Dans les pas de tant d’empereurs

mercredi 25 mai 2011, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Soleil levant sur la mer et les récifs, l’attraction paysagère de Nachi. J’en retourne au bain au septième ciel du bâtiment. Et puis il faut en profiter, parce qu’il ne pleut pas, aujourd’hui… Au deuxième étage, grande salle de tatamis pour le petit déjeuner japonais classique, avec poisson grillé, tofu, soupe de miso, légumes marinés et riz. Rude épreuve pour nos amies. Heureusement, on peut prendre un café après, à l’étage en-dessous, près de l’étonnant stand d’antiquailles.
Puis on rembarque dans la Prius.

Visite d’un premier sanctuaire près de la gare de Nachi. Un échauffement.
Brève route de montagne jusqu’au grand sanctuaire de Seigantoji. Empruntons, bonnes chaussures, bonnes cannes, d’immenses escaliers dans les collines, entre des maisons, pélerins marchant dans les pas de tant d’empereurs du Japon. Ce qui ne pourrait être véritablement compris qu’en traduisant autrement « tenno » que par cet inadéquat « empereur », porteur en français de la plus grande puissance politique possible…
Entre les rizières en terrasse, entre les mousses impolluées, entre les cryptomères encordés où nous passons à notre tour, s’expriment des siècles d’histoire, et le syncrétisme japonais entre le shintoïsme, le bouddhisme, la dévotion aux divinités naturelles et l’entretien permanent de l’environnement. L’ensemble est une petite partie du site classé depuis 2004 au patrimoine mondial de l’humanité. Enfin, descente jusqu’à la grande cascade et son eau pure, principal but, à mes yeux, de ce voyage.

En voiture, à Shingu, où une boulangerie presque française nous fournit l’essentiel (moyen) du déjeuner. Autre route de montagne, sans encombres, jusqu’à l’hôtel Subaru, superbe parc entre deux tunnels.
Petite ballade jusqu’à un pont de cordes que tout le monde ne franchit pas. Puis dîner, bain, connexion internet wifi dans le salon et coucher, encore bien mérité.

« Le jour se lève sans vent dans les arbres du square où des plaques d’ombre drapent encore les platanes, se détachent, s’évanouissent en gaze blanche puis fondent. La rumeur de la ville, les bruits de l’été, la chaleur même déjà présente rappellent ces matins d’adolescence et leurs immenses perspectives. Et le ciel bleu. La trace blanche d’un avion, illuminée de soleil, traverse l’infini sur la gauche. En bermuda, pieds nus à la porte-fenêtre, je m’étire à petits gestes. Je n’ai pas assez dormi. Robbe, mon ami méthodique, est planté sur le trottoir, les yeux levés vers mes fenêtres, me salue d’un coup de tête. Devant le portail d’entrée, les ouvriers de l’escalier déballent du matériel, repartent sans bruit. Il n’est pas l’heure de commencer. » (Alain Sevestre, Manuel de l’innocent, p. 45)

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Publié dans le JLR

3 commentaires

  1. Bikun

    Superbe endroit!

  2. Berlol

    Salut,
    Je suis sûr que ce genre de promenade te plairait beaucoup !
    Quand est-ce que tu repasses dans l’archipel ?

  3. Bikun

    Hmm…rien de prévu encore cette année même si j’y pense souvent. Tellement de choses à y (re)faire, à y voir. De gens à revoir, d’autres à rencontrer!
    J’aime partir un mois minimum d’affilée pour quitter l’état de simple touriste et me fondre dans le paysage pour m’imprégner de l’atmosphère locale d’où le Népal ces 2 dernières années. Mais le coût d’un mois au Japon sera bien plus conséquent que du côté de l’Hymalaya! C’est donc encore de basses considérations d’argent qui m’empêchent d’aller ou je veux!

    Lorsque les conditions seront réunis et bien, c’est que les conditions seront réunis!

    Olivier