Journal LittéRéticulaire de Berlol
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Littéréticulaire : néol., adj. (de littéraire et réticulaire), propriété d'un texte où s'associent, aux valeurs traditionnelles et aux figures classiques du texte littéraire, les significations et effets de sens provoqués par les liens hypertextuels au sein d'un réseau (l'internet par exemple), qu'ils aient été voulus ou non par l'auteur.







Décembre 2005

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Jeudi 1er décembre 2005. Les habitudes de son train.

Quelque désagréable que soit Alain Finkielkraut dans ses modes de discours (perception qui n'engage peut-être que moi), il convient cependant de l'écouter, de laisser sa pensée se développer, y compris lorsqu'elle recule pour prendre une question de plus loin, au risque de ne jamais y répondre, d'en attraper une autre au vol, d'être entravé par l'ire d'un impatient — et de bien réfléchir.
Dans les Matins de France Culture du 28 novembre, Sylvain Bourmeau n'est pas très performant. Il s'entend mieux à accuser qu'à débattre, et préfère le terrain, comme il dit, à la philosophie, ou la littérature — qu'il voit, lui, Bourmeau, surtout comme un divertissement, la littérature...
Il eût été mieux de trouver un adversaire à la hauteur. D'autant que les idées que Finkielkraut avance sont souvent séduisantes. Sa rhétorique les pare d'un vernis de vérité que l'enthousiasme de son élocution porte jusqu'en votre for intérieur où elles risquent de s'installer durablement si vous n'avez pas déjà soit un bon système de défense (de type idéologique, qui repousse sans réfléchir), soit un matériel d'analyse susceptible de mettre rapidement à l'épreuve ces chevaux de Troie mentaux pour montrer qu'ils sont eux-mêmes les produits d'une idéologie simplette et... réactionnaire. Oui, on y revient.
Car même une pensée articulée et englobante, virevoltante, pourrait-on dire, rapide à aligner des arguments, à enchaîner des causes et des conséquences, à nommer des références et des cautions, peut être en fait le produit d'une idéologie simplette. Parfois même sans que son locuteur ne puisse s'en rendre compte, tout emporté qu'il est par son tempérament et la lourdeur des habitudes de son train (formation intellectuelle, fréquentation d'élites flatteuses, sédimentation des certitudes historiques, etc.) — alors qu'il serait peut-être le premier à se condamner s'il était un autre...

Jacques Rancière, par exemple, aurait été un bon interlocuteur. À l'écouter le lendemain dans Tout arrive, j'avais même l'impression qu'il était en train de répondre aux Matins de la veille... alors même qu'il dialoguait avec Bruce Bégout et Jean-Philippe Domecq.

Au sujet du procès d'Outreau à Paris, je ne suis pas mécontent de ce que j'écrivais en mai 2004... Mais comment va-t-on rendre le temps perdu, la dignité bafouée, les situations professionnelles et affectives brisées ?

Aujourd'hui, c'est ZEP ou pas ZEP. Première fois, à ma connaissance, qu'un gouvernement devient un forum permanent d'oppositions diamétrales (en apparence), occultant tous les autres partis politiques. D'une escarmouche occasionnelle entre deux ministres, autrefois, on est passé ces dernières semaines à une occupation permanente de tous les médias par deux pantins qui soufflent le chaud et le froid, pour distraire un hexagone qui tourne hexaèdre. Et ça marche tellement bien, la narcose du PAF par l'info, que l'on s'apprête à lancer une chaîne internationale d'abrutissement ! (C'est TV5 qui va morfler !)

Aussi, après la fatigue de trois cours, ayant momentanément renoncé à toute lecture sérieuse, j'ai regardé L'aventure c'est l'aventure (Claude Lelouch, 1972). Une histoire assez peu intéressante, prétexte à numéros d'acteurs dans des jeux quelque peu figés (Lino Ventura, Aldo Maccione), sinon des têtes qu'il est plaisant de revoir (Charles Denner, Jacques Brel). Du coup, je vais m'arrêter là pour aller relever le niveau au lit, entamer le dernier Meschonnic, arrivé hier : Et il a appelé. Traduction du Lévitique (Desclée de Brouwer, 2005). Le pur et l'impur, toujours d'actualité, ça.

Commentaires

1. Le jeudi 1 décembre 2005 à 09:38, par cel :

ah oui, les Matins, je les écoute toujours dans un demi sommeil, et j'ai un peu suivi celui du 28. Même si je trouve que ça ne dénote pas des habitudes de l'émission (de toute manière bien trop entrecoupée et rapide pour qu'une vraie discussion puisse s'élaborer, avec Démorand toujours aussi excité à tenir les rennes) d'accord avec toi sur l'adversaire pas à la hauteur, qui est allé jusqu'à ressortir de vieilles choses sans rapport des placards pour démonter Finkielkraut (lui reprochant par exemple d'avoir soutenu Renaud Camus lorsqu'on l'accusait d'antisémitisme), comme s'il ne pouvait s'y prendre autrement pour débattre. Ca tombe bien que tu mettes ça en liens je voulais justeemnt réécouter en état d'éveil...
Une nouvelle chaine d'info ? (pour moi qui ne regarde pas les infos à la télé c'est une première nouvelle, heureusement que je suis l'actu sur ton blog - ce qui pourrait ramener à la note de pdj sur le dénigrement par les "vrais" journalistes de l'info faite par les petits amateurs via le net, mais je dérive (au vin blanc à 13,5 toujours)) la vache ! on peut lire sous un des liens que Jacques "Chirac a souligné que la France devait "être au premier rang de la bataille mondiale des images"", ça annonce la couleur, pas la qualité, mais (pour ne pas se rassurer) on peut toujours lire ou relire "sur la télévision" de Bourdieu (www.philophil.com/philoso... courte analyse qui a le mérite de mettre au clair certains mécanismes qu'on sentait bien, qui valent aussi pour les émissions de radio du genre des Matins...
allez zou, pour une fois ce soir on se fait un resto (on vous racontera...)

2. Le jeudi 1 décembre 2005 à 10:10, par k :

"Demain, nous parlerons du décès de Robert Musil."
alors???

3. Le jeudi 1 décembre 2005 à 10:18, par k :

rentrée de la d'jim, barre sculp, pour fini ptit whyskie avec ma mère, une soupe haricots verts, bettrave dites " soupe au sang de dragon"
un calin les étagères et hop

4. Le jeudi 1 décembre 2005 à 10:23, par Bartlebooth :

Juste avant de partir au resto :
je viens d'écouter un petit passage de l'émission, ça m'intéressait ce qu'on peut dire encore de l' "affaire Renaud Camus",
je ne pense rien de Finkielkraut, ou si peu, et les matins de France Cu ne m'aident pas à me réveiller,
mais ce qu'il dit 30 secondes de Camus est très juste,
et l'attaque de Bourmeau est d'une nullité affligeante,
comme le furent à l'époque de l'affaire tous les media, france cu y compris, et cette conne d'Adler,
allez voir sur le site de Camus toutes les archives de l'affaire, y a de quoi désespérer du sens dans les media,

5. Le jeudi 1 décembre 2005 à 10:26, par Bartlebooth :

perso.wanadoo.fr/renaud.c...

6. Le jeudi 1 décembre 2005 à 11:08, par Arte :

Aujourd'hui, nous allons parler du décès de Robert Musil.
Robert Musil est mort le 15 avril 1942 à Genève.
Demain, son oeuvre ! (Analyse des 57 % de la première page de L'homme sans qualités).

7. Le jeudi 1 décembre 2005 à 11:42, par k :

vous vous re petez arté

8. Le jeudi 1 décembre 2005 à 19:51, par Bikun :

Cel, le lien sur Bourdieu ne fonctionne pas...

9. Le jeudi 1 décembre 2005 à 21:01, par Berlol :

Ça y est, j'ai fait la modif, le lien fonctionne...

10. Le jeudi 1 décembre 2005 à 21:55, par alain :

Intéressant tes liens du jour (ou de la veille).
Etrange d'écouter Rancière (dans ce Tout arrive), sa voix vive, sa gêne parfois même lorsqu'on le somme de se prononcer sur une phrase à brûle-pourpoint. Je ne connais pas le travail de Bruce Bégout. Celui de J. Rancière m'est plus familier évidemment, toujours éclairant (à mon niveau).
Mais connaît-on bien le troisième ?
Avec son pseudonyme prétendument révérent (Borges... Domecq). Ce songe-creux aigri et réactionnaire s'est fait connaître en pourfendant l'art contemporain dans la revue Esprit puis en éreintant tout ce qui pouvait s'écrire aux Editions de Minuit, s'en prenant à Echenoz, aux autres. Depuis, il apparaît ainsi commentant une exposition, publiant une merde, tenant le crachoir sur France-culture. Au reste, il suffit d'écouter sa voix suffisante dans l'émission et ses trois interventions, égal à lui-même, s'en prenant à l'art, puis à la télé, puis à Freud, ne pensant rien, mais le disant.

11. Le jeudi 1 décembre 2005 à 22:11, par Berlol :

J'ai son "Qui a peur de la littérature ?" mais pas encore lu. Sans doute parce que je me fous de qui peut bien avoir peur de la littérature... Merci d'avoir donné franchement ton avis.

12. Le vendredi 2 décembre 2005 à 08:04, par Bartlebooth :

Pour la première fois je pense, Alain, nous ne sommes pas d'accord.
Je n'aime pas tout ce que dit Domecq mais je le trouve très intéressant, et c'est pour moi un courant d'air frais revivifiant dans le monde de la critique molle et complaisante.
Déjà le qualificatif de "réactionnaire" que tu lui appliques, je trouve ça facile et il lui est appliqué à tout bout de champ par ceux qu'il a bousculés. Lui-même d'ailleurs s'est penché sur ce réflexe de taxer de "réactionnaire" celui qui vient foutre la pagaille dans le "culturellement correct" : voir dans "Qui a peur..." son étude des "Quatre figures rhétoriques d'intimidation culturelle aujourd'hui", et particulièrement celle qu'il appelle la "diabolisation politique", où il montre bien, entre autres, qu'on confond réaction et résistance.
- "tout ce qui pouvait s'écrire aux Editions de Minuit" ? Effectivement, pour beaucoup, Echenoz, Toussaint, et deux trois autres, c'est TOUT ce qui s'écrit aux Editions de Minuit. Je ne te ferais pas l'affront de te demander si c'est vraiment tout. Mais Domecq a-t-il attaqué en bloc les auteurs des Editions de Minuit ? A ma connaissance, non, si ce n'est :
"il faut reconnaître que les éditions de Minuit n'ont pas leur pareil pour en jeter côté snobisme janséniste, si l'on en juge par l'impression qu'elles savent faire sur plusieur journalistes en raison il est vrai d'un catalogue prestigieux mais ce catalogue ne doit pas pour autant cautionner, ni occulter, certains choix ridicules, en tout cas il n'excuse pas que l'esprit critique se laisse systématiquement éblouir."
Il éreinte rapidement Toussaint. Il s'attarde sur le cas Echenoz. Et puis ?
C'est un crime de s'en être pris à Echenoz ? De l'orgueuil ?
Replaçons dans le contexte : Domecq va lire Echenoz parce qu'il est curieux de vérifier ce que les media unanimes y voient de si exceptionnel. Et il est effaré du fossé qui sépare les dithyrambes des uns et la platitude des romans d'Echenoz. Je n'ai rien lu d'Echenoz, ce n'est donc pas mon avis. Mais je ne peux qu'admirer la démonstration de Domecq, autant sur la nullité des journalistes littéraires que sur la littérature tranquille d'Echenoz.
Au passage : devant les éloges unanimes qu'inspirent dans le monde littéréticulaire les romans de Toussaint (et surtout après une note de pdj), je me suis acheté La Télévision, qui doit être un de ses meilleurs, et, je vous l'avoue, j'ai peur d'être déçu... pas tant de Toussaint d'ailleurs.
Bref.
- "Depuis, il apparaît ainsi..." : là, cher Alain, tu le présentes dans ce qui me parait être de la désinformation, comme un mondain mediatique, alors que comme le rappellent Naulleau et Jourde dans "Petit déjeuner...", suite à cette fameuse lettre à la revue Esprit, on s'évertua à "isoler Domecq, à le priver de tout débouché éditorial en dissuadant tous ceux qui en seraient susceptibles de publier d'autres élucubrations [...] Jean-Philippe Domecq se trouva littéralement empêché de publication pendant plusieurs années."
- quant à l'attaque sur son pseudo et sur sa voix, c'est aussi bas que celui sur sa supposée aigreur (voir, sur l'argument récurrent "tout critique est un aigri envieux", ce qu'en dit Jourde dans "Le Crétinisme alpin")
- "publiant une merde" : ça paraît revanchard ; à voir, en attente de lecture j'ai "Antichambre", et à lire quelques passages, ça m'attire beaucoup plus qu'Echenoz ; et pour moi "Qui a peur..." (qui me fait jubiler), "Artistes sans art" (dont je partage beaucoup des réflexions, et je ne suis pas anti-art contemporain, hein), et "Traité de banalistique" (très bel ouvrage, dont le sujet, très bien traité, m'importe beaucoup, Perec, Bégout, l'errance, le merveilleux quotidien, tout ça c'est tout bon) sont loin d'être des "merdes"
Amicalement surpris
C'est dommage, Berlol, que tu t'en foutes, quand justement ceux qui ont peur de la littérature sont ceux qui en parlent le plus et que tu peux être amené à citer : les chroniqueurs des pages littéraires, les présentateurs radio d'émissions littéraires, les libraires, etc.

13. Le vendredi 2 décembre 2005 à 11:41, par alain :

Mince. Nous ne sommes pas d'accord. C'est dommage, j'aime, je l'ai déjà dit, la plupart de tes interventions.
Je ne vais pas pouvoir répondre pied à pied à tous tes arguments en deux minutes mais je vais m'y atteler. Donc, ce commentaire, si envoyé sera-t-il, si envoyé est-il, ne sera qu'un avant-propos.
Je réponds d'abord par ce qui me passe par la tête. C'est vrai, je dois le reconnaître, j'adore les livres d'Echenoz, puis ceux de Toussaint (je n'ai pas lu La télévision), je dis bien "puis". J'aime certains livres de C. Oster et j'ai plus de mal avec d'autres.
Au reste, tu le remarques, il (je crois qu'il doit s'appeler Dubois ou quelque chose comme ça, Jean-Philippe) ne s'attaque pas tant à l'écrivain mais au traitement que les journalises du Monde (Savigneau, Lepape (quel nom pour un critique!) en font et, je dois reconnaître, que la critique des journaux a quelque chose de ridicule.
Mais, ce faisant, il s'en prend à Echenoz...
Mas à cette heure, déjà, j'ai trop bu, et ne trouve plus les noms. Demain, c'est-à-dire tout à l'heure à trois ou quatre heures du matin, heure française, ça va cogner.
Trou du cul de Domecq que je me dois maintenant m'efforcer d'échiner.
ah oui, dernier truc, non mondain médiatique, je l'ai vu un jour commenter posément une exposition pour la deux. Bon sang, quand on connaît son parcours de loup depuis Robespierre, Quai Voltaire...
Bon, à plus tard.

14. Le vendredi 2 décembre 2005 à 13:11, par Berlol :

Oui, enfin "je m'en fous", c'est une façon de parler, hein ! C'était aussi dans le contexte de Bourmeau considérant la littérature comme un divertissement pour rabaisser Finkielkraut, ce qui est un mauvais procédé. Et dans ces conditions, je n'ai pas envie de m'intéresser à Bourmeau. Aussi s'il y a des gens assez cons pour perdre leur vie à parler de littérature alors qu'ils en ont peur, voire n'aiment pas ça, ou la réduisent à une définition qui en minimise la valeur, ce qui revient au même, alors, oui, je me détourne d'eux, "je m'en fous" au sens où je préfère passer mon temps à m'occuper directement de littérature.
Il m'arrive aussi de parler en détail de textes à des gens qui en apparence ne s'y intéressaient pas, éventuellement "en avaient peur", et souvent ça ne se passe pas si mal que ça... Y compris ici même, dans ce Journal.
Mais on en reparlera quand j'aurais lu Domecq. Tu m'y pousses, Bartlebooth...

15. Le vendredi 2 décembre 2005 à 13:37, par Arte :

Oui, ben Domecq il touche pas à FC. Hein ! C'est tout.
Je n'ai pas trouvé Bourmeau odieux. plutôt coupé dans chacune de ses interventions, F occupant la place. Une émission manquée, parce que F. était sur son terrain, entre les "mon cher Demorand" d'un coté et ses amis du matin de l'autre. La remarque sur la littérature est très annexe dans le débat, il s'agissait d'une question sur "le terrain"... avec pour seule réponse un procès en "Rousseauisme" des sociologues qui s'y déplacent. On voit le spectre de l'intellectuel véritable (qui "instruit" ses idées scientifiquement, Bourdieu en tête, cité au départ, implicitement évoqué à nouveau ici) mis en accusation par des "penseurs d'occasion" - Bourdieu manque terriblement sur ces évènements qu'il avait prédits. Et il ne traitait pas de FOU ses contradicteurs. Encore un mot que F. retirera, si besoin !

16. Le vendredi 2 décembre 2005 à 22:41, par alain :

Non, ça ne va pas cogner. Qu'est-ce que j'avais hier ?
Même à y voir une référence rapide au coup de marteau nietzschéen, je ne vois pas comment je pourrais m'emporter.
Tout d'abord, et venir écrire ici en est un paradoxe, je crois, avec Adorno, à la vertu de la discrétion. Et le philosophe-essayiste-écrivain dont on parle (ou plutôt dont je m'émouvais qu'il pût maintenant dialoguer avec Rancière) ne m'a jamais paru voler dans les grandes cimes de la pensée où l'air se raréfie (pour reprendre une image d'Ecce homo), ne m'a jamais semblé s'attaquer à des ennemis bien puissants (toujours Nietzsche) car s'en prendre au contenu des articles qui relatent des livres c'est s'en prendre au vent. Cependant qu'à publier ainsi des articles et des textes pour fustiger un ordre lénifiant de la littérature et de l'art contemporain, c'est faire du bruit pour rien.
Pour rien ou pour gagner quelque aura de salon, et du pouvoir.
Je préfère lire Louis Marin.
S'en prendre à la voix n'est pas bas. On y entend cette gravité qui pose un homme, cette assurance. (cf. le débit rapide de Rancière, le grain de Barthes, la chaleur et l'humour de Deleuze).
Revanchard. Je ne comprends pas.
Surtout, ce que je déplore c'est de n'être pas touché par une pensée.
Qu'il ait été empêché de publier l'a placé (mais qu'est-ce que j'en sais ?) dans une posture douloureuse, sainte, intéressante.
C'est peut-être sa voix. C'est peut-être physique.
On est responsable de sa voix et de son physique. Allez hop!

17. Le samedi 3 décembre 2005 à 08:32, par Bartlebooth :

Oui, c'est du vent et le reste n'est que littérature.
Mais ne pas s'intéresser à ce vent sous prétexte que ce n'est que du vent, c'est légitimer et laisser faire tous les discours, médiatiques, politiques et pires (?).
C'est ce vent qui fait le plus gros de la culture littéraire du pays, il souffle jusque sur l'étal des librairies.
En effet Domecq s'en est pris à des gens de peu de pouvoir : il n'a pas été déporté mais seulement empêché de publication. Tout le monde le sait, pas besoin de beaucoup de pouvoir pour actionner la machine de la censure.
Pour rien ? C'est vrai, ce n'est rien une voix autre que celle des medias consensuels. Ce n'est que du bruit qui couvre difficilement la muzzak. Ce n'est qu'aigreur et envie de pouvoir.
Je laisse Domecq répondre :
"Depuis quelques années, un argument nouveau, de type psychosocial, revient avec une étonnante constance dans les commentaires culturels : désormais il est entendu que tout propos discordant, tout désaccord avec le consensus, est l'aveu d'une "frustration" personnelle, d'une sentiment d' "échec", du "ressentiment", et partant, de l' "envie". La discordance ainsi couverte, c'est le débat qui se retrouve étouffé par psychologisation disqualifiante. On comprend qu'un auteur, plutôt que d'encourir interprétation si vulgaire, préfère se taire ou approuver. A quoi bon publier une analyse si elle doit être systématiquement prise pour l'expression de quelque mesquin besoin psychologique ?
Si malgré tout, poussé par cette incongruité qu'on appelait autrefois "convictions", vous décidez de passer outre, il vous faut d'avance discerner pourquoi on va vous faire le procès d'intention psychologique. Un bon moyen de rester centrer en soi-même face au mensonge, c'est de se souvenir que lorsque autrui ment sur vous, c'est de lui qu'il parle sans le savoir.
Qu'avouent donc ceux qui ont pour premier réflexe de ne voir en l'esprit critique qu'intérêt personnel frustré ? Ils avouent qu'ils ont pour première valeur l'intérêt personnel non frustré : la réussite. [...]
Dès l'instant où le dissensus passe pour l'expression du ressentiment, cela implique qu'ont droit à la parole critique ceux qui ne sont pas soupçonnables a priori de frustration personnelle. Donc, ont seuls droit de critique ceux qui ont la notoriété. Donc, la notoriété vaut compétence... Où l'on voit, là encore, à quelle valorisation intellectuelle a récemment accédé la réussite. Au binôme réussite/échec correspond l'équation notoriété = compétence.
Bel outil de pouvoir culturel qu'offre cette morale psycho-sociale à ceux qui la partagent. Car la notoriété n'encourageant pas particulièrement le recul par rapport à l'ordre qui vous consacre, celui-ci ne risque guère contestation de ce côté. Garantie pour ceux qui orchestrent l'ordre intellectuelle consacrant. En même temps, garantie qui apparemment n'a rien d'un privilège, puisque l'ordre intellectuel qui donne le la se dit de gauche depuis longtemps. C'est gain sur les deux tableaux : on a le pouvoir de disqualifier la contestation, tout en ayant la vertu progressiste. Et les connus sont les non-frustrés qui sont les grands libérés qui sont les bons auteurs et ceux qui les cautionnent sont les plus éclairés progressistes. Comment lâcherait-on si nietzschéenne Olympe ? Comment ne s'y cramponnerait-on pas, comment ne serait-on pas prêt à tout contre quiconque pointe l'épaisseur de parailles moeurs intellectuelles ? Epaisseur si patente au demeurant, même pour ses bénéficiaires au fond, qu'ils s'en prennent au doigt qui pointe faute de pouvoir répondre de ce qu'il pointe. Telle est leur raison de psychologiser les débats, de supposer tout et n'importe quoi à l'auteur du diagnostic : cela leur évite de démontrer l'éventuelle erreur de diagnostic. [...]"

18. Le samedi 3 décembre 2005 à 11:37, par k :

et bien A quand vous avez déciser de ne pas vous perdre, je dis bravo,
vous savez faire, mais c'est aussi logisue et même cela semble inévitable..........;la vie quoi,

19. Le samedi 3 décembre 2005 à 11:54, par Arte :

Bon, ça re sent pas bon au dernier, restons à cet étage !
Alain, je ne connais rien ni à la littérature ni à sa critique. Mais il faudra démeler ce "Qu'avouent donc ceux qui ont pour premier réflexe de ne voir en l'esprit critique qu'intérêt personnel frustré ? Ils avouent qu'ils ont pour première valeur l'intérêt personnel non frustré : la réussite. [...]"
Cela dit la réussite dépend du projet que se fixe l'auteur, et si il l'a atteint. Sans doute parle-il plus ici d'une "reconnaissance" de ses pairs (et donc d'une réussite sociale et l'argent qui va avec ).
Cette question peut-elle être posée ? y'a-t-il du vrai ? ... Un débat honnête, hein !

20. Le samedi 3 décembre 2005 à 12:01, par Bartlebooth :

arte : ben vas y , dis le que tu comprends pas ma question, je te repondrai
voila, c'est fait :p alors ?

21. Le samedi 3 décembre 2005 à 12:11, par Arte :

pfff , même pas bu !!! quand je vous le disais que j'aurais pas du venir !
je répète la question à ALAIN :d (parce que ca me plait ce debat entre vous). Tu me dis si tu comprends mieux hein, Bartle :
Préambule : moi être nul en littérature. Seul l'intérêt de voir débattre ici d'autre chose que de cause féminine, me pousse à relancer le sujet coté Alain ...
Citation de Domecq par Bartle : "Qu'avouent donc ceux qui ont pour premier réflexe de ne voir en l'esprit critique qu'intérêt personnel frustré ? Ils avouent qu'ils ont pour première valeur l'intérêt personnel non frustré : la réussite. [...]"
Etant entendu que Domecq parle ici de réussite non comme l'atteinte de l'objectif que s'est fixé l'auteur, mais de "reconnaissance" par ses pairs, et donc d'une réussite sociale et l'argent qui va avec.
A Alain , Ecrivain :
Cette question peut-elle être posée ? débattue ? Regardée au moins d'un peu plus près ?
(j'ai bon, là? )

22. Le samedi 3 décembre 2005 à 12:16, par Arte :

Alain, laisse tomber la question : extrait de dialogue Arte/Bartle :
Arte : c'est pas clair ???
Bartle : désolé, ça vient de peut-être de moi, je fais ptet pas assez d'effort, j'ai du mal

23. Le samedi 3 décembre 2005 à 12:17, par cel :

Bon, moi je trouve juste dommage qu'Alain ne s'étende pas plus, pourquoi ne pas développer un peu, en quoi en peut-on pas s'en prendre à Echenoz, en quoi s'en prendre au vent de certains médias serait il forcément faire du bruit pour rien, n'as tu pas envie de lire une critique qui aurait des couilles (version fille : une critique qui se mouille), plutôt qu'un blabla si bien partagé qu'il en devient fadasse. Domecq n'atteint peut-être pas de cimes, il semble par contre mettre le doigt sur certaines acceptations bien établies (Buren, Boltanski...), et en soi ça demande réponse, ça pourrait une fois posé comme émission d'une critique donner lieu à de vraies débats, hors des "on s'en fout", "qui c'est ce rabat joie ?", en gros s'il ne monte pas assez haut est-ce que ses contradicteurs sont par le même coup forcés de répondre encore plus bas ?

24. Le samedi 3 décembre 2005 à 12:18, par cel :

extrait de dialogue arte/cel :
arte: mais c'est pas la question
arte: j'ai meme pas bu
cel: mais ton idée de l réussite par rapport au projt de l'aueur, y'a de quoi débattre
cel: on se comprend mal
cel: tu es en train de reformuler ?

25. Le samedi 3 décembre 2005 à 12:19, par Arte :

Bref : Domecq est-il oui ou merde un empecheur de réussir en rond ?
(j'ai le ton juste là !)

26. Le samedi 3 décembre 2005 à 12:43, par Bartlebooth :

arte : je crois que j'ai enfin posé la bonne question
En effet, c'est même réussi ! C'est une nouvelle version de la recherche de la quadrature du cercle ?

27. Le samedi 3 décembre 2005 à 19:40, par alain :

Oui, les amis, je suis là. Il est 3 h 52 quand j'entame le message. Je me lève. Je ne pouvais pas répondre. Je souffre (?!) (si c'est vrai, j'en marre de me lever à cette heure et de tomber à 10 la veille sans pouvoir rien faire) de mes horaires décalés.
Les amis, parce qu'il m'importe de discuter (au fond ici, c'est quasi comme au bistrot, l'élégance et la hauteur de vue en plus), de discuter avec cet a priori, cette plate-forme de départ. Ça fait un peu petite chose qui craint la polémique mais c'est faux. De ma base imaginée amicale, je peux converser avec une certaine joie de sujets très divers, connaître la nécessité de répondre, comme les Anciens, inter pocula.
Putain, le préambule.
Je reconnais votre argument : ne pas discuter d'un ordre établi, se garder de critiquer la critique pour préserver ses propres chances de réussite.
Sans doute entre une part de vrai à mon niveau. Comment en irait-il autrement ? Le hic, c'est que je suis obligé d'avancer vers ce qui de temps à autre me préoccupe.
Mais c'est du vent.
Il n'y a en ce moment aucune place accordée entre la critique superficielle des journaux et l'analyse universitaire. Beaucoup de journalistes écrivent ou vont écrire leurs propres romans, connaissent les écrivains, peu lisent vraiment les livres, fonctionnent par rumeur, renvois d'ascenseur. Et alors ?
Tous disent qu'il n'y a plus de places dans les journaux pour critiquer négativement un livre qui sort. A partir de là, les pages littéraires des grands journaux fonctionnent comme une seconde publicité. Tout ceux qui lisent, comme vous, le savent. Les autres, comme ma mère, pensent qu'il s'agit de la littérature. Les autres, comme ma mère, pensent que les prix couronnent les chefs d'oeuvre de l'année, que Pivot sert la littérature, que la littérature a besoin qu'on l'aime, a besoin d'être défendue. Tous ceux-là entretiennent la flamme d'une littérature sacralisée.
(Cependant il existe de nombreuses revues papiers ou virtuelles où peuvent s'incendier des livres.)
Le passage que tu (Bartl) cites est d'abord écrit avec les pieds, prétendument inaugural et pue le ressentiment, écrit par quelqu'un qui révère la littérature, qui n'a que mépris pour ceux qui ne lisent pas, quelqu'un qui s'écoute parler, se regarde écrire.
Je continue plus tard.

28. Le dimanche 4 décembre 2005 à 02:41, par Berlol :

Juste m'excuser de ne pas participer parce que je n'ai pas encore lu Domecq. Sinon, vous pouvez continuer, ça m'intéresse. Et sans doute pas que moi...

29. Le dimanche 4 décembre 2005 à 03:31, par k :

oui, moi j'ai sa pour vous un texte de woolf :
"tout opposition de sexe à sexe, de qualité à qualité, toute cette revendication de supériorité et cette imputation d'infériorité, appartient à la phase des écoles primaires de l'existance humaine, phase où il y des camps, et où il est nécessaire pour un camp de battre l'autre, la plus haute importance de monter sur l'estrade et de recevoir une coupe hautement artistique. A mesure que les gens avancent vers la maturité, ils cessent de croire aux camps et aux directeur d'école ou aux coupes hautement artistque"
ça c'est pour MP!! le reste suit

30. Le dimanche 4 décembre 2005 à 03:45, par k :

L ne va pas manger t^t, mais je suis dans un tel état de rage qu'il me faut, mon coeur me bat gros aussi, je rejoins jacques hold, mais continuons avec woolf :
"de toute façon, quand il s'agit de livres il est notoirement difficile d'étiquetter de façon durable leur mérites. Les comptes rendus de littératures contemporaine ne sont-ils, pas une perpetuelle illustration de la difficulté de juger? " ce grand livre", "ce livre dépourvu de toute valeur", c'est le livre qui est ainsi qualifié. ni louange ni blâme ne signifie rien. Non, quelque délicieux que puisse être le divertissement de faire des évaluations, c'est la plus vaine de toutes les occupations et se soumettre aux décisions des distributeurs de bons et mauvais points, la plus serville des attitudes.
Ecrivez ce que vous déssirez écrire, c'est tout ce qui importe, et nul ne peut prévoir si cela importera pendant des siècles ou pendant de journée, sacrifier un cheveux de sa tête de votre vision, une nuance de sa couleur, par déférence envers quelque maitre d'école tenant une coupe d'argent ou envers quelque professeur armé d'un mètre (d'ailleurs ici n'est pas le professeur celui qu'on croit m'enfin je continue), c'est commettre la plus abjecte des trahisons; et la perte de tous les biens et celle de la chasteté perte dont on disait jadis qu'elles étaient les plus grands désastres connus des humains, ne sont que simple piqure de puce en comparaison. V Woolf"

31. Le dimanche 4 décembre 2005 à 07:52, par Bartlebooth :

Même si, Alain, j'étais quelque peu déçu de quelques-uns de tes arguments, que je trouvais bas et étonnamment les mêmes (l'aigreur, l'envie de pouvoir, c'est un réac, etc) qu'utilisent ceux qui veulent éviter de répondre sur le fond, je ne doutais pas de ton ouverture à la discussion.
Et alors ? demandes-tu. Et alors quoi, ce n'est pas si grave, c'est ça ? Ca n'empêche pas la littérature de continuer à s'écrire ? Ca ne mérite pas que cette forme de pouvoir soit décrite, commentée, critiquée, et qu'on réponde à la critique quand elle a lieu ? Tout ça n'est que ressentiment, plus méprisable que ce qui cause le ressentiment ? On le sait déjà, à quoi bon en parler ?
Avec ce genre d'acceptation, on est prêt à toutes les collaborations..., et voire donc à toutes les dénonciations (ou, pour ne pas trop se mouiller, à la simple indifférence face à la diabolisation) de ceux qui mettent en lumière les mécanismes de cet ordre pourri qui nous protège : oh le vilain réac !
Bref, on s'en fout : ce n'est que le vent dominant qui souffle dans notre paysage culturel. Je ne sais pas où tu vois dans l'extrait de Domecq du mépris pour ceux qui ne lisent pas mais par contre je pourrais être tenté d'en voir chez toi, du mépris, à te lire considérer si légérement un pouvoir qui lui se fout vraiment de la gueule du monde, lecteurs confirmés ou futurs lecteurs. Et d'ailleurs, cela, le mépris du lecteur, Domecq le montre très bien à l'oeuvre dans la presse littéraire et jusque dans la littérature qu'on nous sert comme géniale.
- écrit avec les pieds et ressentiment : perso, je ne vois pas. Si c'est que ça manque de style, je ne vois pas ça comme un manque : il me suffit que pour ce que Domecq a à dire, il soit clair, et il l'est pour moi, cela me suffit, il peut même écrire avec sa queue si ça lui chante. Permets-moi tout de même de douter, en tout cas sur cet exemple, de la validité du jugement stylistique de quelqu'un qui ne voit pas autre chose ici que du ressentiment, alors même que cet extrait parle de cette manie de ne voir un discours critique que comme du ressentiment, et tente de l'expliquer. Evidemment que Domecq parle ici à partir de son expérience de victime, mais il m'apparait évident que sa parole dépasse, de loin, la seule expression d'un ressentiment.
Récemment, j'ai essayé de lire "Le Comité" de Michel Deguy, qui concerne aussi un certain milieu littéraire, sujet qui devrait te concerner encore plus directement et donc te laisser muet. C'est très très bien écrit, tellement que c'en est souvent incompréhensible. Bon, c'est Deguy, le monsieur à ses tics de poète philosophe qui lui, pour le coup, se regarde écrire, j'essaie de percer l'artifice langagier pour comprendre, tout comme j'essaie de dépasser l'expression du ressentiment, qui là est vraiment très forte et assumée d'ailleurs. Ca n'empêche qu'il a des choses intéressantes à dire sur ce "milieu littéraire", des anecdotes amusantes. Et que s'il y a beaucoup de ressentiment dans son témoignage, ce serait dommage d'éluder ce qu'il dit d'une certaine mafia.
- "prétendument inaugural" : là je ne comprends pas, je ne sais pas ce que tu veux dire. Il s'agit plutôt de clôture et de conclusion ici. L'extrait cité vient de son chapitre sur les "quatre figures rhétoriques d'intimidation culturelle aujourd'hui". Il vient longtemps après sa lettre-pamphlet et s'occupe de démonter les faux-arguments et le refus des adversaires d'argumenter sur le fond.
Quant au pamphlet lui-même, que tu pourrais trouver "écrit avec les pieds" - ce n'est pas une entreprise philosophique hein, ne confondons pas, tu avais l'air d'attendre de lui la rigueur d'un philosophe, mais de toute façon combien de philosophes écrivent avec leurs pieds ? hein -, il a les manières du pamphlet, mal écrit, ou plutôt mimant volontairement le style oral, avec des phrases à rallonges, des tournures bancales, et plutôt que mal écrire Domecq écrit là où ça fait mal. Les manières mauvaises s'attirent les mauvaises manières. Et quelqu'un qui réussit à me faire rire et me réjouir n'écrit pas avec ses pieds, ou alors il est particulièrement adroit de ses pieds, ça mériterait qu'on l'expose plus dans le grand cirque médiatique aux côtés des clowns tristes ou drôles et autres chiens savants ; ou alors un rien me plait, et j'ai tort de quelquefois bouder à d'autres lectures.

