| Littéréticulaire : néol., adj. (de littéraire et réticulaire), propriété d'un texte où s'associent, aux valeurs traditionnelles et aux figures classiques du texte littéraire, les significations et effets de sens provoqués par les liens hypertextuels au sein d'un réseau (l'internet par exemple), qu'ils aient été voulus ou non par l'auteur. |
Dimanche 1er août
2004. La torchabilité du Figaro littéraire.Je n'avais pas mon appareil-photo sur moi. Alors j'ai pris cette pastèque carrée, vraie et comestible, avec mon téléphone portable. On peut en trouver au sous-sol du grand magasin Tokyu à Shibuya (10.500 yens, soit 78 euros). Revenant du ping-pong, où j'ai été défait en trois sets, moyennement combatif du fait de douleurs des deltoïdes et des trapèzes et abruti par les cris des péronnelles (おしゃべりなばか女, très clair en japonais !) des tables voisines, face à un Manu débuggé qui enfonçait les coins pendant que j'amortissais tristement, fallait que je me venge. Mes amis de Remue.net, toujours attentionnés, m'en fournirent l'occasion dans un courriel collectif. Il s'agissait de lire en ouvrant bien les yeux un article de Claude Michel Cluny dans Le Figaro littéraire (du 29 juillet), consacré à un recueil d'articles de John Taylor sur la littérature française contemporaine (Paths to Contemporary French Literature). Petits bouts de Cluny : " Le fait est assez rare pour que les Français y prêtent attention. M. John Taylor, écrivain et correspondant de bonnes revues américaines telles Poetry et la Yale Review mais aussi du Times Literary Supplement, vient de publier un ensemble d'études sur notre littérature. [...] Si le fait est rare en soi, il l'est d'autant plus par l'étendue d'une curiosité [...] Et, s'il met dans sa barque de «passeur» quelques denrées qui n'en valent pas la peine, il ne nous appartient plus de nous en soucier. Le plus grand mal est accompli depuis que le nouveau roman asphyxia urbi et orbi, chez les anciens amateurs de notre littérature, tout désir d'en savoir davantage. [...] Il se leurre sans doute sur des importances, mais ne nous trompe pas sur son bonheur (il jubile d'éplucher avec délicatesse les «mystères» du réel imprévisible de Follain), ni sur son appétit qui est vaste – nous confesserons, pour notre honte, ignorer jusqu'au nom de plusieurs de ses élus... [...] On peut s'étonner que notre avisé commentateur n'ait pas vu que les romans de Julien Gracq ne sont que des romans de carton-pâte, le talent s'étant réfugié dans les essais. Il arrive que le médiocre fasse illusion longtemps, peut-être parce que personne ne s'y intéresse plus. Pourtant, le reproche majeur que l'on se résigne à porter au discrédit de M. Taylor, c'est qu'il n'a pas su montrer que Mme Duras a su élever la, pardon, «sa» littérature ! à la creuse concision des bulles de comics ; décidément, Nobody is perfect ! Un ouvrage à lire, puis à traduire." (Claude Michel Cluny, "Paths to Contemporary French Literature de John Taylor", Le Figaro littéraire, 29 juillet 2004). Voici ce que j'écrivis à mes remuants amis : "Il y a un sous-discours imbuvable dans ce qu'écrit Claude Michel Cluny. Cela part de "notre littérature" (3e ligne), notre littérature à "nous", Français, bien sûr (c'est dit à la première ligne, sous-entendu : qu'elle nous appartient et que donc, sans réfléchir, de manière diffuse et infuse, nous la connaissons parfaitement — comme un seigneur ses terres), et cela finit par le "on" d'évidence collective qui exécute Gracq et Duras en "nous" forçant la main. Venu de son "Idaho natal", John Taylor ne peut être ni du "nous" ni du "on" (personnellement, je me demande pourquoi), Cluny "nous" propose donc de l'accueillir avec condescendance ("il nous honore") et admiration, à condition de se mettre d'accord sur ce qui fait encore "notre" supériorité (jugement sur le Nouveau Roman, sur Gracq et Duras) grâce à l'erreur de l'autre, bien compréhensible, "ma" foi ! Je mets ce "ma" entre guillemets car c'est cette première personne qui manque à Cluny ; et parce que c'est ce manque, cette absence de l'expression à la première personne, qui dénonce la vilénie du propos de Claude Michel Cluny. Inconsciemment peut-être (c'est là mon bon côté), il a pensé en termes de communauté (le "nous" des Français qui savons bien...) et d'altérité, celle de John Taylor, une altérité qui, pour être excellente, ne peut être parfaite, et doit rester, de toute façon, exceptionnelle. En bref : Ça pue la France moisie !" J'espère qu'une bonne âme donnera l'adresse de cette page à CMC. Si ça se trouve, il ne s'en rend même pas compte, qu'il écrit comme ça, aristocratiquement (car c'est ça, finalement, cette attitude de propriétaire hautain qui condescend à accueillir l'honorable étranger qui a si bien travaillé). Quoique... Vu la torchabilité du Figaro littéraire... "Torchabilité" convient très bien.
Merci d'avoir fait écho à nos dégoûts, JMB 2004-08-01 20:01:59 de JM Barnaud Je suis un peu dépassé par les conséquences de ma victoire au ping-pong ! ;-) Désolé pour la victime, mais je crois que même sans le prétexte de la défaite, Berlol aurait frappé un grand coup (sur la table ?)... 2004-08-02 02:41:54 de Manu Normal, Manu, tu ne pouvais pas prévoir !... (et merci, après tout...) Cela dévoile aussi comment marchent souvent les règlements de compte soi-disant intellectuels : le café du matin renversé, la migraine de la personne désirée, etc., qui sont ensuite "payés" sur un autre plan par quelqu'un qui n'avait rien à y voir (et qui le méritait parfois...) 2004-08-02 04:15:32 de berlol |
| Lundi 2 août 2004. Passé, passant,
passable. Aujourd'hui, dernières réunions du semestre et remise des notes. Dans le train qui m'emmène vers ces ultimes plaisirs, je dors une bonne heure avant d'ouvrir mes Ombres errantes. Quignard continue de me subjuguer et de m'exaspérer. Alternativement. Voire en même temps. Cela me rappelle le massage shiatsu que T. m'a fait au niveau des clavicules avant-hier : la douleur surprenante me tirait des larmes dans d'irrépressibles bouffées de rire... "On parle du courant du fleuve. Que serait le couru ? Le couru serait la source juste avant le jaillissement. Ce serait le perdu qui revient dans l'à venir du venir qui se perd. Au mot présent il faut préférer le mot plus sûr de passant. Le présent est le passant du temps. Mais de cela je doute. Je doute que le passant du temps soit sa source. Il est possible que dans le passant du temps le passé soit l'énergie (le noyau, le trou noir qui gît au sein de l'affluence, qui déclenche le flux). Comme le mot courant dit quelque chose de plus profond que toute l'eau du fleuve." (P. Q., Ibid., p. 168-169) Et le futur serait le passable, alors ! Séduisant jeu, dans une expression juste et belle. De toute évidence, Quignard sait que le "courant" dépend de la pente, de la largeur du lit et du volume d'eau. Mais il sent que l'aspect intensif du participe présent nominalisé (courir - courant) ne se réalise pas dans la terminologie. Poète, il a la naïveté de ceux qui trouvait vraie parce que belle l'idée d'une mémoire de l'eau, il y a quelques années. À propos de l'empereur Constantin, il parle du "duc des armées des Romains" (p. 162). Ce "duc" me renvoie au "duc japonais" (p. 87-88) qui avait fait tiquer mon infaillible LePotager et qui doit être un emploi poétique du mot. Creusant la question, j'apporte un complément d'information pour mettre un bémol aux affirmations de Quignard citées le 25 juillet. Quand le commodore Perry (1794-1858) arrive en baie d'Edo, le 8 juillet 1853, il adresse officiellement sa demande d'ouverture au shôgun Tokugawa Ieyoshi (1793-1853). Quand il revient pour chercher la réponse, en février-mars 1854, le shôgun a changé ! Le fils succédant au père, c'est alors Tokugawa Iesada (1824-1858), jeune homme d'une trentaine d'années qui est aux commandes, alors que Perry approche de la soixantaine... Iesada ouvre les relations d'amitié et de commerce, comme on dit, et accepte de loger un consul étranger. Par ailleurs — signe d'intelligence ou de faiblesse ? — il est aussi le premier des shôguns, dit-on, à consulter l'empereur pour prendre une décision politique. Mais même ce niveau d'expression est falsificateur : Perry ne donne pas son message au shôgun (ni au "duc d'Edo", donc), mais au bugyô de Uraga, sorte de commissaire-douanier du petit bled en face duquel Perry a jeté l'ancre. Les canons des bateaux étaient certes chargés mais je ne trouve trace d'aucun coup tiré, contrairement à ce qu'écrit Quignard. Le message de Perry (qui est en fait une lettre du président des États-Unis, Millard Fillmore) comprenait aussi une demande de traitement plus humain des naufragés. Pour donner du poids à sa datation (dont l'idée reste intéressante), Quignard néglige des détails... qui pourraient l'invalider. Son écriture relève-t-elle seulement d'une dimension poétique, permettant d'ignorer la vérité historique ? Si je devais comparer... Non. Pas comparer, plutôt : mettre en relation... Si je devais mettre en relation ce livre de fragments, remarques, pensées, avec un autre et un seul, je n'invoquerais pas Nietzsche mais le regretté Daniel Oster dans ses Rangements (chez POL, 2001). En fait, à relire maintenant des pages d'Oster, j'ai l'impression de lire un modèle pour mon Journal littéréticulaire... et, même sans le réseau informatique, tellement plus réticulaire que moi ! Allez ! Un des plus courts paragraphes d'Oster, à mourir de rire : "Tél. à JDW qui me dit avoir lu la phrase suivante : « Après le succès de L'Iliade, Homère écrivit L'Odyssée. »" (D. Oster, Rangements, p. 278) Et bonjour à JDW, s'il passe un jour par ici ! Merci d'éclairer nos lumières
et de rectifier les propos "exotiques" du poète. Il est normal que
le message de Fillmore soit donné au bugyô puisqu'il est le
responsable des lieux et le représentant du shôgunat. Au sujet
de Perry et de Uraga, il existe un site qui propose aussi des photos prises
pendant l'époque Meiji. (http://www.geocities.co.jp/HeartLand-Sumire/6663/m_rtanken/html/y_nisiuraga.html#bugyosho).
