J
ournal LittéRéticulaire de Berlol

Littéréticulaire : néol., adj. (de littéraire et réticulaire), propriété d'un texte où s'associent, aux valeurs traditionnelles et aux figures classiques du texte littéraire, les significations et effets de sens provoqués par les liens hypertextuels au sein d'un réseau (l'internet par exemple), qu'ils aient été voulus ou non par l'auteur.







Août 2005

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Lundi 1er août 2005. Quand les infirmiers n'en sont pas.

Ayant acheté un moule à soufflé, je cherche des recettes dans le réseau.
Impression désagréable que celle de trouver, parmi les recettes de soufflé au fromage, soufflé au Grand-Marnier et autre soufflé au chocolat, des mentions de souffle au cœur...

Dentiste. Ajuste un bridge, trente-cinq minutes, remet la résine temporaire, pose définitive lundi prochain. Promenade avec T. jusqu'à l'ouverture des magasins à la station Aoyama-Itchome. Il y a quelques jours, en effet, dans une manipulation malencontreuse, T. a laissé tomber un saladier tchèque à motif d'oignons bleus sur un autre saladier de la série Thomas de Rosenthal — heureusement que je n'étais pas là sinon j'aurais eu un arrêt cardiaque ! Résultat : les deux sont morts, l'un explosé sur le coup, à la poubelle les oignons tchèques !, l'autre fissuré qui fit croire un temps être encore valide mais grinçant quand je l'essuyai hier — on va y planter des paquerettes.
Donc plusieurs boutiques de vaisselle pour finalement jeter notre dévolu, chez Villeroy & Bosch, sur un moule à soufflé en porcelaine blanche (pouvant servir de petit saladier, de temps en temps — ou inversement) et un haut saladier en bois léger fabriqué au Vietnam (assez haut pour fatiguer la salade sans en faire tomber).
Quelques autres courses rapides puis déjeuner au Saint-Martin. La patronne, Yukié, s'est inquiétée de ne pas nous voir samedi. On la rassure et, comme l'an dernier, on informe que le restaurant sera ouvert en août...

Dans le shinkansen qui me ramène pour la dernière fois du semestre à l'université, puis au centre de sport où je lis en pédalant, je continue la découverte d'Assia Djebar. J'ai achevé avec plaisir, mais sans sauter au plafond, la première nouvelle, en fait la plus récente du recueil Femmes d'Alger dans leur appartement, qui s'intitule La Nuit du récit de Fatima (2001). Elle met en scène une succession de narratrices qui racontent à gros traits des vies entières, comme pour tracer des chemins, sans y insister, afin de s'échauffer, se mettre en train avant de pousser plus loin.
Plus loin, c'est par exemple la seconde nouvelle, celle qui donne son titre au recueil, un petit roman, en fait. Commence par une description à laquelle on ne comprend rien : visage, pose, pleurs, mouvements, infirmiers... Puis les infirmiers n'en sont pas et le moteur qui accepte enfin de démarrer, c'est celui d'une « gégenne », instrument de torture. On relit la description, de surcroît filmique semble-t-il, on comprend mieux.
On s'habituera à ce procédé récurrent de Djebar, que j'appellerai volontiers suspense descriptif et qui est une figure du dévoilement, provoquant à chaque fois un c'était donc ça du lecteur qui revient en arrière enrouler sa lecture sur lui-même, comme il est souvent dit que les narrateurs/trices successifs/ves le font. Dévoilement et enroulement, techniques de conteurs ancestraux, ici reprises dans une véritable écriture textuelle telle qu'explorée par de nombreux auteurs contemporains (cette nouvelle date de 1978).
Comme euphémisé par une héritière d'autres traditions littéraires, tout en étant dénonciateur de l'inadmissible et dans un genre d'écriture propre aux années 70-80, il y aurait là un versant opposé, comme on dit en montagne, de ce qu'on peut lire chez Guyotat. À suivre.


Je t'appelle tôt demain jeudi. Ne me rappelle pas. Ou bien réponds ici. Pour vendredi, je ne sais pas.
2005-08-03 19:16:41 de A


Mardi 2 août 2005. À cheval sur un boulet.

À cheval sur un boulet, je traverse cette journée sans pouvoir sauver une minute pour la littérature, si ce n'est le journal de Jean-Claude Bourdais que je lisais ce matin, quand tout était encore tranquille, et qui me donnait bien envie d'être allé avec lui voir et écouter François Bon à Melle... même si je ne sais vraiment pas où ça se trouve !

Ici, c'était d'abord, matinale, la dernière réunion, celle où l'on met en commun les notes des étudiants pour les discuter, voir si elles s'équilibrent, et pas trop de recalés... Ça dure presque deux heures, après quoi chacun peut remplir ses feuilles administratives et les déposer au service idoine. Fin officielle du semestre.
Puis c'est une petite heure de courrier en relation avec Cerisy.
Puis déjeuner et des courses à faire avec David à Osu, au centre-ville où l'on va en voiture (petits matériels informatiques) — au point de ne pouvoir être de retour pour un rendez-vous de conseil à une étudiante. Il est déjà 16h15.
Puis visite à nos amis de l'informatique pour leur demander comment je fais pour gérer le site de notre département de l'extérieur de l'université. J'ai essayé d'effectuer la connexion par ftp mais ça n'a pas marché. C'est qu'il faut, nous apprend-on, pour plus de sécurité, une connexion sftp, pour laquelle on nous recommande le logiciel FileZilla. Bon, ça paraît simple, je vais télécharger et installer ça...
Finalement, il est 18 heures passées et il faut rentrer à la maison pour y attendre Clotilde. Bavardons ordinateur et blog. Louis, enfant roi lui a remémoré un Rossellini qu'elle avait vu en 1968 et que je ne connais pas : La prise de pouvoir par Lous XIV (1966). Dînons léger au Rhubarb en devisant par exemple de l'essentielle différence entre Duras et Sarraute : voix unique et voix multiples.

Cette rédaction en écoutant Les fantaisistes de dimanche, téléchargeant FileZilla... Interrompu par un coup de téléphone de Bikun qui, ça y est, saute des deux pieds dans la ronde — un de plus à mettre dans la colonne de gauche et à suivre d'un œil amical ! (Partant demain vers l'inconnu, sans doute a-t-il éprouvé le besoin d'un ancrage à la fois virtuel et sécurisant.)


sftp, sage précaution, car le simple ftp, lui, transmet les données en clair, y compris le nom d'utilisateur et le mot de passe pour se connecter au serveur...
2005-08-03 02:48:49 de Manu

Voici un article fort intéressant ! Surtout avec les dichtomies faciles que l'on entend souvent en ce moment.
« La Corée du Nord, atelier du merveilleux pour l'Occident
LE MONDE |
Pyongyang de notre envoyé spécial
Située au centre de la capitale dans une tour ultramoderne, la société SEK est l'une des entreprises les plus performantes de la Corée du Nord (RPDC). Studio d'Etat, elle produit des dessins animés aussi bien pour son marché que pour la Chine, l'Espagne, l'Italie et la France. Ce n'est pas seulement une question de coût. "Nous nous adressons à SEK surtout pour la qualité de ses productions, sans comparaison avec ce qui est offert dans le reste de la région", assure Michel Gantier, superviseur pour différentes sociétés françaises de production. Séjournant à Pyongyang pour la réalisation d'une série de 13 épisodes de 26 minutes, il est l'un des plus fidèles clients français de SEK.
Les sociétés étrangères écrivent les scénarios, créent les personnages, les ambiances et les décors puis les envoient pour réalisation au studio. Tout est livré dans la langue d'origine et traduit en coréen pour la bonne compréhension par les équipes. La fabrication manuelle de l'animation des personnages comporte en général quelque 18 000 dessins par épisode. Le reste est informatisé. "Le premier épisode est de toute beauté. Du très 'beau boulot'", commente Michel Gantier. SEK va produire prochainement un 52 minutes consacré à Monte-Cristo et un autre dans la série Les Trois Petits Cochons.
Les dessinateurs et les décorateurs qui travaillent dans des bureaux climatisés sont jeunes. "La moyenne d'âge est de 30 ans", indique Choe Myong-jo, chargé des relations extérieures. Les meilleurs talents du département des dessins animés de l'Ecole des beaux-arts sont vite repérés ­ - parfois dès le secondaire - ­ et recommandés à SEK.
Créée en 1957 et employant 1 600 personnes ­ soit pratiquement autant que tous les studios français réunis ­, SEK a commencé à travailler avec la France en 1985. Les transpositions à l'écran des aventures de Corto Maltese ou de Bécassine ont été réalisées en RPDC. La vieille dictature nord-coréenne est ainsi devenue l'un des ateliers du merveilleux destiné à l'Occident.
Mais si les commandes étrangères sont une source de devises, SEK travaille surtout pour le marché intérieur. Ce qui n'empêche pas des productions à vocation éducative, comme Le Blaireau intelligent, d'être vendues dans plusieurs pays. "Plus que la politique, le message de nos productions valorise les valeurs morales", observe finement M. Choe.
Philippe Pons
Article paru dans l'édition du 03.08.05 »
2005-08-03 03:35:38 de Arnaud

en cliquant sur "Bon à Melle" j'ai obtenu un message d'alerte :
"Accès à WWW.RENCONTRE.FR refusé".
Berlol ? qu'est -ce donc que tu réticules là ?
2005-08-03 11:21:18 de Arte