32. Le dimanche 4 décembre 2005 à 10:18, par alain :

Peut-être alors, parce que, au fond, avec ce que dénonce le polémiste, je suis d'accord. Je suis bien d'accord dès le début. Mais quel besoin d'en faire un article ou un livre ? Prévenir qui ? Au dix-neuvième, en 1950, existait déjà une littérature de surface qui faisait du bruit, s'asseyait à l'Académie, connaissait les lustres.
J'ai feuilleté le livre de Deguy qui met en lumière le pouvoir des attachées de presse. Je viens (il y a qqs semaines) surtout de finir La mort du grand écrivain d'Henri Raczymow sur un sujet très proche : quelle instance légitimise l'écrivain, le rôle de la télé, la disparition des clans littéraires.
J'essaye de ne pas être bas, dans mes arguments, veuille m'excuser si malgré tout, ils le sont.
C'est vrai aussi que je ne milite pour rien. De là à accepter, collaborer, dénoncer, je ne sais pas. En général, je suis contre.
Et c'est bien la première fois que je discute aussi longtemps de cette façon.
Peut-être y a-t-il une vérité de l'écriture (????), non pas qui cherche la vérité, non pas qui présente l'écrivain comme un saint, une vérité qui touche, (j'en sais rien, je crois pas en dieu).
Mes propres mots me tombent un peu des mains. Ça fait trois quart d'heures que je tourne autour de mon clavier, va, viens, bois, mais ça va.
Peut-être suis-je limite ?

33. Le dimanche 4 décembre 2005 à 10:47, par k :

vous je ne crois pas, moi oui, je suis limité, limité dans ma culture, mais dans mon très fond, dans ma chair, oui je dit comme vous : oui une vérité qui touche, oui pour moi c'est ça l'écrit, l'écrit comme un cri, au dessus de l'écri-vain, l'écrit qui n'est pas ressenti, ou qui se fait docile pour plaire, ou qui se montre "intelleigent"; mais la vraie intelligence, l'intelligence du monde de la souffrance, de la dureté à vivre cette vie mais qu'il faut la vivre malgré tout; malgré ça, elle est en nous, pour moi le livre, le texte qui me touche est celui qui dit la vérité, celui qui ne se perd pas pour plaire, pour être reconnu, celui qui touche et fait mouche, celui qui nous remue l'intérieur, nous caresse , nous cajole, bon en fait je suis sur que personne en à rien à fourtre
c'était pour dire juste

34. Le dimanche 4 décembre 2005 à 11:18, par Arte :

Quelque chose qui me touche :
Au sommet
comme en deux
le sol.
André Du Bouchet

35. Le dimanche 4 décembre 2005 à 14:14, par Bartlebooth :

Limite de quoi ? Tout le monde a ses limites, je pose les miennes maintenant dans cette discussion :
je n'aime pas être désagréable avec quelqu'un pour qui, même sans beaucoup le connaître, j'ai de la sympathie, et j'aimerais pas qu'on ait pu croire à un sentiment contraire
désolé si j'ai pu prendre un ton exagérément virulent ou en apparence méprisant ou élitiste ou je ne sais,
ce qui ne retire rien à ce que j'ai dit, hein,
je trouve la polémique intéressante et il y a des choses dites que je ne sais pas laisser passer,
tu parles d'un vieux temps pas si lointain, les années 50, où justement on était encore capable de s'étriper pour des questions littéraires ; en nos temps plus fadasses, on fait la sourde oreille et sans explication on crie au réac à la moindre contestation. merde, je dois faire réac du coup à avoir l'air de regretter ce vieux temps.
je connais pas l'histoire littéraire sur le bout des doigts, je ne saurais donc donner des exemples précis, mais il me semble que, par exemple dans les années 50, il ne manquait pas de contestataires (au hasard Sartre, les situationnistes, les lettristes) pour s'en prendre à quelques têtes d'affiches. Pour le XIXe, il y a au moins l'ignoré en son temps Ducasse, qui insultait les Grandes Têtes Molles. Parce qu'on s'en est pris en leur temps aux plats littérateurs et à leurs promoteurs, il est inutile de faire la même chose avec ceux du présent ?
"Prévenir qui ?" : d'abord les concernés eux-mêmes. Domecq le précise à la toute fin de sa lettre : "Commençons donc par leur montrer qu'ils sont lus. Car chacun sait qu'un pouvoir décrit se sait observé, et un pouvoir observé ne peut plus tout se permettre." C'est ambitieux et tant mieux.
"quel besoin" ? : le besoin de la nécessité quand il n'y a rien d'écrit sur le sujet (phénomène récent tout de même que ce système médiatico-littéraire, rien à voir avec les années 50), la nécessité de dire ce que beaucoup ne font que penser timidement. Et le simple besoin d'exprimer une conviction.
Si cela n'avait aucun intérêt, si cela était vraiment inutile, Domecq, Jourde et Naulleau, aurait-il, suite à leurs critiques, du endurer retours de bâtons, insultes des concernés et d'anonymes, menaces physiques ou de procès, etc ?
Il est salutaire qu'il y ait des voix contre. Et même contre des voix dit-on littérairement respectable comme Toussaint et Echenoz. Et même contre les contradicteurs. Amen.

36. Le dimanche 4 décembre 2005 à 14:21, par Bartlebooth :

par exemple je suis contre Meschonnic qui est contre tous les poètes contemporains, sauf lui-même (coucou Berlol !)

37. Le dimanche 4 décembre 2005 à 14:46, par k :

qui me déchrire :
"je t'aime plus loin que toi
j'aimerai quiconque entendra que je crie que je t'aime"
MD

38. Le dimanche 4 décembre 2005 à 20:25, par alain :

Limite, parce que tout en avançant dans les commentaires ici, je ne réponds pas à tout, j'oublie tes arguments, n'y réponds pas, et grossit le regret de passer à côté, ne n'être pas une flèche sur la cible, de perdre ce que je voulais dire.
Moi pareil, Bartl, pour les sentiments.
Au reste aussi, j'aime la polémique, j'ai des convictions, y tiens.



Vendredi 2 décembre 2005. Avec un marteau, avec une hache ?

Pas arrivé depuis des mois : réussir à être au bureau à 8 heures un vendredi ! Garantie de deux heures de bon travail. Puis un peu de surf avant le sport. Lectures : sur les droits des créateurs de sites. Grâce à François, je retrouve le chemin de Beinstingel. Et puis pour voir les banlieues autrement qu'avec la dialectique cassandresque et fatiguée de Finkielkraut : ce Journal d'un avocat. Aussi, un anniversaire à fêter, celui de Poezibao ! Bonne continuation, Florence !
Autres sites à signaler. Souvenir de l'été à Cerisy sur le blog Nouvolivractu, merci à son auteur. Sur France Culture, toujours très fines Affinités électives, hier avec Didier Daeninckx, un parcours passionnant à écouter. Autre perle d'oreilles : Là-bas si j'y suis, archives non officielles...
Vinteix, tu connais ces gens charmants qui habitent par chez toi ? Et puis si quelqu'un passe par là, c'est ma passion secrète...

J'essaie une nouvelle machine à pédaler mais le parcours proposé m'accélère le cœur au-delà de 130, ou c'est la position de la selle qui bloque les abdominaux et coupe le souffle, ou le tableau de bord qui ne permet pas au livre d'Alain Sevestre de tenir sans être fermement tenu... Bref, quinze minutes et je suis cassé. Pas mieux à la course à pied. Je me rabats sur la fonte. Là, ça va à peu près, enfin comme d'habitude. Le bain et le sauna me remettent de bonne humeur mais il y faut un bon quart d'heure. Il y a comme ça de ces boyaux sombres et antédiluviens où l'on se trouve soudain à progresser péniblement et sans raison avant qu'un coude ne rouvre la perspective, sans que l'on sache quel infect complot vient d'être déjoué parmi nos cellules.
Derniers rayons de soleil. Déjeuner avec David au Downey, occasion de faire le point sur quelques cours à trois semaines des congés de fin d'année, sérieux et rigolade, comme le sucré salé des hambourgeois toujours excellents. Deux heures après, quand je quitte le bureau pour aller à la gare, il commence à pleuvoir un truc froid qui ne doit pas être de l'eau depuis longtemps...

Deux moments forts dans le Tout arrive du lundi 14 novembre 2005 (premier débat d'une semaine de 5 émissions sur la fracture coloniale en France) :
Pascal Blanchard (vers le milieu de l'émission) : « L'État, depuis 40 ans, est dans un silence et dans une manipulation de cette mémoire. [brouhaha...] Il faut être très clair. Il suffit de lire tout ce qui a conduit au projet de loi de l'année 2005. Quand on nous dit : « Ah, divine surprise... ou drame... grosse connerie... », soi-disant, le mot du président dessus... Ça fait deux ans et demi que le Parlement et le Sénat discutent de cette loi. Chaque citoyen français peut aller sur Internet ; tous les débats existent sur [le site de] l'Assemblée nationale. Il n'y a eu aucune surprise. Les parlementaires savent où on en est. Et de gauche comme de droite.
Et quand vous lisez les débats de nos élus de la République, depuis deux ans en commission, vous êtes, je vous assure, totalement abasourdi ! Vous vous demandez si ils vont dans la rue comme nous. Si ils par...
[interrompu] Non, non, attendez, c'est fondamental ! S'il y a une violence qui existe en face, c'est que cette violence, elle se dit : « Mais mince... Il y a une domination d'une mémoire, une seule vision historique qui nous construit des mémoriaux, des lieux, une histoire officielle, une difficulté d'aborder ces questions, des médias... » Je m'excuse de vous le dire, on ne voit quand même pas beaucoup de grands documentaires à 20h30 sur nos chaînes publique sur l'histoire de la colonisation, en dehors de la Guerre d'Algérie. Tout ça a fait, à un moment, bouillonnement et donne le sentiment, et je vous rejoins, que certains disent : « Éh ben, je vais crier très fort, pour que cette mémoire de l'état qui essaie de me digérer dans mon identité, dans l'histoire de ma famille et de l'histoire du destin de mes parents, de mes grands-parents, de mes arrières-grands-parents, ça soit aussi puissant que ce discours de l'État.»
Et je dirais qu'à ce niveau-là il faut que, oui, on dénonce ce qui peut devenir de la victimisation et de la repentance, et de l'autre côté qu'on dénonce aussi ce qui est de la manipulation de l'État qui manipule l'Histoire. Vous savez, quand un État en arrive à faire une loi pour édicter aux historiens leur métier, on sait tous que c'est un symptôme que ça ne va pas très bien.. 
[...] La loi qui est arrivée, de février 2005, heureusement que les historiens ont levé l'étendard dessus, conclusion on a un débat de fond aujourd'hui, c'est qu'on se rend bien compte que quand l'État fait monter ce genre de muraille législative, c'est qu'il se passe quelque chose dans le pays qui est relativement grave car ce type de loi depuis Vichy, on ne les avait pas vues. Je dis bien « pas vues », c'est grave : de nous demander à nous, historiens, de déjà avoir nos conclusions sur une positivité potentielle de la colonisation.
On est en 2005, on est le dernier pays au monde avec le Japon à avoir un problème sur sa mémoire coloniale.
[...] »

Quelques minutes plus tard :
Mimouna Hadjam : « [...] Je suis donc la responsable d'une association dans la Seine-Saint-Denis. En effet, je ne découvre rien du tout, je suis porteuse d'une mémoire. Je suis une enfant d'Algériens, une enfant issue d'une famille algérienne nationaliste qui ont combattu le colonialisme français et je dois dire que j'ai été au début, dans ma jeunesse, très fortement marquée par ces combats et j'ai porté cette mémoire de l'anti-colonialisme, ou en tout cas de notre point de vue algérien, je l'ai portée seule, vivant en France, et je me réjouis que vous n'êtes pas [sic] les premiers historiens, moi je n'étais pas au courant pour les travaux de 54 [allusion aux cours en Sorbonne que suivait Max Gallo], en tout cas j'ai écouté, j'ai suivi, j'ai lu les ouvrages de Benjamin Stora qui m'ont un peu réconciliée avec la France et un peu réconciliée avec ce que pouvait être l'Histoire de France. En effet aujourd'hui, la colonisation et l'histoire de la colonisation, elle est enseignée dans les livres d'école comme étant quelque chose de complètement périphérique à l'histoire de France. C'est pas du tout quelque chose qui fait partie de notre histoire, de l'Histoire de France. Il suffit de voir un peu les livres. Et moi, je remonte à même plus loin. Moi, j'ai le souvenir que quand j'étais petite, on m'a dit, dans l'Histoire de France, que Charles Martel avait écrasé les Arabes à Poitiers ! Et j'étais assise sur les bancs de l'école avec mon frère, et on se regardait et on s'est dit : « Mais il les a écrasés avec quoi ? Avec un marteau, avec une hache ? Et rien ! On savait absolument rien sur ces envahisseurs qui déjà en 732 venaient envahir la France. Donc je tiens à dire aussi que le retour de la mémoire est peut-être le fait, votre fait, messieurs les historiens, mais qu'il faut peut-être pas qu'on oublie les principaux acteurs de ce retour de la mémoire que sont les enfants de l'immigration, et particulièrement les enfants de l'immigration algérienne [...] Je ne me considère pas comme une indigène parce que je ne veux pas offenser mon père qui a été emprisonné dans les geôles du Colonialisme, je n'offense pas mon frère qui est mort assassiné et qui, lui, s'est battu pour me donner un pays et une nationalité, je n'offenserai pas mon oncle qui a été guillotiné pendant la guerre de libération algérienne, je n'offenserai pas les centaines de milliers d'Algériens qui ont été assassinés. Je ne suis pas une indigène. Je suis une citoyenne de cette république. Je me bats mais je suis discriminée, je suis consciente que je vis dans une souffrance, et dans la souffrance dans tous les sens du terme : sous-France. J'appartiens pas à la France. Mais moi je me revendique comme étant une citoyenne. Il y a 20 ans, j'ai marché pour l'égalité des droits, [Pourtant] je n'ai pas les mêmes droits que les autres. Mais je ne suis pas une indigène, je te le dis [pour Houria Bouteldja, qui revendique l'Appel des Indigènes de la République], je n'offenserai pas la mémoire de mes parents. Je suis porteuse de cette mémoire, qu'on le veuille ou non. Et j'aimerais qu'un jour cette mémoire ne soit pas seulement ma mémoire mais que je sois rejointe aussi par tous les groupes porteurs d'autres mémoires pour que ensemble, en effet... Seule, trop souvent seule avec mes amis, on s'est retrouvés, jusqu'à ce que Delanoë mette sa plaque, tout seuls sur le quai de Jemmapes à dire : « Papon, assassin de Juifs et d'Arabes ! » Nous, on veut qu'il soit jugé pour crime contre l'humanité, pour ce qu'il a fait ici, en plein cœur de Paris. On n'était pas beaucoup à le dire. Il a fallu que Delanoë mette sa plaque, il a fallu la médiatisation pour que aujourd'hui... Il y a quelques jours, le maire de La Courneuve inaugurait une rue du 17-Octobre-1961, et qu'est-ce que fait Sarkozy ?, après nous avoir insultés de racailles, de voyous, de vermines, il nous instaure le couvre-feu qui, pour moi, à mes yeux, n'est ni plus ni moins qu'une gestion coloniale. [...] »

Commentaires

1. Le vendredi 2 décembre 2005 à 07:15, par Arte :

Nous abordons aujourd'hui l'oeuvre majeure de Robert Musil.
"Chez l'homme de l'esprit peut se produire une sorte de démoralisation à l'égard des choses de l'esprit, une absence de piété, une busquerie et une légèreté à leur égard".
100 % de ce texte correspond au 43% non lu de la première page de L'homme sans qualités.
Il est de P. Valéry, "acheveur d'oeuvre" !

2. Le vendredi 2 décembre 2005 à 07:51, par vinteix :

Oui, je les connais un peu : tres charmants, en effet.

3. Le vendredi 2 décembre 2005 à 08:48, par k :

il est 17h45 pas de sms,
n'attendre rien..........

4. Le vendredi 2 décembre 2005 à 13:32, par k :

hier je me suis regardée apostrophe 1984 duras, elle dit en parlant du chinois :
"parce qu'il continue à vous inspirer"
md : "oui, il est..., c'est une sorte de mise en abime sans fond, il a éclipsé les autres amours de ma vie,sans doute parce qu'il a été sans énoncée....sans déclaration, il y a quelque chose là d'inépuisable, dans l'émotion.....aussi même...même physique je dois dire, même physique"
pourtant j'en ai lu des trucs et des machins sur md, jamais, jamais on a posé l'idée que c'était lui le point de dépard à tous, cet amour qu a fait comme elle a dit que l'écrit se jeté sur elle, elle dit même a un moment qu'elle c'était demandait pourquoi anne marie stretter, toujours, l'inde la chine, toujours, et qu'elle en ai venu à écrire l'amant, pour moi une chose et sur même inconsciement, sans l'ombre d'un doute, c'est pour lui qu'elle écrit, qu'elle s'en écrit et que l'é-cri et la qu'il se sent, qu'il se ressent.

5. Le dimanche 4 décembre 2005 à 15:50, par Marie.Pool :

K: Bravo ! ;-)

6. Le vendredi 16 décembre 2005 à 20:56, par Arnaud :

Merci pour cette longue transcription depuis la radio. C'est précieux.



Samedi 3 décembre 2005. Oiseaux sauvages de la vie.

[RLVS-12] « — Ton bonheur ? Et ce bonheur ? [...]
Tatiana et moi guettons la réponse de Lol. Le cœur me bat fort et je crains que Tatiana ne découvre, elle seule le peut, ce désordre dans le sang de son amant. Je la frôlais presque. Je recule d'un pas. Elle n'a rien découvert.
Lol va répondre. Je m'attends à tout. Qu'elle m'achève de la même manière qu'elle m'a découvert. Elle répond. Mon cœur s'endort.
— Mon bonheur est là.»
(Marguerite Duras, Le Ravissement de Lol V. Stein, p. 148).

Depuis que Lol lui a dit ça, l'autre jour, Tatiana veut savoir. Cette histoire de bonheur, si c'était possible, cela remettrait en cause les catégories établies, notamment celle où Lol a été placée, celle des fous, des assistés du cœur, des handicapés à vie de la vie. Les autres, comme Tatiana, sont seulement résignés — et névrosés, bien sûr — mais ils se tiennent à leur place et n'envisagent pas d'en partir : c'est une « impérieuse obligation première et dernière » (155). À l'opposé, il est probable qu'une partie de ce qui gêne les autres, chez Lol, qu'ils appellent ça folie ou maladie, c'est son imprévisibilité comportementale (« inquiétude passée et à venir, constante », 143, « je n'ai rien voulu », 150, « à quoi m'attendre », 152), la liberté de ton et d'action qu'ils lui prêtent (« des oiseaux sauvages de sa vie, qu'en savons-nous ? », 145), l'impossibilité de l'apprivoiser. Plus Tatiana paraît asservie, plus Lol paraît libre — mais on ne saura jamais si la bascule est réelle ou seulement dans la tête de Jacques.
Parce que le Jacques, il est sévèrement secoué !
Dès que Lol l'approche, il perd le souffle (144) ou nous fait une bouffée de chaleur (ci-dessus). Son cœur bat la chamade, comme on dit. Oui, mais ce qui intéresse Duras, c'est de faire coexister des choses que l'on dit (banalités) et des choses totalement inédites, sans doute pour nous montrer que l'être humain occupe tout ce panorama et gît dans l'amplitude. Alors, le cœur, ce siège des passions, cette métaphore éculée, comment le/la recharger ? D'abord par l'adjonction d'un complément indirect, juste un petit me, qui fait presque du verbe battre un verbe pronominal : « Le cœur me bat », avec le tremblé du sens, le verbe qui risque de sortir de son acception de battement interne, de pulsation, pour passer à celle des coups extérieurs, de la violence des coups portés — l'organe étant alors personnifié et la personne victimisée, victime de son cœur qui la bat, un comble. Ou une réalité. Ensuite, à la fin de la phrase, on passe du cœur (réel et métaphorique) au sang. Filage de la métaphore par la métonymie : le sang est bien ce que le cœur pompe. Mais en passant du cœur au sang, on passe d'un organe à peu près localisé, dans le corps comme dans la symbolique, à un fluide totalement envahissant et incontrôlable. S'il y a désordre du sang, il atteint nécessairement l'intégralité des parties du corps. C'est une hyperesthésie de l'émotion (le lat. motio signifie aussi le frisson de fièvre) dans l'attente d'une réponse à la question cruciale, la seule qui vaille.
Mais son sang n'est pas seul en circuit : plus tard, il « pompe le sang de Tatiana » qui en devient « exsangue » (167), virtuellement, bien sûr. La naissance de l'amour devient alors un acte vampirique, l'effusion une transfusion, et les deux femmes des vases communicants. [/RLVS-12]

Parfois, on passerait des heures sur un ou deux mots. Levé à 5h30, j'ai préparé des commentaires pour trois chapitres. En cours, on n'en a fait que la moitié, hélas... Et samedi prochain qui sera le dernier cours. Comment je vais faire ?

Après un déjeuner rapidement avalé à la maison, je file à la MFJ où il y a une journée d'études sur la notion de communauté, en littérature et en philosophie, avec notamment des exposés sur Genet et Duras. Je vais sans doute y retrouver Agnès, Clara, Franck, Michaël, Patrice, Olivier, François, d'autres peut-être.

[Trois jours plus tard...] François Bizet a été parfait sur le refus communautaire de Genet, Pierre Ouellet nous a révélé une discrète et presque impossible communauté poétique de telqueliens (Marcelin Pleynet et Denis Roche, notamment) entravés par leur chef. Ensuite j'avoue ne pas avoir été en mesure de comprendre les arabesques philosophiques de deux intervenants. Puis le retour sur terre, même en compagnie de Marguerite Duras (que je venais de quitter pimpante le matin), a été rude et je n'arrivais plus à suivre. Je me suis retiré, piteux, peu de temps après, laissant mes amis pour revenir me blottir dans les bras de T., ma communauté essentielle.
Heureusement, j'ai les enregistrements. Je viens de réécouter Osamu Hayashi s'interrogeant sur l'impossible communauté des amants, et c'est très intéressant, très convaincant, traversant intelligemment un grand nombre d'œuvres de Duras sans jamais quitter son sujet ni répéter Blanchot dont il est parti. [Fin de l'ajout.]

— Victoire d'Austerlitz !... On en parle ?
— Nan, laisse tomber, c'est tarte à la crème, ça traîne dans tous les médias...
— OK, alors je vais me coucher.
— C'est ça, capitalise pour le ping-pong !...

Commentaires

1. Le samedi 3 décembre 2005 à 07:58, par Arte :

Tu inacheves les cours avec R. Musil !

2. Le samedi 3 décembre 2005 à 08:06, par Berlol :

Oh, t'es là, toi ! C'est quoi, c'est 16h00, chez toi ? Déjà devant l'ordinateur ? Allez, bonne nuit, j'y vais...

3. Le samedi 3 décembre 2005 à 08:50, par Marie.Pool :

"Parce que le Jacques, il est sévèrement secoué !"
Effet de femm(e)s ? On croit les comprendre et
puis...
_____________________________________
M.D. - Lol.V Stein est folle au bout d'une vie non vécue.
X.G. - Elle n'a pas pu vivre.
M.D. - Invécue [Forte détonation.] C'est les hommes qui tirent des pétards...Oui, tu crois que Lol. V Stein, c'est une femmes, c'est-à-dire qu'elle a vécu, de façon spectaculaire et très exem... - comment dirais-je ? -, gonflée en somme...
X.G. - Oui, hypertrophiée.
M.D. - Hypertrophiée, c'est ça. Le trauma ini..., initial de toute femme...
X.G. - Peut-être. De façon un peu exemplaire.
M.D. - Tu crois que ce mouvement qu'elle avait de se fondre aux amants, de rejoindre les amants et auquel on a opposé un refuf, est le même mouvement que toute femme a en elle de rejoindre...tous et à qui on oppose un refus, de rejoindre tous, de rejoindre le groupe, l'humanité.
X.G. - Oui.
M.D. - Tu crois ?... On peut le voir aussi comme ça [Silence] La même brimade, c'est àdire au sens le plus...,brimade, c'est pas assez fort..., le même "non", quoi : "Non tu n'iras pasplus loin."
X.G. - Oui, le rejet.L'autre femme apparemment a lutté, elle.
M.D. - Oui.
X.G. - Longtemps.
M.D. - Mais elle a tout abandonné, elle a eu beaucoup d'amants, des maisons et tout,elle a tout abandonné, petit à petit.
X.G. - C'est à dire que pendant longtemps elle a été dans un... elle a été dans le monde des hommes et ...
M.D. - Oui. Elle pouvait pas de passer d'hommes, d'amants. Elle avait un mari complaisant, un peu comme Anne-Marie Stretter.
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Les Parleuses , Editions de Minuit , 1982,p.159-160.

4. Le samedi 3 décembre 2005 à 11:12, par k :

bouuuu j'ai pas le temps de parlementer, et j'ai tellement envie, mais L est là elle à faim, et veux sa moman, donc je vais en déchroché de lol, qui ne me quitte jamais, mais une chose
Monsieur BERLOL que j'aimerai venir au japon écouter vos cours, ou que j'aimerai cela vous entendre parler d"elle, oui c'est tous c'est autre qui sont fous, qui rentre dans une vie qui ne leur convient pas, forcément, mais qui la vive pour être dans la normalité, oui je suis folle, mais pour moi la vraie folie ou je tombe parfois c'est tous ce qu'il n'ose pas vivre.enfin je m'explique après. bon app
bonsoir arte, vous aviez raison pour L

5. Le samedi 3 décembre 2005 à 11:14, par k :

mais qu'est ce que je peux faire comme fautes ça n'a pas de bon sens non.............

6. Le samedi 3 décembre 2005 à 15:39, par Berlol :

Merci Marie.Pool pour cette copie ciblée. Que les causeuses essaient de rejoindre les parleuses, c'est finalement normal, sauf l'anachronisme. Ceci dit, je ne vois pas ce que cela change à mon explication "littéraire".
J'en profite pour ajouter, à toutes fins utiles, que je ne prends pas le parti de Jacques (comme on pourrait le croire, en tant qu'homme, etc.). Je m'intéresse à la construction d'un texte dont il est le narrateur pour parler d'une histoire dont il est un personnage. Sa subjectivité est donc inévitable et elle a été choisie, voulue, construite par Duras elle-même, et non par moi.
Je me suis déjà demandé (19 mai et 7 juin 2004) quels auteurs masculins avaient mis en scène/texte une narratrice-personnage principal, en dehors de Claude Simon dans L'Herbe, et je n'ai eu qu'une réponse, Les Yeux baissés de Tahar Ben Jelloun. Y aura-t-il plus de répondant cette année ?

7. Le samedi 3 décembre 2005 à 20:46, par Marie.Pool :

On peut le voir aussi comme ça [Silence]
Mais c'est vous qui le trouvez "secoué" le Jacques, pas M.Duras - du moins elle ne le dit pas dans les Parleuses !
Elle le secoue moins qu'il n'y paraît, elle le place comme "fléau" providentiel entre deux plateaux de la balance ( pour elle , je crois il est consentant ... ), entre la femme inaccessible et la femme offerte, l'une devenant l'enveloppe de l'autre avec des retournements possibles, déroutants forcément, des "rejets" aussi, des incompatibilités violentes et perturbantes. Mais cela se passe davantage à l'intérieur d'elles. On n 'en voit pas grand chose d'ailleurs et c'est bien là où séjourne le problème d'écriture. Pour la résolution provisoire et sans doute transitoire (Jusqu'à plus ample informé dirait-on) Jacques n'est qu'un porte-voix , on dit parfois un porte-symptôme . Il souligne le basculement du Désir irrémédiable dans le Non-Désir ( pas toujours) irrévocable . En "désossant" le texte comme disait JCB on ne peut plus voir tout cela à la distance suffisante. Ni trop près ni trop loin. C'est difficile de lire "fidèlement"Duras ,car elle écrit avec des méandres qu'il faut explorer avec une patience que la plupart des gens n'ont pas.
Il y a beaucoup de télescopages et d'arrêts sur image. Je ne remets pas en cause ce que vous décrivez. Je dis d'autres choses qui peuvent ou non coïncider. Vous prenez et rejetez ce que vous voulez.L'important c'est de parvenir tant soit peu à résonner et raisonner sur la même lame de microscope. On est pas obligés d'arriver aux mêmes conclusions. Duras ne peut donc pas être lue avec un télescope. Le réglage de focale est toujours difficile avec elle. Elle parlait beaucoup et je trouvais cela passionnant, y compris dans les convictions contestables. Ses personnages ont des ficelles auto-biographiques difficiles à dénouer. J'ai l'impression qu'elles les a subis plus que construits , elle a l'air de les redécouvrir après les avoir créés.
Elle a dû certainement attendre d'eux des réponses précises, puis elle s'est lassée. Elle n'avait pas bon caractère Marguerite Donnadieu. Elle aimait faire la cuisine, des trucs chinois, et elle riait pour oublier peut-être la dictature de l'intelligence des mots. Elle aimait faire l'amour et elle aimait gagner de l'argent , pour acheter "sa" maison et sa vue sur la mer , sur les enfants des plages, sur quelque chose de vaguement indochinois qui l'a faite un peu mystérieuse et rebelle. Le contraire de ses personnages. Elle aimait la vie Duras.

8. Le samedi 3 décembre 2005 à 20:55, par vinteix :

... narratrice-personnage principal : "Soleil couchant" de Dazai.

9. Le samedi 3 décembre 2005 à 21:18, par vinteix :

"Justine" de Sade

10. Le dimanche 4 décembre 2005 à 01:36, par Berlol :

"du moins elle ne le dit pas dans les Parleuses !" — alors là, Marie.Pool, vous me coupez le souffle ! Le texte du "Ravissement..." dit très bien ce qu'il dit, du début à la fin on voit ce Jacques qui est littéralement secoué, oui, par cette rencontre et tout ce que cela change pour lui, il essaie de rendre hommage à cette femme qu'il aime en reconstruisant son histoire pour lui ôter les marques d'infâmie qui lui ont été apposées avec la complicité de sa meilleure amie Tatiana et vous venez me dire qu'il ne l'est peut-être pas, secoué, en me balançant hors-contexte des propos tenus près de vingt ans plus tard, vingt ans, vous vous rendez compte !, alors qu'entre temps Lol V. Stein était devenue un personnage différent dans un autre livre, un personnage public grâce à Lacan et aux études féministes américaines.
Restons dans le texte, s'il vous plaît. Votre problème, c'est que vous ne savez pas faire une analyse littéraire qui s'en tienne au texte, vous avez besoin de passer par la vie de l'auteur et des témoignages postérieurs où d'autres enjeux interviennent. J'en viens à me demander si c'est vraiment le texte et la littérature qui vous intéresse, si ce ne serait pas plutôt la biographie de l'auteur à travers ses œuvres (comme modèle ? patronne ?)...
Côté patience, sachez que chaque cours m'oblige (moi-même) à cinq ou six heures de préparation. Ce qui n'empêche pas que je puisse me tromper. Mais je joue carte sur table. Si vous n'êtes pas d'accord, veuillez utiliser le texte et seulement le texte pour argumenter, et pas essayer d'aller ramasser de ces propos vaseux où Marguerite pose des questions à Xavière pour savoir si son personnage est comme ci ou comme ça. J'ai lu et bien lu et relu "Les Parleuses", c'est socialement et anthropologiquement intéresssant, mais littérairement, non.
Pour ma part, je ne m'intéresse pas beaucoup à Duras, en tant que personne, je m'intéresse aux œuvres. Elle m'indiffère même pas mal, son ego surdimensionné me déplaît, même. Pas parce que c'est une femme, je le dis tout de même. De ce point de vue, je la comparerai volontiers à Sollers : quelqu'un dont le personnage public et médiatique m'est désagréable mais dont l'œuvre m'importe. Je me demande même si les meilleurs écrivains ne sont pas ceux qui s'effacent derrière leur œuvre, ceux qui se soustraient au biographisme, qui nous évitent toutes ces "merdes de témoignage", comme disait Christine Angot.
Enfin, veuillez laisser JCB hors de cela. S'il écrit ce qu'il écrit en pensant à moi, j'espère qu'il aura la franchise de me le dire et d'argumenter, le cas échéant. Vous n'avez pas à l'utiliser comme caution. D'ailleurs, je n'ai rien "désossé" du tout, le texte est toujours aussi vivant, aussi beau à chaque fois que j'ouvre le livre. À moins que vous appeliez "désosser" le fait de regarder dans un dictionnaire l'étymologie d'un mot, de remarquer que certains termes créent des niveaux de sens dont l'interprétation ouvre des perspectives imprévues à première lecture, etc. Dans ce cas, je vous plains.

11. Le dimanche 4 décembre 2005 à 01:36, par Berlol :

Merci Vinteix, et deux de plus dans ma besace !

12. Le dimanche 4 décembre 2005 à 02:01, par alain :

et la porcelaine ?

13. Le dimanche 4 décembre 2005 à 02:24, par Berlol :

La porcelaine, j'adore ! Tu veux m'en offrir ?
K, on attend la suite...

14. Le dimanche 4 décembre 2005 à 02:53, par k :

oui je vais m'y mettre, mais léa doit manger
je compte sur vous berlol

15. Le dimanche 4 décembre 2005 à 02:59, par cécile :

Une nouvelle contemporaine avec narratrice écrite par un homme, beaucoup aimé à l'époque www.pol-editeur.fr/catalo...

16. Le dimanche 4 décembre 2005 à 03:17, par k :

bonjour cecile komment vas

17. Le dimanche 4 décembre 2005 à 03:46, par k :

oui, moi j'ai sa pour vous un texte de woolf :
"tout opposition de sexe à sexe, de qualité à qualité, toute cette revendication de supériorité et cette imputation d'infériorité, appartient à la phase des écoles primaires de l'existance humaine, phase où il y des camps, et où il est nécessaire pour un camp de battre l'autre, la plus haute importance de monter sur l'estrade et de recevoir une coupe hautement artistique. A mesure que les gens avancent vers la maturité, ils cessent de croire aux camps et aux directeur d'école ou aux coupes hautement artistque"
ça c'est pour MP!!

18. Le dimanche 4 décembre 2005 à 04:00, par alain :

La porcelaine, j'adore aussi.
Je dois avouer ici une faiblesse, une tare, je collectionne les tasses à café. Pas ni'mporte lesquelles !
Et toi ?

(ça va devenir un blog dentelle et macramé !)

19. Le dimanche 4 décembre 2005 à 04:16, par cel :

les premiers qui me viennent, auteur homme / narrateur ou personnage principal femme, "Le voyage d'Anna Blume" de Paul Auster, Mère courage de Brecht et puis Beckett, "Oh les beaux jours", et d'ailleurs certainement plein de choses du côté du théatre, chez Genet aussi (les Bonnes évidemment), Cocteau avec "La Voix humaine" et euh etc.

