Les livres qui sortiront de la rentrée

jeudi 5 octobre 2017, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Cette année, je suis plus loin que jamais de la rentrée littéraire. Je n’ai consulté aucune liste pour les prix ; je n’ai d’ailleurs acheté aucun livre, à l’exception de celui d’un auteur inexistant, Lutz Bassmann. D’où je le vois, le phénomène prestigieux de la rentrée devient une sortie pitoyable : une industrie éditoriale installée, arrogante et irresponsable s’arrange pour susciter les désirs de gloire et la créativité douteuse de centaines d’écrivassiers pour lesquels elle broie et aplatit des tombereaux d’arbres innocents afin de jeter sur les étals des librairies et dans les empilements des hypermarchés une soi-disant diversité textuelle dont une large part ira dans à la poubelle ou au recyclage dans les six mois à venir. Les livres qui sortiront de la rentrée, déjà multi-commentés, vont tourner dans les librairies quelques temps, puis sous les sapins de Noël pendant que leurs auteurs visiteront le monde des Instituts aux frais du MAE.
Y a-t-il quelque part de la littérature ? Sans doute un peu, comme il y a toujours la chance d’un peu d’or dans des strates rocheuses… Et je fais confiance à une poignée de revues et de libraires qui m’amèneront peut-être, d’ici un an ou deux, ou plus, à lire l’une ou l’autre de ces pépites.

Éric Chevillard résumait la situation mardi, à sa façon, bien plus élégamment que moi :

On prétend souvent que le milieu littéraire est sans moralité. Gangrène et corruption à tous les étages, dit-on. Je m’inscris en faux. Et j’en veux pour preuve que Prosper Brouillon, membre influent de la plupart des jurys des grands prix d’automne, s’est modestement entremis afin que le vibrant plaidoyer que je lui consacre ne figure dans aucune sélection. Comment écarter plus élégamment l’affreux soupçon de copinage ?

Tiens, c’était aujourd’hui le Nobel de littérature ! Et ce n’est encore pas pour Murakami… Je ne me moque pas. Mais je me demande pourquoi il est toujours dans la liste des favoris si on sait qu’il n’a pas les qualités. Ishiguro les a-t-il ? Il faudrait que je le lise pour me faire une opinion. Mais parle-t-on bien là encore de littérature ou tâte-t-on les mollets des chameaux ?…

 

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Publié dans le JLR


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