Pour moi, ça marche sans problème. En revanche, je crains que ça ne vienne d'un pop-up de pub qui peine à s'ouvrir (et j'ai constaté que Mozilla Firefox, censé bloquer les pubs, laisse depuis deux semaines passer une pub de club de rencontre, justement !).
Sur un autre plan, ça veut dire que je suis plus ouvert aux rencontres que toi !...
2005-08-03 11:40:40 de Berlol

Rencontre ? ben oui, mais ELLE est en vacances ... (si Mademoiselle nous lit... )
2005-08-03 13:34:35 de Arte

Berlol, je te presente par avance des excuses, car je vais tenter le surprenant, l'incroyable, l'impossible tour de force suivant :
:0046:
2005-08-03 14:25:47 de Arte

...et c'est raté ! (merci quand même)
2005-08-03 14:26:20 de Arte

Quoi t'est-ce que c'était, c'truc ? t'es pas fait mal ?
(Ai vu que t'étais passé chez Bikun...)
2005-08-03 14:31:13 de Berlol

Je laisse un message à Gros Lulu, si jamais il passait dans le coin : t'as oublié un Lobo-Antunes dans le camion, je mets la clé sous le chat.
2005-08-03 14:35:59 de Bartlebooth

Où que soit le chat ?
2005-08-03 14:38:19 de Berlol

nouvelle tentative (encore désolé hein :d )
[img]http://forumprog.free.fr/panos4/GS_a38a8b6281e27e6612c579260c419d6e.png[/img]
2005-08-03 14:45:03 de Arte

ah ben c'est re-raté :d
2005-08-03 14:45:23 de Arte

Il est toujours au même endroit le chat, à côté du flamant rose. A ce propos, voici un article de Libération qui m'a paru intéressants, je me permets de le citer (c'est surtout pour changer du Monde, c'est pas bon de puiser qu'à une source).
Les zoos, hauts lieux de vols pour les flamants roses
Les rapts d'espèces en captivité seraient fréquents dans les parcs.
Par Hélène LAM TRONG
mercredi 03 août 2005 (Liberation - 06:00)
«Quand le gardien a fini sa tournée à 2 heures du matin, ils étaient encore là. A 6 heures, ils avaient disparu.» Consternée, l'équipe du zoo d'Amiens n'a pu que constater le vol de 14 flamants roses du Chili, le 6 juin. Sans bruit, les ravisseurs ont capturé leur butin avec des filets trouvés sur place. Sans gêne, ils ont chargé les volatiles dans les poubelles du parc avant de les faire rouler tranquillement vers l'extérieur. Avec une valeur pouvant atteindre 3 000 euros pièce, les flamants roses sont devenus la cible privilégiée de trafiquants d'animaux d'un nouveau genre : ceux qui viennent directement faire leur marché dans les zoos.
Plaintes. Le rapt d'espèces en captivité progresse en France depuis que les douanes ont renforcé le contrôle sur l'importation de la faune et de la flore protégées. Les animaux exotiques volés dans les parcs animaliers sont d'autant plus recherchés qu'ils sont la plupart du temps interdits à la vente. Comme pour le commerce illégal d'antiquités, les amateurs sont donc des connaisseurs. Parfois gourmands, comme en témoigne la remarque d'un directeur de zoo : «Les flamants roses sont appréciés parce que ça fait joli au bord d'un étang. On les vole en groupe parce qu'un seul ça fait un peu minable.»
Cette année, les parcs d'Amnéville (Moselle) et de Beauval (Centre) se sont aussi fait subtiliser des wallabys et des singes. Et chez nos voisins, la technique fait des émules. A tel point que l'Association européenne des zoos et aquariums (EAZA) s'est émue de ce qui est devenu, selon elle, «un phénomène international».
«J'ai plutôt l'impression que ça s'est calmé.» Bernard Liauzu dirige le Jardin aux oiseaux. Un espace ouvert de six hectares, près de Valence, autant dire un terrain rêvé pour les voleurs potentiels. «Il y a quelques années, il y a eu une véritable vague dans les zoos de l'est de la France. On y a eu droit, comme tout le monde.» Sauf qu'à la troisième tentative, il a pris les malotrus la main dans le sac. «Ils étaient venus en pleine journée, un dimanche ! Un visiteur les a surpris en action et on a prévenu les gendarmes.» Une chance, car après deux plaintes pour l'enlèvement de toucans et de grues couronnées, les autorités étaient devenues soupçonneuses. Les coupables, deux cinquantenaires, étaient des collectionneurs. «Ils faisaient aussi du trafic avec la Belgique, qui était ce qu'on appelle une plaque tournante.» C'était il y a six ans. «Depuis, plus rien.»
Vocations. «A ma connaissance, ce n'est même pas un problème», explique Patrick Caillé, vice-président de l'ANPZ (Association nationale des parcs zoologiques français). Agacé, il trouve qu'on monte l'affaire en épingle «de manière tout à fait injustifiée». Son établissement, le zoo de la Palmyre, près de Royan, «n'a jamais eu aucun problème». Une précision suivie d'une mise en garde : faire la publicité des cas de vols ­ «très marginaux, j'insiste» ­ risque de susciter des vocations. Déjà prêt à doubler son peloton de vigiles, le directeur se ravise. Le trafic, pour les particuliers ça a toujours été «du bidon». «Et puis, quel abruti paierait 10 000 euros pour un ouistiti ?»
2005-08-03 14:48:43 de Bartlebooth

et le chat fut !
2005-08-03 14:50:42 de Arte

Bartle, rends immédiatement la girafe au monsieur !
2005-08-03 14:56:18 de Arte

et moi qui rigolais en famille avant-hier pour le rapt de 2 manchots au zoo des Sables d'Olonne !
on dirait tout ça le début d'un roman de Chevillard
quant à toi, Berlol, tu me feras 2 h de Poitou-Charente au retour de Cerisy, de la même façon qu'à Tokyo tu m'as montré le souk informatique, je te jure que je veux bien te présenter mon vieux pays...
en plus qu'on y avait trinqué à ta santé (au Champigny, près Saumur, on t'offrira une carte...)
2005-08-03 17:05:23 de FBon

c'est pas Kourkov qui a piqué un pingouin au zoo de Kiev ?
(Berlol, je savais que tu comprendrais en passant chez Greg :d )
2005-08-03 18:03:44 de Arte


Mercredi 3 août 2005. Un point de vue imprenable.