Si si, des coups de canons auraient été tirés la nuit
du 3/VI/1853. (http://www.j-area2.com/japan/history/edo/perry.html).
De plus, un nouveau bugyô a été nommé pendant les négociations. Sur Perry et le bugyô, voir : http://www.geocities.co.jp/HeartLand-Sumire/6663/m_rkouza/html/z_kurofune1.html 2004-08-03 04:07:26 de LePotager |
| Mardi 3 août 2004. Alors, canon ou
pas canon ? J'ai pensé d'abord répondre en commentaire à l'excellent commentaire éclos du Potager ce matin. Et puis je me suis rendu compte qu'il fallait développer un peu plus... Bien sûr, s'il est avéré, comme dans le document proposé par notre ami, que Perry a fait donner du canon, en l'air, dans l'unique but d'effrayer un peu les Japonais qui n'avaient jamais vu d'aussi gros bateaux, je ferai amende honorable et je rendrai à Quignard une partie de la vérité de sa datation (voir épisodes précédents). Je n'imagine même pas qu'il ait pu faire tirer sur objectif, car le fait serait alors autrement mentionné dans toutes sortes de documents ! Et cela aurait été un bien stupide casus belli, contraire à l'objectif recherché (et plutôt dans les habitudes d'un Bush que d'un Perry, en fait). Or, dans au moins deux autres documents, il semblerait que ce soient les Japonais qui auraient, dès l'arrivée des bateaux, donné un coup de semonce. Auquel les Américains n'auraient pas répondu. Le plus sérieux de ces documents, en anglais, semble être un mémoire universitaire d'une certaine Rieko Shimizu (juillet 2000), "Commodore Matthew Perry : American Black Ships in the Land of the Samurai", exposé précis et sans parti pris, citant d'ailleurs précisément ses sources. Elle écrit notamment : "However, Perry chose not to use such force because it would not be the best way to achieve this mission." Puis, quelques lignes après : "When Perry’s Navy approached the shores of Uraga, suddenly the Japanese army fired up a ball of smoke from a rocket. After that, some officials on a small guard boat came close to the Mississippi." (c'est moi qui souligne) On apprend également des détails amusants : "The Japanese officers gestured at the ship’s anchor, shook their heads as if to say "no", and showed a large document written in French which was a warning that, if the foreigners entered here, they would be in danger. When the Americans quieted their engines, they were able to hear in the crowd on the shore a wild racket. One Japanese in the boat told the Americans that he could speak Dutch. Actually, he came there as an interpreter from Nagasaki, in the south of Japan and the only city to trade with foreigners." Au sujet de "quieted their engines", il s'agit des moteurs à vapeur qui empêchent de rien entendre ; quant à "wild racket", ça doit être quelque chose comme "un raffut terrible". Enfin : "He also threatened that, if the Japanese did not follow, he would fire on them by these well-armed flagships." On est d'accord, "to threaten", c'est menacer, pas tirer. Pour le reste, lire le mémoire, c'est vraiment instructif ! Dans un autre document, toujours en anglais, illustré et visiblement inspiré du précédent mais avec un point de vue de Japonais de l'époque, on écrit : "They were greeted with shore-based cannon fire and a large force of guard boats." Encore deux illustrations ici, dans un site sur Perry. Ceci dit, on n'est toujours sûr de rien dans cette histoire de coup de canon ! C'est à peu près comme je l'ai décrit dans mon intervention au sujet des citations de Hugo trouvées dans le web (colloque de Tokyo en novembre 2002) : la multiplication des documents, les recopiages approximatifs et les citations décontextualisées augmentent la proportion d'erreurs et nous obligent à recourir au bon vieux bouquin de référence... tant qu'il en existe ! Ça me rappelle aussi (JLR du 6 janvier) le coup du sire de Gonneville qui, si l'on en croit les documents web, découvre en même temps l'Australie et le Brésil ! Fait notable de la journée : David s'est approché une nouvelle fois dans sa vie d'un lieu de sport ! (et je n'avais pas d'appareil-photo, zannen desu ne !) Il s'agissait de la salle de ping-pong, rendez-vous en passe de devenir habituel les mardis après-midi. Il est même possible, on commence à y croire, qu'il vienne mardi prochain avec un short et qu'il joue. Mais pour cela aussi, on attend confirmation. Thomiste un jour, thomiste toujours ! Sinon, oui, le blog est décidément un lieu de spontanéité et d'incertitude, ce qui n'empêche pas la composition et l'effort au style, comme disait Mallarmé. D'où qu'il ne faut pas craindre de se tromper, de rectifier, de s'excuser le cas échéant. À ce sujet, faudra que je parle des étonnantes "pages arrachées au journal de Michel Leiris" que j'écoute chaque jour depuis plus d'une semaine (France Culture au mois d'août, en semaine, à 8h10, pas de stockage sur le site de la radio). Un autre jour. Puisque
l'honorable plume du JLR me lance un défi à la face du monde (via internet,
on peut bien dire cela), je ne puis que le relever.
Je serai donc présent mardi prochain au lieu dit vêtu à l'allemande (i.e. en short) pour faire mes premiers pas de pongiste ! J'ai cependant un problème de tennis (de chaussures de...) à régler. Eh oui, je n'en ai point... Mais que tous se rassurent, les thomistes n'ont qu'à bien se tenir ! 2004-08-04 04:23:27 de Dabichan Des photos, des photos ! Je suis sur qu'il a des guiboles poilues sexy le Dabichan... 2004-08-04 08:12:13 de LePotager Il est intéressant que vous, juste comme moi, ayez également noté que Gonneville est censé avoir le Brésil et l'Australie découverts dessus le même jour. Mais je devrais préciser que les premiers historiens australiens tels que Favenc en chapitre 15 (voir le link ci-dessous) entre dans la grande longueur pour discuter la première visite en Australie de l'Europe. C'était non seulement la première visite d'un Européen, mais beaucoup d'autres choses aussi. Par exemple, nous pourrions dire qu'il était également le premier indigène pour visiter la France, puisque Gonneville a rapporté un garçon d'adolescent, "Essomeric", le fils du chef ou prince de la tribu avec qui il était resté. Une autre manière de regarder cela, est que c'était le premier cas "d'un enfant enlevé" des aboriginals. Plus que cela, il était le premier indigène à être baptisé, et en conclusion, Essomeric était l'ancêtre de l'homme qui devait devenir le premier prêtre catholique de la descente indigène (et le premier a nommé par le pape comme missionnaire en Australie.) Quoi qu'il en soit, Essomeric a marié Suzanne, et a eu 14 enfants, et mort à l'âge de 95, vraisemblablement ayant beaucoup de descendants maintenant dans Normandie. Un de ses descendants était l'Abbe Jean Paulmier, qui a écrit un livre deux cents pages longues adressé au pape, (Alexandre VII), en 1663, la demande qu'une mission soit envoyée au Terra Australis découvert, qu'il a dit était la terre de ses ancêtres... (On ne l'a pas connu jusqu'à cette année, 2004, des documents récemment libérés des archives, que Jean Paulmier a été approuvé par le pape et a été nommé réellement pour être le premier missionnaire de l'église catholique à Terra australis.) Les Australiens ont récemment célébré le 200th anniversaire "du prêtre catholique d'abord" désigné en Australie, en 1804. Mais quelqu'un a précisé que c'est incorrect. c'était réellement Jean Paulmier, en 1666, qui était le premier missionnaire désigné en Australie. Paulmier est mort avant qu'il pourrait faire sa mission se produire. (Puisqu'il n'y avait pas assez de personnes voulant aller avec lui sur cette mission.) Mais son livre a inspiré beaucoup de voyages navals français en Australie, et ceci explique probablement pourquoi beaucoup d'explorateurs français ont pris un vif intérêt pour les Australiens indigènes, tels que Nicolas Baudin. Il est intéressant, cependant, que personne que je sais ne sait n'importe quoi à ce sujet. Il n'y a rien dans les journaux, aucuns documentaries, et ni les Australiens indigènes ni les catholiques ne semblent se rendre compte que ce soit le 500th anniversaire d'un des événements les plus importants dans l'histoire de l'Australie. Il y a beaucoup de websites en France et au Brésil qui célèbrent Gonneville... mais pas en Australie. Je pense que la raison est parce qu'un certain academics au 19ème siècle est venu pour croire qu'Abbe Paulmier était erroné. Ils croient que son ancêtre, Gonneville, est allé réellement au Brésil, pas en Australie. (Vous pourriez noter que j'ai dit Gonneville étiez l'ancêtre de Paulmier, et aussi qu'Essomeric l'indigène était l'ancêtre de Paulmier. C'est parce que parce que l'homme indigène noir, Essomeric, a été marié au cousin de Gonneville ou à la soeur ou à la fille, et ainsi Paulmier est le descendant de Gonneville, en tant que grand oncle et par adoption, et également d'Essomeric, directement). Cependant, en tant qu'un de vos LINKS dans le BLOG de 6 janvier a précisé, certain academics français semblent penser maintenant que Gonneville n'a jamais existé. Ce il était une invention. Mais en fait, une approche plus intelligente est se rend compte que cet homme Abbe Paulmier a été non seulement respecté par le pape, a non seulement écrit une thèse très érudite dans un livre de 200 pages qu'il a su tout au sujet de l'histoire de l'exploration du Terres Australes, mais il a également eu un grand amour pour le peuple de l'Australie. Il est le plus absurde de suggérer qu'il compose lui-même une histoire qu'il était le descendant d'un indigène australien, afin de persuader le pape d'approuver une mission en Australie. Même si Jean Paulmier était irlandais, un juif, ou le Japonais, sa thèse aurait néanmoins été juste comme puissants. Mais est plus probablement l'explication que la connaissance de cette ascendance l'a conduit pour rechercher la terre de ses pères, et compulsif lui pour écrire ce livre. Cela leur a pris onze mois à la voile à Honfleur de la terre d'Essomeric.. à partir du 3 juillet 1504 jusqu'à 20 mai 1505... Est-ce que prend-cela normalement onze mois pour qu'un bateau arrive du Brésil en France? (Même si il avait lieu aussi il y a bien longtemps qu'il y a 500 ans...? Gonneville