Avec des bois de cerf en poils fuchsia

mercredi 3 décembre 2008, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Pendant que je dors, certains publient et au matin je suis sidéré par ce que je lis. Loin d’Odile Noël il y a quelques jours encore, Facebook supplée la distance, et voici ce qu’elle y publie…

« Michel Bernard se lève à l’aube blanchissante. Il extrait de sa cache son biplan jaune, baptisé Isidore Ducasse, et s’arrache dans les fracas après avoir fait un clin d’œil complice à François Bon. Il s’arrête tout d’abord à Paris III pour refaire les murs et les carrelages depuis longtemps croulants. Mais en refixant les lettres de la façade, il intervertit malencontreusement les deux « o » de « Sorbonne », ce qui fait que c’est maintenant Sorbonne au lieu de Sorbonne.
Il s’envole ensuite pour Parcé (c’est par là) pour y tenir sa permanence à la mairie. Michel est déterministe, sous la houlette de CAME Léon, qui à force d’abuser des substances toxiques, finit par avoir des hallucinations : il voit des Michel partout. Michel, tel le Phoenix, ressuscite chaque matin de ses cendres, et essaye d’effacer (sans y parvenir) la trace de son péché mignon originel, la mystification. Il a créé son propre parti l’USB (Union des Succubes Brucolaques), assisté de quelques Gremlins en goguette.
Après avoir avalé quelques acides et refait le plein de son biplan, Michel décolle du toit de la Sorbonne (« o » au lieu de « o ») et s’envole vers le Mont Fuji. Il doit en effet apporter un vélo à Patrick Rebollar, qui doit rouvrir Courir en pédalant. Patrick l’attend en haut du Fujisan avec une bière Asahi pour saluer le soleil qui refuse de se lever, car même avec le décalage horaire, il n’est pas encore l’heure. Patrick a mis son anorak rouge pour que Michel le voie de loin ; il apparaît donc tel un point rouge sur fond de neige blanche sous le ciel nippon.
— Konnichiwa, dit Patrick (en magyar dans le texte).
— Je t’interdis de m’insulter !!! répond Michel.
— Mais je n’ai dit que « Ohayô gozaimasu » répond Patrick outré !
— Taiaut ! s’exclame Michel.
— Ferme ta gueule répond l’écho.
— Nanni ? questionne Patrick.
— Non, je t’assure, je ne suis pas venu avec une nana, affirme Michel.
— Après cet échange de civilités, Michel et Patrick s’embarquent, sans oublier le vélo, et dévalent à toute allure les pentes du Mont Fuji pour aller secourir Constance Krebs, qui a été mise en abyme et n’arrive pas à dévisser. Mais oh, horreur, dans la descente, le vent emporte la moustache de Michel, dont les poils s’éparpillent dans le vent frais du Mont Fuji. Il doit absolument la retrouver avant vendredi ! Qui pourra l’aider ? La situation semble désespérée, d’autant plus qu’il doit s’arrêter de ramer, il attaque la phalèse ! »

Merci, Odile ! Il faut expliquer que le premier geste de notre ami Michel arrivant sur Facebook a été de se mettre ami avec (déjà) deux de ses homonymes exacts et de nous les proposer comme amis, de sorte que, si on acceptait, on ne saurait plus quel Michel dit quoi… Geste au sens philosophique parce qu’allant directement avec grâce et simplicité aux limites du système.

Tour de vélo par grand soleil pour aller voir cette maison dans le quartier de Kawana. Pas mal, pas mal… Je fais des photos, en extérieur, dans le quartier. On verra… Y’a pas urgence.
Cours de prononciation de 2e année avec deux problèmes de calcul : dictée du problème, correction collective, puis exécution orale des calculs. J’en copierai un demain, vous verrez.
Deux heures très drôles avec une quarantaine d’étudiants qui ont organisé une fête de Noël (toujours aussi loin d’Odile),  menés par une petite bande qui a préparé une quinzaine d’excellents plats à la française. On a des desserts de la Maison Kayser, on fait un bingo où je ne gagne que trois bonbons, on fait des photos, et même de moi avec des bois de cerf en poils fuchsia.
Quelques heures au bureau puis de nouveau au centre de sport, avec l’Eggericx, bien sûr. Y étant retourné trois fois ces derniers jours, j’en vois le résultat sur ma forme…

