Journal LittéRéticulaire de Berlol
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Littéréticulaire : néol., adj. (de littéraire et réticulaire), propriété d'un texte où s'associent, aux valeurs traditionnelles et aux figures classiques du texte littéraire, les significations et effets de sens provoqués par les liens hypertextuels au sein d'un réseau (l'internet par exemple), qu'ils aient été voulus ou non par l'auteur.







Novembre 2007

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Jeudi 1er novembre 2007. Quand nous l'atteignons, l'étonnement.

En arrosant notre minuscule érable, venu seul pousser l'an dernier entre deux lattes de balcon, je n'ai pu m'empêcher de penser à tous les adultes de sa famille que nous allions voir dans les montagnes de Shiga-Kogen pendant trois jours...

9h48 à la gare de Tokyo : shinkansenpour Nagano. À l'arrivée (ça passe très vite, avec la carte de routes et randonnées), location de voiture réservée. Il ne fait pas trop frais, on s'attendait à plus rude accueil. Achat d'ekibens traditionnels que nous mangerons à la première aire de repos un peu élevée dans la forêt (ce touge no kamameshi, qui ne s'achète que dans la gare, rappelle bien des souvenirs à T. puisqu'il semble bien que c'était un des premiers qu'elle ait connu, il y a plus de trente ans...).
Arrivée à l'hôtel vers 14h30 (en fait, c'est une résidence de la mutuelle des universités), au beau milieu d'une station de sports d'hiver déserte — la saison ne commencera qu'après l'arrivée de la neige, dans un mois, tandis que celle d'automne va s'achever ce week-end. Juste avant, nous avons arrêté la voiture devant l'ancien Shiga-Kogen Hotel, partiellement détruit, la partie la plus ancienne en cours de restauration. Nous regardons. Nous nous regardons. Nous souvenons... Que c'est ici que nous sommes connus. En 1995...

Le temps de poser nos bagages et de nous chausser pour la randonnée, un épais brouillard est descendu. Il nous reste moins d'une heure de jour. Prenons un petit chemin balisé, montons une trentaine de minutes. Quand les goutelettes commencent à humidifier sérieusement nos pantalons, nous faisons demi-tour, descendons et... descendons encore, mais faut-il bien descendre ?, n'est-ce pas par ici ?, où l'on devine un tire-fesse arrêté ?... Bref, nous nous perdons dans la purée de pois.
Heureusement, il y a toujours le bruit de la route, pas loin, sur notre droite, donc pas d'angoisse, on n'a qu'à aller par là. Et quand nous l'atteignons, l'étonnement, plus que la peur, d'être au moins 600 mètres plus bas que ce que nous pensions. Ça commence bien, ces vacances à la montagne ! On se dit aussi que la marche dans le brouillard, c'est un peu à l'image de la mémoire.

Plantureux dîner dans la salle de l'hôtel (une douzaine de petits plats) avec les deux seuls autres clients de ce soir. Excellent. Passons une heure à essayer de reconstituer le voyage de 1998 à Nagano avec un attaché linguistique pour lequel nous amenions de Tokyo une BMW destinée à des officiels français des JO. Mais nous mélangeons un peu avec un week-end de ski avec le même attaché quelques mois avant les Jeux paralympiques. Mais comme il n'y avait pas de LJR à l'époque, tout ça reste assez confus. On y reviendra sûrement.


Vendredi 2 novembre 2007. Le brouillard nous laisse espérer.

Seul au sento avant le petit déjeuner, je charge mes piles. L'heure du bain est une de mes résistances à la culture japonaise, outre le natto, évidemment — T. mangera ma part au petit déjeuner. Dans les hôtels traditionnels, on me prie toujours d'y aller le soir, après le dîner, pour se réchauffer avant de se coucher. Mais c'est une heure où j'ai l'eau en horreur, mon corps s'y dissoudrait. En revanche dès potron-minet, je suis prêt à me plonger dans toutes les baignoires du monde — alors qu'ici, il n'y a guère que les singes qui apprécient ça. Qui veut conclure ?

