L’invention du temps dans « Je m’en vais » d’Échenoz et « Des anges mineurs » de Volodine…

Julien Massicotte-Dolbec, L’invention du temps dans Je m’en vais d’Échenoz et Des anges mineurs de Volodine : narrativité contemporaine et discours postmodernes / mémoire de maîtrise sous la direction de Jean-François Hamel, Université du Québec à Montréal, mai 2007, 112 p.

présentation

La critique est extrêmement polarisée lorsqu’il est question du récit français contemporain. Si de nombreux critiques jouent les embaumeurs et autopsient le mort, une quantité non négligeable d’ouvrages critiques témoigne au contraire d’une réflexion littéraire inédite et aiguisée sur la culture contemporaine. Le récit français contemporain interrogerait différentes possibilités de retour, de dépassement et de reconquête sous des formes moins fédératrices, plus interrogatives et plus ouvertes que ne le faisaient les artisans du Nouveau Roman. La crise de la culture contemporaine expliquerait à la fois les malaises d’écriture et l’inventivité narrative des écrivains. Dans cette optique, ce travail vise à démentir le constat négatif à l’égard du roman français actuel en s’intéressant à la question du temps dans les romans Je m’en vais de Jean Échenoz et Des anges mineurs d’Antoine Volodine. Plébiscités par la critique, respectivement légitimés par le prix Goncourt et le prix du Livre Inter en 1999, mis à l’étude lors de différents colloques, ces deux romans se situent d’emblée dans le renouveau romanesque français et en cela paraissent exemplaires. Il s’agira ici d’analyser l’intense travail d’innovation narrative dont témoignent les deux romans en y dégageant une société du texte analogue à l’expérience dite postmoderne du temps, et sa reconfiguration narrative, Ainsi, il deviendra possible de rendre compte des pratiques esthétiques et discursives inédites qu’intègrent Je m’en vais et Des anges mineurs. Notre étude sur le temps posera donc les questions suivantes : quelle expérience temporelle est figurée dans les deux romans ? Comment les deux écrivains articulent-ils cette expérience dans leur narration respective et en quoi ces articulations se révèlent-t-elles l’expression marquante de prises de positions politiques chez Antoine Volodine et éthiques chez Jean Échenoz ? Ce mémoire empruntera essentiellement à différents ouvrages sur la question du temps et à deux domaines théoriques; il s’intéressera à la sociocritique et aux théories sur la narrativité. Pour conduire cette analyse, nous présupposons que les œuvres littéraires tendent un miroir à leur temps, qu’elles en sont les représentations et les dépositaires. Par ce qu’elles nous détaillent, par ce qu’elles en recréent, les œuvres littéraires nous offrent l’espérance d’un agir transformé.

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