n'était-il pas un capitaine expert, pour revenir à Honfleur après deux années complètes...? Peut-être le voyage était autre qu'à travers l'Océan Atlantique.) Naturellement il peut avoir arrêté beaucoup de fois sur le chemin à sa maison. mais je pense que la conjecture d'Abbe le Paulmier était correcte... Il a voyagé beaucoup plus loin qu'à travers l'Océan atlantique. Sur le bateau, après avoir laissé Terra australis 3 juillet 1504, ils ont souffert d'une fièvre contageous qui a affecté beaucoup sur le bateau, et plusieurs de l'équipage sont morts. En outre morte l'indigène, appelé Namoa, qui avait environ 35 ans. Ainsi, parce qu'ils ont craint qu'Essomeric meure également (la fièvre l'a également rendu malade) qu'il il était baptisé le ce jour, 14 septembre, 1504, alors qu'ils naviguaient sur leur chemin dans le bateau pour la France. Ainsi, par ailleurs, si vous aimez des anniversaires de 500 ans, il y a encore montant ce mois... 14 septembre 2004... que c'est le jour qu'Essomeric était baptisé. Quand Arasco, le chef de la tribu de laquelle Essomeric est venu, a donné son fils à Gonneville à la prise en France, c'était en échange pour une promesse de Gonneville qu'il instruirait son fils, et qu'il reviendrait encore en "vingt lunes", apportant avec lui non seulement des dispositions et les marchandises européennes modernes, telles que des miroirs, papier, et des armes, mais également les choses requises pour l'établissement des pratiques chrétiennes. Naturellement nous savons que Gonneville n'a jamais eu l'occasion de retourner. Car elle se produit, Gonneville a adopté Essomeric en tant que son fils, et lui a donné également son nom (Binot Paulmier) quand il était baptisé sur le bateau. En fait toute la connaissance au sujet de Gonneville vient de ce livre par Jean Paulmier. Ainsi les questions environ si Gonneville est allé en Australie ou au Brésil, ou, qu'il ait existé ou pas, peuvent seulement être découvertes en lisant ce livre. Et à la question si Gonneville soit juste une imagination, est une grande étape à prendre... Elle fait non seulement à l'Abbe Jean Paulmier pour être une personne idiote, mais également à un mal et à celui malfaisant. Je sais que dans un des articles de l'academics que j'ai mentionné, ils proposent que Jean Paulmier "ait essayé" de devenir gain de l'identification du pape. Ce doit suggérer qu'il ait cherché une certaine sorte d'individu-promotion, ou un certain genre de puissance. (Mais dans quel but? Il n'y avait aucun Européen en Australie. Était ce par ambition égoïste, pour vouloir aller là, ou envoyer une mission là?) Et quelle coïncidence, celle il n'avait pas lieu jusqu'à cette année, 2004, qu'on l'a indiqué du Vatican que Jean Paulmier était le premier missionnaire désigné à Terra Australis! En 1666. Ce que jusqu'ici personne n'a su. Peut-être c'est la manière de Dieu d'avoir l'"dernier rire"? Il y a deux genres d'"fabrication" de l'histoire: on est quand les gens inventent les mauvaises choses qui ne se sont pas vraiment produites. L'autre est quand les gens essayent de nier que les bonnes choses se sont produites, quand en fait elles vraiment se sont produites. La théorie qui est suggéré récemment par les ces academics français qui indiquent que Gonneville est juste un mythe est, à mon avis, le deuxième genre de fabrication. En fait, il n'y a aucune raison de douter du caractère d'Abbe Jean Paulmier, et donc aucune raison de douter de l'histoire relative au sujet de Gonneville. Et donc, il n'y a aucune raison de douter de l'histoire d'Essomeric, et de l'héritage indigène en Jean Paulmier. Cependant, il peut être possible, naturellement, que Jean Paulmier a été confondu, que l'information remise vers le bas à lui de sa famille était insuffisante, et qu'Essomeric a pu être venu du Brésil. Néanmoins, il n'y a aucun doute que Jean Paulmier a cru et a insisté sur le fait que son ancêtre n'est pas venu du Brésil mais d'Ausralia. Il a écrit infiniment au sujet de toutes les colonies existantes du monde, et a su la différence entre elles. Probablement un des raisons pour laquelle certains croient que l'ancêtre de Paulmier est venu du Brésil est le bruit des noms. Arasco, le père, Essomeric, le garçon, et Namoa, le gardien envoyé avec le garçon. Certains indiquent qu'Essomeric ressemble à d'"Içá-mirim" qui est un mot dans la langue des "Indiens" du Brésil, signifiant la "petite tête". (je présume que ceci doit être un surnom probable pour un enfant.) Cependant, je penserais également que ces noms, Arasco, Namoa, Essomeric, sont "Frenchified", juste comme quelques mots français obtiens "anglicisé" et retentis beaucoup différent une fois parlé par des orateurs d'une langue différente. Ainsi, Essomeric pourrait avoir été quelque chose tout à fait différente dans l'original. Peut-être l'"idjammarri" ou quelque chose aiment cela... (Je devine seulement). Nous ne pouvons pas présumer que était Essomericq, comme on l'a orthographié, à de ce que le vrai nom a ressemblé. Il peut y avoir d'autres raisons pour lesquelles les "experts" ont choisi le Brésil au lieu de l'Australie. Mais ils se sont maintenant complètement contredits et dire que Gonneville n'a jamais existé, ainsi pourquoi croyez-les? Le livre de Jean Paulmier s'appelle: Memoirs Touchant l'Etablissement d'une Mission Chrestienne dans le Troisieme Monde (1663). D'ailleurs, un scolaire en Australie, professeur de Français, va la republier bientôt. Il sera la première fois qu'il a été republié "depuis 1664". Si vous voulez trouver une section raisonnable de livre d'Abbe Paulmier, vous pouvez trouver un passage significatif de lui en chapitre XV du livre de Favenc: - "The History of Australian Exploration from 1788 to 1888", écrit par Ernest Favenc, en 1888! (Pas un livre postérieur qu'il a écrit en 1908). Libérez pour download à: http://gutenberg.net.au/ausexplore/ausexpl00-index.html (Beaucoup d'autres bons livres d'histoire sont libres disponible online à Gutenberg et à divers autres websites comme Blackmask.Com) Ce commentaire a été traduit 99% par l'Internet, à l'aide des "langue-outils" de Google. Veuillez pardonner ce morceau de machines pour toutes les erreurs grammaticales. Si vous pouvez penser à une certaine manière de célébrer 14 septembre, 500 ans après le baptême du premier Australien indigène, vos suggestions sont bienvenues. 2004-09-02 00:52:17 de Arvi |
| Mercredi 4 août 2004. Seul à voir
encore le jour. Plus de cours. Plus de réunions. Plus d'étudiants, ou si peu. Presque plus de collègues dans les couloirs de la fac. On s'ennuierait presque... s'il n'y avait ces superbes travaux de renforcement des structures de notre bâtiment. C'est promis, demain, je fais des photos ! En fait, de notre département de français, et sans que l'on sache pourquoi, je suis le seul à voir encore le jour. Les autres ont tous été littéralement coffrés et continuent à travailler dans leur bureau sombre, vibrant et poussiéreux... Je commence à m'organiser pour effectuer à la fois des recherches (thèse Simon), des tâches administratives (Cerisy 2005) et du japonais. Sans négliger le sport et les week-ends avec T. ! Je n'ai pas encore trouvé le bon rythme mais ça se met en place. Pédalant statique ce matin, je voyage beaucoup avec Barnabooth qui continue à apprendre des choses de la vie, le jeunot ! "Et d'abord, qu'est-ce que tu entends par "s'élever", et par cette "course de la vie" ? Cela me sonne mal aux oreilles. Quand on me montre un homme qui, parti de rien, est devenu par son seul mérite un personnage, et qui porte partout avec lui la certitude qu'il est un personnage, et le bruit de sa gloire, et ses décorations, j'ai envie de rassembler tous les mauvais gamins comme moi autour du grand homme arrivé, et de faire une ronde en chantant : Il a réussi, l'imbécile ! Il a réussi !" (V. Larbaud, A. O. Barnabooth, son journal intime, p. 188) "— C'est bien cela. J'ai la haine de l'argent. Je n'osais pas le dire. — Tu hais l'argent, et cependant tu le gaspilles ? Tu ne sens donc pas que nous devons avoir avec lui le moins de rapport qu'il est possible ? Mais tu te laisses dominer par lui, tu le suis par les rues, essoufflé, de boutique en boutique, au lieu d'être son maître et de te servir de lui. J'ai passé par là : je sais de quel train il nous mène. Les bourgeois aimaient à être menés de ce train-là." (Id., p. 189) Perec, je ne sais plus où, potache, s'amusait avec l'Histoire de l'art d'Eliphore... Je ne doute pas qu'il avait bien ri en lisant chez Larbaud : "je suçais une cigarette jaunie par le temps, et trouvée dans une boîte ancienne sur laquelle on voyait des drapeaux français et russes mêlés, et le nom des cigarettes : Phélix Phor." (Id., p. 194) Larbaud, qui sert décidément à tout, peut même nous aider à lire Quignard. On s'étonnait de l'emploi de "duc" par notre contemporain ombrageux... C'était au sens étymologique, ou pour le moins moyenâgeux : "Il y aura toujours des ducs à la tête des armées, des marquis aux frontières, des princes au-dessus des républiques, et des comtes autour de la Personne sacrée." (Id., p. 197) |
| Jeudi 5 août 2004. Sentimental béton. Ciel couvert et bourrasques de vent, menaces d'averses : les bonnes conditions pour sortir en vélo réel et aller à la mairie de Showa-ku demander le report du numéro de mon nouveau passeport sur ma carte de résident au Japon. Vingt minutes de trajet pour y aller et quatre minutes d'attente pour les écritures. Il y a des fois où l'on est véritablement satisfait d'un service administratif ! Il faut le dire. Cette opération clôt la série des renouvellements que j'avais à faire cette année : visa, re-entry, passeport. Pas trop tôt ! J'ai poursuivi mon périple par des ruelles tranquilles jusqu'à Motoyama, au grand magasin Matsuzakaya où j'ai fait des courses spéciales. Des trucs qu'on n'achète pas tous les jours au supermarché du coin : des boîtes de rillettes de thon et de maquereau Arok (Douarnenez), des olives vertes Ybarra (Sevilla), du vinaigre de vin Maille, des cornichons Beaufor (Reims), du poivre en grain, du blanc et du noir que je mélange moi-même dans mon moulin à poivre, c'est meilleur. Des courses comme ça, voyez le genre.
