'ai mis "sentais" au lieu de "sentis", c'est encore plus coupable... 15. Le vendredi 2 février 2007 à 05:21, par vinteix : oui, j'avais remarquis... 16. Le vendredi 2 février 2007 à 05:37, par vinteix : Dommage
que l'on ne se soit pas vus en janvier à Tokyo... à cause de ces
satanées machines que je voue aux gémonies... bien pratiques toutefois,
plus que d'aller en bateau ivre au lavoir et de battre son linge à la
bougie ! 17. Le vendredi 2 février 2007 à 05:54, par vinteix : A la revoyure ! |
| Vendredi 2 février
2007. Le centrifuge qui pète. Matinée à finir les corrections de copies. Dont je suis débarrassé quand, au Saint-Martin, j'attaque mon jarret d'agneau... L'après-midi, lecture de rapports. Avec quelques pauses web et des enregistrements de radio, notamment les deux Surpris par la nuit intitulés « le torchon brûle », rassemblant des témoignages de féministes des années 60-70 et d'après. Au Café Picouly du 26 janvier, de quoi rassurer mes commentateurs-fauteurs. J'y vois la bande-annonce du film Odette Toulemonde (d'E.-E. Schmitt, qui sortira le 7) avec Catherine Frot, dans laquelle le personnage éponyme déclare : « Je n'écris jamais. Car si j'ai de l'orthographe, je n'ai aucune poésie.» C'est le début de sa lettre à l'écrivain qu'elle adule... Après, je ne sais pas ce qui se passe, évidemment, et vous verrez peut-être le film avant moi... D'ailleurs, entre auteur et fauteur, il n'y a qu'un courant d'air. À ajouter au dossier |littérature —livre VS écran—|, ces extraits de Polastron trouvés chez Webobjet. Je ne les copie pas, ils ne m'apprennent rien. Plus intéressant, à l'évidence, le billet de Jean-Claude Bourdais qui dans un ample mouvement dévoile le sens de son compte à rebours chocolaté. À méditer. Moi je suis pour le centripète qui fuge, et refuge, et le centrifuge qui pète, et répète, le yin et le yang, quoi... En page 10 du Monde des Livres, une très belle page sur Jean Cayrol, toujours suite à la sortie du volume de son Œuvre lazaréenne. Après passage à la médiathèque de l'Institut franco-japonais où j'emprunte le film, qui n'y est pas souvent, dîner en regardant La Marche de l'empereur. Beau, bluffant quant à la technique d'approche des animaux et la résistance au froid de l'équipe du tournage, juste un peu lourd côté commentaires à la première personne — ça en devient presque un film angoissant. Suis toute la soirée sur Le Fils du Titien... Quand Alfred de Musset, lui-même un peu adepte du jeu et du farniente consent à raconter la vie du fils du Titien, sa bourse magique, sa maîtresse, sa fainéantise à lui aussi et, bien sûr,quand il consent à raconter la rencontre entre son père et Charles-Quint, la fameuse histoire du pinceau pour lequel le pouvoir politique s'abaisse devant le génie artistique... On voit qu'il y a de l'emboîtement aussi chez Toussaint. Qui parlait de minimalisme baroque ? Commentaires1. Le vendredi 2 février 2007 à 08:57, par christine : "poses web" ? beau lapsus ? dénonciation ironique ? ou coquille (attention au correcteur masqué !) ? 2. Le vendredi 2 février 2007 à 10:40, par vinteix : J'apprends avec quelques jours de retard la mort de Philippe Lacoue-Labarthe... 3. Le vendredi 2 février 2007 à 13:14, par Berlol : Lapsus injustifiable, en effet (ou trop facile à, justement...), et que je corrige tout de suite. Merci. Pour Lacoue-Labarthe, oui, j'ai su, mais rien à en dire car je ne l'ai pas lu. 4. Le vendredi 2 février 2007 à 14:50, par christine : ... l'émotion après la lecture du billet de JCB, peut-être (que je n'avais pas encore lu lors de mon premier commentaire) 5. Le vendredi 2 février 2007 à 22:16, par vinteix : En
effet, très grande et belle analyse de la blogosphère par JCB (que je
salue via ce blog de l'ami Berlol) ; il dit précisément beaucoup de
choses que je pensais "en gros"... et qui pour moi sont essentiellement
liées à un aveuglement technologique et une illusion de communication
(oui, "un nouvel opium", "warholien"), un manque de réflexion et de
distance par rapport à l'objet technologique lui-même, ce médium là,
souvent utilisé sans pensée, sans analyse réflexive, sans doutes, sans
auto-critique... avec une sorte de confiance aveugle ou aveuglée. 6. Le samedi 3 février 2007 à 00:50, par vinteix : En
manque de papier... je suis retourné un peu à mes livres et notamment à
ce très beau texte de Lacoue-Labarthe, "Phrase" (Christian Bourgois,
2000) où je retrouve ceci, ce mouvement de retournement qui fait écho
au geste d'Orphée et à Hölderlin, qu'il n'a cessé d'interroger, avec et
contre Heidegger (au passage, quant à ce dernier, plutôt que les
chamailleries entre Sollers et Onfray, Lacoue-Labarthe peut-être d'une
grande aide pour tenter de comprendre un petit quelque chose) : 7. Le samedi 3 février 2007 à 05:32, par christine : merci
Vinteix pour ces extraits de Philippe Lacoue-Labarthe, que j'avoue ne
jamais avoir lu et que vous me donnez très envie de découvrir au plus
tôt 8. Le samedi 3 février 2007 à 05:58, par vinteix : De
Lacoue-Labarthe, je n'ai lu que ce livre ("Phrase"), entre poésie et
philosophie, en effet superbe... plus quelques articles à droite à
gauche, notamment sur Hölderlin et Heidegger... 9. Le samedi 3 février 2007 à 06:00, par vinteix : ... en plus mes commentaires sont par intermittences... alternance de grandes bouffées et de grands silences... 10. Le samedi 3 février 2007 à 06:36, par christine : il
arrive également que l'anonymat (pas toujours mais parfois) rende les
échanges plus authentiques car moins bridés par la nécessité de coller
à l'image que les autres ont de vous, les intérêts sociaux, le souci de
ne pas blesser, l'envie de plaire, ... et toutes les autres contraintes
de la vie sociale |
| Samedi 3 février 2007.
