J
ournal LittéRéticulaire de Berlol

Littéréticulaire : néol., adj. (de littéraire et réticulaire), propriété d'un texte où s'associent, aux valeurs traditionnelles et aux figures classiques du texte littéraire, les significations et effets de sens provoqués par les liens hypertextuels au sein d'un réseau (l'internet par exemple), qu'ils aient été voulus ou non par l'auteur.







Juillet 2005

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Vendredi 1er juillet 2005. Profondes de gratitude et d'histoire + torpide moiture.

Ce n'est pas moi, non. Comme on dit que celui qui touche le fond donne un coup de pied, une impulsion pour remonter. Mais cette fois, ce n'est pas moi, je n'ai donné aucun coup de pied, et d'ailleurs touché aucun fond. Juste je dérivais, scaphandrier débranché, descendant irrésistiblement sous le poids de sa coquille d'ennui, effaré de voir des poissons de plus en plus drôles, presque des fantômes, et de moins en moins de lumière. La lumière, oui, justement, c'est elle qui m'a sauvé, réveillé de la torpeur dans laquelle le scaphandrier tombe forcément, après qu'il a bien battu des bras et des jambes en vain.
Comme si quelque chose m'avait accroché et remonté. Je me voyais de nouveau. J'étais dans le shinkansen, donc, exceptionnellement matinal pour un vendredi, et j'avais déjà pris dans la rue, roulant ma valise, la pluie et la lourde poisse d'air qui l'accompagne durant cette sorte de mousson du Japon. Me demandant si j'allais en profiter pour dormir, ou quoi ?, j'ai quand même ouvert mon ordinateur portable dans lequel il y a toujours le dévédé de la revue Europe. Je cherchais des articles sur Bataille, et spécialement sur L'Histoire de l'œil de Lord Auch puisque c'est au programme du GRAAL d'automne. Avec plusieurs mots-clé, j'avais quelques dizaines de résultats qui s'affichaient. En même temps, j'écoutais des morceaux de musique de ma sélection mp3 — Air Liquide et Muslimgauze (des morceaux de M aussi, mais je saute parce que je trouve ça nul, finalement). Déjà, ça me sortait. Ça me dégageait un peu pendant que le train fendait la campagne torpue entre deux rideaux d'eau. Et puis dans la liste des résultats, j'ai vu qu'il y avait Meschonnic. Je suis allé voir et c'était un article sur Apollinaire qui datait de... 1966 ! Choc : notre homme avait alors trente et quelques années. Il était alors bien plus jeune que moi aujourd'hui. Il était encore à près de trente ans de me rencontrer — ce qui n'a pas changé sa vie, mais la mienne oui. Alors j'ai lu son Apollinaire illuminé au milieu d'ombres...
C'était de l'antidote concentré, du médicament à haute dose contre la torpique ambiance universitaire que cache l'agitation administrative, contre les vipères déguisées en couleuvres qu'on nous force à avaler.

« Apollinaire apparaît de plus en plus comme celui qui a ouvert les portes d'ivoire ou de corne de la poésie moderne. [...] On n'a pas pris encore toute la mesure de son empan sur le monde et sur nous. [...] Apollinaire est le même, mais le chemin qu'il a parcouru est celui de l'arrachement au symbolisme. Arrachement à une poésie étroitement introspective qui était le produit d'un isolement du poète dans la société, et qui était refus du monde par un certain usage de la musique des mots. C'est H. de Régnier, Vielé-Griffin et surtout Maeterlinck ; c'est en Angleterre les premières œuvres de Yeats et la poésie mystique de Hopkins (qui alors se faisait, même si elle ne put agir qu'après 1918 et prendre parallèlement à celle de Rilke valeur de défense intérieure contre le monde) ; en Allemagne, Stefan George ; en Italie, les Crepuscolari ; en Russie, Alexandre Blok. Sur toute l'Europe s'étend une poésie humide de Serres chaudes. Malgré tout ce qui en demeure dans l'œuvre d'Apollinaire, celle-ci est une ouverture, la création d'un nouveau langage dont nous vivons encore, au milieu de tentatives semblables, anarchiques : imagisme dans les lettres anglo-saxonnes, expressionnisme allemand — les recherches d'August Stramm, futurisme de Marinetti ; en Russie acméisme, imaginisme, cubo-futurisme de Khlebnikov, futurisme de Maïakovski, — et à ces expériences se lie le réexamen du langage poétique qu'est la méthode morphologique des formalistes. C'est dans cette époque riche et complexe que la poésie d'Apollinaire prend son sens et non si on l'étudie seule. Parmi les prolongements des recherches de Laforgue, de Whitman et des unanimistes, et parce qu'elle est exploration de l'homme, elle est exploration du langage ; elle n'est pas travail du langage sur le langage seul ; elle est l'approche inquiète d'un moi, d'un être qui se cherche dans l'histoire, sous des formes fuyantes, d'où son pouvoir de se reconnaître dans certaines fables, de créer une apocalypse moderne, au même moment qu'elle retrouve le parlé et désacralise le poème, conscience d'un monde nouveau dans des rythmes nouveaux.» (Henri Meschonnic, Apollinaire illuminé au milieu d'ombres, Europe, n° 451-452, Nov.-Déc. 1966, p. 141-169.)

On reconnaît déjà la griffe et les thèmes. La suite est encore plus surprenante...
Arrivé à Tokyo, j'étais un autre homme. Prêt à de beaux rendez-vous. Ça tombait bien.

Midi, je retrouve mon collègue de Kyoto, le professeur Inagaki Naoki, avec qui j'ai organisé le colloque Fortunes de Victor Hugo en 2002. Nous allons officiellement déposer le résultat de notre entreprise — le livre publié chez Maisonneuve & Larose — devant le directeur de l'Institut franco-japonais, Jacques Soulillou, l'un de ceux qui y a cru, qui a invité plusieurs des conférenciers et ouvert sa salle de cinéma. Hier et sans moi, mon collègue était allé faire la même démarche au Service culturel de l'ambassade et à la Maison franco-japonaise. Après l'Institut, nous avons rendez-vous pour la même raison avec le doyen de la faculté des lettres de l'université Gakushuin. Petites démarches, dirait-on, qui ne durent qu'une vingtaine de minutes pour des paroles assez convenues, mais profondes de gratitude et d'histoire.

18 heures, l'heure de retourner à l'Institut pour la Sayonara Party du même Soulillou. Il va aller en poste à Hong-Kong et beaucoup de monde est venu le saluer, profiter du buffet (pourtant pas terrible), retrouver des amis et des connaissances. Avec et sans T., qui a aussi ses connaissances, je cause ainsi avec Hori Shigeki, collègue et ami de M. Inagaki, qui habite maintenant notre quartier, avec Agnès Disson qui prépare un colloque sur Roubaud, avec Hervé Couchot, casanier pour cause de paternité et qu'on regrette de ne pas voir plus souvent, avec Michaël Ferrier qui a bien reçu son exemplaire d'auteur des Fortunes, avec Marc Rigaudis que T. voit chaque semaine alors que moi presque jamais, et bien d'autres que j'ai vraiment été heureux de revoir. Malgré la torpide moiture de soirée. J'ai même rencontré des gens fort contents de mon JLR du 22 juin...
Passage au Saint-Martin avec T. pour corriger les goûts que le buffet a quelque peu malmenés (décidément, à l'Institut, y'a toujours la Brasserie qui cloche...).


