Journal LittéRéticulaire de Berlol
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Littéréticulaire : néol., adj. (de littéraire et réticulaire), propriété d'un texte où s'associent, aux valeurs traditionnelles et aux figures classiques du texte littéraire, les significations et effets de sens provoqués par les liens hypertextuels au sein d'un réseau (l'internet par exemple), qu'ils aient été voulus ou non par l'auteur.







Novembre 2005

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Mardi 1er novembre 2005. Des canards des tubes.

Presque rien lu, presque pas de temps devant l'ordinateur. En revanche, déplacement ferroviaire en finissant ma nuit, air brassé en classe et bonne réactivité des étudiants, performance pongistique avec David qui se découvre smasheur, puis discussion dînatoire avec Clotilde chez Rhubarbe.
Donc, que de bonnes choses mais de ces journées où l'on n'a pas cinq minutes à soi dans la succession des activités. Journée active mais journée blanche pour la pensée en soi. Ou pour la psyché... Comment dire ? Ou c'est de la fatigue.
Ou alors un effet 1er novembre (les morts, la grisaille, on est peu de chose...).

Élargissement. Plus on fait travailler de gens et plus on fait travailler les gens, plus on a de journées blanches enfilées les unes dans les autres. Au point que ce sont finalement les gens eux-mêmes qui sont blancs, vides, mécanisés, lobotomisés de leur conscience d'être, et habitués à cela — certains allant même jusqu'à le revendiquer, refuser de penser sur soi. Aubaine pour tous les simplificateurs (politiques, scientifiques, sociaux, publicitaires, etc.) qui les manipulent.
Une matière blanche de ne pas penser à elle-même. Juste produire et consommer. Comme on dit des canards des tubes digestifs... Comment aimer son prochain, dans ces conditions ? Où trouver l'enthousiasme pour lequel on garde idéalement l'idée idéale qu'il serait bon, qu'il serait bon qu'il y en ait si tout le monde en avait ? À moins que ce ne soit qu'une illusion de nos cerveaux malades de christianocentrisme.
Le sage chinois ne cherche que l'harmonie.

En moins d'une semaine, on a mis le maillot de corps, le petit pull ou la veste chaude et l'écharpe. Belle journée de soleil mais dix degrés de moins dès qu'il se retire. À surveiller : c'est généralement la période où j'attrape ce satané rhume bête et qui me tient trois semaines... Un homme averti (par son blog) en vaut deux.

Commentaires

1. Le mardi 1 novembre 2005 à 09:57, par Arte :

Absolument.

2. Le mardi 1 novembre 2005 à 10:53, par alain :

Bartlebooth, oui, c'est cela, manquait l'exaltation qui pousse à la joie, l'approbation complète, l'adhésion totale pour me transporter dans le 16ème et voir Coco Rosie.
Elles repassent au Divan du monde dans le mois. Il faudrait que je coalise quelques forces pour voir ce qu'elles donnent sur scène. Sauf que Devendra m'indiffère.
François, Cécile, je ne sais si vous passerez par ici, mais je commence à prendre intérêt à P. Bayard; quelque chose prend à partir de Melville d'une imagination critique, d'un délire. Peut-être aussi que c'est, depuis les premières pages, le premier auteur qui m'importe. Enfin merci.

3. Le mardi 1 novembre 2005 à 11:40, par Arte :

Absolument.

4. Le mardi 1 novembre 2005 à 12:43, par cel :

Cocorosie, elles donnent sur scène, même avec une mauvaise mise en son (cf à Evreux cet été), Devendra aussi, qui en prime en moins d'une demi-heure tombe la liquette brodée, le maillot de corps, le petit pull ou la veste et l'écharpe selon la saison pour se tortiller en tatouages (absolument)

5. Le mardi 1 novembre 2005 à 13:43, par FB :

oui oui, on passe par là
j'en étais à cette phrase berlolienne "plus on fait travailler DE gens, plus on fait travailler LES gens" et c'est évidemment quelque chose qui me prend en plein, demain serai en atelier d'écriture une fois de plus, et mardi prochain entamer cycle de 10 semaines avec des enseignants formation atelier, savoir d'avance qu'on en sortira tel qu'il le dit, incapable de travailler pour soi et que pourtant on le regrettera pas et que pourtant et que pourtant

à part ça, content, j'aurai pas à rembourser le Bayard !

6. Le mardi 1 novembre 2005 à 14:12, par Berlol :

Y'a pas de petites économies ! et puis je vais même finir par le lire, moi qui n'en ai pas pipé mot jusqu'ici... Comme quoi faut jamais être d'un avis définitif. Côté atelier, je viens de lire chez toi que c'était parfois un peu galère. Donc crevant au physique comme au moral. Alors : amitié et soutien moral.

7. Le mardi 1 novembre 2005 à 14:18, par FB :

si ce que tu as lu c'est ça
www.tierslivre.net/spip/a...
oui, on est dans toutes les contradictions du monde ramassées ensemble
mais c'est bien pour ça aussi qu'on y va...

8. Le mardi 1 novembre 2005 à 14:31, par Berlol :

Exactement. Et parfois, c'est lourd à ramasser. Mais c'est ainsi que les hommes vivent, comme dit à peu près le poète...

9. Le mercredi 2 novembre 2005 à 00:32, par Arte :

Certes.

10. Le mercredi 2 novembre 2005 à 21:51, par Manu :

Je me suis récemment posé cette question de cette accélération de notre rythme de vie quotidien, qu'est-ce qui fait qu'on en soit arrivé là, pourquoi la subissons-nous, pouvons-nous ralentir, qui tire les ficelles, est-ce (en partie) la faute aux progrès technologiques ?...
Et toutes les conséquences qui vont avec, qui elles aussi s'accélèrent : production, consommation, pollution, réchauffement planétaire, catastrophes naturelles plus fréquentes, épidémies mondiales... Une société qui se suiciderait sans vraiment avoir le temps de s’en soucier ?
Très condensé, je suis pressé...

11. Le mercredi 2 novembre 2005 à 21:53, par Manu :

Tiens, j'aurais dû mettre "naturelles" entre guillemets...



Mercredi 2 novembre 2005. Avec leurs seuls sabre et courage.

En marge du Protocole de Kyoto, nous nous interrogions en classe ce matin sur les origines des pollutions, d'une façon générale et historique. Une étudiante sait que l'industrialisation commence en Angleterre puis en Europe continentale entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle. Cela nous fait donc deux cents ans d'avance sur des pays qui commencent à polluer depuis quinze ou vingt ans... D'où la difficulté de leur faire respecter l'environnement aujourd'hui.
Au sujet du Japon, on me répond que son industrialisation aurait commencé... après la Seconde Guerre mondiale.
Les lacunes et les mythes de l'histoire du Japon pour les Japonais eux-mêmes sont donc à ce point conséquents. Je demande alors si c'est avec leurs seuls sabre et courage que les Japonais ont vaincu les Russes en 1905...

Très bon moment dans un réfectoire de l'université (12h15-14h) : rencontre, sous notre houlette, entre une soixante de nos étudiantes et trois étudiants de japonais venus de France, plus une américaine de l'Iowa qui ne veut pas perdre le français appris chez elle. Les premières minutes sont un brin protocolaires mais vite des petits groupes se forment et les conversations démarrent autour des collations et sandwichs, verre de thé ou de jus de fruit en main (pas d'alcool dans l'enceinte de l'université, bien entendu). On voit beaucoup de téléphones sortir pour échanges de numéros et photos de doigts écartés.

« S'il y a une créature sur Terre qui est moins idéologique qu'une autre, la moins idéologique possible, c'est le littéraire. C'est celui qui, après avoir décomposé tous les mots, dans toutes les lettres, perd peu à peu la signification de tout. S'il y a un individu qui ne peut répondre à rien, au contraire du prophète, du philosophe, du politique, c'est le littéraire. Et ce rien-là n'est pas une fiction, c'est vraiment une passivité très particulière. La lecture requiert en lui une capacité vertigineuse de passivité, qui fait que, dès qu'il est plongé dans son immersion, il ne peut pas être découragé, parce qu'il se noie, il est englouti...» (Pascal Quignard avec Alain Veinstein dans Surpris par la nuit le 31 octobre — je voulais aborder les désopilantes Répliques de samedi dernier sur la pornographie, mais je donne la priorité à Quignard.)


