| Mardi 1er novembre 2005.
Des canards des tubes. Presque rien lu, presque pas de temps devant l'ordinateur. En revanche, déplacement ferroviaire en finissant ma nuit, air brassé en classe et bonne réactivité des étudiants, performance pongistique avec David qui se découvre smasheur, puis discussion dînatoire avec Clotilde chez Rhubarbe. Donc, que de bonnes choses mais de ces journées où l'on n'a pas cinq minutes à soi dans la succession des activités. Journée active mais journée blanche pour la pensée en soi. Ou pour la psyché... Comment dire ? Ou c'est de la fatigue. Ou alors un effet 1er novembre (les morts, la grisaille, on est peu de chose...). Élargissement. Plus on fait travailler de gens et plus on fait travailler les gens, plus on a de journées blanches enfilées les unes dans les autres. Au point que ce sont finalement les gens eux-mêmes qui sont blancs, vides, mécanisés, lobotomisés de leur conscience d'être, et habitués à cela — certains allant même jusqu'à le revendiquer, refuser de penser sur soi. Aubaine pour tous les simplificateurs (politiques, scientifiques, sociaux, publicitaires, etc.) qui les manipulent. Une matière blanche de ne pas penser à elle-même. Juste produire et consommer. Comme on dit des canards des tubes digestifs... Comment aimer son prochain, dans ces conditions ? Où trouver l'enthousiasme pour lequel on garde idéalement l'idée idéale qu'il serait bon, qu'il serait bon qu'il y en ait si tout le monde en avait ? À moins que ce ne soit qu'une illusion de nos cerveaux malades de christianocentrisme. Le sage chinois ne cherche que l'harmonie. En moins d'une semaine, on a mis le maillot de corps, le petit pull ou la veste chaude et l'écharpe. Belle journée de soleil mais dix degrés de moins dès qu'il se retire. À surveiller : c'est généralement la période où j'attrape ce satané rhume bête et qui me tient trois semaines... Un homme averti (par son blog) en vaut deux. Commentaires1. Le mardi 1 novembre 2005 à 09:57, par Arte : Absolument. 2. Le mardi 1 novembre 2005 à 10:53, par alain : Bartlebooth, oui, c'est cela, manquait l'exaltation qui pousse
à la joie, l'approbation complète, l'adhésion totale
pour me transporter dans le 16ème et voir Coco Rosie. 3. Le mardi 1 novembre 2005 à 11:40, par Arte : Absolument. 4. Le mardi 1 novembre 2005 à 12:43, par cel : Cocorosie, elles donnent sur scène, même avec une mauvaise mise en son (cf à Evreux cet été), Devendra aussi, qui en prime en moins d'une demi-heure tombe la liquette brodée, le maillot de corps, le petit pull ou la veste et l'écharpe selon la saison pour se tortiller en tatouages (absolument) 5. Le mardi 1 novembre 2005 à 13:43, par FB : oui oui, on passe par là 6. Le mardi 1 novembre 2005 à 14:12, par Berlol : Y'a pas de petites économies ! et puis je vais même finir par le lire, moi qui n'en ai pas pipé mot jusqu'ici... Comme quoi faut jamais être d'un avis définitif. Côté atelier, je viens de lire chez toi que c'était parfois un peu galère. Donc crevant au physique comme au moral. Alors : amitié et soutien moral. 7. Le mardi 1 novembre 2005 à 14:18, par FB : si ce que tu as lu c'est ça 8. Le mardi 1 novembre 2005 à 14:31, par Berlol : Exactement. Et parfois, c'est lourd à ramasser. Mais c'est ainsi que les hommes vivent, comme dit à peu près le poète... 9. Le mercredi 2 novembre 2005 à 00:32, par Arte : Certes. 10. Le mercredi 2 novembre 2005 à 21:51, par Manu : Je me suis récemment posé cette question de
cette accélération de notre rythme de vie quotidien, qu'est-ce
qui fait qu'on en soit arrivé là, pourquoi la subissons-nous,
pouvons-nous ralentir, qui tire les ficelles, est-ce (en partie) la faute
aux progrès technologiques ?... 11. Le mercredi 2 novembre 2005 à 21:53, par Manu : Tiens, j'aurais dû mettre "naturelles" entre guillemets... |
| Mercredi 2 novembre