Tout ça, c'est bien. Mais vous savez que Michel Polac est viré de France Inter où il animait une chronique hebdomadaire à la fin de l'émission Charivari ?
Quand on entend cette radio, devenir radio Sarko si ce n'est pas la radio officielle du roi Chirac, je suis dépitée. Les infos nous apprennent qu'il faut rouler prudemment sur la route des vacances, car les gendarrrrmes veillent ! Que le ministre de la Santé a passé 10 minutes au standart de la CPAM aujourd'hui pour expliquer au citoyen comment il devait se comporter face à la réforme miraculeuse mise en place aujourd'hui ! Parfois je me surprends à chanter "Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand " une simple plaisanterie mais j'ai l'impression d'écouter une radio officielle de propagande. Ne parlons pas de France-Culture où Laure Adler a fait un sérieux ménage. JE SUIS ÉNERVÉE....
2005-07-01 18:27:49 de Caroline

découvert avec Polac Boris Savinkof, Sophie Kovalievskaia, Agueev, (Pura Vida/P Deville, l'exception qui confirme ...), Magda szabo (avant le prix litteraire), Tatiana Tolstoi etc etc...(dommage que votre blog necessite un mot de passe pour commenter, ça bloque un peu, comme GeorgeS Sand ... )
2005-07-01 21:32:26 de Arte

En 1866, George Sand écrivait des lettres à "M. Flobert" et même "Flobaire".
Flaubert prenait un malin plaisir à ajouter un "s" à George.
Martine Reid, in "Flaubert et Sand en correspondance" (Action poétique 85, Seuil, 1991, pp.53-68) : "Flaubert, qui l'appelle "maître" (et accorde en conséquence les adjectifs qu'il y associe), la traite bel et bien comme un "troubadour", franc camarade auquel il ne craint pas d'écrire : "Etes-vous bon ! quel excellent être vous faites !". L'écrivain ne se contente pas de multiplier sur le compte de Sand les fautes d'accord, ou d'écrire George avec un s ; il cherche aussi à la dissocier de ces femelles qui font décidément - le mot est de Proudhon - la "désolation du Juste". C'est parce que Sand n'est pas une femme qu'on peut lui écrire : "les cervelles de femme sont si drôles", ou encore, en 1870 : "Je maudis les femmes ! C'est par elles que nous périssons !" Et il demande : "quelle idée avez-vous donc des femmes, ô vous qui êtes du troisième sexe ?".
Sand, dans une lettre à Flaubert de 1866 : "à présent que je ne suis plus une femme, si le bon Dieu était juste, je deviendrais un homme. J'aurais la force physique et je vous dirais : allons donc faire un tour à Carthage ou ailleurs".
Flaubert, quelques jours après la mort de George : "Il fallait la connaître comme je l'ai connue pour savoir tout ce qu'il y avait de féminin dans ce grand homme, l'immensité de tendresse qui se trouvait dans ce génie."
La correspondance n'est en ligne que traduite en anglais, dommage.
2005-07-02 02:13:11 de Greg

J'oubliais ce texte qui m'amuse beaucoup :
http://pareiasaure.ifrance.com/sand.html
2005-07-02 02:15:05 de Greg

Le blog également comme une façon de carnet de brouillon, des "notulae" comme disait R. Barthes, dans son dernier cours (Préparation au roman, je crois, auquel j'assistais souvent dans l'amphi aveugle car il fallait se lever tôt pour avoir des places dans l'amphi qui comptait; je dormais tard à l'époque), des pensées, des faits qui n'auraient pas encore trouvé stabilité au sein d'un récit ou d'un texte plus construit. Cependant, dans cet état, sans pouvoir revenir sur ce qu'on écrit, c'est lu par d'autres.
Je pense encore à J. Roubaud et à son protocole d'écriture dans "Le Grand Incendie de Londres", du blog avant blog, un peu.
Ce matin, mes voisins antiquaires se sont levés avant moi (5 h 25). Torse nu à deux étages différents, l'un brassant des papiers à un bureau, l'autre étalé devant sa télé. J'ai, il y a quelques jours, reçu un petit mot de ce dernier : "monsieur, une fuite provenant de votre salle de bains a causé quelques dégâts à notre plafond. Pouvez-vous me contacter au... merci". L'occupation des sols de notre immeuble relève d'un petit labyrinthe. Chaque étage était un plateau et a été découpé en parcelles de format très différent. En fait, lui, je ne l'avais jamais vu de près.
Portrait.
En découvrant son intérieur, j'ai dit vous êtes antiquaire. Il a dit non brocanteur. Il tient un magasin rue des Rosiers, aux Puces de Saint Ouen.
A cause de la balkanisation de l'immeuble, aucun appartement ne correspond d'un étage à l'autre. Il a fallu mesuré 4 mètres d'un mur mitoyen chez lui jusqu'à sa fuite et reporté ces 4 mètres d'un mur fictif chez moi jusqu'à un point virtuel, une chasse d'eau, oui, peut-être, admis-je, mais c'est sec, à présent, me défendis-je. Oui, lui aussi, c'était sec, chez lui. Nous n'avons procédé à aucun autre constat. Il s'agissait pour lui de savoir si j'étais prêt à reconnaître une origine voire une responsabilité puis à intervenir. La pièce sinistrée contient des centaines de tableaux, sculptures, meubles, bibelots, XIX èmme, début XXème, je dirais, très chargé.
2005-07-02 10:17:38 de Alain

A propos de Polac, je vous dirai que j'ignorais même qu'il était encore à l'antenne !
Je n'ai jamais pu écouter France Inter, le ton qu'on y prend ne m'a jamais plu, et le peu de fois que j'ai écouté Le Masque et La Plume, j'ai été sidéré par l'ambiance d"'entertainment" qu'on y maintenait à dessein (la mauvaise foi, les blagues, les renvois d'aigre ou d'ascenseur). Quand je veux des infos, j'écoute France Info un petit moment, ou les journaux de France Culture, ou le journal télévisé, quand je veux de la musique, j'écoute OuïFM, Nova ou LeMouv', et quand je veux rigoler Rire et Chansons. Mais une "généraliste" comme France Inter ou RTL, jamais.
Arte, c'est pas chez moi qu'il faut un mot de passe, hein ! C'est chez Caroline. En m'inscrivant, j'avais justement bien vérifié chez U-blog qu'il n'y avait pas cette condition...
2005-07-10 02:08:53 de Berlol



Samedi 2 juillet 2005. Des lois dont je veux qu'elles m'échappent.

Il y a belle lurette que je ne préviens plus les personnes que je connais lorsque je parle d'elles dans ce journal (je l'ai un peu fait dans les premiers mois et j'ai constaté que ça ne fonctionnait pas).
N'ayant d'ambition ni mondaine ni commerciale, je laisse l'information circuler selon des lois dont je veux qu'elles m'échappent, tandis que je m'occupe de ce que j'ai à dire pour ma mémoire et pour une nébuleuse de passants électroniques. Ces pesées de toiles d'araignée sont nouvelles ouvertures littéraires — leur légèreté échappera toujours aux prisonniers de l'audience et du pognon.

Et la professionnalisation du blog, ça aussi, ça va être une sacrée fumisterie !