Percé de-ci de-là, le brouillard nous laisse espérer. Après le petit déjeuner, qui est à peu près comme un dîner, nous nous équipons pour randonner dans la montagne... et dans le temps. Parce qu'aller chercher ce sentier au milieu des bouleaux et des bambous nains à trois kilomètres en amont de Shiga-Kogen, après avoir traversé une rivière sur des pierres en tenant une corde c'est aussi pour moi revenir 14 et 13 et 12 et 11 ans en arrière, dans un entassement mémoriel de promenades estivales. En revanche, T. n'a de souvenirs qu'hivernaux, par ici.

En voiture jusqu'au mont Shirane, où l'on arrive vers 11 heures. Trois cents mètres de béton bien pentus permettent d'accéder  à l'espace grillagé d'où l'on peut admirer l'eau bleu de cobalt du cratère, à bonne distance pour ne pas être intoxiqué par l'esprit de sel et autres émanations du lieu.
Plus loin, dans la grande descente sur Kusatsu (la ville qui pue, c'est étymologique), il y a une zone de fumerolles soufrées, parcourue de concrétions jaune canari. Au bord de la route qui la traverse, un panneau indique qu'il est interdit de s'arrêter.
Parking près de la place centrale et déambulation dans ruelles et boutiques. Un petit restaurant d'apparence rustique, accolé à un établissement de bains, nous propose une excellente soupe avec des légumes de montagne (sansaï) que nous accompagnons de friture de poulet. Je connaissais déjà le centre de Kusatsu, ses eaux puantes mais réputées pour soigner toutes sortes de maladies de peau. Je découvre avec T. des ruelles qui mènent à la lisière de la ville, avec un autre site d'eau fumantes, moins puissantes mais ouvertes sur le flanc de montagne et les derniers feux des momijis.

Comme on remonte vers le Shirane, le brouillard finit de se lever et le soleil enfin paraît, nous laissant admirer tout le paysage et les 1500 et quelques mètres d'où nous regardons le monde.
Nous nous arrêtons entre notre hôtel et le lieu de la ballade de ce matin, à Kidoike, de façon à gagner rapidement un petit chemin de planches qui traverse des marécages. Les rayons rasants qui viennent frapper les pins, de deux couleurs, et les bouleaux lumineux, sans feuilles, qui ouvrent leurs branches comme d'extatiques feux d'artifice. Descendons hors-piste, entre bambous et hautes graminées.

Sieste et dîner, au moins aussi plantureux que celui d'hier — à ce rythme-là nous risquons de prendre plusieurs kilos en trois jours !
Moisson de photos à transférer dans l'ordinateur (portable, toujours avec moi) un peu dans le style de Higashiyama Kaii (peintre contemporain dont les toiles sont couvertes de forêts, avec un cheval blanc qui donne l'échelle — ici, c'est une voiture).

Ajout du 5 : il suffit que je tourne le dos trois jours pour que Pierre Assouline déconne encore plus que d'habitude.
« Tous ceux qui avaient jusqu’ici le monopole de l’écriture et du « discours légitimé » devraient s’accomoder désormais du changement de paradigme : les dominés peuvent enfin répondre sans grands risques aux dominants, fussent-ils des auteurs à la mode », écrit un certain libellophile en fin d'un long commentaire. Je crois bien avoir écrit quelques phrases du même tonneau il y a déjà un bon moment. Je l'en félicite vivement. Juste que là, j'aurais écrit « devront ».
Je me laverai la tête en écoutant la voix amie de François, ce même soir chez Veinstein.

Commentaires

1. Le mardi 6 novembre 2007 à 12:51, par Bikun :

Magnifique la forêt!

2. Le mardi 6 novembre 2007 à 14:18, par Berlol :

Merci !



Samedi 3 novembre 2007. Souches moussues très dans l'univers.