2005. Avec leurs seuls sabre et courage. En marge du Protocole de Kyoto, nous nous interrogions en classe ce matin sur les origines des pollutions, d'une façon générale et historique. Une étudiante sait que l'industrialisation commence en Angleterre puis en Europe continentale entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle. Cela nous fait donc deux cents ans d'avance sur des pays qui commencent à polluer depuis quinze ou vingt ans... D'où la difficulté de leur faire respecter l'environnement aujourd'hui. Au sujet du Japon, on me répond que son industrialisation aurait commencé... après la Seconde Guerre mondiale. Les lacunes et les mythes de l'histoire du Japon pour les Japonais eux-mêmes sont donc à ce point conséquents. Je demande alors si c'est avec leurs seuls sabre et courage que les Japonais ont vaincu les Russes en 1905... Très bon moment dans un réfectoire de l'université (12h15-14h) : rencontre, sous notre houlette, entre une soixante de nos étudiantes et trois étudiants de japonais venus de France, plus une américaine de l'Iowa qui ne veut pas perdre le français appris chez elle. Les premières minutes sont un brin protocolaires mais vite des petits groupes se forment et les conversations démarrent autour des collations et sandwichs, verre de thé ou de jus de fruit en main (pas d'alcool dans l'enceinte de l'université, bien entendu). On voit beaucoup de téléphones sortir pour échanges de numéros et photos de doigts écartés. « S'il y a une créature sur Terre qui est moins idéologique qu'une autre, la moins idéologique possible, c'est le littéraire. C'est celui qui, après avoir décomposé tous les mots, dans toutes les lettres, perd peu à peu la signification de tout. S'il y a un individu qui ne peut répondre à rien, au contraire du prophète, du philosophe, du politique, c'est le littéraire. Et ce rien-là n'est pas une fiction, c'est vraiment une passivité très particulière. La lecture requiert en lui une capacité vertigineuse de passivité, qui fait que, dès qu'il est plongé dans son immersion, il ne peut pas être découragé, parce qu'il se noie, il est englouti...» (Pascal Quignard avec Alain Veinstein dans Surpris par la nuit le 31 octobre — je voulais aborder les désopilantes Répliques de samedi dernier sur la pornographie, mais je donne la priorité à Quignard.) Des hypocrisies en général, et des médias en particulier. Jugement Dieudonné/Fogiel, des centaines de pages épluchées pour savoir qui diffame l'autre, avec appel à l'intégrisme et à l'odorat... et cette tardive remarque d'un commentateur sur les gains générés par les dizaines de milliers de SMS reçus par l'émission de télé. En résumé : plus vous protestez contre l'émission, plus ça nous rapporte — même si on ne diffuse rien (ou si peu) de ce que vous nous dites ! Google joue au même jeu du scandale qui rapporte gros (« Les annonceurs, insérant leur message face aux réponses aux requêtes des internautes (AdWords 51% du CA) [...] », in Jean-Michel Salaün, Bibliothèques numériques et Google-Print, chez ArchiveSic) et fait apparaître le chiasme des hypocrisies, celle du marchand et celle du prince : « La relation entre les notions d'accès et celles de publication se brouillent au point que le président de la Bibliothèque nationale [de France], qui a vocation à tout rendre accessible propose de sélectionner, tandis que l'opérateur privé [i. e. Google], lui, collecte sans exclusive.» (Excellente remarque.) Le scandale de demain sera-t-il évité ? C'est aussi en signe d'espoir que Quignard ouvre ce billet. Sinon, je suis d'accord avec cet article d'Éric Naulleau dans Libération (fors la surévaluation de Toussaint) : « Quelle ultime limite faudra-t-il franchir pour que cesse enfin le scandale du Goncourt ? Un récent et sévère rapport du Service central de prévention de la corruption (SCPC), remis au ministre de la Justice, dénonçait déjà (entre autres) la confiscation des prix littéraires, et du très important chiffre d'affaires que ceux-ci génèrent, au profit de quelques grandes maisons d'édition et pointait la difficulté "de faire la part des choses entre les membres des jurys, généralement tous auteurs d'œuvres littéraires, et les maisons qui les éditent". La plus célèbre des distinctions automnales semble à présent décidé [sic] à jeter aux orties tout souci de déontologie. Soudain l'été dernier, François Nourissier, ancien président et toujours membre influent du jury Goncourt, faisait savoir que son choix personnel se portait définitivement sur la Possibilité d'une île de Michel Houellebecq, les quelques centaines d'autres romans parus à l'occasion de la rentrée littéraire se trouvaient ainsi relégués au rang de quantité négligeable, tout juste bons à faire masse et pas même dignes d'une lecture superficielle. Sans crainte du ridicule, la deuxième liste du Goncourt intégrait pourtant in extremis un ouvrage absent de la première