« Qui donc aurait prédit la réapparition des souffrances rédemptrices chères à la chrétienté sous la forme du Travail élevé au rang de dogme intangible ? que ce travail lui-même, accéléré et propagé, point du tout diminué par les machines, connaîtrait une telle expansion, une telle vitesse incontrôlée, qu'il en deviendrait stérile, voire dangereux pour l'humanité ? que cette surproductivité développerait une agitation tellement privée de sens qu'une majorité d'hommes ne feraient plus, sous prétexte de travailler, que de sacrifier la plupart des heures de leur vie à un ennui annihilant et en échange de biens matériels de plus en plus douteux ? que la consommation de ces biens matériels surmultipliés deviendrait elle-même une sorte de travail quasi obligatoire ? qu'enfin donc, la résistance consciente ou inconsciente à cet engrenage commencerait à devenir presque héroïque, ascétique [...] » (Denis Grozdanovitch, Petit Traité de désinvolture, Éditions du Seuil, 2005 [rééd. de Corti, 2002], coll. Points, n°1284, p. 22.)

« Aujourd'hui que tout le monde est contraint, sous peine d'une condamnation par défaut pour crime de lèse-respectabilité, d'embrasser quelque profession lucrative, et d'y travailler avec quelque chose qui ressemble à de l'enthousiasme, une plainte de la partie adverse, qui, elle, se satisfait de ce qu'elle a, et revendique de rester spectatrice en goûtant le temps qui passe, sent un peu la bravade, sinon la gasconade.» (Robert Louis Stevenson, Apologie des oisifs, cité par Denis Grozdanovitch, idem, p. 24.)

« En réalité, cette population d'excentriques et d'originaux, de dilettantes, de « tueurs de temps » ou de banalistes — irréductible en elle-même — a toujours survécu un peu partout, quels que soient les régimes, les événements et les bouleversements sociaux — non pas loin de l'activité mais juste à côté, parallèlement à elle, pourrait-on dire : doucement, opiniâtrement indifférente à ce qui ne concernait pas ses marottes.» (D. Grozdanovitch, id., p. 33.)

Ni rejet, ni exaltation, donc. Comme le pêcheur à la ligne des peintures chinoises. Juste un recoin de calme relatif (avec ou sans l'activité rémunérée suffisante). Que certains de ces recoins soient en même temps accessibles du monde entier comme l'est un site web ou un blog n'était pas prévu dans le texte de Grozdanovitch. Mais je suis sûr que l'idée ne le choquera pas...
Je suis assez pour ce genre de choses. Pour moi-même, je veux dire. Sauf qu'il y a aussi un désir d'entrer dans la mêlée, notamment pour donner quelques ruades. Voire de participer à la construction de quelque chose, si ça ne se fait pas avec trop de mépris pour l'idée que j'ai de la dignité humaine — qui n'est pas qu'oisiveté, loin s'en faut.

Restant une partie de la journée à la maison, j'essaie la page web de la chaîne Direct 8 et je tombe sur l'émission Univers Infini, consacrée au travail, à la nécessaire revalorisation des métiers manuels, avec le ministre Renaud Dutreil parlant une belle et gentille langue de bois pour que tout le monde participe bien docilement au monde commercial et je me dis que oui, en effet, quoi qu'on fasse ou ne fasse pas, on n'y échappera pas, c'est notre monde.


Tout à d'accord pour la remarque sur les « prisonniers de l'audience et du pognon ». Il n'y a qu'à voir comment les gros sites, très visités, deviennent tout de suite conformiste très "dans la ligne" afin de ne pas "perdre d'audience", ou bien au contraire deviennent complètement démago pour faire "monter l'audience" en suivant les goûts de leur "public". N'importe quoi.
D'ailleurs, cette remarque ne s'applique pas qu'aux blogs. Dès qu'on devient un peu connu, les pressions font tout de suite jour afin de te faire comprendre qu'il faudrait agir comme les autres voudraient que tu agisses. N'importe quoi.
2005-07-03 07:01:01 de Arnaud

Bande d'anarchistes ...
2005-07-03 10:36:31 de Arte

Jaloux!
2005-07-03 12:30:58 de La cinq

On n'est pas anarchiste (ni moi, ni Berlol il me semble). On est libéraux, au sens large. Mais respectueux de l'ordre tant qu'il te respecte lui aussi.
2005-07-03 14:03:44 de Arnaud

Mais laisse dire, Arnaud... Tu vois pas qu'il le fait exprès ? Il a le sourire tellement fendu qu'on voit son slip !... Et comme dit Christian de "La cinq" qu'a raté son lien...
2005-07-03 14:59:20 de Berlol

Parfaitement, jaloux!
Moi, je l'ai réussi, mon lien!
On se marre bien, quand même... hein, Berlol?
Arnaud, souris!
"Libéraux? Au sens large. Mais respectueux de l'ordre tant qu'il te respecte lui aussi"?
Tout ceci me paraît profondément subversif... car quel est l'ordre qui nous respecterait? À préciser...?
2005-07-03 16:43:20 de TF1

je porte pas de slip :p
(Berlol, merci ! me voila sous FireFox ! un plaisir ...)
2005-07-03 19:04:32 de arte



Dimanche 3 juillet 2005. Une lanterne pour les guider.

Changement de programme. Comme il ne pleut pas et qu'il ne fait pas très chaud, T. me dit que c'est le jour idéal — compte tenu des dates d'ailleurs (?) — pour aller s'occuper de la concession familiale au cimetière d'Aoyama. J'annule donc ma participation au ping-pong où de toute façon Bikun se fera rétamer par Hisae et Katsunori — il n'en aurait pas été autrement pour moi. Et nous voilà partis avec une bombe de repousse-moustiques et une boîte d'encens.
En chemin et plus tard, quand elle ne parle pas au chauffeur de taxi, T. m'explique que son père n'est pas encore tout à fait parti de chez nous mais qu'en cette période (お盆、おぼん), les autres ancêtres vont sortir spirituellement des tombeaux pour revenir à leurs pénates (aux maisons où sont conservées les stèles miniatures : 位牌、いはい). Comme ils seront un peu perdus, il faudra mettre une lanterne pour les guider...

À l'entrée du cimetière (qu'une route traverse, des taxis principalement), nous achetons des fleurs et prenons un seau, de l'eau, des brosses. T. passe chez le marbrier pour le saluer. Il n'y a qu'une centaine de mètres pour arriver à la concession, qui a été rénovée et nettoyée l'an dernier. Rien à voir avec la ruine couverte de vermine que j'avais vue il y a près de 10 ans quand T. m'y avait amené pour la première fois (c'était l'hiver, un jour de vent froid, et l'on venait y enterrer clandestinement la petite chienne, morte de vieillesse, dont T., que je connaissais à peine, était inconsolable).
Nous enlevons quelques mauvaises herbes, des feuilles mortes, brossons les marbres, balayons les abords, regardons passer des familles plus ou moins habillées de noir. Je fais aussi quelques photos, malgré les gants de plastique.

C'est justement quand je venais de reposer mon appareil-photo que Lionel entre dans mon champ visuel, suivi de sa femme et de son fils. Pas du tout prévus, leur apparition ne m'étonne cependant aucunement. Pour eux, c'est différent : trouver des personnes de connaissance, dont un étranger, debout dans une concession de cimetière japonais, une brosse à la main en train de faire le ménage, relève tout de même de l'hautement improbable. Leur sportive promenade dominicale traverse soudain la quatrième dimension... Timide, le gamin se demande tout de même ce qu'il doit en penser. Lionel, qui constatait pertinemment il y a trois jours qu'en cette saison les « couleurs saturées sont torrides sous le ciel gris brumeux », ce matin, au cimetière, il est servi ! Mais il n'a pas d'appareil-photo ? C'est donc moi qui la ferai. Et les voilà repartis...