Grand soleil. Bain de réveil,  piles rechargées. Cette fois, nous prenons tout ce qui nous est servi au petit déjeuner, sachant que ça sera consommé dans la matinée. T. demande même des onigiris à emporter.
9h15, nous garons la voiture sur un parking nommé Oonuma-ike iriguchi (l'entré de l'étang Oonuma). Vérifions notre équipement comme avant la cordée. Chemin de service du Parc régional pour se chauffer en pente douce une bonne heure jusqu'à l'étang (artificiel) Oonuma. Le givre est partout, le soleil aussi. Roches géantes et souches moussues très dans l'univers des dessins animés de Miyazaki. Très peu de gens, ici — on est loin des troupeaux de Takao-san et de Hakone (on croisera une vingtaine de personnes dans la journée).
Le chemin suit l'étang sur un kilomètre. Avant de monter abruptement vers le lieu-dit des Quarante-huit Étangs, il nous propose de descendre tout près à la pointe sacrée, couverte de petits temples jusqu'au tori dans l'eau...
Rude montée de plus d'une heure, nombreux rondins bien fixés pour faire escalier. On se déshabille, jusqu'à la chemisette tellement ça chauffe — malgré les 8° ambiants — et on accroche les vêtements sur les sacs à dos, comme des pros.
Aux 48 Étangs, rare paysage avec chemin de planches traversant les marécages (je ne recompte pas les pièces d'eau, je leur fais confiance). Au beau milieu, une aire de repos avec une dizaine de bancs, encore ensoleillés pour vingt minutes peut-être, quelques nuages courent sur nous. Juste le temps qu'il nous faut, parmi quelques randonneurs sortant sandwiches et soupes instantanées, pour découvrir et engouffrer nos très classiques onigiris, quelques figues sèches et des mini Snikers. Vidons les gourdes à moitié.
13h30, l'heure de redescendre avant que le froid ne nous enveloppe. Abdos, cuisses et genoux sont sollicités au maximum par ces hautes marches glissantes — et la canne n'est pas de trop. Sommes à la voiture à 15h15. Total : 5h30 de marche, 30 minutes d'arrêts divers.

Ontologique : l'entrée de l'étant en est aussi la sortie.

En voiture vers Oku-Shiga, quelques kilomètres, jusqu'à l'hôtel du même nom où nous allons prendre un café (la plupart des autres sont fermés). Lieu de souvenirs nombreux pour T. qui est venue skier dans ce domaine en famille trois ou quatre fois il y a près de vingt-cinq ans, après que le Prince Hotel avait développé cette zone isolée (Oku-Shiga signifie le fond de Shiga, comme Oku-san signifie l'épouse, soit celle qui reste au fond de la maison, c'est-à-dire dans la cuisine...). Elle me raconte comment ça se passait avec sa mère et ses sœurs. Sauf cet hôtel, rafraîchi et agrandi, tout ou presque, dans cette vallée, a été construit après, jusqu'au récent et rutilant hôtel Grand Phenix. Et l'on n'était pas venu jusqu'ici en 98 lors de ce fameux week-end de ski.

De retour à notre hôtel à la nuit tombante (17h15), nous nous précipitons au bain pour nous débarrasser de la fatigue.
Avalons ensuite l'intégralité de notre dîner sans broncher, encore excellent. Et à la télé, Biohazard 2, parfait pour ne pas réfléchir, repos, massages, prises de notes, préparation du lendemain. Mais pas le temps pour la littérature ; mes deux livres resteront inouverts jusqu'au bout du week-end.

Commentaires

1. Le mercredi 7 novembre 2007 à 17:40, par Bikun :

Bon dieu mais c'est sublime ce paysage avec ces planches qui traversent le marécage!!



Dimanche 4 novembre 2007. Rouvert jour et nuit.

Quittons vers 9 heures Shiga-Kogen et la sympathique famille qui anime cet hôtel-pension. Fort brouillard, on ne voit pas les voitures à 10 mètres et pourtant il y en a déjà plus que les autres jours. Au lieu d'une petite randonnée, nous choisissons d'aller jusqu'à Manza, c'est-à-dire de remonter vers le Mont Shirane, voir si l'air ne serait pas plus dégagé là-haut. Comme Manza n'est pas grand, T. conseille que nous allions directement au Prince Hotel prendre un café, qu'il n'y aura rien d'autre.