sélection, à savoir Trois Jours chez ma mère de François Weyergans, paru tardivement (c'est-à-dire fin septembre) chez Grasset. Jugements formés a priori et passe-droits font ici bon quoique paradoxal ménage. Afin de bien enfoncer le clou où accrocher ce triste portrait de la république des lettres, le Monde du 8 octobre dernier rapportait, sous la plume d'Ariane Chemin, que Michel Houellebecq et François Nourissier ont pris l'habitude de se retrouver à l'heure du goûter dans l'hôtel particulier du second où il arrive au premier, "trop las pour retrouver le chemin du retour", de passer la nuit sur le canapé. Touchante générosité qui consiste à offrir tout ensemble à son hôte non seulement le toit, mais aussi le couvert chez Drouant puisque le grand aîné, apprend-on dans le même article, se bat depuis cinq ans pour "le jeune écrivain" et ne souhaite rien tant que "lui offrir le prochain prix de l'académie Goncourt, le 3 novembre". Mais rien ne sert de triompher entre amis, encore faut-il y parvenir sans péril. C'est ainsi que la troisième et dernière sélection du prix Goncourt, rendue publique le 25 octobre, a pris soin d'écarter tous les livres porteurs d'une quelconque ambition encore présents dans la deuxième sélection (Waltenberg d'Hédi Kaddour ou Lutetia de Pierre Assouline), déjà très édulcorée (où est donc le Goût des femmes laides de Richard Millet ? la Serveuse était nouvelle de Dominique Fabre ? où sont donc les Jouets vivants de Jean-Yves Cendrey ?), et de n'entourer le lauréat idéal que de livres peu susceptibles de lui porter ombrage. Falaises d'Olivier Adam se révèle un roman dépourvu d'à peu près tout ce qui caractérise la véritable littérature (style, ton, nerf, vision) et s'apparente au mieux à une rédaction de bon élève, lisse jusqu'à l'impersonnel. Trois Jours chez ma mère de François Weyergans, sous les apparences d'une mise en abyme de l'impossibilité d'écrire, consiste en un insupportable et vain bavardage aux limites du remplissage. La bande des quatre est complétée par Fuir de Jean-Philippe Toussaint, sans doute le plus honorable texte du lot, même si son auteur pourrait concourir en bonne compagnie au titre d'écrivain français contemporain le plus surévalué. Quoi qu'il en soit, l'auteur de la Salle de bains représente la dernière chance d'éviter le scandale dans le scandale que constituerait l'obtention du prix Goncourt à la Possibilité d'une île, où notre champion hexagonal de la modernité littéraire, après avoir penché vers SAS dans son précédent opus (Plateforme), lorgne désormais du côté de la collection Harlequin ("J'ai 40 ans, elle en a 20 : notre amour est-il impossible ?") et distille un ennui qui donne une idée de l'infini. Mais inutile de trop compter sur les autres distingués membres du jury pour ramener François Nourissier à la raison littéraire. Didier Decoin, par exemple, déjà coupable de l'inexpiable forfait d'avoir proprement équarri le Comte de Monte-Cristo aux fins d'adaptation télévisée pour TF1, a fait paraître voici quelques mois un livre intitulé Avec vue sur la mer (Nil). En page 103, on y lit : "Ce système-là, prédisait M. Bonnet, finirait par nous asphyxier aussi sûrement que les émanations d'oxyde de carbone avaient eu raison de ce pauvre Marcel Proust." Quand on confond Marcel Proust et Émile Zola, il est à craindre qu'on ne parvienne pas non plus à distinguer entre Houellebecq et la littérature.» Dénonciations cathartiques. C'est à peu près le titre que l'on pourrait donner à l'ensemble des films de Jean-Pierre Mocky dont je viens de voir le récent Vidange (1998). Sujet et ton sont aussi corrosifs que trente ans avant, mis au goût du jour et remarquablement joués. On peut remarquer plus d'économie dans les effets, du lapidaire loufoque dans les dialogues, et, qui fait tourner la fronde plus vite, de l'ellipse. Commentaires1. Le mercredi 2 novembre 2005 à 09:15, par Arte : Tout à fait ! 2. Le jeudi 3 novembre 2005 à 00:41, par jcb : Tout à fait, tout à fait !! 3. Le jeudi 3 novembre 2005 à 03:43, par vinteix : C'est vrai ça ! 4. Le jeudi 3 novembre 2005 à 03:51, par Berlol : C'est un concours d'enthousiasme ? 5. Le jeudi 3 novembre 2005 à 04:21, par Arte : Absolument. 6. Le jeudi 3 novembre 2005 à 04:37, par Manu : Oui !!!!!!!!!!! 7. Le jeudi 3 novembre 2005 à 05:51, par vinteix : enthousiasme et passsion ! |
| Jeudi 3 novembre 2005.
