Limée, enduite de soufre

jeudi 30 octobre 2008, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Petite valise et sac à dos, départ pour Fukuoka et ensuite week-end normal à Tokyo. Mon ordinateur portable n’ayant pas servi depuis deux mois au moins, je prends un retard pas possible avec la mise à jour de Windows XP.
11h15-14h44, trois heures et demie de train. Une heure à décortiquer une revue de voyage en japonais, une heure à relire et rectifier mon texte pour demain — la bure est élimée, enduite de soufre, à la prochaine lecture je mets le feu —, une heure avec Un Chasseur de lions et une demi-heure à manger des clémentines.
C’est la première fois que je vais jusqu’au terminus sud du shinkansen, bien au-delà de Kyoto. Après Hiroshima, et dans toute la partie nord de Kyushu, il n’y a presque que des tunnels. La construction a dû être épique. Les rares tronçons extérieurs dévoilent de très beaux paysages ruraux. Quelques monstrueuses zones portuaires et industrielles, aussi. Je n’étais venu qu’une fois à Fukuoka, il y a près de quinze ans, en avion et juste pour quelques heures, à l’époque où je faisais des piges pour Hachette Japon en vantant les mérites des logiciels éducatifs pour le Français langue étrangère. C’était sur des disquettes…

Débarqué dans une gare comme une autre, j’avise deux lignes de métro dont celle qui mène à la station du centre-ville, Tenjin, où se trouve l’hôtel dans lequel des chambres ont été réservées pour le groupe du colloque, les autres arrivant en avion, de Paris, ce soir. Sympathique accueil au Hakata Green Hotel Tenjin, tout près de l’Institut franco-japonais de Fukuoka. Il reste deux heures de jour, et même de soleil. J’en profite pour un grand tour des ruines du château, les beaux murs de défense ne menant, au plus haut, qu’à un sommaire belvédère d’où la ville apparaît dans sa modernité banale.
D’ouest, je repars en est, vers le centre-ville où, tout en visitant, j’espère trouver des spécialités locales à rapporter à Tokyo.
Passée la rivière et ses gargotes, je découvre l’immonde et pratique Canal City, énorme complexe commercial de n’importe où. C’est là, quand je sortais du magasin The Hakata avec quelques boîtes de biscuits aux œufs de poisson pimentés, que Vinteix m’appelle, après sa journée de fac, pour arranger notre soirée.
Je reviens tranquillement à l’hôtel déposer mes emplettes, écouter quelques tranches de France Info grâce à l’impeccable liaison internet (installation du nouveau pack de Windows pendant la nuit) avant de repartir en goguette. Vinteix me propose d’abord un verre dans un café brasserie agréable, façon Tiger Cafe de Nagoya, puis de dîner dans une izakaya raffinée et moderne (le poulpe découpé en sashimi est encore vivant et l’on remporte les tentacules pour en faire de la tempura)…
Nous étant brièvement croisés en congrès des profs depuis un an ou deux et ayant un peu virilement conversé dans les commentaires du blog, c’est en fait la première fois que nous avons le temps de faire plus profondément connaissance, et d’évoquer des amis, des expériences et certains de nos auteurs favoris, comme Blanchot, Bataille ou Volodine.
Lui carbure au saké, moi à la bière.
On revient d’ailleurs un peu trop tard à l’hôtel, le groupe étant arrivé et déjà ressorti pour dîner avec le collègue japonais qui les prend en charge. Avant minuit, j’aurai juste l’occasion de saluer Marielle Anselmo sortant d’un ascenseur et, au téléphone interieur, Alexandre Gefen, juste pour savoir s’il est bien arrivé.

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Publié dans le JLR

8 commentaires

  1. vinteix

    Salut amical, de retour d’un week-end prolongé à Yufuin, dès le lendemain du colloque. Pour te dire en passant que ce n’était pas un poulpe qui nous regardait de travers pendant que nous dégustions sa chair translucide, mais un calamar ; mais surtout, dommage que tu aies dû rentrer plus tôt : la journée et la soirée (prolongée assez tard pour certains, plus de 3 heures du matin) du lendemain ont été très sympathiques et riches en échanges ! A bientôt.

  2. Berlol

    Eh oui, ayant senti la bonne ambiance, tu penses bien que je suis le premier à regretter mon départ !
    J’ai toujours eu une hésitation entre poulpe et calamar… D’ailleurs, comment s’appelait ce restaurant ?
    Et sais-tu si l’Institut à enregistré les interventions du samedi, finalement ?

  3. vinteix

    Le resto s’appelle « Kaihinkan » (???)
    http://gourmet.yahoo.co.jp/0002719739/0008523538/
    C’est vrai qu’entre les tentacules des uns et des autres, on s’y perd un peu… sauf que la chair est bien différente quand même et que le poulpe a 8 tentacules et le calamar 10 – ce qui apparemment est connu de la plupart des Japonais, constatation qui m’a beaucoup amusé, alors que par ailleurs la plupart ne savent pas combien nous avons de dents (enfin, ce sont des constatations récurrentes que j’ai pu faire auprès d’étudiants, mais pas seulement… )

    Pour l’enregistrement des interventions du samedi, je ne suis pas sûr, mais vais me renseigner…

  4. vinteix

    Bon, j’ai voulu mettre les kanjis, mais visiblement ça ne passe pas… mais tu m’auras compris.
    Amicalement

  5. Berlol

    Merci. Oui, les kanjis, ça ne passe plus, ni les kanas d’ailleurs, c’est un problème de configuration de la base de données, ou plutôt de l’hébergeur, depuis leur dernière mise à jour…
    J’ai regretté qu’on n’ait pas pensé à essayer des mentaiko ! Mais les huîtres étaient très bonnes…

  6. vinteix

    Ah oui ! mentaiko ! je n’y avais pas pensé… Sans vouloir te faire trop saliver, on en a mangé samedi soir : une superbe recette de gratin de tofu au mentaiko !

  7. Berlol

    Raahhhhhhhhhhh !…

  8. Laurent

    Salut de Grece (et sans accents du fait du clavier local)

    Pour Vincent : en faisant de petites recherches autour de Sabatier-Leveque, je suis tombe sur un commentaire citant en vrac Fardoulis-Lagrange, Luca, etc. Il n’y avait aucun doute dans mon esprit, et le contexte japonais ainsi que le pseudo finirent de me persuader, c’est bien toi !

    Je n’ai pas d’ordi actuellement, j’ecris depuis un cafe. Si tu as un blog a toi, signale-le ici. Des que je serai equipe a la maison (dans un mois environ je pense) ce sera plus facile. A bientot quoi qu’il en soit 😉