20. Le dimanche 4 décembre 2005 à 04:21, par Berlol :

"narrateur ou personnage principal femme"... Merci Cel. Je prends note mais "narrateur ET personnage principal femme" c'est mieux parce qu'on a le texte écrit/assumé de son point de vue. Et c'est ça qui compte, en fait.

21. Le dimanche 4 décembre 2005 à 04:32, par cel :

oui, je t'ai relu ensuite et j'ai vu le ET non OU, je suis à peine réveillée... enfin les Auster Cocteau et Beckett dont je parlais sont de ce côté-ci si mes souvenirs sont bons. Je vais me creuser la tête en montant le meuble en kit qui attend dans la pièce à côté, ça sera plus intéressant que de ne penser que boulons et clé de 12

22. Le dimanche 4 décembre 2005 à 04:34, par Berlol :

Poterie et porcelaine. Faudra que je fasse une rubrique de temps en temps, comme pour RLVS... L'adresse que je donnais avant-hier (http://poteriedelagenevraye.com/) te donnera une bonne idée de ce que j'aime vraiment. Mais aussi la porcelaine ultrafine (Hutschenreuther, par exemple). On va s'envoyer des photos. À moins que tes tasses soient dans des cartons...

23. Le dimanche 4 décembre 2005 à 04:54, par jcb :

Ah la la ! Quel mot infernal !
Je parle de caution.
Je suis incapable d'être la caution de quoi que ce soit, et je le regrette bien évidemment.
C'est tout mon drame en ce moment : le banquier me demande pour le prochain prêt une caution, quelqu'un qui voudrait bien me servir de caution, c'est-à-dire qui s'engage à payer mes traites à ma place si je ne peux pas ou décide de ne pas les payer.
Vous connaissez des gens comme ça vous ?
Avis aux amateurs pour être caution de 45.000 euros !
Il me reste deux mois pour trouver.
Si je ne trouve pas, je vais vendre ma collection de tableaux aborigènes. Surveillez donc mon journal.
Je sens qu'il va y avoir des pages sur le desossement
et des affaires à prendre...
Merci Berlol d'avoir tendu la perche...au percheron.

24. Le dimanche 4 décembre 2005 à 05:00, par Arte :

Antonio Lobo Antunez : N'entre pas si vite dans cette nuit noire.

25. Le dimanche 4 décembre 2005 à 05:32, par k :

un petit rien et la vie est belle

26. Le dimanche 4 décembre 2005 à 05:37, par Berlol :

5 sur 5, Jean-Claude. Ici aussi, on a eu une histoire de caution. T. avait accepté pour son neveu, qui n'a pas payé son loyer, c'est la mère du petit (37 ans...) qui a envoyé des sous, etc. Mais le montant était bien moindre que pour toi, évidemment. De toute façon, pour être ta caution pour 45.000 euros, faut montrer patte blanche (revenu ou patrimoine d'au moins 200.000...). Bonne chance !
Cel, attention, tout de même. N'inverse pas des pièces sinon t'auras des étagères bancales (demande conseil à K ou à Alain...).

27. Le dimanche 4 décembre 2005 à 06:17, par k :

a oui, cel, la moi aussi je vais me lancer dans mes étagères, il m'en reste 6 à visser et de la peinture encore, les devors de L se sont pas trop mal passé, ouffff

28. Le dimanche 4 décembre 2005 à 09:50, par Bartlebooth :

- Le journal intime de Sally Mara, de Raymond Queneau
- Tsé-tsé, de Claude Louis-Combet
- Fairy Queen, d'Olivier Cadiot

29. Le dimanche 4 décembre 2005 à 10:38, par Marie.Pool :

Jacques, le personnage, est secoué, soit ! J’ai juste envie d’ajouter que les femmes le sont bien davantage et avec plus de dégâts … Qu'on s'intéresse à la littérature par l'intermédiaire des dictionnaires ne me gênerait aucunement si chacun se référait au même, ce qui est , vous l'accorderez, impossible. Il y a quelque chose d'un peu vélleitaire à vouloir renouer, a posteriori et post mortem chez un écrivain, ses oeuvres à des définitions de mots, points par points. La marge d'erreur est potentiellement phénoménale. Mais cela peut apparaître comme un jeu intellectuel passionnant et c'est, je suppose,le registre dans lequel vous vous situez professionnellement ( vous faites état de la préparation fastidieuse de vos cours ). L'analyse littéraire de haut niveau ne m'apporte probablement pas ce qu'elle vous apporte à vous ou à d'autres, je ne passe jamais par elle pour découvrir une oeuvre, et je trouve qu'elle est surdimensionnée elle aussi en énergie dépensée, par rapport au peu d'audience qu'elle suscite chez ceux qui achètent les livres.
Je me situe dans l'approche du lecteur lambda qui s'intéresse à une écriture et un peu aussi à la personne qui l'a mise en partage. Il me serait impossible comme vous le faites de parler longuemente et publiquement d'une oeuvre dont l'auteur me serait désagréable à côtoyer. Vous avez des réflexes d'assertion qui sont utiles en pédagogie mais qui ne peuvent pas m'amener présentement, et très précisément sur le texte de Lol V. Stein, à partager l'intégralité de vos hypothèses explicatives et a fortiori à les discuter avec conviction. Mais lorsque vous m'amenez ,à votre insu ,à surligner vos propres mots dans l'analyse du texte, il n'est pas étonnant que je m'interroge sur les raisons exactes de leur émergence dans votre discours. C'est cela qui m'intéresse chez vous : comment vous utilisez la littérature pour communiquer quelque chose de vous ( le subjectif que vous revendiquiez l'autre jour) au beau milieu d'un journal. Le mélange des genres produit le mélange des réactions. Elles sont donc variables et variées, je ne sais pas si c'est ce que vous vouliez au départ ? Si partout est le signifiant comme le préférait m.Duras, ce n'est pas étonnant non plus qu'on puisse le retrouver dans votre écriture , en pièces détachées ( cf le mécano subtil de jcb à qui caution n'est pas demandée, elle existe sur le plan personnel c'est tout ! ). Vous avez changé de ton et vous remerciez plus explicitement ceux qui vous sont plus proches, vous êtes plus crispé et cinglant vis à vis de mes avis et donc plus authentique ce qui est un gain certain pour la glose commune. Je vous confirme que l'analyse littéraire de type universitaire ne m'intéresse pas, et que je lis pourtant vos textes avec intérêt comme on visite le pays de l'autre où l'on sait que l'on ne restera pas. Cela n'empêche pas d'en apprécier certaines coutumes et les habitants.
En réfléchissant davantage, je pourrais dire aujourd'hui que je m'intéresse à la façon dont vous essayez de concilier écriture personnelle ( ce qui ne veut pas dire intime) et écriture professionnelle ( l'aspect professoral de vos notes de journal). Vous êtes un exemple parmi d'autres de ce type d'entreprise "médiatique" et "internautique" et vous avez opté , contrairement à ceux qui ne donnent pas la parole directe aux lecteurs, pour le forum de discussion, qui a les effets qu'on constate . Je pourrais lire ou ne plus lire et me taire. J'ai décidé d'aller au bout d'une certaine logique . C'est à vous que je m'adresse . Et cela correspond à l'intention première. Ce que vous dites sur votre rapport aux oeuvres et aux auteurs est très clair, je ne regrette pas de vous avoir amené à le dire publiquement.
Cela permettra de mieux ajuster les commentaires
à vos propos.

30. Le dimanche 4 décembre 2005 à 16:39, par Berlol :

"L'analyse littéraire de haut niveau [...] je trouve qu'elle est surdimensionnée elle aussi en énergie dépensée, par rapport au peu d'audience qu'elle suscite chez ceux qui achètent les livres."
C'est à peu près la définition de la passion, ce pour quoi on se passionne, quelle que soit la perte de temps ou la mauvaise image qu'on donnera de soi... Moi, je préfère perdre mon temps comme ça, c'est un choix comme un autre. J'irai jusqu'à la tombe avec, sans doute...

31. Le dimanche 4 décembre 2005 à 17:03, par Marie.Pool :

Et bien voilà ! Mais le plus tard possible...(Je pense à T.) et si possible sans douleur, terreur, ni remords...

32. Le dimanche 4 décembre 2005 à 17:34, par Berlol :

Merci.
Nouvelle fonction : j'ai ajouté une fonction "billet précédent | billet suivant" en haut et en bas en mode de lecture d'articles + commentaires. Cela devrait aider à la circulation pour lecture des commentaires...

33. Le dimanche 4 décembre 2005 à 21:57, par k :

ah oui c'est une bonne idée, merci

34. Le lundi 5 décembre 2005 à 02:44, par myriade :

Arte a raison : le livre d'Antonio Lobo Antunes : N'entre pas si vite dans cette nuit noire. Rien que le titre est magnifique.



Dimanche 4 décembre 2005. Du gris mais on va le colorer.

— Qu'est-ce que tu dis, Manche ?
— Je dis : cognez !

Je suis révolté. Je m'en veux. Ça ne tourne pas rond. Faut tout changer. Je le vois bien, quand je fais ce service profond et rapide et que Katsunori le renvoie sur moi, je suis à la même place, croyant que mon service serait gagnant, ce qui n'est pas le cas, et je ne suis pas prêt à retourner autrement que par cette sorte d'amortie débile qui lève la balle et la sort la plupart du temps. Et quand Hisae renvoie logiquement sur mon revers alors que je n'ai pas bougé du coin droit — je suis gaucher —, que je n'ai donc pas d'espace pour un mouvement de quelque envergure que ce soit, je remets en ventral inerte, qui ouvre la porte au smash hisaéen, royal.
Bref, je me suis fait étaler. Faut que je réforme mon positionnement, que je bouge plus tôt, que je sois sur toutes les balles, aucune gagnée d'avance.

L'individu oui l'identité non.
L'identité n'est pas une monade. C'est une mosaïque mouvante d'identitèmes.
Or l'identité monadique, ou plutôt la représentation de l'identité comme une monade fonde de longtemps le système social, qui a eu un besoin hystérique croissant de mettre une étiquette et une seule sur chaque individu. Cependant, la société contemporaine, fière de ses bases de données multi-critères, refonde la notion d'identité sur un modèle numérique, celui d'une liste de 0 et de 1 dans des colonnes nombreuses, après quoi, la dignité, rien à cirer, on pousse le bouton et vous êtes SDF, terroriste, mort, etc. C'est fatal, c'est personne, ça vient de la machine, personne n'est responsable.
L'identité est restée monadique (nom inscrit sur la carte du bipède que gèrent les services sociaux) mais l'individu est devenu dividu, 50, 80, 200 colonnes, dont certaines reliées à des enregistrements vidéo de tous les champs de surveillance que l'ectoplasme a traversés, et toute la biométrie à venir.
La vérité humaine, c'est le contraire. Je suis un individu, indivisible dans la dignité que les autres me doivent et qui n'existe que par le fait que les autres me l'accordent quand je leur donne la leur à tout instant depuis que je sais ce que c'est. Aussi, qu'un seul soit indigne, c'est tous qui morflent en moi dont moi. Donc la dignité humaine est une monade, ça oui. C'est LA monade qui fonde l'individu humain. On doit être loin de Kant et près de Spinoza ou de Montaigne, là, non ? J'ai bon ? Une dignité canine fondera éventuellement l'individu canin, que sais-je... Et de l'autre côté, l'identité, ce que je me sais être, ce qui dispose ma conscience à ne répondre qu'en interne chaque jour à ce nom et cette image dans le miroir même quand je ne m'y regarde pas (je m'y sais sans m'y mirer), où entrent chaque jour mes parents, mes amis, mes auteurs, mes films, mes balades, mes lieux, mes bouteilles de Guerlain et mes bols de Kyoto, mes regards sur T. et mes mots sur vous, mille instants de jouissance et de tristesse, les bords du Tarn et la chaleur de Palenque, à 150 à l'heure les mortels écarts de la moto quand les tendeurs de chaîne avaient plié, Salammbô en main dans le char d'assaut, ce bordel sur mon bureau et ma façon de passer l'aspirateur — chacune de ces choses étant inimitable, alors l'ensemble... Et pour chaque individu sa collection. Aucun mieux que les autres.

Tout ça, un battement de cils. Il pleut, on évolue dans du gris mais on va le colorer. On va à Shinjuku au restaurant de tonkatsu すずや (Suzuya), où Katsunori a emmené Hisae la semaine dernière. Juste à l'entrée de Kabukicho, un escalier pour accèder au premier à une salle vieillotte, années 60 ou 70 avec de vieilles pendules qui trottinent. C'est vite bondé. Excellent tonkatsu, recouvert de chou et de nori. Et puis à côté, dans des raviers carrés, des tsukemonos dont d'excellents umeboshis. J'en mangerai huit, quand la décence en accorde deux.
C'est l'occasion de parler d'Arale-chan et de Suppaman. Ça tombe bien, Hisae adore. Katsunori est sur le cul. Elle connaît tous les personnages. Sait pourquoi Suppaman est con. Connaît la chanson. On imagine de venir en costume. On a neuf ou dix ans d'âge (expéri)mental. Hisae, c'était mon étudiante, il y a huit ans, c'est le temps qu'il faut pour devenir amis, et me faire battre toutes les semaines au ping-pong, sans gêne.

Katsunori et moi allons à l'Institut pour voir les Fleurs de Shanghai, film de Hou Hsiao-Hsien (1998). J'y retrouve Clara et Franck, puis François. Nous avons tous la désagréable surprise d'apprendre que le film sera en chinois sous-titré japonais.
Je capte rien. Juste regarder les costumes somptueux, les gestes, les plats, les théières, les bols, les lampes à huile, ausi des horloges, des miroirs et un peu de mobilier occidentaux, au pif maison de prostitution, époque de décadence, beaucoup de pipes à opium, à un moment une date dans un bout de sous-titre, 1884, quelques fenêtres jamais approchées par la caméra, on alterne entre trois pièces avec papier peint au mur, ou deux, jamais le nez dehors, comme les filles et la domesticité, enfermées, prison physique et mentale. Quand je pourrais le revoir avec du texte audible ou lisible, je ne suis pas sûr que je le trouverai aussi intéressant qu'aujourd'hui.

Commentaires

1. Le dimanche 4 décembre 2005 à 10:35, par alain :

Pour la porcelaine, hors quelques groupes maoistes (pas des tasses donc), il s'agit de tasses Illy, signées Kosuth, Louise Bourgeois, Jeff Koons... J'ai répéré aux Puces des groupes de tankistes en porcelaine, des soldats sud-coréens mais trop chers.
Un ami (je n'en ai qu'un, donc, pas de risque de vous bassiner avec les autres) artiste vient de s'acheter un four. Lui fait des assiettes où il dessine des têtes de mort. Une vente est bientôt organisée.
Une artiste traduisait tous les objets de la vie quotidienne en porcelaine, je trouvais ça intéressant. Comment elle s'appelle ?
Oui, la porcelaine. Ah oui, la porcelaine.
Bon, il est tard, je crois.

2. Le dimanche 4 décembre 2005 à 13:52, par k :

et le cyanure coule dans les veines
et le corps s'encastre dans l'encoignure du mur
le mur éponge les larmes sanglantes
les sanglots se vomissent
les cheveux s'arrachent par poignée
les ongles lacèrent les mollets
recoquevillée foetus
les cuisses contre son antre
brulé dépecé évidé
sur les barbelés en fer blanc du temps
elle caresse ses flancs
peau, morceaux de chair
retombant putréfiés
et suinte la douleur
de tout son corps
par sursaut, haletante
elle mure sa bouche
de sa propre main
bayonne le trou béant d'ou sort inaudible
le hurlement ineffable
les coudes et les genoux couperets
elle y enfonce la tête
le froid des lames
etreint la nuque incandescente
suffoquant elle aspire
l'acre fumée de la douleur
et les bras parcourent le corps
qui n'existe pour rien
ramasis de pouriture
offert aux vermines
a coups par a coups
de coups de poignet
défonce le crane
l'incére entre ses genous
étaux
qu'il eclate
et la moelle
crépite les murs de la mémoire
plus rien n'existe
plus rien n'est su
reste cependant
sur le bord des lévres
le goût amer de ce qu'elle en sait
malgré tout, malgré ça.

3. Le dimanche 4 décembre 2005 à 14:42, par k :

vous voyez moi je crois à cela oui , que toujours md à parlait de cet homme, sens en avoir conscience, d'ailleurs elle le dit " je me suis demandé pourquoi streter, les indes,la chines toujours, toujours"
c'est une futée, oui depuis toujours oui elle a écrit sur cette histoire oui dans l'herne i y a md dit : "a mesure que j'écris, j'existe moins. la libre disposition de moi, je l'éprouve dans deux cas : à l'idée du suicide et à l'idée d'écrire, la solution de continue, livre ou mort"
il y a deux choix oui, vivre en se perdant en ommetant,comme stretter, tatiana avec tous ces amants mais la fin est le suicide car on ne peut pas supporter cel c'est à en mourir cette connaissance
: oh merdeuuu je l'ai pas là je voulais mettre un extrait d'india song vous savais le bal quand le vice consul qui sait aussi cela lui dit " ça s'arretera quand, elle répond avec votre mort" c'est très beau ce passage, a chaque fois je pleur, c'est pour cela que je l'ai pas là parce que sinon, je ne répond pas de moi, mais je ne répond pas de moi quand je lis duras d'ailleurs.
et si il n'y a pas le suicide, il y a la folie, parce que la connaissance et trop grande, ou l'écrit comme duras. vous voyait moi je pense même que cette enfant qu'attent LVS dans la douleur, inconsciement ou non, pour moi c'est "l'enfant "de l'amant.
comme si LVS était duras et que dans son ventre grandissait son héroine de l'amant, que tous ces écrit allait vers l 'accouchement de toute cette histoire de tout cet amour.
l'amour :
" _ j'ai faim , j'attends un enfant.
quand elle le dit son regard grandit et s'éteint tout aussitot _-elle repéte_
-un enfant
- toujours?
- oui
- de qui?
Elle ne sait pas
- je ne sais pas"
pour moi MD nous dévoile tous, nous dit tous dans ces livres, elle nous donne la clé :
" elle s'arrête de nouveau. Il continue à marcher. elle recommence à regarder derrière
- venez encore
- je dois repartir"
c'est elle qui le met en scéne toujours qui lui dit quoi faire comme elle le fait avec les personnage de ces livres.
je sais pas si je suis claire, heim, mais par exemple dans aurélia
" je vous écrit tous le temps, toujours ça, vous voyez
rien d'autre que ça. Rien."
l'écriture et son unique moyen de rester auprès de lui , c'est sa folie à elle, l'écriture, c'est pour cela qu'elle est vraie qu'elle touche, parce que si elle n'a plus ça pour être toujours avec lui, pour qu'il soit auprès d'elle, alors elle en meurt, comment vivre dans ce monde, comment accepter cette vie, dans apostrophe elle le dit "je n'aime pas la vie".
parcequavoir cette connaissance, de cet amant unique, savoir qu'aucun autre homme ne tiendra lieu de lui à sa place, l'idée même et invivable quand on a touché cela.
" c'est ce que je désire. que cela vous soit destiné.........
ici c'est l'été?
je ne sais plus.
pour moi non plus je ne sais pas non plus si je l'aimais en dehors de vous je ne sais plus."

4. Le dimanche 4 décembre 2005 à 14:46, par k :

arte, je sais ce que vous faite dans la vie : vice consul,non???

5. Le dimanche 4 décembre 2005 à 15:08, par k :

Parce que le Jacques, il est sévèrement secoué !

oui il est secoué, il aime une femme qui ne l'aime pas mais qui lui donne tous l'amour de l'autre justement parce qu'il est le seul à comprendre cela. Comme dans hirochima un peu, déjà md dit :
" ce qu'elle raconte au japonais, c'est cette chance, qui, en même temps qu'elle l'a perdie, l'a défini. Le récit qu'elle fait de cette chance perdue la transporte littéralement (littérairement aussi) vers cet homme nouveau. Se livrer corps et âme. C'est par nevers qu'il connaitra le mieux cette femme, puisque c'est de nevers qu'elle a failli mourir. Je vois là l'équivalence non seulement d'une passion amoureuse, mais d'un mariage. si ce mot à un sens, il est là"
moi aussi tout comme cette femme de nevers, je m'était livrée à lui, ce soir la, et il avait était mon jacques à moi, mon japonais .
mais la vie étant ce qu'elle ai j'ai fait comme stretter,j'ai continué, le mari, je me suis perdue dans cette vie bien tranquille, ou il faut bien vivre, sans se poser de question.
la vie matérielle :
"ce que je n'ai pas dit, c'est que toute les femmes de mon livres, quelque soit leur âge, découlent de lol V.Stein. C'est à dire, d'un certain oublie d'elles mêmes. " comment vivre sinon

6. Le dimanche 4 décembre 2005 à 15:11, par Marie.Pool :

k : Bravo ! ;-)

7. Le dimanche 4 décembre 2005 à 15:41, par cécile :

Sans rapport avec les commentaires ci-dessus, mais je viens de me rappeler d'un auteur vraiment intéressant, et qui justement, est étonnant (justesse, subtilité, profondeur) quand il met en scène une narratrice dans ses livres (en fait, dans tous ses livres, on change de narrateur au fil du récit - on peut se trouver « dans » les pensées de Leiris, comme celles de Kafka, ou de sa fiancée, ou de François Joseph, ou de personnages uniquement fictifs) et les voix alternent ou s’imbriquent, ou alternent jusqu’à s’imbriquer et je ne sais pas comment faire sentir à quel point cet auteur est passionnant, et drôle aussi (il avait reçu un prix chez pas quoi de l’humour noir pour le premier, « Montée en première ligne », bon les prix). Mais vraiment, à lire, « Montée en première ligne » (en gros : les origines de la 1ère guerre mondiale en se plaçant du point de vue de la pensée et de l’intimité d’une multitude de personnages, dont Kafka, c’est dans celui-ci), ou « Trio Gulliver », dont je me souviens qu’à un moment l’une des héroïnes narratrices du livre, accouche, allaite, et il décrit ça « de l’intérieur » donc, d’une façon non seulement très juste, mais inédite, et ce entre autres choses, rien n’est réduit ou versant dans les clichés (de sexe ou historiques) d'où justement l'intérêt et la valeur de cette écriture.
Les commentaires sont un peu tartes, mais ça donne la biblio :
www.bibliomonde.net/pages...
auto.yahoo.fr/b/a/cpc_510...

8. Le dimanche 4 décembre 2005 à 15:44, par k :

quand je l'ai revu 14 ans après, en avril l'homme altantique il m'a dit :
" s'il n'y avait pas L, je te tuerai"
et j'ai pensé "oui tues moi, maintenant, tues moi"
mais sachant L là, c'est ce que j'aurai voulu être tuais pas lui........

9. Le dimanche 4 décembre 2005 à 16:27, par Berlol :

Merci, Cécile, j'avais déjà entendu parler de cet auteur, Jean Guerreschi, mais je n'arrive pas à me souvenir dans quel contexte. Je l'ajoute à ma liste... Et merci tout le monde qui a écrit pendant que je dormais. C'est Noël tous les matins, en ce moment !

10. Le lundi 5 décembre 2005 à 03:12, par k :

vous tous que en savez sur la littérature, y a t-il unsite avec un calssemnt des ventes merci

11. Le lundi 5 décembre 2005 à 03:37, par cécile :

Le mieux, au lieu de regarder les ventes (parce que franchement tu te doutes que c'est pas le critère intéressant pour choisir un bon bouquin), tu chopes et notes les titres ou auteurs dont parlent des gens, ici ou ailleurs puisque tu as cette curiosité de visiter des liens vers d'autres sites ou blog, dont tu aimes la sensibilité comme ça, a priori, ou quand un extrait te plaît ou t'attire, et ensuite tu vois si ces bouquins se trouvent sur les sites de vente d'occasion (ceux que je t'avais indiqués fonctionnent vraiment bien), ou dans le catalogue de ta bibliothèque municipale. Et ensuite à toi la route! Mais un classement par ventes, hein (mais tu fais un peu exprès, là, je crois bien ?). Et pourquoi t'essaierais pas à l'aveuglette, tu vas à la bibli, tu prends des bouquins au pif, parce que leur tranche te fait de l'oeil, tu feuillettes, tu lis la 4ème, tu renifles, et à l'impulsion hop tu prends. Qu'est-ce que tu risques ?

12. Le lundi 5 décembre 2005 à 03:41, par k :

c'est pas pour choisir un livre, bah là bien sur que non que je regarde pas cela, c'est juste pour voir un truc, voilà alors si j'en a qui savent dites

13. Le lundi 5 décembre 2005 à 03:43, par k :

je fait rarement dans l'intuition d'un livre, en général j'aime pas, et je lis quand même( par bonne conscience), et j'ai d'autre chose à faire.

14. Le lundi 5 décembre 2005 à 05:01, par ariel :

Sur le train des jours, il faut lire le beau livre de Bégout, la découverte du quotidien, dont votre blog parlait il y a quelques jours. C'est un texte passionnant sur le monde quotidien et la genèse du quotidien dans nos vies. Il était chez Finkielkraut samedi matin, mais malheureusement ce dernier ne l'a pas laissé parler longtemps, toujours monopolisant la parole avec ses obsessions rétrogrades sur le monde qui va mal, ma petite 'dame. En tout cas, voici un livre brillant et imposant (600 pages) sur la vie quotidienne ressaisie dans une perspective philosophique. C'est peut-être cela qui a gêné Finkie qui n'a de philosophe que le nom et vomit le monde sans chercher à la comprendre.

15. Le lundi 5 décembre 2005 à 05:26, par cécile :

scusi, K ! j'avais interprété. Mais je connais pas ce genre de sites, en faisant une recherche sur un moteur tu as essayé ?
Bégout, ça me fait bien envie, là.

16. Le lundi 5 décembre 2005 à 06:21, par Marie.Pool :

Pour K. j'avais trouvé un jour par hasard un site qui permettait de trouver le nombre d'exemplaires édités ou réédités pour un titre de livre donné , mais je ne l'ai pas encore retrouvé pour vous. Les libraires doivent savoir où trouver ce genre d'inormation. En attendant je suis passée par ce site de La Chaîne du Livre où il y a pas mal de rubriques à explorer (J'espère que le lien sera utilisable) :
Chaîne du Livre : De L’auteur au Lecteur
users.skynet.be/fralica/refer/ theorie/theocom/communic/livre.htm
Je suis étonnée de ce que vous dites sur le fait de ne pas choisir vos lectures à l'intuition. Comment faites-vous pour choisir ? Et pour exemple, comment en êtes-vous venue à lire Duras ?

17. Le lundi 5 décembre 2005 à 08:02, par Berlol :

Merci, Ariel. J'ai aussi écouté cette émission et Fink y a été encore pire que d'habitude. Sa façon élocutoire de souligner des mots ou expressions comme s'il essayait de convaincre un troupeau de pingouins avec des sardines, c'était sa propre caricature. Ceci dit, maintenant qu'on sait qu'ils sont deux, le bon et le mauvais Fink... Vrai qu'il n'a pas laissé Bégout exposer l'originalité de son approche, la ramenant sans cesse dans ses ornières. Mais nous, on va le lire aussi.
Ce qui serait bien (je suggère à des animateurs radio ou organisateurs de colloques), ce serait une vraie rencontre Bégout, Stiegler, Rancière...

18. Le lundi 5 décembre 2005 à 09:42, par k :

mp fallait lire j'ai tous expliqué avant

19. Le lundi 5 décembre 2005 à 13:02, par Marie.Pool :

k: Soit Ben j'ai mal lu (où c'était ?)soit votre explication n' était pas claire.
Le lien c'était pour essayer de répondre à votre recherche que vous avez renouvelée . Difficile encore et maintenant de comprendre quel "truc" vous cherchez exactement. Avez-vous trouvé ?

20. Le lundi 5 décembre 2005 à 13:13, par Marie.Pool :

k: si c'est pour Duras, j'ai lu vos commentaires. Mais je n'ai pas la réponse claire à ma question. Vous avez une écriture très immédiate , vous passez de la concision et l'anecdotique à des propos plus denses avec des fulgurances. Votre écriture est d'emblée un peu déroutante . Non, je ne sais pas pourquoi vous lisez Duras. Si on me posait la question, je serais incapable d'y répondre pour l'instant. Mais vous n'êtes pas obligée de donner suite à la question posée si ça n'a pas d'importance pour vous.



Lundi 5 décembre 2005. Yuzu, m'a-t-elle dit, espiègle.

Il est juste minuit ; je ne vais donc pas me lancer dans le compte-rendu de la conférence de Pierre Ouellet à l'université Gakushuin, d'autant que je voudrais réécouter l'enregistrement pour en citer quelques passages fort intéressants.

C'était de cinq à six, au lieu du GRAAL. Alors que j'avais prévenus les membres du groupe par courriel dès mardi dernier, il y en quand même eu trois qui sont allés à la MFJ, ce qui veut dire qu'au moins deux d'entre eux n'ont pas ouvert leur ordinateur depuis ce temps-là ! Bon bref, c'est leur problème...
Après la conférence, la discussion s'est engagée assez agréablement dans la salle des profs, avec force sushis, bières et vins rouges. Pierre Ouellet et Thierry Maré vidèrent leur différend sur Aristote, je crois bien. Je ne suis pas sûr ; j'entendais mal. Daniéla, François et moi commentions quelques auteurs du mur de pléiades. Il y en a de tous âges.
Une heure après, on est parti, douze ou quatorze, vers un petit restaurant de Mejiro dont je n'ai pas retenu le nom, d'ailleurs quelconque, culinairement parlant. J'ai pas mal discuté avec la compagne de Pierre Ouellet, Christine Palmiéri, d'arts plastiques, de création vidéo...
Et puis Satoko qui me dit qu'elle prépare une thèse sur Meschonnic ! Il faut que je lui copie des enregistements de conférences. Enfin Rieko, en doctorat sur Corneille, qui a été mon étudiante, en même temps que Satoko, d'ailleurs, il y a six ou sept ans, dans un cours de doctorat avec l'internet pour la recherche littéraire, avec une salle spéciale de la bibliothèque universitaire car rien n'était prévu dans la faculté pour ce genre de cours... ; la même Rieko qui donne maintenant à T., de temps en temps, un pot de confitures qu'elle fait elle-même, demain ça sera de la confiture de yuzu, m'a-t-elle dit, espiègle.
Comment pourrais-je jamais quitter ce pays ?

[Supplément du 7 : extraits de la conférence de Pierre Ouellet]
Le poème dans la cité


« [...] la figure du poète intellectuel, qui intervient publiquement dans les affaires de la cité, comme un Neruda, un Paz, un Pasolini ou un Brodsky, il y a quelques décennies, semble définitivement disparue. En tout cas en voie d'extinction. Sans doute parce que le poète n'a plus l'intelligence du monde. Il ne peut plus en tirer une idée générale, à partager avec l'ensemble de la société, qui pourrait dès lors lui conférer un statut d'intellectuel ou d'homme public. Le poète est devenu un homme privé. Privé de tout, dirais-je, sans jeu de mots. Privé de public ou de communauté. Privé de sens ou d'idées. Privé de monde et de réalité. En fait, le poète interroge désormais l'intelligibilité même du réel, condamné qu'il est à affronter l'insignifiance foncière des choses et à pousser jusqu'à l'insensé le sens qu'elles prennent dès lors qu'il les questionne. Vivant ainsi entre deux couches de non-sens, l'insignifiant et l'insensé, qui sont les limites inférieure et supérieure du pensable et du vivable. Les bornes de l'intelligible, qui font de l'intelligence elle-même une zone plus ou moins trouble ; en tout cas peu confortable. [...] »

« [...] Cette parole plurielle, non totalisable, qui devrait en fait faire fond au politique tel qu'on l'entendait autrefois, comme la coexistence du divers au sein de la polis, c'est-à-dire d'une cité organisée autour d'une place publique, non habitée, qu'on appelait l'agora, où circulaient et s'échangeaient librement toutes les paroles possibles, réside désormais dans le hors champ ou le contrechamp de la politeia, dans les marges et les zones d'exclusion de la gouvernance, dans les terrains vagues de la socialité post-politique que les Grecs désignent comme l'eschatia, comme dans le mot eschatologie, c'est-à-dire la limite extrême, les bords, les seuils, les espaces liminaux de la cité, où vivent les barbaroï, les barbares, les étrangers, ceux qui parlent différemment, qui baragouinent plus qu'ils ne parlementent au sens propre. La véritable agora des sociétés post-politiques n'est donc plus au cœur de la polis mais dans ses marges et ses limites, qui ne sont toutefois plus extérieures aux enceintes de l'espace public puisqu'il n'y a plus d'ailleurs, ni de lieux exotiques, au sens strict, l'étranger ayant investi chaque pli et repli de l'espace plus ou moins souterrain de la vie urbaine ou suburbaine. Ce sont les limites internes de la vie publique qui se mettent à parler, à porter la parole de l'innombrable et de l'indénombrable, du demos, conçu comme l'expression politique de la diversité et de la pluralité qui échappe radicalement à l'unité et à l'identité, à tout enfermement dans les enceintes de la nation ou de l'État, à toute appartenance à un ensemble qui homogénéise la multiplicité et l'extrême variété qu'il représente. [...] »

« [...] Tout contact social est d'abord vécu comme le rapport sensible avec une altérité, une ouverture, une béance sur l'autre au contact duquel on se sociabilise en sortant de soi, en échappant à son ego, pour faire communauté dans une altérité partagée, dans une rencontre avec ce qui nous est mutuellement étranger, à soi comme à l'autre, nouant ainsi le lien propre au socius dans un expérience de l'hétérogénéité du monde et des hommes qui ne coexistent que dans la pluralité et la diversité, dans la barbarie où la socialité primitive prend sa source, à la limite, dans les marges et sur les bords, dans l'expérience liminale de ce qui n'est pas soi, de ce qui n'est pas d'emblée identifiable ou reconnaissable, de ce qui est en retrait du sens mais rayonne jusqu'en son sein. C'est cette vie sensible primitive, exclue de la civilité, on pourrait dire même de la citoyenneté qui fait retour aujourd'hui dans la polis sous forme d'images et de paroles souvent considérées comme purs symptômes ou simples fantasmes, identifiées aux marges eschatologiques de la cité, des bruits de fond, sans signification, des parasites, comme on dit, qui phagocytent la communication rationnelle entre les gens, une barbarie d'images et de mots qu'on associe à un délire antisocial, apolitique, de pure fiction, de simple jeu, bref de l'art, de la poésie, de l'insignifiant, de l'insensé. Voilà ce à quoi nous devons toutefois tendre l'oreille, voilà ce sur quoi nous devons jeter un œil pour comprendre notre espace public partout ébranlé, la vie insensée que notre existence politique censure mais qui revient en un retour brusque du refoulé, dans la parole et les images que l'art et la littérature, la poésie en particulier, injectent ou infusent dans la cité pour que la vie, bien plus que les idées, puisse circuler dans le corps social et permettre au cœur de la polis de battre encore malgré l'apparente agonie où elle est entrée, ou l'indéniable atonie dont elle est atteinte depuis quelques décennies, où rien ne bouge qu'à coup d'attaques et de violences sans nom, terreurs occultes et guerres d'États plus ou moins larvées. [...] »

« [...] La violence sociale et la terreur politique sont des passages à l'acte qui répondent à la politique du silence, dont la marginalisation de la parole que nous connaissons de nos jours est l'une des conséquences les plus néfastes. Elle montre l'effritement du lien social minimal qui se noue dans la passion commune de l'altérité de l'étrangeté où chacun s'attache ou se rattache à l'innombrable ou à la pluralité, au demos proprement dit. Car le lien social se crée dans la compassion devant notre commune finitude et le sentiment partagé d'un dépassement de notre impuissance ou de notre condition d'être mortel, dans une parole qui transcende tout sens et toute idée, toute valeur et tout concept, toute loi et tout principe parce qu'elle est prise en charge de la vie elle-même dans sa diversité sensible irréductible, dont la force ou l'energeia assure la perpétuation du monde en sa métamorphose et ses transfigurations les plus profondes qu'on appelle l'Histoire, au sens fort. Non pas donc la succession chronologique des faits ou même des révolutions, mais la matrice infiniment fertile de l'apparaître imprévisible, de la venue ou de la survenue de ce qui arrive, non pas seulement au monde mais à chacun d'entre nous, puisque la parole qui porte cette sensibilité matricielle n'existe qu'au cœur du soi le plus intime, comme dans le réseau sanguin qui irrigue la société toute entière, où elle se diffuse à la vitesse de l'éclair en autant de chocs qui ébranlent l'édifice de la polis en lui rappelant à chaque instant le sous-sol fragile sur lequel il s'est érigé. C'est dans les déchirures du temps, les failles de l'histoire qu'arrive l'événement grâce auquel surgit ou resurgit notre socialité la plus élémentaire, dont les liens se défont à tous moments sous l'effet des traumas que l'existence collective fait subir aux singularités que nous sommes, qui s'expriment en symptômes, en syndromes, en signes de toutes sortes qui relèvent d'un pathos, d'un pâtir, d'une passion dont la poésie assure l'étrange partage où l'incommunicable et l'incommensurable sont paradoxalement mis en commun.
On sait que poïesis et pathos sont étroitement associés depuis la Poétique d'Aristote, où se trouve théorisé pour la première fois sans doute le lien serré entre créativité et négativité, entre l'excès d'être dont la parole est porteuse et le défaut que la passion introduit dans l'être, comme si les débordements de langage propres à la poésie pouvaient panser les plaies dont le pathétique troue le corps et l'âme de chacun. On pourrait généraliser cette proposition en affirmant que les pathologies sociales constituent en fait le moteur secret du vivre ensemble et que la pathologie langagière incarnée par la poésie est en conséquence le carburant discursif à quoi fonctionne un tel moteur. [...] »
(publication sous réserve d'accord de l'auteur)

Commentaires

1. Le lundi 5 décembre 2005 à 09:43, par k :

je renouvelle l'appel, existe t'il un site qui fait un clssement des vente de livr quelque par, merci, non ce n'est pas pour choisir un livre je rassure tout le monde

2. Le lundi 5 décembre 2005 à 11:22, par Bartlebooth :

Hello K,
Tu peux aller voir le classement des meilleures ventes d'Amazon
pour la "Littérature", ici : www.amazon.fr/exec/obidos...
pour tous les "livres", là :
www.amazon.fr/exec/obidos...