Planète littéraire dans l'oreille. Il est 9 heures moins cinq, heure du Japon. Dans quelques minutes, on saura le nom du lauréat du Goncourt... Quand on me lira, il sera déjà connu, sauf de ceux qui auraient du retard à l'information. Alors pourquoi mettre ça en scène de cette façon ? Pour inscrire ma première réaction, ma propre surprise. Ah, c'est Weyergans ! (Voir ce qu'en disait Éric Naulleau hier...) Va pouvoir s'acheter une maison... Enfin, c'est ce qu'il disait dans le Tout arrive du 27 octobre... On écoute le direct : La violence dans les quartiers... Un psychologue de Garges-les-gonesses (où j'ai habité jusqu'à 14-15 ans)... De Villiers et les français qui souffrent... Une commémoration des Camps... Chirac et la vigilance... « Car rien n'est jamais définitivement acquis.»... Marseille, les transports et la médiation impossible... achever les HP... Procès Jean-Claude Brisseau, harcèlement contre perversité... Retour à Drouant... Ambiance survoltée... et peu de réaction... Weyergans, par six voix contre quatre... « Le grand perdant, c'est Michel Houellebecq... », dit la journaliste du 13-heures de France Culture. Le Renaudot pour Nina Bouraoui, tout le monde est surpris... mais ça s'explique... Je n'en suis pas sûr, pour le grand perdant. Ses partisans vont en faire un martyr. Non, en revanche, j'ai vraiment une larme de déception pour Jean-Philippe.
Retour en arrière.
Petit matin de jour férié ; jour de la culture
au Japon. Première lecture et totale sympathie
avec
JCB que je remercie pour ses fleurs. Thé anglais et œufs
brouillés. Une autre planète littéraire
dans l'oreille : quel drôle d'oiseau, ce Dominique Meens
! et combien était beau son Surpris
par la nuit tiré de l'Ornithologie
du promeneur !Translation de quelques centaines de kilomètres pour écouter quatre interventions du colloque Sartre (Penseur pour le XXIe siècle ? — heureusement qu'il y a un point d'interrogation...) à l'Université Aoyama Gakuin. J'y retrouve quelques connaissances chercheuses : Patrice, Michaël, Hervé, Brigite, Bill. Beaucoup de collègues japonais... À ce propos, on m'a demandé un jour pourquoi je citais plus volontiers les noms des Français que des Japonais que je rencontre. La réponse est assez simple : je ne maîtrise pas les codes de connivence liés à la culture japonaise et aux niveaux hiérarchiques des personnes dont je pourrais parler. Par conséquent, il pourrait arriver que je froisse des personnes, franchisse quelque ligne invisible sans m'en rendre compte, que l'on me considère ensuite comme un ingrat, un goujat, un graphomane, un malade, etc. Donc, éviter le poteau noir pour ne pas avoir à ramer.
Sauf quand la présence
d'une personne est officielle, liée à un
évenement, comme c'est le cas aujourd'hui. Ainsi je
peux dire que j'ai écouté avec plaisir Nao Sawada
que je connais bien parler de Sartre biographe malgré
lui, puis Atsuko Ubukata, que je ne connais pas, sur
la psychologie du développement et enfin l'ami
François Bizet sur la littérature comme
commerce (ce qui recoupe en partie mes soucis des Salons
littéraires sont dans l'internet...
sans doute ne le sait-il pas...).Mais j'étais surtout venu pour écouter Gilles Philippe, comme je l'annonçais lundi soir, et je n'ai pas été déçu — encore qu'une bonne partie de son exposé était déjà dans son Sujet, verbe, complément... Mais tout de même, oralement ça irrigue différemment le cerveau, ça fait réfléchir sur un autre mode... en tout cas, pour moi. Je le reverrai demain, à la MFJ à Ebisu, pour une journée de documentaires sur Sartre. « Ce n'est donc pas contre Proust que Sartre lit Flaubert, mais avec Lanson, c'est-à-dire par le prisme d'une norme grammaticale et stylistique que lui a inculquée l'école de la IIIe République.» (Gille Philippe, Sujet, verbe, complément. Le moment grammatical de la littérature française, 1890-1940, Gallimard, p. 175.) Commentaires1. Le jeudi 3 novembre 2005 à 07:21, par Arte : Certes. 2. Le jeudi 3 novembre 2005 à 07:55, par alain : Garges-lès-Gonesse, son Mammouth... Moi, c'est Le Blanc-Mesnil, de 10 à 26 ans. Garges, on y allait pour les hypermarchés à un moment traîner. Ah lala. 3. Le jeudi 3 novembre 2005 à 08:37, par F Jost : Bon, j'avance dans mon enquête pour contacter Berlol....