Nous finissons, disposons les fleurs, avec de l'eau, brûlons de l'encens, rangeons, ramenons seaux et brosses, saluons une seconde fois le marbrier, quittons le cimetière. Déjeunons rapidement dans un café restaurant du coin nommé Tours et qui ne mérite pas le détour.
En route pour le centre de sport ! Nos sacs sont préparés pour cela. En chemin on décide d'acheter des draps en promo (Sheridan), avec des motifs à fleur, ma non troppo, dans une boutique qui fait des grandes tailles, puis de faire des courses au supermarché Kinokuniya que T. n'avait pas encore visité depuis qu'il est de ce côté d'Aoyama (effarement : un artichaut = 680 yens = 5 euros), puis on craint qu'il ne pleuve sous peu et qu'après le sport et avec nos sacs, etc. Bref, la motivation, n'y est plus. D'ailleurs, on a assez marché. On va tranquillement rentrer. Faire la sieste dans de beaux draps. Monter allumer la lanterne des ancêtres. Etc.

Dans son article du Monde d'hier, Philippe Pons parle des jeunes japonais dont « beaucoup s'engagent personnellement dans des activités bénévoles et humanitaires » pour illustrer la participation de groupes pop nippons au méga-concert du cycle Live 8 — et la popularité de ces concerts, ici et ailleurs. J'aurais bien aimé avoir des chiffres car, pour fréquenter quelques dizaines de jeunes de près chaque année, je n'en ai guère vu d'engagés, et très peu ayant une once de conscience politique...
Il est plus proche de la vérité, je crois, lorsqu'il estime que, « si peu de formations rock expriment directement leur rébellion, certaines n'en stigmatisent pas moins le malaise de la société actuelle ou les malheurs de la planète.» Vrai, ça ne mange pas de pain, et y'a qu'à se baisser pour en voir, des malheurs !
Plus largement et à titre tout à fait personnel (et au risque de re-passer pour un anarchiste...), je me demande quelle est la fonction de ces concerts de protestation contre la pauvreté deux semaines APRÈS l'annonce d'effacement de la dette par les grandes puissances. Je ne sais pas si c'est de l'aide, si ça va vraiment aider, je ne peux que le souhaiter, mais en tout cas, c'est de l'Aidutainment, et du genre qui rapporte en image de marque sur le long terme.

Aux infos ce soir, on annonce de manière positive et avec le sourire que l'ensemble des banques japonaises ont en quelques années réduit leur personnel de 40 % (grâce aux machines, j'ajoute). Il n'est aucunement question de ce qu'ont bien pu devenir les êtres humains qui composaient ces 40 % de la masse salariale. Départs à la retraite, retraites anticipées, reclassements, déclassements aussi, chômage, désintégration pure et simple, allez savoir ! J'imagine qu'un savant panachage a été mis en place, je leur fais confiance... C'est qu'aucun mot concernant ces personnes ne soit dit qui m'importe, qui est pour moi l'information importante — et quelque chose qui doit faire envie à la clique entrepreneuriale française !


(on dit également que le Conseil a rejeté les propositions de la Comission, concernant l'abrogation du moratoire Européen sur les OGM ... )
2005-07-03 19:24:17 de arte

Square Montholon, dimanche de début juillet, dépeuplé déjà, ou trop tôt, il est quoi, 10 h 30, un gentil soleil sur les deux gros beaux platanes, peu de vent, idéal pour un petit match. Gabriel me demande on le fait en 11 ou en 21 ? puis m'arrache le premier set 21-19 alors que je menais. C'est vrai que je n'ai pas mis toutes les chances de mon côté. Je suis en tong. N'importe quoi ! Revanche, je l'emporte. Puis un type se présente, très sympa, je lui prête ma raquette et m'écarte, disant Gabriel, tu lui mets une pâtée. Le type sourit. Gabriel, d'abord gêné, sourit à son tour. Le type lifte et coupe comme un malade. Gabriel lui envoie des grands pains de smatches mais perd. Un autre garçon est là, assis sur le banc, attendant poliment avec sa raquette, prend la suite et Gabriel l'étale. Un autre encore, attend maintenant sans raquette mais avec un parapluie noir, fermé, tenue de rappeur, jean, casquette, je ne comprends pas son parapluie. Je lui demande son prénom. Jerry. Il joue avec Gabriel et gagne. Je joue avec le type sympa du début qui me met 21-6 avec toute sa sympathie. Puis laisse Gabriel et Jerry faire une autre partie et rentre. Il y a près d'un an que je n'avais pas joué sur cette table en béton au filet métallique.
2005-07-03 20:10:49 de Alain

"On peut être seul pour jouer au ping-pong
Si on court vite et que la table est longue
C'est fatiguant, on est vite lassé
L'avantage c'est qu'on est sûr de gagner"
Odeurs, in "De l'amour", 1981
2005-07-04 15:42:16 de Greg

Comme j'aimerais pouvoir rebondir sur ce quatrain et envoyer moi aussi telle phrase qui raserait la ligne et qui, tout en évoquant le ping-pong, servirait ce blog. J'allonge le bras, saisis mon Emily Dickinson tout près, le feuillette, mais non, rien qui ne se prête à l'échange. Ecce Homo, je n'ose. Minimalia moralia, déjà envoyé. じょらずですね (Parlons japonais, tome 1)
Au fait, qu'est-ce que c'est que "De l'Amour" ?
2005-07-04 17:27:10 de Alain

"Et c'est ainsi, de rage, d'impuissant piétinement de la pensée, que ça sort, comme hier, le dernier point au ping-pong. "Certes" est un mot extraordinaire. Quand vous dites "certes", après avoir écouté quelqu'un, cela veut dire que vous acceptez ce qu'il dit, que vous lui reconnaissez une certaine pertinence, légitimité, que vous laissez entrer en vous ses mots et ses arguments. MAIS cette concession est une ruse pour articuler votre réponse et votre différence : comme la pelota entrant dans le gran chistera et certes un instant immobile, point déjà gagné pour l'autre, mais qui en ressort plus rapide que jamais, précise, cinglante, après un merveilleux mouvement du bras - ssssèèèrrrttt!!!"
Dans le JLR du 9 février 2004, pour vous servir :
http://www.berlol.net/jlr200402.htm#20040209
2005-07-04 18:11:55 de Berlol

"De l'amour" est un album du groupe Odeurs de Ramon Pipin, ex-Au Bonheur des Dames (tu peux avoir tout un tas d'infos ici : http://odeurs.homedns.org/), une sorte d'album-concept dont l'amour est l'idée, un peu à la Scève justement : "Les couples d'inconnus sont bien les plus heureux / Car la fatalité n'a pas de prise sur eux / Ils ne se sont jamais connus / Et ne se connaîtront jamais / Aussi l'accord est absolu / Pour les indifférents complets" ;
"Qui sait ce qu'est l'amour / Qui donc osera dire un jour : / L'amour je l'ai compris / C'est le grand secret de la vie"
"Garçon, pensez toujours que l'amour est sournois / Il peut un jour venir semer le trouble / Il est trop tard lorsqu'on s'en aperçoit", etc.
A propos de décasyllabes, ceux du 28/06 que je ne reconnaissais pas en tant que tels, l'était-ils plutôt dans un style apocop'rock d'au petit bonheur la chans' ?
2005-07-04 18:42:55 de Greg



Lundi 4 juillet 2005. Un involontaire volume d'impressions.