Des hypocrisies en général, et des médias en particulier. Jugement Dieudonné/Fogiel, des centaines de pages épluchées pour savoir qui diffame l'autre, avec appel à l'intégrisme et à l'odorat... et cette tardive remarque d'un commentateur sur les gains générés par les dizaines de milliers de SMS reçus par l'émission de télé. En résumé : plus vous protestez contre l'émission, plus ça nous rapporte — même si on ne diffuse rien (ou si peu) de ce que vous nous dites !

Google joue au même jeu du scandale qui rapporte gros (« Les annonceurs, insérant leur message face aux réponses aux requêtes des internautes (AdWords 51% du CA) [...] », in Jean-Michel Salaün, Bibliothèques numériques et Google-Print, chez ArchiveSic) et fait apparaître le chiasme des hypocrisies, celle du marchand et celle du prince : « La relation entre les notions d'accès et celles de publication se brouillent au point que le président de la Bibliothèque nationale [de France], qui a vocation à tout rendre accessible propose de sélectionner, tandis que l'opérateur privé [i. e. Google], lui, collecte sans exclusive.» (Excellente remarque.)

Le scandale de demain sera-t-il évité ? C'est aussi en signe d'espoir que Quignard ouvre ce billet. Sinon, je suis d'accord avec cet article d'Éric Naulleau dans Libération (fors la surévaluation de Toussaint) :
« Quelle ultime limite faudra-t-il franchir pour que cesse enfin le scandale du Goncourt ? Un récent et sévère rapport du Service central de prévention de la corruption (SCPC), remis au ministre de la Justice, dénonçait déjà (entre autres) la confiscation des prix littéraires, et du très important chiffre d'affaires que ceux-ci génèrent, au profit de quelques grandes maisons d'édition et pointait la difficulté "de faire la part des choses entre les membres des jurys, généralement tous auteurs d'œuvres littéraires, et les maisons qui les éditent". La plus célèbre des distinctions automnales semble à présent décidé [sic] à jeter aux orties tout souci de déontologie. Soudain l'été dernier, François Nourissier, ancien président et toujours membre influent du jury Goncourt, faisait savoir que son choix personnel se portait définitivement sur la Possibilité d'une île de Michel Houellebecq, les quelques centaines d'autres romans parus à l'occasion de la rentrée littéraire se trouvaient ainsi relégués au rang de quantité négligeable, tout juste bons à faire masse et pas même dignes d'une lecture superficielle. Sans crainte du ridicule, la deuxième liste du Goncourt intégrait pourtant in extremis un ouvrage absent de la première sélection, à savoir Trois Jours chez ma mère de François Weyergans, paru tardivement (c'est-à-dire fin septembre) chez Grasset. Jugements formés a priori et passe-droits font ici bon quoique paradoxal ménage. Afin de bien enfoncer le clou où accrocher ce triste portrait de la république des lettres, le Monde du 8 octobre dernier rapportait, sous la plume d'Ariane Chemin, que Michel Houellebecq et François Nourissier ont pris l'habitude de se retrouver à l'heure du goûter dans l'hôtel particulier du second où il arrive au premier, "trop las pour retrouver le chemin du retour", de passer la nuit sur le canapé. Touchante générosité qui consiste à offrir tout ensemble à son hôte non seulement le toit, mais aussi le couvert chez Drouant puisque le grand aîné, apprend-on dans le même article, se bat depuis cinq ans pour "le jeune écrivain" et ne souhaite rien tant que "lui offrir le prochain prix de l'académie Goncourt, le 3 novembre". Mais rien ne sert de triompher entre amis, encore faut-il y parvenir sans péril.
C'est ainsi que la troisième et dernière sélection du prix Goncourt, rendue publique le 25 octobre, a pris soin d'écarter tous les livres porteurs d'une quelconque ambition encore présents dans la deuxième sélection (
Waltenberg d'Hédi Kaddour ou Lutetia de Pierre Assouline), déjà très édulcorée (où est donc le Goût des femmes laides de Richard Millet ? la Serveuse était nouvelle de Dominique Fabre ? où sont donc les Jouets vivants de Jean-Yves Cendrey ?), et de n'entourer le lauréat idéal que de livres peu susceptibles de lui porter ombrage. Falaises d'Olivier Adam se révèle un roman dépourvu d'à peu près tout ce qui caractérise la véritable littérature (style, ton, nerf, vision) et s'apparente au mieux à une rédaction de bon élève, lisse jusqu'à l'impersonnel.
Trois Jours chez ma mère de François Weyergans, sous les apparences d'une mise en abyme de l'impossibilité d'écrire, consiste en un insupportable et vain bavardage aux limites du remplissage. La bande des quatre est complétée par Fuir de Jean-Philippe Toussaint, sans doute le plus honorable texte du lot, même si son auteur pourrait concourir en bonne compagnie au titre d'écrivain français contemporain le plus surévalué. Quoi qu'il en soit, l'auteur de la Salle de bains représente la dernière chance d'éviter le scandale dans le scandale que constituerait l'obtention du prix Goncourt à la Possibilité d'une île, où notre champion hexagonal de la modernité littéraire, après avoir penché vers SAS dans son précédent opus (Plateforme), lorgne désormais du côté de la collection Harlequin ("J'ai 40 ans, elle en a 20 : notre amour est-il impossible ?") et distille un ennui qui donne une idée de l'infini. Mais inutile de trop compter sur les autres distingués membres du jury pour ramener François Nourissier à la raison littéraire.
Didier Decoin, par exemple, déjà coupable de l'inexpiable forfait d'avoir proprement équarri le
Comte de Monte-Cristo aux fins d'adaptation télévisée pour TF1, a fait paraître voici quelques mois un livre intitulé Avec vue sur la mer (Nil). En page 103, on y lit : "Ce système-là, prédisait M. Bonnet, finirait par nous asphyxier aussi sûrement que les émanations d'oxyde de carbone avaient eu raison de ce pauvre Marcel Proust." Quand on confond Marcel Proust et Émile Zola, il est à craindre qu'on ne parvienne pas non plus à distinguer entre Houellebecq et la littérature.»

Dénonciations cathartiques. C'est à peu près le titre que l'on pourrait donner à l'ensemble des films de Jean-Pierre Mocky dont je viens de voir le récent Vidange (1998). Sujet et ton sont aussi corrosifs que trente ans avant, mis au goût du jour et remarquablement joués. On peut remarquer plus d'économie dans les effets, du lapidaire loufoque dans les dialogues, et, qui fait tourner la fronde plus vite, de l'ellipse.

Commentaires

1. Le mercredi 2 novembre 2005 à 09:15, par Arte :

Tout à fait !

2. Le jeudi 3 novembre 2005 à 00:41, par jcb :

Tout à fait, tout à fait !!

3. Le jeudi 3 novembre 2005 à 03:43, par vinteix :

C'est vrai ça !

4. Le jeudi 3 novembre 2005 à 03:51, par Berlol :

C'est un concours d'enthousiasme ?

5. Le jeudi 3 novembre 2005 à 04:21, par Arte :

Absolument.

6. Le jeudi 3 novembre 2005 à 04:37, par Manu :

Oui !!!!!!!!!!!
J'ai gagné ?

7. Le jeudi 3 novembre 2005 à 05:51, par vinteix :

enthousiasme et passsion !



Jeudi 3 novembre 2005. Planète littéraire dans l'oreille.

Il est 9 heures moins cinq, heure du Japon.  Dans quelques minutes, on saura le nom du lauréat du Goncourt... Quand on me lira, il sera déjà connu, sauf de ceux qui auraient du retard à l'information. Alors pourquoi mettre ça en scène de cette façon ? Pour inscrire ma première réaction, ma propre surprise.

Ah, c'est Weyergans ! (Voir ce qu'en disait Éric Naulleau hier...) Va pouvoir s'acheter une maison... Enfin, c'est ce qu'il disait dans le Tout arrive du 27 octobre...