Un dessein plus grand derrière le narrateur. Lever à 6 heures pour finaliser les notes du cours de l'Institut sur La Télévision, principalement p. 64-73, c'est-à-dire la séquence des recherches informatiques à la BPI, dont le narrateur dit qu'elle se place 3 ou 4 ans avant le temps de référence, soit quand il a arrêté la télé, au sein du séjour à Berlin. C'est donc entre 1990 et 1992 qu'il est allé chercher le texte d'Alfred de Musset, s'adressant à des bibliothécaires qui n'ont pas vocation à connaître le contenu des œuvres, c'est vrai, mais qui avaient tendance à croire un peu trop en leurs outils informatiques (en l'occurrence, une disquette avec « tout Musset », soi-disant, ce qui n'était pas le cas, puisqu'il n'y avait pas Le Fils du Titien). Bonne occasion d'évoquer le Centre Pompidou alors qu'on fête maintenant son 30e anniversaire (j'aurais bien aimé voir le film documentaire d'Alain Fleischer, sur France 5 le 1er février...). Dans la micro-étude textuelle, on retrouve intacte l'aptitude de Toussaint à nous faire rire avec des dialogues où seuls un ou deux mots sont répétés sur divers tons. On s'amuse également — comique involontaire, cette fois — de l'évocation du « gros ordinateur central » de la bibliothèque, qui doit tenir dans un portable bas de gamme d'aujourd'hui. Mais derrière, c'est une interrogation sur les limites de la logique machinique et informatique de l'époque (corpus et mode de consultation de catalogue d'avant le web), sans condamnation cependant. Au-delà, puisqu'on commence à voir un dessein plus grand derrière le narrateur, je suggère — même si je ne suis pas historien — que le choix d'un sujet impliquant Charles Quint lorsqu'on est soi-même à Berlin très peu de temps après la chute du Mur n'est peut-être pas anodin. En effet, Charles Quint (Karl V.) représente l'avènement historique, par les alliances familiales européennes puis par les guerres, d'un empire germanique, au XVIe siècle, et qui restera dans la fantasmatique allemande, se reformera dans la Prusse du XIXe siècle, jusqu'à la dernière métastase du IIIe Reich — qui voit sa fin véritable dans la chute du Mur et la réunification d'une Allemagne pacifique et pleinement désireuse de se limiter à ses frontières... Comme dans un mobile en équilibre, le poids de sérieux de tout cela est précédé par un plus grand ridicule : ce souvenir de la BPI et cette évocation de Musset prennent place dans un parc où le narrateur s'est déshabillé parce qu'il fait très chaud et que c'est tout nu qu'il devra saluer deux personnes qui passent par là par hasard — et qui sont bien habillées : un écrivain célèbre et le président de la fondation qui lui a attribué sa bourse (p. 58-62). Joie de retrouver Éric de Kyoto pour passer voir T. (qui arrose au champagne la bonne marche de son séminaire privé), puis aller déjeuner au Saint-Martin, qu'il découvre enfin et où nous retrouvons Laurent et Bill. Conversation assez animée puisque politique, mais inrendable à l'écrit. Retour à l'Institut pour voir Moulin Rouge ! (B. Luhrmann, 2001). Un très mauvais film, dans lequel le grotesque et le carnavalesque rencontrent le cartoonesque et le patchwork pop sans jamais réussir à fusionner ou produire de l'émotion. Le prétexte historique est tellement malmené que le tout se traîne dans une vulgarité sans nom. Je ne comprends pas ce que ce film fait dans une sélection de films sur Paris. Ça m'a même donné mal à la tête et il faudra un demi-litre de thé au jasmin et un nabé au dîner pour en venir à bout... Des blogs. Une simple impulsion vers Einstürzende Neubauten, puis vers Silo, et je replonge dans YouTube une bonne heure. Dans Motorcade, un excellent morceau du groupe Magazine, vers 2'50'', on voit la charleston de droite tomber... ce qui ne dérange absolument rien. Commentaires1. Le samedi 3 février 2007 à 12:27, par L. S. : De Magazine, j'aime beaucoup leur reprise de Captain Beefheart "I love you, you big dummy". J'ignore si elle figure sur un album. 2. Le dimanche 4 février 2007 à 19:20, par un etudiant : まったく同感です。日仏学院の頭はどうにかなってしまったと思います。あのような悪趣味な映画を上映するなんて、今まででは考えられませんでした。残念です。 3. Le dimanche 4 février 2007 à 20:20, par Berlol : Je résume en français (merci, David !) pour les non-japonophones : l'étudiant dit qu'en effet le film était très mauvais et qu'il se demande ce que ça faisait dans une sélection de l'Institut (compte tenu de ses missions, je suppose). |
| Dimanche 4 février
2007. Tranchent vite bien dans le nœud questionné. Enfin un dimanche où je n'ai rien à dire... Sauf des trucs perso comme une
promenade dans Tokyo ensoleillé, un crochet par les jardins
du Palais impérial où les fleurs s'ouvrent, un
déjeuner chinois près de la gare de Tokyo, un