Il a plu toute la Quelle journée tranquille !

J'ai bouquiné des heures au travers de dizaines de numéros de la revue Europe (en dévédé). Si l'on peut appeler bouquiner le fait de rechercher des mots, des noms propres, de cliquer pour tourner des pages, de cliquer pour voir la couverture, de cliquer pour revenir à la liste de recherche, etc. Pour l'instant, je fais de la navigation libre, sans projet, sans questionnement préalable. Je suis des vents de pensée dans un éther de milliers de pages, des suites d'articles, je me fais des remarques avec une seule ascèse : ne prendre aucune note. Il faut que des sédiments s'accumulent dans mon cerveau, que des parcours se croisent jusqu'à construire un involontaire volume d'impressions. Vierge de préjugés et faisant abstraction de mes connaissances — autant que possible —, j'attends de cet éther d'en apercevoir quelques discrètes lignes d'histoire, de fracture, de torsion, d'union ou de je ne sais quoi... Je voudrais heuristiquer comme ça jusqu'à la mi-juillet quelques heures par semaine. Après on verra, je pronostiquerai...

Déjeuner au Saint-Martin avec T., il y a du navarin d'agneau.

Allons écouter Corinne Quentin à la Maison franco-japonaise. Elle présente en japonais le bureau qu'elle dirige, le BCF (Bureau des Copyrights français), principalement destiné à la négociation de contrats de traduction et de publication d'ouvrages français en japonais. Ayant accumulé au fil des années d'énormes quantités d'informations sur l'état réel et le fonctionnement réel de bien des maisons d'édition, ici ou là-bas, elle est aussi consultée par diverses organismes qui réfléchissent à des stratégies commerciales ou autres, en dehors de tout contrat d'édition.
Elle était invitée ce soir par l'Association des Amis de la Bibliothèque de la Maison franco-japonaise qui, tout passionnés qu'ils sont, ont, j'en ai l'impression, une idée assez nébuleuse de l'édition et de la littérature françaises actuelles. On n'est pas très loin des tueurs de temps dont parlait Grozdanovitch. Aussi n'essaierai-je pas de dire qu'ils ont tort, qu'ils devraient lire des blogs, écouter France Culture en ligne, télécharger des mp3 pour écouter l'actualité musicale, poétique ou romanesque. Ils sont très bien comme ils sont, et rien ne sert de les traumatiser en les plongeant dans le présent.
Au passage, elle a dit qu'elle avait déjà lu le dernier Houellebecq mais qu'elle n'avait pas le droit d'en parler. Ça peut faire envie à certains. Moi, c'est plus simple, je ne la crois pas, sur ce coup-là.
LES BESOINS

Les besoins, cette année, estimés dirigeants,
qualitativement parlant
sont à peu près équivalents
à ceux de l'année dernière.

Ce sont, pour la famille Sten,
ni kibboutzienne ni kolkhozienne
pour le moment,
moins de ski nautique assourdissant sur la Seine
du charbon, des comestibles, un logement ;
de la santé, de la santé avant toute chose
et pour cela préférons l'air,
l'air des grands bois, l'air du grand air :
les besoins, cette année, sont des besoins de pause !

Je crois pouvoir au nom de tous
réclamer aussi qu'on dégage
les abords immédiats de Paris
car bien qu'ayant vécu deux guerres
j'ai de plus en plus horreur du sauvage
et lancinant déferlement des samedis !

Dans un souci prévisionniste
j'ajouterai à ma liste ceci :
nous avons reçu sur la tête
à notre insu ces temps derniers
des retombées de kérosène
et de missiles et de fusées ;
Je réclame des précisions
sur les positions idéologiques du Ciel
et la neutralité des plafonds

Voici pour cette année, estimés dirigeants
mes besoins, mes besoins officiels.
Je sais que mes voisins en ont de différents
et, bien entendu, j'ai tu mes ennuis personnels.
(Oliven STEN, Les Besoins, in Europe, mai-juin 1965, p. 363.)
Ce numéro s'intitule : La cybernétique et les enseignants. Il a juste 40 ans ! À suivre...


Mardi 5 juillet 2005. La défaillance du langage.

Derniers coups de collier. Cette semaine, pour chaque étudiant, ce sera l'avant-dernier cours. Ils savent que ça sent les révisions bien adaptées aux sujets d'examen. Avec la moiteur et les réglages aléatoires des climatiseurs, ça produit une ambiance universitaire assez comique. Je corrige des copies dans le shinkansen, assez bons résultats sauf pour les verbes avec accent aigu et accent grave (type : je cède, nous cédons), comme si nos accents étaient une sotte coquetterie que les étudiants négligeraient à raison.
Après quoi, je replonge dans La cybernétique et les enseignants (Cf. hier, j'en parlerai un autre jour)...

À Nagoya, la ligne de métro que je dois emprunter est bloquée ! Des centaines de personnes partout, se dirigeant vers une autre ligne. Je les imite en écoutant Quignard pour éviter de m'inquiéter pour mon horaire : Quignard, ça vous intempore et vous extériore mieux qu'un calmant — et les neurones heureux cavalent pour le suivre.

« Comment peut-on, dans tous les dictionnaires que j'ai consultés, pouvoir affirmer que l'humanité est une espèce qui a la capacité du langage ? Alors que tous les humains commencent par ne pas l'avoir, l'acquièrent difficilement, perdent la possibilité de parler toutes les nuits, et avant de mourir l'égarent de nouveau. Nous sommes une espèce qui a pour destin la défaillance du langage. Bien sûr tous les spécialistes — comment dire ? —, tous ceux qui veulent !... Le surmoi fait semblant d'avoir toujours à disposition le langage et la conscience au fond de son âme. Mais les écrivains, les littéraires — et les fous aussi, en partie — sont peut-être les seuls qui savent que cette défaillance est la chose la plus précieuse. Donc, plutôt qu'apporter un sens : être en défaillance sur chacun des mots, se réapproprier ce qui n'est pas notre propriété, qui n'est que quelque chose qui cache la vérité de ce que nous vivons. Chaque fois, au pied de la lettre, détruire le mot pour rester sur les lettres, sur le littéraire lui-même. Dans mon cas personnel — je n'en fais pas une définition pour les autres écrivains — c'est peut-être dédié à ce pourquoi il faudrait que je témoigne et qui est la part anomique, sans langage, la détresse originaire, qui est le cœur de ce qui bat au monde avant que nous soyons domestiqués complètement par le groupe.» (Pascal Quignard, à écouter dans Surpris par la nuit du 3 janvier 2005 — pour donner un exemple de ce qui était récemment expliqué dans la liste Litor...)

Séance de ping-pong à cinq puis à quatre, tous du département de français. Qu'est-ce qui motive ces enseignants-là à se défouler de la sorte, alors que des centaines d'autres profs d'autres matières n'en éprouvent pas le besoin, se rentrent sagement ou vont vers des gargottes ? A-t-on, francophones, des raisons spéciales de frapper des balles avec tant d'assiduité ? Cela entre-t-il dans notre désir cybernétique ?