Ça vole de tous les côtés ! — même dans les zoos... À Toronto, c'était limite ! Une vraiment bonne nouvelle ! Côté navette spatiale, on ne sait plus si on pourra rentrer ! On rafistole en mouffles. Là dessus, voilà David et sa petite famille qui décollent vers Hokkaido (doit être au frais, à l'heure qu'il est, parce qu'ici, c'est tiède). Et en fin de journée, c'est le tour de Bikun : s'envole pour l'Ouzbekistan. Enfin !, depuis que j'en parle, il est devenu un vrai personnage, celui-là !
Me laissent seul dans une fac déserte où je finis de remplir mes feuilles de notes. Installation, paramétrage du FileZilla (voir hier), puis connexion et trafic en sftp réussis ! Et plein d'autres petites choses comme ça... sans intérêt. Et encore pas de temps pour avancer mon papier pour le colloque, qui est dans dix jours...
Je me rappelle qu'il y a deux ans, au colloque Meschonnic, j'avais été étonné que deux des organisateurs, si sérieux par ailleurs, aient eu à finir sur place, en heures de nuit, leur intervention — ce qui les empêchait de se distraire avec les autres, le soir. Éh bien maintenant, je comprends mieux ! Enfin, je vais quand même essayer de finir.
D'ailleurs, — j'entends la réflexion... — si je ne passais pas quotidiennement une heure ou plus à ce journal, ça ferait du temps pour le colloque... Oui, sauf que ce que je prépare sort en partie de cette expérience de près de vingt mois : questionnements et événements littéréticulaires forment une expérience et un point de vue imprenables. C'est un vécu qui n'est pas qu'expérimental, car la forme même de ma vie a changé, dans cette affaire : la discipline d'une écriture journalière longtemps souhaitée et jamais réalisée avant cet attrait de la mise en ligne, la rencontre de commentateurs et de blogueurs entre lesquels se tissent des liens jusque dans la réalité, une pratique et une critique littéraires discontinues, comme aléatoires — autant de marcottes et d'appeaux pour un essai à venir... En attendant, je rouvre un modèle...

« Ceux qui ont vendu leur âme à la littérature ne devraient pas se plaindre ensuite de se sentir floués.» (Daniel Oster, Rangements, P.O.L., 2001, p. 224)

« Lundi et mardi, enregistrement d'une émission "À voix nue", avec Mathieu Bénézet. Je tente d'expliquer en quoi "à voix nue" c'est tout moi, vu que je ne crois pas à la nudité dès qu'il y a langage. [...] » (Id., p. 226)

« Entendu hier soir à la radio une émission "Figure de proue", Chancel, avec Paul Auster et Hubert Nyssen. Beaucoup de grotesque. Satisfaction, menteries, écrivasserie habituelle, avec lèche-bottes de service. Et puis "Masque et la plume", renvois d'ascenseurs, aucune analyse, chacun tire en public les bénéfices de son petit pouvoir. L'auditeur gogo. Métaphores plus ou moins culinaires : "on se délecte", "c'est délicieux", ou bien métaphore du train : "Dès qu'on a lu la première ligne, on est entraîné, on ne le lâche plus." Nous autres avons appris à lire en nous arrêtant à chaque phrase. Avons horreur d'"être tenus en haleine" (Id., ibid., p. 227-228)

Ça s'enroule ici même. Six ans plus tard, Daniel Oster n'est plus là — mais ses livres sont importants. Et je suis de plus en plus d'accord avec lui. Mathieu Bénézet continue la poésie et la radio, pour notre plus grand plaisir. J'ai écouté ce matin deux épisodes du Lexique de l'actuel, une émission socio-lexicologique de la grille d'été, avec toute la pertinence impertinente de Pierre-Marc de Biasi — qu'Oster connaissait bien. Nous continuons, dans la joie et la bonne humeur, jusqu'à ce que nous aussi disparaissions au bout du chemin. Voir Wanderlust et les oxycèdres, de Claude Ollier. On ne peut pas dire mieux.


Et oui, ce site de rencontres résiste aux trois anti-popups que j'utilise (sur différentes machines). On dirait qu'"ils" ont trouvé la parade. Ça se passe en deux temps semble-t-il: il y a d'abord un petite fenêtre qui s'ouvre avec une erreur 404 (simulée?), puis plus tard le site de rencontres. Si on ferme cette petite fenêtre "404" suffisamment vite, le site de rencontres n'apparaît pas...
2005-08-04 07:07:20 de Manu

Il y aura sans doute un jour (si ce n'est déjà esquissé) une floraison de manuels sur l'ensemencement des blogs en ligne ou en batterie. Il y a longtemps maintenant que se pratique sur le Web l'insémination artificielle par greffons ( sortes de parasites tolérés dont on escompte les fruits ou les fleurs, la sève peut-être).
Vous devenez poète Berlol avec vos métaphores arboricoles et musicales ,à Cerisy ils seront contents ! Je m'en réjouis !
N'oubliez pas de préparer votre intervention à la lune montante et parmi les instruments de maternelle les plus conviviaux je vous recommande la grenouille guiro 18 cm (qui ressemble plus à un gecko en réalité).
Pour mémoire :
Lune
"Le marcottage comme le bouturage se pratique en lune montante. Le flux de sève est plus actif, l'enracinement a plus de chance de réussir."
2005-08-04 07:40:08 de Marie.Pool


Jeudi 4 août 2005. Arrêt de tourner en rond.

« Encycl. La propriété qu'ont les tiges, les branches et même les feuilles de certaines plantes d'émettre des racines lorsqu'elles sont plongées dans un lieu humide, est très-diversement développée suivant les espèces et les milieux où l'on opère. Chez certains végétaux, la production de ces racines est si facile qu'on les voit se développer spontanément à l'air ; chez d'autres, elle s'opère différemment et ces racines ne se développent que sur des rameaux séparés appelés "boutures" ; tandis que chez d'autres encore cette émission, plus difficile et plus lente, n'a lieu que dans le cas où la branche plongée dans la terre est encore attachée à la plante mère. Cette branche placée dans de telles conditions prend alors le nom de "marcotte". Le "marcottage" présente donc cet avantage sur les autres modes de multiplication, que la branche sur laquelle on expérimente, demeurant attachée à la tige mère, peut attendre tout le temps nécessaire à la production des racines adventives. D'autre part, il existe des moyens pratiques d'activer cette production, qu'on pourrait appeler artificielle. Dès longtemps, il a été constaté que les racines prennent particulièrement naissance sur les renflements, les bourrelets, etc.; dès lors, dans les cas où les résultats du "marcottage" se font trop longtemps attendre, on en provoque la manifestation soit par une ligature, soit par une incision annulaire ou une torsion qui, faisant affluer les sucs, donne lieu à la formation de l'un de ces bourrelets qui favorisent l'apparition des racines. [...] » (Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle par Pierre Larousse, DVD)

Où j'entends — sans doute, est-ce la chaleur... :
La propriété qu'ont les blogs, les pages et même les commentaires de certains sites web d'émettre des racines lorsqu'ils sont plongés dans un lieu littéraire, est très-diversement développée suivant les espèces et les milieux où l'on opère. Chez certains individus, la production de ces racines est si facile qu'on les voit se développer spontanément en parlant ; chez d'autres, elle s'opère différemment et ces racines ne se développent que sur des textes séparés appelés "posts" ; tandis que chez d'autres encore cette émission, plus difficile et plus lente, n'a lieu que dans le cas où la page plongée dans le blog est encore attachée au site web. Cette page placée dans de telles conditions prend alors le nom de "marcotte".
Et ainsi de suite, à votre bon cœur, si quelqu'un veut continuer...
(Et merci, Marie.Pool, pour les encouragements !)

Je viens de me faire une heure d'actualités littéraires... Fatigant ! Faut que j'aille me coucher, moi... (Et c'était intéressant (et pour ça fatigant, dans mon état...), de Balpe à Autié, en passant par Grapheus Tis et Cousu main...)
Bien sûr, mon mal vient de plus loin. Ça fait trois jours que je traîne jusqu'à une heure et demi du matin et que je me lève à sept heures pour être sûr de tout faire et de ne rien oublier avant le grand voyage (voyage + colloque). Aujourd'hui, pire encore : après être allé au sport moins d'une heure, juste pour mise en forme et bain, j'essayais de faire ma valise une première fois (pour aller de Nagoya à Tokyo) tout en pensant aux documents à ne pas oublier dans un ordinateur, puis, monté au bureau dans une chaleur atroce pour un ajustement supplémentaire (occasionné par mon fournisseur de site qui a décidé d'une migration technique qui prenait effet pour moi ce matin), je pensais alors aux vêtements que je risquais d'oublier — ai-je bien pris mon maillot de bains ? et mon coupe-ongle ?
La complexité du phénomène vient du fait qu'étant de différents plans des activités, les choses ont quand même une égale importance devant l'oubli. Essayez d'oublier un simple câble USB ! Vous allez voir la complication...

