Une vie sans plus rien à ouvrir…

dimanche 5 juillet 2009, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Mince ! Qu’est-ce qu’ils ne m’écrivent pas ! « Début de fiction », dit François Bon ; « on attend avec impatience la suite de cette lost-story », renchérit Christine. Et au moins cent cinquante connexions dans la soirée… Damned, I’m done ! Je suis fait comme un rat !
Quand j’ai écrit cette histoire de clef, c’est parce qu’elle me restait en travers. Et puis je voulais passer à autre chose. Quelque chose de beaucoup plus important.
Mais quand même…
En descendant le sac poubelle préparé par T. ce matin, je me dis que je pourrais regarder l’extérieur du bâtiment depuis le couloir du 2e étage, devant notre ancien appartement. La rambarde est moins haute et le sol à deux mètres. De notre côté, il n’y a que des petits cailloux, sur un mètre de large, puis une petite palissade et au-delà la zone herbeuse du bâtiment voisin, d’où l’on a coupé les grands arbres qui devenaient dangereux il y a deux ou trois ans. Je fais tout le couloir, jusqu’à être à la verticale de chez nous. Pas la peine d’aller plus loin. Rien.
Je remonte pantois. Mais résigné. Il faut tourner la page. Ou la clef. D’ailleurs, heureusement, j’en ai deux autres, fournies avec l’antivol, à l’achat.
Je rouvre chez nous pour aller préparer le thé, et là, penché un peu plus que d’habitude, je l’aperçois. La clef ! Oui, elle est là. Sur le rebord du mur, une partie dans le vide, presque en équilibre, et cachée à la vue par le barreau du bas de la rambarde, de sorte que nous sommes entrés et sortis pendant plus d’une semaine sans rien voir et que le concierge est passé tous les jours faire le ménage dans le couloir sans la trouver ni la faire tomber.
Elle avait donc bien sauté du barillet. Et après ? Avait-elle eu peur du grand saut ? De tomber sur les cailloux plutôt que dans l’herbe ? Une semaine sur la corde raide, à tourner à vide, une vie sans plus rien à ouvrir…

Encore une preuve de l’action littéréticulaire sur la vie réelle : l’horizon d’un public captif, communiqué en ligne, a perlocuté l’auteur qui n’y croyait plus, transformant l’anecdote sans suite en happy-end… sans chute.

Qu’est-ce qu’il y avait de plus important ? me crie-t-on dans l’oreillette.
Voici.
Il y a moins de deux semaines, je me suis lancé dans un projet de site bibliographique et documentaire sur une zone d’écriture contemporaine (ZEC). Un blog dont tous les billets sont en accès restreint mais dont les titres et les tags sont indexés par les moteurs. Si vous voyez ce que je veux dire. Un truc de vicieux, dira-t-on, et qui a eu pour effet d’attirer en moins d’une semaine un des experts de la ZEC qui m’a de suite envoyé un mail mi-figue mi-raisin. Ça tombe bien, j’aime les deux.
Contacté par politesse, l’auteur majeur de la ZEC n’y voit pas malice. Les experts se tâtent encore. Six ou sept ont été rapidement convoqués pour se pencher sur la chose. Indubitablement, ils ont été doublés. En même temps, aucun d’entre eux n’a de compétences informatiques ou le temps de s’occuper d’un site…
À ce jour, ils n’ont encore rendu aucun verdict.
Me brûlera-t-on ?

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Publié dans le JLR


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