L’agneau, causant pédagogie

mardi 14 avril 2009, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Shinkansen pour aller au boulot, comme un mardi. Aujourd’hui non plus, le paysage n’est guère intéressant. Grisaille et rideaux de pluie. Et beaucoup d’éternueurs dans cet espace confiné — des qui ont cru que le printemps était arrivé et dont l’organisme intoxiqué essaie maintenant de se venger en contaminant les autres.

Au bureau, paquet Amazon avec la nouvelle édition japonaise du film Hiroshima mon amour — ce qui veut dire, pour mes étudiants, avec les sous-titres en japonais (en espérant que ça a été bien traduit). Également, l’album de photos d’Emmanuelle Riva pendant son séjour et une édition japonaise des Poèmes de la bombe atomique de Toge Sankichi (prononcer Tôgué).
Et aussi, justement j’en parlais hier, le volume Écrivains en séries, chez Léo Scheer, que je n’ai pas le temps d’ouvrir à cause des cours (mais ça viendra, Laure, tu le sais, et encore merci !). Et puis, après les cours, la reprise en main du blog des cours. Nouveaux documents et identités des nouveaux étudiants à créer, courriers à envoyer.
Dîner chez Rhubarbe, un bon couscous à l’agneau, causant pédagogie, littérature, cinéma et même séries télévisées… À Grey’s Anatomy, on me répond par Nip/Tuk. Comme quoi…

Soirée à vider les derniers cartons que je veux plier et dont je serai débarrassé demain. Dans l’un d’eux, des photos, beaucoup. Sur certaines, Henri Meschonnic, en 1995, en 2002, en 2003, avec le même sourire interrogateur, moteur.
Quinze heures — justement, ici, il est un peu plus de vingt-deux heures.

« […] Un poème est un acte de langage qui n’a lieu qu’une fois et qui recommence sans cesse. Parce qu’il fait du sujet. N’arrête pas de faire du sujet. De vous. Quand il est une activité, pas un produit.

Manière plus rythmique, plus langage, de transposer ce que Mallarmé appelait « authenticité » et « séjour ». Séjour, terme encore trop statique pour dire l’instabilité même. Mais « la seule tâche spirituelle », oui, je dirais encore oui, dans ce monde emporté par la vulgarité des conformismes et le marché du signe, ou alors renoncer à être un sujet, une historicité en cours, pour n’être qu’un produit, une valeur d’échange parmi les autres marchandises. Ce que la technicisation du tout-communication ne fait qu’accélérer.

Non, les mots ne sont pas faits pour désigner les choses. Ils sont là pour nous situer parmi les choses. […] » (Extrait de son Manifeste pour un parti du rythme, 1999)

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Publié dans le JLR


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