On écoute le direct : La violence dans les quartiers... Un psychologue de Garges-les-gonesses (où j'ai habité jusqu'à 14-15 ans)... De Villiers et les français qui souffrent...  Une commémoration des Camps... Chirac et la vigilance... « Car rien n'est jamais définitivement acquis.»... Marseille, les transports et la médiation impossible... achever les HP... Procès Jean-Claude Brisseau, harcèlement contre perversité... Retour à Drouant... Ambiance survoltée... et peu de réaction... Weyergans, par six voix contre quatre... « Le grand perdant, c'est Michel Houellebecq... », dit la journaliste du 13-heures de France Culture. Le Renaudot pour Nina Bouraoui, tout le monde est surpris... mais ça s'explique...

Je n'en suis pas sûr, pour le grand perdant. Ses partisans vont en faire un martyr.
Non, en revanche, j'ai vraiment une larme de déception pour Jean-Philippe.

Retour en arrière. Petit matin de jour férié ; jour de la culture au Japon. Première lecture et totale sympathie avec JCB que je remercie pour ses fleurs. Thé anglais et œufs brouillés. Une autre planète littéraire dans l'oreille : quel drôle d'oiseau, ce Dominique Meens ! et combien était beau son Surpris par la nuit tiré de l'Ornithologie du promeneur !

Translation de quelques centaines de kilomètres pour écouter quatre interventions du colloque Sartre (Penseur pour le XXIe siècle ? — heureusement qu'il y a un point d'interrogation...) à l'Université Aoyama Gakuin. J'y retrouve quelques connaissances chercheuses : Patrice, Michaël, Hervé, Brigite, Bill. Beaucoup de collègues japonais...
À ce propos, on m'a demandé un jour pourquoi je citais plus volontiers les noms des Français que des Japonais que je rencontre. La réponse est assez simple : je ne maîtrise pas les codes de connivence liés à la culture japonaise et aux niveaux hiérarchiques des personnes dont je pourrais parler. Par conséquent, il pourrait arriver que je froisse des personnes, franchisse quelque ligne invisible sans m'en rendre compte, que l'on me considère ensuite comme un ingrat, un goujat, un graphomane, un malade, etc. Donc, éviter le poteau noir pour ne pas avoir à ramer.
Sauf quand la présence d'une personne est officielle, liée à un évenement, comme c'est le cas aujourd'hui. Ainsi je peux dire que j'ai écouté avec plaisir Nao Sawada que je connais bien parler de Sartre biographe malgré lui, puis Atsuko Ubukata, que je ne connais pas, sur la psychologie du développement et enfin l'ami François Bizet sur la littérature comme commerce (ce qui recoupe en partie mes soucis des Salons littéraires sont dans l'internet... sans doute ne le sait-il pas...).
Mais j'étais surtout venu pour écouter Gilles Philippe, comme je l'annonçais lundi soir, et je n'ai pas été déçu — encore qu'une bonne partie de son exposé était déjà dans son Sujet, verbe, complément... Mais tout de même, oralement ça irrigue différemment le cerveau, ça fait réfléchir sur un autre mode... en tout cas, pour moi. Je le reverrai demain, à la MFJ à Ebisu, pour une journée de documentaires sur Sartre.

« Ce n'est donc pas contre Proust que Sartre lit Flaubert, mais avec Lanson, c'est-à-dire par le prisme d'une norme grammaticale et stylistique que lui a inculquée l'école de la IIIe République.» (Gille Philippe, Sujet, verbe, complément. Le moment grammatical de la littérature française, 1890-1940, Gallimard, p. 175.)

Commentaires

1. Le jeudi 3 novembre 2005 à 07:21, par Arte :

Certes.

2. Le jeudi 3 novembre 2005 à 07:55, par alain :

Garges-lès-Gonesse, son Mammouth... Moi, c'est Le Blanc-Mesnil, de 10 à 26 ans. Garges, on y allait pour les hypermarchés à un moment traîner. Ah lala.

3. Le jeudi 3 novembre 2005 à 08:37, par F Jost :

Bon, j'avance dans mon enquête pour contacter Berlol.... il est au Japon... il n'a pas dû recevoir le message que je lui ai adressé ce matin, ce dernier étant arrivé sur le blog de Jacques André.... la toile du blog serait-elle semblable à une toile d'araignée où se croisent et s'entrecroisent les commentaires des uns et des autres sans que l'on sache vraiment qui parle à qui.... et après tout qu'importe, la toile se tisse, les mots se disent... et dans la lumière du matin, elle resplendit d'une architecture de gouttelettes de rosée ensoleillée
François Jost

4. Le jeudi 3 novembre 2005 à 12:05, par Arte :

Absolument, il est au Japon. Pour le moment du moins, car il sera à Paris en mars. Voila, voila. :-)

5. Le jeudi 3 novembre 2005 à 15:18, par Berlol :

Cher François Jost, bienvenue au JLR ! Chez Jacques André c'est Grapheus Tis, ici c'est le JLR. Chacun peut avoir comme ça son espace de publication et les commentaires y afférents... On se croise, on se visite, on se lie, sans obligation, par goût et estime mutuelle. Du coup, il peut se passer des trois ou quatre jours avant qu'on repasse chez l'un ou chez l'autre...
Mais dites-moi : votre nom ne m'est pas inconnu... J'ai des vidéos d'un Jost interrogeant Robbe-Grillet... Je vous écris...

6. Le jeudi 3 novembre 2005 à 23:17, par Arte :

Enfin, il vous courrielle ...

7. Le jeudi 3 novembre 2005 à 23:33, par Berlol :

Merci de votre attachement, mon petit Arte !

8. Le vendredi 4 novembre 2005 à 01:35, par Arte :

Je vous en prie, Monseigneur ...



Vendredi 4 novembre 2005. Mon appareil m'a dit.

Il est 16h40... Ne le répétez pas, mais je me suis évadé de la Maison franco-japonaise... En plein milieu de Sartre contre Sartre, un documentaire que je trouvais plutôt mauvais, je me suis trouvé tout ensartré, dépité de ne pas être au beau soleil du dehors et je suis sorti...
Je m'étais déjà coltiné — avec beaucoup d'intérêt et d'attention — les deux heures de Sartre : une vie, émission de Frédéric Mitterrand de 1990, tournée au Flore avec un riche parterre de têtes. Puis le déjeuner marrant comme rarement au Marché aux puces avec Brigite, Patrice, Bill et Laurent (terrine de légumes et confit de poulet, mais moins bon que le poulet du Saint-Martin).

Libre, ivre de soleil à 15 heures, mon premier geste a été de vouloir faire des photos. Mais mon appareil m'a dit que j'avais oublié la carte mémoire à la maison. J'y suis retourné, ai replacé la mémoire à sa place, pris un thé avec T. au 4e, admiré la progression des destructions devant chez nous.
Puis j'en ai profité pour modérer quelques messages pour Litor. On s'emballe (s'empale) ces jours-ci sur le mot attachement que j'ai innocemment utilisé pour pièce jointe. Voyez les détails. Les litoriens ont-ils tous bien compris que les archives sont maintenant publiques ? (enfin, tant que cela ne pose pas de problème...)

Allez ! Quelques instants de concentration sur Duras, ma petite Lol à affûter pour demain matin, et j'y retourne... (La suite, ce soir ou demain.)

Le lendemain :
Suis donc retourné à la Maison franco-japonaise, dans l'auditorium, pour le dernier quart d'heure de la table-ronde finale. On en était encore à discuter de l'éventualité ou non d'un style philosophique univoque — sorte de fantasme que Sartre (et d'autres) envisageait mais qui ne pouvait pas se matérialiser dans la langue — différent ou opposé aux styles littéraires naturellement plurivoques. Mais y a-t-il un seul mot qui ne soit équivoque ?
Plus sérieusement, le cocktail dînatoire.
J'y retrouve bien des connaissances, dont MA, venue de Fukuoka, qui me présente JFR, nouvel attaché d'ambassade et ancien étudiant de Paris 3, tiens ! comme c'est drôle ! C'est aussi le grand retour d'Arnaud qui prend quelques bonnes photos (alors que je ne sors pas mon appareil — question de feeling, pas assorti à ma cravate, sans doute...). Bien sûr, Gilles Philippe est là, qui me dédicace son livre à l'envi (au temps pour moi) et avec qui je passe au Goncourt, Weyergans plutôt que Houellebecq et dans le regret de Toussaint. CQ revient sur la déplorable stratégie marketing, qu'elle a vécu de l'intérieur. Puis on évoque l'an prochain, la francophonie à l'honneur... mais personne n'est au courant. Il va encore falloir ramer.
Pour l'heure, rentrer à la maison suffira (encore merci à notre hôtesse). Et retrouver, puisque son plan marche, Lol (p. 67-74) en plein ravissement...