La plupart des personnes qui travaillent ici ignorent quel grand
architecte a conçu les lieux où ils vivent et travaillent.
Moi-même, je l'ignorerais encore si le hasard ne m'avait fait
rencontrer à Tokyo une spécialiste d'Antonin
Raymond.Ces jours-ci, comme l'auguste calme de la recherche devrait succèder à la fureur de l'enseignement mais qu'il y a de lourds travaux dont j'ai déjà fait état, notre attention se porte forcément sur le bâtiment... et sur l'architecte... et notre souvenir sur Christine Vendredi-Auzanneau qui nous fit l'honneur d'une visite il y a deux ans pour voir de ses propres yeux cette intacte preuve du génie d'Antonin (on me permettra d'être un peu familier avec lui vu que je déambule en chaussons au beau milieu de sa création), en vue d'une exposition alors en projet et actuellement en tournée mondiale. Avec David, on était allé partout, tous les trois, notant le béton courbe des rampes d'escaliers, les arrondis des toits, les fresques murales, sans oublier plusieurs types de déflecteurs à l'extérieur des fenêtres, orientables ou non, facteurs d'ombre en un temps où la climatisation n'existait pas (1964). Faisant des photos, présentant Christine, nous nous autorisions de sa présence officielle pour faire la visite que l'on ne nous avait pas proposée lors de notre entrée en fonction. Ces bâches bleues sous lesquelles vont et viennent — et travaillent — les ouvriers ne révèlent qu'une infime partie du chantier. Mais je rassure Christine, qui lira ces lignes un jour ou l'autre (ne serait-ce qu'en cherchant Antonin Raymond avec un moteur de recherches) : l'aspect général des bâtiments et l'ensemble architectural ne devraient pas être modifiés. La direction est sans doute consciente du patrimoine que nous habitons et nous avons plutôt vu que les bâtiments récemment ajoutés imitaient ceux d'AR (sans les déflecteurs qui n'auraient plus de fonctionnalité, ni non plus les boîtes noires sur le toit comme on en voit sur cette photo, qui servent à la ventilation des colonnes de climatiseurs ajoutés il y a quelques années et qui rompent la ligne horizontale...). "L'une des choses qui m'a le plus surpris lorsque je suis arrivé au Japon, était de trouver mon agence apparemment réorganisée et prête à fonctionner sous mon nom. (...) Il y avait mon bureau, avec la plupart des documents infiniment précieux que j'avais laissés au Japon en 1937, et aussi les fichiers pratiquement complets des travaux que nous avions faits avant la guerre. (...) Les membres de l'équipe qui restaient m'ont assuré qu'ils savaient qu'un jour je reviendrais, et c'est la raison pour laquelle ils ont pris tant de peine à tout conserver." (ainsi s'exprimait Antonin Raymond en 1947 ; nous comprenons son émotion...) Première série de lectures et de relectures sur l'ensemble de l'oeuvre de Claude Simon. J'ai presque toutes les études, articles, essais, en français et en anglais, patiemment accumulés depuis des années. Il s'agit de ne pas s'y noyer et d'opérer une sélection pertinente. Partant d'un point de vue actuel, je suis les pistes que trace Dominique Viart dans Une Mémoire inquiète (PUF, 1997), à partir de La Route des Flandres précisément relu ce printemps (Cf. index du JLR, et voir le bel hommage que rend Jean-Marie Barnaud au travail de Viart). La semaine prochaine, ce seront Mireille Calle-Gruber, Françoise van Rossum-Guyon, Lucien Dällenbach et Ralph Sarkonak que je reprendrai rapidement. Nota Bene : Long commentaire d'Olivier (OAM) à l'entretien de Biasi / Heinich sur les Gender Studies et la D. S., à lire sur la page U-blog du 30 juillet. |
| Vendredi 6 août 2004. Tu n'as
rien vu à Hiroshima ! Au radio-réveil déjà, j'ai entendu parler d'Hiroshima. Alors j'ai su que c'était à nouveau l'anniversaire de la bombe. Les anniversaires des bombes ; on peut les regrouper. C'est la même infâmie. Le même ordre américain de tirer, de lâcher ça. Pas du tout la même situation en 1945 qu'avec Perry en 1853... Mais peut-on se figurer ? Se figurer non pas l'explosion elle-même, qui n'est qu'un résultat technique dont on connaît la sorte de beauté, mais se figurer les conséquences humaines ? Les morts sur le coup, les morts après-coup, les survivants brûlés, les survivants irradiés, les survivants tarés, les enfants des survivants, les enfants des enfants des survivants, la flore, la faune, le paysage, la forme d'une ville, le traumatisme d'un peuple, la sorte de honte aussi d'être ceux qui sont ainsi réduits à rien, suivie de la terreur d'entendre l'empereur lui-même à la radio, suivie de l'humiliation d'avoir à reconstruire avec l'aide et la protection américaines. La sorte d'infantilité politique, ou d'évitement du politique que l'on voit aujourd'hui chez nos étudiants, voire partout dans le Japon, pourrait bien être une sorte de refoulement collectif de tout ce qui n'a pas pu être pensé, et qui peut de moins en moins l'être, avec le temps qui passe. Peut-on se figurer cela ? C'était aussi la question que posait Marguerite Duras, avec Alain Resnais, dans le film Hiroshima, mon amour (1959). La Française tondue dans sa cave de Nevers a connu la souffrance physique et morale ; elle pense que cette connaissance peut lui servir pour se figurer l'horreur d'Hiroshima. Alors, quand elle est au Japon, des années plus tard, pour tourner un film, et qu'elle discute avec un Japonais, son amant d'un jour ou deux, elle dit qu'elle a "tout vu", à Hiroshima. Sans compter qu'elle a vu aussi ce que les médias ont montré. Mais le Japonais refuse cette "figuration", cette sympathie. Il l'estime impossible pour qui n'est pas Japonais, et répète calmement : "Tu n'as rien vu à Hiroshima" (extrait truffé de fautes à lire ici). Je somnolais, dans le shinkansen, en me rappelant certains détails du film. Heureusement, j'ai retrouvé T. après, en forme, qui m'a vite aidé à changer d'humeur. Sa mère, qui était dans le Kyushu pendant une partie de la guerre, est revenue à Tokyo en 1945 par un train qui dut s'arrêter à Hiroshima, le premier train qui s'y arrêta dans ce nouveau temps d'après la bombe. Elle y dormit une nuit, dans le train, avant que celui-ci ne reprenne sa route. Bien sûr, elle savait à peu près ce qui s'était passé. Elle n'avait pas d'autre choix. Ou bien elle s'en foutait. |
| Samedi 7 août 2004. Les 3 ReJets. Rien à dire ce soir. Une de ces journées où l'on reste tranquillement à la maison, qui avec sa traduction à polir, qui avec son résumé à finir. Nos ordinateurs sont disposés sur des bureaux aux angles opposés d'une pièce rectangulaire, T. près de la fenêtre, moi près de la cuisine. On se fait des petits signes de temps en temps. Puis on décide d'aller déjeuner au Bldy, en haut de Kagurazaka, où, comme d'habitude, on trouve une cuisine rapide de family-restaurant, mais meilleure et moins chère. Après quoi on retourne à nos angles numérisés jusqu'au soir. Des gros nuages passent. Puis des averses tombent. Puis cessent. Rien n'entame notre constance. Ce soir, il y avait un match de football entre le Japon et la Chine, qui se déroulait en Chine, si j'ai bien compris. Aux infos, T. avait entendu hier que les supporters japonais seraient parqués et protégés par la police car fortement menacés d'agression par des supporters chinois qui leur reprochaient... les invasions, les massacres et les atrocités des Japonais en Chine. Les Japonais, dont le gouvernement n'a encore jamais présenté d'excuses officielles, s'en étonnent. La maturité du Japon viendra quand il y aura officiellement trois renonciations, ou trois rejets, que j'appellerai dorénavant les trois Rejets pour un Japon Émancipé (trois ReJÉ, ou plus simplement les 3 ReJets) : celui du soutien militaire américain, celui de la splendeur des colonies, celui de la pureté des origines. On pourrait montrer qu'ils sont gigognes... Et pourtant, les Japonais sont peut-être ceux qui s'excusent le plus au monde au quotidien...
