Surtout dans cinq mille ans

mercredi 25 mars 2009, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Prouesse du jour : n’être sorti qu’entre 21h23 et 21h27 pour aller jeter à deux rues d’ici trois bouteilles de plastique et deux pots de verre.

Merci à celles et ceux qui ont répondu au billet d’hier. Merci à celles et ceux qui me lisent régulièrement et qui n’estiment pas nécessaire de répondre, ou qui se trouvent trop timides ou pas légitimés pour le faire. Merci à celles et ceux qui ne peuvent répondre parce qu’ils sont trop connus et que cela créerait un précédent gênant à l’avenir, ou qui auraient honte d’afficher avoir de telles lectures. Merci à celles et ceux qui détestent ce que j’écris, depuis longtemps ou depuis hier, et qui lisent tout de même parce que quelque part ils ont peur de manquer quelque chose (et je me demande bien quoi, mais je crois tout de même que cette catégorie existe). Merci surtout à toutes celles et à tous ceux qui ne me lisent pas, qui ne m’ont jamais lu et ne me liront jamais parce qu’aucun lien aucune recherche par moteur ne les a jamais menés chez moi parce qu’ils n’ont aucune affinité avec moi et qu’ainsi je peux faire l’économie d’eux. Merci à celles et ceux qui liront plus tard, dans une semaine ou dans cinq mille ans — surtout dans cinq mille ans : je serais curieux de vous connaître.

Suite à des recherches de documents et de vidéos sur Hiroshima, en vue du séminaire avec le film de Resnais, ai installé VEOH et, de fil en aiguille, été amené, tout en continuant mes lectures, à accepter de télécharger des films, dont certains qui n’ont d’ailleurs rien à voir avec la bombe atomique, comme L’An 01 (Doillon, Gébé, Resnais, Rouch, 1973), L’Œuf du serpent (Bergman, 1977) ou Soigne ta droite (Godard, 1987), sans pour autant avoir reçu un quelconque message relatif à une interdiction, une législation, des droits — dont on ne sait d’ailleurs s’ils seraient valables dans tel ou tel pays, s’ils s’appliqueraient à des copies de médiocre qualité, comme c’est le cas, ou s’ils émanent ou appartiennent à des créateurs ou des exploitants.
Il se dit même dans les médias et jusque dans la bouche de quelques responsables politiques que si d’aventure je faisais découvrir ces chefs-d’œuvre à mes étudiants, histoire de les faire réfléchir et de leur donner le goût de s’en payer plus tard, je deviendrais un dangereux criminel à qui il faudrait couper la connexion.
On marche sur la tête, non ?

Mais qui veut tout cet argent tout le temps ? Et où est-ce qu’ils comptent l’emporter ?

« J’ai oublié quelque chose. Je sais bien que j’ai oublié quelque chose mais je ne parviens pas à trouver quoi. Je devine sans les voir les limites de ce lieu auquel je n’ai plus accès, mais je ne parviens ni à le nommer ni à identifier ce qu’il contient, comme lorsque je me retrouve, parfois, incapable de prononcer ou seulement voir en pensée les lettres identifiant une personne, que j’ai son nom sur le bout de la langue.
Il s’est passé quelque chose dont j’ai égaré la trace, ou au contraire une chose qui aurait dû se passer ne s’est pas passée, mais à présent un disque parfait a été dessiné, un cercle immense s’est tracé et je tourne sans cesse autour, m’éloignant puis me rapprochant comme attiré, décrivant une ellipse, toujours la même au fil des années.» (Marc Pautrel, Je suis une surprise, p. 114-115)

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Publié dans le JLR

Un commentaire

  1. juliette

    et de 14 (même si ça sonne pas très bien, même si en retard, et si j’ai bien compté !)