3. Le lundi 5 décembre 2005 à 11:30, par k :

merci beaucoupppp mon sieur
j'ai pas trouvé se que je voulais, mais dans le principe c'est ça oui
il faut juste que je tape toutes les pages, j'en suis à la page 6 mais j'en a encore si je trouve je vous bizz ok
tanks

4. Le lundi 5 décembre 2005 à 12:46, par FB :

bon souvenir de Gakushuin, de l'accueil de Thierry Maré, du "mur de Pléiade" et autres vieux bouquins dans la réserve où je suis allé farfouiller _ j'avais parlé de Baudelaire : en France, on ne nous demande jamais de parler de Baudelaire, encore moins de le lire _ soi-disant tout le monde sait d'avance _ Thierry le lendemain m'a offert les Fleurs du Mal en japonais : je l'ai là sur mes étagères... étrange, Pierre Ouellet c'est le Québec, les mots de là-bas, je n'arrive pas à imaginer la rencontre : c'est comme le ping-pong, tu inventes ? à preuve ce François que tu veux à tout prix t'accompagner : je suis pourtant là ?
pour les classements de livre, il y a un site pro (voir peut-être via site Electre) qui moyennant paiement donne stats au jour le jour et livre par livre, selon demande, ça m'avait bigrement étonné quand ça a été lancé, il y a 1 an ou 2 (n'ai jamais eu recours à leurs services!)
bon souvenir, ce soir de Gakushuin aussi, du monsieur qui avait traduit toute l'oeuvre de Koltès et connaissait si bien le Paris des théâtres, même les plus petits....

5. Le lundi 5 décembre 2005 à 14:44, par k :

bon une chose éclaire c'est sure que je ne sais pas écrire
(mais mp, je crois qu'elle sait pas lire)

6. Le lundi 5 décembre 2005 à 15:10, par k :

déjà ce premier passage pour en revenir un peu à hier sur le "je n'aime pas la vie" c'était écrire ou mourrir :
AMS : Vous écrivez je crois?
J Attache (temps) : j'ai cru pouvoir écrire. Avant (temps.) On vous l'a dit?
AMS : oui, mais je l'aurais sans doute deviné.. (sourire dans la voix.)
a la façon de vous taire........
J Attache (sourire) : j'ai abandonné. (teps.) monsieur stretter écrivait aussi?
AMS :ca lui est arrivé aussi, oui. et puis.... (arrêt)
J Attache (temps) : et vous?
AMS : je n'ai jamais essayé...
J Attache (net) : vous trouvez que ce n'est pas la peine, n'est ce pas...,?
AMS ( sourire): c'est à dire.... (arrêt) oui, si vous voulez...
temps
J Attache : vous faite de la musique.
AMS : parfois (temps.) moins depuis quelques années....
J Attache (douceur, de l'amour déjà) :pourquoi?
AMS (lent):c'est difficile à exprimer......
temps long
J Attache : dites le moi.
AMS : une certaine douleur s'attache à la musique...depuis quelque temps....pour moi..."
pour moi là tout est dit, j'en pleure à chaque fois, c'est infernal.......

7. Le lundi 5 décembre 2005 à 15:37, par k :

et sa c'est pour le vice consul, ça voyage beaucoup non un vice consul.......????
alors là c'est pareil, ce passage j'ai beaucoup de mal, je fume une petit clop avant de me lancer, vous permettez,.................
"Long silence, avant que la conversation commence.
V.-CONSUL : je ne savais pas que vus existiez.
pas de réponse.
V.-CONSUL :Calcuta est devenue pour moi une forme de l'espoir.
silence.
AMS : j'aime mickael richardson, je ne suis pas libre de cet amour.
V.-CONSUL :je le sais.
je vous aime ainsi, dans l'amour de michael richardson.
ça ne m''importe pas.
pas de réponse.
V.-CONSUL :je parle faux. vous entendez ma voix?
elle leur fait peur.
AMS : oui.
V.-CONSUL :de qui est-elle?
pas de réponse.
V.-CONSUL :j'ai tiré sur moi à Lahore, sans en mourir.
les autres me séparent de Lahore. je ne m'en sépare pas.
c'est moi lahore. vous comprenez aussi?
AMS : oui.ne criez pas.
V.-CONSUL :oui
silence
V.-CONSUL :vous êtes avec moi devant Lahore. je le sais.vous êtes en moi. (rire bref terrible). et vous tirerez avec moi sur les lépreux de shalimar. qui pouvons nous?
silence
V.-CONSUL :je n'avait pas besoin de vous invitez à danser pour vous connaitre. et vous le savez.
AMS :je le sais
temps.
V.-CONSUL : il est tout à fait inutile qu'on aille plus loin vous et moi. (rire bref terrible)nous n'avons rien à nous dire. nous sommes les mêmes. temps
AMS :je crois ce que vous venez de dire.
temps V.-CONSUL : les histoires d'amour vous les vivait avec d'autres. nous n'avons pas besoin de ça.
silence
la voix du vice consul de lahore se brise en un sanglot, elle se casse, il n'en ai plus maitre
V.-CONSUL : je voulais connaitre l'odeur de vos cheveux, c'est ce qui explique que je...(arrêt, sanglot) silence
.....................;
V.-CONSUL : que vais je devenir?
AMS : vous serez nommé loin de calcutta.
temps
V.-CONSUL : c'est ce que vous, vous désirez.
AMS : oui.
temps
V.-CONSUL : bon.
et quand cela va-t-il finir?
AMS :avec votre mort je crois
silence.
V.-CONSUL (déchirant) : quel est ce mal? le mien?
temps
AMS :l'intelligence."

rien, je n'ai plus rien à dire.k

8. Le lundi 5 décembre 2005 à 16:31, par Marie.Pool :

k. vous ne m'aidez pas beaucoup à vous lire !
Et vous semblez comprendre aussi les choses de traviole.
Vous portez un jugement sur votre écriture et ensuite sur ma lecture. Tout est négatif, c'est désespérant...Etes-vous désespérée ?
Moi pas. Enfin pas pour l'instant de votre fait ... J'en ai vu d'autres...
Mais si vous préférez que je ne vous adresse pas la parole publiquement, dites-le et je m'en tiendrai là.
Dans ce cas je vous demande d'avoir la courtoisie de ne pas m'évoquer dans vos contributions. Mais si vous continuez à porter des jugements erronés, je ne me gênerai pas pour vous le dire gentiment.
Cordialement

9. Le lundi 5 décembre 2005 à 17:27, par cel :

Une personne vous demande clairement de lui conseiller un site classant les meilleures ventes d'un type de produit, vous en déduisez :
1) Que cette personne cherche une information en rapport avec les meilleures ventes de ce type de produit - vous connaissez un site qui répondrait à sa demande, vous le lui indiquez, et :
......a) De nature curieuse, par la même occasion vous lui demandez courtoisement quel est l'objectif de sa recherche
-ou-
......b) De nature discrète ou jemenfoutiste, vous considérez que sa demande est nécessairement justifiée par de bonnes raisons que vous ne chercherez pas à connaitre
ou plutôt
2) Que cette personne a besoin d'acheter ce type de produit, et :
......a) Qu'elle ignore visiblement que les chiffres de ventes ne sont pas un indicateur valable de qualité pour ce type de produit (donc qu'elle s'y prend désespérément mal, donc qu'elle en appelle à votre aide éclairée pour ses achats futurs)
-ou-
......b) Que quand bien même vous considérez que les chiffres de ventes ne sont pas un indicateur valable de qualité pour ce type de produit, elle fait ce qu'elle veut, et si ça se trouve c'est pour offrir

10. Le lundi 5 décembre 2005 à 18:32, par Berlol :

Par exemple...

11. Le lundi 5 décembre 2005 à 21:49, par k :

bonjour
bon pour madame mp : je ne vais pas tout réexpliquer, j'ai déjà dit comment j'ai rencontrée duras, c'est écrit et cel à même retrouveé le moment précis (merci car je n'ai que très rarement la notion du temps, effacant bien souvent moi même ma mémoire y a beau texte de m la dessus)
et que vous ne me compreniez pas, je comprends car je suis en déroute, c'est sur, déprimée, non loin de là............
et puis nom francais est nul : fautes, aucune grammaire, rien, et je ne cherche pas à être littéraire,c'est pas négatif, c'est être lucide sur se que l'on fait, se rendre compte de se que l'on vaut, cela ne veux pas dire que je suis nul, chacun à des facilités différentes pour telle ou telle chose,
et la réponse au quizzzzzzzzzzzz est 1) b
bonne journée, je vais faire à calin à L

12. Le lundi 5 décembre 2005 à 22:25, par FB :

pour cel : oui, vivons à distance de ce genre de chiffres, ceux qui nous ravalent au produit - les classements genre Nouvel Obs ne font qu'accentuer les effets de concentration et la bêtise ordinaire - pour ça qu'on préfère lire "Lichen, lichen" et qu'internet devient une belle chambre de compensation

13. Le mardi 6 décembre 2005 à 00:04, par Arte :

Cel, K., Cecile : quel bonheur ! (bon Berlol, FB, je vous aime quand meme hein !)
Madame mp (rire) : Lorsque K. est arrivée ici, nous l'avons lue. Vous ne l'avez pas fait. Vous n'avez pas "vu" son écriture. Vous ne vous attendiez pas à ce qu'elle prenne sa place ici, n'est-ce pas ? Orthographe sans doute ? Occupée que vous étiez à vos psychodrames de claquement de porte. Puis vous avez éliminé son commentaire sur votre site. Et aujourd'hui vous faites amie amie ? Et cela ne marche pas ?
Et si vous preniez quelques cours de psychologie, madame mp ?

14. Le mardi 6 décembre 2005 à 00:21, par Berlol :

D'ailleurs, dans la veine du doute fictionnel façon FB, je me demande si ce n'est pas Alain qui invente/écrit le personnage K ; et Arte qui prend la plume pour inventer/écrire MP... Hummm...

15. Le mardi 6 décembre 2005 à 01:54, par Marie.Pool :

"On" déjante sec ici ! Si j'ai bien lu (rires) !

16. Le mardi 6 décembre 2005 à 01:55, par Marie.Pool :

"Yuzu" m'a-t-elle dit;... l'espiègle !

17. Le mardi 6 décembre 2005 à 03:12, par k :

ahhh
le vice consul est de retour

18. Le mardi 6 décembre 2005 à 03:41, par k chanson de M, elle est belle :

Faut oublier / M
****************
Dans les oubliettes de ma sombre pensée
Comme un antidote pour me protéger
Faut oublier

J'oublie les mensonges et les actes manqués
Parfois certains songes trahissent mes pensées
Faut oublier

J'mitraille en automatic
Dans ma tête ça va très, très vite
Mais ma mémoire est sélective
Les souvenirs qui dérangent
Dérivent vers je ne sais où

Dans mes oubliettes de ma triste pensée
J'évite toutes ces guêpes qui pourraient bien me tuer
Faut oublier

J'mitraille en automatic
Dans ma tête ça va très, très vite
Mais ma mémoire est sélective
Les souvenirs qui dérangent dérivent
Vers je ne sais où
Vers je ne sais où

19. Le mardi 6 décembre 2005 à 11:33, par FB :

enfin bon, ça devient vraiment encombré par ici, et pas toujours pour dire grand chose -- tu nous referais pas un blog à côté, Berlol, qu'on t'entende parler un peu plus de Ouellet ?

20. Le mardi 6 décembre 2005 à 12:56, par Bartlebooth :

ben oui, que ça redevienne en Combray ailleurs
en silo-taire, pardon en solitaire
pis on viendra, à nos temps perdus, visiter le détenu
et on l'écoutera mieux qu'ici en liberté

21. Le mardi 6 décembre 2005 à 13:11, par k :

une chose est sure, c'est pas vous qui êtes complices de l'affaire K.
Une idée pareille ne vous viendrez même pas à l'esprit,que je soit con surement la comparaison auprès de vous ne fait aucun doute, branlante assurement, alors encombrante je peux le concevoir.
personne ne vous oblige à me lire non plus vous pouvez zapper,, vous y arrivez surement sur bien des choses de la vie, alors un petit tour de molette pour voir plus bas, c'est pas sora vous messieurs a vous messieurs bien le bon soir

22. Le mardi 6 décembre 2005 à 17:01, par Marie.Pool :

Oui, un pas de côté si vous le permettez , parler de littérature et d'écriture. C'est encore jouable.
En tout cas moi, c'est çà qui m'intéresse ici.
Je tente de comprendre mieux les choix de berlol (Cayrol c'était le début d'un entente )et je cherche à trouver ce qui peut encore se partager dans le registre des petites différences qui permettent d'exprimer l'individuel et le parcours à travers les livres.Que l'analyse de texte soit une médiation pourquoi pas, mais il faut trouver des approches qui tiennent à la fois compte du contenant et du contenu . Etudier l'étymologie n'a d'intérêt pour moi que si je peux le relier à quelque chose de plus vaste et à une certaine ligne discursive thématique tenue par l'auteur . J'aime entendre les auteurs ( comme les peintres d'ailleurs) parler de leur travail. C'est un peu comme observer un artisan qui décrit ses outils et s'en sert en même temps a minima devant nous . On comprend parfois mieux d'où vient le texte et ce qu'il vise. Mais on peut s'intéresser aussi au champ lexical, à la musicalité, à la ciselure des textes. J'aime par exemple les textes concis, précis . Lorsque c'est plus long j'ai tendance à observer plutôt les articulations , le passage d'une idée à l'autre. Pourquoi l'auteur parle de cela , et juste après de ceci. Quel rapport entre ceci et cela. Voilà comment je lis aujourd'hui. C'est comme cela que j'apprécie la beauté et l'impact d'un texte sur ma sensibilité et ma mémoire. J'aime être impressionnée ( au sens de marquée comme pour une empreinte de passage) par un texte quelle que soit sa longueur aussi. Il est rare qu'un livre entier me fascine, mais cela arrive.
Pour k. des pensées chaleureuses. Ce que vous venez d'écrire est important. J'en tiens compte et surtout je ne vous en veux pas de vous tromper sur ce que j'ai cherché à dire. Vous m'êtes sympathique et que vous ayez besoin de garder un distance ne me gêne pas. Cela aura été mon premier réflexe vis à vis de vous, sachant pertinemment que votre spontanéité serait utilisée par ceux qui vous ont accueillie à mes dépens. C'est facile d'envoyer les gens s'en prendre plein la figure en restant à ricaner derrière. Oui, vous êtes arrivée au bon moment, pour relancer le jeu de massacre virtuel qui s'est instauré sur ce site et dont l'enjeu n'a strictement aucun intérêt littéraire. Vous vous intéressez à Duras, moi aussi, vous c'est l'homme atlantique, moi c'est la personnalité et l'écriture incisive de Duras, sa façon d'aller sans détour au mot ou à l'image en conservant en partie le mystère de leur genèse. Beaucoup à dire là-dessus, la place du père, la fratrie, la question de l'inceste et de la prostitution qui recoupe celle de l'initiation sensuelle, le contexte colonial, la question de la langue et des paysages indochinois, et bien d'autres choses encore... Voilà...

23. Le mardi 6 décembre 2005 à 21:47, par k :

vous vous lisez avec la tête, vous aimer avec votre tête...
et moi c'est justement une chose que je ne veux pas ça.
je ressens ou non, un peu comme les enfants heim,
sans comprendre les enfants ils savent.......
c'est toute de suite moi beau lorsque l'on sait pourquoi,......
on ne laisse pas assez parler notre instinct, .........
m'enfin, il est trop tot et je n'ai pas envie de vous dire non plus,
a vous spécialement , j'en parlerai peut être ou
non..............

24. Le mardi 6 décembre 2005 à 22:46, par Marie.Pool :

Encore une fois Non ! chère K. vous vous trompez , je ressens aussi , mais bien plus profondément et gravement que vous ne l'imaginez, mais je ne mets pas les mêmes sortes de mots dessus que vous. C'est normal, nous sommes différentes et nous n'avons pas la même trajectoire de vie, je choisis des mots que je vais aussi chercher dans les mots de certains autres, mais ces mots sortent aussi de ma tête, je préfère qu'il en soit ainsi . Comme l'aurait écrit Marguerite Duras : C'est tout ! Il faut être prudents quand on parle vraiment des autres. On peut tuer le coeur avec des mots. Ceux qui pérennisent la bagarre ( la polémique) ne savent pas toujours les dégâts qu'ils font. Lorsqu'on est attaqués humainement il est normal de se défendre avc des mots. Il vaut mieux se protéger avec des mots qu'avec des armes. Je suis certaine que vous comprenez cela. Je ne peux pas moi non plus en dire plus. Je n'ai aucune animosité contre votre manière d'utiliser les mots, elle a ses raisons que je n'ai pas à connaître à vos dépens.

25. Le mercredi 7 décembre 2005 à 03:16, par Arte :

"que votre spontanéité serait utilisée par ceux qui vous ont accueillie à mes dépens. C'est facile d'envoyer les gens s'en prendre plein la figure en restant à ricaner derrière."

Vous êtes vraiment le centre du monde madame mp. Vous êtes convaincue qu'acceuillir K. avait pour but de l'utiliser contre vous ("à mes dépens" quel aveux !). Cela ne vous viendrait pas à l'idée que les autres puissent aimer spontanément et même vivre indépendament de votre personne ? Vous connaissez le nom de cette maladie, n'est-ce pas !
Maintenant c'est moi qui me tais, par respect pour K, que vous avez résolu d'instrumentaliser, en toute perversion, à votre habitude.
Par le biais de vos procès d'intention, vos manipulations, vos "cautions personnelles", vos généralisations à tous, sans les nommer, vous n'avez pas le courage de vos insultes. Elles sont plus graves que de vous dire clairement : vous êtes une fille dégueulasse !

26. Le mercredi 7 décembre 2005 à 09:51, par Marie.Pool :

L'honnêteté , vous connaissez ? Perversion vous rigolez ... et retour à l'envoyeur. Pour qui vous prenez-vous Arte ? J'ai par moments l'impression que c'est vous qui menez le jeu depuis le début . Je ne vous en veux même pas. Vous ne pouvez probablement pas agir autrement pour occuper à votre manière cette place d'agaceur, qui se croit spirituel en insultant et méprisant à tour de bras. Où se sont cachés votre intelligence et votre savoir-vivre ? Vous n'avez pas besoin de tout ce cirque pour dire ce que vous avez à dire . Vous ne comprenez pas grand chose . Et ne parlez pas de qui vous ne connaissez pas. Inutile de répondre. Ca enquiquine tout le monde. A vous je ne peux rien dire de plus,vous n'entendez que ce qui alimente "je ne sais quoi" dans votre colère.

27. Le mercredi 7 décembre 2005 à 11:57, par Arte :

Vous ne pouvez rien dire de plus parce que vous vous voyez telle que vous êtes, pour une fois que quelqu'un ose vous le dire : une emmerdeuse !

28. Le mercredi 7 décembre 2005 à 12:32, par k :

laissez tomber arte, ça n'en vaut pas la peine, surtout pour moi,
et c'est normal leur réaction, je n'ai rien à faire là non plus, je ne suis pas quelqu'un qui relance le débat,
mais merci, je sais ce que cela vous coute

29. Le mercredi 7 décembre 2005 à 14:06, par Berlol :

Bien, écoutez, tout ça ne mène à rien. On va faire une expérience : je vais enlever tous les commentaires de ce jour qui ont trait à cette querelle (la plupart) et qui n'ont pas de valeur dans mes archives. Et puis de votre côté, vous allez essayer dorénavant de ne commenter qu'en rapport aux billets que je poste. OK ?

Voilà. C'est fait. Ça fait quand même plus propre. Si quelqu'un n'est pas d'accord, qu'il le dise... De toute façon, je conserve tout quand même, mais c'est caché.

Alors, je les remets ou c'est mieux comme ça ?...

30. Le mercredi 7 décembre 2005 à 15:42, par k :

z'étes fâché contre moi??????????
heim.........

31. Le mercredi 7 décembre 2005 à 16:46, par Bartlebooth :

Je ne sais pas si c'est mieux comme ça.
S'il faut retirer ceux-là, alors il faudrait aussi en retirer pas mal des archives.
Si tu prends le parti de retirer tout ce qui n'a pas de rapport direct avec tes billets, alors tu n'as pas fini de virer des commentaires...
Et puis il y en a qui sont assez malignes pour donner des apparences de réaction quand il ne s'agit que de se montrer, ou de mettre en avant une cause qui n'a rien à voir avec ce que tu dis
Et puis, c'est beau, non, la liberté ?
Et puis, comme disait K., qu'est-ce que ça coûte un coup de molette ? (je le trouvais d'ailleurs très chouette son commentaire sur le zapping)
Et puis, le commentaire de FB au-dessus me choque : je préfère 30 commentaires digressifs que celui-ci qui veut recentrer et faire taire, lui FB qui pourtant fait dans le social
Bordel, le monde est pourri

32. Le mercredi 7 décembre 2005 à 17:46, par Berlol :

Oui, c'est aussi mon opinion, je n'aime pas retirer, je l'ai déjà dit. Mais cette fois, ça tournait vraiment à vide. Donc, c'est juste une fois comme ça. Si ça peut servir à une sorte d'auto-censure pour l'avenir...
D'autres avis ?

33. Le mercredi 7 décembre 2005 à 17:57, par cel :

On en arrive (à nouveau) à la propreté, pas que je sois pas d'accord, ton blog est ton blog et tu le tiens comme tu le souhaites, mais je préfère la couleur annoncée (commentaire acceptés, ou pas de commentaire, au gommage après coup de ce qui ne semble pas dans le ton). Comment pourras tu espérer qu'une certaine liberté de ton se maintienne si tu signifies d'office qu'on ne doit réagir qu'à ce que tu as mis, et non à ce que d'autres ont mis en réaction ? Certains propos émis, quand on est un petit peu exigeant, nécessitent des éclaircissements avant de donner lieu à une réponse simple (du genre - sans du tout vouloir faire remonter cette polémique, mais c'est pour moi l'exemple le plus flagrant - comment puis-je répondre à priori à quelqu'un qui classe la littérature par genre-sexe, même si sa question de fond m'intéresse, surtout si je m'apprête à lui répondre qu'elle raconte n'importe quoi : je ne peux pas, il me faut en passer par quelques questions, de l'ordre du minime mais qui correspondent à des bases, sans quoi je ne vois pas en quoi ni comment échanger, ce serait débat faussé d'office et pour quoi ? maintenir la politesse, l'ordre, l'acceptable ?), forcément ça peut donner des débats qui n'en finissent pas de dériver. Et alors ? en quoi est-ce si terrible, quand on a de fait un propos qui donne lieu à autant de réactions, et qu'est-ce qui motive l'idée de faire la fine bouche ?
Bon, voilà, soit dit sans trop d'amertume, mais si tu vires ma petite idiotie du jour (j'allais dire crotte), prend le soin de supprimer la réponse de FB sans quoi ça devient réellement incompréhensible

34. Le mercredi 7 décembre 2005 à 18:17, par Berlol :

Bon allez, un troisième avis dans ce sens et je remets tout !

35. Le mercredi 7 décembre 2005 à 21:45, par alain :

Oui, remets.

36. Le mercredi 7 décembre 2005 à 21:56, par Berlol :

... à plus tard ?
Nan, c'est bon, je remets... Mais un peu de tenue, que Diable !

37. Le mercredi 7 décembre 2005 à 22:33, par Marie.Pool :

Berlol,selon certains je ne comprends rien à rien, je suis une enquiquineuse parce que je dis ce que je pense sur la littérature,je me fais insulter ou agresser à longueur de temps sur votre blog et pourtant je garde un certain sang-froid. Je ne changerai pas de ligne de conduite car je suis certaine d'avoir raison sur le fond. Et cela agace terriblement.Non cel, je ne raconte pas n'importe quoi pas plus que vous qui m'avez tendu plusieurs perches en les retirant au dernier moment.Vous ne savez pas trop comment vous y prendre avec moi, "coriace" comme dit l'autre et vous soufflez le chaud et le froid sans vous résoudre à admettre que je ne peux répondre à vos questions ou à vos demandes de précision sur un ton "normal". J'ai été éduquée dans le respect de l'autre et je vous fais remarquer que cet affolement autour de ma personne est complètement ridicule et surdimensionné. En tenant les même propos dans la vie courante avec des gens qui me regardent droit dans les yeux , je n'ai jamais été agressée . Vous croyez peut-être que je me déplace avec des gardes du corps ?
Arte vous enragez littéralement et je n'aimerais pas vous rencontrer en temps de guerre . Vous êtes redoutable dans le style mind-killer. Je ne vous en veux toujours pas. Mais vous me faites peur.
J'aimerais davantage parler du statut de la poésie dans la cité, débat lancé par Berlol et qui est de toute première importance à un moment où un poète Aimé Césaire se positionne contre une politique amnésique et lobotomisante.C'est important, vraiment important !

38. Le mercredi 7 décembre 2005 à 22:51, par Berlol :

OK, alors parlons-en et cessons de parler de vous. Ceci dit, je vous ferai remarquer que c'est surtout vous qui parlez de vous... Vous allez me dire que moi aussi je parle de moi. Mais ça c'est normal, puisque c'est chez moi, ici. En revanche, je constate que vous ne parlez pas beaucoup de vous chez vous. On a aussi le cas de K qui parle d'elle ici et pas ailleurs (maintenant c'est nulle part ailleurs, ici)... En fait, qui veut parler de soi en parle, mais qu'il ne vienne pas s'étonner s'il ne plaît pas à tout le monde. C'est vrai que le meilleur moyen d'être tranquille, c'est encore de ne pas parler de soi, comme les centaines de lecteurs discrets qui passent sans laisser de commentaires, et que je salue au passage.

39. Le mercredi 7 décembre 2005 à 23:27, par Marie.Pool :

Tout s'explique. Je ne tiens pas de journal public. Je parle de poésie et de littérature parce que c'est cela qui m'intéresse .Le site que j'anime fonctionne un peu comme un atelier d'écriture qui s'intéresse à la genèse des textes et aux amitiés d'écriture. C'est donc très différent de ce que vous proposez ici. Il n'est pas commode de doser ce que l'on peut mettre de soi dans des contributions où un certain travail d'analyse littéraire alterne avec des anecdotes très personnelles qui correspondent peut-être à un prodécé de contextualisation de votre cheminement intellectuel. Encore une fois, c'est votre démarche qui m'intéresse, et jusqu'où elle peut aller dans l'hébergement d'une parole tierce. Il me semble que le choix de certains de vos textes répond indirectement aux questions de "tenue" que vous semblez finalement souhaiter . Ce qui ne me déplaît pas, vous vous en doutez. L'effet de miroir narcissique est inévitable dans le type de contributions que vous suscitez. La seule chose qu'on espérer de lui c'est qu'il n'enflamme pas l'écran autrement que sous la forme d'un enthousiasme pour le maniement des mots et du sens. Si cela va au delà, et que ça dégénère, c'est que quelque chose n'est pas suffisamment délimité pour que l'eau des phrases se tienne au milieu sans effets imprévus d'érosion et d'inondation. Moi je veux bien, et depuis longtemps passer l'éponge . Pas vous ?



Mardi 6 décembre 2005. Aimez !

Aimé Césaire refuse de recevoir Nicolas Sarkozy.

Commentaires

1. Le mardi 6 décembre 2005 à 01:40, par Marie.Pool :

Tout cela devient kafkaïen ou kafouillis (On va pas tarder à m'écrire qu'il faut laisser KAFKA en dehors de toute cette per(sé)cution... J'agrée...), une latte ,une batte, une blatte n'y retrouverait pas ses petiots. Mais je vois que tout le monde s'y met pour répondre à vos questions K. , alors moi, qu'est-ce que vous voulez, ça me rassure... Je ne vais surtout pas m'en mêler, si vous existez vraiment, vous êtes bien entourée à présent et je lis si mal que je vais encore faire des bourdes. Ne répondez pas à mes questions ça me fait du mal à présent.Je suis un être sensible et susceptible de répondre à côté de la plaque. Alors je plaque gentiment votre compagnie tout de suite ,ainsi personne ne souffrira intempestivement. J'aime bien l'idée de berlol sur l'invention k. ce n'est pas si faux que cela, sauf peut-être pour le choix du créateur. J'aurais plutôt misé sur FB ou JCB mais c'eut été diffamatoire...C'est plutôt du trouvé-créé (au bon moment) comme dirait le vieux Winnicott qui s'y entendait en squiggle. C'est bizarre la vie. Ne vous amusez pas trop sur mon dos, je sais maintenant que vous êtes accros, le fromage est battu ohé ohé ohé ohé, PLOUM !

2. Le mardi 6 décembre 2005 à 01:49, par Marie.Pool :

Me suis trompée d'endroit pour le commentaire , mais en tout cas je trouve que l'Aimé Césaire il a bon goût. La poésie est incompatible avec la répression.

3. Le mardi 6 décembre 2005 à 03:23, par Eli Flory :

Quand Alvaro Gil-Robles, commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, est venu en France, à la fin du mois de septembre dernier, pour constater l'état déplorable de nos prisons, Nicolas Sarkozy avait annulé leur rendez-vous...
Qui a dit qu'il n'y avait pas de justice en ce bas-monde ?

4. Le mardi 6 décembre 2005 à 06:44, par Berlol :

J'ai beaucoup hésité pour décider si j'allais écrire autre chose, aujourd'hui. Mais cette phrase, qui n'est d'ailleurs pas de moi, est parfaite. Son balancement entre les deux noms propres, rythmée par les deux verbes. Ça n'atteint pleinement son sens qu'avec le vide qui l'entoure. Je m'asseois donc parmi les lecteurs spectateurs et je la contemple. À demain.
PS, juste pour ceux que ça intéresse : j'ai ajouté un paragraphe à samedi, sur les conférences.

5. Le mardi 6 décembre 2005 à 11:32, par FB :

oui, merci, et du coup je n'ai pas hésité à reprendre, avec un peu de contexte en plus _ c'est ce qu'on appelle un palindrome ? (oui oui, avec un algorithme bi carré tri orthogonal et un peu de "gématrie" ça doit)

6. Le mardi 6 décembre 2005 à 11:58, par k :

je ne sais pasmais, j'ai ce sentiment d'emcombrement................
mp, je ne préfére pas que vous m'en disiez ce que vous en pensez parce que je sais que vous ne pouvait pas rentrée dans mon histoire, peu le peuvent d'ailleurs, vous allez encore me dérouter du chemin qui est le mien, et cela je ne le veux pas.
j'existe bien, je suis l, devant mon ordi,je me sens et me sais, même s'il est vraie que par moment j'ai cette impression là, oui ,d'^etre un personnage inventé qui vivrait par rapport à ce qu'en écrit l'auteur, j'hésiste mais les autres ne me voit pas, ne me sanvent pas, à part quelques uns ou quelqu'unes, mais peut être faissont nous parties de la même histoire en fait.
mr berlol je ne vois pas alian non m'écrire moi, je pencherai plutôt pour arte ou vous part moment, car vous avez cela en vous cette chose ce je ne serais dire quoi, "cette part de feminin," et pour mp je pencherai plutot pour alain et barth et depuis ce que je viens de lire jb pour ce côté,ma place je l'ai, j'ai cette assurant et surtout je ne veux pas qu'on me l'a prenne, vous voyez un peu ses gens qui ont peur........peur de perdre ce qu'ils ont, la place qu'ils ont comme si le faite de reconnaitre les autres leur retirer tout possibilité d'exister,................c'est peut être cela en fait je ne suis qu'un songe.........et celui qui m'écrit est l'homme atlantique

7. Le mardi 6 décembre 2005 à 19:37, par Bikun :

K serait peut-être Arte ou alors Alain qui en fait est peut-être Barth qui serait lui même FB ou peut-être Berlol...
Le délire, et moi qui suis-je?!!!
J'imagine un salon littéraire auquel les invités viendraient tous avec un masque comme ces bals des siècles passés!
Et des ferreros Roche d'or offert par l'ambassadeur...

8. Le mardi 6 décembre 2005 à 19:56, par Manu :

Tiens, il y a écrit qu'il y a 7 commentaires mais je n'en vois que 6...

9. Le mardi 6 décembre 2005 à 19:58, par Manu :

Ah, ben voilà, le message de Bikun (7.) est apparu. Un coup du cache ou du proxy ça...

10. Le mardi 6 décembre 2005 à 20:14, par Berlol :

Tiens, Manu et Bikun ! Et presqu'en même temps... Ça faisait un bail ! Z'avez l'air en forme.
Merci à Eli Flory aussi, qui semble avoir pas mal de boulot avec la nouvelle revue... Pas trop pressée ?