achat de quelques articles de vaisselle de Hutschenreuther au X-Factory de
Ginza.Et qu'après notre retour, j'ai regardé le Ce soir ou Jamais de jeudi dernier, intitulé « Critiques et artistes : je t'aime moi non plus ! ». On s'y amuse bien mais on n'y apprend pas grand chose. Jérôme Garcin est aussi inintéressant que d'habitude. Pierre Jourde ne me convainc pas du bien fondé éthique de sa démarche (même si ce qu'il écrit m'intéresse). Arnaud Viviant est plus précis, plus incisif et prend une position idéaliste (le critique parle d'art, ou le devrait) qu'on aimerait pouvoir croire (car qui le fait vraiment ?). Plusieurs ont l'air de dire qu'il n'y aucune émission de critique littéraire. Et c'est de cela qu'ils tirent que tout va mal. Mais c'est faux, ces hommes mentent ! Au moins sur France Culture ou à la Radio Suisse Romande, il y a de nombreuses émissions de critique littéraire qui ne sont ni de la promotion ni du cirage de pompe ! Et qui peuvent accueillir des avis contradictoires sans que ça devienne le cirque ou le massacre. Je ne saurais trop leur recommander l'écoute des remarquables Jeux d'épreuves d'hier (sur Marie N'Diaye, Emmanuelle Pagano, Maryline Desbiolles et Constance de Salm). Mais sans doute n'ont-ils pas le temps d'écouter la radio (et ils ne savent pas qu'on peut réécouter à loisir via l'internet, car d'ailleurs de l'internet il ne sera aucunement question dans toute l'émission, comme si aucune critique littéraire n'y avait lieu, n'y concurrençait la leur — il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir). Enfin, on pourrait penser avoir tout dit sur l'anonym@t et ne pas avoir à y revenir. Et certains ne manqueraient pas de nous reprocher d'en remettre une couche si l'on ne les exhortait ici à un peu de patience. Car il y a le temps qui passe et les pratiques qui varient. Et nous les voyons évoluer (pour ce que nous voyons). L'anonym@t n'est donc ni un ou plusieurs statut(s), une ou plusieurs pratique(s) qui aurai(en)t une définition une fois pour toutes (à moins qu'elle ne soit sommaire, ou plus précisément générique), mais l'usage du mot concerne un ensemble de statuts et de pratiques qui interagissent avec d'autres champs d'activités et de signification, et qui sont en outre affectés par l'accumulation temporelle de ces statuts et pratiques. Autrement dit, l'anonym@t évolue. Si je dis tout de suite, comme ça, une opinion, qu'il évolue en bien, ou en mal. C'est une connerie de plus, comme des tas de gens en sortent à la pelle. En plus, ce serait me prendre pour quelqu'un, vous voyez, de ceux qui tranchent vite bien dans le nœud questionné, ou de ceux qui pensent faire pluie & beau temps dans l'internet en disant quelles seront les tendances de l'année et de la décennie. Comme ça, dans ce genre, j'ai entendu que le livre c'était fini, que les blogs, ça y est, c'était mort, qu'à la télé y'avait jamais rien de bon, ou qu'en politique tous pourris. Voyez, tout ça, c'est du même genre, connexe par la simplification, c'est se croire capable d'une synthèse sur laquelle fonder une opinion, alors qu'en réalité ce n'est que de la vanité sur du vent. Donc, j'en parlerai un autre jour... (Technique JPT, leçon un.) Pierre blanche, pour avoir retrouvé ma mémoire de Bali... Commentaires1. Le dimanche 4 février 2007 à 08:33, par brigetoun : me
voilà dans la connerie de l'opinion - il y a eu en effet un trou dans
les émissions de critique sur France Culture et, oui vous avez raison
pour Jeux d'épreuve (et un stade plus bas il y a le dimanche ou le
samedi sur France Inter la librairie francophone) - 2. Le dimanche 4 février 2007 à 11:21, par jcb : 1-
Je n'ai pas trouvé jeux d'épreuves d'hier intéressant ni remarquable.
On entend des personnes qui disent s'ils ont aimé ou pas quatre livres,
racontent l'histoire et de quoi ça parle, et finissent par dire
pourquoi ils ont aimé ou non. Et c'est tout. Chaque livre, il y en a
qui aiment et d'autres qui n'aiment pas.J'ai écouté pour Pagano. Bon .
Y'a quelqu'un qui dit que c'est la " prodigieuse réussite bancale d'un
livre bancal " , que c'est " à la frontière de steve Reich en musique "
et quelqu'un d'autre qui dit que c'est "lassant" et qu'il n'a pas aimé. 3. Le dimanche 4 février 2007 à 13:57, par Berlol : Ouh
la ! Il ne faut pas te sentir visé ! Bien au contraire, ton avis est
bien clairement limité à toi-même et tu n'as pas l'intention de dire
des "vérités"... Pour tout dire, cela s'adresse d'abord à moi-même car
j'ai commencé à parler de l'anonymat vers 2000, puis dans un livre,
puis dans ce blog maintes fois, en forgeant le terme d'anonym@t, avec
un peu la faiblesse de croire pouvoir en donner une définition qui
tienne la route. Mais ce sont des pratiques évolutives et le sens suit.