Commentaires

1. Le vendredi 4 novembre 2005 à 01:58, par Arte :

Tin, ça déchire grave chez Litor ! Même un concours d'idée !
Alors pour "Attachement", je propose le concept (?) : Emmusetter.
Mettre dans la Musette.
Voulez vous ouvrir la Musette ?
Vous avez des éléments dans votre Musette.
Je t'Emmusette la photo de la petite...
"Notre nouvelle formule de Litor est souple et puissante et permet en
théorie l'Emmusettage filtré pour éviter le transfert de virus".
Avec tout mon attachement,
Ta "petite" Pièce Jointe

2. Le samedi 5 novembre 2005 à 02:26, par FB :

bien aimé que Michel Bernard vienne nous rappeler l'origine de "tunnel" et de "troncature"
n'ai rien dit sur Litor, mais personnellement serais incapable de nommer "attachement" les RIB et procurations ou "épreuves" pdf ou autres "fichiers joints" (appellation qui me suffit) - et Berlol avait dû manger du poulet mal plumé ce matin-là, ou s'être fait battre 1 fois de trop au ping pong, vu l'aridité de sa réaction : pas fréquent ?
suis tout aussi incapable dire courriel ou pourriel, et mail l'anglais suffit pour dire que c'est numérique
le TLF en phase de test, j'y regarde souvent tel ou tel mot, mais rien à faire : je suis trop viscéralement "attaché" à mon Littré (sur disque dur), qui me fait voyager dans la langue d'avant Chateaubriand : j'ai besoin de cette distance pour savoir ce qu'il y a dans le dedans des mots
nous autres utilisateurs Mac on est assez dépourvu dans ce domaine, les versions numériques du Furetière, ou de la Grande Encyclopédie Larousse 19ème, qui sont aussi pour moi des outils proches, toujours version PC uniquement
enfin : si le dictionnaire d'un auteur c'est d'abord les petits carnets où on recopie des phrases, alors là y a pas, version numérique absente partout

3. Le samedi 5 novembre 2005 à 02:27, par FB :

désolé pour le doublon, plus mon beau participe passé sur "avait dû manger", très mal plumé aussi : dans ce nouveau blog, un double clic sur "envoyer" balance 2 fois le message?

4. Le samedi 5 novembre 2005 à 02:30, par Fabrice Trochet :

Cela repose ce blog.Un bonjour de France où la réalité française est hélas catastrophique : ici c'est la guerre. Neuf nuits de violences urbaines et ce n'est toujours pas fini. Ce n'est pas prêt de se terminer.

5. Le samedi 5 novembre 2005 à 02:52, par Berlol :

Doublon enlevé et texte corrigé, cher François. Je laisse ton message suivant tout de même parce qu'il signale ce bug de Dotclear. Donc, ne cliquer qu'une fois...
Aride, ma réponse ? Moyennement... On peut critiquer mon emploi, mais pas avec l'argument-massue de la pureté. Évidemment, la réponse de Michel montre le superbe recul qu'il a su prendre pour nous mener vers quelque chose de beaucoup plus intéressant.
Cher Fabrice, on est au courant, pour la France. Une crise de sarkozite aiguë, je pense... Un temps à pas avoir une voiture !

6. Le samedi 5 novembre 2005 à 04:45, par Fabrice Trochet :

"ce ne sont pas les propos faussement martiaux de Nicolas Sarkozy qui sont les réels coupables de l'embrasement actuel des banlieues. Après tout, l'un des termes utilisé par notre va-t-en guerre de ministre n'est-il pas, aussi, l'un des sésames du verlan utilisé par la caillera elle-même pour désigner ses hauts faites d'armes ? Non messieurs Julien Dray, Noël Mamère et autres contempteurs (comme Claude Dilain, maire PS de Clichy-sous-Bois) d'une réalité infernale que votre lâcheté ignoble a créée comme une dangereuse créature qui au moins, espérons-le en tout cas, finira par se retourner contre votre irresponsabilité meurtrière : ce sont vos interminables dérobades, vos continuelles approximations, vos constantes atténuations, vos permanents mensonges, ce sont les mêmes mots mités, travestis utilisés par vos prédécesseurs que je désigne comme les premiers fauteurs de troubles, les uniques brandons enflammant la poudrière et, n'en doutons pas, les détonateurs de ce qui se prépare dans notre tranquille République, face à quoi les actes récents commis par les chiens en meute, d'une violence inouïe, passible, dans d'autres pays courtisés, de la plus expéditive pendaison, ne donnent qu'un léger avant-goût. Ce sont vos mensonges systématiques, endémiques, qui à présent gangrènent des millions de cerveaux de simples Français en venant à douter, par votre faute et la culpabilité fallacieuse à laquelle vous les clouez depuis plusieurs dizaines d'années, de leur plus élémentaire bon sens"
C'est l'extrait d'un texte auquel je souscris disponible sur l'excellent site du S.

7. Le samedi 5 novembre 2005 à 07:05, par Arnaud :

De rien pour les photos. Certaines ne sont peut-être pas très nettes cependant, no flash oblige. Mais tu as une bonne tête dessus.
Peux-tu me redonner le titre de ce livre de Gilles Philippe ? Il avait l'air diablement intéressant !

8. Le samedi 5 novembre 2005 à 07:29, par Berlol :

Tu as la référence au 3 novembre, en fin de billet, avec le lien Amazon...

9. Le samedi 5 novembre 2005 à 07:45, par Arte :

A Fabrice Trochet : Ce n'est plus du fiel, c'est de la muscosité !
(de toute façon on va gagner en 2007 euhhh :p )

10. Le samedi 5 novembre 2005 à 08:34, par cel :

S. dans l'article cité, entre autres couillonneries : "Si des voyous meurent électrocutés, tant mieux !" et moi plutôt vomir que souscrire, comme chaque fois que je lis son "excellent site" ou ceux de la clique qui gravite autour et ne manque jamais de répandre la voix de son maître

11. Le samedi 5 novembre 2005 à 12:23, par FB :

moi S. je connaissais pas - autre vomitive :
"se sont rabaissés eux-mêmes au rang animal "
ma fille ce soir me rapporte un tract distribué à la sortie de Janson par une confrérie catho intégriste "ô douce mère laissez-moi vivre" avec phrase du même type : "les bêtes des banlieues"
ou cette phrase de flic dans témoignages Libé ce matin "pourquoi t'es sorti de ta poubelle"
on paye la rançon du mépris

12. Le samedi 5 novembre 2005 à 12:33, par Arte :

Cel, tu me rassures par ta seule intervention ... Je ne comprendrai jamais le silence face à l'apologie de la peine de mort, de l'état policier, si ce n'est militaire, et de la déportation : "Ces nouveaux barbares défigurent les cités qu’ils habitent et y propagent le mal. Il faut les en extirper et nous en débarrasser une bonne fois pour toutes." Par les gaz ?

13. Le samedi 5 novembre 2005 à 12:36, par Arte :

Ah, FB sauve également la mise (entre temps) ...

