On lit tellement d’horreurs

vendredi 16 janvier 2009, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Paquet posté — des hokarons — pour une amie en France. L’acheminement coûte plus cher que le contenu ici banal. Mais ce qui n’existe pas là-bas n’a pas de prix…

Chez le dentiste avec T. pour un nettoyage — de ce qu’il reste de nos dents et qui, ma foi, se porte plutôt bien. Juste avant, j’ai profité qu’on était venu jusqu’à Marunouchi, près de la gare centrale de Tokyo, pour passer au Seijo Ishii acheter des chocolats et des pâtes de fruits — bonheur des caries…
Comme si mon bon plaisir était de donner du travail au dentiste.

On file à Ginza pour profiter des dernières soldes sur les sous-vêtements, renouveler le stock des dessous à vil prix. Au passage, on cherche toujours des draps et une horloge murale pour remplacer la nôtre qui vibre ou cliquète, je ne sais pas comment dire, souvent la nuit… Mais rien de tout cela ici, les draps ne sont pas à la bonne taille et la pendule n’est pas une Mondaine, ou quelque chose d’un peu chic — au moins dix fois par jour, on regarde l’heure, alors autant que ce soit agréable.

Dînons avec Syriana (Gaghan, 2008), que j’avais vu à Orléans à sa sortie, mais pas T. La précision de la mise en scène, façon puzzle, que j’apprécie plus aujourd’hui que le 25 février 2006, ne laisse aucun doute sur l’implication du pouvoir nord-américain dans l’ensemble des problèmes actuels de la planète. Ça paraît exagéré à dire, mais quand on y pense…

Et puis lecture, encore et toujours, de ce livre qui, dans son ensemble, est loin d’être le brûlot porno qui pour certains méritait d’être jeté au feu — en réalité souvent plus proche d’une série Harlequin… Ce passage, par exemple, qui me rappelle aussi, hors contexte, mes propres craintes imaginaires dès que quelqu’un est en retard, particulièrement quand il s’agit de T.
On lit tellement d’horreurs que l’on croit toujours qu’il ne peut que nous en arriver aussi ; et l’on se persuade que si l’on relâche son attention par conscience du ridicule, c’est précisément alors que cela arrivera…

« Chaque fois que René reculait le moment de la voir, comme il avait fait ce jour-là, et tardait — car six heures étaient passées, et six heures et demie — O était ainsi cernée par la folie et par le désespoir, vainement. La folie pour rien, le désespoir pour rien, rien n’était vrai. René arrivait, il était là, il n’avait pas changé, il l’aimait, mais un conseil d’administration l’avait retenu ou un travail supplémentaire, il n’avait pas eu le temps de prévenir.» (Pauline Réage, Histoire d’O, p. 110)

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Publié dans le JLR


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