il est au Japon... il n'a pas dû recevoir le message que je lui ai
adressé ce matin, ce dernier étant arrivé sur le blog
de Jacques André.... la toile du blog serait-elle semblable à
une toile d'araignée où se croisent et s'entrecroisent les
commentaires des uns et des autres sans que l'on sache vraiment qui parle
à qui.... et après tout qu'importe, la toile se tisse, les mots
se disent... et dans la lumière du matin, elle resplendit d'une architecture
de gouttelettes de rosée ensoleillée 4. Le jeudi 3 novembre 2005 à 12:05, par Arte : Absolument, il est au Japon. Pour le moment du moins, car
il sera à Paris en mars. Voila, voila. 5. Le jeudi 3 novembre 2005 à 15:18, par Berlol : Cher François Jost, bienvenue au JLR ! Chez Jacques
André c'est Grapheus Tis, ici c'est le JLR. Chacun peut avoir comme
ça son espace de publication et les commentaires y afférents...
On se croise, on se visite, on se lie, sans obligation, par goût et
estime mutuelle. Du coup, il peut se passer des trois ou quatre jours avant
qu'on repasse chez l'un ou chez l'autre... 6. Le jeudi 3 novembre 2005 à 23:17, par Arte : Enfin, il vous courrielle ... 7. Le jeudi 3 novembre 2005 à 23:33, par Berlol : Merci de votre attachement, mon petit Arte ! 8. Le vendredi 4 novembre 2005 à 01:35, par Arte : Je vous en prie, Monseigneur ... |
| Vendredi 4 novembre 2005.
Mon appareil m'a dit. Il est 16h40... Ne le répétez pas, mais je me suis évadé de la Maison franco-japonaise... En plein milieu de Sartre contre Sartre, un documentaire que je trouvais plutôt mauvais, je me suis trouvé tout ensartré, dépité de ne pas être au beau soleil du dehors et je suis sorti... Je m'étais déjà coltiné — avec beaucoup d'intérêt et d'attention — les deux heures de Sartre : une vie, émission de Frédéric Mitterrand de 1990, tournée au Flore avec un riche parterre de têtes. Puis le déjeuner marrant comme rarement au Marché aux puces avec Brigite, Patrice, Bill et Laurent (terrine de légumes et confit de poulet, mais moins bon que le poulet du Saint-Martin).
Libre, ivre de soleil
à 15 heures, mon premier geste a été
de vouloir faire des photos. Mais mon appareil m'a dit
que j'avais oublié la carte mémoire à la
maison. J'y suis retourné, ai replacé la mémoire
à sa place, pris un thé avec T. au 4e, admiré
la progression des destructions devant chez nous.Puis j'en ai profité pour modérer quelques messages pour Litor. On s'emballe (s'empale) ces jours-ci sur le mot attachement que j'ai innocemment utilisé pour pièce jointe. Voyez les détails. Les litoriens ont-ils tous bien compris que les archives sont maintenant publiques ? (enfin, tant que cela ne pose pas de problème...) Allez ! Quelques instants de concentration sur Duras, ma petite Lol à affûter pour demain matin, et j'y retourne... (La suite, ce soir ou demain.) Le lendemain : Suis donc retourné à la Maison franco-japonaise, dans l'auditorium, pour le dernier quart d'heure de la table-ronde finale. On en était encore à discuter de l'éventualité ou non d'un style philosophique univoque — sorte de fantasme que Sartre (et d'autres) envisageait mais qui ne pouvait pas se matérialiser dans la langue — différent ou opposé aux styles littéraires naturellement plurivoques. Mais y a-t-il un seul mot qui ne soit équivoque ?
Plus sérieusement,
le cocktail dînatoire.J'y retrouve bien des connaissances, dont MA, venue de Fukuoka, qui me présente JFR, nouvel attaché d'ambassade et ancien étudiant de Paris 3, tiens ! comme c'est drôle ! C'est aussi le grand retour d'Arnaud qui prend quelques bonnes photos (alors que je ne sors pas mon appareil — question de feeling, pas assorti à ma cravate, sans doute...). Bien sûr, Gilles Philippe est là, qui me dédicace son livre à l'envi (au temps pour moi) et avec qui je passe au Goncourt, Weyergans plutôt que Houellebecq et dans le regret de Toussaint. CQ revient sur la déplorable stratégie marketing, qu'elle a vécu de l'intérieur. Puis on évoque l'an prochain, la francophonie à l'honneur... mais personne n'est au courant. Il va encore falloir ramer. Pour l'heure, rentrer à la maison suffira (encore merci à notre hôtesse). Et retrouver, puisque son plan marche, Lol (p. 67-74) en plein ravissement... Commentaires1. Le vendredi 4 novembre 2005 à 01:58, par Arte : Tin, ça déchire grave chez Litor ! Même
un concours d'idée ! 2. Le samedi 5 novembre 2005 à 02:26, par FB : bien aimé que Michel Bernard vienne nous rappeler l'origine
de "tunnel" et de "troncature" 3. Le samedi 5 novembre 2005 à 02:27, par FB : désolé pour le doublon, plus mon beau participe passé sur "avait dû manger", très mal plumé aussi : dans ce nouveau blog, un double clic sur "envoyer" balance 2 fois le message? 4. Le samedi 5 novembre 2005 à 02:30, par Fabrice Trochet : Cela repose ce blog.Un bonjour de France où la réalité française est hélas catastrophique : ici c'est la guerre. Neuf nuits de violences urbaines et ce n'est toujours pas fini. Ce n'est pas prêt de se terminer. 5. Le samedi 5 novembre 2005 à 02:52, par Berlol : Doublon enlevé et texte corrigé, cher François.