Oui.
(j'ai bon ?)
2005-07-05 20:10:45 de Arte

« Cette semaine, pour chaque étudiant, ce sera l'avant-dernier cours. Ils savent que ça sent les révisions bien adaptées aux sujets d'examen. »
Pour moi aussi, ou presque. Mais je me demande s je vais être clément avec tous ceux qui ne viennent pas d'habitude mais qui réapparaissent brusquement en espérant obtenir quelques miettes d'informations sur les examens...
En fait, c'est mon dernier cours cette semaine, mais je ferai un cours supplémentaire (hokô 補講) la semaine prochaine, où, je pense, très peu viendront. Je donnerai des consignes aux fidèles qui siègeront à ce moment-là.
2005-07-06 04:30:48 de Arnaud

Un Néo-zélandais et un Japonais souhaitent instaurer une séance de ping-pong après le boulot le mardi et/ou le jeudi.
Ils ne sont pas francophones, mais l'un d'entre eux souhaitent le devenir !
Pas sûr que tout cela fasse avancer le débat !...
2005-07-06 05:39:56 de Manu

Paris 2032 !!! L'amour des jeux ...
Alors Jacques, on aime pas la cuisine anglaise ?
2005-07-06 14:01:16 de Arte

"Damned ! We're done !", dit Bikun.
"Super, on va être tranquilles !", traduis-je.
2005-07-06 14:41:03 de Berlol

Encore un coup du référendum !!!
On dirait que l'Angleterre a le vent en poupe...
2005-07-06 15:03:06 de Manu

On dirait aussi que l'Angleterre a compris que la politique se faisait désormais sur le terrain, et non dans les palais nationaux. Pendant que Chirac se complait en humour sénile sur la gastronomie des concurrents Blair part faire le tour des CIO des pays candidats négocier des reports de voix pour le finaliste ...
Vive Eurotunnel ...
2005-07-06 16:41:38 de Arte



Mercredi 6 juillet 2005. La viscosité du milieu étant supérieure à ses efforts.

______________________sens
___________________je______comme
_______________que_____________si
_____________ça__________________en
_________________________________moi
____________vient___________________toujours
_____________ne_____________________la
______________rien_________________veille
________________mais____________d'une
__________________________poésie
______________________nouvelle

Cours de conversation de 3e année, ce matin. Les étudiantes par deux tirent au sort un sujet et doivent préparer une mini-conversation en quinze minutes. Pendant ce temps, les autres et moi discutons de tout et de rien.
Un binôme doit parler des problèmes actuels entre la Chine et le Japon. Elles connaissent à peu près les problèmes et tiennent quatre minutes — pas mal. L'une dit cette phrase à méditer : « Le Japon doit s'excuser pour notre faute.» On sait tous qu'il s'agit des crimes de guerre ; ce qui est bouleversant, c'est le passage comme involontaire de l'entité nationale abstraite (le Japon) à la prise en charge personnelle et collective (notre).

Après une réunion, David et moi allons nous faire une petite glace, comme l'an dernier. J'avise sur la table une petite fourmi et la pousse avec un bout de papier vers une goutte de glace tombée de mon pot et fondue. Elle s'en détourne, pas intéressée. Avide d'expérimenter, je la soulève et la laisse tomber au beau milieu du liquide pâteux et sucré. Elle ne bouge plus, on s'exclame. On craint que cette glace soit toxique et on se demande pour nous... Puis elle rebouge, faiblement, vraiment engluée, ensuquée. On voit qu'elle ne s'en sortira pas, la viscosité du milieu étant supérieure à ses efforts, d'ailleurs éparpillés. Je la pousse vers le bord de la mare de glace liquide mais elle s'épuise, ne s'en sort pas. Soulevée et sortie des sables mouvants, elle bouge difficilement. Trop sucrée. Un peu comme la candidature de Paris aux JO. Je la reprends et la mets dans une goutte d'eau issue de la condensation sur le pot. Elle apprécie visiblement et se remet à bouger, comme pour se débarbouiller, se sortir d'un mauvais rêve, d'une sale affaire, reprendre du poil de la bête. Propre, elle songe à sortir mais elle ne peut plus non plus percer la goutte d'eau, du fait de la tension superficielle, je suppose. De là encore, il faut que je la sorte. Enfin, elle est de nouveau autonome et se dirige vers la sortie, traînant la patte mais visiblement heureuse de s'en tirer à si bon compte. Elle va en avoir des choses à dire. Peut-être écrire une Fourmide...

Le soir, Bikun et moi écoutons les commentaires après le choix de Londres pour 2012. Le show mondialisé des lobbies et la mise en scène du résultat nous avaient déjà bien sidérés. La bêtise des réactions à chaud nous achève. Personne ne dit rien des montagnes de pognon qui sont en jeu, et tout le monde sait que le sport seul ne peut générer tant d'âpreté. C'est là que c'est pourri.


De toute façon, moi, depuis que les JO se sont transformés en kermesse du capitalisme, ça ne m'intéresse plus.
Lors des JO d'Athène, l'ensemble des règles qui ont été dictées par les sponsors, et appliquées, étaient tout bonnement hallucinantes. "De l'alcool non vendu sur ce lieu tu ne consommeras point" "Le tee-shirt du sponsor ennemi tu ne porteras pas" etc. etc.
Jamais on aurait vu ça lors de JO organisés du temps de l'Union Soviétique, ça non. ;0)
Puisque les JO sont, théoriquement, censés être le lieu de rencontre pacifique et amicale de toutes les nations (encore qu'on peut discuter sur la place du Bénélux comme "nation" ;0) , je pense qu'elles devraient toutes prendre en charge les frais globaux, que les épreuves devraient avoir lieu dans des lieux épurés d'argent et d'apparat, et que l'on devrait pouvoir assister aux séances gratuitement.
Ensuite, on en rediscutera.
2005-07-06 17:32:03 de Arnaud

fa(fu)meuse blague de chercheur :
Un chercheur expérimente sur une puce :
Il lui dit "saute !" - elle saute
Il lui arrache une patte et lui dit "saute !" - elle saute
Il lui ôte sa deuxième patte et lui dit "saute !" - elle saute
Il lui ôte sa troisième patte et lui dit "saute !" - elle saute
Il lui ôte sa quatrième patte et lui dit "saute !" - elle saute
Il lui ôte sa cinquième et lui dit "saute !" - elle saute à peu près
Il lui ôte sa dernière patte et lui dit "saute !" - elle reste immobile
Le chercheur note ce qu'il retient de l'expérience : La puce devient sourde quand on lui retire toutes ses pattes
2005-07-06 17:40:44 de cel

"Jamais on aurait vu ça lors de JO organisés du temps de l'Union Soviétique, ça non."
J'espere que c'est de l'humour... et non de la nostalgie !
"kermesse du capitalisme"... oui, certes, mais pas seulement les JO, tout le sport, comme bien d'autres choses (meme la litterature), est conditionne par l'argent et dans le circuit du capitalisme regnant... mais il y a quand meme aussi du sport... et le sport n'est pas le lieu de la revolution. On ne peut de toute facon pas revenir a Athenes il y a 2.500 ans.
2005-07-06 18:01:44 de vinteix

... et surtout pas revenir a Moscou il y a cinquante ans !
2005-07-06 18:02:19 de vinteix

pov' pupuce ...
(oh si, athènes il y a 2500 ans .. tout le monde tout nu sur la piste :d )
2005-07-06 20:40:13 de Arte