Arrêt de tourner en rond vers 15 heures. Tout est bouclé mais il fait si chaud et la valise est tellement lourde que je renonce à aller jusqu'au métro et hèle un taxi pour la gare de Nagoya. Charmante conductrice qui me fait la causette en se contentant de mon piètre japonais — et tant d'énergie économisée dans son habitacle rafraîchi !
Grâce à cela peut-être, j'ai quelques neurones qui acceptent de faire passer l'état actuel de mon exposé de une à deux pages. Le plus gros reste à faire. Je gambarimasse ! (fais de mon mieux, m'efforce — difficile de traduire...)

À Tokyo le soir, connexions web-vidéo avec mes sœurs, l'une à Lyon, l'autre à Paris, l'une avec son mari et son bébé, l'autre avec notre grand-mère, et T. est là pour en profiter aussi. On a raté les parents de peu, ils avaient dû reprendre la route... Après les essais de la semaine dernière, ce sont les premières séances où l'on est à peu près à l'aise, pas obnubilés par la technique (parce que ça marche, justement). Le petit Charlie auquel il faut changer la couche est donc d'un monde où l'on cause gratuitement avec Tokyo, d'un monde dans lequel on voit plus souvent son oncle dans un écran dans un écran (deux fois, oui) qu'en chair et en os. Ça va compter pour toutes les dimensions de son être. Et nous, formés autrement, on n'y comprendra rien. À moins qu'on ne commence déjà à y réfléchir...


Pense à Bikun, il n'aura pas le taxi climatisé au Tadjikitsan avec sa grosse valise !
Au moins, ça fait moins de pollution et de réchauffement de l'extérieur, c'est déjà ça !
2005-08-05 02:44:05 de Manu

Justement, j'ai pensé à lui en me disant que je ferais mieux d'aller en métro, que je ne suis pas si vieux que ça pour recourir au taxi, etc. Mais chaleur + poids ont vaincu économie + jeunesse...
Il doit être arrivé à Dushanbe, maintenant ? Et toi, ça baigne ?
2005-08-05 06:39:48 de Berlol

Cette histoire de "tonton virtuel" sur écran gigogne est à méditer.
A notre génération,et sans parler des fossés entre niveaux d'accés à la photo selon les pays,il n'était pas rare de ne pas connaître le visage de nos anciens ou ou de certains membres d'une parenté proche, cela tenait souvent du fait de leur disparition précoce.
Les familles étaient souvent regroupées et "enracinées" dans des terroirs et l'évocation pouvait se faire ou pas, de bouche à oreille,selon le statut affectif du disparu. La fameuse image de" L 'oncle d'Amérique" que l'on fantasmait comme riche,dissident et porteur plus ou moins excentrique d'un Ailleurs inatteignable avait beaucoup d'intérêt dans l'imaginaire des familles qui restaient à garder la terre et à faire fructifier le patrimoine dans la lignée. Il pouvait être un chanceux ou un banni, parfois un déshérité ( certains partimoines transmis à l'aîné exclusivement par exemple et je ne parle pas des femmes... les Tantes d'Amérique étaient extrêmement rares...).
"Partir c'est mourir un peu" dit le proverbe.Du point de vue de ceux qui restent le voyageur est aussi celui dont l'image devient floue dans les mémoires. Lorsqu'on le retrouve en chair et en pied, on le regarde sur toutes les coutures pour savoir quelle sorte d'être concret il est, ce qui a changé, ce qu'on a perdu de lui et qu'on retrouve plus ou moins facilement. Avec vidéo ce type de regard un peu anxieux et curieux est perceptible, la webcam c'est encore autre chose puisque c'est celui qui , sauf erreur, fait entrer l'autre dans son image qui garde la maîtrise du cadrage et du "temps d'exposition". Heureusement, pour nous décrisper un peu dans ces moments de "drôles d'émotions",il y a le discours et la voix, qui sont(quand les gens s'aiment) le premier plaisir retrouvé pour les retrouvailles ( le miroir sonore précède le miroir visuel disait Didier ANZIEU).
Alors que se passe-t-il lorsqu'on peut conserver de façon unilatérale et assez longtemps l'image lointaine de l'autre (pour cause de voyage durable ou de mort définitive) . Qu'on peut se la passer "en boucle" comme un cd favori ? Quel statut mental ont nos "absents", comment les convoquons-nous et pourquoi faire ? J'avais remarqué chez mes enfants dispersés que la première chose qu'il faisaient en se retrouvant étaient de se chahuter physiquement dans des rires de potaches comme pour mieux éprouver leur présence charnelle et leur connivence d'enfance commune. J'ai vu une scène similaire dans une émission style" perdu de vue" au moment du rassemblement d'une fratrie très nombreuse placée par la DASS (au fur et à mesure des grossesses de la mère sans doute bien perturbée) que l'un des frères s'était obstiné à vouloir reconstituer à l'âge adulte. La caméra voyeuse avait capté ce moment d'intense tragédie et de bonheur inattendu que constituait l'irruption de l'image réelle
et sensible des personnes concernées. Les mots partaient dans tous les sens comme l'eau d'un tuyau (ou la lumière d'un tunnel d'ignorance) qui n'a pas servi depuis longtemps , qui crachote ou fuse violemment pour retrouver quelque chose de neuf et de plus assumé dans l'effusion. Le petit Charlie est pour l'instant exempté de devoir de mémoire et il est probable que tout ce jouera dans les bras de l'Oncle du Japon s'il a la chance de les rencontrer avant sa majorité.Il faudra compter aussi avec l'amnésie infantile. Lorqu'il sera en âge de surfer peut-être qu'il répondra à l'appel du large que représente un adulte familier autre que ses parents. Comme une alternative naturelle au nid parental. Ce qui est important me semble-t-il, c'est l'ouverture et la facilitation des rapports interpersonnels que procure l'usage de la visualisation instantanée par webcam. Mais comme dans le film de WENDERS , les ailes du désir, cela ne remplace pas la sensation de tenir une tasse de café brûlante que l'on vient de se faire offrir dans le monde des vivants.
Bon préparatifs BERLOL !
2005-08-05 07:58:11 de Marie.Pool

Tres beau commentaire, Marie.Pool, dans lequel je me retrouve beaucoup : "L'Oncle d'Amerique", "Partir, c'est mourir un peu", les images des disparus ou des absents, le proche et le lointain, "Les ailes du desir"... autant de themes et de citations qui font partie de mes meditations quotidiennes... N'ai pas maintenant de "reagir" davantage... de plus, suis accable de fatigue par la chaleur nippone (36 degres cet apres-midi a Fukuoka)... en tout cas, ces propos nourrissent encore la reflexion et la meditation (que je separe pas d'ailleurs).
2005-08-05 08:53:56 de vinteix

Glossolalie rethorique !
2005-08-05 11:14:13 de Arte

Mon cher Arte, je vous invite a reviser votre definition de la "glossolalie"... ou d'aller voir du cote de Artaud...
2005-08-05 13:16:44 de vinteix

Et puis un petit peu d'orthographe aussi, pour la rhétorique...
2005-08-05 13:37:47 de Berlol

je suis ridicule sur le H mais je maintiens sur l'ensemble du commentaire !
2005-08-05 14:42:43 de Arte

L'Histoire avec sa grande Hache ne te le pardonnera pas...
"Silence ininterrompu"... ca c'est de la rhetorique tout court...
2005-08-05 15:18:44 de vinteix

