Comment écoper ce flot des jours ?

mercredi 12 novembre 2008, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Merci, cher Jean-Claude, de m’envoyer des fleurs qui, heureusement, ici, ne sont pas cantonnées aux cimetières. Je passe souvent devant une maison, dans les ruelles de Kagurazaka, où l’on exhibe chaque année à cette même époque des chrysanthèmes de près d’un mètre cinquante de haut. Moins d’une dizaine de pots, élevés par les gens devant chez eux pour être exposés ensuite dans une compétition où des prix seront décernés aux plus gros, aux plus réguliers, à la perfection géométrique des pétales.

Le cours de phonétique se passe très bien (mieux que les cours d’hier, je suis vraiment revenu dans mon assiette). Une petite réunion de département. Une fin de billet suivie de la mise en ligne (celui de dimanche). Une plus grosse réunion pendant laquelle je parviens à corriger deux paquets de copies, non sans piquer du nez à de multiples reprises. Et c’est déjà l’heure de partir pour le Centre international (Kokusai Center), où Yvan Leclerc, après être passé deux jours à Kyoto, donne une conférence sur le thème : pourquoi somme-nous tous flaubertiens ? (enregistrée dans des conditions normales, cette fois — j’ai retiré les temps de traduction en japonais).
J’avais apporté Madman Bovary et Yvan s’en est emparé pour l’insérer dans son propos sur les dérivés. Par ailleurs, je sais maintenant pourquoi je ne trouvais plus les pages des transcriptions des manuscrits, comme je disais dimanche : c’est parce qu’elles ont changé d’adresse ! (Ce qui veut dire que j’ai tous mes liens flaubertibles du JLR 2007 à refaire…).
Nous allons ensuite dîner à six au Café Brasserie Cancale, au 12e étage de la gare de Nagoya, où le service est un peu du n’importe quoi mais avec d’excellents produits (jambons crus, saucisse aux lentilles, poisson mariné, etc.). Et puis la conversation avec cinq flaubertiens, c’est à ne pas s’ennuyer, vous imaginez.

Constatant que j’ai encore trois jours de retard, je me demande ce qui m’arrive. Il me semble qu’auparavant je parvenais plus vite à écoper les jours accumulés. S’ajoute à cela le fait que je n’ai rien écouté ni enregistré de France Culture depuis plus de deux semaines (ça date de la préparation Volodine avant le colloque à Fukuoka), que j’ai à peine écouté, d’une oreille distraite, les Ce soir ou Jamais depuis l’élection d’Obama, que je n’ai quasiment pas parcouru les Flux Litor ni rien retenu pour la sélection mensuelle, et qu’à la différence de mes éminents voisins de blog, je ne me suis absolument pas intéressé aux prix littéraires (je me demande d’ailleurs si c’est bien le rôle de Lignes de fuite…).
Cependant, je m’interroge sincèrement, entre deux yeux… et j’acquiers la certitude que je n’ai aucunement envie d’arrêter. Simplement, cette question : comment écoper ce flot des jours ?

Tags : , , , , , ,

Publié dans le JLR

9 commentaires

  1. christine

    magnifique ! tu sembles savoir quel est « le rôle de lignes de fuite » : j’espère que tu auras la bonté de m’en informer, car pour ma part je l’ignore ..!?

    (concernant Taddéï, rassure-toi, tu n’as pas beaucoup de retard, car le paresseux a fait le pont, et ne travaille pas le vendredi : tu n’as donc raté que l’excellente émission de jeudi soir, dont le sujet était « qu’est-ce que la gauche ? » : très intéressant, donc (un peu comme : qu’est-ce que lignes de fuite ?))

  2. christine

    … mais je m’aperçois (quelle émotion !) que je suis voisine de tag avec Gustave

  3. F

    la 32ème Emma Bovary répertoriée sur Face Book va s’en réjouir!

    hâte d’écouter l’Yvan Leclerc à distance, il nous fréquente plus depuis qu’il s’est emflaubertiné

  4. Philippe De Jonckheere

    « Comment écoper ce flot des jours ? », question que je me pose tous les soirs ou presque, mais jamais en des termes aussi bien choisis, c’est plutôt, « putain merde, fait chier, j’ai du retard dans « le bloc-notes » ». Et quand je me surprends à penser que j’ai du retard dans « la Vie », alors cette simple formulation me fait sourire pour son ridicule, je hôche les épaules et je prends davantage de retard dans la vie.

    Amicalement

    Phil

  5. Berlol

    « Lignes de fuite », nom dont tu es la prisonnière, sert à s’évader… Or comme une cinquantaine de blogs annoncent en même temps les récompenses éditoriales, j’ai un peu eu l’impression que la fuite nous ramenait au centre (où je n’avais pas spécialement envie d’être).
    (Tu remarqueras aussi que l’évocation des prix fait pendant aux récompenses des chrysanthèmes…)

    La conf d’Yvan sera en ligne ce soir (dans l’après-midi, pour vous).
    Cher Philippe, moi aussi je m’exprime souvent comme un charretier. Là, il y a juste effort au style, comme on dit… Mais c’est vrai que le « Merde, fais chier… » possède une grande force expressive.

  6. christine

    la prisonnière !? et on ne me disait rien …

  7. Berlol

    Les premiers concernés sont toujours les derniers prévenus…

  8. Berlol

    Ça y est. J’ai mis en ligne l’Yvan, comme dit François.

  9. F

    et on t’en remercie (de Kiel, bon accueil mais pas d’onsen!)