2004-08-08 14:47:31 de Manu Je vois que nos pensées bloguesques se retrouvent. On explique souvent que le gouvernement japonais ne s'excusera jamais car il aide financièrement au développement chinois depuis l'après-guerre. Ce don d'argent rachèterait ainsi leurs fautes... 2004-08-08 15:04:46 de http:// |
| Dimanche 8 août 2004. Feu d'amis, de mots
et d'artifice. Trois au ping-pong ; ce n'était pas arrivé depuis le départ de Bikun, quand il a quitté le Japon il y a deux ans. Est-ce cet événement qui m'a troublé l'esprit, j'ai été lamentablement battu par Manu, sous les yeux de François qui a, lui, fait des progrès fulgurants en l'espace d'une heure et demie. Comme quoi, il y en a pour tout le monde. Déjeuner à Shibuya, dans la galerie de Mark City, au restaurant Le Café bleu. Pas mal du tout, pour 1500 yens, et tranquille avec ça... Passage à Tower Records pour voir les nouveautés discographiques. Au rayon français, c'est ahurissant ce qui est mis en avant, que des starlettes franchouilles formatées Japon, Clémentine et consorts, vraiment de la daube ! Quelle honte ! Au rayon "Others", j'écoute le dernier Mouse on Mars (Radical Connector). Très déçu, c'est presque de la pop ! Par contre, il y a un arrivage de Muslimgauze et j'en prends quatre d'un coup ! Je redonne le lien inaltérable donné en janvier pour ce groupe mythique.
Retour à la maison pour douche et repos avant sortie vespérale.
L'inénarrable Étienne Barral, journaliste touche à
tout de son état, a lancé une invitation à tous ses
amis restés à Tokyo — et il en a beaucoup ! — pour admirer
LE feu d'artifice de l'été, de plus d'une heure, depuis le
toit de l'immeuble où il a son bureau, à côté
de Yotsuya-Sanchome.Avec François, on y arrive vers 19h, avec une bouteille de Gevrey qu'on ne reverra jamais et une bouteille de thé encore intacte à la fin... J'y retrouve avec surprise et grand plaisir une personne que je n'avais pas revue depuis dix ans, qui s'occupait alors de musique contemporaine à l'Institut franco-japonais et qui oeuvre maintenant à Paris, à la Cité de la Musique. Sa fillette minuscule, autrefois aperçue, est maintenant une grande jeune fille blonde qui fait du grec ancien et nous toise avec classe. Une bonne cinquantaine de personnes circulent facilement sur cette terrasse à tous les vents, chacun ayant apporté de quoi sustenter quelques autres en matières solides et liquides. Finalement, je suis bien intéressé par le Ricard qu'un chercheur en neurosciences a apporté et par des olives fourrées au poivron.
Le feu d'artifice est grandiose, plein de superbes couleurs à
longueur de gerbe... mais très loin, là-bas. Et donc tout
petit, au-dessus de lointains immeubles... Le bruit des fusées
nous arrive avec trois ou quatre secondes de retard. Cela n'en est que
mieux pour l'ambiance du toit où nous tentons d'ouvrir nos ailes
de paroles. Je n'avais pas discuté avec autant de gens depuis au
moins... deux ans !Bon, certes, ce qu'on appelle parler avec des gens dans une telle situation, un verre à la main, un appareil-photo en sautoir, ne porte pas à conséquence... Croit-on ! Mais où parler d'Hubert Lucot, de Pierre Alferi et d'Hervé Guibert, des éditions Le Bleu du ciel ou du compositeur Takemitsu, sinon sur cette terrasse d'un neuvième étage de Tokyo, par la grâce des relations triées d'Étienne et de son Système B ! On en est revenu pompette. Donc moi pas traîner trop tard à écrire journal... Merci
Patrick, pour ces "deja" souvenirs de quelques heures, immortalises desormais
dans la grande toile par la grace de ton blog...
Amicalement Etienne 2004-08-09 02:51:19 de Etienne |
| Mardi 10 août 2004. De Thérèse
philosophe à David sportif. Dans le shinkansen ce matin, Thérèse enchante mes oreilles pendant que je traverse les rizières, les villes, les zones industrielles. C'est la Thérèse philosophe attribuée à Boyer d'Argens (1748), en feuilleton radiophonique, enregistré il y a quelques jours quand il est repassé sur France Culture. Quelle finesse ! Quelle intelligence ! Pourquoi ne sont-ce pas ces idées-là qui ont été démocratisées depuis deux cents ans ? Les expériences de Thérèse et celles qu'elle se souvient avoir entendues de Madame T., une amie de bon conseil, ou de la Bois-Laurier, une ancienne courtisane, font un catalogue d'une permanente actualité, hélas, sur le traitement social des femmes — et je dis bien social, et non sexuel, car isoler le sexuel du social est le meilleur moyen de ne jamais traiter le problème des relations entre les sexes. Dans un catalogue, il y a du mélange. Et chaque lecteur y voit son pire et son meilleur, le tragique et l'ironique, l'amusement, l'humiliation ou la vengeance. J'aime surtout comment la Bois-Laurier se joue d'un antiphysique... "Camouflet donné par la Bois-Laurier à un de ces amateurs « J’étais avertie qu’il devait venir me voir, et quoique je sois naturellement une terriblement péteuse, j’eus encore la précaution de me farcir l’estomac d’une forte quantité de navets, afin d’être mieux en état de le recevoir suivant mon projet. C’était un animal que je ne souffrais que par complaisance pour ma mère. Chaque fois qu’il venait au logis, il s’occupait pendant deux heures à examiner mes fesses, à les ouvrir, à les refermer, à porter le doigt au trou où il eût volontiers tenté de mettre autre chose si je ne m’étais pas expliquée nettement sur l’article. En un mot, je le détestais. Il arrive à neuf heures du soir. Il me fait coucher à plat ventre sur le bord d’un lit, puis, après avoir exactement levé mes jupes et ma chemise, il va, selon sa louable coutume, s’armer d’une bougie dans le dessein de venir examiner l’objet de son culte. C’est où je l’attendais. Il met un genou en terre et, approchant la lumière et son nez, je lui lâche à brûle-pourpoint un vent moelleux que je retenais avec peine depuis deux heures. Le prisonnier, en s’échappant, fit un bruit enragé et éteignit la bougie. Le curieux se jette en arrière en faisant, sans doute, une grimace de tous les diables. La bougie, tombée de ses mains, est rallumée. Je profite du désordre et me sauve en éclatant de rire [...]" Mais j'aime surtout le contrat que passe finalement le comte avec Thérèse, car il repose sur l'honnêteté et la confiance, bases selon moi des saines relations — aujourd'hui bien malmenées... "Définition du plaisir et du bonheur ; ils dépendent l’un et l’autre de la conformation des sensations « C’est une folie, ajoutâtes-vous, de croire qu’on est maître de se rendre heureux par sa façon de penser. Il est démontré qu’on ne pense pas comme on veut. Pour faire son bonheur, chacun doit saisir le genre de plaisir qui lui est propre, qui convient aux passions dont il est affecté, en combinant ce qui résultera de bien ou de mal de la jouissance de ce plaisir, et en observant que ce bien et ce mal soient considérés non seulement eu égard à soi-même, mais encore eu égard à l’intérêt public. L’homme, pour vivre heureux, doit être attentif à contribuer au bonheur des autres. Il doit être honnête homme « Il est constant que, comme l’homme, par la multiplicité de ses besoins, ne peut être heureux sans le secours d’une infinité d’autres personnes, chacun doit être attentif à ne rien faire qui blesse la félicité de son voisin. Celui qui s’écarte de ce système fuit le bonheur qu’il cherche. D’où on peut conclure avec certitude que le premier principe que chacun doit suivre pour vivre heureux dans ce monde est d’être honnête homme et d’observer les lois humaines, qui sont comme les liens des besoins mutuels de la société. Il est évident, dis-je, que ceux ou celles qui s’éloignent de ce principe ne peuvent être heureux : ils sont persécutés par la rigueur des lois, par la haine et par le mépris de leurs concitoyens. « Réfléchissez donc, Mademoiselle, continuâtes-vous, à tout ce que je viens d’avoir l’honneur de vous dire. Consultez, voyez si vous pouvez être heureuse en me rendant heureux. Je vous quitte. Demain je viendrai recevoir votre réponse. » Votre discours m’avait ébranlée. Je sentis un plaisir inexprimable à imaginer que je pouvais contribuer à ceux d’un homme qui pensait comme vous. J’aperçus en même temps le labyrinthe dont j’étais menacée et sur lequel votre générosité devait me rassurer. Je vous aimais. Mais que les préjugés sont puissants et difficiles à détruire ! L’état de fille entretenue, auquel j’avais toujours vu attacher une certaine honte, me faisait peur. Je craignais aussi de mettre un enfant au monde : ma mère, Madame C***, avaient failli périr dans l’accouchement. D’ailleurs, l’habitude où j’étais de me procurer par moi-même un genre de volupté que l’on m’avait dit être égal à celui que nous recevons dans les embrassements d’un homme amortissait le feu de mon tempérament, et je ne désirais jamais rien à cet égard parce que le soulagement suivait immédiatement les désirs. Il n’y avait donc que la perspective d’une misère prochaine, ou l’envie de me rendre heureuse en faisant votre bonheur, qui pussent me déterminer. Le premier motif ne fit qu’effleurer, le second me décida." On comprendra que la bonne humeur m'habite. En attendant l'heure de retrouver David pour déjeuner et faire des courses à Ôsu, je parcours tous les étages du grand magasin d'électronique et d'électro-ménager ouvert cet hiver à la sortie Est de la gare de Nagoya. Pas moyen de trouver un GPS manuel ! Par contre, il y a au sous-sol un... rayon de vins et alcools. J'y prends du Ricard ; ça faisait longtemps que je n'en avais plus... À Ôsu avec David, dans les boutiques de la galerie Nord, on trouve tout de suite un vendeur de radio à ondes courtes qui a aussi cinq ou six modèles de GPS manuels, tous des Garmin, du basique modèle Geko (environ 30.000 yens) au Map76 (environ 80.000 yens, auquel il faut adjoindre un CD-Rom de cartographie d'une partie du monde...), en passant par les eTrex Legend et Vista qui me paraissent offrir les meilleurs rapports qualité-prix. On ramasse des infos...