« Américains et Japonais à la rescousse d'un sous-marin russe en difficulté
LEMONDE.FR |
La marine russe était engagée, vendredi 5 août, dans une course contre la montre pour sauver les vies de l'équipage d'un sous-marin bloqué par 190 mètres de fond dans une baie du Kamtchatka (Extrême-Orient russe), et Moscou n'a pas hésité, cette fois, à demander rapidement l'aide du Japon et des Etats-Unis.
Le Japon a dépêché quatre navires de guerre à la rescousse, parmi lesquels figure un bateau de sauvetage de sous-marins, le Chiyoda, et un ravitailleur, a précisé le ministère des affaires étrangères japonais. Deux autres navires, des chasseurs de mines, sont partis de Hokkaido, la grande île septentrionale du Japon, située face à la péninsule du Kamtchaka. Selon l'agence de presse nippone Jiji, les navires japonais devraient arriver sur zone d'ici lundi matin. L'information n'a toutefois pas été confirmée officiellement.
De son côté, la flotte américaine dans le Pacifique a décidé d'envoyer deux robots sous-marins, à la demande des autorités russes, a indiqué un porte-parole de la flotte. La porte-parole de la marine russe, le capitaine Dygalo s'est voulu catégorique sur sa volonté de coopération internationale : "Quand il s'agit de sauver des gens en difficulté sous l'eau, il faut exploiter toutes les possibilités. Il est impossible d'avoir trop d'aide, plus il y en a et mieux c'est".
FAIBLE RÉSERVE D'OXYGÈNE
La confusion initiale et des informations divergentes sur les réserves d'air dont dispose le bateau, en immersion depuis mercredi soir et immobilisé depuis jeudi matin par le câble d'un chalut, ont accru la tension. La situation rappelait, toutes proportions gardées, celle du sous-marin Koursk, coulé il y a presque exactement cinq ans dans la mer de Barents à la suite de l'explosion accidentelle d'une torpille. La Russie avait alors décliné les propositions d'aide étrangère, changeant d'avis alors qu'il était déjà trop tard pour sauver d'éventuels survivants. Les 118 hommes à bord avaient tous péri.
Jeudi matin, dans un premier temps, le porte-parole de la marine russe, le capitaine Igor Dygalo, a affirmé que les réserves d'air emportées par le bathyscaphe étaient suffisantes pour 120 heures, soit cinq jours. Mais d'autres sources à l'état-major des forces navales ont affirmé avec constance que ces réserves ne représentaient au départ que 48 heures de consommation, ce qui signifierait que vendredi en milieu de journée il n'en resterait plus que pour quelques heures. Le porte-parole a fini par reconnaître qu'il fallait encore vérifier ces calculs.
Une dizaine d'unités de la flotte russe du Pacifique étaient engagées dans les opérations de secours, consistant pour le moment à tenter d'accrocher avec des ancres le câble retenant le bathyscaphe au fond, ou le bathyscaphe lui-même, pour le dégager.
MAUVAIS ÉTAT DU SOUS-MARIN
La situation du sous-marin était observée grâce à des caméras immergées à proximité de l'appareil, tandis que l'équipage, qui n'avait pas de contact audio avec les bâtiments de surface, communiquait avec eux par des signaux sonores utilisés habituellement par les sous-marins, a indiqué le capitaine Dygalo.
L'appareil, long de 13 mètres et large de 5 mètres, destiné à secourir des submersibles en panne et qui peut descendre jusqu'à un kilomètre de profondeur, effectuait un exercice de routine dans la baie Berezovaïa (75 km au sud de la ville de Petropavlovsk-Kamtchatskiï). L'état des sept membres de l'équipage a été qualifié de "normal" par le porte-parole de la flotte du Pacifique. La température à bord s'élève à 5 degrés centigrades et les marins portent des vêtements chauds.
Enfin, selon l'entreprise de Nijni Novgorod qui avait construit le bathyscaphe AS-28, ce dernier serait en mauvais état technique et avait besoin d'être remis à neuf. "Les militaires le savaient" et les travaux étaient déjà programmés pour les mois d'octobre ou de novembre prochains, a déclaré une porte-parole du chantier naval Krasnoe Sormovo, Olga Konstantinova, citée par l'agence russe Itar-Tass.
Avec AFP et Reuters »
2005-08-05 16:29:57 de Arnold

La question( simplifiée) que j'ai voulu aborder était : qu'est-ce que les techniques actuelles de production, de conservation et de transformation des images change et va changer dans notre rapport à l'autre, à la mort, au virtuel qui peut parfois être rattaché à la pensée magique qui rend présent quelque chose qui n'existe pas ou plus ? Et pour ce sous-marin en perdition avec des vies humaines à bord ? Qu'est-ce que la technologie de l'image peut modifier dans le drame qui se joue ?
Quel effet réel peut avoir" une attaque de la pensée de l'autre"SUR LE WEB ( notion "d'attaque de la pensée "foncièrement psy que je n'hésite pas à proposer, apparentée aussi à la notion de SEARLES dans "L'effort pour rendre l'autre fou"... ne serait-ce que pour dire que cela ne peut avoir d'effet autre que de susciter " la parole défensive "ou" le silence ininterrompu" dont parle VINTEIX) ?
J'oscille entre réponse (patient) et silence (patient aussi).
Ne sachant pas pourquoi il y a cet empêchement d'entendement réciproque y compris dans le désaccord d'opinions. Je me dis qu'il doit y avoir autre chose et qui est de l'ordre d'une plainte, d'une blessure narcissique inavouée.
Voir du côté d'ARTAUD Oui ! qui délirait beaucoup, quoiqu'on en dise, et dont la toxicomanie morphinique a cramé les neurones prématurément. Les électrochocs n'ont été que les remèdes désespérés de l'époque face au désastre. Je ne sais pas dire les choses autrement que je les connais. Toute agression sur le blog de Berlol me paraît hors-sujet et d 'intérêt très relatif. Je dis ici les choses calmement. Si on me pose de vraies questions ou me propose de vrais échanges, il est probable que je dirai simplement ce que je pense. Je ne m'interdis pas de penser plus loin que moi-même en fréquentant des blogs plus intellos. que le mien. Je ne suis pas confinée dans mon maquis poétique. Mais il faut trouver chant commun pour pourvoir exulter dans l'usage du langage.
2005-08-05 21:27:18 de Marie.Pool

J'avais, il y a quelques temps, tilté à cette phrase de vous, Mary Pool : "Elle est folle et détestable". Vous parliez de la "maladie" du terrorisme mais j'avais l'impression d'y percevoir quelque chose de votre rapport étrange à la folie...
En parlant de délires, vous en faites un d'une grossièreté dégoûtante : "Les électrochocs n'ont été que les remèdes désespérés de l'époque face au désastre." C'est honteux et ridicule de vouloir faire passer l'histoire psychiatrique pour un joli conte de fées. Le désastre, c'est plutôt celui réalisé par ces institutions infâmes. Désespérés, les psychiatres ? laissez-moi rire ! L'aveugle foi en la science, du désespoir ? Du désespoir, la violence faite aux corps et aux âmes par des terroristes soi-disant thérapeutes?
Laissons Artaud vous le cracher :
"J'ai 2 ou 3 dents contre la société actuelle.
Je vais les sortir une bonne fois pour toutes afin qu'il n'yait plus d'erreur ni recours possible de moi contre qui que ce soit et de qui que ce soit contre moi
et dans aucun sens.
Bien qu'absolument lucide et sain d'esprit,
je viens de passer 9 ans interné dans les asiles d'aliénés,
et c'est une chose que je ne pardonnerai jamais à cette société de castrats imbéciles et sans pensée, qui depuis X ans qu'elle tourne sa langue dans son giron sale n'a jamais pu à travers je ne combien de penseurs, de poètes, de philosophes, de scribes, de rois, de boudhas, de bonzes, de fétiches, de soviets, de parlements, de dictateurs, n'a jamais su proposer à personne une raison valable d'exister.
Mon corps est à moi, je ne veux pas qu'on en dispose. Dans mon esprit circulent bien des choses, dans mon corps ne circulent rien que moi. C'est tout ce qui me reste de tout ce que j'avais. Je ne veux pas qu'on le prenne pour le mettre en cellule, l'encamisoler, lui attacher au lit les pieds, l'enfermer dans un quartier d'asile, lui interdire de sortir jamais, l'empoisonner, le rouer de coups, le faire jeûner, le priver de manger, l'endormir à l'électricité. Tout cela après l'avoir baptisé un jour, un certain jour, alors qu'il était trop petit pour se défendre, et je ne sais même pas si ce n'est pas ce baptême qui a tout fait. Mais je dis qu'ainsi c'est assez, interné, empoisonné, endormi à l'électricité, la colonne vertébrale scindée en 2, le dos poignardé de 2 coups de couteau, c'est maintenant trop et plus que trop, les choses en sont au point où la question tombe, la question d'elle-même tombe, et que pour une explication dernière il ne peut plus y avoir que la bombe ou le couteau.
Et je dis que cette explication au lieu avant qu'il soit longtemps, car j'ai vu bien des saletés dans mon existence et j'ai fini par en attraper une peste morale,
une espèce de purulence pressante,
et je ne sais pas s'il y a des bombes atomiques, mais je me sens en état de gangrène atomique qui ne pourra manquer lu aussi concurremment avec telle ou telle maladie de l'espace de provoquer corporellement son explosion, le monde des révoltes morales, et qui ne surent être que morales, étant clos.
J'ai contre la société actuelle une dent concernant l'opium et toutes plantes appelées d'une manière aussi méphitique que stupide : drogues et stupéfiants.
J'en ai contre l'internement, la médecine.
J'en ai une à propos de tout ce qui touche aux envoûtements.
J'en ai une contre la guerre et elle est de poids, car pour la guerre il faut le temps et on m'a volé tout mon temps avec 9 ans d'internement, enfin le Dr Gaston Ferdière de Rodez m'a volé je ne sais combien de trilliards de siècles de mémoire avec 2 ans d'électro-choc.
[...]
Un jour de février 1943, peu de jours après mon entrée à l'asile de Rodez, tourmenté par de pressantes coliques, j'allai trouver le Dr Gaston Ferdière, médecin directeur de cet asile, et lui demandai de me faire l'aumône de 25 gouttes de laudanum de Sydenham. Je vis son visage se fermer, devenir raide.
Ah non, me dit-il d'un ton pesant, ça non, par exemple. Car voilà votre vieille toxicomanie qui vous revient et pour vous l'enlever je vais vous faire l'électro-choc.
Et il m'en fit pendant 2 ans.
L'électro-choc dont je mourus fut le troisième.
Je m'étais mal endormi sous la décharge du courant et je me souviens d'avoir tourné hagard pendant un temps indéterminé comme une mouche dans mon propre gosier, puis je m'étais senti crever et jaillir au-dessus de ma propre dépouille, mais sans parvenir à me séparer tout à fait de mon corps.
Je flottais dans l'air comme un ballon captif, me demandant de quel côté était la route, et si mon corps m'y suivrait jamais car n'était-il pas tout ce que j'étais et ce que j'étais maintenant n'était-il pas rien devant ce que mon corps avait toujours été, qu'il ne pouvait pas ne pas être à jamais.
J'en étais là de ce débat lorsqu'un brusque déclic me fit sombrer en terre et je me réveillai dans la chambre où l'électro-choc m'avait foudroyé.
J'appris après que le Dr Ferdière, me croyant mort, avait donné l'ordre à 2 infirmiers de transporter mon corps à la morgue et que seul mon réveil à ce moment-là m'avait sauvé.
Je ne sais pas dans quel recoin obscène de l'inconscient de sa propre pensée le Dr Ferdière puisa l'ordre de continuer à me faire l'électro-choc, mais après cette sinistre incartade des choses l'électro-choc me fut encore continué 2 années malgré mes protestations réitérées."
(in Histoire vécu d'Artaud-Mômo, t.26)
2005-08-06 00:09:12 de Bartlebooth