11. Le mardi 6 décembre 2005 à 21:32, par Berlol :

Nicolas Sarkozy renonce à son voyage...

12. Le mercredi 7 décembre 2005 à 05:19, par Bikun :

Ca c'est de la télépathie! Sachant que nos machines ne sont pas forcément à des heures justes on peux considérer qu'on était exactement en même temps connecté sur le blog de Berlol!!

13. Le mercredi 7 décembre 2005 à 17:31, par Manu :

Euh... sauf que c'est l'heure du serveur qui s'affiche...
Il y avait bien presque 20 min d'écart quand même, et malgré cela, le cache n'avait pas été rafraîchit...



Mercredi 7 décembre 2005. La couleur des bords de Loire s'actualise.

« Aucune situation sociale, même la plus dégradée, et même surtout celle-là, ne peut justifier d’un traitement de récurage. Face à une existence, même brouillée par le plus accablant des pedigrees judiciaires, il y a d’abord l’informulable d’une détresse : c’est toujours de l’humain qu’il s’agit, le plus souvent broyé par les logiques économiques.»
C'est beau, c'est vrai, c'est ce que je crois aussi.
Et tout le reste de la lettre ouverte est de cette trempe. C'est d'Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau et c'est chez nos amis de Remue.net, sous couvert de François Bon.
C'est beau, certes. Mais je ne suis pas sûr que le destinataire puisse concevoir tout cela ; je ne suis même pas sûr qu'il soit digne de recevoir cette lettre. Nous, oui, car elle est ouverte...

Temps beau, sec, bien frais. Les gants sont utiles. Deux cours qui passent comme une lettre à la poste.
Dans l'après-midi, je prépare des réservations d'hôtel à Orléans pour février ; jusqu'alors virtuelle, la couleur des bords de Loire s'actualise soudain. Ça me projette dans de l'avenir. Revenons sur terre. On n'est pas encore parti...

Une partie de l'après-midi à réécouter la conférence de lundi soir. Voilà où elle est, la transcription !
Bonjour à Pierre, quand il passera par ici, un jour ou l'autre. Et bien sûr, je répète que cette transcription partielle est diffusée dans l'attente d'un accord, sur le mode du qui ne dit mot consent.

« — Tu veux pas faire un ping-pong ?
Il jouait avec mon prédécesseur au gymnase, le midi, une ou deux fois par semaine. Il me laissa installer la table parce qu'il souffrait des lombaires, se mit en chaussettes et remporta deux parties en sets secs, m'offrit la belle qui fut plus serrée mais la gagna. Ça allait sonner. Réintégrant ses mocassins, il dit que je me débrouillais. Je loupais trop de smashes parce que j'attaquais mal la balle et j'attaquais mal la balle parce que je tenais mal ma raquette. Il, j'en faisais ce que je voulais, me donna quelques conseils et, dans le vide, plusieurs fois, balança de grands pains du revers.»
(Alain Sevestre, L'Affectation, Gallimard, p. 76 — on dirait moi !).

Au sport, pédalant, suite de L'Affectation, donc, d'Alain Sevestre. Difficile de citer, plus difficile que dans Les Tristes. Densité de la page, quelque chose qui rend le plus souvent l'extrait orphelin.
Revolver,  envoyé séparément des autres ouvrages de ma dernière commande parce qu'il n'était pas tout de suite disponible, est finalement arrivé hier, alors que le gros de la commande, non. Allez comprendre...
Oups !... Je viens de me rendre compte qu'il me reste une pile de copies à corriger ! Damned, I'm done...

Commentaires

1. Le mercredi 7 décembre 2005 à 16:29, par Bartlebooth :

Je crois que je n'aime pas du tout les extraits de la communication de Ouellet que tu nous offres :
- parce que ça philosophe, avec tous les défauts de l'explication philosophique la plus courante : les généralisations, les à-peu-près, un non-sens (je n'y vois pas d'inconvénient quand c'est dans la création, la poésie) présenté comme sens, comme éclairant, les délires référentiels (ces termes grecs, la mythologie à la rescousse), ses articulations logiques qui n'en ont que la forme (bref un type de discours philosophico-scientifico-littéraire que je m'étais d'ailleurs amusé à parodier (ah ces structuralistes, ces phénoménologues !) dans ce que j'ai appelé des "préfaces" qui me servent effectivement maintenant de préfaces à un ensemble de textes où la question du sens est centrale)
- son premier chapitre (en tout cas celui que tu présentes comme tel) me semble d'une bêtise incroyable, j'ai failli ne pas aller plus loin : son idée que le poète n'intervient plus "dans les affaires de la cité" parce qu'il n'a plus "l'intelligence du monde" et qu'il est "privé de sens ou d'idées", c'est un peu court, c'est un peu con, jeune homme... (avec ce genre de discours on explique de même la non-participation aux élections)
- l'idée du poète qui interroge DESORMAIS (comme si c'était nouveau, Mallarmé n'a jamais existé ?) "l'intelligibilité même du réel" parce qu'il est "condamné à affronter l'insignifiance foncière des choses" (c'est nouveau aussi ?, c'est la seule raison ?)
- des phrases à rallonges, usant de la redondance (le début du second paragraphe est en ce sens très chiant, on croit avancer mais on piétine avec lui)
je continue plus tard

2. Le mercredi 7 décembre 2005 à 18:11, par Berlol :

J'aime bien la contradiction dans ton départ : "je crois que... pas du tout". On voit que tu es désolé de ne pas être d'accord ! J'ajoute qu'entre les morceaux de son cru, il citait des extraits de poètes (Philippe Beck, Marc Blanchet, Romain Graziani, Jean-Patrice Courtois, Jean-Louis Giovannoni et Caroline Sagot-Duvauroux) qui illustraient assez bien son propos.
Dans les conférences à l'étranger et de manière générale, il est recommandé aux invités d'être assez pédagogiques, ce qui signifie selon les cas d'expliciter les termes, avec étymologie éventuellement, recours aux racines si l'on veut, redondance éventuellement, etc.
Cela n'empêche pas de pouvoir être en désaccord et les questions qui ont suivi la conférence n'allaient pas vers un consensus, je tiens à le dire. Cependant, si tu as une meilleure explication pour le "retrait", voire la "retraite" des poètes, je t'écoute.
Moi, ce qui me gêne le plus, c'est cette idée d'énergie barbare qui serait le carburant du moteur secret de l'évolution des sociétés. C'est faire fi des avancées sociales et scientifiques dans la vie de tous les jours (la qualité des aliments, les médicaments, les droits du travail, etc.), car ce n'est pas vrai que "rien ne bouge qu'à coup d'attaques et de violences sans nom". Et c'est aussi donner raison aux oppresseurs (libéralistes et terroristes main dans la main), finalement, puisqu'il en sortirait toujours quelque chose de bon : de la poésie dans du sursaut. Je ne pense pas que c'est ce qu'il voulait dire, mais c'est dans la prolongation de son raisonnement.
Comme tu l'as deviné, je ne le copie pas parce que j'aime mais parce que ça fait réfléchir. Ceci dit, restons courtois dans la critique. Je sais, c'est plus difficile...

3. Le jeudi 8 décembre 2005 à 13:01, par Bartlebooth :

Oui, restons courtois (à ce propos d'ailleurs, j'ai eu Jean-Patrice comme professeur, j'en ai un excellent souvenir).
Effectivement, ça m'ennuie de ne pas être d'accord sur ce sujet (la poésie, pas la politique) qui m'importe, ça m'attriste vraiment de lire certaines perceptions de la poésie.
C'est bien que tu donnes les noms des poètes cités par Ouellet, je me demandais justement quelles étaient ses lectures, et aussi je suis curieux (mais pas trop) de connaître ce qu'il écrit en ce domaine (le dominium, c'est-à-dire l'autorité mais également le festin).
Des poètes qui philosophent, souvent référentiels et savants, ou dans un lyrisme à la Char. Si l'on note que pas mal d'entre eux sont édités par Prétexte et Corti, on a une idée d'une certaine qualité (facilement récupérable par l'université). Quand je dis ça, je suis juste un peu ironique, pas entièrement négatif : j'apprécie notamment que le conférencier cite de très jeunes poètes (que je n'ai d'ailleurs pas lus mais ce que je trouve sur eux donne envie de les lire) et des types comme Beck et Courtois qui m'intéressent un peu. Mais bon, avec un corpus et des exemples bien choisis, on peut dire tout et n'importe quoi sur la poésie, en tout cas quelque chose de préalablement orienté. Et les poètes choisis ici représentent plus une certaine forme de poésie que la poésie dans ce qu'elle a de diversifié.
Je ne pense pas que je peux expliquer le retrait ou la retraite du poète, pour la simple raison que je ne suis pas d'accord avec le postulat de départ : je ne vois pas de retrait du poète.
A la rigueur je serais prêt à discuter de la disparition de "la figure du poète intellectuel, qui intervient publiquement dans les affaires de la cité". Et je commencerais par dire que cette figure-là est anachronique et qu'elle est devenue ringarde, ridicule. Il est ridicule, non, celui qui intervient politiquement en tant que poète ? Un copain de Paz justement, Benjamin Péret en 1945, se moquait des ces poètes qui mettent leur art, leur "figure de poète intellectuel" au service de. Aragon est mort, le communisme est mort, pourquoi y aurait-il encore des poètes intellectuels ? Ah si, il y en a encore sous une forme précise : le signataire de pétitions qui signe "X, poète", c'est trop peu pour en faire une étude de cas. Non, je déconne.
Ouellet n'est pas clair sur un point : il parle du poète qui intervient en poésie ou hors poésie ? les deux ? Les exemples qu'il offre - Neruda, Paz, Pasolini, Brodsky - donnent l'idée de poètes clairement politisés, des activistes intellectuels, qui mettaient une parole politique contestataire en avant, et même en créant des revues. Est-il vraiment sûr qu'il n'y en a plus, lit-il autre chose que les poètes universitaires, lit-il l'action poétique sur le net, dans les fanzines et, j'y reviendrai, s'intéresse-t-il à ce qui se fait en poésie du côté de l'oralité ? Les poètes qu'il cite sont aussi des poètes condamnés par des gouvernements sévères, des nobélisés ou des ambassadeurs. Est-ce si sûr qu'il n'y en aura plus ? Si demain notre gouvernement se durcit au point d'emprisonner des poètes considérés comme parasites, ne se fera-t-on pas d'eux l'image de poètes intellectuels ayant dérangés les affaires d'état ? Brice Petit et Jean-Michel Maulpoix représentent quoi aux yeux de ceux qui connaissent l'affaire ? N'y a-t-il pas dans le monde - au hasard : en Algérie, en Iran, etc. - des poètes intellectuels intervenant dans les affaires de la cité ? N'y aura-t-il plus de poètes nobélisés représentant une libre parole politique ?
Je continue plus tard.

4. Le vendredi 9 décembre 2005 à 07:46, par Arte :

Oui, à suivre. D'abord on est tranquille ici ! Ensuite, tu dis bien (B.) ce que j'aurais mal dit : est-ce le poète qui est en retrait ou les communautés même dans lesquelles il pouvait politiquement (ou "humainement" simplement) s'investir qui ont disparues ? On voit mal un poète à l'UMP (Mes excuses Monsieur le Premier). En passant, c'est en "retraîte", au sens propre (poursuivi, même), que Neruda fit son oeuvre "engagée" véritable, le reste est chants d'amour !
Par contre j'attendais beaucoup de l'approche de Ouellet sur la question de l'urbain, de ses "décentrements" et de la poésie. La "carte mentale" de K. Lynch, qui permet de se représenter la ville pour l'habitant, reprend les catégories de la linguistique. L'urbain renvoit toujours à la question de l'oralité, de la langue... Je pensais qu'il allait faire ce lien entre l'urbain et la parole... mais non.
Si le Rap (pour faire vite), n'est pas de la poésie "reconnue" comme intelligence du monde, est-ce le monde (c'est à dire ici les instances de reconnaissance, de définition de ce qu'est "le monde" ) ou le poète qui est en retrait? C'est peut-être cela que Ouellet évoque dans la sauvagerie facteur de sociabilité, un ajustement au monde ?
(Putain, t'as vu comment je cause pour rien dire !!!!!!!)

5. Le vendredi 9 décembre 2005 à 08:03, par Arte :

(et fais pas chier avec le lyrisme de Char, "Olympien", comme disait Aragon, ça oui, mais lyrique !!!)

j'ai dit "chier" ?

6. Le vendredi 9 décembre 2005 à 09:31, par k :

et moi je dis merde heim,
ils pensent se qu'ils veulent,
vous êtes en train de lui donnez raison,
elle réussie bien son jeu,
a disloquer tous le monde mais moi je lui dis ça à mp,
je n'ai rien contre elle mais là elle fait que je ne pas lui dire ceci et merde,elle supporte pas de ne pas être le centre du monde et surtout elle a réussi à "vous" convaicre de ma non existance, au fait que tout cela n'est qu'un jeu et làje ne peux pas restez sans fermez ma ptite gueule, tanpis elle l'aura cherché, j'espére que cela ne sera pas effacé, je mais du brigitte fontaine, elle ne doit pas connaitre pas assez littéraire pour elle heim, j'en ai rien à foutre je suis en colére, une colére noire, voila le texte

7. Le vendredi 9 décembre 2005 à 10:06, par k :

"et puis merde, fuck, la vérole, assez de mignardise, assez da cucu cui-cui, assez de sirop, on n'est pas des malade, on n'est pas des agneaux au biberon, des cendrillos, des frasies oiseuses, des bébés dysney. On est des ogres, des vampires et c'est tout!
des monstres de feu, des lock ness, des morts vivants, on est des loups pleins de rage,des minables, ds ordures; des caca-boudins, des pauvres nazes, des miteux, des dégueulis. on voudrait taper, griffer, tuer peut être, on ne vaut pas mieux que la vermine, les dictateurs, les étrons, on est des vraies sacs de merde et on se prend pour des navires célestes (ça c'est pour mp de la pert de k).
on est bien pires que des chacals et on croit tous au père noël. LA VEROLE? LA VEROLE SUR NOS GUEULES!

8. Le vendredi 9 décembre 2005 à 10:08, par Arte :

Elle ne réussit rien du tout, qu'à se ridiculiser !
Ne lui offrez pas vos colères, elles s'en repait : négligez cette imbécile, bête et méchante... et écrivez !

9. Le vendredi 9 décembre 2005 à 10:09, par Arte :

fuck la vérollllllllleeeeeeee, Rire !!! bien trouvé !

10. Le vendredi 9 décembre 2005 à 10:12, par k :

j'ai découvert brigitte il y a peu de temps pensant que j'étais trop con pour comprendre et en fait cette chCONNE
Je suis malheureuse ! parce que
je suis conne
Et que tout le monde est con
Parce que j'ai raté ma vie
J'ai raté mon évolution
spirituelle
Je n'ai pas appartenu à un ordre
initiatique
CONNE
Je suis passée à côté de l'amour,
l'amour
Quand il s'est présenté à moi
Avec sa Mercedes rose bonbon
Et sa poitrine nue et dorée
Je l'ai laissé sur le bord de la route
Et je suis montée dans une 2CV pourrie
Où y'avait un chien qui puait
CONNE
CONNE
Je n'ai pas respecté mon père et ma mère
Y'a pas d'secret,
y'a pas d 'mystère
J'ai négligé mes devoirs envers
l'univers
Au niveau du concret
je suis archi tache
Je ne sais même pas jouer
de la guitare électrique
CONNE
CONNE
Je ne sais même pas parler une langue étrangère
Je n'ai pas fait un travail sur mon corps
Et je suis incapable de passer l'aspirateur
Parce que je suis conne
Parce que je suis conne
CONNE
CONNE
CONNE...

anson me définie moi:

11. Le vendredi 9 décembre 2005 à 10:30, par k :

arte c'est pas "trouvé" c'est ressenti c'est plus grave

12. Le vendredi 9 décembre 2005 à 10:45, par k :

ca c'est mon hymne ce qui me défini moi k
suis allez voir brigitte au hangar, hein cel tu connais le hangar, c'était un moment magique, cette femme on a envie de la prendre dans ces bras, elle, elle a cette souffrance, cette connaissance, j'ai découvert cette chanson ce soir là, et là
j'ai pleuré, parce que c'est ça oui, dans le détail MOI

FOLIE

Folle de tristesse et de rage
Mangeant la merde et le cirage
Folle de terreur et d’horreur
Je vomis mon foie et mon cœur
Cloîtrée dans l’éternel taudis
Entre ces murs que je maudis
Je tourne comme une toupie
Ou sur quelque loque je gis
Si je sors c’est pour quelque pas
L’espace horrible fond sur moi
Comme un gigantesque vautour
transparent et sanglant le jour
Plus noir que l’enfer de la nuit
Eh bien oui telle est ma folie

brigitte est folle hi hi hi
Que c’est drôle que c’est jolie
Dans les plumes de canari
Les feux follets et les rubis

Brûlée vive sur le bûcher
L’esprit et le corps embrasés
Comme une femme à l’habitude
De l’est à l’Ouest du Nord au Sud
Noircie par toutes les tortures
Et rongée par la moisissure
Ensevelie dans les glacier
Projetée dans un corps d’acier
Solitaire entre les planètes
Sans paroi sans chair sans arrêtes
Etouffée de serpents flambants
Assourdie de cris de mourants
Je ne sais comment je survis
Eh bien oui telle est ma folie

Brigitte est folle hi hi hi
Que c’est drôle que c’est jolie
Dans les plumes de canari
Les feux follets et les rubis

La haine et la misère au cœur
Au cul le feu et la douleur
J’avoue oui j’avoue que j’ai peur
Crevée de blessure de fleurs
Carnivores et omnivores
Dans l’éther effrayant que dore
Le soleil de Satan puant
Calcinant la mer et le vent
J’avoue oui j’avoue que je crève
Jusqu’au tombeau glacé du rêve
J’abandonne alliés et amis
A leur sort plein de mélodie
Scribouillard qui chie ta copie
Comprends-le c’est ça ma folie

13. Le vendredi 9 décembre 2005 à 11:19, par k :

et bah voila je me suis lachée, tanpis ça fait du bien,
si on m'avait di qu'un jour on me prendrais pour une fiction, c'est fort de KF non (enfin on et un con et je sais on sait de qui je parle)
je crois que je vais faire péter le blog ce soir, non!!!!!
vous avez pas envie, moi uoi............

14. Le vendredi 9 décembre 2005 à 12:34, par k :

tout les textes sont de brigitte fontaine, j'sais pas si on a bien compris, moi je sais pas écrire des trucs comme ça d'ailleurs!!

15. Le vendredi 9 décembre 2005 à 13:44, par k :

bon ce soir c'est bf surement pas pour vous :
de la haute littérature, mais voila:
on pourrait lire, je lis, je lis tes ratures, non mes ratures,t'es sure!!!
mais oui écoute.........:
"la routine, la routine, se diasit alors hanna ; dieu sait quand, nagère, la routine, pire, la chronicité, toujoursn toujours, se réveiller, se laver, s'habiller pour aller se coucher, préparer hativement, tristement, oui trsite tristesse, les accessoires du thé pour le lendemain, comme d'habitude, pourquoi, pour quoi, encore et toujurs. Et puis l'inéviatble descente au tombeau, descente dans le trou noir de la chambre. Il fallait pour s'assurer prendre de petite pillules, toujours les mêmes. a cause de la peur. Et puis c'était le couché au côté de konrad-son-mari, le coucher "comme auprès dun cadavre, d'un cadavre étendu"; konrad aux aguets, les yeux brulants. La misère s'emparait du corps de hanna, qui restait raide, bouquet séché, inhabité. Elle avait cru aimer, comme on dit, ce dandy mince et sombre, un peu alcoolique, qui aimait les armes blancheouvragées, précieuse, qui avait un peu d'argent, un culte pour l'horrible beau, les payages désolés et les noires houppelandes cintrées."
et bien c'est pour cela que je deviens moi k, lol, dans cette étendu de sable....ou git ce chien mort

16. Le vendredi 9 décembre 2005 à 15:32, par Marie.Pool :

J'aime beaucoup les textes de Brigitte Fontaine, surtout au temps où elle chantait avec ARESKI :"Nous avons tant parlé, toi avec moi, Comment se rappeler qui a dit quoi ". Brigitte Fontaine est un peu "space" et iconoclaste. Elle est aussi un superbe personnage médiatique. Je la connais depuis longtemps, c'est que je ne suis pas toute jeune... cela expliquant probablement mon déficit cognitif et affectif. Mais j'ai de bons médecins autour de moi. Ne vous inquiétez pas.



Jeudi 8 décembre 2005. Relevant de somnolences méritées.

Un jeudi à trois cours, donc fatigant.
Sans parler des aléas des commentaires, dont je m'occupe trop.
Retour à l'aporie qui les concerne... L'époche de nos jours où je me dois rester.

Je rends le coffret de trois dévédés de Podium à David. Forcément, on reparle du film. Dans la version longue, qu'il n'a pas vue, il y a une scène que le réalisateur, Yann Moix, dans la version commentée, disait aimer beaucoup. Il s'agit d'une scène dans laquelle un groupe de sosies de Claude François, flanqués du sosie de Polnareff, font une descente dans une boîte d'aficionados de Sardou pour tout casser et enlever les trois leaders dans un entrepot désaffecté, les attacher chacun à une chaise, devant un haut-parleur de 100 Watts, d'où ils devront supporter dix heures durant l'écoute de Si j'avais un marteau... C'était marrant mais je trouve qu'il a bien fait de l'enlever de la version définitive : cette violence déplacée n'apportait rien au film et risquait fort de déplaire au vrai Sardou et à ses fans, ce qui n'aurait pas forcément été de tout repos.

« La musique était antillaise à présent et le factotum, par goût personnel, en augmentait le volume à chaque morceau si bien que, à la fin du disque compact, on ne s'entendait plus et comme tous étaient déjà éméchés, lorsque, dans une parfaite maîtrise du matériel, il shunta le zouk pour la danse des canards qui passait sur une seconde platine, irrésistiblement attirés par les trépidations connues et assez sommaires du nouveau rythme, ceux qui avaient hoché la tête et tapé du pied dans un rayon de vingt centimètres autour d'une place qu'ils avaient sentie leur à force d'atermoyer, déferlèrent sur la piste en se tenant ardemment par la main, tirèrent par un pan les irrésolus qui à leur tour en décoincèrent d'autres, firent la chenille et se donnèrent à fond, conservant toujours, dans le délire, une certaine lucidité, riaient trop fort, gesticulaient outrageusement, pour montrer à qui stationnait encore le long du buffet que, de la danse des canards, ils n'étaient pas dupes.» (Alain Sevestre, L'Affectation, p. 91-92).

Plus tard, via Litor, relevant de somnolences méritées, découvertes coup sur coup du réjouissant Sarko Skanking, montage audio issu du blog onsfoudkilao, puis un Chiraff millésimé de chez Frédéric Pierron, à déguster avant les roboratifs montages Dassault de l'antisocial belge...

Et relever le niveau pour finir, puisqu'on a parlé d'elle lundi et que j'avais précisément acheté ce livre en mars, en même temps que celui de Denis Grozdanovitch, je me souviens très bien qu'il pleuvait un peu, quand j'attendais Laurent... Voilà, huit mois après, je l'ouvre enfin...

« pour la lenteur composer le mot fin
les cassetins baillent aux corneilles
leur trop plein
plomb gobé par vitesse et la faim
des corneilles dessus les cassetins
le compost compose
littéralité cristallisée sur la pulpe du doigt
lettre extraite à longue pince
épiler les bruits des mots
ficher l'os au front de plomb
le reste à la casse »

(Caroline Sagot Duvauroux, Vol-ce-l'est, Paris : José Corti, 2004, p. 48)

Commentaires

1. Le jeudi 8 décembre 2005 à 08:25, par Marie.Pool :

"C'est dire donc que la philosophie doit trouver en elle-même sa propre justification, ses propres fondements, et, par suite, que chacune de ses assertions doit être complètement fondée : elle ne doit rien présupposer, rien admettre sans en connaître la justification."
De l'époché à l'oeil poché ou la singulière aventure de la pensée philosophique ramenée à ses fondements éthologiques. On peut faire un séminaire ( voir étymologie ) là dessus. Mais il ne faut pas y passer trop de temps car on y perd son latin et sa scientificité (sa crédibilité de surcroît), la question du jour sera :
K est- "il" une fiction ? C'est probable
Qui est derrière K ?
Yuku est -elle une marmelade d'alibis pour organiser des combats de catch virtuel dans la boue ? D'aucuns trouvent cela très excitant.
Etonnant de trouver ici cette référence qui ressemble à une note du Tumulte du Tiers Livre
de FB. Mais il y a peut-être qu'une coïncidence, ou la lassitude venant, l'envie de jeter l'éponge peut tout de même affleurer même chez les plus motivés.
"s’arrester, parce qu’on s’arreste là pour considerer comme d’un lieu de repos tout ce qui est arrivé devant ou aprés, et éviter par ce moyen les anachronismes, c’est à dire, cette sorte d’erreur qui fait confondre les temps".
Oui, il y a un temps pour tout et celui de l'intelligence est rappelé de toute urgence.
Il est parfois comme le chien de Jean de Nivelle...
et cela fait des dégâts :
car
"épiler les bruits des mots
ficher l'os au front de plomb
le reste à la casse "
c'est canarder...

2. Le jeudi 8 décembre 2005 à 08:41, par FB :

Relevé dans la liste Perec, peut intéresser certain commentateur berlolien:
This month that august (and usually rather earnest) publication The Art Newspaper launches its first Bartlebooth Award. This prize, celebrating “the improbable, impossible and incredible in international contemporary art”, is named after the millionaire English crank in Georges Perec’s Life who devotes himself to an utterly futile and never finished artistic project. The Art Newspaper has come up with some splendid contenders. Here is a filmed excursion along a sewage pipe, a recording of Vivaldi’s Four Seasons as performed by a choir of goats, and a robotic vehicle which is piloted by a goggle-eyed goldfish. The paper implores readers to come up with next year’s contenders. The art world obviously needs them as much as its fishes need a bike
Ce mois-ce The Art Newspaper, cet organe auguste et d'ordinaire plutôt sérieux, lance son premier Prix Bartlebooth. Ce concours, conçu pour honorer les projets "improbables, implausibles et incroyables dans le monde international des arts contemporains", doit son nom à l'Anglais excentrique et richissime de La Vie mode d'emploi de Georges Perec qui se consacre à un projet artistique complètement futile et à jamais inachevé. The Art Newspaper a déniché des concurrents tout à fait magnifiques. Parmi eux: le film d'une excursion le long d'une canalisation de vidange; un enregistrement des Quatre Saisons de Vivaldi joués par un chœur de caprins; un véhicule robotisé manipulé par un poisson rouge aux yeux globulaires. Le journal prie instamment ses lecteurs de proposer les concurrents de l'année prochaine. Le monde des arts en a besoin aussi évidemment que les poissons manquent de vélo.
Article complet : Times Online Edition, 8 décembre 05
www.timesonline.co.uk/art...
Information recueillie par David Bellos, assisté par Google Alert

3. Le jeudi 8 décembre 2005 à 11:04, par Arte :

Et tu as mangé quoi ? car ...
Nostre corps, dont nature exigeoit quelques haltes pour reparation des miasmes que procurent trop longues et diverses sollicitations, reclame
en outre que celles-ci fussent régulières afin d'estre élevees en repère de
ses rythmes. Aussi nostre corps tirera profit de cette régularité au plus
fort de l'action, considerant toujours la mesure du temps restant jusqu'au
prochain repos. De mesme nostre esprit, qui aura acquit pour naturel le rythme des pauses en gratification de l'effort demandé, y verra lui mesme idéale motivation pour assurer encore mieux son ouvrage.
Tels rythmes s'acquièrent par discipline d'arrest selon un calendrier établi dans des heures fixes que l'on consacrera à la prise des repas dans l'attention de nostre confort et des mets consommés, veillant bien au rejet de toutes pensées autres qu'y mieux goûter.
Ainsi repères seront rapidement inscrits en l'esprit, estoit entendu qu'une fois éduqué, point trop souvent ne doit estre trompé celui-ci dans ses attentes, régularité souffrant fort mal en lui trop fréquentes exceptions.
??

4. Le jeudi 8 décembre 2005 à 11:18, par Marie.Pool :

Relevant de somnolences méritées ... le prix Bartlebooth... Ca rend dubitatifs...
"Souvent les marionnettes
ont une plaie rouge,
il ne faut pas croire
qu'elles rient"
_________________
Jean-Pierre Cannet, Mordre la falaise,
Poésie,La Passe du Vent, 2004.

5. Le jeudi 8 décembre 2005 à 13:18, par iris :

Relevé dans une revue littéraire
"des cris " écrits :
"Et pourquoi je suis en prison s’est que il me fallait de l’argent pour le commerce que je voulait ouvrire et l’or d’un Bisnesse avec un copain sa sais mal passer et on a n’est venue au main et il a trébucher et il ma tirer ver lui est le couteau que je portée et tombée de ma poche et il la ramassé est sur la peur je lai retournée plusieure foits sur lui mais envant quont n’en vient au main il m’avais menacer moi et ma famille alors quant je les vue quil sestait enparu de mon couteaux saitaient moi ou lui mes aujourd’hui ses moi qui se retrouve en Prison est si saurait était moi qui serait mort ses lui que vous aurait trouver à ma place car il mavait menacer et il avait jurer que sétait moi ou lui et comme je le connaiser il étaient capable de le faire et sur la peur voilà le geste que jai fait est jamais je pourraient me le pardonnait..."
Le "dépositaire provisoire d’un pareil texte " (1995) pourrait bien être K, aujourdhui...
Mais vous le saviez tous ."forcément."

6. Le jeudi 8 décembre 2005 à 13:28, par Bartlebooth :

Merci FB, mais ça me fait un doublon.
Avez-vous une si faible conscience de l'inutile pour relayer une information qu'évidemment j'ai reçue comme vous, ou pensiez-vous vraiment qu'il fût possible que je ne sois pas inscrit à la listeperec ?
Ou bien y a-t-il un autre message (secret, de forme sympathique ?) ?

7. Le jeudi 8 décembre 2005 à 14:29, par k :

bonsoir et merci, je me sens l'invitée d'honneur kome dans ce film, vous savez, avec villeret.
y en a kon le coeur fragil, que les mots déchirent(bah là) , avec moi pas de soucis le mien est déjà mort, et puis c'était ma fête y a pas si longtemps, et bientôt les fêtes de fin dannées.
OH désolée pour les fotes,mais si l'éducation nationale ne s'employée pas à kasser de l'éléves, mais à essayer de comprendre qu'est ce qui cloche, les ouatures bruleraient moins vite.
sweet dream k

8. Le jeudi 8 décembre 2005 à 15:23, par jcb :

Bien sûr que k est une fiction.
Mais pourquoi pas ?
Elle (la fiction) est bonne.
Et puis Berlol ne trouvait-il pas qu'il n'y avait pas beaucoup d'hommes
qui avaient écrit en se mettant à la place d'une femme ?
Il ne pouvait-être mieux servi.
Travaux pratiques assurés
et assez bien réussis il faut le dire.
Succès garanti et mérité : je ne me suis jamais rué aussi vite chaque jour sur les commentaires, eclipsant d'ailleurs un peu trop la page de Patrick, qui n'était plus qu'un prétexte pour que la fiction puisse continuer dans les commentaires.
J'ajouterai que k (et son auteur) et mp s'en sont bien sortis et se sont révélées être bien solides.
Bravo à tous. On a tous bien tenu notre rôle.
Bon, je vous quitte, ma fille Léa m'appelle au téléphone...

9. Le jeudi 8 décembre 2005 à 15:37, par Marie.Pool :

"Le journal prie instamment ses lecteurs de proposer les concurrents de l'année prochaine. Le monde des arts en a besoin "
On peut voir les choses ainsi : les poissons, continueront à chercher un vélo volant pour rejoindre la fiction qui permet parfois de mieux supporter la réalité. A chacun son voyage intérieur. L'herbe est toujours plus verte ou experte dans l'illusion d'à côté.

10. Le jeudi 8 décembre 2005 à 22:01, par FB :

bravo Bartlebooth pour les subjonctifs, non je ne doutais pas mais sait-on, bon c'est pas si évident à lire votre blog
à part ça les souvenirs "prison" ici ça fait un peu décalé : merci éventuels renseignements sur cette revue "cris écrits" parce que s'ils ont publié ça c'est sans ma permission ?
quant à l'identité des contributeurs et leur éventuelle identité multiple y en a un qui doit bien se marrer c'est celui qui a le relevé de nos adresses IP
et entre sarkozy et claude françois plus que jamais de photos c'est vrai qu'aujourd'hui les commentaires compensent sa propre somnolence
with love quand même

11. Le jeudi 8 décembre 2005 à 22:33, par Marie.Pool :

Retour à la case départ. Le responsable de ce blog étant berlol,le seul a pouvoir selonFB identifier les adresses ip... Je ne serais ¨même plus étonnée que la fiction soit signée... FB... par réaction à la somnolence ou à l'indolence...à l'impatience, à l'intolérance etc... Quand on peut le plus on peut le le moins dit-on dans les milieux électriques , et puis hier au soir, c'étaient les illuminations à LYON , on m'a peut-être un peu éclairée aussi en off... Et d'incice en indice, je me dis que la version Tiers Livre du commentaire déjanté Duras n'est pas invraisemblable .Comme dans le mystère de la chambre jaune, toutes les issues mal localisées sont suspectes.Plusieurs meufs dans un sous-marin la première plombe, la seconde surplombe, la troisième cherche des bouées qui n'existent pas, etc etc...qui c'est qui les aide à remonter l'arbre tortueux des causes pour faire des bulles ? Le saura-t-on jamais ? Et puis tiens, ce superbe passage :
"par un pan les irrésolus qui à leur tour en décoincèrent d'autres, firent la chenille et se donnèrent à fond, conservant toujours, dans le délire, une certaine lucidité"
Responsables mais pas coupables est un concept qui a encore de l'avenir. Fiction Fiction, affliction, fluxion... Dis, Tonton pourquoi tu tousses ? Moi cette fois, je me marre à canard sous mes plumes étanches.

12. Le vendredi 9 décembre 2005 à 02:00, par alain :

Le texte que présente Iris n'a rien à voir avec ceux de K.
(bon, c'est tout, je suis venu dire ça)
(Pas très en forme, ces temps-ci.)
Entre parenthèses. C'est ce qu'il y a de mieux, pour moi. Une forme de retrait.
Bon.

13. Le vendredi 9 décembre 2005 à 03:24, par Arte :

Idem, Alain.
Respect.

14. Le vendredi 9 décembre 2005 à 03:52, par Berlol :

Tous les mains dans l'époche...

15. Le vendredi 9 décembre 2005 à 07:48, par Marie.Pool :

Tiens, tiens, petit coup de fatigue chez les bretteurs...
Blog F(r)iction 172 ième épiphénomène :
Comment c'empaler cent ce fer mal au dos ?
Dans le rôle des invisibles smatcheurs
A = Iris ? Mousquetaire N°1
A = A d'Artagnan
B = B Mousquetaire N°2
B = Maître Armurier Abécédaire Multipiste?
C = C Infirmière ou Mousquetaire N°3 ( en fonction des effectifs disponibles)
FB = Scénariste K ?
ou
FB + B = Co scénaristes K
Tiens K s'est tu(e) ! Etrange, étrange comme c'est étrange ... Doit avoir encore des étagères à visser...
Les mathématiKes et moi font la fête aujourd'hui.
Je compte les points et les pénalty...
P.S. Les Décors en papier crépon sont de Dame Tartine

16. Le vendredi 9 décembre 2005 à 09:32, par k :

je vous prie d'arretez un peu sinon je vais etre vraiment méchante et je n'aime pas cel, mais si il n'y a que cette solution, je le serai!