Puis on déjeune au Deny's du coin, sans commentaire. Et surtout
!... surtout !... on va acheter des chaussures de sport pour David ! Après
trois boutiques, on tombe sur une promo d'Adidas dans les 4000 yens. Une fin
de série. J'en prends aussi (c'est des Quest
Trail...). La douceur et la souplesse d'un chausson, le matériau
aéré bien pratique pour pays chaud, la semelle intérieure
qui épouse l'arche interne et la semelle du talon qui aide au rebond...
Les Nike à 20.000 ne présentent pas de telles qualités
!Tout ça pour se retrouver à la fac à cinq heures avec nos habituels pongistes et... David ! Mais point de moquerie : débutant total dont on pensait avoir à souffrir les lobs et les poussettes, il montre rapidement d'étonnantes dispositions. Tenue de raquette, position du corps, déplacement entre revers et coup droit, frappe des balles de plus en plus horizontale, velléités de smasher. Je dois avouer que je n'ai jamais vu une telle vitesse d'adaptation. Et comme on est surtout là pour s'amuser, ça le fait bien ! J'attends la photo, David, pour la mettre à côté du paragraphe ! [Ajout du 12 : elle est arrivée, comme on peut le voir...] La réponse du sportif à la bergère.
"Pour faire son régime, chacun doit saisir le genre de plaisir qui lui est propre (rien, en tout cas qui ne nécessite de mouvements brusques et soutenus du corps), qui convient aux passions dont il est affecté (le bien-être sans souffrance), en combinant ce qui résultera de bien (chocolats et sucreries variés) ou de mal (légère surcharge pondérale à propension perpendiculaire abdominale) de la jouissance de ce plaisir, et en observant que ce bien (la prospérité de la supérette de la fac) et ce mal (dégradation physique précoce) soient considérés non seulement eu égard à soi-même, mais encore eu égard à l’intérêt public (le déficit de la Sécu). Quoiqu'il en soit, - je n'en reviens d'ailleurs toujours pas moi-même - je me suis éclaté ! J'ai réellement adoré ça ! Le ping et le pong ! J'en ai parlé avec K. toute la soirée et au réveil encore en ressentant les courbatures de la veilles ! Les roses que me lancent Berlol sont bien aimables et je les prends comme des compliments et surtout un encouragement à persévérer. Il doit être sincère... "l'honnêteté et la confiance, bases selon moi des saines relations" dit-il. Ce contrat-là, je le signe volontiers. Alors à quand la belle ? 2004-08-11 02:43:05 de dabichan Salut Dabichan, Je vois que tu comprends bien le pourquoi des collages... Et pour le déjeuner, qu'est-ce qu'on fait ? 2004-08-11 02:51:25 de Berlol Un petit mot à l'intention de David, de la part d'OAM : et dire que j'ai raté tes premiers pas de pongeur !... J'en suis tout triste. Allez, gambatte, ne ?! 2004-08-11 02:52:11 Des photos, des photos ! 2004-08-12 01:34:05 de Le Potager Aaaah ! Enfin, une photo ! 2004-08-13 02:13:24 de Le Potager En réponse à ce Cher Potager (dont j'attends de suivre les péripéties hokkaïdiennes sur... Le Potager justement et en couleurs), je voudrais dire que je suis fort marri par le parisianisme (même si dans nos contrées il siérait de parler de kyotosianisme) dont il a fait preuve dans ses propos sur le "boom coréanophile" qui saisit le Japon. (v. le Potager du ? c'est tout récent). Je profite donc de tomber sur le Potager en visite chez Berlol pour lui faire remarquer que dans toute cette histoire, l'essentiel ne réside sûrement pas dans la valeur esthétique, artistique, cinématographique etc... des feuilletons avec ou sans acteurs mollassons ni des stars de la variété coréenne. Chacun y trouve ce qu'il a envie et besoin d'y trouver et c'est très bien comme ça. Encore heureux que tout n'ait pas à être jugé selon des critères d'excellence intellectuelle et de bon goût. On n'aurait pas fini de commencer ! Non, le point le plus intéressant dans toute cette affaire, me semble-t-il, tient au changement de perception que les Japonais ont de la Corée et des Coréens si longtemps honnis (colonisés, humiliés, linguistiquement nipponisés puis plus tard (simplement!) méprisés). Ce phénomène cache peut-être un début de prise de conscience collective des générations japonaises d'après-guerre maintenues dans l'ignorance la plus absolue, la plus absurde, des "hauts!" faits d'armes de leur pays, entre disons 1937 et 1945. En effet, depuis 15 ans le Japon se débât dans un marasme économique et social dont il ne peut se dépêtrer, alors que la Corée a brillamment réussi sa transition démocratique (démocratisation dès 1987, puis alternance politique avec l'élection en décembre 1997 de Kim Dae-jun l'opposant de toujours à la dictature militaire de Rhee et de Park) et a courageusement et vigoureusement surmonté la crise financière qui l'avait placée au bord de la banqueroute. Le Japon lui se traîne avec la même équipe de bras cassés de néo-(vieux)-cons du PLD , des banques en faillites, une industrie nucléaire plus que doûteuse et une société qui se délite etc... etc... Bref, la Corée du sud offre presque un contre-modèle au Japon de 2004. C'est ça qu'il faut souligner. Les feuilletons coréens et leurs jeunes premiers gominés ne datent pas d'hier. Les Coréens en sont friants : ils en produisaient déjà dans les années 70 et 80. Mais, personne au Japon n'aurait voulu en entendre parler, car l'image qu'ils avaient des Coréens ne leur inspirait rien de bon. Les choses changent aujourd'hui, et c'est tant mieux ! Un dernier conseil, Le Potager, tu devrais essayer de suivre quelques cours de coréen. Cette langue est au Japonais, ce que l'italien est au français. Trois mois d'apprentissage et on y est ! Et ne viens pas me dire que c'est succombé à l'effet de mode... 2004-08-13 03:36:05 de dabichan Cher Dabichan, il faut SAVOIR LIRE entre les lignes. Je trouve certes cette série a l'eau de rose peu intéressante (ok, tous les goûts sont dans la nature), mais je fais part dans ma petite note du point positif qu'est le rapprochement progresssif entre les deux pays depuis quelques années. Alors, pas de propos trop acerbes Niçois. NB:Je suis déjà bien occupé avec le chinois, le coréen sera pour après. 2004-08-13 15:00:31 de Le Potager |
| Mercredi 11 août 2004. Des débuts et
des fins nous entourent, on continue. Combien de fois ai-je déjà écrit la date dans ce journal ? Que vaut ce geste chaque jour repris ? Discipline plutôt qu'habitude : Plume qui libère et qui ne pèse pas. J'itère, je rature, j'itère, je rature, j'itère, je rature... Suis allé seul déjeuner chez Downey. Avec mon Larbaud en main. Barnabooth est près de se marier, la fin approche. J'en suis presque triste. Avec ces travaux de plus en plus lourds et bruyants autour de nos bureaux, je suis sorti vite et en ai oublié mon porte-monnaie. Maintenant que j'ai bien mangé, je suis coincé, pas un yen en poche ! J'ai quand même mon téléphone portable, j'essaie d'appeler David, qui habite à cinq minutes d'ici. Pas de réponse, il est occupé ailleurs. Bon ! Courage à deux mains, vais à la caisse et baragouine... La caissière finit par comprendre et propose de noter simplement mon nom sur la note en attendant que je fasse l'aller-retour pour payer. Ce que je fais sans retard ; pendant le trajet, je me dis qu'elle n'a pas eu ne serait-ce qu'une moue de gêne ou un rictus de crainte. On est déjà venu plusieurs fois, certes, et je dois certainement habiter ou travailler dans le quartier. Peut-être même sait-elle à quelle fac nous sommes. Mais tout de même ! Honnêteté et confiance... On en parlait justement hier ! De retour au bureau, naissance de l'ILF2005. C'est le nom de code du colloque qui aura lieu dans un an à Cerisy : l'internet littéraire francophone. Beaucoup de choses ont déjà été préparées et décidées, mais il faut maintenant passer à la phase d'organisation concrète. Le texte d'argumentation sera daté d'aujourd'hui. Début du compte à rebours. Au centre de sport. Ça y est, j'ai le vélo triste ! Barnabooth a posé sa plume et vogue à l'heure qu'il est vers l'Amérique du Sud avec son épouse... "Vieux monde, oublie-moi comme je t'oublie déjà. [...] Oublie-moi, traîne mon nom et mon souvenir dans ta boue. Voilà tes sous, ramasse-les ; veux-tu ma défroque, veux-tu mon honneur ? Je me dépouille comme pour mourir, je m'en vais, content et nu..." (V. Larbaud, A. O. Barnabooth, son journal intime, p. 229-230) Retour au bureau pour préparer mon retour à Tokyo, quelques documents, quelques livres, les derniers courriers et stocker les émissions de radio enregistrées ces derniers jours. Enfin le soir, quand les marteaux-piqueurs étaient allés se coucher, un collègue est venu me voir. Stendhalien japonais, il venait d'apprendre le décès de Victor Del Litto, son professeur, maître, collègue et ami. Il devait envoyer un télégramme de condoléances et voulait en vérifier la teneur, qu'il souhaitait humble plutôt qu'académique. "Le professeur Victor Del Litto, ancien doyen de la Faculté des Lettres de l'Université de Grenoble, considéré comme premier spécialiste de Stendhal, est mort lundi à Grenoble à l'âge de 93 ans, a-t-on appris mardi par ses proches." (dépêche AFP / Le Monde) |
| Jeudi 12 août. Demain, je mate les Grecs. À marquer d'une pierre blanche, rouge et verte : j'ai décidé de rendre publique l'une de mes recettes les plus intimes, touchant à mon fruit préféré, la tomate, que mes lointains ancêtres ont ramenée du Mexique. La décision a été prise alors que je contemplais la préparation achevée, ponctuée d'un mottainai, もったいない — qui signifie : comme c'est dommage que les autres ne puissent pas manger quelque chose d'aussi bon, un vrai gachis, je suis sûr que ça aiderait des tas de gens à vivre... (si, si, ça veut dire tout ça, en contexte, mottainai, et même plus, vu que ça veut dire aussi qu'il n'y a qu'un rustre pour manger un truc qui est aussi beau pour l'oeil).