14. Le samedi 5 novembre 2005 à 15:18, par Cécile :

Pour ma part, ce texte (et pas seulement celui-ci, mais plusieurs autres de ce S. dont je suis allée voir le site à la suite de l'intervention de Fabrice Trochet, et aussi le ton - d'emblée ce ton, virulent, cracheux, duquel je me disais, juste avant d'avoir compris de quoi il retournait, que c'était bien désagréable et maladroit, même pour exprimer une colère avec laquelle j'aurais eu des points d'accord - au début, à lire l'extrait donné ici, je pensais qu'il s'agissait peut-être de la critique d'un homme de gauche adressée aux pouvoirs de gauche), bref ce texte m'a estomaquée (atilf.atilf.fr/dendien/sc... c'est à dire plus fort que face à des "couillonneries" (Cel)... Le propos est certes très couillon, simpliste, mais surtout haineux, guerrier, classant des gens et des sous-gens, prônant la mort, la famille, le travail, réclamant les muscles de l'Etat et la guillotine, bref, on reconnaît tout de suite, mais rien à faire, à chaque fois ça me prend au dépourvu, et me choque (estomaque).
("(...)Alors comment définir ces nouveaux barbares qui haussent la tête un peu trop ces jours-ci ? Eh bien c’est très simple : ce ne sont ni des Français, ni des hommes religieux ou non, ni des citoyens éduqués ou non. Ce sont des animaux et il faut les traiter comme tels. Ils se sont rabaissés eux-mêmes au rang animal qu’on s’évertue à leur faire abandonner en vain. Ils préfèrent vendre de la drogue, constituer des gangs que de travailler ou que de tenter de travailler. Ils préfèrent brûler des voitures que d’aller en usine en fabriquer sur les chaînes de montage. Ils préfèrent tuer que d’aider les leurs à vivre. Ils n’ont pas de raison de se révolter : ils sont mauvais. Ils font le mal en connaissance de cause, d’une manière bestiale et grégaire. Ces nouveaux barbares défigurent les cités qu’ils habitent et y propagent le mal. Il faut les en extirper et nous en débarrasser une bonne fois pour toutes. Les autres habitants de ces cités pourront respirer tranquillement demain.
La démocratie doit réapprendre la dureté et la fermeté, elle doit savoir faire peur. Pour l’instant elle s’avère incapable de nous protéger. Pour le moment, ces barbares tuent mais on ne les tue pas. Tant qu’on ne les tuera pas, tant qu’ils n’auront pas peur d’être tués, ils continueront.[etc...]"
Et, Fabrice Trochet, dans tout ça ?? (je me demande si le but n'était pas de juste faire écrire "S." dans le plus de blog possible, zut).

15. Le samedi 5 novembre 2005 à 15:39, par Berlol :

Je crains bien que ce fût le but de Trochet. J'ai déjà dit autrefois toute l'ordure qu'est pour moi le personnage dit "le S." et qu'il est à peu près impossible que je souscrive jamais à aucun de ses propos. Par mesure d'hygiène, je procède partout dans les commentaires au changement de nom afin qu'aucun moteur ne mène ici par sa requête. J'effacerai tout propos de type ordurier émanant de cette clique.

16. Le samedi 5 novembre 2005 à 15:55, par Cécile :

Bonsoir (bonjour) Patrick,
Et bien surtout n'hésite pas à effacer la bien trop longue citation que je viens de faire, sans réfléchir, de ce type.
Au fait, je voudrais bien les fichiers Dubillard si gentiment proposés...

17. Le samedi 5 novembre 2005 à 16:42, par Arnaud :

Sans vouloir lancer un débat au sujet de l'action de notre gouvernement, je tiens juste à noter que je soutiens totalement l'action de restauration de l'ordre actuellement en cours. Réfléchir aux causes des problèmes sociaux n'est pas le rôle du Ministre de l'Intérieur. Celui-ci travaille à maintenir l'ordre social ou à le rétablir promptement. Cela a toujours été comme cela.
Quant aux voyous qui mènent ce qu'on doit appeler une guérilla urbaine parce qu'ils considèrent toutes les politiques d'apaisement ou de pardon de la République comme autant de signes de faiblesse des "pédés blancs", ils ne faudrait pas les confondre avec des citoyens !
Lorsque je lis les commentaires des abonnés (socialo-bobos de 6e arrondissement) du monde.fr, qui critiquent le "fascisme" du Ministère de l'Intérieur, ou interprêtent les violences urbaine comme "l'expression d'un déni de la démocratie" (chez des gens qui ne votent pas ??), je suis en colère. La Gauche française n'est plus républicaine. Que leur faut-il pour qu'ils se mobilisent ? Que la France entière brûle ? (Ou peut-être juste leur appartement à eux ?)
Par contre, la répression doit toujours être justifiée, toujours être posée, jamais aller au-delà du nécessaire. Aussi, je suis également surpris par le déchaînement de haine du texte cité par Fabrice Trochet ci-dessus, qui me semble totalement auto-complaisant et est extrêmement malsain. Punir systématiquement la violence et les criminels, c'est normal. Se réjouir de la "mort des barbares", c'est une attitude ignoble.

18. Le samedi 5 novembre 2005 à 16:58, par Berlol :

Et voilà, sur Dubillard :
Chemins de la connaissance : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - Mémorables : 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - Fiction : 11 - Tire ta langue : 12
(le tout sera retiré sous quinzaine...)

19. Le samedi 5 novembre 2005 à 17:17, par Acheron :

Je suis d'accord avec Arnaud. La situation vis à vis des jeunes des banlieues et leur mal-être peut s'expliquer par une politique sociale foireuse, depuis au moins 20 ans, en termes d'intégration. Rien n'a été fait, il n'y a eu aucun courage politique, et on a laissé des quartiers se ghettoïser sans rien faire.
Mais Sarkozy n'a rien à voir dans cette situation.
Par ailleurs pour connaître pas mal la grande banlieue toulousaine, je sais que ceux qui brûlent, ce ne sont pas ceux qui essayent de s'en sortir via l'intégration sociale (et il y en a un paquet conséquent). Ce sont ces derniers qui sont le plus emmerdés par la situation actuelle de guerilla urbaine. Ce sont ces derniers qui vont se retrouver stigmatiser encore plus par une opinion publique qui a déjà la trouille rien qu'en les voyant.
Les quartiers sont tombés dans un fonctionnement quasi-féodal, où ce sont des groupes de crapules qui gèrent la vie, en faisant reigner la terreur. Ceux qui en parlent le mieux, sont d'ailleurs ceux qui vivent cela au quotidien. Ils sont mêmes obligés de se cacher quand ils suivent des formations ou cherchent du travail, parce que les 30 à 40 blaireaux de leur quartier leur casseraient la gueule s'ils savaient que "X" essayaient de s'en sortir…
Mais alors de quoi vient-on nous parler ? De quoi le déficit démocratique ? S'il y a un déficit, il est dans les quartiers en question. Vous imaginez parler le langage de la générosité à la mafia ? C'est le moyen idéal pour se faire immédiatement liquider en étant pris de plus pour une "tapette blance". On ne doit montrer aucune faiblesse fasse à ces bandes organisées. Et ce d'autant plus que plus le temps passera, plus elles seront efficaces et organisées !!
On ne peut pas parler le langage de la justice sociale, de la loi, des droits de l'homme, à des gens qui ne comprennent et ne vivent que dans et par la force et la peur. Ils ont imposé un système de fonctionnement – très proche du système féodal primitif, je le redis –, dans des quartiers où l'État est sorti depuis trop longtemps. Il faut d'abord imposer l'ordre. Faire revenir l'État de droit. On discutera après. Quand les casseurs n'auront plus le sentiment d'être en position de force.
Et là, si on veut casser le cycle infernal de l'exclusion qui a plongé ces quartiers depuis 10 ans dans ce qu'ils sont maintenant, il va y avoir du travail à donner. Et il faudra être tout aussi violent avec ceux qui ne joueront pas le jeu de l'intégration (cad ceux qui excluent au moment des embauches etc.). Une fois l'État de retour dans ces "trous noirs", il faudra qu'il montre qu'il n'est pas là que par sa présence policière…

20. Le samedi 5 novembre 2005 à 18:02, par Arnaud :

D'accord avec toi à 200%, Achéron.
Sinon, je viens de lire cette nouvelle :
« Le président français Jacques Chirac, dont le silence étonne certains députés de sa propre majorité, a reçu une offre d'"aide" de la part du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, selon l'agence officielle libyenne Jana. »
L'aide de Kadhafi ? Avec des missiles français ?? C'est à mourir de rire !
Source:
www.lefigaro.fr/perm/afp_...
(article sur la nuit dernière, pas encore finie d'ailleurs en France)

21. Le samedi 5 novembre 2005 à 18:06, par Acheron :

Arnaud, voleur d'idées !! :D

22. Le samedi 5 novembre 2005 à 18:07, par Arnaud :

Bah, ce sont des idées "élaborées en commun" hein !