Ce que j'en ai dit n'est plus guère valable à mes yeux, et il va
falloir recommencer, autrement. C'est ce que j'annonce. C'est pour cela
que j'exhorte à la patience. 4. Le dimanche 4 février 2007 à 16:24, par le consul : Ai
écouté le dernier jeux d'épreuves, et je l'ai trouvé très bien, car
certes les critiques donnent leur avis, mais, cher JCB, vos amis qui
vous ont conseillé les livres, ont ils développé devant vous une large
argumentation ? ou bien avez vous fait confiance à leur avis direct et
subjectif, même si basé sur une appréhension objective du livre ? Je
prends ce genre d'émission comme si mes amis me parlaient de leurs
lectures du moment. Je sais que j'ai plus d'affinité avec tel ou tel,
et que je vais être plus sensible à ce qu'il va me dire. Et les
remarques que vous relevez me semblent bien définir les livres qu'ils
chroniquent. La comparaison avec Steve reich, pour moi est parlante, et
m'indique dans quel genre de lecture je vais peut être m'engager. 5. Le dimanche 4 février 2007 à 16:37, par le consul : Ai regardé aussi "ce soir ou jamais", et à chaque fois je me demande pourquoi cette émission passe à la TV, car elle pourrait très bien passer à la radio, aucune trouvaille visuelle.... et ce qui intéresse c'est ce qui est dit, et non pas ce qui est montré... bref une fois de plus on acclame une émission de TV qui n'est pas de la TV... et on est obligé de dire que cela sauve la TV... 6. Le dimanche 4 février 2007 à 19:19, par Berlol : C'est tout à fait vrai que Ce soir ou Jamais
pourrait être une émission de radio. J'allais dire : pourrait n'être
qu'une émission de radio. Comme si l'image apportait quelque chose de
plus ; c'est ce que l'on pense habituellement... Il y a des gens que je
suis content de voir ou de découvrir, certaines attitudes, mimiques,
gestes font comprendre mieux un propos, ou pourquoi on apprécie ou pas
une personne. Par exemple, la suffisance, sur un visage, se voit bien,
alors qu'elle ne s'entend pas toujours (je pense à Attali, par exemple). 7. Le dimanche 4 février 2007 à 19:50, par Philippe De Jonckheere : Très drôle la comparaison avec Steve Reich, je me demande où ce type est allé cherché cela: www.leportillon.com/Les-A... 8. Le dimanche 4 février 2007 à 22:11, par Manu : Il y a un espace insécable qui ne devrait pas y être entre "qui" et "sont" !... 9. Le dimanche 4 février 2007 à 23:36, par vinteix : "On
entend des personnes qui disent s'ils ont aimé ou pas quatre livres,
racontent l'histoire et de quoi ça parle, et finissent par dire
pourquoi ils ont aimé ou non." 10. Le dimanche 4 février 2007 à 23:44, par vinteix : petit bémol : Un critique "doit" ou "devrait" apporter quelque chose de plus au texte dont il parle... 11. Le lundi 5 février 2007 à 01:29, par Berlol : Merci, Manu, mais pourquoi le signaler ? Ça créait problème ? 12. Le lundi 5 février 2007 à 02:12, par vinteix : Vive la cuisine au beurre ET à l'huile ! 13. Le lundi 5 février 2007 à 03:30, par jcb : -
La citation exacte (c'est Alexis Lacroix qui parle) est : " C'est un
livre que je défendrai car il est à la lisière, à la frontière de Steve
Reich en musique pour son caractère itératif et obsédant, et Emmanuel
Carrere par ses paysages agrestes.". Il est vrai que c'est ce que
disait PdJ à la fin de son bloc notes (désolé de ne pas savoir faire un
lien dans les commentaires) repris par le Portillon. La référence à
Steve Reich ne m'avait pas étonné, puisque tous dans l'émission,
avaient noté le côté obsédant (voire lassant a dit un autre) de la
navette. Mais n'est-ce pas dans la définition de la navette de ne faire
que des allers et retours et recommencer sans cesse le même parcours ? 14. Le lundi 5 février 2007 à 04:18, par le consul : si
les émissions de critiques n'apportent rien c'est qu'il y a discussion,
débat, et comme dirait Deleuze, quand il y a discussion il n'y a
rien.... car tous les avis se valent, et ce sera au spectateur
(auditeur) de se faire un avis... (et c'est souvent l'animateur(sic)
qui le fait remarquer) 15. Le lundi 5 février 2007 à 07:45, par jcb : La
lecture comme construction du lecteur, ça correspond à ce que je crois
et à mon expérience. D'où : dis moi ce que tu lis (ou a lu), je te
dirai qui tu es...Je ne peux m'empêcher quand je rentre quelque part ou
chez quelqu'un, c'est plus fort que moi, d'aller voir sa
bibliothèque...Pour cela aussi que je ne peux jeter un livre, comme si
ça m'enlèverait une brique, un caillou, une plaque de ciment... 16. Le lundi 5 février 2007 à 08:14, par vinteix : Oui,
construction-déconstruction permanentes... et même risque pris de
l'effondrement... une sorte de travail des ruines... qui tente tant
bien que mal de composer avec le temps... et avec tout ce que nous
apprenons, connaissons et tout ce qui nous échappe... car tout me
semble toujours à recommencer... c'est infini et presque un peu
"sisyphéen"... 17. Le lundi 5 février 2007 à 11:13, par janu : Arrivé au commentaire 14 alors, le doute vous
étreint : car s'il y a discussion, dans le fil des commentaires,
alors... 18. Le lundi 5 février 2007 à 17:13, par Berlol : Eh
oui, la discussion s'invite où elle veut et quand elle veut... C'est ça
qui en fait une chose précieuse. Quand on convoque des gens,
spécialistes, pour une discussion, elle a rarement lieu. D'où la notion
du lieu... 19. Le lundi 5 février 2007 à 18:24, par vinteix : "Arrivé au commentaire 14 alors, le doute vous
étreint : car s'il y a discussion, dans le fil des commentaires,
alors..." 20. Le mardi 6 février 2007 à 09:54, par vinteix : en
voyant toutes ces tours de ma fenêtre... je me dis souvent qu'elles
vont s'écrouler... Bataille a écrit sur cette "métaphore
architecturale" quelques textes superbes, comme "Cheminée d'usine"... 21. Le mardi 6 février 2007 à 22:26, par Berlol : «
Imaginez, vous êtes Alexis Lacroix, journaliste, essayiste, tout ce
qu’il y a de bien, vous êtes invité à une émission de radio sur France
Culture, Jeux d’épreuve, dans laquelle vous aurez notamment à donner
votre avis à propos du dernier roman d’Emmanuelle Pagano, les Adolescents troglodytes.