Et quand on en sort, après un café plutôt léger, des gâteaux fades et un achat de petits cadeaux pour nos proches dans une boutique en hall de gare (ce n'est plus ce que ça a été, les Prince Hotel !), surprise : le brouillard s'est totalement évaporé, il fait grand soleil. Incroyable ! Oui, ma bonne dame, c'est comme ça, la montagne, le temps peut changer très vite !
Reprenons la route vers Shiga-Kogen. Il y a beaucoup de circulation, maintenant. Des voitures familiales, avec enfants et ancêtres, des groupes de motards, des coupés de jeunes couples, pas mal de plaques de Tokyo, et tout ça serpente vers les sommets, les points de vue avec escalator, les lieux de pique-nique. Un dimanche au grand air, quoi ! Heureusement, nous avons un plan pour échapper à la foule automobile. Avant Kidoike, nous prenons sur la gauche l'étroite route qui traverse le torrent et monte au col (fermera dans quinze jours) vers un versant des montagnes où il n'y a (presque) pas de bambous nains, où l'on élève des vaches et que j'appelle la Suisse depuis les balades de 94-95, quand on y entendait tinter les cloches. Mais aujourd'hui aucune vache. Où sont-elles ? Les a-t-on rentrées ? On nous cache tout.
Au fond de la vallée, nombreux rotemburos (ou rotenburos, 露天風呂, sentos ou bainsde plein air, parfois mixte). Nous nous arrêtons à celui dit des Cinq couleurs. Il y a foule de voitures au parking et queue à l'entrée. On sépare hommes et femmes pour le vestiaire, de simples paniers où l'on entasse ses vêtements, puis pour le sento fermé, mais il y a une porte qui donne sur le bain extérieur où hommes et femmes macèrent de conserve — parce que l'eau n'est pas assez chaude, je trouve. Les hommes avec une petite serviette nonchalante, les femmes avec une grande bien ajustée, que l'on mate quand même au cas où. D'ailleurs T. ne vient pas dans le bain mixte parce qu'elle n'a pas de grande serviette. Moins d'une demi-heure plus tard, on reprend la route. C'était marrant mais, on est d'accord, pas assez chaud.

Passant dans Obuse — ses jolis magasins de gâteaux de châtaigne, de pâtes de châtaigne, de crèmes de châtaigne — noir de monde (normal pour un dimanche), nous voyons bien qu'il ne serait pas raisonnable de nous y arrêter. D'ailleurs, on a déjà acheté assez de sucreries.
Je me souviens que c'est dans un restaurant d'Obuse, à une télévision suspendue dans un coin, que j'ai appris la mort de Lady Diana. Nous étions quatre ou cinq à finir notre soupe de sobas, fraction du groupe de stagiaires de Shiga 1996 — et T. était en stage linguistique à Caen, on en avait parlé le soir au téléphone (sacrée facture à la fin du mois), elle avait un ami qui habitait près d'Alma-Marceau et me dirait les jours suivants les foules qui s'y recueillaient.

Infructueux arrêt à Oasis Obuse, halle commerciale trois kilomètres plus loin, sauf pour quelques paquets de gâteaux à offrir.
Rendons la voiture avec un peu d'avance à la gare de Nagano, pour nous en débarrasser, non sans l'inspecter et la saluer mentalement.
Au Metropolitan Hotel (nous étions tout de même ici en 1998 pour la cérémonie d'inauguration des Jeux olympiques d'hiver, ça nous fait drôle aussi), nous nous installons pour un déjeuner léger. En mangeant, T. se passionne pour la conversation d'une table voisine : il est question d'un mariage dans deux semaines et les deux familles ne sont pas d'accord sur l'organisation, mais T. sent bien que le mal vient de plus loin, la future belle-mère est déjà furieuse contre la future brue qui lui enlève son enfant chéri. Et ça n'ira pas en s'arrangeant. Le monde est donc bien partout pareil.
Shinkansen avant 5 heures, Tokyo avant 7 heures. Soirée rangement et courrier.