Enfin, il faudrait mettre ça en tête tellement c’est bien, mais vraiment allez-y ! Catherine Deneuve dans Ce soir ou Jamais d’hier. Presqu’une heure de conversation avec Frédéric Taddeï. Aucune actrice n’a cette classe, tout le monde le dit, mais aussi cette franchise, cette droiture sans froideur, cette affirmation de partis pris qui se passent de discours, cette façon sans coquetterie de considérer sa carrière, de revoir et commenter des extraits de ses films ou de ses apparitions publiques. Et la qualité du travail de Taddeï qui sous-tend tout ça… Un moment rare, très à part dans cette saison de l’émission.
À côté, l’émission de jeudi dernier, toute intéressante qu’elle soit, est tout de même dans l’habitude qu’on a maintenant depuis plus de deux ans (Vincent Lindon est très bien, le débat sur le pétrole est instructif, j’y découvre la parole claire et forte d’Olivier Bardolle, on y parle du centenaire de Claude Lévi-Strauss). Et, cassis sur le gâteau, j’entends Claire Diterzi pour la première fois, ce qui finit plutôt bien la journée.

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Publié dans le JLR

15 commentaires

  1. F

    Effectivement été assez troublé tout à l’heure en passant sur mon propre Face Book : des homonymes je m’en connais déjà 7, et voilà que Michel Bernard m’en trouvait un 8ème, mais la signature Michel Bernard proposée était-elle la sienne ou un de ses propres homonymes ? Ai calé, me suis retiré discrètement sur la pointe des pieds ! Evidemment, toi tu crains moins.

  2. Berlol

    Il m’a aussi proposé d’être ami avec un certain Eric Chevillard…

  3. christine

    et moi j’avais cru malin de prendre comme pseudo Emma Bovary, mais il y en a plein, des Emma Bovary sur FaceBook, dont certaines sont des hommes, ou pire … je soupçonne le fantôme de Gustave … ça peut finir par devenir rigolo FaceBook si on peut devenir ami avec toutes sortes d’entités extra ou supra terrestres !

  4. ms

    je ne suis pas sur Face Book parce que j’y suis déjà mais c’est une autre et je ne sais pas comment m’appeler

  5. Berlol

    Christine, tu devrais modifier ton profil et t’appeler Christine Bovary…
    MS, soyez plus claire…

  6. ms

    je veux dire que j’ai déjà une homonyme dans la place et je ne sais pas ce qu’on fait dans ce cas là

  7. Berlol

    Ah ! bah, voyez les Michel Bernard et les François Bon, ça ne les gêne pas, visiblement ! Ajoutez un second prénom ou une initiale, à l’américaine…

  8. christine

    ça ne les gêne pas, c’est vite dit …

    « je ne suis pas sur Face Book parce que j’y suis déjà mais c’est une autre et je ne sais pas comment m’appeler » c’était très clair je trouve … et très joliment dit !

    moi pareil : il y a trois personnes dont deux belges qui usurpent mon identité

    j’ai bien envisagé marcel proust mais il y en a dejà 311 !

  9. ms

    de toutes façons si j’allais sur Face Book, ce serait essentiellement pour renvoyer vers mon petit bout de toile ceux qui me chercheraient par là : donc, ne pas y aller sous mon nom habituel serait contre-productif.
    Je me demande quand même si Anna Karénine a déjà trouvé preneuse…

  10. christine

    ça ne va pas le faire non plus : il y en a déjà 8 !

  11. Berlol

    Oui, les Anna Karenine, ça court les rues. En revanche, pour Christine Bovary, c’est bon, tu peux y aller !

  12. christine

    ça va pas non ! déjà que je n’aime pas mon prénom … pourquoi pas Charles, tant qu’à faire !

    de toutes façons je crois que je vais plutôt renoncer : les quelques incursions de ces derniers jours m’ont rappelé combien j’étais allergique à FaceBook : le manque d’humour, les incessantes questions indiscrètes, tout le côté vitrine de soi-même et faux club privé en cours de ringardisation

  13. Berlol

    Toi, si bien disposée, d’habitude ! D’ailleurs, je n’ai pas reçu de « demande d’être ami » de ta part… Ce qui permet ensuite d’accéder aux infos des uns et des autres (car sans amis, on n’est rien, c’est bien connu — mais je m’enfonce, là, je crois, côté ringard…).
    En tout cas, personne ne te force. N’en parlons plus.

  14. christine

    bon allez il faut tenter de surmonter ses allergies ! je viens de demander à être ton ami(e) (si la vache c’est bien toi ?) sous mon vrai nom (mais pas ma vraie photo)

  15. Berlol

    Ah ! Kaikai Kiki ! Je me pâme !…