Un autre siècle, certes

vendredi 1 février 2013, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Tout s’amalgame : les corrections des rapports des étudiants, les surveillances des concours d’entrée, la préparation d’une importante réunion à Paris, le marathon des Mazarinades à référencer dans le corpus, la commande d’une pierre tombale… Et ce matin, très froid, une réunion à la Bibliothèque de l’université de Tokyo pour valider son partenariat dans le Projet Mazarinades alors que le catalogue va être ouvert.

Accord à l’Institut français de Tokyo : mon prochain cours du vendredi (avril-juin) portera sur Meurtres pour mémoire de Didier Daeninckx. J’en ai depuis longtemps l’édition « texte & dossier » de la bibliothèque Gallimard ; je viens d’en trouver d’occasion en ligne une édition originale de 1984 ; j’aimerais bien avoir celle illustrée par Jeanne Puchol. Pas besoin de CD parce que j’ai le feuilleton de France-Culture de 2003 rediffusé en 2011. En revanche, je n’ai jamais vu le film de Laurent Heynemann de 1985 avec Christophe Malavoy et Christine Boisson – si quelqu’un a ça, ça m’intéresse !

« Au-dessus d’une photo de Giani Esposito et de Betty Schneider un court texte présentait le premier film de Jacques Rivette dont le titre s’étalait en caractères bleus sur toute la largeur de la feuille : PARIS NOUS APPARTIENT.
– Tu te rends compte Lounès, Paris nous appartient.
– Pour un soir… Si cela ne tenait qu’à moi, je leur laisserais bien Paris. Paris et tout le reste, pour un petit village du Hodna. » (Didier Daeninckx, Meurtres pour mémoire, Paris : Gallimard, coll. « Série noire », 1984, p.15)

« Ils entrèrent en trombe dans le bidonville par la rue des Prés. Les pétarades du moteur deux temps attirèrent vers eux une nuée de gamins dont chacun avait une seule idée en tête : monter à l’arrière de l’engin. Aounit ralentit et se dirigea vers l’une des rares baraques de ciment. Un homme portait sur l’épaule un mouton écorché. Du pied, il ouvrit la porte où figuraient, tracées à la craie, les lettres majuscules du mot « BOUCHERIE ». La fenêtre de la maison faisait office de comptoir : deux clients attendaient dans la rue, que le commerçant les serve. À côté, des hommes s’affairaient à colmater le toit d’une masure en clouant, aux jointures des planches, des bandes de caoutchouc prélevées sur des pneus usagés. » (Ibid., p. 20-21)

Qui se souvient de Giani Esposito ? de Betty Schneider – qui n’était pas Romy ? du film de Rivette même ?… et qu’il y avait des bidonvilles aux portes de Paris ? Un autre siècle, certes, mais carrément un autre monde ! Ceci dit, après la guerre, c’était normal, et les Japonais d’aujourd’hui refusent aussi de revoir le Dodes’kaden de Kurosawa

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Publié dans le JLR


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