Bref. Il faut, par personne, une tomatl de taille moyenne, une
branche de persil coupé gros aux ciseaux et une demie-boule de fraîche
mozzarelle. L'assaisonnement est d'huile d'olive, première pression
à froid, une bonne cuillère à soupe ; de vinaigre
de vin rouge, une cuillère à café ; sel et poivre
au moulin.À manger impérativement dans le quart d'heure, sinon la tomate, par l'oeuvre du sel, perd son eau, dites alors "t'mate", et comme le vinaigre ne chôme pas, elle change de goût. On la dit cuite. Cuite-cuite, envolée la belle tomatl ! Dans mon quartier, il n'y a de bonnes tomates, régulièrement, qu'à Hanamasa, grossiste de viande sur Sotobori, entre Iidabashi et Ichigaya. On y trouve aussi de grands sachets d'un persil bien frais. Il y a d'ailleurs de sublimes mangues, mais là, je m'écarte de mon sujet — le moyen de ne pas s'en écarter quand, au mot mangue, les papilles turbinent ? Manque de mangue et manque de tomate ; deux tuiles que je ne souhaite à personne ! Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos bufflonnes, car la meilleure mozzarelle est la mozzarella di bufala. La bufflonne est une jeune bufflesse qui, comme sa lointaine cousine la vache, mâche de l'herbe verte et sécrète du lait blanc. Incompréhensible, sauf à voir ce qui se passe dedans... Selon mon dictionnaire préféré, ses ancêtres sont arrivés en Italie au VIe siècle et son nom dérive de celui de l'antilope — il leur aurait fallu des lunettes, à ces Lombards ! Évidemment, on trouve surtout de la mozzarelle au lait de vache. Avec ça, on n'est pas loin du Babibel... Un pis-aller pour les maigres bourses ! C'est sain quand même. Surtout, ne pas mettre de moutarde comme on le dit ici, son goût mou tarde en bouche et aigrit la mozarelle. C'est fou, ce qu'il y a comme benêts sur le web. Cette salade est bonne pour la santé des sportifs. À la veille des J. O., voilà un sujet d'actualité ! Ne pas trop abuser, parce que demain c'est vendredi 13. Je plains les Grecs. Pour le titre ? Oui, j'ai contrepété, mais faut pas croire que je vais le faire !... |
| Vendredi 13 août 2004. Pétards mouillés. Ne pas s'enfermer dans le sérieux. Ne pas s'enfermer dans le ludique. Ne pas s'enfermer dans l'intime. Ne pas s'enfermer dans le journalistique, le politique, l'ethnologique, le philosophique. Ne pas s'enfermer dans la facétie. Ne pas s'enfermer dans le ridicule. Une tomate moyenne fait dans les 200 grammes. L'un des premiers commentaires au départ de Zidane de l'équipe de France fut celui du ministre de l'économie, Nicolas Sarkozy. En voilà un qui ne s'enferme ni dans ses attributions ni dans sa retraite estivale. Quelle vulgarité ! Je voulais poster un commentaire au blog de Lysp du 11 sur les reproches et la méchanceté (gratuite ?) de certains commentaires, mais un système d'inscription foireux m'en empêche. Le voici : "Bon, faut pas trop s'en étonner, la méchanceté et la contradiction font partie de la nature humaine. L'impunité que permettent les relations virtuelles et l'usage des pseudos ne fait qu'amplifier le phénomène (personne n'ira leur mettre un pain dans la g...). En plus, si on n'avait pas le web, on aurait un champ relationnel bien plus étroit. C'est cette ouverture, je crois, qui est la chose la plus difficile à gérer : on ne peut pas imaginer ce que sont, ce que pensent des gens d'autres catégories sociales, professionnelles, d'autres pays, d'autres âges et qui, sans ce réseau, n'auraient jamais eu l'occasion (la chance, le malheur ?) de nous lire... Mais faut continuer ! Depuis dix ans, on est dans l'invention totale de nouveaux modes relationnels. Ça ne se fait pas sans un peu de casse !" Quelqu'un aurait-il un exemplaire du Traité de coprologie matrologique dont parle Claude Louis-Combet dans Augias (Corti, 1993, p. 26) ? Au moins 20 ans que je n'avais pas acheté un numéro de Science & Vie. J'ai pris celui d'août 2004, à la librairie Kinokuniya de Shinjuku, parce qu'il y a un gros dossier "Sexe", avec cette magnifique question : "Pourquoi deux sexes ?" En effet, pourquoi pas trois, dix, cinquante... Les croisements auraient des effets qui restent à imaginer. Bon sujet pour un romancier... |
| Samedi 14 août 2004. Bonjour tristesse (3) Enfin, j'ai réussi à mettre la main hier sur un exemplaire de Bonjour Tristesse, le premier Sagan dont on ne fête pas le cinquantenaire puisque je n'en ai pas entendu un mot nulle part, sauf dans mon journal, le 1er et le 11 juin. Et aux Célébrations nationales, mais ce document n'y était pas en juin ! Et très franchement, il faut vraiment s'appeler Bernard Franck pour écrire un texte aussi merdique, je pèse mon mot, et être publié sur "culture.gouv" ! (Je le mets en note, parce qu'ils pourraient bien l'effacer tellement c'est nul...). J'avais dû lire ça vers 1975, le livre avait alors 20 ans et il traînait un peu partout, maltraité, tordu, sali. On s'en foutait. Dans les années 90, on a vu que ça compilait, que ça ressortait, avec une légère patine, et une stupéfiante notoriété de l'auteur. Maintenant, c'est presque du classique. En fait, dès 54, c'était du classique en barre, comparé à l'encore conventionnel Sacre du printemps de Claude Simon, au déjà plus étrange Passage de Milan de Michel Butor, au bizarre Martereau de Nathalie Sarraute qui n'avait eu aucun succès, au plus inquiétant Voyeur de Robbe-Grillet qui était en fin de rédaction (sorti en 1955 et non en 1959, comme l'écrit B. Franck), et on pourrait en citer un paquet d'autres à côté de qui le style de Bonjour tristesse c'est : bonjour l'ennui ! En fait tout se trouvait dit finement dans le Bordas cité le 11 juin (c'est moi qui souligne) : "[son succès] venait aussi du recours à une tradition solidement établie du roman masculin, rehaussée chez elle par un bagoût gouailleur et une audace tranquille." (in La Littérature en France depuis 1945, Bordas, p. 308) Alors que Kanters s'empêtrait dans un truc sexiste que personne n'accepterait aujourd'hui pour dire qu'elle écrivait comme un homme, c'est-à-dire comme on avait l'habitude que les hommes écrivent, d'où encore tradition : "[...] ce ne sont pas les qualités un peu molles de coeur et de sensibilité que la tradition accorde aux romancières qui font le charme et le prix de ce livre, mais les qualités dures de l'intelligence et de l'impitoyable lucidité. En poussant un peu, on pourrait dire que la littérature féminine devient intelligente, et même plus intelligente ou intelligente d'une manière plus complète que la littérature des hommes." (Robert Kanters, L'Air des lettres, p. 472) Le premier paragraphe du roman évite de dévoiler l'identité sexuelle du narrateur, bien affirmée au second : "Sur ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. C'est un sentiment si complet, si égoïste que j'en ai presque honte alors que la tristesse m'a toujours paru honorable. Je ne la connaissais pas, elle, mais l'ennui, le regret, plus rarement le remords. Aujourd'hui, quelque chose se replie sur moi comme une soie, énervante et douce, et me sépare des autres. Cet été-là, j'avais dix-sept ans et j'étais parfaitement heureuse. [...]" (Françoise Sagan, Bonjour Tristesse, 1954) Comme on le voit, le narrateur du premier paragraphe se situe dans un temps (très ?) postérieur à l'histoire qui commence au second ("cet été-là"). Il surplombe et juge son temps de vie ("m'a toujours paru") dans un "aujourd'hui" qui n'est pas situé et qui intrigue, grâce au "quelque chose se replie", un malaise dont la narratrice doit bien connaître la cause, alors que pour le lecteur, ce n'est qu'un incide de malaise, donc du suspens. Cependant, "sur moi comme une soie" pourrait être une sorte de signature féminine cryptée (un soi, une soie), même si involontaire. Après ce premier contact