Malheureusement vous n’avez pas eu le temps de le lire, ou de le lire
en entier. Ni une ni deux, vous allez sur Google et vous faites une
recherche sur "adolescents troglodytes", le site de POL ne vous
renseignera pas outre mesure, vous pourrez lire les premières pages du
roman, pour cela vous avez déjà reçu le service de presse, la
biographie de l’auteur, pas très longue d’ailleurs et puis la critique
du livre dans Télérama, mais vous n’allez tout de même pas reprendre
les termes d’une collègue dans un autre journal. En revanche deuxième
proposition de google, un petit article de pas grand chose sur
internet, c’est exactement cela qu’il vous faut [...] » |
| Lundi
5 février
2007. Molle du genou. De l'agrégat à l'opinion. Train très tôt ce matin, lecture de Luc Lang, avec intérêt, et je vois le Mont Fuji. À quelques minutes de l'arrivée, ayant regardé sur mon horaire le côté de la descente, je viens me positionner devant la porte de droite. Un Japonais est à la porte de gauche, qui sait ou ne sait pas de quel côté est la descente. Arrivent deux mamies qui regardent à gauche et à droite, et choisissent la gauche. D'autres personnes arrivent, qui s'alignent toutes dans le même sens, alors même qu'un message par haut-parleur annonce la descente à droite, peut-être pas assez fort. Quand le train entre en gare, je suis seul du bon côté, évidemment, et derrière, petit à petit, tout le monde se retourne... Que dire de cette micro-histoire ? Sinon qu'un instinct grégaire a amené deux personnes à en suivre une première, au détriment d'un étranger, spontanément douteux. Et qu'une fois l'agrégat commencé, les nouveaux arrivants font de plus en plus — automatiquement — confiance au groupe établi, sans même voir qu'il existe une autre solution. Bien sûr, personne n'est fautif ni coupable de quoi que ce soit. Ce n'est qu'un tropisme. Mais je peux le considérer comme un bon schéma de ce qui se produit dans un groupe quand il est question d'opinion, surtout quand ce groupe est notoirement sous-informé ou inattentif. « La nuit fut froide sur le plancher de tôle du pick-up. Au petit matin, des traînées de givre annonçaient la fin de l'été. J'avale dans le premier snack un jus noir qui fume dans le verre de polystyrène compressé, ça sent l'orge grillé et l'aspartame. Je quitte le lac baigné d'une lumière blanche et coupante, je continue sur la 93 en direction de Kalispell, la dernière ville avant l'arrivée dans le glacier Waterton et la réserve blackfeet. C'est une région touristique et je croise de nombreux camping-cars. Le nom est d'ailleurs peu approprié puisque ce sont des pullmans climatisés à quatre ou six roues, conçus pour soixante-seize passagers, qui sont aménagés en résidence pour des couples voyageurs, leurs enfants et leur chien de garde. Ils sont noir et chrome, rouges, aluminium, ils transportent une antenne satellite, une salle de bains et de profonds sofas en cuir ; ils ont des baies vitrées ornées de stores vénitiens.» (Luc Lang, 11 Septembre mon amour, Ed. Stock, 2003, p. 44-45) Ai reçu ma dernière commande d'Amazon. Des dévédés, des livres, dont le Bergounioux commandé par la très brève Librairie Tiers Livre, La Fin du monde en avançant. Et aussi un courrier, ce matin, d'une personne, qui signe Yasmine, m'écrivant avoir également acheté des livres via cette librairie — et n'avoir pas compris les attaques ni la fermeture. « [...] je suis tombée sur la page du Tiers-Livre, je suis passée par le portail qui mène vers Amazon et je me suis offert avec réjouissance des livres de Bergounioux (que je ne connais pas du tout), de Echenoz, Sebald, Volodine, des livres pour la grammaire et l'orthographe — j'en étais et en suis ravie — alors qu'elle n'a pas été ma déconvenue de vaguement comprendre que cette manière de pouvoir se procurer des livres avait été abandonnée suite à je ne sais quelles pressions et vieux réflexes égoïstes qui auraient eu raison de cette entreprise. C'est regrettable, bien dommage. C'est idiot. Je ne comprends pas.» Ici c'est jour des trois réunions. Ça prend la journée entière (et la tête). La dernière, façon O.K. Corral, où je me vois bien en Burt Lancaster... Ai réussi à enregistrer le Surpris par la nuit consacré en urgence à Philippe Lacoue-Labarthe, mais pas pu l'écouter. De même que Du Jour au lendemain du 24 janvier avec Charles Juliet (Nota Bene : ce soir, c'est Pierre Bayard). En revanche, j'ai lu. Un Matricule des anges, le 78, de novembre-décembre 2006. En retard, je sais. Article sur Alan Pauls qui