Paraît qu'à Athènes, justement, l'Athènes des derniers Jeux, les installations sont abandonnées... Quelqu'un sait-il s'il est question de les détruire, de les recycler, de les réemployer ? Et si les Athéniens jouissent ou pâtissent d'avoir eu ça chez eux ? Et s'ils ont des bénéfices ou des dettes ?
2005-07-07 01:25:08 de Berlol

On ne parle que deS JO, mais vraiment Bravo Berlol pour cette présentation originale de tes photos. Idée très amusante !
J'ai bien aimé "d'une" et "ne".
2005-07-07 01:57:40 de Arnaud

Cher Vinteix, il n'y a pas de nostalgie ici ;0)
Cependant, je pense que ce que j'ai noté doit être vrai.
2005-07-07 01:58:47 de Arnaud

A "que" tout en finesse !
Une photo du 20 août, ça me fait toujours plaisir.
Avec celle du 18, ça confirme qu'il s'agissait bien de ton séjour à Yokohama (je devrais aller vérifier dans ton index quand même).
Quant au "mais", on est passé devant l'autre jour, non ?
Sinon, encore une fourmi qui va croire à une intervention divine ! Elle a trouvé la foi en Berlol !
Qui sait, c'est peut-être la même chose qui se passe pour nous.
Qui nous a posé sur cette boule de terre ??? Un géant qui prépare son blog en s'amusant... A son échelle, ça ne doit pas paraître bien long. Bon, alors, il a fini de s'amuser maintenant !? Telle la fourmi, on voudrait aussi qu'on nous extirpe de ce milieu, m'enfin !
Enfin, pour ce qui est des réactions à chaud aux JO, Peter est passé à la télé ce matin !
2005-07-07 03:29:56 de Manu

Pour le moment, les installations sont à l'abandon:
(voir lien sur signature)
j'imagine qu'il faut un certain temps avant de savoir quoi en faire...
2005-07-07 03:42:36 de Bikun

Sorry, Bikun, j'ai refait ta note en mettant l'adresse des photos que tu indiquais sur ton nom, à la place de celle de ton site parce quecette 'adresse trop longue faisait élargir la page chez tout le monde...
2005-07-07 03:46:01 de Berlol

Pour les adresses trop longues, on peut utiliser le site www.minilien.com .
Je m'en sers assez souvent, c'est pratique.
2005-07-07 16:00:31 de Christian Bouthier



Jeudi 7 juillet 2005. Fétus à tous vents.

Dans la rue de bon matin, femme avec deux enfants. Ressemblance des visages et de la façon de marcher.
Je ne sais comment, arrivé en haut de la côte, je m'aperçois que ma pensée a vagabondé, que j'en suis aux anti-avortement, ceux qui pensent que l'identité du fœtus est acquise dès la conception. En fait (s'en aperçoivent-ils ?) : valorisation à outrance du moment coïtal et du rôle de la virilité. Vouloir à tout prix que l'action masculine soit considérée à la seconde près, qu'elle détermine tout de suite le statut du futur nouveau-né.
Inversement, les personnes qui défendent (à raison, à mon avis) que l'identité (ou le système nerveux, etc.) du futur bébé n'arrive qu'après plusieurs semaines donnent toute sa valeur au travail du corps de la femme, laissant un temps à la décision d'enfanter et remettant au passage à sa place (tout de même non négligeable) l'intervention du mâle...

La vie, la mort.
« Seul témoin continuel des traitemens [sic] injurieux qu'on a fait souffrir au Roi et à sa famille, je puis seul les écrire et en attester l'exacte vérité ; je me bornerai donc à présenter les faits dans tous leurs détails, avec simplicité, sans aucune réflexion et sans partialité.
[...] Nous étions à peine assis qu'une tête au bout d'une pique fut présentée à la croisée. La femme de Tison jeta un grand cri ; les assassins crurent avoir reconnu la voix de la Reine, et nous entendîmes le rire effréné de ces barbares. Dans l'idée que sa majesté était encore à table, ils avaient placé la victime de manière qu'elle ne pût échapper à ses regards : c'était la tête de Mme la princesse de Lamballe ; quoique sanglante, elle n'était point défigurée ; ses cheveux blonds, encore bouclés, flottaient autour de la pique.»
(p. 2 et p. 18)

Feuilletant les dernières mises en ligne de Gallica, j'y trouve, en écho du Louis Capet, suite et fin de Jean-Luc Benoziglio ce Journal de Cléry, suivi des Dernières Heures de Louis XVI, par M. Edgeworth de Firmont, du récit des événements arrivés au Temple, par Mme Royale, fille du roi, et d'éclaircissements historiques tirés de divers mémoires du temps, publié chez Baudouin frères en 1825, dont je lis quelques dizaines de pages avant d'aller dîner.
Les suites de jours de tranquillité et de jours de terreur étant liées à des causes extérieures au lieu de détention, et par suite incompréhensibles, les personnages historiques deviennent des fétus à tous vents.
Nous qui sommes désormais (condamnés à être) informés en direct des événements heureux (les JO pour Londres, hier) ou malheureux de la planète (attentats de Londres aujourd'hui), n'en sommes pas moins impuissants à déterminer comment nous comporter, ni comment savoir une vérité que nos propres alliés nous cachent en prétendant que c'est pour notre bien.
Les individus assoiffés de sang qui traînent dans les rues le corps nu de Mme de Lamballe (parmi tant d'autres) ne sont pas moins / plus responsables que ceux qui portent aujourd'hui des bombes. Ils peuvent être saisis et jugés par la Justice mais nous voyons bien que leurs gestes ont été préparés de longue date par des vices entretenus, des préjugés ancrés, puis armés la veille par quelque nouvelle édifiante ou quelque discours échevelé de leur leader... De plus droits, de plus indépendants ou de simples passants sont fauchés et enlevés aux leurs, sans aucune raison. De ce point de vue (celui de la violence politique ?), il n'y a guère eu de progrès dans l'humanité depuis des millénaires. Les seuls progrès — mais c'est peut-être un autre sens du mot — sont techniques : les moyens de se protéger (bunkeriser) ou d'atteindre ceux qui se protègent (missiles, armes atomiques, bactériologiques, etc.).

