Queues debout tiquent !

mardi 29 mai 2012, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Je voulais dormir dans le shinkansen. Je commençais, après avoir corrigé un paquet de copies. Une jeune femme, montée à Shin-Yokohama, s’est installée à moins de trois mètres. Et très vite son odeur tabagique m’a enveloppé. Elle est d’ailleurs allée s’en griller une dans la cabine fumeur du wagon 3. À son retour, elle empestait deux fois plus. Malgré les extracteurs, le confinement de quatre ou cinq fumeurs à la fois aggrave l’imprégnation des vêtements… Je me suis déplacé de sept ou huit rangs et assis à côté d’un homme âgé, l’air sérieux, en train de lire.
Et quand je dormais à poings fermés, son téléphone sonne, avec une sonnerie bien stridente de bureau. Il répond sans élever la voix. Je le regarde méchamment et me rendors. Cinq minutes après, nouvel appel, auquel il répond à nouveau, non sans laisser passer trois exaspérantes sonneries. Encore quelques minutes, et nouvel appel. Je me lève ostensiblement et m’en vais encore cinq ou six rangs plus loin – d’où je ne serai plus importuné… que par l’annonce de l’arrivée imminente.

Courses dans la gare de Nagoya. Que de boutiques ! (ou : queues debout tiquent ! ;))

Puis les cours : phrases simples avec les débutants, commentaires de chansons avec les 3e année.

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Il faut attendre cinq heures, thé en main, pour reprendre la lecture devant un paysage de gros orage…

« L’industrie nucléaire plutôt que le bâtiment ou l’automobile, certains y trouvent leur compte. La preuve, on en croise tous les jours qui pourraient changer de vie, ils ont eu leur lot de galères, et pourtant ils sont là, qui en redemandent. Qu’est-ce qui les attire ?
[…] D’après lui [Jean-Yves], ces gars ne sont pas nets. Ils jouent à se faire peur. Jeunes pour la plupart. De toute façon, à ce rythme, on ne fait pas de vieux os. Ce qu’ils aiment dans leur travail, c’est les sensations fortes. Tu les regardes le samedi soir, comme des bizuths en permission, tout ce qu’ils sont capables d’ingurgiter debout, après ça la première fille qui passe et veut bien les suivre est la bonne. Partout, c’est le besoin de vitesse quand ils prennent le volant, et le besoin de partir dès qu’ils en ont fini avec la fille. Les mêmes, tu les retrouves en trois-huit, toujours à fond, de jour comme de nuit, increvables, à te demander certains jours avec quoi ils tiennent. J’en ai vu s’effondrer comme ça sur un chantier, raides. Tu les évacues, et le lendemain un petit jeune arrive avec la même assurance. » (Élisabeth Filhol, La centrale, p. 63-64)

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Publié dans le JLR


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