17. Le vendredi 9 décembre 2005 à 10:06, par cel :

faudrait peut-être un peu se calmer avec ces idées de fiction, ça vous est venu à l'idée que vous pouviez aussi simplement vous tromper ? oui ? non ? Et que ça peut-être franchement désagréable pour quelqu'un d'être reçu de cette manière ? non ? Regardant ça sans souci d'adresses IP et hors de l'angoisse du complot, ça me fait mal de voir qu'on peut traiter une personne de cette manière à partir d'un simple à priori de langage.
(K, amitiés)

18. Le vendredi 9 décembre 2005 à 10:10, par k :

merci cel

19. Le vendredi 9 décembre 2005 à 10:14, par Bartlebooth :

Je n'ai pas envie de résister au réflexe de vous mépriser tous, sauf évidemment cel, arte et k. Comment d'ailleurs, avec quelle force d'oubli et d'indifférence ?
Quelle que la soit la virtualité du lieu et des manières, votre négation d'une existence est d'une violence et d'une cruauté inqualifiables. Que vous n'en ayez pas conscience n'excuse rien, bien sûr. Que vous apprend donc la littérature ? Le passage sous silence ? A tout fictionnaliser ? A vous faire un monde littéraire bien propret, épuré de quoi ? ce qui vous dérange, ne vous ressemble pas assez ?
Pause. Peut-être vais-je à mon tour faire comme si vous n'existiez pas.
Amitiés itou, honorable K.

20. Le vendredi 9 décembre 2005 à 10:28, par Arte :

Cette femme vit dans la fiction, tout est fiction pour elle, les colères des autres qu'elle imagine, les "cautions" qu'elle s'invente, elle est dans des formes de pathologie impossible à traiter ici, aucune discussion raisonnable, aucun argument de bon sens. Cel, tu en appelles à son respect des autres ? Je crains que la notion "d'autres" soit très abstraite pour elle. Sa façon d'exister est d'occuper tous le terrain, le premier commentaire et le dernier de chaque article, et à repandre son MOI partout, comme les enfants : elle n'est pas "responsable". Il suffit de voir sa prose et sa poésie de gamine. Elle n'arrêtera donc pas ses attaques, ses délires, ses jeux en sous-main, sa jalousie de K., ses leçons de littérature, et ses matchs imaginaires. Devoir encore intervenir, par amitié pure, pour dire à K : oubliez cette pauvre femme, écrivez... c'est encore s'exposer à ce qu'elle s'accroche à un mot, à un rien, pour faire son n°, et j'en ai honte, d'intervenir encore, pour Berlol.
Blesser la soigne, parce qu'elle est morte, dedans ! Et elle le sait !
Elle n'a que pourrir la vie des autres pour se sentir vivante !

21. Le vendredi 9 décembre 2005 à 10:35, par k :

elle vit, moi je suis morte nuance

22. Le vendredi 9 décembre 2005 à 10:36, par k :

elle, elle n'est jamais morte c'en en mourrir, elle ne sait pas,
ne connais rien malgrè toute son intelligence
c'est tout

23. Le vendredi 9 décembre 2005 à 11:16, par k :

Monsieur >JCB
je connais bien nogent le retour, non le retrou enfin, c'est à cause de d'jack voir au dessus
parce que j'ai habité EPERNON, vous connaissait heim pendant pâs mal de temps, la bosse et ses bosseron je connais, oh ca doit pas s'écrire comme cela
m'enfin, je ne vous remercie pas,
vous ne savez pas pourquoi, mais je ne vous remercie pas,
vous avez installez un doute sans le vouloir, je sais que vous n'y étes pour rien,
mais c'est ainsi je ne vous remercie pas

24. Le vendredi 9 décembre 2005 à 13:21, par Marie.Pool :

Je suis devenu un personnage. Enfin ! Mon ego rutile et mutile à ses dépens... Oui, je ris parce que la farce est tellement grotesque qu'elle en devient exemplaire des maladies infantiles et éruptives des blogs dits littéraires. Mais la littérature c'est aussi la vie. Non ?

25. Le vendredi 9 décembre 2005 à 17:01, par Marie.Pool :

Merci Berlol !



Vendredi 9 décembre 2005. En train sur l'efficace.

Pas de sport, ce matin. Il faut faire le ménage, la vaisselle, passer l'aspirateur, étendre le linge... en écoutant le programme de nuit de France Culture, au hasard, une émission sur le sonnet, avec des lectures d'inédits de Pasolini et de réédités de Boris Vian. Cela ne me touche guère.

Déjeuner chez Downey, juste avant la cohue, avec David et un autre collègue, appelons-le RM, on en aura besoin plus tard. Discutons du dernier casse-tête qui nous est soumis par le sort : que dès l'ouverture des réservations de vols pour la France, à trois mois d'un départ, il n'y ait déjà plus de places disponibles ! Une gabegie, quelque part. Qui se fout de nous ?...

L'Affectation, dans le shinkansen. C'est son deuxième aller-retour et j'en suis à la page 120. Deux mille kilomètres pour 120 pages, soit du 17 kilomètres la page, ou deux lignes au kilomètre. Enfin, avec moi, c'est un peu comme ça pour tous les livres...

« Je suis une structure accueillante, je suis une structure accueillante. J'essayais de m'en convaincre, de placer cette idée de moi ici, mais ce soir, comme les autres soirs, elle ne colla pas. Je ne tenais pas. J'attendais que vînt sur moi la contagion de la vie. Peut-être n'avais-je pas assez bu. Peut-être aussi n'était-ce pas mon projet. Oui, ce n'était pas mon projet.» (Alain Sevestre, L'Affectation, p. 113)

Je lève le nez. Quitte le livre, regarde vaguement le fond du wagon et me concentre sur la vision périphérique : apparaît le paysage lointain, fixe, et le défilement violent du proche paysage près des fenêtres, des deux côtés en même temps, bruyante sensation de vitesse, d'étroitesse du train, restitution de ce qu'est le percement sans fin de l'air, certitude que nos corps ne sont rien, n'ont aucune résistance dans cette vitesse des tôles...
Je me rends compte que mon paragraphe sur l'identité/l'individu de dimanche dernier précédait de peu le texte de Pierre Ouellet, qu'il y a une question connexe mais deux traitements différents. Qu'il n'y a d'ailleurs pas eu de commentaires.
J'ai quelque chose en train sur l'efficace, je ne dirai pas encore laquelle, mais pas le temps de finir ce soir. Demain, c'est la fin, la fin sans fin du Ravissement... Repassez !

Commentaires

1. Le vendredi 9 décembre 2005 à 08:03, par Marie.Pool :

" J'appris un peu plus tard, en appelant Marie d'une cabine téléphonique, que l'enterrement aurait lieu vers onze heures du matin, ou midi, elle ne savait pas, elle n'avait pas envie de me parler, je n'avais qu'à la rappeler quand j'arriverais.
[...]
J'étais, et restai longtemps, dans cet état de suspension qu'on éprouve pendant la durée d'un voyage, dans cet état intermédiaire où le corps en mouvement semble progresser régulièrement d'un point géographique vers un autre - comme cette flèche que j'avais observée sur l'écran du moniteur vidéo de l'avion [...]
Je ne sais pas quand Marie s'aperçut de mon absence dans l'église [...] "
"FUIR" JPT

2. Le vendredi 9 décembre 2005 à 10:27, par alain :

On repasse et repassera.
En fait, c'est vendredi. Je cuve de la veille. Chaque jeudi, je sors dans le même endroit, bois le même vin avec le même ami et rentre en vélo comme j'peux. Et donc, c'est vendredi soir 19 h 20, et je commence à émerger. Et donc, quoi ? rien, je ne vais pas mieux, toujours la même vie.

seulement dire que j'aime les commentaires de Maire poule quand elle n'écrit pas elle-même, et s'efface pour Jean-Philippe Toussaint.

C'est connu, les lendemains de cuite, on a la trique pour un rien.

3. Le vendredi 9 décembre 2005 à 10:33, par k :

mp : je crois que je vais me lacher, je pete un plomb un cable mais la trop c'est trop en arriver là, c'est d'une konnerie!!! et pour une konnerie c'est une belle konnerie, heim boby

4. Le vendredi 9 décembre 2005 à 11:11, par k :

alian,;
merci et je crois que je vais faire komme vous hier,
me bourrez la gueule.......... pour une fois je me lache
merci mp, je ne mangerais pas ce soir et vais garder ma taille de guepe, 1m60 46 kilo,
c'est que ça fait fatasmer les hommes un corps comme le mienne vous savez, et en plus je fais de la d'jimece qui fait que je suis toute en muscle,
désolée; les autres mais mister d'jack, daniel je veux dire
kommence à me faire de l'effet..............

5. Le vendredi 9 décembre 2005 à 11:23, par k :

avec tout cela j'ai même pas lu votre note du jour, je fais manger L et je lis, j'ai aimer sarko, et j'ai les poches sous les yeux, et pas les mains dedans,pas tout compris, normale vu le niveau de la fille.
c'est que c'est nouveau pour moi toutes ces choses.
je vous la souhaite bonne k

6. Le vendredi 9 décembre 2005 à 11:41, par k :

ALORS MP ON repond pas,
ah oui vous mangez surement heim, faites en orgie peut être........
une chose est sure c'est que tou cela ne doit^pas vous couper l'appétit

7. Le vendredi 9 décembre 2005 à 11:44, par pseudointellooo :

y faut arreter la masturbation intelectuelle, cha rend sourd...

8. Le vendredi 9 décembre 2005 à 13:11, par Marie.Pool :

Il faut arrêter de boire. Ca vous rend tristounets. Vous allez tous vomir sur les livres et après ils sont irrécupérables. Si Berlol laisse toute cette ivresse sur son blog c'est qu'il veut vraiment le saborder .

9. Le vendredi 9 décembre 2005 à 13:28, par k :

buvez un peu à ma santé ça vous fera du bien

10. Le vendredi 9 décembre 2005 à 14:32, par Berlol :

I s'en passe des trucs, pendant que je dors ! C'est fou !
C'est vrai, Marie.Pool, que si vous débarrassiez le plancher, personne ne vous regretterait, même pas moi, bien au contraire. Je vais voir dans les plug-ins de Dotclear s'il n'y a pas moyen d'interdire les commentaires à certaines adresses IP. En attendant, je demande aux autres de ne plus répondre aux commentaires de MP. Comme cela, il me sera plus aisé de les mettre hors-ligne si besoin.
En ce qui concerne la fiction, la première mise en doute date au moins d'un an, je crois. C'était FB qui imaginait que tout ce que je racontais était fictif, ou plutôt fictionnel (il m'arrive en classe d'expliquer la diffrence entre les deux). Après, c'est devenu un jeu qui reparaît de temps en temps. Que K. en fasse momentanément les frais, c'est bien normal puisqu'elle a déboulé sur l'air de "Lol c'est moi", c'est-à-dire dans un registre fictionnel, qui peut rapidement passer au fictif, justement. Donc, j'atteste qu'il y a bien une adresse IP spécifique, à aucune autre pareille, d'où émanent les commentaires de K.
Et j'adore, j'ai toujours adoré Brigitte Fontaine ! J'ai tous ses disques, et ceux d'Higelin et d'Areski, évidemment !...

11. Le vendredi 9 décembre 2005 à 15:43, par cécile :

www.brigitte-fontaine.com (bijou)

12. Le vendredi 9 décembre 2005 à 16:01, par Marie.Pool :

Et bien voilà ! Nous y sommes. Berlol bravo ! Vous êtes un homme loyal et enfin vous-même. Pourquoi ne pas l'avoir dit plus tôt, vous avez laissé les gens s'énerver pour pas grand chose. Je ne suis pas mécontente d'avoir débusqué l'ambivalence extrême de votre comportement de webmaster qui peut être très dangereux pour des personnalités fragiles. C'est l'inconvénient aussi de mélanger le privé et le public. Les images et les traques photographiques qui figuraient à un moment sur vos liens auraient pu vous mettre en difficulté vis à vis de la loi. Je l'écris aujourd'hui sereinement. Je suis certaine que vous serez plus prudent à l'avenir. Je ne défends rien d'autre que l'image de la femme, vous en aurez fait les frais pendant quelques mois. La teneur diffamatoire des propos tenus à mon égard seront traitées ultérieurement. Je vous recommande donc la plus grande vigilance sur les propos tenus sur votre site après mon départ car ils complèteront un dossier déjà bien lourd. Cette fois je ne ris plus. Je vous salue.

13. Le vendredi 9 décembre 2005 à 16:06, par Berlol :

Adieu.
C'était votre dernier commentaire. Votre image de la femme n'est pas la mienne, veuillez la garder chez vous.

14. Le vendredi 9 décembre 2005 à 18:13, par alain :

Brigitte Fontaine. Areski et Brigitte Fontaine, alors là, moi aussi, j'avais tous les disques, les premiers, je les ai perdus, ou donnés, impossible de les dénicher en mp3. Je n'ai pu capter que "c'est normal".

Il est 3 h 11. Personne ne dort ici.

15. Le vendredi 9 décembre 2005 à 23:15, par Manu :

Bon, ça y est, c'est fini la cour de récréation ?
Le principal problème ici, c'est que la plupart des commentateurs préfèrent passer leur temps à attaquer les personnes qu'ils n'aiment pas plutôt qu'à poster des notes utiles aux autres lecteurs ou à riposter, ce qui pour moi n'est guère mieux.
Pourquoi ne pouvez-vous pas simplement ignorer ?
Pfff, c'est vraiment dommage d'en arriver là...
Indigne du niveau de ce blog...
Quel gâchis...

16. Le samedi 10 décembre 2005 à 00:32, par alain :

Ah oui!
Une chanson qui faisait :
"La lune luit
Derrière toi, ma mère
......qui m'attend..." (ça continuait évidemment)
J'ai perdu le reste, sauf l'air. Areski et Brigitte Fontaine, mais le titre ? Le disque ?

17. Le samedi 10 décembre 2005 à 00:59, par grapheus tis :

Que c'est bruyant, ici ! Quand on n'a point tous les fils, la pensée du pauvre lecteur se dévide à terre.
Il y eut, ici même, un cas "Sens", cassant, qui finit dans la voiture-balai de JCB...
N'y a-t-il plus de cas "k" ?
À la voiture-balai, ci-dessus évoquée, s'est substituée la chamelière caravane !
Sera-ce suffisant pour perdre dans les sables la banalité des jeux de langues et de pensée ?
Hélas ! À donner raison à tous les Robien et à tous ses syndicalistes, Horaces et Curiaces de la méthode globale de lecture !

18. Le samedi 10 décembre 2005 à 01:09, par Christian :

Quel niveau, Manu?
Bon, d'accord, il y en a qui sont chiants. Mais c'est pas grave!
Et puis, moi, j'aime bien tout le monde. Et K. me tient en haleine! Son rythme vous prend vraiment aux tripes! Et puis, au moins, je comprends tout ce qu'elle dit! Alors que Berlol, c'est différent! Je me sens parfois gêné...
Non, c'était pour rire!...
Berlol, rien n'est perdu. Il y a des solutions techniques pour empêcher des IP d'accéder à ton blog. C'est dans le document .htaccess à la racine de ton site. Je pense que Manu pourra t'expliquer, ou te confirmer.
Voici la syntaxe...
Si tu veux interdire l'IP 81.213.230.159, écris dans ton .htaccess:
deny from 81.213.230.159
Comme souvent, les IP sont changeantes, tu peux aussi choisir d'écrire comme ceci:
81.213.230.
Et ainsi de suite. Mais attention, en raccourcissant l'IP, tu refuses de plus en plus de monde!
Si tu veux la paix, et tu n'es pas le seul, n'aie aucun état d'âme! Bannis!
Et... "Honni soit qui mal y pense!".

19. Le samedi 10 décembre 2005 à 05:05, par k :

je tenais à voir remercier tous, et particulierement mr berlol,
je voulais m'excuser d'être entrée moi aussi dans son jeux.
ça m'a fait rire au début, et même j'aurai pu continuer dans ce sens, mais à cause d'un mot, j'ai eu peur qu'un d'entre vous croit vraiment en mon existence virtuelle et littéraire, et ça je ne le voulais pas, c'est un soutien d'une grande importance pour moi...........
Tous les autres pensez ce que bon vous semble, que je sois réelle ou non là n'est pas le problème.
Et puis, avec toute cette histoire, j'ai douté sur le faite que je devais vraiment faire chier mon monde avec mon homme atlantique, c'est vraie que pour moi c'est une chose importante dans ma vie, et que j'ai besoin d'en dire, d'en dire...........
merci a vous de m'encourager dans ce sens, (malgrés "je sais jamais si y a un s, mais moi je l'aime comme cela" mon orthographe et mon écriture qui n'en ai pas une d'ailleurs)
tous cela me fait un grand bien fou, fou,fou
alain si tu veux des chansons de brigitte demande à berlol mon adresse memelle et je t'envoie ça.
ah que la vie et belle...........
bonne journée à tous, après les étagères, achat de l'inevitable
"mon beau tapin,
roi des fôrets"

20. Le samedi 10 décembre 2005 à 06:30, par k :

hier j'ai parlé de d'jack daniel que j'aime beaucoup, mais mon d'jack à moi c'est mister
vous l'avez vu, si non, ne pas rater mardi soir sur arte
www.etrange-noel.net/
vous verrez, je ressemble beaucoup à sally, cette poupée qui se jete en haut de la tour pour retrouver jack, elle arrive en bas toutes en morceau, elle se raffistolle toute seule, et elle repart, titubante,
mais elle repart, rien de n'arrete
ce film m'a fait aussi comprendre qu'il fallait que je le retrouve, je savais être en mille morceau, je me savez pourquoi encore avant de l'avoir retrouvé l'homme A,
avant de l'avoir retrouvé, c'etait ma complainte aussi celle de sally



Samedi 10 décembre 2005. Autre chose, et rarement.

Lever tranquillement à 7 heures, comme jamais un samedi depuis le cours sur Duras — puisque c'est le dernier. Il restait assez peu de texte à voir. J'étais prêt hier soir.

[RLVS-13] « Harassé, au bout de toutes mes forces, je lui demande de m'aider :
Elle m'aide. Elle savait. Qui était-ce avant moi ? Je ne saurai jamais. Ça m'est égal.

Après, dans les cris, elle a insulté, elle a supplié, imploré qu'on la reprenne et qu'on la laisse à la fois, traquée, cherchant à fuir de la chambre, du lit, y revenant pour se faire capturer, savante, et il n'y a plus eu de différence entre elle et Tatiana Karl sauf dans ses yeux exempts de remords et dans la désignation qu'elle faisait d'elle-même — Tatiana ne se nomme pas, elle — et dans les deux noms qu'elle se donnait : Tatiana Karl et Lol V. Stein.»
(Marguerite Duras, Le Ravissement de Lol V. Stein, p. 188-189)

Pour le retour à T. Beach, lieu du traumatisme originel, tout est marqué en clair dans le texte : la mémoire qui revient (173-175) dans le train, dans les rues, au Casino, et les vertus positives de cette remémoration accompagnée. Qu'il fallait être accompagnée de Jacques Hold, sur qui elle compte (to hold) — et elle ne peut compter que sur lui, puisque son mari la prend pour une irresponsable et Tatiana pour une dingue (163).
Également écrit que ce mouvement de la mémoire n'est bon qu'en lui-même, au présent de sa psyché, que matériellement il n'apportera rien (qu'on ne revit ni ne répare le passé). Depuis Proust, on sait qu'on ne retrouve jamais le temps perdu. Au mieux on construit autre chose, et rarement.
Après ces lumières (joie et lumière sont valorisées, 165, 169, 176), la fatigue, la sieste sur la plage (183), le creux de mer basse avant de reprendre le collier des jours, la fin probable (184). Mais Jacques a ce geste mental de nier cette fin logique pour appeler l'inconnu, pour revendiquer pour Lol et pour lui le droit à la liberté de la fin non écrite, de « la fin sans fin » (184).
Et voilà justement qu'on invente qu'il faut passer la nuit ensemble, se déshabiller et entrer dans le même lit. Le choc est rude, pour Lol, de pouvoir aller au bout de ce que l'on veut quand tous vous en empêchaient depuis dix ans ! Alors, miracle littéraire, Jacques comme Duras, retirent les certitudes, comme la mer retire son eau, et laissent un texte ambigu, d'une beauté, d'une suggestivité que les lecteurs questionneront des siècles durant.
« Elle m'aide », écrit-il, mais à quoi faire ? « Elle savait », oui, mais quoi ? Est-on dans le registre mental de la gestion d'une crise de nerfs, de folie douce, ou dans un lit où l'amant découvre la science de son amante (savante) ? Être reprise ou laissée, fuir ou se faire capturer, sont-ils des verbes métaphoriques pour un esprit qui déraille, ou décrivent-ils très prosaïquement un certain goût pour les jeux érotiques — dans lesquels Jacques retrouverait à sa grande surprise une sorte de Tatiana, sans le remords qui accompagne cette dernière dans l'adultère ?... N'est-elle pas ravie, Lol, elle qui n'était jamais là, d'y être enfin doublement, là ? À la fois elle-même et sa rivale, fusion ou alternance des complémentaires à la mode extrême-orientale, qui dépasse l'antagonisme, ce concept bêtement occidental. [/RLVS-13]

En complément de programme, il nous reste juste assez de temps pour voir Nuit noire Calcutta, le court film de Marin Karmitz écrit par Duras alors qu'elle était en train de composer le Ravissement (1963-1964)... Et puis c'est l'heure du déjeuner à la Brasserie de l'Institut. Chacun(e) y va de sa thèse sur Lol : restera folle, sera guérie, restera folle, sera guérie. Chacun se fait sa conviction intime, ou l'a déjà depuis longtemps, mais tout le monde est d'accord pour dire que le texte est beau, émouvant, subtil, à jamais ouvert et accueillant. On ne s'est pas levé pour rien dix samedis de suite aux aurores...

Repos jusqu'au départ de T. pour une réunion de chercheurs, puis lecture de la presse littéraire, de mes blogs amis... Au moment de démarrer Composants de Thierry Beinstingel (Fayard, 2002), je vois que c'est l'heure d'aller faire des courses et, sortant, je tombe sur Laurent qui venait me saluer. Aller-retour ensemble pour du pain et des jus de fruits (carburants pour vitaminer demain) puis copie de quelque 200 récentes émissions de France Culture sur un dévédé réinscriptible qu'il a amené avec lui. Enfin dîner au Saint-Martin, renouer avec l'agneau et le bordeaux. Entre autres sujets, on parlera d'Alain Finkielkraut dont je lisais tout à l'heure qu'il a (sans doute été poussé à faire savoir qu'il avait) renoncé à se rendre à Lyon, aux rencontres de la Villa Gillet sur la laïcité la semaine prochaine (il y aurait une pétition qui circulerait contre lui, pour une suspension de l'émission Répliques — quels que soient mes désaccords avec ses idées, je ne signerai pas une telle pétition).

Ce jeune garçon de Dushanbe, qui semble si attentif, si soigneux, deviendra-t-il photographe à son tour ? Ou quel métier ? Il revient peut-être du lycée, il admire les photos de territoires vus du ciel. Il s'étonne sans doute des formes et des couleurs. Il acquiert une idée de la distance, de la distanciation, de la taille de la planète, de sa diversité géographique et aussi de l'unité que nous formons tous à sa surface.
D'une certaine façon, il nous rejoint dans une conscience globale qui est exigée de nous, qui nous rapproche tous et qui est aussi en train de nous rendre ronflants d'idéalisme planétaire et malheureux d'impuissance devant la dégradation, la pollution...
L'exposition des photos de Yann Arthus-Bertrand sur les grilles d'un parc tadjik reprend le principe d'exposition-promenade des grilles du Luxembourg. C'est peut-être la première fois dans ce pays. Merci à notre Bikun d'avoir capté cette expression qu'il n'expose pas dans son blog mais dans son site professionnel.

Commentaires

1. Le samedi 10 décembre 2005 à 11:09, par k :

moi la photo d'aujourd'hui elle me fait penser à lui, l'amant, le chinois, il aurait regardé longtemps pris quelque note, et puis il re retour, va vers sa voiture, dès commme on en voit plus maintenant, le chauffeur l'attends, lui, en face se trouve son lyvée, à elle.
elles sortent dans cette agitation d'adolescente, le rire au lèvre, ne voyant rien, ne pensant qu' à la douceur du soleil sur la peau, l'éxitaton de pouvoir être sortie sans être vue, elle et l'autre (pour moi tatiana plus grande), elles rient, pouff, comment des enfants qu'elles sont encore, des femmes déjà qu'elles ne savent pas, attirant le regarde des hommes, qui les font rire. Lui, sur le trottoir d'en face, les regarde, c'est elle qu'il voit , parce qu'au contraire de l'autre, elle ne sait pas encore ça,, elle ne sait pas encre, le pouvoir de cette chose, et puis c'est comme une évidence pour lui, cest elle.
Il se renseignera, demandant à son chauffeur de savoir qui elle. Dans sa voiture noir, des comme on en voit plus, il les suivra, durant des semaines, et puis un jour, il prendra ce bac...........^
ce bac, ou aurait pu avoir lieu, ou il aurait du avoir lieu, ou il y a , et ou restera cette photographie absolue..................
le temps perdu n'existe pas, c'est un leurre,une ineptie.
moi l'odeur de mes madeleines que me ramené ma grand mère je l'ai là sous mon nez, je la mange et j'ai à nouveau 12 ans,
comme avec lui l'homme A quand il est revenu ce 17 Avril 2005, nous n'étions plus le 23 Mars 1991, et pourtant nous y étions encore, parce que cela n'ai jamais mort en nous, tu vis tout brule, c'est impensable, et pour tant nous étions encore dans ce temps hors du temps, suspendu .............
en dehors de ce monde
k

2. Le samedi 10 décembre 2005 à 15:25, par Berlol :

L'IP 82.224.126.36 s'est amusé à se faire passer pour quelqu'un d'autre et pour moi-même, sans connaître d'ailleurs les mails associés. C'est gros et ça se voit de loin... Ça pourraît être marrant sauf que ça implique quelqu'un qui n'a plus la possibilité de participer. Donc, j'ai effacé tout cela et je prie IP 82.224.126.36... de garder le fictif dans le fictionnel.

3. Le samedi 10 décembre 2005 à 20:33, par IP 82.224.126.36 :

Oui, merci d'avoir effacé.
J'étais un peu inquiet ce matin en me réveillant des implications de ce coup tordu et qui ne faisait rire sans doute que moi.

4. Le samedi 10 décembre 2005 à 21:44, par Bikun :

Merci Berlol pour cette petite note. Je pense que l'exposition a eu un franc succès, pas forcément financier, mais simplement le fait qu'elle ait eu lieu à cet endroit ou la culture telle que nous l'entendons, nous français, est quasi inexistante. J'ai plusieurs témoignages de gens travaillant dans des Organisations qui se plaignent de l'attitude du gouvernement voire parfois des pressions qu'il exerce sur les ONGs surtout celles qui travaillent de près ou de loin avec les médias et divers autres sujets "chauds".
Merci.
Au passage, il y a quelques erreurs dans ce reportage comme l'année affichée sur les photos mais n'ayant pas d'accès rapide à internet pas facile de retélécharger toute les photos.

5. Le samedi 10 décembre 2005 à 21:46, par Bikun :

Au passage, tu as trouvé l'unique photo de moi sur mon site...! Chapeau!

6. Le dimanche 11 décembre 2005 à 03:36, par FB :

au passage, pour Bikun, tu crois toujours que c'est la peine de saboter chaque photo par le cartouche auteur en transparence au milieu ? le © berlol n'est pas très discret non plus sur les siennes _ il me semble qu'il n'y a pas grand risque que ça finisse chez Paris Match, et au contraire les emprunteurs tiennent en principe à faire un lien ?

7. Le dimanche 11 décembre 2005 à 03:57, par Berlol :

T'as pas tort. Mon "© Berlol" est de l'ordre de la convention de genre, dans un coin. Pour Bikun, je crois que ça fait partie d'une autre convention, celle de la crédibilité professionnelle... Tant pis pour nous. Mais je vais quand même faire sa promo... ça me plaîrait bien qu'il en vive un jour, de sa photo.

8. Le dimanche 11 décembre 2005 à 04:38, par k :

oui, c'est beau, je suis tombée sur des jeunes filles chinoise, dans une chaise à porteur rouge, ça m'a fait pnsé à lol, le scénario perdu de lol v Stein, j'en mettrai un bout ce soir, ,j'aime lire quand vous parlez de lol, si vous avez des note berlol, pensez à moi, j'aime ça lire se que voous en dites, moi je ne sais pas faire cela. bon, programme chargé pas trop de temps, à ce soir donc, mais vous dormiez surement.........

9. Le dimanche 11 décembre 2005 à 07:50, par Bikun :

Pour FB, tu as raison dans un sens, ce cartouche "sabote" un peu la photo, mais, et Berlol l'a très bien deviné, en ce qui me concerne il ne s'agit pas uniquement de "protéger" la photo, car effectivement il y a peu de chances que cela arrive chez Paris Match. Hormis ce cartouche de toutes façons, il n'y a aucune façon de protéger une photo. Il n'y a aucune technologie actuelle qui permet de protéger une photo et peut-être que quelque part c'est mieux ainsi.

Je pense que j'arriverais un jour à en vivre...la route est longue mais je suis confiant. Merci Berlol.

10. Le dimanche 11 décembre 2005 à 07:51, par Berlol :

En tout cas, je remets ça dans le billet du jour... Allez, je vais me coucher.

11. Le lundi 9 janvier 2006 à 08:06, par sabrina :

Moi c'est le passage de la page 186 qui m'intrigue, une Lol qui a repris sa mémoire se place devant la mer, et moi j'y ai vu une image de ce qu'elle vient de vivre ou de ce qu'elle va vivre dans ce "La mort des marécages emplit Lol d'une tristesse abominable, elle attend, la prévoit, la voit. Elle la reconnaît." p. 186
Le passé est mort, dans un sentiment de tristesse elle s'en est débarassé, ça va pour une première lecture, mais si on met ce passage au regard de la fin d'India Song, n'est-ce pas un suicide qui est ici évoqué, (Lol comme double d'Anne Mrie Stretter finalement)?? ça c'était ma première lecture....
La suite n'est qu'un appendice qui dit que tout continue et que c'est à nous de faire de Lol, ce que nous voulons............?
En tous cas merci pour les remarques très sensibles et très intéressantes sur RLVS!
Sabrina

12. Le dimanche 15 janvier 2006 à 17:01, par Berlol :

Chère Sabrina, pardon de n'avoir pas répondu plus tôt à votre commentaire et surtout merci d'avoir lu attentivement l'ensemble des séquences [RLVS]. Outre les commentateurs "habituels", vous êtes la première personne à avoir voulu discuter d'un point de vue littéraire...
Pour le passage que vous évoquez, mon interprétation comme la vôtre sont possibles, ou disons recevables. Mais j'attire votre attention sur la chronologie. Quand Duras écrit et publie RLVS, elle n'a aucune idée de ce qu'elle va écrire après, ou très vaguement. On sait qu'elle travaille souvent à partir de l'insatisfaction vis-à-vis de ce qu'elle a écrit avant. De plus RLVS est en rupture (stylistique et ontologique) avec les oeuvres précédentes. Donc c'est un peu un OLNI (objet littéraire non identifié).
Qu'elle y repense, retravaille, pour plus tard répéter, compléter, s'écarter, faire écho, etc., c'est bien sûr normal. Mais l'autonomie du RLVS me paraît importante.
Marécages : eaux et terres prises ensemble, la terre n'y tient plus, l'eau y circule mal. Cage de la mer. La petite Donnadieu a connu ça, voyant sa mère ravagée par l'escroquerie de sa concession indochinoise. Au début des Chants de Maldoror, aussi, il est question de marécage. On n'y peut rien cultiver, on n'y peut pas baser sa vie.
"marécages bleus du ciel", métaphore pour les flaques d'eau et les laisses de la plage dans lesquelles le ciel se reflète.
"la mer monte enfin, elle noie les marécages bleus les uns après les autres, progressivement et avec une lenteur égale ils perdent leur individualité et se confondent avec la mer, c'est fait pour ceux-ci, mais d'autres attendent leur tour. La mort des marécages emplit Lol d'une tristesse abominable, elle attend, la prévoit, la voit. Elle la reconnaît."
Mais c'est tout de même une image du changement et de la réalité. Et pour Lol, c'est nouveau. Et on ne sait pas ce qui va se passer après, les perspectives de Lol sont à nouveau ouvertes et Duras n'a pas voulu imaginer ce qui pourrait lui arriver parce que ce n'est plus le sujet.
Mais s'agit-il de la disparition des marécages (mort des marécages), considérés comme marécages de sa mémoire, où sa vie était embourbée, coincée, et que le "traitement" aurait fait disparaître — après quoi on peut regarder les larges perspectives de la plage, de la mer, de la vie à vivre ? Ou de "prévoir", "voir" sa propre mort ? Et y a-t-il vraiment analogie perçue par Lol entre la plage et sa vie ? Ce "symbole" des marécages n'est-il pas avant tout un piège pour attrapper les lecteurs...
Donc, de mon point de vue, pas de suicide possible. La possible déception de Lol vient de ce retour à la banalité (après la maladie, la vie n'est pas spécialement plus belle...).
Au plaisir de vous lire, en courriel ou en commentaires.



Dimanche 11 décembre 2005. Dégagement soudain des horizontales.

Ce matin, j'hésitais entre aller au ping-pong et rester avec T., pour faire des courses ou ce qu'elle voudrait. C'est finalement ça que j'ai choisi. Elle m'avait dit qu'aujourd'hui serait une sorte d'anniversaire, il valait mieux que je lui tienne compagnie, que j'accompagne sa tristesse. Il y a un an, en effet, nous accueillions son père dans un appartement préparé pour lui, il sortait de l'hôpital où il était censé être mort plusieurs fois depuis juilllet, il était en sursis, on ne savait pour combien de temps, deux semaines ou dix ans. Il a été sinon heureux du moins tranquille dans cet appartement — cinq mois durant, en fait. Je l'ai souvent vu sourire, souverainement calme. Il n'a plus vu l'univers hospitalier, ce milieu stérile et stressant, cette usine de déracinement pour les Japonais qui préfèrent mourir chez eux que survivre indignés de tubes vitaux. Et comme il avait perdu une partie de sa mémoire, il a rapidement pensé qu'il était ici chez lui.
T. se souvient plus profondément que moi.

Nous sortons vers 11h30 pour aller faire une course à Ginza. Coïncidence du calendrier, T. doit aller voir le prêtre qui s'est occupé des offices funéraires en mai dernier, pour régler le calendrier des cérémonies à la mémoire des morts et des ancêtres pour l'année à venir. Avant cela, nous déjeunons de sushis, excellents, au second sous-sol de Ginzacore, près du carrefour principal de Ginza. Nous déambulons une petite heure dans le quartier bien qu'il ne fasse pas très chaud. Prenons un café au Shiseido Parlour, un endroit chic mais non fumeur (nous préférerions le Paulista, mais trop de fumeurs aujourd'hui).