23. Le dimanche 6 novembre 2005 à 02:14, par Berlol :

Tiens, voilà le retour du une-deux Arnaud-Acheron !
Ce n'est pas 20 ans, c'est 40, qu'il faut dire. La construction des cités de banlieues du temps de Pompidou et Giscard. En marge des villes, avec des transports en commun juste pour amener les ouvriers aux usines. L'isolement entre vieux quartiers et immeubles nouveaux (Sarcelles le vieux et Sarcelles les cités, c'était sans rapport). Tant qu'il y avait du travail, c'était bon, les adultes au boulot, les enfants à l'école (dans ce temps-là, j'étais à l'école à Garges-lès-Gonesses), la fierté de faire mieux qu'en Afrique du Nord ou de l'Ouest, en Turquie, en Yougoslavie, au Portugal, etc. Quand le chômage arrive, ce sont les 2e et 3e générations qui prennent tout sur la figure... Etc. Je crois que tout cela est bien connu.
Le bon politique, c'est celui qui met les demi-problèmes de côté. Ainsi lorsque plus tard le problème est énorme, il peut proposer des solutions radicales, c'est-à-dire policières et carcérales, et apparaître comme l'homme providentiel, en rejetant la faute sur les régimes précédents. Alors que résoudre des demi-problèmes, c'est fait d'actions longues, compliquées et de peu de visibilité pour un ministre : du tissu socio-éducatif, de l'interconnection urbaine, de la création d'emploi, des médias promouvant le civisme, etc.
Alors, maintenant, nettoyer, être ferme... de vrais criminels... n'ont rien à perdre... etc. Oui, hélas. Et la surpopulation carcérale qui va encore augmenter, et des casseurs qui deviendront des tueurs... Ça va être bien, les années 2020 !

24. Le dimanche 6 novembre 2005 à 02:47, par Cécile :

Je suis d'accord avec vous (pas question d'angéliser, de défendre - en plus, de loin, à l'abri - des comportements violents, nocifs, injustes, parce qu'on connaît et regrette les causes qui ont conduit, en partie, à de telles façons d'être), mais :
"Par contre, la répression doit toujours être justifiée, toujours être posée, jamais aller au-delà du nécessaire." (Arnaud)
"Une fois l'État de retour dans ces "trous noirs", il faudra qu'il montre qu'il n'est pas là que par sa présence policière…" (Acheron)
oui... le problème c'est que, qui croit une seconde que ce gouvernement (mais le précédent ?), incarnant l'Etat, est en mesure de "justifier sa répression", de ne pas aller "au-delà du nécessaire", avec des critères de respect de toute personne (y compris dans la répression et la Justice), de pacification, de construction sociale ??

25. Le dimanche 6 novembre 2005 à 02:49, par Cécile :

Patrick, j'ai exporté et copié les fichiers Dubillard : merci beaucoup !

26. Le dimanche 6 novembre 2005 à 03:00, par Cécile :

"(...) avec des critères de respect, de pacification et de construction sociale" qui ne sont FONDAMENTALEMENT pas les siens.

27. Le dimanche 6 novembre 2005 à 03:34, par Arnaud :

Je suis tout à fait d'accord avec toi, Berlol, sur le contexte d'après-guerre, bien que cela soit un autre débat.
Et Cécile a aussi tout à fait raison de se demander si ce gouvernement est ou non capable de mener un plan d'envergure sur le moyen et long terme, afin de transformer les banlieues. De Villepin a évoqué un "plan d'urgence" pour rénover les cités, mais personnellement je doute (surtout connaissant l'intérêt de l'UMP pour la question). Si le problème l'avait vraiment préoccupé, il l'aurait abordé bien avant, car des signes annonciateurs, il y en a eu...

Mais cela ne nous empêche pas de soutenir de tels projets, d'une façon générale.

28. Le dimanche 6 novembre 2005 à 05:09, par Arte :

Trop passionné, il m’arrive de t’en vouloir, Berlol, mille excuses pour ces confidences, de n’avoir pour réaction à certains commentaires odieux que le silence. Puis tu le romps par une analyse qui me fait désespérer d’avoir été si mauvais avec mon prochain. A moins que ce ne soit la qualité de ta réaction tardive qui me rend tout chagrin de ne pas avoir recadrer moi-même le débat plus tôt avec tant d’habilité.
Parce qu’il y a habileté à propulser le sujet hors de l’actualité, renvoyant du même coup auteur du commentaire odieux, et commentateurs du commentaires à leur études : Certes, ça brûle ! Mais ce n’est pas une surprise ! 40 années de gestation, est-ce encore trop peu pour prévenir ?
Nombre d’experts que la république sait si bien rémunérer, ont prévenu depuis longtemps leurs souverains que la bombe était amorcée. Qui ne le savait pas ? Le moment venu, les uns sont pour les armes (que « la police possède » ! aurait-on prévu quelque chose ?) et les autres partagent « au moins » la nécessité du prompt rétablissement de l’ordre… exemptant un Sarkosy de toute responsabilité dans l’affaire !!! Cela ferait rire si ce n’était effrayant.
Tout ce que l’on peut dire en maniant la banalité !!! C’est fou ! Je préfère encore un fasciste à découvert que la poisse des fausses bonnes pensées toujours prêtes à s’étendre, sait-on jamais, un « ordre nouveau » est si vite arrivé.
Et de cracher à son tour sur la Gauche ! Mais la Gauche, c’est ceux qui la font ! On est ou l’on est pas de Gauche ! (c’est comme « éditeur » Sic I. Lindon). La Gauche c’est combattre, ce n’est pas observer les errances de ses représentant à un moment de l’histoire, ni finir son exposé sur le maintien de l’ordre par une pensée sur la « nécessaire intégration ». Expression dégueulasse ! Vraiment : INTEGRATION !!!
Je trouve cette façon de faire dangereuse. Oui Cécile dit la réalité : elle doute bien qu’il y ait une pensée de « partage » à Droite ! Il n’y en a pas.
Berlol, nous nous opposons sur l’espoir : Je VEUX que les années 2020 soient meilleures, parce qu’en 15 ans on a le temps de transformer l’urbanisme, de créer une Europe de la reconstruction, et de faire changer de discours les suiveurs sans idéal fixe.
Ta « petite » pièce jointe.

29. Le dimanche 6 novembre 2005 à 06:30, par Arnaud :

« Cela ferait rire si ce n’était effrayant. »
Effectivement...
Mais qui rit d'ailleurs ?
Rappelons que sur le net, depuis quelques jours, les sites « de Gauche » se font spécialistes des « fausses bonnes pensées » et de la chasse au « fasciste à découvert ». À Droite, comparativement, c'est plus habituel.
Alors on finit par se demander si l'« on est ou l’on est pas de Gauche ». Car cela signifierait-il être un partisan du laisser-brûler-la-voiture ? Je ne le crois pas. Mais l'on est pas de Droite non plus. Les dichotomies, c'est pour les staliniens « à découvert ».
Mais c'est vrai qu'à Paris-déjà-sous-surveillance-militaire, cela ne doit pas être aussi proche que vu du 91 ou du 93. L'ordre pour la banlieue, ça ferait désordre !

30. Le dimanche 6 novembre 2005 à 06:58, par Arte :

Réaction : Arg, il manque un "s" à représentant(s).