Sur quoi a-t-on pouvoir ? Quelles choses peut-on personnellement changer ? Et avec quelle certitude ?


oui, fetu de paille...
On ne peut guere refuter Pascal lorsqu'il s'exclamait :
" Quelle chimere est-ce donc que l'homme ? Quelle nouveaute, quel monstre, quel prodige ! Juge de toutes choses, imbecile ver de terre ; depositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur ; gloire et rebut de l'univers."
2005-07-07 17:43:56 de vinteix

UTOPIE D'UTILITE PUBLIQUE ET PRIVEE
Lui est responsable de son sperme
Elle est responsable de ses ovules
Lui désire et accueille un foetus dès sa conception
Elle désire et accueille un foetus dès sa conception
Tous les quatre sont d'accord sur le moment de leur vie pour concevoir et faire croître un autre-eux-mêmes, ensemble si possible, ou séparément si vraiment pas moyen de s'entendre en amour et en solidarité (mais c'est dommage !).
Lui refuse de tuer qui que ce soit
Elle refuse de tuer qui que ce soit
Lui décline toute offre de jouissance par la violence
Elle décline toute offre de jouissance par la soumission vénale
Tous les quatre sont d'accord sur le moment de leur vie pour
dire Non ! à l'ignominie ,à la militance crapuleuse et assassine.
Ensemble,ils regardent leurs divergences et leurs complémentarité naturelle , historique. Ils se regardent bien en face et refusent de ne pas se reconnaître vulnérables et dépendants. De ce constat,ils tirent la leçon de sagesse et murmurent des mots de fermeté pour l'apaisement : ne pas faire le mal, ne pas rajouter le mal au mal. Rester dignes et lucides,impliqués et bienveillants en tout lieu,en toute circonstance.
2005-07-07 21:53:40 de Marie.Pool

tous les quatre ? c'est une vraie partouze ! et en plus si ça diverge !...
2005-07-08 00:47:03 de Greg

félicitations !!
2005-07-08 00:54:56 de cel

Et si on s'enculait ? :-)
2005-07-08 09:46:20 de Arte

Arte, toujours le mot pour rire ! ou le feu au cul !
2005-07-08 10:03:38 de vinteix

"ne pas se reconnaître vulnérables" (Marie.Pool).... Comment ne pas l'être forcément ? Bien sûr, avant tout, se tenir debout, ETRE, dans la joie... nais cela n'annihile en rien la vulnérabilité et le tragique.
2005-07-08 10:30:12 de vinteix

Arte, l'abus de "pénisciline" est mauvais pour la santé. Pas d'utilisation prolongée sans avis médicale...:-)
2005-07-08 11:05:24 de Bikun

Alors, Arte, défenseur de la méthode de contraception des anciens Germains ? Remarque, ça marche à 100% ;0)
2005-07-08 11:52:03 de Arnaud

Toujours les mêmes méthodes déplaisantes (GREG -ARTE) pour donner dans les égrillardises réchauffées... et BIKUN qui en rajoute une giclée , c'est le bouquet ! Vous pourriez donner des avis plus intelligents si vous ne cherchiez pas à tout prix à faire valoir vos obsessions qui ne sont pas forcément partageables avec tout le monde. Tout se passe comme si vous vouliez prouver quelque chose sur la nécessité d'être libidineux pour être dans le coup (si j'ose dire).Ca sert à quoi toute cette vulgarité ? Berlol est-il complice de cela ? C'est la question que je me pose aujourd'hui en lisant ces propos qui ne mènent pas très loin dans la réflexion.En tout cas en décalage avec ses réactions , car pour vous deux je sais à l'avance quelle sera la teneur de vos estocades
sans pensée utile à la clé.
2005-07-08 21:37:20 de Marie.Pool

Chère Marie.Pool, j'avais déjà expliqué je ne sais plus quand que plusieurs tendances cohabitaient en moi, que mes lecteurs en étaient la preuve et le reflet (et je ne pense pas être seul dans ce cas). Mais autant je peux en moi faire cohabiter ces goûts différents, autant il m'est impossible de dicter leur comportement aux personnes réelles. Je ne me vois pas non plus faire la police ou la morale !
De là à dire que je suis complice...
2005-07-09 05:56:53 de Berlol

Sans faire la morale ou la police,le non positionnement contre tout ce qui sur votre blog tend à laisser entendre des pratiques misogynes avérées et des tentatives d'éradication
d'une parole féminine argumentée ( je sais de quoi je parle et pourquoi m'insupporte la grossièreté affichée dans certains messages, sans parler de certaines images entrevues-disparues sur l'un de vos blogs amis qui témoignent d'une propension pornographique tout à fait réprehensible du point de vue légal). L'idée de "complicité" était une simple question, le mot "complaisance" serait peut-être plus nuancé, mais je me contente de donner mon impression que vous n'êtes aucunement obligé de partager. Je ne crois pas qu'on puisse réunir tous nos amis et leurs "tendances" à une même table sans précaution. J'avais demandé expressément à vos amis de se tenir loin de mes propos qui ne leur sont manifestement pas adressés. Ils passent outre et redonnent dans l'outrance avec leurs blagues d'adolescents verbeux. Tant pis pour eux . Calmez-les sur le blog, c'est le moins que vous puissiez faire. Votre blog mérite mieux que ces tags désobligeants qui n'apportent rien à la qualité de vos reflexions. Il faut savoir faire le tri de temps en temps. Non ?
Bien cordialement.
2005-07-09 09:32:08 de Marie.Pool

Je ne me sens nullement concerne par la polemique evoquee ci-dessus... neanmoins, je me permets de reagir a l'expression "propension pornographique tout a fait reprehensible du point de vue legal"... Ce genre de propos fait un peu peur... retour d'un ordre moral ? Relisant ce matin une preface de Pauvert a "Madame Edwarda" de Bataille, datee de 1956, j'ai bien peur que l'on soit confronte aux memes fantomes de la censure...
2005-07-09 09:37:02 de vinteix

N'ayez pas peur Vinteix. Vous n'êtes pas ici concerné (même si vous n'imaginez pas forcément où vous mettez les pieds lorsque vous faites écho aux propos que je déplore) et l'ordre moral n'a rien à voir avec l'éthique et le respect des femmes que je revendique au quotidien. Encore une fois, je ne parle pas dans le vague et j'assume entièrement ce qui est dit.
2005-07-09 11:18:49 de Marie.Pool

Evidemment je vais réagir, ce serait dommage de laisser le dernier mot à la connerie (je n'entends pas par là le fait d'être de sexe féminin : n'y voyez aucune misogynie !).
Mary Pool qui défend l'argumentation, y a de quoi se marrer :d
Et le plus drôle c'est toujours ce délire d'interprétation !
"pratiques misogynes avérées" ? où encore ?
"tentatives d'éradication d'une parole féminine argumentée" : passons sur la prétention à l'argumentation dont je me moquais et admirons la paranoïa ! Ca me rappelle le passage très amusant où Naulleau, dans Petit déjeuner chez Tyrannie, décortique la phrase d'Angot défendant Savigneau : "Il [Pierre Jourde] se plaint de Philippe Sollers, du Monde des livres, et de sa rédactrice en chef, une femme" et qui le faisait conclure : "Le filon du féminisme indigné est tellement juteux qu'il en paraît parfois inépuisable". Ca y ressemble beaucoup, non ? C'est ça l'argumentation à la Mary Pool ?
Au passage, j'avais failli citer ici, en rapport avec la contraception, un passage d'un pornographe doublé d'un grand féministe, oui c'est possible, je vous en conseille la lecture Mary Pool : M. de Sade, au moins le 3e dialogue de la philosophie dans le boudoir (je vous conseille le plaisir pervers de le lire sur papier bible), en espérant que ça vous décoince.
Au fait cet honteux blog pornographe, c'est lequel ? Bartlebooth ? ou Philippe de Jonckheere ? (c'est qu'il y en a des pornographes dans le cercle de Berlol !) vous ne parlez pas dans le vague ?
Ceci dit, c'est en effet inquiétant vos délires moralistes, vos condamnations et vos appels au nettoyage... Amen !
2005-07-09 16:25:50 de Greg

C'est reparti pour un tour ! Alors STOP ! Le parano c'est celui qui dit qui l'est ! Coincé...aussi... dans les encoignures de la surenchère phallocrate... Laissez parler Berlol tout seul. C'est son blog, pas le votre. Je ne vous ai rien demandé . Sa