Je comprends en partie votre colère que vous argumentez dans les pas d'Artaud qui a eu la chance ( que n'ont pas d'autres)d'avoir des mots pour nous faire percevoir l'atrocité de son vécu mental et de ses douleurs physiques.
Je ne suis pas d'accord avec vous lorsque vous prétendez que je transforme la psychiatrie en conte de fée.J'ai assez de recul maintenant pour faire la part des choses et de l'histoire qui comporte plus de "misère" que d'exploits scientifiques et éthiques.
Avant tout, il faut avoir l'honnêteté de constater que la psychiatrie a toujours été mandatée pour une double fonction contradictoire : remettre les gens dans le circuit ordinaire et les isoler lorsqu'ils présentent un danger pour l'ordre public et pour eux mêmes. Il faut savoir aussi que lorsqu'une société accepte d'enfermer un certain nombre de gens dans une promiscuité insalubre, cela crée automatiquement des effets désastreux sur les individus et les désocialise de façon gravissime. Mais en Italie la fermeture des hôpitaux a entraîné un transfert de l'errance psychique et de la désinsertion sociale dans la rue ou dans des structures privées qui ramassent du pognon au passage . En Russie c'est le moyen-âge. En Afrique on attache encore des patients agités aux arbres et un patient hospitalisé doit payer avant d'être soigné , sa famille reste responsable de lui et doit le garder . Ce ne sont que des exemples généraux. Je vous conseille vivement de lire l'histoire de la psychiatrie dans le "Que Sais-Je" de Jacques HOCHMANN (Qui a été un fervent militant contre la propension asilaire) pour comprendre l'évolution si lente et insatisfaisante des moyens dont la psychiatrie a été dotée pour répondre à la folie et à ses conséquences. Les premiers psychropes ont moins de 60 ans d'existence. Avant dans les hôpitaux c'était la castagne ,l'occupationnel forcé (malades travailleurs qui faisaient fonctionner l'institution avec très peu de personnel qualifié), la camisole , les douches et les bains et surtout la désespérance...
Malgré les progrès indéniables dans l'utilisation de médicaments (réservés aux pays riches) je reste très critique , même aujourd'hui sur les moyens utilisés pour traiter les personnes qui ont recours à la psychiatrie ( et ils sont de plus en plus nombreux puisque un simple mal de vivre, une vicissitude de l'existence mal supportée, une maladie incurable, une crise d'adolescence peuvent mener dans l'un des bureaux de psychiatres de moins en moins nombreux).
Des Etats Généraux de la Psychiatrie ont eu lieu récemment et ont établi un panorama de l'ampleur des lacunes. On est passé de l'enfermement à la non assistance à personne en danger. Combien de patients schizophrènes qui , laissés sans soins se défenestrent un jour de délire et de désespoir ? Vous vous trompez d'interlocuteur si vous pensez que je cautionne les manquements de toute société face à toute personne qui souffre. Artaud était un patient parmi les autres et il démontre que la création n'immunise pas contre la détérioration inexorable des capacités mentales.
On peut considérer qu'Artaud relevait de la neurochirurgie et que sa propension à l'auto-médication par le Laudanum ne lui a certainement pas apporté que des améliorations. L'électrochoc qui s'appelle convulsivo-thérapie s'utilise encore chez les grands mélancoliques. Il est considéré comme une thérapeutique de dernier recours pour les personnes qui ne réagissent pas aux médicaments courants ou qui n'en supportent pas les effets secondaires.
Les psychothérapies de soutien dont devrait bénéficier toute personne malade qui en fait la demande ne sont toujours pas remboursées. Les moyens budgétaires pour la gestion des hôpitaux et des centres de consultation sont de plus en plus rationnés et misen concurrence avec les autres secteurs de la santé. La violence sociale est de plus en plus préoccupante et de plus en plus de gens ne se soignent pas correctement faute de moyens.
Le Drame de Pau et d'autres meurtres similaires sont venus nous rappeler qu'on est en train de tirer sur l'ambulance... La plupart des patients apprécient les contacts qu'ils ont avec leurs soignants et ce serait caricaturer et diffamer de dire que tous les efforts accomplis pour soutenir les patients actuels sont malveillants et inefficaces. On soigne un humain avec un autre humain qui l'accueille et s'abstient de tout jugement moral à son égard. Les techniques de soins, quant à elles, ne cessent de se remettre en question malgré la pression sociale et le cynisme économique ambiant.
Et pour finir: vous connaissez un malade du diabète ou de cancer qui est content de prendre son traitement ? On aura fait de réel progrès lorsque la société considèrera les troubles mentaux comme des troubles somatiques et qu'on arrêtera de considérer ceux qui les soignent comme des brutes épaisses.
La vraie violence c'est la solitude et l'indifférence... Essayez de prendre des renseignements et du recul vous aussi. Cela vous évitera je l'espère de m'agresser sans discernement.
2005-08-06 07:16:41 de Marie.Pool

Bravo Mary Pool pour votre sang froid et pour vos explications très claires auxquelles je n'ai rien à redire sinon ceci : je maintiens que la phrase que je reprenais de vous est choquante et va dans un autre sens que votre réponse, que par contre j'apprécie fortement : en somme, après l'électro-choc, le laudanum, c'est mieux dans ce sens.
2005-08-06 14:09:02 de Bartlebooth

Pemettez-moi de préciser avec "sang-froid" et très sereinement que je n'ai pas de" rapport étrange à la folie", elle m'est familière depuis longtemps puisque je la côtoie en permanence... C'est pourquoi j'évite si possible d'en rajouter là où elle est déjà bien trop envahissante. Et c'est par respect pour ce que vous avancez que je ne tiens pas à vous laisser dans l'erreur d'appréciation que vous avez plusieurs fois répétée sur ce blog. Artaud a fait couler beaucoup d'encre,tout comme Camille Claudel ou Hölderlin, ils ont tous subi les traitements de leur époque et aucun des trois ne s'en est sorti. Croyez-vous vraiment que l'on puisse rester sans question face à de tels destins ? Sommes-nous pour autant compétents et suffisamment informés pour affirmer qu 'il y a eu "assassinat" dans ces cas d'enfermement psychiatrique ? Je ne peux pour ma part parler que de ce que j'observe aujourd'hui dans les pratiques telles que je les perçois.C'est subjectif et je l'assume sans craindre la controverse. L'inconvénient du Laudanum est aussi redoutable que l'électro-choc, le soulagement temporaire n'équivaut pas à l'éradication du mal et les effets secondaires sont également indésirables. La poésie résiste mal à la destruction du cerveau.
Je ne comprends pas ce qui vous choque dans la phrase que vous évoquez.Est-elle complète ? L'avez-vous comprise telle que je la concevais ?
2005-08-06 23:26:58 de Marie.Pool


Vendredi 5 août 2005. Faire tourner puces et neurones.