31. Le dimanche 6 novembre 2005 à 06:59, par Acheron :

Ceux qui gouvernent ne partagent pas parce qu'ils en ont le désir compulsif… ils le font parce que sinon on viendrait prendre les choses chez eux. Et je ne pense pas que la gauche offre davantage de perspective de partage que la droite… sinon, le problème ne se serait pas agravé au long de tant d'années. Là, pour le coup, on peut dire qu'à droite comme à gauche, ça pue.
Et puis, on est ou on est pas de gauche… oui, bon, peut-être, mais concrètement, ça nous fait une belle jambe avec les bras cassés qui composent le PS… Parce que je ne sais franchement pas si Fabius, il est de gauche, ou s'il est fabiusien, hein !
Le problème de la légitimité de l'action des gouvernements après tant de temps, est réel. Puisque personne n'a rien fichu en profondeur. Oui, c'était peut-être prévisible (même si je ne vois pas bien comment on peut expliquer, ni comment on aurait pu prévoir que l'on en viendrait à dire que quand les "blancs" choisissent de ne pas se battre, alors c'est des "pédés". Que les femmes blanches, c'est des "putes". Et que la France, c'est de la merde à niquer, tu prends les alloc, et tu l'emmerdes. Je reprends les mots tels que je les ai entendus sur place. Ca veut dire quoi ? Qu'il faut y envoyer la Légion ?)…
Et alors ?
On laisse tout cramer ?
On laisse ceux qui se cassent le cul jour après jour pour bosser ou essayer de trouver à bosser, se faire régir par une bande de crapules tout droit sortie du moyen-âge ? Parce que moi, j'en ai rien à foutre des cons qui brûlent des voitures. Et je me fiche de leur avenir. C'est trop tard. Moi, ce sont mes copains qui y vivent dans les banlieues, souvent de la génération les grands frères des Duglands qui cassent tout, et que ces types empêchent de vivre. Car la génération avec laquelle il est devenu impossible de discuter, c'est celle des années 1980, pas celle des années 1970, hein. Et avec la super-pub que ces connards auront fait aux banlieues depuis 10 jours, je vous prie de croire que mes potes, et la grande majorité des braves gens qui y vivent, ils sont pas sur le point qu'on leur en donne, du travail…
Ca, c'est le plus insoutenable pour moi dans cette affaire. Ceux qui n'y sont pour rien, qui ne demande rien, si ce n'est qu'on les reconnaisse pour leur valeur, et qui en plus de la ségrégation latente qui est bien là, vont s'en prendre encore plus plein la tronche. Les vraies victimes, ce sont ces personnes. Pas les grands courageux qui saccagent et pillent en prenant bien soin de se cagouler, qui attaquent un handicapé, qui piquent des platines DVD et des Playstation 2. Où voyez-vous une revendication sociale là dedans ? Le problème, ce n'est pas de les calmer, le problème, c'est le mélange irréparable qui est en train de se faire dans la tête des gens, entre banlieue et bandes de crapules.
Une société qui commence a avoir peur de certains de ses éléments, que ce soit justifié ou non, en vient toujours à adopter des solutions extrêmes si on ne règle pas les choses vite et bien… ça, ça fait vraiment peur. Ca, c'est bon pour Le Pen…
Ces explosions de violence injustifiables auront au moins mis en lumière qu'il y a un problème, un vrai, un qui ne se cache plus, et qui, pour le coup, blesse la société en entier, pas seulement les ghettos. Rien que pour cela, je pense que le gouvernement, animal qui vise à sa survie, ne pourra plus faire semblant de régler les problèmes.
Quant au propos de Sarkozy, il n'auront été qu'un prétexte pour que ça explose. Comme les deux pauvres types qui se sont branchés seuls sur un compteur électrique EDF… Il fallait que ça explose. C'est chose faite. Et maintenant ? On tend l'autre joue ?
On ne discute pas "cuisine" avec des cannibales.

32. Le dimanche 6 novembre 2005 à 08:23, par Arte :

Si l'intérêt de la crise est de poser les vraies questions, ce n'est certainement pas en se demandant si on est pour ou contre brûler des voitures qu'on avancera. Evidemment, on est contre. Arnaud, jamais à une contradiction prêt, appelant "staliniens" (espérant blesser ?) ceux là même qu'il juge partisans "du laisser-brûler-la-voiture"... Saline aurait été de cette veine ? Pour un historien, c'est ridicule ! Sur chaque sujet il nous faut nous coltiner ces agglomérats de poncifs qui ne tiennent pas une minute à l'analyse, au lieu d'aller au but.
"Il fallait que ça explose." Pourquoi ? Pourquoi "fallait-il" que ça explose ? C'est une question de langage ? Pourquoi "fallait-il" ?
"une bande de crapules tout droit sortie du moyen-âge ?" : Renvoyez ces gens au moyen-âge, c'est refuser la nature très CONTEMPORAINE de la violence, et du même coup être sûr de ne pouvoir y faire face.

33. Le dimanche 6 novembre 2005 à 10:53, par Bartlebooth :

Cette enflure de S. a été cité, aux côtés de François Bon, comme blog littéraire dans un article du NouvelObs. On le trouve également dans "le portail de l'enseignement des lettres" ( www.weblettres.net/sommai... )... Sur le site de la librairie Mollat. Elizabeth Flory lui fait de la pub...
En allant faire un tour sur le blog de S., je me suis aperçu que même Lucien Suel encensait le bonhomme.
Alors questions :
- ces personnes se sentent-elles en confiance parce que le mot "littérature" est dans le sous-titre du blog ? Lisent-elles de traviole ? En diagonale ? Ne voient-elles pas ce qui s'y trame d'autre ? Epousent-elles les idées visqueuses qui y sont exprimées ? Avalent-elles n'importe qu'elle connerie à partir du moment où elle est enrobée avec un style enflé copié sur les bonnes vieilles "racailles" réactionnaires ? S'en foutent-elles et conseillent-elles ce blog sans prendre la peine de le lire, avec la légèreté qui fait qu'on est prêt à sympathiser avec le pire révisionniste ?
Merci Berlol pour les enregistrements Dubillard, j'ai tout copié aussi et déjà écouté les 4 premiers fichiers. Savoureux.

34. Le dimanche 6 novembre 2005 à 11:18, par Arte :

Bartle, réponse : "oui".

35. Le dimanche 6 novembre 2005 à 15:10, par Acheron :

Il ne s'agit pas de renvoyer ces gens aux moyen-âge. Il s'agit d'aller sur place, et de constater que ces réseaux de gangster fonctionne comme les système féodo-vassaliques à leur tout début : aucune productivité, et domination par la trouille. Contrôle d'un territoire par des gens qui sont liés par le "respect" et l'"honneur", mais à qui cela ne dérange pas d'écraser les plus faible. Et de fait, ils ont tout à perdre dans le retour (efficace, hein, pas plein de promesses vides) de l'État dans les cités.
Il ne s'agit pas dse dire qu'il sont "en retard", il s'agit de regarder comment cela fonctionne. Et le type de fonctionnement n'est pas sans précédents, bien que son origine actuelle soit tout à fait contemporaine.

36. Le dimanche 6 novembre 2005 à 15:47, par Arnaud :

Cher Arte, le stalinisme en question ne consiste pas à être partisan du laisser-brûler-la-voiture, mais à considérer systématiquement les partisans de la répression comme des « fascistes ». Le mot n'est pas de moi.
D'où aussi, je suppose, la question d'Acheron : On fait quoi ? On laisse cramer ?
C'est bien beau la flagellation post-coloniale, mais il y a un moment où ça suffit. Ca aurait été des Arabes qui se faisaient tabasser lors de dix jours de ratonnades que "l'opinion" aurait dit l'inverse. Pourtant, qui dit société dit ordre social. Celui-ci doit être maintenu, pour qu'il y ait, ensuite, dialogue. En étant assuré, bien sûr, que les casseurs fassent, éventuellement, partie des éléments prêts à "dialoguer" au sein des populations de banlieue. Ce dont je ne suis pas du tout convaincu, pour voir ces problèmes moi-même depuis vingt ans (j'habitais à côté de Corbeil-Essonne, 91).

37. Le dimanche 6 novembre 2005 à 16:13, par Acheron :

Non, parce que lorsque l'on brûle des écoles et et des bibliothèques, que l'on violente les habitants que l'on surprend un livre à la main, parce que "pour qui il se prend c'te tapette", on peut douter de la qualité du dialogue hein…
La dizaine de copains qui sortent de ces cités, détestent ces gens, pendant 20 ans, ils ont étudié en cachette pour pouvoir en sortir… C'est avec eux qu'ils faut discuter des problèmes et de leur nature, pas avec les casseurs.