Je laisse ton message suivant tout de même parce qu'il signale ce bug
de Dotclear. Donc, ne cliquer qu'une fois... 6. Le samedi 5 novembre 2005 à 04:45, par Fabrice Trochet : "ce ne sont pas les propos faussement martiaux de Nicolas
Sarkozy qui sont les réels coupables de l'embrasement actuel des banlieues.
Après tout, l'un des termes utilisé par notre va-t-en guerre
de ministre n'est-il pas, aussi, l'un des sésames du verlan utilisé
par la caillera elle-même pour désigner ses hauts faites d'armes
? Non messieurs Julien Dray, Noël Mamère et autres contempteurs
(comme Claude Dilain, maire PS de Clichy-sous-Bois) d'une réalité
infernale que votre lâcheté ignoble a créée comme
une dangereuse créature qui au moins, espérons-le en tout
cas, finira par se retourner contre votre irresponsabilité meurtrière
: ce sont vos interminables dérobades, vos continuelles approximations,
vos constantes atténuations, vos permanents mensonges, ce sont les
mêmes mots mités, travestis utilisés par vos prédécesseurs
que je désigne comme les premiers fauteurs de troubles, les uniques
brandons enflammant la poudrière et, n'en doutons pas, les détonateurs
de ce qui se prépare dans notre tranquille République, face
à quoi les actes récents commis par les chiens en meute, d'une
violence inouïe, passible, dans d'autres pays courtisés, de
la plus expéditive pendaison, ne donnent qu'un léger avant-goût.
Ce sont vos mensonges systématiques, endémiques, qui à
présent gangrènent des millions de cerveaux de simples Français
en venant à douter, par votre faute et la culpabilité fallacieuse
à laquelle vous les clouez depuis plusieurs dizaines d'années,
de leur plus élémentaire bon sens" 7. Le samedi 5 novembre 2005 à 07:05, par Arnaud : De rien pour les photos. Certaines ne sont peut-être
pas très nettes cependant, no flash oblige. Mais tu as une bonne tête
dessus. 8. Le samedi 5 novembre 2005 à 07:29, par Berlol : Tu as la référence au 3 novembre, en fin de billet, avec le lien Amazon... 9. Le samedi 5 novembre 2005 à 07:45, par Arte : A Fabrice Trochet : Ce n'est plus du fiel, c'est de la muscosité
! 10. Le samedi 5 novembre 2005 à 08:34, par cel : S. dans l'article cité, entre autres couillonneries : "Si des voyous meurent électrocutés, tant mieux !" et moi plutôt vomir que souscrire, comme chaque fois que je lis son "excellent site" ou ceux de la clique qui gravite autour et ne manque jamais de répandre la voix de son maître 11. Le samedi 5 novembre 2005 à 12:23, par FB : moi S. je connaissais pas - autre vomitive : 12. Le samedi 5 novembre 2005 à 12:33, par Arte : Cel, tu me rassures par ta seule intervention ... Je ne comprendrai
jamais le silence face à l'apologie de la peine de mort, de l'état
policier, si ce n'est militaire, et de la déportation : "Ces nouveaux
barbares défigurent les cités qu’ils habitent et y propagent
le mal. Il faut les en extirper et nous en débarrasser une bonne fois
pour toutes." Par les gaz ? 13. Le samedi 5 novembre 2005 à 12:36, par Arte : Ah, FB sauve également la mise (entre temps) ... 14. Le samedi 5 novembre 2005 à 15:18, par Cécile : Pour ma part, ce texte (et pas seulement celui-ci, mais plusieurs
autres de ce S. dont je suis allée voir le site à la suite
de l'intervention de Fabrice Trochet, et aussi le ton - d'emblée ce
ton, virulent, cracheux, duquel je me disais, juste avant d'avoir compris
de quoi il retournait, que c'était bien désagréable et
maladroit, même pour exprimer une colère avec laquelle j'aurais
eu des points d'accord - au début, à lire l'extrait donné
ici, je pensais qu'il s'agissait peut-être de la critique d'un homme
de gauche adressée aux pouvoirs de gauche), bref ce texte m'a estomaquée
(atilf.atilf.fr/dendien/sc... c'est à dire plus
fort que face à des "couillonneries" (Cel)... Le propos est certes
très couillon, simpliste, mais surtout haineux, guerrier, classant
des gens et des sous-gens, prônant la mort, la famille, le travail,
réclamant les muscles de l'Etat et la guillotine, bref, on reconnaît
tout de suite, mais rien à faire, à chaque fois ça me
