L’enjeu d’un an pire pour le monde

dimanche 1 janvier 2017, à 2:00 par Berlol – Enregistrer & partager

MEILLEURS VŒUX 2017

An poulet

                                © Patrick Rebollar, 2016

Vois de l’écriture
Dans l’année du coq
Suis ta destinée
Dans l’an du poulet

Comment sera 2017 ? Pire ou meilleur ?
Banalité : tout l’enjeu des vœux, et je m’y livre ici volontiers, est de souhaiter à celles et ceux que nous aimons, que nous respectons ou que nous apprécions, que l’an neuf soit meilleur. Meilleur que l’an passé ou que l’ensemble des années précédentes.
En fait, depuis des milliers d’années, la prédiction occupe tous les esprits. Au-delà du réflexe ou du pavlovisme, c’est une donnée essentiellement humaine. Du marc de café aux astres en passant par des entrailles, on veut voir à l’avance, savoir ce qu’il y a devant nous, au-delà du champ, agraire, visuel, temporel – et s’y préparer. D’aucuns croient qu’il serait possible d’éviter que certains événements prévisibles n’arrivent, ce qui est une contradiction dans les termes… Au mieux serait-il possible de les éviter (contournement, fuite, etc.) ou d’en anticiper les pires effets. Que l’on pense à l’arrivée d’une météorite – en s’éloignant du point d’impact ; au réchauffement d’une planète – en essayant de la refroidir ou d’en coloniser une autre ; au développement d’un cancer – par l’ablation d’organes. Les rites propitiatoires sont à peu près de même nature (même quand le mode de la pensée est très différent, par exemple, ceux du temple Hoshoji, à Waseda, pour ce nouvel an).

Alors, pour 2017, que voulez-vous ?

Personne ne prévoit ni ne souhaite la même chose que son voisin, même avec les meilleures intentions du monde – je me demande d’ailleurs quel pourrait être l’enjeu d’un an pire pour le monde. Quand Emmanuel Todd, par exemple, voit Trump dans un bon sens et ne prévoit pas d’an pire en Amérique après son élection (Hier, aujourd’hui, demain, n°4, décembre 2016, émission animée par Frédéric Taddeï ; Alain Denault sur la médiocratie est aussi très bien), je ne peux savoir s’il a raison ou tort, ni savoir si ce qui sera bien là-bas sera bien ici. Le bien n’est donc pas général ?
(Où sont mes notes de cours de philo ?…)

Il est toutefois des cas ou des personnes (ne nous le cachons pas) qui inspirent le souhait d’un an pire. Ou autres formules négatives. Que cessent d’odieuses dominations, que s’écroulent de faramineux enrichissements, que meurent les oppresseurs et les terroristes. (Et qu’advienne un monde de Bisounours, donc.)

Pour tous les non-croyants, les souhaits d’an bon sont anthumes. Du coup, ils sont embarrassés par les contraintes, embrouillés par des pulsions, bref, emprisonnés dans la condition terrestre (passé, argent, travail, relations humaines, etc.). Pour les croyants, c’est plus facile : même l’an mauvais peut mener à l’au-delà lumineux. (Un ciel de Bisounours…)

Le champagne était
et les jeux sont faits
Minuit est passé…
Alors bonne année !

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Publié dans le JLR


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