38. Le dimanche 6 novembre 2005 à 16:35, par Acheron :

Dialoguer ? Mais bien sûr…
A minuit, 34 policiers blessés, 528 incendies de véhicules, 95 interpellés
AFP 07.11.05 | 00h49
Blessés dans la première partie d'une onzième nuit de violences lors de laquelle les forces de l'ordre ont comptabilisé 528 véhicules incendiés et procédé à 95 interpellations, selon un décompte effectué lundi à minuit.
Parmi les policiers blessés, deux ont été la cible de tirs de grenaille à la cité de la Grande Borne à Grigny.
Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy leur a rendu visite dimanche soir à l'unité médico-judiciaire de l'hôpital d'Evry où des éclats de plomb leur ont été extraits, un de la jambe, l'autre du cou.
Les autres blessés ont été essentiellement touchés par des jets de pierres.
A minuit, il y avait eu plus de véhicules incendiés comptabilisés en province (316) qu'en Ile-de-France (212).
Des jets d'engins incendiaires ont à nouveau été relevés dans de nombreux endroits. Contre les forces de l'ordre, comme aux Tarterêts (Essonne) mais aussi contre des bus comme à la Ricamary (Haute-Loire),
Deux églises ont par ailleurs été touchées par des engins incendiaire: celle de Saint-Edouard à Lens (Pas-de-Calais) et celle de l'île de Thau à Sète (Hérault).
De nombreux établissements scolaires ont été pris pour cibles: une école maternelle à Nantes, une crèche en partie détruite à Saint-Maurice (Val-de-Marne), une autre école du quartier de Hautepierre à Strasbourg, deux autres à Saint-Etienne.
Le bureau de police de la Croix-de-Neyra à Clermont Ferrand a été totalement détruit, tandis qu'à Perpignan, un véhicule en feu a été projeté sur le poste de police du Moulin-à-Vent.
Un centre social a été ravagé à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et une trésorerie principale a été endommagée à Trappes (Yvelines). Un entrepôt pharmaceutique de Suresnes (Hauts-de-Seine) a également été touché.
A Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), un magasin de moto a été fracturé et quatre personnes ont été interpellées,
Selon une source policière, à 18H30, des individus ont jeté des pierres sur des bus à Colombes (Hauts-de-Seine), blessant à la tête un enfant de 13 mois qui a dû être conduit à l'hôpital, sans que le niveau de gravité de sa blessure ne soit précisé.

39. Le dimanche 6 novembre 2005 à 16:40, par Arnaud :

C'est fou ces émeutes... Mais Paris doit continuer à vivre normalement, en vase clos.

40. Le dimanche 6 novembre 2005 à 17:39, par Acheron :

Et oui, les pauvres, ils ne pouvaient pas se payer de moto…

41. Le dimanche 6 novembre 2005 à 18:19, par Berlol :

Arnaud, Acheron, je crois qu'il n'est pas nécessaire ici de redonder de la sorte. On a bien compris (il y a peut-être pour vous des lieux où débattre plus utilement avec des acteurs de terrain ou des anti). Votre insistance m'inquiète quant à l'arrière-train de votre motivation. N'oubliez pas que, quelle que soit la nécessité de rétablir l'ordre, le fait que ça pète est une EXCELLENTE information pour Sarko et tous ceux qui sont plus à droite que lui (et pour lesquels il travaille depuis des années à déplacer le centre de gravité de la droite). Quant à la gauche, comme vous, je n'entends pas sa voix...

42. Le dimanche 6 novembre 2005 à 18:38, par Acheron :

Ben oui, c'est ce que l'on dit plus haut… C'est très bon pour les droitistes, et c'est très mauvais pour les banlieues et ceux qui essayent d'y vivre normalement.
Le "triage" au faciès va pouvoir se faire encore plus sauvagement qu'avant…

43. Le dimanche 6 novembre 2005 à 18:46, par Arnaud :

Nos motivations ? Et bien, moi pour ma part, je suis inquiet. Il y a de quoi non ?
Et comme je le disais plus haut, opposer laxisme vs répression, ou gauche vs droite (voire "fascisme"...), c'est un faux débat. Le bordel actuel est intolérable, point.
Mais bien sûr, tu as raison de recontextualiser sur le long terme comme tu le fais. Je suis tout à fait d'accord. Et les populations des cités de banlieue en sortiront, toutes, affaiblies. Même celles qui n'ont rien demandé.

44. Le dimanche 6 novembre 2005 à 21:23, par vinteix :

Ni droite, ni gauche, en effet... Le probleme n'est pas la, n'est plus la, en tout cas pour l'heure. De toute facon, les gouvernements successifs, d'un bord ou de l'autre, n'ont rien fait en profondeur pour ces quartiers. La gauche actuelle a beau jeu de donner des lecons !
Il s'agit maintenant de retablir l'ordre (bien que ce mot ait un arriere-gout detestable) : voir ces bagnoles, bus, ecoles, bibliotheques, magasins bruler et tous ces gens attaques... BASTA !
Sans etre facho, je le dis : pas de pitie pour ces connards de casseurs ! Ca fait longtemps que cette minorite de cons pourrit la vie de beaucoup de monde, et particulierement de gens qui en ont une (de vie) deja pas tres facile...



Samedi 5 novembre 2005. Miracle microscopique dans les synapses de Lol.

[RLVS-7] « Une place est à prendre, qu'elle n'a pas réussi à avoir à T. Beach, il y a dix ans. Où ? Elle ne vaut pas cette place d'opéra de T. Beach. Laquelle ? Il faudra bien se contenter de celle-ci pour arriver enfin à se frayer un passage, à avancer un peu plus vers cette rive lointaine où ils habitent, les autres. Vers quoi ? Quelle est cette rive ? » (Marguerite Duras, Le Ravissement de Lol V. Stein, p. 60-61)

C'est une sorte de monologue intérieur, prêté à Lol par le narrateur qui l'habite rétrospectivement. On ne sait pas, on ne saura jamais si Lol a jamais pensé quelque chose comme ça. Mais le récit inventé a l'avantage d'unifier les parties connues par d'autres témoignages.
L'enjeu, c'est bien sûr de savoir pourquoi et comment Lol a planifié la conquête de Jacques Hold, alors même que tout le monde la croit tantôt folle, tantôt hystérique et/ou frigide. Traumatisée à 17 ans, engagée pendant dix ans sur un pont affectif qui revient au point de départ (U. Bridge + dessin du jardin), elle est soudainement remuée par quelque chose qui doit s'apparenter, quoique de loin encore, à du désir lorsqu'elle voit passer cet homme devant chez elle (p. 38) puis lorsqu'elle le croise par hasard dans les rues (52).
Là, il faut expliquer aux étudiants que Duras n'a jamais été pour la paix des ménages ni pour l'hypocrisie bourgeoise. Les passions ravageuses et souvent criminelles qu'elle a mises en scène (romans, pièces de théâtre, films) viennent de désirs et de pulsions peu compatibles avec les règles de la bonne socialité.
D'autre part, si l'histoire de Lol n'était pas celle d'une double (re)conquête de soi par le désir de l'autre, si ce n'était que le tableau d'une même pathologie à différents âges, Duras ne l'aurait pas inventée.
Ceci posé, comment est-il, cet homme ? Il se promène et regarde les femmes, il leur court après (52), il en est vulgaire (54), et, pour Lol, l'observer en train de regarder les femmes est une façon divine (54), parfaite (56) de passer le temps. Étonnant, non ? C'est un homme à femmes, comme on dit, il les lui faut toutes, en vrac (57). Quand il les regarde, c'est comme s'il les déshabillait... (D'ailleurs, c'est lui-même qui l'écrit.) Et Lol aime ça ? (Elle qui voulait voir déshabiller Anne-Marie Stretter... (49-50)) Peut-être. Peut-être pas. Mais le désir si voyant dans le regard de cet homme, titille quelque chose en Lol. Elle sent qu'il se passe quelque chose et elle suit, pour voir. Elle ne sait pas exactement ce qu'il faut faire pour aller mieux, pour retrouver la joie de vivre, le désir, le plaisir, mais elle sent quelque chose. D'instinct ? Peut-être. Comme un chat choisit l'herbe pour se purger. Le monde est une pharmacopée.