Vitesse de croisière dans les recherches ; pas encore sorti des nuages, mais bonne altitude.

Selon mon plan, c'est le jour : deux heures ce matin pour concevoir, créer et paramétrer un blog ILF2005. La particularité en est qu'environ 25 personnes, les participants du colloque, en reçoivent le sésame afin de pouvoir toutes y poster des notes, et pas seulement des commentaires. J'ai fait des recommandations par courriel pour que l'on soit circonspect côté modifications. On verra bien !
Ce soir, je constate que seules deux personnes y ont contribué, deux qui sont habituées à du fonctionnement collectif, justement (faute de frappe : j'avais écrit coollectif, qui correspond bien aussi...).
Sans doute qu'une majorité sont en vacances, ou enterrés quelque part à préparer leur intervention...

Déjeuner au Saint-Martin. Avec une nouveauté au menu, pour changer de l'habituel (mais excellent) poulet-frites : steack haché d'agneau (épicé façon merguez), avec haricots verts et frites à l'américaine (quartiers de pomme de terre frits avec la peau). Un nouveau must de la maison !
Fait toujours aussi chaud, on retourne s'enfermer, faire tourner puces et neurones.

Dans les médias japonais, aucune mention de la mort de Marylin Monroe le 5 août 1962, ni de l'anniversaire de l'abbé Pierre... C'est que l'on s'apprête à commémorer demain les 60 ans de dévastation de Little Boy, la bombe d'Hiroshima. Avons vu ce soir un long documentaire télé plutôt bien fait. L'aspect politique est exploré de plusieurs points de vue (japonais, américain, russe), les fautes politiques, militaires et diplomatiques des diverses parties sont relevées, documents d'archives à l'appui. De nombreux témoins s'expriment, la parole et les écrits des survivants sont enfin valorisés. Des reconstitutions en 3D permettent presque de ressentir... l'indescriptible.
Sur France Culture, c'est la fin d'une semaine consacrée au même sujet, au rythme de trois émissions par jour.
Écoutons, voyons, comprenons, transmettons — même si l'on a autre chose à faire, que ce soit boulot ou plage.


Inédit :
Bourth: le tracteur s'emballe et écrase l'agriculteur
Mercredi soir, un agriculteur de 70 ans, originaire de Breteuil-sur-Iton, a été écrasé par un tracteur et son chargement de blé.
Le maire de Bourth, Michel Lesueur, parle « d'un accident terrible », les riverains du hameau de Beaufour, où s'est déroulé l'accident, de « séquence dramatique » ou « d'affreuse catastrophe ».
Mercredi soir, un tracteur chargé de blé, parqué dans la cour d'une ferme, s'est emballé pour une raison encore inconnue et a écrasé un agriculteur septuagénaire, originaire de Breteuil-sur-Iton, qui était venu prêter main-forte à une de ses collègues pour les moissons. Lesquelles battent son plein actuellement dans cette partie du Sud de l'Eure. Les gendarmes de la communauté de brigades de Verneuil-sur-Avre continuent actuellement leurs investigations afin de déterminer les circonstances exactes de ce drame.
A la verticale dans le fossé !
Celui-ci s'est noué vers 20 h 30. D'après les premiers éléments de l'enquête, l'homme en question bricolait l'engin. Il serait tombé du siège. En chutant, a-t-il lâché le frein ou enclenché malencontreusement une vitesse? (NDLR : les autorités n'ont pas encore déterminé si le moteur de l'engin était allumé ou pas.) Il est trop tôt pour le dire.
Quoi qu'il en soit, l'agriculteur est d'abord passé sous la roue arrière gauche, puis sous la remorque remplie de blé. Roland Jarry, un Bretolien de 70 ans, est évidemment mort sur le coup. Les sapeurs-pompiers et le Samu, présents sur place, ne pourront que constater le décès.
Le tracteur, continuant sa course, a défoncé la haie de la propriété puis s'est engagé sur la chaussée de la RD54. Le volant s'étant coincé, le véhicule agricole a opéré un virage à 90 degrés vers la droite. La remorque s'est alors renversée sur le bitume. Le tracteur, quant à lui, a terminé son funeste périple à la verticale dans le fossé. « Heureusement qu'aucune voiture ou aucun vélo n'est arrivé à ce moment-là venant de Rugles ou Bourth », remarque un gendarme, sinon, nous aurions sans doute connu un bilan plus lourd encore. »
Rapidement, la brigade motorisée de Verneuil ainsi que l'Equipement ont mis en place un dispositif de régulation de la circulation, le temps des secours et de l'évacuation des véhicules. Ce n'est qu'après 23 heures que la RD54 à cet endroit devait être complètement dégagée. L'enquête des gendarmes se poursuit.
PASCAL AUDOUX
Paris Normandie 04/05/2005
2005-08-05 18:42:12 de Arte

Copie colle rhetorique !
2005-08-05 19:42:56 de vinteix

non, écholalique !
2005-08-05 22:08:22 de Arte

Encore pire !
2005-08-06 04:25:22 de vinteix

Mais l'epoque est a l'echolalie generalisee et au psittacisme.
2005-08-06 04:26:54 de vinteix

Oui Coco.
2005-08-06 07:38:15 de Arte

"Petite méditation entre Amis" ou " La vie des Bloggeurs entre Perroquets Bleus et Anges Evanescents"...
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Des perroquets,je ne dirai pas grand chose, sauf la blague du quidam qui ne croyait pas ceux qui disaient que le perroquet enchaîné à son perchoir dans un parc avec à côté de lui un molosse était dangereux. Le quidam goguenard s'en va tester par lui même la férocité virtuelle du perroquet.Au moment où il est tout proche , il entend celui-ci dire : "Attaque Ramsès !".
Des Anges,je rappporterai simplement des passages du livre de Régis DEBRAY : "Les enjeux et les moyens de la transmission" Editions Pleins feux.
Je précise au préalable que je ne crois pas à la réalité des anges, par contre je crois à la transmission de la culture avec ses avantages et ses inconvénients ( entre autre le surencombrement mental et la dissension perpétuelle).
"Les Anges sont des messagers - "angoulos" en grec signifie "le messager"... une sorte de facteur du très haut"."
"On peut peindre des anges, on ne peut pas photographier des anges"
"Ce qu'il y a d'extraordinaire chez les anges c'est qu'ils sont hiérarchisés, organisés. C'est une troupe , une armée...Ily a des trônes, des dominations,trois sortes d'anges...[etc...].
"L'Ange peut se transformer en Démon... Le Démon est un Ange qui a mal tourné..."
"Pas de transmission directe mais à travers une chaîne d'anges, c'est àdire d'intermédaires, à travers un échelonnement."
"La transmission du symbolique est diabolique"
"Là où le processus de transmission devient explosif, tout à fait vertigineux"
"Symbole veut dire réunir,mettre ensemble selon l'étymologie"
"Dia-bolique est ce qui sépare"
"Il y a des tempéraments diaboliques qui aiment semer la zizanie, faire que les gens se brouillent et puis il y a des tempéraments heureux ou symboliques qui aiment que les gens se rencontrent."
"L'étonnant provient de ce que Dieu ne peut pas transmettre son message lui-même"
"Il lui faut l'Ange de l'annonciation"
"Il existe des anges orgueilleux qui captent les messages"
"Exemple d'un Ange qui se renverse en Diable ... qui se présente lui-même comme plus important que ce qu'il a à transmettre"
"L'occultation du message par son porteur "
"Au fur et à mesure que la transmission devient technique elle tend à s'uniformiser"
"Il y a 3000 langues parlées dans le monde, dix système d'écriture et seulement un standard ou deux de transmission télévisuelle"
"La technique est ce qui standardise, homogénéise, ce qui unifie la planète, or, la culture est ce qui différencie les hommes lesuns des autres"
"La culture est ce qui fractionne l'espèce humaine et la technique est ce qui l'unit contrairement à ce que l'on entend souvent"
Bon week-end BERLOL ! N'oubliez pas la relaxation avant Cerisy... L'idéal est peut-être de vous coller des ailes d'ange sous les omoplates, du genre Gabriel si possible...
2005-08-06 10:32:51 de Marie.Pool

