L’implicite n’échappe pas aux masses

Dimanche 12 octobre 2008, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

« Nous n’avons pas su partager la richesse, partageons la pauvreté. La distribution commence. Cette fois, tout le monde aura sa part et personne ne sera volé.» (Éric Chevillard, L’Autofictif #352, 11 octobre 2008)

Je me demande si les agitations politiques internationales ne font pas empirer la situation qu’elles visent à calmer. Vouloir commencer à faire quelque chose, c’est tout de même admettre implicitement qu’on ne faisait rien, qu’on laissait faire, voire qu’on y avait intérêt. Et l’implicite n’échappe pas aux masses, contrairement à ce que croient nos dirigeants.
On aura beau me dire ce que l’on veut (par exemple dans la bonne édition de Ce soir ou jamais le mardi 7), je pense tout de même que nationaliser des banques, même temporairement, c’est avouer (implicitement encore) que leur liberté totale — comprendre : leur libéralisme débridé et la primauté de la spéculation sur la production — n’est finalement pas possible, non seulement pour le bien de l’humanité, ce dont nous savons qu’elles n’ont cure, mais même pour le profit maximal des financiers, ce qui est tout de même un comble.
Enfin, la vraie question derrière tout cela : à qui cette situation profitera-t-elle ? Dans un mois, dans un an…

Ça ne nous empêche pas de passer un dimanche tranquille. Et, pour moi, de continuer la préparation pour Fukuoka, dont le programme est maintenant en ligne sur Fabula.
Écoute et enregistrement de François Bon présentant son Led Zeppelin et de Valentine Goby avec Qui touche à mon corps je le tue chez Veinstein. Et si vous avez comme moi regretté de voir Jean Échenoz bridé par les carences intellectuelles de La Grande Librairie, vous aurez plaisir à l’écouter sur la Radio Suisse Romande dans deux émissions d’une grande finesse (Entre les lignes des 8 et 9 octobre). Ah, la connivence ! On en revient toujours là…

Pour ne pas prendre racine sur nos fauteuils, allons prendre un expresso et un petit morceau de far breton au coin café de l’Institut. Marche à la nuit tombante jusqu’à Seijo Ishii (Korakuen). Première soirée où je me dis, malgré la veste, qu’il va falloir sortir un pull. Longs nuages tout étirés, comme des rubans, d’un bout du ciel à l’autre, et de temps en temps, la lune derrière, presque entière. T. et moi, on parle d’acheter une maison. Ici, c’est la banque qui prête qui souscrit pour l’emprunteur une assurance-vie, sauf si l’organisme d’assurance-vie refuse d’établir le contrat — et les récents progrès de la médecine deviennent alors autant de chicanes supplémentaires. Jamais entendu parler de ça en France, au moins quand j’y étais, ce qui commence à dater. Revenons avec du pain, une portion de fromage de brie, des yaourts au jus de quinze légumes, une provision d’umeboshis, etc. De quoi éviter des maladies nocives au crédit — et quand on aura signé, ripaille !

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Publié dans le JLR

2 commentaires

  1. F

    ah, Berlol, ton dernier paragraphe est du JLR AOC… merci pour liens Echenoz

  2. Berlol

    Je comprends ce que tu veux dire par AOC. Merci ! Dans cent ans, c’est ça qui sera décortiqué pour comprendre l’essence de l’époque, et se figurer un peu l’étrange individu nommé Berlol.
    Normal, pour Echenoz !
    (RSS de la RSR dans l’onglet Ondes de Netvibes Litor…)