Ça y est, revenu du fin fond des montagnes. C'est rouvert jour et nuit.

Commentaires

1. Le dimanche 4 novembre 2007 à 22:44, par Caroline :

Et le Chevillard ? Pas encore commencé ? Moi, j'attends le moment de le relire. Chevillard, il faut toujours y revenir. Et c'est tellement bon...

2. Le dimanche 4 novembre 2007 à 23:14, par Berlol :

Si si, ouvert mercredi dernier puis laissé à la maison... Ça va reprendre, n'ayez crainte ! Merci du passage.

3. Le lundi 5 novembre 2007 à 03:45, par brigetoun :

est ce sa lecture qui entrave le complément ?



Lundi 5 novembre 2007. Avec un peu plus de disponibilité cérébrale.

Ce matin, rangeant et faisant la lessive, j'enregistre la Nuit de l'écrit. Le document audio commence par la fin du journal de France Culture et cette blague qui circule en Pologne : « Pourquoi les Français doivent-ils s'estimer heureux d'avoir Sarkozy ? Réponse : parce qu'il n'a pas de jumeau.» Pour le reste, l'émission en elle-même, c'est plutôt agréable à écouter. Mais j'aurai plus de plaisir à réécouter dans un moment avec un peu plus de disponibilité cérébrale...
Et puis, je me suis remis au blog, le mien et ceux des autres (voire les deux en même temps comme c'est le cas avec Marc Pautrel et la lecture écranique — j'y reviendrai). Quant à nos nippones aventures alpestres, c'est long à compléter, surtout quand on veut mettre plein de liens wikipédiens.

Heureusement, peu à dire sur aujourd'hui. Ai vu dans l'après-midi, en corrigeant des copies, Les Irréductibles (Renaud Bertrand, 2006). Sur le mode de la comédie, le film évoque assez banalement le chômage et la tentative de passer le bac après la quarantaine.

— Les quoi ?
— Les prix ?
— Quels prix ?... Hein ? Littéraires... Ah, les Prix littéraires !
Oh, bon dieu ! Pardon ! Je les avais complètement oubliés, ceux-là !
Bon, bah... Un autre jour, hein.

Commentaires

1. Le mardi 6 novembre 2007 à 04:15, par Greg :

Cher Berlol, je vous répond avec un an de retard : Le mercredi 25 octobre 2006 à 04:31, par Berlol :
Greg : Je n'ai pas enregistré systématiquement, et même assez peu les "Vendredi de la philo". J'en ai quand même une vingtaine depuis 2002, sans savoir (sauf à les réécouter) d'ailleurs si ce sont ou non celles de la série d'Enthoven... Dites-moi si cela vous intéresse et je vous écrirai par mail...
Oui je suis intéressé, voyons cela directement par email. J'ai réuni 30 émissions en tout des vendredi de la philo par R. Enthoven. nous pourrions éventuellement synchroniser nos sources. Bien à vous. Grégory.

2. Le mardi 6 novembre 2007 à 14:33, par Berlol :

Merci ! Je vais faire ma liste de mon côté et je vous écris. (J'ai retiré votre adresse mail du commentaire mais je l'ai dans le champ en privé, ça vous évitera quelques spams.)



Mardi 6 novembre 2007. On se défie les uns des autres.

Reprise des semaines normales jusqu'à la fin décembre. Donc, ce matin, train train, cours cours, mél mél, etc. Rien d'original.