publie un essai sur Borges (Le Facteur Borges, chez Bourgois) — ça, c'est pour Vinteix. Dossier sur Arno Bertina, qui publie Anima Motrix (chez Verticales), je vais le commander. « Je voulais quelqu'un qui arrive à être plus fort que ses chiens, plus fort que sa mauvaise conscience et qui arriverait à accéder à un véritable sentiment de culpabilité, puisque la mauvaise conscience empêche de se sentir coupable. Je voulais que mon personnage bouffe ses chiens.» (A. Bertina, Matricule 78, p. 21 — ça, c'est encore pour François Bon.) Article sur L'Épave d'Yves Ravey, je viens de le recevoir. Page sur Tout le monde devrait écrire, de Georges Picard, lu avec grand profit. Article intitulé Sulfureuses confessions, sur la réédition d'Alias de Maurice Sachs (paru en 1935), pour l'histoire littéraire et « l'apprentissage de la perversion.» Très intéressant dossier sur Julien Blaine, son Bye-bye la perf (chez Al Dante, si ça se trouve encore...), occasion d'un retour sur sa carrière. Il y aurait beaucoup à citer mais je retiens seulement qu'il mentionne son travail régulier avec... Étienne Brunet ! Tiens !... m'étonné-je... Mais, vérification faite, il ne s'agit pas de notre collègue niçois, participant de l'ILF 2005 et admiré pour ses multiples études littéraires informatisées, et notamment pour sa concordance de Balzac en ligne depuis plus de dix ans... Article sur Henri Thomas, le « méconnu capital » (p. 47) — ça, c'est pour notre collègue Patrice. Éric Dussert joue la provo et l'antiphrase (p. 48) pour ne pas parler de Maurice Blanchard, car tout le monde devrait déjà connaître — autant dire que je n'aime pas ce ton qui suppose l'élitisme et rejette toute possibilité d'apprendre. Fin comique (p. 51) sur un dialogue imaginaire, On signe !, entre Alan Fink et Michael Onf, je vous laisse découvrir qui ils sont et sur quel sujet... — Bravo, Gilles Magniont. Des films reçus, je regarde ce soir Total Khéops (A. Bévérini, 2002, d'après le roman de Jean-Claude Izzo). Une bonne distraction, sans plus. Une tension sensible quoiqu'un peu molle du genou. Un rôle de baroudeur faussement méchant pour Robin Renucci. En revanche, les acteurs ne sont pas tous bons, notamment parmi les seconds rôles marseillais... Commentaires1. Le lundi 5 février 2007 à 18:23, par vinteix : Merci pour Borges ! 2. Le mardi 6 février 2007 à 02:39, par le consul : très bien le Arno Bertina.... 3. Le mardi 6 février 2007 à 03:08, par Yasmine : Coucou, 4. Le mardi 6 février 2007 à 06:01, par le consul : le tiers livre n'est pas fermé et la librairie est toujours en ligne.... 5. Le mardi 6 février 2007 à 06:19, par Berlol : C'est qu'elle aura rouvert... 6. Le mardi 6 février 2007 à 08:10, par Yasmine : Oh ... eh bien, encore une fois, je suis un peu ridicule,je me réjouis cependant, qu'elle soit ouverte. Mais résidant en France, je serai ... une fraudeuse ??? Bah, j'y réfléchirai avec moi-même. C'est tout de même une chouette nouvelle. 7. Le mardi 6 février 2007 à 08:41, par Berlol : "ou ne disposant pas de libraire indépendant à proximité de leur domicile"... Votre belle-sœur est couverte ! Passez par elle !... 8. Le mardi 6 février 2007 à 14:35, par christine : et si on habite en france, qu'on dispose de librairies à proximité et qu'on essaie quand même, qu'est-ce qu'on risque ? est-ce que le grand méchant cynthia 3000 vient vous dévorer !?.. (sans rire, j'admire le grano salis (comme disent les pédants (c'est pour rire!))) 9. Le mardi 6 février 2007 à 22:54, par Berlol : D'abord, il faut t'enquérir auprès des librairies à proximité de chez toi pour savoir si elles sont indépendantes, c'est-à-dire si elles ne font pas partie de chaînes de magasins dont le but unique est de faire de l'argent en vendant des livres comme si c'était des boîtes de conserve (auquel cas il ne faut pas en acheter car croyant acheter des livres tu achètes effectivement des boîtes de conserves — c'est retors, ça...). Après cette délicate vérification, tu pourras savoir si tu as droit d'utiliser le site du Tiers Livre ou pas... 10. Le mercredi 7 février 2007 à 04:17, par christine : grano
salis pour grano salis amazon aussi vend des boîtes de conserves et je
ne pense pas que ce soit uniquement par amour de la littérature ... 11. Le mercredi 7 février 2007 à 06:01, par Berlol : Tout à fait d'accord ! 12. Le mercredi 7 février 2007 à 14:18, par Cynthia 3000 : Avec
l'accord de l'Atelier du Gué qui en est l'initiateur, nous hébergeons
une pétition concernant les tarifs postaux et la diffusion du livre.
