Ce plus long jour du post-exotisme

vendredi 16 juillet 2010, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Cher Henri,

Je profite tout d’abord de cette lettre pour mettre un additif à la journée d’hier. Pris par mon tourbillon rédactionnel, j’en ai oublié la soirée proposée par l’autre colloque, celui que tu co-diriges pendant cette même semaine, Poésie et politique au XXe siècle… Pourtant, j’y étais et ce fut fort agréable. Christian Prigent, arrivé la veille, y était présenté par Bénédicte Gorrillot, puis il a lu plusieurs de ses textes, anciens et récents (sauf Météo des plages, selon lui impropre à la lecture à haute voix, ici présent chez Pascale Casanova le 4 juillet), les a commentés, a ensuite répondu longuement aux questions de Bénédicte et de la salle. L’intégralité de la soirée est de ton ressort, mais en voici quelques minutes.

En fait, quand ils sont arrivés avant-hier midi, Bénédicte et Christian, des couverts ont été rajoutés au bout d’une des tables, par hasard là où je me trouvais, et, le repas étant déjà presque terminé, ils ont tout de même été servis copieusement. Pendant ce temps, nous faisions les présentations. Leur étonnement d’être par hasard près d’un résident du Japon, car ils y vont bientôt, en une mission qui sera pilotée par la très efficace et très fidèle aux poètes Agnès Disson. Mais qui était à côté de moi ? Thierry ? Gaspard ? Et en face ? Mette ? Mirka ? Déjà le souvenir se trouble, les repas se superposent. Je sais mieux les gens avec qui je n’ai pas été.

Mais je reviens à aujourd’hui, ce plus long jour du post-exotisme. Et parce que je ne sais pas comment cela se passe dans le salon du 1er étage où se tient ton colloque — je n’y ai été, je pense, que pour une soirée dansante avec Henri Meschonnic et toute la cerisaie d’alors, en 2003.
Dans notre bibliothèque, pas moins de cinq interventions et, en soirée, avec vous tous, deux écrivains eux-mêmes amateurs de Volodine qui sont venus en discuter.
Tout d’abord, en matinée, Anne Roche, co-directrice du colloque, sur le théâtre, magistrale, suivie d’Audrey Camus sur la notion de roman.
Et dans l’après-midi, Gaspard Turin, à propos du silence dans un texte, mais en fait partout dans le post-exotisme, Dominique Soulès, très précise sur la langue volodinienne, enfin Claire Caland, pour une éclairante étude des temps verbaux.

arc-en-cielQuand je suis revenu pour le dîner, après un gros orage, le soleil brillait et tu étais sur le petit pont, dans l’entrée du château. Tu m’as dit de me retourner, qu’il y avait un arc-en-ciel. Je l’ai pris en photo, lui aussi.
Instant magique.
Comme j’étais le plus souvent avec mon appareil et mon pied, certains se demandaient, méfiants, si je n’étais pas un journaliste…  Après quatre jours, il semble compris que je ne suis pas de l’extérieur. Et dans quelques temps, ceux-là mêmes qui m’auraient volontiers reconduit à la porte me prieront de leur ouvrir un accès à l’album Picasa. Ainsi va le monde.

La soirée avec Nicole Caligaris et Arno Bertina, animée par Anne Roche en présence du personnel des deux colloques, a due être difficile pour la modestie d’Antoine tant ces deux auteurs, eux aussi assez connus, ont été élogieux et prolixes quant à leurs lectures volodiniennes, leur compréhension de ce monde fictionnel et les influences sur leur propre écriture.
Nicole surtout, qui a su trouver des images d’une vérité qui paraissait inaccessible. C’est sans doute cela qui a fini de te convaincre de le lire — je te passerai Nos Animaux préférés, que je n’ai pas besoin de remporter parce que je l’ai en double. Voici, qui valent un bon kilo d’articles critiques, quelques minutes de Nicole Caligaris.

Après cela, je retourne dans ma chambre, me brosser les dents et dormir tout de suite, jusqu’à cinq heures du matin, pour avoir le temps d’ajouter le fini qui donnera du relief à ma communication (si je le trouve).

Publié dans le JLR

Un commentaire

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