prend au dépourvu, et me choque (estomaque). 15. Le samedi 5 novembre 2005 à 15:39, par Berlol : Je crains bien que ce fût le but de Trochet. J'ai déjà dit autrefois toute l'ordure qu'est pour moi le personnage dit "le S." et qu'il est à peu près impossible que je souscrive jamais à aucun de ses propos. Par mesure d'hygiène, je procède partout dans les commentaires au changement de nom afin qu'aucun moteur ne mène ici par sa requête. J'effacerai tout propos de type ordurier émanant de cette clique. 16. Le samedi 5 novembre 2005 à 15:55, par Cécile : Bonsoir (bonjour) Patrick, 17. Le samedi 5 novembre 2005 à 16:42, par Arnaud : Sans vouloir lancer un débat au sujet de l'action de
notre gouvernement, je tiens juste à noter que je soutiens totalement
l'action de restauration de l'ordre actuellement en cours. Réfléchir
aux causes des problèmes sociaux n'est pas le rôle du Ministre
de l'Intérieur. Celui-ci travaille à maintenir l'ordre social
ou à le rétablir promptement. Cela a toujours été
comme cela. 18. Le samedi 5 novembre 2005 à 16:58, par Berlol : Et voilà, sur Dubillard : 19. Le samedi 5 novembre 2005 à 17:17, par Acheron : Je suis d'accord avec Arnaud. La situation vis à vis
des jeunes des banlieues et leur mal-être peut s'expliquer par une politique
sociale foireuse, depuis au moins 20 ans, en termes d'intégration.
Rien n'a été fait, il n'y a eu aucun courage politique, et on
a laissé des quartiers se ghettoïser sans rien faire. 20. Le samedi 5 novembre 2005 à 18:02, par Arnaud : D'accord avec toi à 200%, Achéron. 21. Le samedi 5 novembre 2005 à 18:06, par Acheron : Arnaud, voleur d'idées !! :D 22. Le samedi 5 novembre 2005 à 18:07, par Arnaud : Bah, ce sont des idées "élaborées en commun" hein ! 23. Le dimanche 6 novembre 2005 à 02:14, par Berlol : Tiens, voilà le retour du une-deux Arnaud-Acheron ! 24. Le dimanche 6 novembre 2005 à 02:47, par Cécile : Je suis d'accord avec vous (pas question d'angéliser,
de défendre - en plus, de loin, à l'abri - des comportements
violents, nocifs, injustes, parce qu'on connaît et regrette les causes
qui ont conduit, en partie, à de telles façons d'être),
mais : 25. Le dimanche 6 novembre 2005 à 02:49, par Cécile : Patrick, j'ai exporté et copié les fichiers Dubillard : merci beaucoup ! 26. Le dimanche 6 novembre 2005 à 03:00, par Cécile : "(...) avec des critères de respect, de pacification et de construction sociale" qui ne sont FONDAMENTALEMENT pas les siens. 27. Le dimanche 6 novembre 2005 à 03:34, par Arnaud : Je suis tout à fait d'accord avec toi, Berlol, sur
le contexte d'après-guerre, bien que cela soit un autre débat. 28. Le dimanche 6 novembre 2005 à 05:09, par Arte : Trop passionné, il m’arrive de t’en vouloir, Berlol,
mille excuses pour ces confidences, de n’avoir pour réaction à
certains commentaires odieux que le silence. Puis tu le romps par une analyse
qui me fait désespérer d’avoir été si mauvais
avec mon prochain. A moins que ce ne soit la qualité de ta réaction
tardive qui me rend tout chagrin de ne pas avoir recadrer moi-même le
débat plus tôt avec tant d’habilité. 29. Le dimanche 6 novembre 2005 à 06:30, par Arnaud : « Cela ferait rire si ce n’était effrayant. » 30. Le dimanche 6 novembre 2005 à 06:58, par Arte : Réaction : Arg, il manque un "s" à représentant(s). 31. Le dimanche 6 novembre 2005 à 06:59, par Acheron : Ceux qui gouvernent ne partagent pas parce qu'ils en ont le
désir compulsif… ils le font parce que sinon on viendrait prendre
les choses chez eux. Et je ne pense pas que la gauche offre davantage de
perspective de partage que la droite… sinon, le problème ne se serait
pas agravé au long de tant d'années. Là, pour le coup,
on peut dire qu'à droite comme à gauche, ça pue. 32. Le dimanche 6 novembre 2005 à 08:23, par Arte : Si l'intérêt de la crise est de poser les vraies
questions, ce n'est certainement pas en se demandant si on est pour ou contre
brûler des voitures qu'on avancera. Evidemment, on est contre. Arnaud,
jamais à une contradiction prêt, appelant "staliniens" (espérant
blesser ?) ceux là même qu'il juge partisans "du laisser-brûler-la-voiture"...