Vers 20 heures, arrivant au Valor à vélo, j'ai la désagréable surprise de trouver fermé pour cause de travaux (réouverture le 15) mon supermarché habituel. Il faut que j'aille jusqu'à Yagoto, à un kilomètre de là, pour en trouver un autre, faire mes courses et retour. Ce qui fait que je ne suis pas devant ma salade tomates concombres et cottage cheese à regarder Ce soir ou Jamais avant 21 heures !
Parti de Goscinny et d'Astérix pour finir sur Sarkozix et la guerre en Irak, la prochaine en Iran, peut-être. Un débat agréable, avec quelques passes d'armes mouchetées entre Isabelle Lasserre pro-Sarkozy qui essaie de s'en défendre et Pascal Thomas seul au front, les autres serrant les fesses. Somme toute, je n'apprends rien de bien nouveau, sinon les chiffres qu'explique finement Yann Algan (par exemple qu'en France on se défie les uns des autres dans des proportions très supérieures à ce qui se passe dans la plupart des autres pays). Et le plaisir de voir et d'entendre Daniel Mesguish. Sans compter la séduisante surprise du live, gâteau sur la cerise, que constitue la chanteuse Brisa Roché.

Commentaires

1. Le mercredi 7 novembre 2007 à 02:50, par brigetoun :

je vois : en France on se défie les uns des autres dans des proportions très supérieures à ce qui se passe dans la plupart des autres pays, et mon moral en quête d'enthousiasme et d'humanité continue à descendre jusqu'à des profondeurs sans cesse repoussées

2. Le samedi 10 novembre 2007 à 02:07, par jean claude :

Bonjour, pardon de changer de sujet mais avez-vous été faire un tour du côté des prix B du blog Léo Scheer. Il semble s'y passer qqchose.



Mercredi 7 novembre 2007. Le pas sur le reste.

Libellules, le blog d'Eva Almassy est remarquable. Je le suis depuis quelques semaines. Après les vacances d'été, c'est venu s'ajouter aux quelques que je lis régulièrement. Ou irrégulièrement comme quand parfois, dans certaines périodes chargées ou difficiles, en ce moment pour moi, les activités professionnelles prennent le pas sur le reste, un reste qu'on voudrait être l'essentiel mais qui économiquement n'est hélas que le reste, c'est-à-dire l'amour, la littérature, le cinéma, les amis, etc., même si ce statut de reste de l'essentiel a du mal à passer et qu'on en crève de vivre la tête à l'envers... Bref, je n'ai lu attentivement qu'aujourd'hui le billet du blog d'Eva signé Alain Garric et daté du 28 octobre, intitulé Littel sorti du Tunnel. Il y est question d'un roman de William H. Gass de 1995 auquel Littell aurait pas mal emprunté ses Bienveillantes, sans pour autant qu'on puisse (ou qu'on veuille) parler de plagiat. Les commentaires qui suivent le billet sont également très instructifs, ce qui n'est pas si courant dans les blogs, dont un signé de Gass lui-même (si ce n'est l'œuvre d'un plaisantin).

Dans un autre genre, j'ai récemment découvert le site « nonfiction.fr » et je n'arrive pas à savoir quoi en penser. Je me demande si ça va quelque part, et surtout si le fait d'avoir autant de collaborateurs ne le fait pas ressembler à une sorte d'agrégateur réel, ou social, ou journalistique. Quels intérêts sont derrière ? Quel modèle économique ? Quel intéressement pour tous les collaborateurs des pôles thématiques ou les correspondants à l'étranger ? Franchement, je me demande. Qu'on m'explique. Je vais me remettre à écouter Masse critique puisque l'animateur, Frédéric Martel, est aussi le directeur de cette publication.

Journée morne, l'hypocrisie de partout me ronge, même la candeur d'étudiant s'émousse et m'énerve. David arrivera quand même à me faire sourire et reprendre langue en fin d'après-midi, quand on ira se faire lui un cône moi un bâtonnet de crèmes glacées.
Et même pas eu le temps d'aller un peu ni au sport ni dans de la littérature. Alors que des centaines de livres m'entourent, la torture de les voir et de ne pas les ouvrir parce qu'il y a autre chose à faire.