Quand T. part pour le temple, j'oblique vers Tsukiji et je branche l'i-river sur un entretien de Laurent Goumarre avec Christine Angot. Je marche plein Est le long de l'avenue, vers le port, pendant que Christine raconte l'accueil épouvantable des Désaxés, double le quartier des poissonniers, désert le dimanche, enjambe des ponts, la Sumida, dégagement soudain des horizontales, elle raconte l'ami cinéaste qui ne créait pas. Et je me retrouve au pied de nouvelles tours qui forment un complexe de bureaux, magasins, habitations, là où il n'y avait rien depuis des siècles, Triton Square, quartier d'Harumi, où Christine s'énerve contre l'impuissance des autres alors qu'elle, elle fait son livre avec presque rien. Je déambule dedans, c'est sans intérêt, cette galerie commerciale, ressors derrière, par de petites rues, renjambe des ponts, il fait assez froid, Christine parle maintenant de la difficulté à s'accepter en tant qu'écrivain et quand j'arrive à une grande avenue où je dois attendre le feu rouge, elle craque, elle pleure d'aimer follement la littérature, au-dessus de tout. C'est pour ça que je ne transcris pas, il faut l'écouter, l'entendre. Je traverse, elle renifle et se reprend. Alors que je comptais revenir sur Ginza tout droit, j'avise une rue commerçante à l'ancienne, sur ma droite, avec des trottoirs abrités et la circulation fermée des dimanches. Dans mes oreilles qu'elle protège un peu du froid, elle raconte son plaisir à lire en ce moment un livre d'entretiens de Gérard Depardieu qui lui aussi est un fétu de paille à qui il arrive de toucher le ciel, elle raconte ce très vieil épisode du jeune Depardieu à ses premiers cours de théâtre, qui ne savait ni parler ni sa scène, et qui avait réussi à déclencher un fou rire général, lui aussi avec rien. Au bout de cette étonnante rue du milieu du XXe siècle, c'est la station de Tsukishima, sur la ligne qui rentre directement chez moi.

Encore trop tard pour mettre au net mes notes sur l'efficace littéréticulaire. Si, si, vous verrez, c'est bien. Un jour prochain. En attendant, juste dire mon intime conviction qu'Angot est de la trempe des Duras, la seule à la rejoindre dans une certaine vibration de la corde vitale.

Commentaires

1. Le dimanche 11 décembre 2005 à 10:31, par fg :

"qu'Angot est de la trempe des Duras, la seule à la rejoindre dans une certaine vibration de la corde vitale..."
c'est bien possible...

2. Le dimanche 11 décembre 2005 à 10:54, par Arte :

Revu "La chatte sur un toit brûlant", (le film)
Shakespearien... , sauf la fin !
Même fin que le "Ravissement..." ... , sauf les questions !

Quoi que !

3. Le dimanche 11 décembre 2005 à 11:30, par k :

même fin non, pour lol c'est:
« la fin sans fin »

4. Le dimanche 11 décembre 2005 à 11:30, par k :

un ravissement

5. Le dimanche 11 décembre 2005 à 11:49, par alain :

K, merci, pour l'autre jour, oui, je veux bien des chansons de B. Fontaine mais deux disques m'intéressent seulement qui ne semblent pas convertis, encore, au mp3. Il faut que je te dise lesquels mais ce soir, à cette heure, je suis déjà (comme la plupart du temps et de plus en plus) hors d'usage.

6. Le dimanche 11 décembre 2005 à 15:00, par k :

je suis sur cette ile. elle fait 1 mètre de diametre,.
je suis là , là assis, recoquevillée. les genoux dans le menton, les bras tout autour, les bras entourent les jambes, recroquevillée, là.
le regard au loin, perdu, flou, abscent, au dedans, au dedans du vide. Elle serait ainsi,assises là,nue.
son corps recouvert d'os et sur la peau des accros,de tout petits, tous petits accros, presque invisible, des accro que seul un expert d'accro pourrait discerner. Tout autour de cette ile il ya ce liquide, rouge, visqueux, elle est piégée, encerclée, elle m'en a pas conscience, ne voit rien, ne sais rien ,m'entend, rien, juste cette douleur, cette douleur a a peine perceptible car les accros sur sa chair son si petits.On l'a verrait d'en haut en contre plongée, tout serait calme et serein. pas de temps, ni de froid, ni de vent qui frolerai son corps en tas.nue, recouvert de ces plaies. si petites qu'on ne les voient qu'a peine, mais s'ils on prend le temps de regarder suinte de celle ci, le sang, ce sang qui c'est répandu à perte de vue et qui à former cette océan rouge. Il l'encercle, aucune berge en vu, elle reste là, le regard dans ce trou piègée dans cette mer océan de sang.

7. Le dimanche 11 décembre 2005 à 15:45, par k :

c'est beau, j'ai pleurée ausi, oi aussi j'ai fait rencontre avec cette chose qui me dépasse, une recontre avec moi, un moi qui je ne connais pas, qu'il faut abriter, a qui il faut faire de la place, mais comme elle j'ai du mal, je ne sais pas le faire, je suis si petit, si rien face à ça..............

8. Le dimanche 11 décembre 2005 à 16:14, par k :

j'ai envoyé à l'homme A, je lui est dis de mettre le curseur à 18:50, se que je ressens, fasse à cet amour, comme elle face à l'écrivain qu'elle moi face à l'amour que je lui porte, à se qu'il m'a dit de moi..........., c'est ça

9. Le lundi 12 décembre 2005 à 03:08, par k :

MD : « évidemment je peux montrer lol V.STEIN au cinéma, mais je ne peux la montrer que cachée, quand elle est comme un chien mort sur la plge, recouverte de sable, vous voyez………détriute déjà filmée, pas sortie du livre………..mais déjà abimée par les comentaires, les lectures………..quand elle remonte vers le bal de stala, vers sa naissance, elle est déjà esquintée comme une putain ; je la vois plein de fards, de bijoux, croulants comma ça, sous les fards et les bijoux »
« on célébre sa folie. Elle est vieille, elle sort de casino sur une chaise à porteur, elle est devenue chinoise. La chaise est portée par des hommes, sur les épaules, comme un cercueil. Lol V Stein est très fardée, peinturlurée….elle a les cheveux teints, elle est fardée comme ne putain, elles est détriute, comme on dirait, née. »
« la elle va mourir. Elle a fini de me hanter, elle me laisse tranquille, je la tue, je la tue pour qu ‘elle cesse de se mettre sur mon chemin, couchée, dans mes maisons, mes livres »

10. Le lundi 12 décembre 2005 à 04:52, par Berlol :

"esquintée", je pensais justement à ce mot-là, ce matin. Je ne sais plus pourquoi.
Pour Lol, je ne suis pas impressionné comme vous par son devenir après Le Ravissement... En tout cas, merci pour les citations !

11. Le mercredi 14 décembre 2005 à 01:03, par caroline :

Merci merci pour cet excellent moment de radio. Il y avait longtemps que je n'avais pas autant ri en écoutnat la radio ! C'est l'apothéose quand elle y met du Depardieu... Pauvre Duras, c'est pas sympa de la comparer à Chrisitne Angot.



Lundi 12 décembre 2005. Je m'ai à l'œil.

Avant ce journal et d'avoir des lecteurs, je n'envisageais les fuseaux horaires que de façon ludique (se lève ici, se couche là, amusant, l'idée) ou de façon pratique (téléphoner à quelqu'un sans le réveiller, compter les heures de vol).
Maintenant, il s'agit d'une présence ordinaire. Comme on sait son nom, où sont ses clefs, qui l'on aime, je sais l'heure qu'il est ici et là. Premièrement.
Ce que j'écris ici depuis deux ans n'est pas d'un genre. De plusieurs peut-être. C'est ouvert. On m'attend au tournant. J'y suis, je n'y suis pas. Chaque jour, je m'attends au tournant, moi aussi. Je m'ai à l'œil. Ce n'est pas une quête d'amour. Ce n'est pas la composition d'une œuvre selon un plan. C'est une expérience littéraire et réticulaire. Il y en a qui suivent, il y en a qui décrochent. Il y en a qui se méprennent, il y en a qui déraillent. Et puis moi-même j'en suis d'autres. On est embarqués. Deuxièmement.
C'est une mutuelle considération d'exister. Elle me donne une satisfaction, celle d'utiliser efficacement l'inutilité de ma vie (au regard de l'univers), en occupant simultanément un grand nombre de lieux, en étant considéré comme interlocuteur par une inimaginable diversité d'êtres humains — presque tous francophones. Je dors, on me lit ici (dans un certain contexte : on a fait du café, c'est le matin). Je prends un train, on me lit là (dans un autre contexte : googlage de boulot, tiens, c'est quoi Berlol ?). Je lis untel, untel me lit, en même temps parfois. L'efficace d'une existence par sa démultiplication pourrait ne pas être nouvelle mais elle l'est. Elle l'est, cette efficace-ci, parce qu'elle se passe des pertes de temps (et) de la condescendance. La condescendance des éditeurs, la condescendance des critiques, la condescendance des circuits commerciaux. Je suis mon juge littéraire, mes lecteurs aussi ; entre eux et moi, personne. Personne pour venir mettre sa stratégie — une stratégie qui se réfère plus au groupe social où grenouille le fameux personne qu'à ma valeur (mesurable avec quel instrument, d'ailleurs ?). Troisièmement.
Je ne dis pas que je n'aime pas le livre. Je l'admire et le vénère. J'en tripote et j'en dorlote tous les jours. J'en compulse et j'en expulse comme je respire. J'en compote et j'en tripulse, même. Mais j'essaie autre chose. On veut bien ? Je peux essayer ? Je ne tords pas les forêts ni ne fais de tort aux libraires. Quoique... Sans soumettre, sans les fourches caudines, sans les chiffres de vente ni les chèques à la clé. Étant en mille lieux du réticule, en milieu réticulaire, je suis à mille lieues de ceux qui font et profitent du milieu littéraire. Pourtant je (et d'autres) deviens ce milieu, en mille lieux. Quatrièmement.

Alors, mon efficace ? Comprise ?
Non, ne sortez pas les étiquettes mégalo ou schizo !
Reprenez la lecture, ce n'est pas long. Je vis ma vie, je n'en ai qu'une. Et en même temps, j'en projette des poussières partout dans le réseau. Des poussières spéciales, travaillées, biseautées, poncées, gavées d'électronique, qui gonflent, qui émettent un truc de ma composition, un mélange qui me vaut, qui me représente, chaque jour.
Encore une fois, je ne suis pas seul. Pas le seul. Pas plus pas moins que d'autres, avec chacun son type de biseautage, sa ponceuse, son mélange. Nous sommes libres. Nous emmerdons la maréchaussée du livre.

J'avais cette efficace qui me trottait dans l'esprit depuis un moment. Peut-être même d'avant. J'ai dû en parler déjà. Mais pas de cette façon concentrée, avec cette conscience claire et les fuseaux horaires dans ma main. Vendredi, dans le train, alors que je me figurais les Mercédès de Zwiertchlewski, dans L'Affectation d'Alain Sevestre (p. 110-113), les possibles permutations progressives des trois voitures jusqu'à Samarkand, c'est entré en résonance avec les pierres dans les poches de Molloy, le faire à défaire du Bartlebooth de Perec, et avec le défilement sauvage des paysages par les fenêtres, et les fonctions de géoposition des téléphones et des logiciels, etc., etc. Une résonance littéraire des êtres et des territoires qui fait que je ne suis pas condamné à ne vivre qu'avec les gens qui m'entourent localement et professionnellement, que je peux vivre littérairement avec des gens d'ailleurs, introuvables sans cette littéréticularité, qui m'apprécient et que j'apprécie, sans que je sois une charge pour eux, sans qu'ils en soient une pour moi.

Car personne ne m'a empêché d'aller déjeuner au Saint-Martin avec T., ni d'écouter Étienne Balibar et Daniel Bensaïd dans les Vendredis de la philosophie. Ni de relire deux chapitres de l'Histoire de l'œil de Bataille, l'odeur de Marcelle (en l'absence d'icelle) et une tache de soleil (qui se passe sous la lune) pour en discuter au GRAAL. Ni d'abandonner mes amis sans dîner avec eux pour vite retrouver T., une salade de tomates, un poisson, et regarder avec elle la fin de Femme fatale et Mad Max, enregistrés respectivement la veille et l'après-midi même.

Questions aux batailliens du réticule : le texte de la Pléiade, deux lignes avant le chapitre Une tache de soleil (p. 15) contient un verbe au futur : « Tu pourras lui fesser la figure [...] », alors que l'édition de la même version dans les œuvres complètes contient le verbe au conditionnel : « Tu pourrais lui fesser la figure [...] ». Ne serait-ce pas une co(q)uille de la Pléiade ? Ou ai-je eu la berlue ?

Commentaires

1. Le lundi 12 décembre 2005 à 10:51, par vinteix :

En effet, c'est troublant... futur ou conditionnel ? Dans les deux versions du texte, la Pleiade donne le futur... Dans les "Oeuvres completes", le conditionnel est dans la 1ere version seulement (1928), pas dans la seconde ; mais dans l'edition de Pauvert (2001), fac-simile des 2 versions, on a le futur dans les 2 textes. Dans l'edition de poche 10/18 (2eme version), on a le conditionnel...
Ceci dit, dans cette Pleaide, il y a pas mal de coquilles, a commencer par la bibliographie, pleine d'erreurs.
Au-dela de ce detail, personnellement, je vois peu de litterature dans les blogs... des pensees, des idees, quelques "fusees" qui sont comme des bribes de litterature, mais le plus souvent des commentaires, a la maniere d'un journal ou d'un carnet de voyage... ce qui n'est pas sans interet... Mais c'est plus de l'ordre de l'esquisse ou du brouillon...

2. Le lundi 12 décembre 2005 à 11:09, par vinteix :

... ou alors, bien souvent, aussi, des defoulements nerveux, des epanchements proches parfois de la crise d'adolescence, quand on voit l'opiniatrete avec laquelle les commentaires fusent, auxquels j'ai eu le tort, moi aussi, de me laisser prendre une ou deux fois...

3. Le lundi 12 décembre 2005 à 11:47, par vinteix :

Dans le deuxieme message, je parlais bien evidemment des commentaires.

4. Le lundi 12 décembre 2005 à 12:18, par jorgensen :

oui d'accord
urgent de mettre à l'épreuve l'outil blog sur du long terme en restant exigeant
j'avais décroché mais promis de revenir
c'est fait depuis hier
drogue dure

5. Le lundi 12 décembre 2005 à 14:01, par FB :

les questions ici évoquées sont toutes nôtres, même à fuseau horaire zéro _ l'espace commentaire, puisqu'ici on nous accueille, se devrait d'en être la mise en travail _ bon, à part "on me lilas" (en plein hiver) _ par exemple bizarre l'assimilation livre/chèque etc _ le dialogue entamé avec le Lichen, lichen d'Emaz ou cette lecture d'Alain Sevestre que je ne connaissais pas du tout, c'est à la fois dialogue avec le livre, et la preuve que le travail qu'on ébauche sur Internet dispose de sa propre autonomie, y compris dans les longueurs diffusables, et la description même du réel : comme si la description du réel était pour chaque époque et chaque technique un prolongement de la forme matérielle de la langue en partage - allez, j'arrête ou repars monologuer chez moi, JP Goux est venu dîner ce soir avec une bouteille de Morgon...

6. Le lundi 12 décembre 2005 à 14:07, par FB :

ceci est un message privé (désolé Berlol) :
"jorgensen" puisque tu signes ainsi, content de te voir de retour dans le jardin virtuel ! je remets lien sur mes pages
il n'y aurait pas besoin de créer un compte "blogger" pour mettre un commentaire chez toi, je te l'aurais dit sur place ! (et un autre titre que "l'émoi des mots" ? - "fuseau horaire Rezé" tiens par exemple...

7. Le mardi 13 décembre 2005 à 01:52, par Berlol :

Merci, Vinteix, d'avoir vérifié. Comme quoi, il y a toujours à faire gaffe. Sus aux coquilles !
Tu dis que tu ne vois pas beaucoup de littérature dans les blogs, mais de toute façon on n'en voit pas beaucoup non plus dans les livres, proportionnellement...
Pas de mal, pour le message privé ! Bonjour à l'ami Jorgensen !
Oui, l'assimilation livre-chèque, on sait qu'elle est minoritaire, en nombre d'écrivains, puisque la plupart ne vivent pas de leurs droits d'auteurs. Mais les médias font mousser les titres qui rapportent, comme tu le sais, et parlent de ces chèques mirobolants, maintenant avec le même langage que pour des transferts de footballeurs ; ils arrivent à faire croire à une majorité de gens que c'est l'aboutissement de la carrière littéraire, le must en matière de publication. Moi, je n'en crois rien, mais je me place de ce point de vue doxique pour mieux souligner mon éthique.
Sauf que j'ai oublié de parler des blogs professionnels, ou rémunérés, qui commencent à exister. Un nouveau créneau pour se faire de la maille...

8. Le mardi 13 décembre 2005 à 02:07, par vinteix :

Pour ce qui est des livres, c'est vrai aussi, en effet, "proportionnellement".

9. Le mardi 13 décembre 2005 à 03:52, par cécile :

Berlol
C'est pas fait pour, tu ne cherches pas ça, mais là, moi, de mon côté, je veux te le dire : j'aime vraiment cette expérience que tu fais, et la façon claire, honnête, exigeante et si chaleureuse dont tu la mets en oeuvre, et dont, aujourd'hui précisément, tu l'exposes, bref, tout y est dans ce billet de ce qui me plait de ta démarche, et par là, par bribes, de ta personne; un écho à ma propre façon de penser et d'éprouver, même si, de mon côté je ne propose pas quelque chose en parallèle, simultanément, bizeautages et mélanges, ni même vraiment dans les commentaires; plus du côté de la réception (active), mais je "suis" (j'ai mis des guillements pour reprendre "suivre" mais "être" ça marche aussi) : je suis et je suis (toujours) là, donc !

10. Le mardi 13 décembre 2005 à 04:48, par Arte :

condescendance ? Ca se transmet ?

11. Le mardi 13 décembre 2005 à 05:15, par Berlol :

Hélas oui, Arte, c'est même une belle pendémie ! Fais gaffe à toi.
Merci, Cécile, ça me touche beaucoup, qu'il y ait de tels accords, presque musicaux (sortez les violons). Ça ne s'impose pas à tout le monde. Mais qu'il y en ait quelques-uns, quelques-unes, oui, c'est rassurant.

12. Le mardi 13 décembre 2005 à 10:24, par alain :

moi aussi, je suis.
avec plaisir.

13. Le mardi 13 décembre 2005 à 11:39, par k :

i tou

14. Le mardi 13 décembre 2005 à 11:53, par k :

je suis là. je ne suis jamais loin.



Mardi 13 décembre 2005. Mal camouflées, même pas noircies.

Le froid se décide. Ce matin et surtout ce soir, j'ai apprécié mon manteau à haut col qui est, dans mon imagination, ce qui se rapproche le plus du carrick du Colonel Chabert. Sauf qu'à y regarder de plus près, ce mot désignerait plutôt une redingote de cocher. Ça doit être le col, protecteur, associé au froid russe d'où Chabert est revenu... (C'est pour un cours en janvier-février, je me remets dans le bain.)

La langue va vite, elle vit, on la laisse vivre. Il m'arrive parfois de regretter certains glissements de sens. Cet après-midi, j'entends qu'à la suite d'un attentat, des gens s'enferment chez eux de peur d'éventuelles répliques. Moins d'une heure après, s'agissant d'un tremblement de terre, quelqu'un avait d'abord pensé que c'était une attaque terroriste. Ainsi le crime prémédité et la catastrophe naturelle échangent leur vocabulaire dans un chiasme que je trouve regrettable puisqu'il installe durablement dans les esprits l'idée que le terrorisme serait plutôt d'origine naturelle que d'origine (géo-)politique ou (mondialo-)sociale.
— Oui, mais c'est ce que des gens ont dit ! C'est la vérité !
— Ah bon, et pas d'autres gens qui disaient autre chose ?
— Ben si, mais c'est le journaliste qui choisit !...
— voilà, c'est là que je voulais en venir...

Autre regret — ça doit aller avec le froid... — : que le Magazine littéraire de décembre, reçu ce matin, titre sur la Bible. On en a déjà fait une tartine à la sortie de la fameuse (fumeuse ?) traduction dite des écrivains en 2001 — et c'est d'ailleurs l'occasion de la remettre en tête. Nul n'ignore que c'est un des fondements de notre civilisation, mais est-il nécessaire de le ressasser si souvent. Craindrait-on qu'en trop grand nombre (légion...) des gens soient en train de l'oublier ? N'y a-t-il pas une sorte de crispation chez certains, ou comme un sourd cri de ralliement, dans ces temps multi-ethniques et pluri-religieux ? Cela pourrait même être pris pour une provocation, si ce magazine était suffisamment lu. Ce dont je doute. En tout cas, j'y songeais depuis quelques mois, je ne renouvellerai pas mon abonnement.

Bon, c'est un jour comme ça : le film que je regarde ce soir, Triple Agent d'Éric Rohmer (2003), me déçoit... triplement. L'histoire est réduite au cadre conjugal, le jeu des acteurs me laisse indifférent et les rues filmées sont visiblement des rues d'aujourd'hui mal camouflées, même pas noircies. Par comparaison celles de Bordeaux dans Bon Voyage sont autrement restituées et vivantes ! Je sais que Rohmer joue toujours avec les conventions du cinéma... L'Anglaise et le duc m'avait d'ailleurs beaucoup plu... Et pas que celui-là. Mais là, non !

J'essaie tout de même de finir sur une note plus mélodieuse...

« laisser tant pis se rompre la langue mais je parle
langue en bouillie de pierres précieuses
au bourgeon dentaire pas de cellule haute
ni l'adamante mais l'adamite
cafouillage des gencives bourrées de silicone
et des gencives défoncées d'expériences
et des gencives édentées d'incisives
avec la molaire ruminante
alors tant pis le bézoard
ne fallait pas ingérer leurs morales »

(Caroline Sagot-Duvauroux, Vol-ce-l'est, p. 63)

Commentaires

1. Le mardi 13 décembre 2005 à 11:59, par k :

c'est drole cette phrase d'angot,l'homme A la dit souvent.
vais pas bien se soir, ai vu le doct, il a dit va pas bien, on attend encore un mois, on verra, mais j'y rien de grave.
Non rien n'est jamais vraiment grave, j'y toujours une solution.
Moi votr blog, je l'aime beaucoup, bon c'est vrai que j'ai atterit là pas hazard, enfin non cause de lol, de voous et votre rapport avec elle.
c'est vraie que mes commentaires, ne vont pas toujours dans le sens du billet du jour, t puis alors..........;c'est pas grave non plus, j'fais de mal à personne, et vous tous, et bien quelque part vous êtes là avec moi.

2. Le mardi 13 décembre 2005 à 15:24, par k :

Comme promis, et malgrès avec un s, la fatigue, l'angoisse, je vous offre se passage du camion qui moi m'émeut beaucoup.
donc duras, depardieu :
Elle : elle dit on y arrivera jamais, ou..., et bien vous êtes bien d'accord, jamais
Lui : c'est à dire...;.peut être vous avez raison
.........
Elle : a que j'étais jeune un jour
Lui : Hiroshima, hiroshima "
(lui qui le dit, depardieu, et le film est là, dans sa totalité, dans cette amour impossible, juste avec ces deux mots,la voix de depardieu, le film estlà, l'histoire s'impose, on la connait/k)
"Lui : oui elle voulait mourir d'amour
Elle : elle est morte d'amour......oui ...et puis elle a vécu..........elle a attendu 10 ans, 20 ans, 30 ans, 1000 ans, elle a vécu..........
Lui : qui est elle, la dame du camion?
elle : déclasée, c'est la seule information
lui : pourquoi pleure t'elle
elle : cette histoire d'amour, qu'elle aurait eu.
Son corps a elle était son corps à lui..indissociable, de jour comme de nuit, de son propre corps.
Lui : avec qui?
elle : des milliards d'homme.........elle se trompait, ce sont les égarement de la jeunesse, de l'intelligence. Ca se passait dans des temps ancien, on ne pouvait pas savoir ce qui se passé derrière la clarté des mots : révolution, lutte de classe, dictature du prolétariat........
lui : la clareté c'est obscursie
Elle : OUI, ON NE LIT PLUS RIEN, ON NE VOIT PLUS RIEN
lui : on ne pouvait pas savoir avant d'y aller que c'était vide. Avant de faire une chose comment savoir que se n'est pas la peine de la faire? Ceux qui n'y sont pas allés est ce qu'il le savent?
Elle : NON "
j'aime gros ça, tout, pour moi la vie, l'amour, tous est résumé là.
Alors voila, outre les autres textes, mais celui si est décisif ( inconsciemment)dans le fait que j'ai rencontacté l'homme atlantique, car oui, se sont les égarements ( de la jeunesse peut être et encore.........)qui font que l'on croit que pas a que se que l'on a ressenti au plus profond de notre être, on pouvait le vivre avec des milliards d'autre, et puis un jour, plus ou moins tard, ou jamais, on se dit ça.
que ce n'est plus la peine ,on sait, m^me si c'est difficil à admettre, car ç'est "tuant" d'avoir cela devant les yeux, que devant la clarté des choses, on a voulu s'en convaincre le contraire.
Je ne voulais plus cela, c'est pour cela , pour lui dire, je sais cela de vous, que vous êtes mon amant unique, l'homme fait pour mon corps (comme elle dit) accordez moi le droit de ne désirer que vous, même si vous ne pouvez ou ne savez quoi faire de cela, accordez moi ce droit..................
Mais 6 jours après j'ai recu ce message, est-ce vous, celle que j'attendais depuis toujours, vous qui étes apparu au bout de 2 x 7 ans (y a nerval qu'a écrit un texte la dessus le messagé qui apparait et tout et tout, pas tout suivi nerval, mais ressenti, faut juste que je n'y replonge mais pas là non)
la messagère que j'attendais. Je me rappelle votre nom, si c'est vous il n'y pas de mot pour dire cela ou, oui peut être ceux de duras..................
Voila ce que l'on c'est dit avec une cinquentaine de mails sur deux jours, et puis
et puis il me faut me coucher, a demain peut être
pam padapo padapom pomm pomm bonne nuit les petits
faites de beaux rêves
elle

3. Le mardi 13 décembre 2005 à 15:25, par k :

oh lala j'y que moi ici, vous me le dites heim si je ressemble à mp

4. Le mardi 13 décembre 2005 à 15:58, par Berlol :

Pas de problème, K. Vous défendez votre peau et n'obligez personne. Total respect.

5. Le mardi 13 décembre 2005 à 23:44, par caroline :

Pour "Triple agent", je ne suis pas d'accord du tout ! Justement, Rohmer ne cherche pas à faire du vrai. Pas d'effets spéciaux. On est dans la sphère de l'intime dans chacun de ses films. L'Histoire (avec un grand H)est toujours présente, mais elle est vue à travers une histoire( avec un petit h), le plus souvent sentimentale. Même dans Les Comédies et Proverbes, les Contes des Quatre Saisons, même s'il s'agit d'études sentimentales, la société contemporaine est toujours présente. On peut se retourner sur son oeuvre et voir plus de quarante ans d'un regard de sociologue posé sur la société française. Quand il fait dans l'historique c'est pareil. Dans l'anglaise et le duc, les décors sentaient le carton mais on y adhérait, à cette histoire. Là, pourquoi aurait-il noirci les murs pour faire plus vrai ? Rohmer prend des distances avec le réel pour, justement rendre plus réel aux yeux du spectateur. Le jeu des acteurs très "théatral" ou du moins décalé aussi contribue à cette identification avec les personnages car ça laisse la place pour les habiter et s'identifier.
C'est mon point de vue et je suis un peu inconditionnelle de Rohmer.

6. Le mercredi 14 décembre 2005 à 01:09, par Berlol :

Objections tout à fait recevables, chère Caroline. Il faudrait que je le revoie un jour où je serai mieux luné qu'hier. Je confesse cependant m'être ennuyé à plus d'un film de Rohmer, être devenu presque indifférent à son égard. "L'Anglaise et le duc", par son audace, avait relancé mon intérêt. Rien n'est perdu ! Ceci dit, même sociologiquement, Chabrol ou Mocky m'interpellent bien mieux ! (pour rester dans la même génération...)

7. Le mercredi 14 décembre 2005 à 07:16, par caroline :

Je reconnais que Rohmer ne fait pas l'unanimité. Il agace. J'ai revu recemment "Pauline à la plage" avec Arielle Dombasle. J'ai été la seule à rester devant l'écran. Je voulais que mes enfants voient ce film (dois-je avouer que ma fille Pauline qui a 22 ans s'appelle ainsi parce que...). Tant pis, chacun ses manies !



Mercredi 14 décembre 2005. Nuit et saisissement.

On peine, en fin de trimestre. Les bons rapports avec les étudiants n'y font rien. La perspective de réunions interminables pèse lourd, en revanche. Évasion par les oreilles, en début d'après-midi ; c'est une rediffusion d'entretiens avec Hervé Guibert dans À voix nue cette semaine, et une lecture en direct lundi soir dans Culture Plus.
Le grain de sa voix, son calme dans le pathos biographique.

Au sortir d'une réunion
nuit et saisissement du froid
gazes nuageuses qui coursent et fuient la lune

« Rouvrant un cahier d'août 1968 où j'avais jeté quelques notes sur les événements de mai que, les suivant de loin, et conformément à ma pente naturelle, j'avais tout de suite jugés avec réticence, je ne veux aujourd'hui en retenir que ma réaction à la lecture du sixième cahier de L'Éphémère paru cet été-là.
J'avais été frappé par le fait que trois écrivains de ma génération parmi ceux que j'admirais, et admire encore, le plus, dont deux étaient d'ailleurs rédacteurs de la revue (les deux autres, Bonnefoy et Picon, ayant gardé le silence), René-Louis Des Forêts, André Du Bouchet et Jacques Dupin, écrivains plutôt secrets et que je n'avais jamais vu s'engager dans un débat politique, saluent l'événement avec une égale ferveur — ferveur que probablement, même sur place, je n'aurais pas partagée : chacun d'eux, d'ailleurs, très significativement, ayant cru voir là réalisé, ne fût-ce que pour quelques jours, le rêve même qui aimantait son œuvre : Des Forêts, une
« parole bouleversante sortie comme la vérité de la bouche d'un enfant », Du Bouchet, une « vacance » nouvelle, Dupin un « soulèvement des signes »... Ces pages, sur le moment, m'ont ébranlé ; je devais être vaguement honteux de moi, qui n'aurais pas été porté par cette vague d'espoir fiévreux. Mais je me souviens que, poursuivant ma lecture de la revue, j'étais tombé sur le récit de voyage de Bashô traduit par René Sieffert : La sente étroite du bout du monde ; et que je m'étais dit aussitôt, sans plus réfléchir, que cette sente étroite était la seule que j'eusse envie de suivre sans me contraindre, la seule où je n'aurais pas bronché. Dès l'ouverture, dès le premier « coup d'archet » : « Mois et jours sont passants perpétuels, les ans qui se relaient, pareillement sans voyageurs. Celui qui sur une barque vogue sa vie entière, celui qui la main au mors d'un cheval s'en va au-devant de la vieillesse, jour après jour voyage, du voyage fait son gîte », j'étais entraîné, « lambeau de nuage cédant à l'invite du vent », prêt, dans cette acceptation, à toutes les haltes, à tous les passages, et même aux séparations (comme on est entraîné, si souvent, par ce voyageur d'une autre sorte, plus mélancolique, qu'est Schubert). Nulle révolte, ici, contre les pères ; mais la vénération de ce que le passé a eu de pur, comme telle stèle de mille ans qui, « dévoilant l'esprit des Anciens », tire des larmes au voyageur. Choses qui pourraient figurer à mes yeux les piquets d'une vaste tente, ou les points d'attache d'une toile d'araignée (c'est Joubert qui écrit que « le monde a été fait comme la toile d'araignée »). L'absolue merveille de cette prose, de cette poésie, est qu'elle ne cesse de tisser autour de nous des réseaux dont les liens, toujours légers, semblent nous offrir la seule liberté authentique.» (Philippe Jaccottet, La seconde Semaison, carnets 1980-1994, Gallimard, 1996, p. 135-137.)

On reliera si l'on veut avec avant-hier, mais ce n'est pas obligé...
Une note de bas de page de Jaccottet sur cette édition de Bashô précise que le texte a reparu « vingt ans plus tard à la Délirante, traduit cette fois par Jacques Bussy avec quelques autres pages sous le titre : L'Ermitage d'illusion [1988]

Commentaires

1. Le mercredi 14 décembre 2005 à 09:14, par vinteix :

Evidemment, quand on lit Jaccottet, la, on est dans ce que j'appelle de la litterature...

2. Le mercredi 14 décembre 2005 à 13:00, par Arte :

"Pourquoi... être venus si loin... c'est le bout
du monde ici..."
(...)
"Pourquoi..." j'oublie... la parole en déplacement
s'oublie... pour aveugler... Et le sol - toujours
un peu plus haut, à hauteur de la tête forée par ce qu'elle
profère autant que par ce qu'elle a sans mot dire
perçu déjà... à hauteur de la tête levée, là
- et pour l'aveugler... jusqu'au fond où quelque
ajour sans fin, comme on avance, criblant, aura
tout emporté... même emporté la question...
ADB - L'ajour

3. Le mercredi 14 décembre 2005 à 15:05, par k :

j'amerai ca oui que la question soit emportée, emportée loin,
au dela des mers, dans le néant.......
dans ce trou, ne penser à rien,.......
ne savoir rien.......
n'être plus rien........

4. Le jeudi 15 décembre 2005 à 04:43, par cécile :

Oh oui, cette voix d'Hervé Guibert.
(Mais celle de Laure Adler avant et après, surtout après, pouah, comme une erreur musicale.)



Jeudi 15 décembre 2005. Chocolat restera au singulier.

Le chemin du désendettement... en 2007... Vous l'avez entendue, celle-la ? Villepin me fera mourir de rire, s'il continue comme ça. Pourquoi pas la sente du bout de la dette, pendant qu'il y est ! (Sous-entendu : quand il sera président...)

J'étais bien content de mes étudiants de première année, tout à l'heure. J'ai senti qu'ils avaient tous bien perçu la différence entre d'une part l'idée générique du pain quand je dis qu'il faut acheter du pain (on verra ce qu'il y a...) ou que je vais acheter le pain (je sais de quoi je parle !) et d'autre part les réalités du monde que je dois exprimer avec des spécificateurs et des quantificateurs : une baguette de pain, des tranches de pain... Idem pour le chocolat : on en a tous l'idée et le goût, mais selon les cas, je le trouverai en poudre, en tablette, en boîte ou au poids, voire en tube ou en pot ; et si c'est en tablette, tablette peut bien être au pluriel, pour les gourmands, mais chocolat restera au singulier, alors que si c'est en boîte, ça sera plutôt des chocolats au pluriel, comme ceux de chez Neuhaus dont on me disait à Bruxelles que ce sont les meilleurs...
Ça donne parfois des choses étranges, puisqu'on laisse les étudiants essayer diverses combinaisons, comme une bouteille de beurre — pourquoi pas — ou une livre de mouchoirs — en cas de gros rhume, alors.
Ah oui, à propos des mouchoirs. Le dictionnaire électronique donne comme traduction ハンカチ (hankachi, de l'anglais handkerchief), ce qui est un mouchoir en tissu, plus très courant en France. Les étudiants m'en mettent volontiers une douzaine, de préférence de bonne marque, achetés au grand magasin — oui, tout le monde en a au moins un dans son sac (dames) ou dans sa poche arrière (hommes) pour s'essuyer le front l'été ou les mains aux toilettes. Et quand je leur propose d'acheter une boîte de mouchoirs, ils me regardent avec des yeux étonnés, presque réprobateurs... Alors que c'est ce qu'ils font tous !, répartis-je. Oui, sauf que ces mouchoirs-là, en papier, jetables, ils les appellent ティッシュ (tisshu, de l'anglais tissue paper). Tollé de surprise mais tout s'explique. Mais bon sang, c'était bien sûr !
Voilà le genre de choses qui font mon contentement...