Merci Marie.Pool ! Je retiendrai surtout la distinction étymologique entre symbolique et diabolique...
Merci Arte, je vais essayer de ne pas me faire écraser par Google en actionnant involontairement le clic...
2005-08-06 11:06:07 de Berlol

La difference entre culture et technique est loin d'etre aussi nette que les propos de Regis Debray semblent le laisser entendre. C'est d'ailleurs un point d'achoppement de la philosophie que de ne pas reussir a penser la technique... et ce depuis Platon. Le livre, instrument de culture, est aussi un outil et entre dans le domaine de la technique, comme d'ailleurs tous les objets de memoire, ce que Platon a appele des "hypomnemata" et l'ecriture est aussi une "hypomnesis", c'est-a-dire une memoire technique. "La transmission" dont parle Debray a toujours ete technique, vehiculee par des procedes techniques, depuis toujours, depuis les origines de l'ecriture et meme depuis les premiers outils en pierre - ces procedes techniques ont simplement evolue... et leur diffusion a pris plus d'ampleur, une ampleur planetaire (changement d'echelle, menacant certes...), c'est tout.
La technique, comme la culture, peuvent unifier et standardiser les hommes, autant qu'elles peuvent les differencier et les singulariser. La difference entre les deux effets reside dans leur usage "politique"... et les propos de Debray cites ci-dessus sont par trop simplistes et dichotomiques. Certes, l'usage massif et industriel qui est fait actuellement de la technique et qui domine de maniere planetaire va bien dans le sens d'une standardisation generalisee des esprits, des ames et des corps... mais ce n'est pas une fatalite intrinseque a la technique (la, il faut revoir toute l'histoire de la technique et la lier precisement a ce que l'on appelle "culture", ce dernier terme etant d'ailleurs trop souvent idealise.) De plus, la technique regnante vehicule une culture, la culture de masse (qui est bien sur une catastrophe, celle de "la misere symbolique" actuelle... et de l'echolalie, et du psittacisme, etc.), ce que Bernard Stiegler appelle "le capitalisme industriel"...
Sur cette vaste et complexe question, Stiegler, que j'evoquais recemment, me semble jsutement le penseur actuel le plus pertinent et "honnetement equipe", tant sur le plan philosophique (et litteraire) que technologique.
2005-08-06 11:46:36 de vinteix

Disposant de la conférence de Stiegler à L'ENSAD en fevrier 2005, au format MP3, (75 Mo) je tiens la copie à la disposition de qui la souhaite !
2005-08-06 12:24:32 de Arte

Ce que l'on occulte, aussi, c'est que l'usage d'instruments (pierre, bois, etc.) dès les temps les plus primitifs se produit sur tous les lieux géographiques d'existence des êtres humains, donnant lieu à des développements très différents mais qui toujours, de génération en génération, font qu'une proposition technique prolonge la précédente, et ainsi de suite.
Chacune de ces propositions procède d'une pensée (recherche d'amélioration ou découverte de hasard) qui conçoit l'avantage et se transmet, participant donc totalement de la culture locale.
Technique et culture ne sont donc pas loin d'être deux noms d'une seule et même chose qui serait l'ingéniosité (voir étym. du mot "engin") dont la prise en considération créerait progressivement des groupes humains divergeants au sein de toutes les tribus, ceux qui pensent philosophiquement (et "culturellement" en est) et ceux qui pensent techniquement.
L'ingéniosité pourrait provenir en fait des deux organes polyvalents de l'être humain : la main et la bouche. La station debout ayant rendu la main presque inutile lui donnait en fait la chance de tout faire (je crois en avoir déjà parlé l'an dernier, Cf. Ulysse dans l'index) tandis que le dévellopement des cordes vocales (pour appeler pendant la chasse ?) permettait d'élaborer des messages beaucoup plus complexes que les mains ou le mime, et progressivement les langues (qui sont donc aussi des résultats techniques).
Pourquoi tant de gens conçoivent et veulent que culture et technique s'opposent ? Quel dessein cela sert-il ? Quel refoulement cela manifeste-t-il ? L'ingéniosité est-elle actuellement une qualité également partagée par tous les êtres humains ? Voilà de quoi rebondir...
Et bien sûr Stiegler est important.
2005-08-06 12:31:49 de Berlol

"aucune mention de la mort de Marylin Monroe le 5 août 1962"
ici, aucun journal n'a rappelé l'assassinat commis le 29 juin 1972 à Cerisy-la-Salle :
"Dagny WASMUND : Monsieur Sollers, je trouve certaines de vos conclusions erronées. Vous avez commencé par décrire la société reposant "sur un crime commis en commun", une grande partie de l'assemblée s'est identifiée à cette citation de Freud et nous l'avons vue, lue, avant d'écouter votre conférence. Evidemment, on l'avait toujours présente, on a bien vu comment certains participants de l'assemblée ont réagi. Puisqu'il y avait processus d'identification, ils l'ont rejetée d'abord sur vous en vous demandant, Philippe Sollers, ce que vous faites, vous-même. Vous avez donné un tas d'exemple, mais votre première phrase était à peu près celle-ci : Artaud a été assassiné. Excusez-moi, je suis psychanalyste et je me suis demandée tout de suite : qui va être assassiné maintenant ici dans l'assemblée ? Mais la manière dont la discussion s'est faite, je l'ai prédit pendant la pause, c'était sûr, avec tous les détails.
Philippe SOLLERS : Qu'est-ce que vous avez prédit exactement ?
Dagny WASMUND : Le déroulement de la discussion.
Philippe SOLLERS : Mais qui sera assassiné ?
Dagny WASMUND : Un moment. (Rires)
Philippe SOLLERS : Ah ! parce que je m'excuse, deux secondes, je parle d'un assassinat réel, n'est-ce pas, pas métaphorique.
Dagny WASMUND : Oui, exactement.
Philippe SOLLERS : Alors donc quelqu'un va être assassiné (Rires). Non, soyons sérieux, là nous sommes dans le réel, nous ne sommes plus dans l'imaginaire.
Dagny WASMUND : Artaud sans doute a été assassiné, réellement, plus ou moins entre guillemets, mais il a été assassiné, tandis qu'ici, il y avait une certaine d'assassinat...
Philippe SOLLERS : En un autre sens du mot alors.
Dagny WASMUND : Oui, comme vous voulez...
Philippe SOLLERS : Ah ! non."
(Fin de la discussion après la communication de Sollers, "L'état Artaud" du Colloque "Vers une Révolution Culturelle : Artaud, Bataille" tenu du 29 juin au 9 juillet 1972 à Cerisy-la-Salle)
En espérant que les débats sur l'ILF soient aussi drôles et ne fassent pas trop de morts.
2005-08-06 14:31:55 de Bartlebooth

Je partage ton avis Berlol. En fait, juste avant de lire ta remarque, je me disais que j'allais simplement écrire "la technique ne fait-elle pas partie de la culture?". Et j'ajouterai ceci: avant qu'une technique ne devienne un standard, souvent plusieurs d'entre elles, semblables, s'affrontent sur différents aspects (efficacité, rentabilité...) dont l'enjeu n'est-il pas souvent d'imposer une culture ?
Bon, Bikun vient d'arriver chez lui. Et nous, Berlol, quand est-ce qu'on se voit avant ton départ ?
2005-08-06 15:38:32 de Manu

Bon, j'ai aussi "L'histoire du point de croix du 17 eme à nos jours" en format PDF, mais là, je propose même pas, hein, c'est un peu technique ...
2005-08-06 15:55:04 de