Vous pouvez la lire et la signer à cette adresse : www.cynthia3000.info/peti... et c'est présenté ainsi sur notre blog : www.cynthia3000.info/blog... . 13. Le dimanche 11 février 2007 à 05:51, par leteck : Et dans ce train cet agrégat de japonais regardait ce professeur agrégé...tout seul. 14. Le dimanche 11 février 2007 à 07:26, par Berlol : Mmoui... Sauf que je ne suis pas agrégé (et que pour rien au monde je ne voudrais l'être...). 15. Le dimanche 11 février 2007 à 08:26, par christine : mmoui ... et pourquoi ? |
| Mardi
6 février
2007. Œil œil dent dent. Il y aurait des margoulins chez les éditeurs et tout le monde les connaîtrait, écrit Joseph Vebret chez les Blogauteurs. Eh bien, non ! On ne les connaît pas. Il faudrait donner les noms. Témoignage anonyme tiré des notes de bas de page de François Bon : « Il y a quelque temps, la Commission locale d'insertion (qui contrôle les RMIistes) m'a obligé à m'inscrire à l’ANPE où je suis donc catalogué comme "écrivain à la recherche d'un éditeur" (!). Tous les mois j'ai rendez-vous avec un type qui essaie en me harcelant de me faire partir volontairement de l'ANPE (il ne veut pas me radier car cela augmenterait ses chiffres de radiés d’office). Ce gars de l’ANPE vient de me proposer d’être payé à écrire en montant une association 1901 bidon genre "les amis de ... (moi-même)" et que cette asso m’engage comme salarié 2 ans en contrat aidé financé à 90 % par l’Etat, 800 € par mois avec sécu et cotisation retraites. Tout ça pour que je sois censé avoir retrouvé un emploi (alors que je n’ai rien à faire à l’ANPE). Ils étaient prêts à me donner 10.000 € sur deux ans en détournant l’esprit de la loi, alors que le CNL ne m’a donné il y a un an que 3.000 € comme bourse. Quand ça sort d’une poche (ministère de l’emploi) il y a plein d’argent, mais quand ça sort d’une autre poche (culture), il n’y a plus un sou. J’ai refusé, j’aurais eu l’impression de détourner de l’argent.» Merveilleux, non !? C'est quoi, l'ANPE ? On savait qu'ils truquaient en permanence pour diminuer les chiffres et faire élire l'heureux responsable de ces baisses. Mais ce ne sont pas des baisses, ce sont des baises. Ceux qui sont radiés, ceux qui sortent volontairement, sont tout simplement baisés par l'ANPE. Corollairement, si j'étais Nathalie Heinich, je me dépêcherai de m'expliquer clairement sur mes propos (il y a peut-être mal dit mal entendu...). Il n'est pas acceptable qu'une chercheuse du CNRS se permette les propos rapportés. C'est la porte ouverte à l'œil œil dent dent le plus vulgaire, du style : et ton statut CNRS, c'est pas une niche aristocratique ? On fait quand le bilan de la productivité des chercheurs CNRS ? Etc., voyez le genre... Dossier télé, interview et couverture de Chronic'Art pour Frédéric Taddeï ! De quoi faire plaisir puisque j'ai soutenu son émission dès la première ! Celle d'hier soir est un excellent cru, d'historiens qui reviennent sur Jean Moulin, la Résistance, les ouvertures d'archives, les conflits entre histoire et mémoire (entre historiens et témoins), etc. On y apprend que Jean Moulin n'aurait pas été ni communiste, ni gaulliste, ni trahi, et que, pour ce dernier point, c'est seulement que les Allemands faisaient bien leur travail. On y apprend que malgré les médiatisation d'ouvertures d'archives (de la Seconde guerre mondiale), il resterait des documents interdits de consultation. On y apprend que le Débarquement s'est fait avec relativement peu de pertes humaines (Olivier Wieviorka : « le Mur de l'Atlantique a duré quatre heures »), mais que les deux mois suivants (la Bataille de Normandie) ont réellement été un enfer pour les troupes alliées. « Mais d'où vient cette huile, Monsieur Mitterrand ? », dit Jacques Weber à Jean-François Balmer, en vedettes américaines après leurs Débats. Ce dernier répond qu'elle vient... de l'arachide. |
| Mercredi
7 février 2007. Comment éradiquer de la
pensée humaine. Réduire voilure Hausser lecture Au centre de sport en matinée, quarante minutes de cyclo-lecture avec Pique-nique dans ma tête — cet art de la coupe et du mixage qui m'avait captivé il y a deux ans dans Un Monde cadeau. Non pas la reconstitution d'un flux de conscience, mais l'impression de direct, avec humeurs, sans savoir où l'on va (le côté pique-nique, sans doute). Après, sur une autre machine où l'on ne lit pas, réflexion sur les camps dans la littérature. Longtemps un sujet éthique et philosophique, le camp. Pourquoi en existe-t-il ? Ce qui revenait à se demander comment éradiquer de la pensée humaine l'idée de camp, le recours au camp dans une gestion de société... Et là, avec Jean-François Paillard, comme récemment avec Antoine Volodine (qui est au-delà de tout, évidemment), mais aussi avec Luc Lang pas plus tard qu'avant-hier (réserves indiennes), l'idée de camp (loisir, refuge, tri, entraînement, quarantaine, concentration, extermination, avec les spécificités de chaque, à ne pas amalgamer) ne semble plus être discutée, discutable, l'idée et l'existence de camps paraît plutôt une fatalité, irréfragable — et alors comment s'en accommoder, ou pas. Je repense au parc humain, mais ce n'est déjà plus l'heure... « Dans notre lit, bon sang. Je suis allongé sur le dos. Les paumes de mes mains collées à ma nuque. Ma femme est encore sous la douche. Elle ne m'a pas encore reproché