Bure à cogiter

mercredi 22 octobre 2008, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Jour passé trop vite.
Déjà le lendemain rien n’en reste.
Il faut que je fasse un effort monstrueux pour me souvenir du cours de phonétique, des exercices d’articulation sur le texte de la chanson L’arbre va tomber, de Francis Cabrel, des entretiens avec 7 étudiants ayant fait une demande pour aller étudier un an à Aix ou à Orléans, de la réunion durant laquelle j’ai juste eu le temps de corriger deux paquets de copies, enfin des longues heures passées dans ma robe de bure à cogiter sur l’invention de la carcéralité onirique…
Au détour d’une page, je retrouve des phrases qui brillent d’un feu nouveau dans le contexte.

« Strohbusch, oui… reprit Kominform après un hoquet. Je me rappelle un certain Strohbusch. Un arriviste… L’échine souple… Il a dû se repentir comme les autres… retourner sa veste… Ça ne m’étonnerait pas qu’il soit aujourd’hui un social-démocrate modèle… Au service de tous les gouvernements quels qu’ils soient… Il doit lécher les bottes de tous les mafieux qui se présentent… Grand-mère aurait mieux fait de l’éliminer, autrefois, comme on l’avait envisagé, à un moment…
— Grand-mère n’existe plus, Kominform ! plaida Strohbusch. On ne parle plus de révolution mondiale nulle part, tout le monde s’est recyclé… dans le trafic de pétrole, dans les droits de l’homme, dans le privé, dans la guerre… Ne pense plus à Grand-mère, Kominform, oublie Grand-mère ! Vis dans ton époque ! » (Antoine Volodine, Bardo or not Bardo, coll. Points, p. 24)

J’entends qu’on veut s’attaquer aux paradis fiscaux, réguler les spéculations financières et larguer sans parachute des patrons en plein vol. Aurait-on lu mon paragraphe du 30 septembre et décidé d’appliquer mes propositions sans me rémunérer ? Mes gages, mes gages ! Rascals !

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Publié dans le JLR

Un commentaire

  1. brigetoun

    oui dà, mais suivre les discussions sur le budget à l’assemblée et entendre le ressac permet de relativiser fortement les annonces vertueuses, passée l’image