J'ai enfin retrouvé le chemin du centre de sport (sans attendre 2007). J'en ai profité pour allonger mon temps de pédalage et faire plus de kilomètres avec Alain Sevestre...

« J'atterris au gymnase, dépliai la table de ping-pong, m'assis sur un banc, attendis Méton qui ne vint pas, m'étendis sur un tapis de sol, yeux au plafond, pensées vers Lili. Tous mes efforts pour l'oublier s'étaient anéantis en l'apercevant à travers le carreau, comme si nous ne nous étions jamais quittés, comme si je n'étais jamais sorti de cette histoire. Je m'en voulais d'avoir oublié que j'avais quelqu'un dans ma vie. Je l'aimais.» (Alain Sevestre, L'Affectation, p. 128)

Le nez dans le guidon pendant des dizaines de pages, le personnage semble ne rien comprendre ni ne rien pouvoir décider. Puis, de temps en temps, le narrateur perce le futur, une partie du futur, en trois-quatre lignes, vers là où le personnage ne sait pas encore qu'il va. Loin de désamorcer l'intérêt du lecteur, cela ne fait que l'accroître en le forçant à échanger la question qu'est-ce qui va arriver ?, trop banale, pour un lourd de conséquences comment ?, c'est-à-dire comment ces choses-là pourront-elles advenir ?

« Mais aucun Superman-narrateur, version omniscient, ne perça l'azur de ses gros poings serrés pour prendre le relais.» (Ibid., p. 136.)

Heureusement que j'ai vu hier un très bon film : Secret défense (de Jacques Rivette, 1997, avec Sandrine Bonnaire et Jerzy Radziwilowicz). Ça tranchait d'autant plus sur ce que je trouvais terne chez Rohmer que les thèmes du secret d'État et de la trahison combinarde s'y retrouvaient.
En revanche, à la télé ce soir, Poison, un film avec Antonio Banderas (en fait Original Sin, 2001), un truc poussif que je regarde sans le son, en surveillant une mise à jour sur mon portable. Aucun besoin de connaître les détails de l'histoire, mimiques et décors suffisent pour redire une énième fois les aventures, les trahisons, les rebondissements d'un couple de joueurs d'argent aux cartes, ici avec possession, marquage au couteau et empoisonnement. La pruderie américaine précise que ce film « Contains explicit sex [...] », ce qui est tout à fait faux. Quand ils font l'amour, on voit un sein durant trois secondes avant qu'une main ne le recouvre gentiment, puis dix secondes le visage crispé de l'homme et ses doigts qu'il se mord (on imagine hors-champ une fellation mais elle pourrait tout aussi bien être partie faire du café...), puis les bustes superposés, lui au-dessus elle en-dessous, bougeant un peu une dizaine de secondes, mais rien d'effréné, enfin un plan fixe pris du plafond du couple endormi, d'où aucun sexe au repos n'est visible non plus. Voilà ce qu'ils appellent maintenant explicit sex... C'est presque aussi ridicule que du Villepin.

Commentaires

1. Le jeudi 15 décembre 2005 à 11:11, par Arte :

Et handkerchief venant du Français "Couvre-chef", le chemin du bonheur est total !

2. Le jeudi 15 décembre 2005 à 12:33, par k :

elle m'avait laissé le coeur dans la douleur
et moi je m'en allais en errant sans amour
en laisant accroché mon coeur de porte en porte :
avec elle qui n'est pas née est pourtant morte
et qui m'a laissé le coeur ainsi sans amour:
ainsi pourtant le couer porte dans la doueur
en laissant accroché mon coeur de porte à porte
DC

3. Le jeudi 15 décembre 2005 à 15:04, par k :

je vais mettre sa veste rouge qu'il m'a laissé la première fois qu'il est reparti.
Depuis toujours quand je rencontrais un homme qui "portait" sur lui Habit Rouge de GUERLAIN (vous connaissez heim Mr Berlol j'ai vu que vous aussi vous étiez un adepte), et bien il me semble que j'aurai uis le suivre jusqu'à l'autre bourt de la terre, quel que soit l'homme je suis attirée par ce parfum, je le sent des rues à la ronde, ça a toujours était une égnime pour moi se rapport avec cette fragrance.
vous savez se qu'il porte l'homme a, habit rouge............
Moi, shalimar. Nue sous la veste rouge, plongeant dans l'océan des rêves je rejoins l'homme Atlantique.............

4. Le jeudi 15 décembre 2005 à 17:48, par Manu :

>tisshu, de l'anglais tissu paper
tisshu, de l'anglais tissuE paper
Tu as peut-être fait un amalgame et voulais écrire :
tisshu, issu de l'anglais tissue paper ???

5. Le jeudi 15 décembre 2005 à 17:54, par Berlol :

Non, non, tu as raison. Je n'avais pas à l'esprit que tissue en anglais prend un "e"... Merci. Je corrige dans le billet.



Vendredi 16 décembre 2005. Éric Sadin unplugged.

Je m'efface humblement devant Pierre Nora (Le Monde du 13 décembre 2005) :

Avec cette commémoration, ou plutôt cette non-commémoration de la bataille d'Austerlitz, on touche le fond. Le fond de la honte et le fond du ridicule.
L'Europe entière s'y est mise. La Belgique a commémoré Waterloo par une reconstitution géante qui a trouvé son succès public. Les Anglais ont commémoré somptueusement la bataille de Trafalgar, et la France y a envoyé son plus beau navire, même si l'homme dont il porte le nom, Charles de Gaulle, n'eût peut-être pas apprécié que la France participât à la célébration de sa propre défaite — mais enfin, nous y étions.
Et voici que les Tchèques organisent avec éclat la bataille d'Austerlitz, la bataille des "trois empereurs". En attendant l'année prochaine, où les Allemands projettent ce qu'ils appellent eux-mêmes un
"grand rendez-vous avec Napoléon", à Iéna et à Auerstaedt (1806 : victoires napoléoniennes contre le royaume de Prusse).
Toutes ces manifestations sont le signe tangible que Napoléon n'appartient pas qu'à la France et qu'il est entré dans l'imaginaire et le patrimoine européens. Avec sa légende et sa contre-légende, avec sa situation ambiguë de porte-parole de la Révolution des droits de l'homme et d'unificateur d'une Europe à la française, par le fer et par le feu.
Et la France ? Elle se décommande, elle se fait toute petite, elle se fait excuser, elle se cache derrière son petit doigt. On aura beau dire que ce petit doigt était quand même son, ou sa ministre de la défense, c'est ainsi qu'on l'a compris et qu'on l'a voulu.
Et pourquoi ? Parce qu'un quidam a décidé, dans un pamphlet sans queue ni tête publié par les éditions Privé, que le Code noir préfigurait les lois de Nuremberg, et que Napoléon anticipait Hitler (
il s'agit de l'ouvrage de Claude Ribbe, Le Monde du 1er décembre). Toujours cette manie d'aujourd'hui de ne juger l'histoire qu'en termes moraux et de plaquer sur le passé des grilles d'interprétation qui ne sont valables que pour le présent. Et quidam sans autre autorité intellectuelle ou morale que celle qu'on vient de lui conférer par aberration en le nommant par décret au Journal officiel du 10 novembre à la Commission nationale consultative des droits de l'homme.
On croit rêver. Même ceux, dont je suis, qui ne sont pas des napoléoniens fervents se frottent les yeux et se sentent devenir à leur tour des "indigènes" de la Grande Armée. Les professeurs devront-ils cesser de dessiner au tableau noir Valmy, Austerlitz et Verdun ? Cesser d'apprendre à leurs élèves les vers de Victor Hugo qui plaisaient tant à Péguy :
"Je ne hais pas d'entendre au fond de ma pensée / Le bruit des lourds canons roulant vers Austerlitz."
Ceux qui ont eu plaisir à lire les
Cent-Jours (éd. Perrin, 2001) d'un certain Dominique de Villepin plaignent l'auteur, qui a dû avaler son petit chapeau.
Et tous ceux qui, décorés de la Légion d'honneur, se souviennent qu'ils la doivent à Napoléon, qui en a créé l'ordre pour des raisons militaires, doivent-ils maintenant se demander si le rouge qu'ils portent à la boutonnière ne doit pas leur monter au front ?
C'est le moment de rappeler la remarque de l'historien Marc Bloch (1886-1944) :
"Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims et ceux qui lisent sans émotion le récit de la Fête de la Fédération." Il aurait pu ajouter : ceux qui ne sentent pas quelque chose se lever dans leur coeur avec le soleil d'Austerlitz.
Au point où en sont les choses, pourquoi ne pas aller jusqu'au bout ? Encore un effort citoyen ! Ou, plutôt, puisque la responsabilité de cette pantalonnade revient à la plus haute autorité de l'Etat, qu'elle me permette de lui faire respectueusement une modeste suggestion : Monsieur le Président, vous aimez faire plaisir à tout le monde, ne vous arrêtez pas en si bon chemin. Pendant que vous y êtes, sortez donc Napoléon des Invalides pour le rendre aux Corses et mettez-y à la place la tombe de l'Esclave inconnu.
Pour m'être engagé à fond en faveur de l'indépendance de l'Algérie, je sais qu'il y a bien des mesures à prendre pour mettre la France à jour avec sa conscience coloniale, toujours trop bonne ou trop mauvaise. Mais celle-ci est à coup sûr la plus lamentable, et seulement propre à perdre sur tous les tableaux.

Pierre Nora, de l'Académie française, membre du Haut Comité des célébrations nationales.

Et forcément, puisqu'on en est là, je dois aussi m'effacer humblement devant la pétition Liberté pour l'histoire (parue dans Libération du 13 décembre) :

Émus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants :
L'histoire n'est pas une religion. L'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant.
L'histoire n'est pas la morale. L'historien n'a pas pour rôle d'exalter ou de condamner, il explique.
L'histoire n'est pas l'esclave de l'actualité. L'historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n'introduit pas dans les événements d'autrefois la sensibilité d'aujourd'hui.
L'histoire n'est pas la mémoire. L'historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L'histoire tient compte de la mémoire, elle ne s'y réduit pas.
L'histoire n'est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l'Etat, même animée des meilleures intentions, n'est pas la politique de l'histoire.
C'est en violation de ces principes que des articles de lois successives ­ notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 ­ ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites.
Nous demandons l'abrogation de ces dispositions législatives indignes d'un régime démocratique.

Signataires : Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter, Jean-Jacques Becker, Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro, Jacques Julliard, Jean Leclant, Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot, Antoine Prost, René Rémond, Maurice Vaïsse, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock

Je me tais dans le silence de mon feuillage matinal pour que vous écoutiez François Bon dans les Affinités électives d'hier, aussi rapport à l'histoire, par un autre biais. Puis, dans Du jour au lendemain, les propos profonds d'Alain Milon (le lien audio sur son nom est le bon, tandis qu'encore erroné sur le site) et de Christian Prigent.

Voilà, je reparais... pour dire d'abord que je cite ces textes parce que la politique commerciale des médias les rendra bientôt accessibles aux seuls abonnés. Or un citoyen n'est pas (qu')un abonné...
Ensuite pour ajouter que j'ai quand même préparé mes trois sujets d'examen, mosaïques de petits exercices évoquant diverses périodes du programme censément connu des étudiants (c'est précisément ce qu'il faut vérifier). Digresser que j'ai déjeuné avec David d'un hambourgeois à l'avocat chez Downey et que l'on a bien ri alors que ce n'est pas si drôle que ça : le projet de contractualisation à durée déterminée de tous les professeurs...

Informé depuis deux semaines, chanceusement disponible par vacance du cours du samedi matin, véhiculé jusqu'à l'Alliance française de Nagoya par un David que la performance intéresse aussi, me voilà enfin en présence d'Éric Sadin ! Il vient de publier Tokyo chez POL et la quatrième de couverture porte l'adresse du site qui s'articule avec le livre. Non pas qui le complèterait, ou dont il serait le complément. Non, il faut penser autrement, penser quelque chose d'articulé, de mutuellement dépendant et indépendant.
Sauf qu'il manque un bout de câble pour relier son ordinateur à un projecteur... Et que l'on ne verra donc rien du tout. Rien qu'un performeur unplugged qui va partir dans une superbe improvisation de plus d'une heure. Superbe et instructive improvisation issue — c'est la que ça sert — de ses années de pratique textuelle, d'informatique et d'enseignement.
Je ne me lance pas dans un résumé maintenant parce qu'il est tard, qu'on est allé au restaurant avec le directeur de l'Alliance et trois des étudiants d'Éric Sadin... Quelques photos, jusqu'à la sortie des stars, la dernière crevette abandonnée, et on verra demain. Je complèterai. Repassez !



Commentaires

1. Le vendredi 16 décembre 2005 à 10:45, par Arte :

Non ! N'écris pas ça, Jaccottet t'y incite, mais n'écris pas ça, F. Bon n'est pas mauvais, pourquoi critiquer toujours, et puis tu as promis de ne pas critiquer la littérature, de rester à coté. Oui, mais Jaccottet, quand même, cet esprit hors "esprit du temps" en 68, forcément hors nostalgie, 40 ans après, et tomber sur CA, ça incite ...
mgmmmgnnngmmm <--- rongement de frein !
Et puis aujourd'hui, le lien !!! Parle-je ?
Allez, je parle ! Ce qui est dit n'enlève rien à la qualité de l'oeuvre que je ne connais pas. Que je ne connaîtrai pas... Parce qu'il y a une sensation de ne pas appartenir à ce NOUS, peut-être dit comme le Nous de quelques copains de jeunesse, mais qui passe comme un NOUS de génération : la génération des 15/16 ans en 68, les rolling-Stones, la "bagnole", Duras que l'on a pas "bien" lue, mais croisée, et il fallait "l'âge" pour la lire vraiment. ... Etc.
Quelque chose bloque, un discours entendu (au double sens du mot), mais où, qui ? Et cela m'est revenu : il y a un coté Guy Carlier, une Génération-attitude qui fait fond de commerce, et cela sonne comme de la mémoire élevée en culte, et qui fonde les mythes. Un mythe qui peut attirer je le comprends, ou non. Et c'est ce qui s'est passé en écoutant...
Je pense aux oeuvres en train de se faire (ici même... des traces sur blog et ce travail qui m'éblouit à chaque nouvelle note) qui ne seront pas "vues", ou seulement si elles "sonnent", plus tard, dans le ton d'une "époque", des gens qui croisent Prigent, amical, offrant son aide, et qui n'osent pas, parce que ce n'est pas "prêt", pas "parfait" !
Est-ce cela que tu appelles "rapport à l'histoire" Berlol ?
Cela n'enlève rien à l'oeuvre que je ne connais pas. Et puis j'ai lu le mot du "grand auteur" félicitant la mécanique, donc ce doit être Bon. Que je ne connaîtrai pas.
Un auditeur.

2. Le vendredi 16 décembre 2005 à 15:39, par Berlol :

Je comprends ce que tu dis. Le principe de l'émission de F. Isidori est d'ailleurs assez biographique, voire people parfois, et assez souvent générationnel. De l'autre côté, François Bon travaille sur la mémoire collective, l'Histoire vue du côté du quidam qui prend le pouvoir avec les mots sur sa propre mémoire, voire un peu plus loin.
Puisque tu l'articules logiquement avec le retrait (voire la retraite) de Jaccottet, je te dirais que j'ai précisément cité ce passage de Jaccottet avant-hier parce que, si j'apprécie les liens qu'il fait, je suis en total désaccord avec cette gloire modeste qu'il tire du fait de n'y avoir pas cru — et j'ai de la sympathie à ce moment-là pour les trois qui se sont fourvoyés. Si clairvoyant qu'il soit, si haut poëte qu'on le reconnaisse, un homme n'est qu'un homme et il est bien dommage qu'il ne vibre pas d'un unisson passager dans certaines circonstances de l'histoire. C'est ce que dit Pierre Nora ci-dessus en citant Marc Bloch...

3. Le vendredi 16 décembre 2005 à 16:07, par patapon :

Quelques sugggestions:
- que le grouvernement britannique regrette officiellement d’avoir brûlé Jeanne d’Arc ;
- que le gouvernement italien s’excuse d’avoir, par l’entremise du collabo François 1er et de son complice Léonard de Vinci, imposé traîtreusement à la France une colonisation culturelle qui (avec les Disneyland et les Mickey de l’époque : Chambord et la Joconde...) transforma les « vrais » Français en indigènes sur leur propre terre ;
- que le gouvernement italien ( toujours lui, décidément !) présente encore des excuses à la France pour la conquête romaine, reconnaisse que le supplice de Vercingétorix, enfermé plusieurs années dans un cachot et étranglé sans jugement sur ordre de César, était un crime contre l’humanité ; tant qu’à faire, qu’il indemnise les descendants (seront considérés comme « descendants » tous ceux qui, la main sur le coeur et la larme à l’oeil, déclareront : “nos ancêtres les Gaulois... ») ;
- que le gouvernement italien (ah les salauds !) indemnise le gouvernement tunisien pour la prise de Carthage ; et que le gouvernement grec s’excuse auprès du gouvernement italien pour avoir colonisé culturellement l’Italie, comme le rappelait justement, 30 ans avant JC, l’ « indigène de l’Empire »que fut Horace : « la Grèce conquise conquit son féroce vainqueur” ;
- et enfin - last but not least !- que les Troyens, ou ce qu’il en reste (qq part en Turquie), présentent à la Grèce des excuses pour l’enlèvement d’Hélène, et que les Grecs, eux, présentent des excuses pour le coup du cheval de Troie !
Un peu de repentance, que diable!

4. Le vendredi 16 décembre 2005 à 16:09, par Berlol :

Excellent ! Merci, Patapon !

5. Le samedi 17 décembre 2005 à 13:37, par Arte :

Au calme :
Bien d'accord pour vibrer à l'unisson... , et je ne pense pas du tout que ni Jaccottet, ni les 3 (dont AdB, que je relis chaque jour) se soient fourvoyés; il n'y a pas un mai 68 comme il y eut la libération de Paris.
Par contre il y a un acharnement à prolonger par un style, une attitude, ce qu'AdB appelait une "vacance" (chez lui, toujours, un mot suffit... ).
C'est très paradoxal.

6. Le samedi 17 décembre 2005 à 15:00, par Berlol :

Unisson et paradoxe, avec toi, alors, OK.

7. Le samedi 17 décembre 2005 à 18:49, par Arnaud :

Pour moi, le texte de Nora est affligeant. On croirait du Tulard, ou du Bluche. Voila ce que c'est de devenir académicien. Ce type fut, un jour, intelligent. La vieillesse en habit vert est un naufrage...
De tels propos ne sont-ils pas fondamentalement contradictoires avec tant d'efforts de désacralisation du passé menés depuis des années, y compris par Nora lui-même ?
Il insiste ici, de façon exemplaire, sur le registre émotionnel (que je peux comprendre, par l'imagination). N'est-ce pas, finalement, prôner un retour à une écriture de type "histoire nationale" ? Car s'il était peut-être "évident" pour un Français de la fin du 19e siècle (ou pour Bloch ?) de trembler d'émotion devant la remémoration — car c'est de cela qu'il s'agit ici : l'histoire-remémoration du passé national — de tel ou tel événement dit glorieux, il me semble que c'était justement cela que l'on tentait, aujourd'hui, de dépasser.
Cela m'évoque le Braudel de la fin, celui de L'Identité de la France (ouvrage lamentable).
En même temps, comme certains (dont Sarkozy il y a quelques jours) le pointent, ce texte montre de façon nette un agacement vis-à-vis d'un "trop de repentance" et de la critique des faits de politique extérieure de la France des siècles passés.
Mais il ne faudrait pas tomber dans la parodie de la critique... Car l'on devrait plutôt distinguer ici la prise de position sur le plan moral / politique, d'une part, de la mise en évidence et de l'analyse des faits du passé eux-mêmes, d'autre part. Sans quoi, justement, on retombera dans "l'histoire=morale" — qu'elle soit hyper-critique, ou qu'elle soit récit national édifiant.
Il me semble que la nouvelle pétition des historiens, signée aussi par Nora, insistait aussi là-dessus.

8. Le jeudi 26 janvier 2006 à 15:48, par Bonaparte :

Franchement, je ne comprend pas la réaction passéiste d'Arnaud qui me semble être trés déconnecté de la réalité nouvelle de la recherche historique. Un tel rejet de l'histoire de la Nation est un combat d'arrière garde.
Pierre Nora ne s'est pas déjugé: il n'a en aucune manière désacralisé le passé national, il a juste effectué son boulot d'historien (qui est aussi le mien) en rétablissant certains faits que la tradition avait travesti. Il s'est toujours inscrit dans une tradition républicaniste de l'Histoire, à l'égal de Gauchet ou de Mona Ozouf.
Le livre de Braudel est critiquable sur certains aspects (comme tt livre) mais il demeure néanmoins une magnifique tentative de comprendre, selon les méthodes des Annales, les ressorts de la Nation française. Trouver ce livre lamentable relève visiblement d'un esprit qui en est encore aux lubbies réactionnaires des années 60-70 refusant de comprendre la centralité du sujet Nation.
Je félicite Pierre Nora pour avoir pris ces 2 positions courageuses en ces temps de politiquement correct et de repentance incessante.
R Le Marchand
Prof d'Histoire
PS: Concernant les attaques basses contre Bluche et Tulard, je n'adhère pas spécialement à leurs idées politiques mais je leur suis reconnaissant comme toute la profession d'avoir permis d'améliorer notre connaissance sur 2 importants personnages de notre Nation : Louis XIV et Napoléon (qui , j'imagine, pour Arnaud sont d'affreux dirigeants totalitaires lol)


Samedi 17 décembre 2005. Plus au large et en terre neuve.

Jour de train et jour de marche
— esprit en chemin


Tiré d'un travail en cours
dirais-je si j'étais artiste — ou le prétendais
mais même pas
juste tâtonner
être un peu satisfait

Par grand soleil et manteaux ouverts, longue promenade avec T. pour digérer le gigot d'agneau-frites du Saint-Martin. Jusqu'à Jimbocho puis Ochanomizu, quartiers des magasins de sport et des bouquinistes, voisinage qui nous convient. On regarde les vélos, pour T. Ce serait d'une grande nouveauté. Interdit par sa mère car trop dangereux et trop peuple, elle en a très peu fait, a toujours craint les chutes, en a envie maintenant. On n'a pas encore choisi le vélo qu'elle parle déjà du casque, de son design.
Avant l'acquisition, nous devons cependant attendre... la décision du syndic de notre immeuble ! L'espace étant limité, une autorisation de garer un vélo a été décrétée il y a deux ans, après que j'avais apporté celui que Bikun m'avait laissé, qui n'a jamais vraiment bien marché (roulé !), d'ailleurs, le vélo, et qui avait l'immense défaut, aux yeux des vieux péquenots qui font la loi dans cet immeuble, de ne pas avoir de système de soutien vertical — et la béquille que j'y avais greffée n'avait rien changé à l'ire péquenote puisque le vélo penchait et occupait selon eux la place de deux...
Au-dessus du magasin de jardinage où l'on a acheté le citronnier il y a deux ans : ICI Sports, beaucoup de vêtements, plutôt pro que mode. T. trouvera deux pantalons et moi un bonnet qui couvre vraiment les oreilles — il paraît que de grands froids approchent... En redescendant, on demande conseil pour notre arbre qui végète depuis le printemps (et qui n'a pas donné de fruits cette année) : il est fort possible, nous dit-on, que la terre soit devenue alcaline, attendre le printemps pour le rempoter plus au large et en terre neuve.
Juste à côté, en face de la librairie Tamura (vieil immeuble dont l'escalier penche à faire peur), Hakusuidou, chocolats, marrons glacés, magasin qui ne paie pas de mine de l'extérieur, en fait vieux style de fabricant de gâteaux à l'occidentale, marbre, espace vide, presque aseptisé, sans fioriture. On entre, T. connaît, et, comme les marrons entiers sont un peu chers, elle m'offre, sur ma recommandation, un sachet de brisures de marrons, presque entiers, en fait. J'y goûte dès la sortie et... ils sont excellents ! Un petit goût de rhum, pas trop sucrés, pas mous : c'est Noël !

J'ai repensé à ce que disait Éric Sadin hier. J'ai réécouté l'enregistrement pirate dont je l'ai informé après. Ça part dans tous les sens mais ça se tient, malgré le désagrément qu'il a dû ressentir à l'empêchement technique et le choix qu'il a fait de parler sans note. Allez, quand même un bonus collector de 7 minutes (il m'a autorisé), avec lecture d'un extrait de Tokyo, ce qu'il dit ne jamais faire...
Puisqu'il est question de penser et techniquer, j'en profite pour informer les tokyoïtes mobiles lundi qu'il y a une journée spéciale à la Maison franco-japonaise, avec un film, The Ister, que je ne sais pas si j'irai le voir parce qu'il est un peu longuet, et surtout un débat avec Bernard Stiegler et trois universitaires japonais, Osamu Nishitani, Watanabe Moriaki et Ishida Hidetaka.

Commentaires

1. Le samedi 17 décembre 2005 à 08:34, par FB :

Passage recopié chez Elisabeth F., à ajouter à ta thésaurisation de tout ce qui concerne les salons, voir :
elizabethflory.blogs.com/...
Amette est toutefois pertinent, passée l’ironie qui guide sa plume, lorsqu’il reconnaît la place donnée par les sites et blogs littéraires aux lecteurs : « Par pseudos interposés, on se siffle, on s'appelle, on s'interpelle, on se soulage, on fusille ou on porte aux nues. Il s'y invente une nouvelle critique littéraire spontanée, brute de décoffrage, mitrailleuse, dans laquelle la nuance a peu de place. » Il est juste de parler de « mutation » de la posture du lisant : « C'est le plus grand lieu de rencontres, davantage foire du livre que salon XVIIIe genre Mme du Deffand. Car c'est l'irruption de cet homme muet et caché, ce fantôme, cet inconnu dans la maison littérature, le lecteur qui bouleverse la donne. Ça permet de relancer une nouvelle dynamique, comme si un Mai 68 avait saisi le village littéraire mondial. Ça représente la plus ahurissante parlerie offerte à ceux auxquels le silence de la lecture traditionnelle ne suffit plus. »

et tu nous enregistres Stiegler au Mp3 ?
(plus ta photo avec le bonnet)

2. Le samedi 17 décembre 2005 à 09:19, par Arte :

Oui, Stiegler, suis preneur. Il y a dans ses analyses (peu littéraires), une perséverance à montrer comment se fabrique la mémoire collective. A insister sur ce que cette disposition à "concentrer" l'histoire obère, interdit, réduit et donc conduit à abaisser le NOUS au ON au profit d'un microcosme des JE (le village mondial ?).

3. Le samedi 17 décembre 2005 à 09:45, par FB :

Bernard Stiegler travaille au dictaphone, sans doute ça contribue à ses formes discursives et c'est sans doute aussi ce qui rend bien vivants ses 2 derniers bouquins d'entretiens "Constituer l'Europe". Si on a cet enregistrement mp3, on pourra le mettre en ligne conjointement avec Ars Industrialis (dont la webmaster accompagne BS ce voyage!).
www.arsindustrialis.org/
remue.net contribuera à diffuser l'info... ouf, y a plus de guitare électrique dans mes sous-sols, le gamin de 15 ans avait invité ses potes, c'était comme d'être sur le site de Bartlebooth ;-) celui qui n'accorde même pas sa guitare pour la mise en ligne :-(

4. Le samedi 17 décembre 2005 à 10:32, par Arte :

jaune (la ligne : cf. Prigent)

5. Le samedi 17 décembre 2005 à 12:14, par Bartlebooth :

l'ironie - restons dans le ton de celui qui me juvénilise, paradoxalement comme un écolier lance une boulette de papier mâché à un camarade (non de lutte, hein, nous n'avons pas les mêmes valeurs, je crois) - est que j'ai rêvé de FB pendant la diffusion sur france cul : je ne me souviens que d'une bouille qui me paraissait étrangement adolescente. J'ai réécouté l'émission en état de veille, et je comprends mieux mon impression.
S'il s'agit d'accorder sa guitare comme certains sont dans le compromis littéraire, alors bien sûr : fuck off !
"Il y a dans cette littérature une sorte d'effort exigeant, habile, tendu (mais à mon sens un peu désespéré) pour trouver un compromis entre l'excès de la phrase réaliste que j'appelle "catastrophique" et l'effort réaliste traditionnel ("balzacien") pour rendre compte d'un réel présentable, romanesquement viable. Cela donne, certes, de "beaux" livres, sans commune mesure avec le tout-venant qui déferle sur les rayons. Et c'est sans doute le mieux que puisse faire aujourd'hui un romancier au fait de ce qu'a opéré la "modernité", un romancier soucieux de faire de la littérature autrement que pour simplement augmenter la masse imprimée, un romancier dominé aussi par l'exigence du "lisible" et le désir de dire en clair quelque chose du dehors social.
Mais c'est aussi une belle illustration de ce qu'il en est aujourd'hui massivement du genre romanesque comme formation de compromis, comme forme du compromis littéraire avec la commande sociale d'époque. [...]"
(Christian Prigent, in "Ceux qui merdRent", 1991)

FB : lisez-vous ce qui s'écrit aujourd'hui de ce qu'on qualifie rapidement d' "illisible" comme vous entendez l' "inécoutable" d'une guitare désaccordée et le bruit que font votre "gamin" et ses "potes" ? quatorze ans après, votre faculté de compromis est-elle égale ou supérieure à vos capacités de caricature et de rancune ?

6. Le samedi 17 décembre 2005 à 12:39, par cel :

Tout celà n'a rien d'une attaque en règle, rebondissement sur rebondissement ça donne que plusieurs peuvent réagir au même moment sur des points qui titillaient. Quand je lis, FB, ce que vous avez choisi de citer, dans la façon "brute de décoffrage" puisque cet extrait n'est en rien entouré par la moindre indication de ce que vous, vous en pensez, donc quand je lis dans la citation : (mettons que je me dise, que, citant tel quel, vous acceptez tel quel ce qui s'y dit, donc, bref :) "la nuance a peu de place". Cet avis de critique qui ne va pas bien loin (comme éliflory a au moins le mérite de l'encadrer), qu'est-ce qu'il fait ici, repris par vous, à part vous placer en position d'auteur et nous, eux, les autres, en position de commentateurs un peu légers, un peu pas à la (h)auteur, une matière brute de lecteur qui agit et réagit en deça de toute réflexion appuyée ? C'est marrant cette manie de prêter attention au lecteur, aussi à celui qui réagit, tout en le maintenant dans une position de masse bouffonne et imprécise, voire d'assemblage de gueulards irréfléchis, ah on reconnait par là au moins que c'est vivant (dans le grouillant) mais finalement jamais tout à fait digne d'intérêt, disons que ça fait certainement cool d'affirmer qu'on la considère, cette masse.
Et puis allant dans le sens de Bartlebooth, comment peut-on d'un côté affirmer son total respect pour Guyotat (je pense à un commentaire chez Refonder) et d'un autre sacrifier aux (presques) qualifications d'inaudible ou d'illisible pour d'autres choses (certes non Gallimard) qui vous tombent sous les yeux. N'est on pas encore dans un type de logique de l'acceptable par l'accepté ?
Derniere petite chose, ça fait des mois que je me demande dans quel sens est ou était utilisé le terme "impertinent" dans votre decription du lien sur Bartlebooth sur remue.net ?

7. Le samedi 17 décembre 2005 à 14:59, par Berlol :

Eli écrit presque en tête de son billet, à propos de l'article d'Amette : "En guise de tour d’horizon, un photomaton pris du haut de l’iceberg…" Ça dit bien les choses, ce me semble.
Un peu tard pour recommander à M. Amette de lire un LIVRE qui l'a largement (et avantageusement, peut-être) précédé : Les salons littéraires sont dans l'internet, PUF, 2005 (coll. Écritures électroniques).
Pour Stiegler, il est prévu que j'enregistre. Merci de la proposition, François, ce serait peut-être souhaitable, si le débat ne tourne pas au banal... Mais je ne sais si on pourra diffuser, je demanderai aux responsables...
Je thésaurise, je thésaurise...
Vous noterez que l'article d'Amette est suivi d'une belle publicité pour le blog d'Assouline et pour le site de Werber. Je crois que je vais encore casser du sucre...
À propos de la photo, je précise puisqu'on me l'a demandé : oui, la position du "à" est choisie pour produire l'hésitation d'une double lecture.

8. Le samedi 17 décembre 2005 à 22:02, par alain :

Quelle belle citation de Prigent ! oui, compromis, et puis tourmente, et puis déchirement tout le temps, et puis impossibilité d'apparaître nulle part physiquement en tant que quoi (et donc se sentir bien ici même, car rien n'est réclamé).
Et puis impossibilité de lire ses propres textes à voix haute devant qui que ce soit. Pas de voix. Et faire de ses textes des choses pas lisibles. Quelque chose ne colle pas, ne va pas. Ça n'est jamais ça.
Raconter l'histoire de ces compromis, de ses compromis.
Dès qu'on connaît les gens, on sympathise dans la crasse d'une humanité. Rester à sa place, se défier tout le temps des gens. Il n'y a pas volonté de ça, ça vient tout seul. Ne pas sortir, ne pas en sortir. N'avancer à rien. Qu'est-ce que ça vient faire là ?
Bartlebooth, Cel, oh oui!
Je retourne à mes romans.

9. Le samedi 17 décembre 2005 à 22:19, par FB :

des titres, des titres, des titres ! j'aimerais qu'on référence cet "illisible", histoire de savoir de quoi on parle ? pour le "fuck off" je suis d'accord, mais disons que même chez Sex Pistols ou Gun Club on perdait pas de vue le rapport à l'auditeur
qu'est-ce qu'on met dans cet "illisible" qui doit être notre premier à lire ? les tautologies provocatrices de Duras, les incertitudes de Sarraute, oui pour moi en ce moment c'est au premier rang - et Faulkner nous enracine là
l'an dernier ce bizarre livre "Onuma Nemon"
chez Tarkos cette couche d'illlisibilité, parfois très mince ou fine, mais que j'interprète toujours comme un reste nécessaire de bruit, poussé en avant du texte, lui aussi au premier rang en ce moment
ce serait génial qu'on fasse cette liste ensemble
pour revenir à Cel, j'ai pas compris grand chose - sauf que ma mention de la musique en ligne de Bartlebooth n'était pas "ironique" mais complice (je mets aussi de la guitare en ligne, et je ne suis pas musicien), et ce n'était pas "inaudible", la preuve c'est que j'ai entendu et écouté, comme en ce moment j'écoute Serge Teyssot-Gay et je ne crois pas qu'on puisse écouter Sergio si on ne pratique pas soi-même la matière, quitte à l'aporie, et sans doute en écriture c'es