d'avoir oublié d'étendre la serviette. Il y a ce bruit d'éclaboussure qui couvre tout. Je sors d'un rêve. Un rêve étrange. Je baisse les yeux et je vois ce pli sur le drap du lit. Au bout du pli, il y a comme une bifurcation. Je pense à un début possible de roman. Un de ceux dans lesquels je m'enlise depuis des mois. Je bascule mes pieds sur le côté. Ce roman n'est qu'un prétexte, m'avait dit un jour ma femme. C'est un cocon. J'ai tout de suite pensé que par « cocon », elle voulait dire « tombeau ». J'ai tout de suite pensé qu'elle voulait dire le compte à rebours a » (Jean-François Paillard, Pique-nique dans ma tête, Ed. du Rouergue, 2006, p. 17) À propos de douche et de serviette... Commentaires1. Le jeudi 8 février 2007 à 01:31, par brigetoun : ce que vous écrivez est fort intéressant, mais la vidéo emporte tout 2. Le jeudi 8 février 2007 à 01:56, par Berlol : N'est-ce pas ! C'est tout moi, ça. D'où le titre... 3. Le jeudi 8 février 2007 à 06:25, par vinteix : "C'est tout moi, ça." 4. Le jeudi 8 février 2007 à 06:30, par vinteix : ... "ça se sent !... ça se sent !... ça se sent que c'est toi !... et rien d'autre que toi..." 5. Le jeudi 8 février 2007 à 06:34, par Berlol : Oui, c'est le yoyo entre le sérieux, la pensée théorique d'un côté, et le dérisoire, voire le vulgaire, le graveleux de l'autre — je revendique cela dans mon humaine condition, même si ce n'est pas du goût de qui me voudrait d'un bloc. Et je vois que je ne suis pas le seul... 6. Le jeudi 8 février 2007 à 06:45, par vinteix : Non, ne sois pas d'un bloc/g 7. Le jeudi 8 février 2007 à 07:26, par jfp : parc humain, le mot est juste, l'avenir est à la gestion - plus ou moins humaine - de parcs humains, les uns encocoonés, les autres embastiés, mais la douche est bienvenue car il y a aussi, je crois, un peu d'humour dans mon opus, qui peut-être, si tu l'achèves, t'apparaîtra d'ici quelques kilomètres de cyclo-lecture... 8. Le jeudi 8 février 2007 à 07:30, par jfp : oups ! embastillés voulais-je dire, mes bastilles avaient perdu leurs 'l' 9. Le jeudi 8 février 2007 à 07:54, par Berlol : Oui, l'humour y est et j'irai assurément jusqu'au bout ! 10. Le jeudi 8 février 2007 à 15:55, par christine : bien
vu le côté féminin de la douche ! la cyclo-lecture n'est absolument pas
dans mes habitudes, mais la lecture pendant ma toilette du matin si ...
ce qui a tendance à la rendre encore plus interminable |
| Jeudi
8 février
2007. Mettent en boule, scotchent et anesthésient. Jour doux et calme avant la furie. Demain des flots de candidats envahiront le quartier et l'université. Il faudra les canaliser, les surveiller. Alors rare et apprécié, le luxe de ces heures de lecture dans un fauteuil. David pour le thé et la discussion qui glisse, vidéo à l'appui, vers des souvenirs synchrones (qui étiez-vous, que faisiez-vous au temps de Lança Perfume, d'African Reggae, de Da da da ?) — et pour moi ce thème de plus en plus important des mutants que nous sommes, vivant mêlés à notre présent, si nous le voulons et parfois sans que nous le voulions, les temps de tous types d'enregistrements sonores et filmiques — alors qu'une distance de quinze ans créait autrefois un fossé infranchissable et des générations étanches. Au point qu'à une personne de vingt ans aucun récit, texte, peinture, gravure ne pouvait montrer le temps d'avant sa naissance, et que personne n'y aurait même pensé sinon par le rêve ou le miracle. Légèreté alors, possible naïveté jadis de n'être que de son temps. Aujourd'hui, le poids de connaissances potentielles, par immersion audio-vidéo, en partage télévisé familial ou en boulimie dévédique, est proprement incommensurable, pour ceux qui veulent y aller voir, et pour le meilleur et le pire (le Moulin rouge ! vu samedi dernier étant à mes yeux un des pires exemples). Ai signé la pétition de l'Atelier du Gué — on parlait des tarifs postaux l'an dernier et Cécile confirmait que la Poste ne ristourne que le gros. Et pire pour l'étranger, j'ajoute... Ai décidé de diminuer l'étiage Bloglines (trop de fils RSS que je m'astreignais à lire, et dont je sais que je n'ai pas besoin, expérience faite). D'un petit nombre de billets bien ficelés, l'accès à d'autres est garanti. En revanche, trop de fils vite se croisent, mettent en boule, scotchent et anesthésient. Vraiment pas facile, cette (re)naissance de ville. Le XIIIe arrondissement, je l'ai arpenté sans cesse de 1976 à 1992, de la classe de seconde au DEA, puis allocataire-moniteur à Paris 3, résidant à Ivry, jusqu'au départ au Japon. En 1990-91, je me souviens bien que de grands projets d'implantation des universités de Paris 3, 4, 6 et 7 sur les sites Tolbiac voisinant la Bibliothèque nationale étaient en discussion, des votes ont eu lieu (j'avais voté pour le déménagement de Paris 3) — aussi me permettrai-je de contredire M. Blisko quand il affirme, au troisième paragraphe de l'article suivant, au demeurant remarquable article, qu'en 91 les étudiants n'étaient pas prévus... Paris-Rive gauche : un nouveau Quartier latin Grégoire Allix, Le Monde, le 07/02/2007 « Un nouveau Quartier latin s'éveille, à l'ombre des tours de la Très Grande Bibliothèque (TGB). Autour du haut profil des Grands-Moulins, transformés en bibliothèque, et de la Halle aux farines, devenue réservoir d'amphithéâtres, la première tranche de bâtime |