Saline aurait été de cette veine ? Pour un historien, c'est
ridicule ! Sur chaque sujet il nous faut nous coltiner ces agglomérats
de poncifs qui ne tiennent pas une minute à l'analyse, au lieu d'aller
au but. 33. Le dimanche 6 novembre 2005 à 10:53, par Bartlebooth : Cette enflure de S. a été cité, aux côtés
de François Bon, comme blog littéraire dans un article du
NouvelObs. On le trouve également dans "le portail de l'enseignement
des lettres" ( www.weblettres.net/sommai... )... Sur le site de la librairie
Mollat. Elizabeth Flory lui fait de la pub... 34. Le dimanche 6 novembre 2005 à 11:18, par Arte : Bartle, réponse : "oui". 35. Le dimanche 6 novembre 2005 à 15:10, par Acheron : Il ne s'agit pas de renvoyer ces gens aux moyen-âge.
Il s'agit d'aller sur place, et de constater que ces réseaux de gangster
fonctionne comme les système féodo-vassaliques à leur
tout début : aucune productivité, et domination par la trouille.
Contrôle d'un territoire par des gens qui sont liés par le "respect"
et l'"honneur", mais à qui cela ne dérange pas d'écraser
les plus faible. Et de fait, ils ont tout à perdre dans le retour
(efficace, hein, pas plein de promesses vides) de l'État dans les cités. 36. Le dimanche 6 novembre 2005 à 15:47, par Arnaud : Cher Arte, le stalinisme en question ne consiste pas à
être partisan du laisser-brûler-la-voiture, mais à considérer
systématiquement les partisans de la répression comme des «
fascistes ». Le mot n'est pas de moi. 37. Le dimanche 6 novembre 2005 à 16:13, par Acheron : Non, parce que lorsque l'on brûle des écoles
et et des bibliothèques, que l'on violente les habitants que l'on surprend
un livre à la main, parce que "pour qui il se prend c'te tapette",
on peut douter de la qualité du dialogue hein… 38. Le dimanche 6 novembre 2005 à 16:35, par Acheron : Dialoguer ? Mais bien sûr… 39. Le dimanche 6 novembre 2005 à 16:40, par Arnaud : C'est fou ces émeutes... Mais Paris doit continuer à vivre normalement, en vase clos. 40. Le dimanche 6 novembre 2005 à 17:39, par Acheron : Et oui, les pauvres, ils ne pouvaient pas se payer de moto… 41. Le dimanche 6 novembre 2005 à 18:19, par Berlol : Arnaud, Acheron, je crois qu'il n'est pas nécessaire ici de redonder de la sorte. On a bien compris (il y a peut-être pour vous des lieux où débattre plus utilement avec des acteurs de terrain ou des anti). Votre insistance m'inquiète quant à l'arrière-train de votre motivation. N'oubliez pas que, quelle que soit la nécessité de rétablir l'ordre, le fait que ça pète est une EXCELLENTE information pour Sarko et tous ceux qui sont plus à droite que lui (et pour lesquels il travaille depuis des années à déplacer le centre de gravité de la droite). Quant à la gauche, comme vous, je n'entends pas sa voix... 42. Le dimanche 6 novembre 2005 à 18:38, par Acheron : Ben oui, c'est ce que l'on dit plus haut… C'est très
bon pour les droitistes, et c'est très mauvais pour les banlieues et
ceux qui essayent d'y vivre normalement. 43. Le dimanche 6 novembre 2005 à 18:46, par Arnaud : Nos motivations ? Et bien, moi pour ma part, je suis inquiet.
Il y a de quoi non ? 44. Le dimanche 6 novembre 2005 à 21:23, par vinteix : Ni droite, ni gauche, en effet... Le probleme n'est pas la,
n'est plus la, en tout cas pour l'heure. De toute facon, les gouvernements
successifs, d'un bord ou de l'autre, n'ont rien fait en profondeur pour ces
quartiers. La gauche actuelle a beau jeu de donner des lecons ! |