ambigu avec l'instance de narration, le second paragraphe nous plonge dans le passé lointain, à l'imparfait. Ce qui motive la critique de Kanters, c'est qu'au lieu de dire qu'on s'ennuie ou qu'on est triste, et de raconter en long et en large pourquoi, Sagan jongle d'emblée avec les concepts qui distinguent les sentiments et montre les pincettes qu'elle prend avec le langage. Ça, ça ne devait pas paraître féminin... Or, l'éditorial de Science & Vie acheté hier rappelle intelligemment que le numéro d'avril 1955 de Science & Vie titrait "La femme, cette inconnue" et citait un certain Otto Weininger qui écrivait en 1903 (dans Sexe et caractère) : "L'esprit de la femme n'est ni profond, ni élevé, ni aigu, ni droit. Il est plutôt le contraire de tout cela. Pour autant que nous puissions en juger, jusqu'à présent, il n'est aucunement sensé ; il est un non sens total." (Cf. l'ouvrage de Jacques Le Rider dont le titre est "Le cas Otto Weininger, racines de l'antiféminisme et de l'antisémitisme", PUF, 1982 ; dans Sexe et caractère, Weininger voulait même nier que la femme fût un être humain !). Une fois compris ce dispositif narratif qui permet à la narratrice de nous restituer ses sentiments et pensées de jeune fille tout en y ajoutant les commentaires et jugements de celle qui sait comment ça finit et que ça a visiblement mûri, le livre coule tout seul. Et moi, je vais me couler dans les draps, sans aucune tristesse, auprès de T. qui dort déjà, je crois. La suite de la saga Sagan, très bientôt... Note : copie d'un texte nullissime de Bernard Franck sur le site des Célébrations nationales du ministère de la culture : "Célébrations nationales 2004 Littérature et sciences humaines Françoise Sagan, Bonjour tristesse mars 1954 C’est Gérard Mourgue, qui était à l’époque libraire rue de Courcelles, qui m’a fait lire Bonjour tristesse de Françoise Sagan. Je n’habitais pas loin de sa librairie, chez mes parents, au 86, avenue de Wagram. Je devais d’ailleurs découvrir, peu de temps après, que Françoise, qui habitait elle aussi chez ses parents, n’habitait pas loin de chez moi, boulevard Malesherbes. Donc, c’eût été bien le diable si nous ne nous étions pas rencontrés. Gérard Mourgue m’avait parlé de ce livre avec beaucoup d’enthousiasme. Il me l’avait même fait déposer. Aussitôt reçu, aussitôt lu. Et pourtant, ce livre n’était pas de chez Gallimard et son auteur était une très jeune fille. À mon sens, deux mauvais points. Mais c’est vrai que Bonjour Tristesse se lisait très facilement, un peu comme une série noire, une bonne série noire. Je ne pensais pas plus loin. On devient vite un personnage de Sagan. J’ai relu tout à l’heure Bonjour Tristesse en « Bouquins ». C’est très court dans cette édition. Ça fait 65 pages. J’étais presque ému. Enfin, plus que la première fois. C’est l’âge et de toutes les façons, j’ai la larme facile. Ça date de 49 ans. Presque un demi-siècle d’amitié, c’est énorme. La première fois, c’était en 1954. Je devais être plus préoccupé de l’Indochine, de Mendès France dont c’était le seul et premier ministère, des accords de Genève que de Bonjour Tristesse. Longtemps, on a eu de la chance avec notre littérature. Elle couvrait nos reculs. Sartre et Les Temps Modernes, ce qui s’était passé sous l’occupation, Sagan, Robbe-Grillet, le nouveau roman, la perte de l’Indochine. Le début de la fin de notre empire colonial. Oui, Bonjour Tristesse (1954), c’était juste entre Les Gommes (1953) et Le Voyeur (1959) de Robbe-Grillet. En plein Bloc-Notes de Mauriac. Le voyeur, c’était d’ailleurs Mauriac qui, dans son Bloc-Notes, allait épingler et Sagan et Robbe-Grillet. Je me demande si Bonjour Tristesse, c’était avant ou pendant Mendès France. Enfin c’étaient deux signes assez forts qu’il se passait quelque chose sur le plan des mœurs et sur la scène politique. Que la IVe n’était pas éternelle. D’une certaine façon, la Nouvelle vague, c’était Mendès et surtout Sagan. Bernard Frank écrivain, journaliste" |
| Dimanche 15 août 2004. Douches froides. Surprise à 7h30 : il pleuvait et il faisait frais. Un parfum de campagne au petit matin qui m'a fait souvenir de vacances au camping. C'est un vrai miracle pour nous, à la mi-août, quand il fait moins de 25°C ! Autre surprise vers 11h30 au ping-pong : comment j'ai facilement battu Manu en quatre manches ! Cependant, malgré un bon jeu en attaque, je crois que je dois plutôt ma victoire à sa petite forme qu'à ma grande... Il faut être deux pour que l'un gagne. Le fait que Manu ne se soit pas mis en short y fut-il pour quelque chose ? Le 15 août est de ces jours que je déteste, que j'ai toujours détesté quand j'étais en France. Non pour moi-même car rien de son sens ne me souille, mais pour ce que je sais qu'il représente et ce que chaque année on nous en dit et nous en montre. Se vautrer ainsi dans la religiosité la plus stupide, la plus vulgaire, qui plus est dans un État laïc, me navre profondément pour mes congénères. Cette année plus encore, avec une papauté qui se complaît à exposer ce pauvre corps malade dans la cour des miracles — comme pour dire que les catholiques souffrent aussi... Surtout, je suis consterné par la couverture médiatique, ce faux documentarisme qui est un vrai prosélytisme. Japon maintenant. Arnaud m'envoie l'adresse officielle du site de la "Société de soutien à l'article 9". Il s'agit bien sûr de l'article 9 de la Constitution, celui qui stipule que le pays "renonce à jamais à la guerre", etc. Cette société lance un appel pour s'opposer aux velléités de révision constitutionnelle visant à abroger cet article pour lancer le Japon dans la course à l'armement et à l'intervention extérieure. En accord harmonique avec cette poussée nationaliste révisionniste de fond, plusieurs ministres viennent d'aller cet après-midi en visite au sanctuaire Yasukuni. Plus précisément : sont allés honorer officiellement la mémoire des morts japonais de la Seconde Guerre mondiale. D'abord, ils étaient plusieurs à se tâter pour savoir qui irait. Finalement, ils y sont allés en bande. Pendant ce temps, le premier ministre Koizumi était de l'autre côté de l'avenue Yasukuni, au Chidorigafuchi, cimetière militaire, sans doute pour éviter que ses opposants ne s'y rassemblent... Il faut savoir qu'honorer la mémoire des soldats peut se faire ailleurs que dans ce sanctuaire, le Yasukuni, repaire historique de l'extrême-droite. Malgré les beaux discours de ces messieurs sur la paix dans le monde, en contrepoint de la messe papale, semble-t-il, la co-incidence des actes et des lieux ne peut être neutre : le nationalisme se nourrit du patriotisme. Je crains que cet appel de la SSA9 ne serve pas à grand-chose s'il se limite à ce seul article, s'il ne s'inscrit pas dans le cadre des 3 ReJets exposés le 7 août. Bonnes nouvelles : T. a fini la traduction sur laquelle elle peinait, à temps partiel, depuis plusieurs semaines. Et la pongiste prodige Ai Fukuhara, 15 ans, a battu (difficilement) l'Australienne Miao Miao au terme des sept manches réglementaires. J'en ai profité pour bien apprendre les nouvelles règles. Mens sano in corpore sano. Décidément,
la lecture de Berlol est un idéal d'équilibre au petit-déjeuner.
Merci pour l'adresse de la "Société de soutien à l'article 9". Il ne semble pas qu'il y ait de bulletin d'adhésion en ligne. De toute façon, il s'agit d'un problème japonais dans lequel les étrangers doivent se contenter du rôle d'observateur critique. Dommage, néanmoins. J'aurais volontiers adhéré ! Merci aussi pour les sites pongistiques ! Leur consultation m'a été très bénéfique, même si mon niveau me permet de ne pas faire grand cas des alinéas en petits caractères ! Quand est-ce qu'on remet ça... ? 2004-08-16 03:37:22 de dabichan |