Commentaires

1. Le mercredi 7 novembre 2007 à 22:03, par m sonnet :

Perplexe aussi devant le grand bazar nonfiction.fr qui pourrait dire ce qu'il est plutôt que ce qu'il n'est pas, habillé fnac, et ses troupes qu'on a déjà pas mal vues ailleurs, dans des comités de rédaction etc. loin du Net. On se demande un peu ce qui les a piqué tout d'un coup tous ces gens-là...



Jeudi 8 novembre 2007. Cerise des cerises de retour.

Petites bribes, trois par trois, souvent subtiles dans leur simplicité, parfois excellentes de rouerie, ainsi va l'Autofictif, ainsi se construit le réticule d'Éric Chevillard, comme avant-hier quand il s'est méchamment dégagé de l'emprise goncourtisane :
« Il aura donc fallu que je les menace de sanglantes représailles et de veiller moi-même désormais leur lente agonie ; puis encore que je leur laisse entendre en jouant avec un couteau que je connaissais les noms et les adresses des écoles fréquentées par leurs arrière-petits-enfants : les jurés Goncourt ont finalement renoncé à m’attribuer leur prix et reporté leur vote au hasard sur un pauvre zigue qui traînait dans le coin. Je lui présente toutes mes excuses, mais chacun pour soi dans la jungle des Lettres.»

Ne voulant pas attirer l'attention de la presse littéraire, le dissident 20-Heures de France 2 a toutefois rendu ce soir un hommage discret à Éric Chevillard en évoquant l'huile de palme, la déforestation en Indonésie et la fin des orang-outans (pluriel selon Littré).

En ces temps où un Ubu ubiquiste occupe l'Élysée, mes petites brouilles avec Cynthia 3000 ne peuvent empêcher que je signale l'excellence de son nouveau-né, même si je ne l'ai pas encore eu entre les mains (il faudra bien que je me le procure) : Omajajari, rien moins que seize fascicules pour fêter le centenaire d'Alfred Jarry ! Et pas de n'importe qui ! Je ne connais pas tous les noms mais j'en reconnais plus de la moitié, dont Nathalie Quintane et Christian Prigent.
« [...] et voilà pourquoi votre fille est muette, à la fin, à trop vouloir essentialiser la différence entre bonne et mauvaise littérature [...] » (Nathalie Quintane, Finis ton potache ! Jarry lecteur de Daudet, à retrouver dans les extraits d'Omajajari)
Cynthia ! Je te vous dis merdre !

Chevillard, c'était le matin, Cynthia, c'était le soir. Entre les deux, une journée interminable — mais pas du tout minable, bien au contraire. Trois cours, ça, c'est dans le contrat avec Jupiter. Mais aussi une séance de préparation du groupe pour Orléans février-mars 2008. Et en cerise finale une réunion d'une heure et quart durant laquelle j'ai à peu près réussi à traduire, avec lunettes et dictionnaire, l'ordre du jour. Et puis un courriel d'un collègue de Tokyo qui rouvre les perspectives du projet de recherche élaboré avec T., remisé dans la douleur il y a deux semaines. Et puis cerise des cerises de retour à la maison, une petite carte qui veut dire que je peux aller chercher mon visa permanent.
Là-dessus, je vais me coucher, sinon je pète une durite.


Vendredi 9 novembre 2007. Aller et venir dans l'histoire-géo.

C'est un peu du bric-à-brac critique, cet article de Thierry Hesse que François nous diffuse ! Comment peut-on aller et venir dans l'histoire-géo de la critique littéraire sans recontextualiser les propos de Balzac, Sarraute, Whitman, Defoe, Ricœur, et al. ? Et pourquoi seulement ceux-là, d'ailleurs (Gide ou Robbe-Grillet manquent cruellement au sérieux de la liste, par exemple). On en arrive à des contresens comiques comme de croire que « les expérimentateurs du Nouveau roman marchent encore au naturalisme » et que cela mènerait tout droit — étrange téléologisme — aux « âneries actuelles de l'autofiction ». Considérer tous ces propos critiques du seul point de vue d'aujourd'hui, tordre ou écraser les perspectives multidimensionnelles c'est, plus que du post-modernisme, exposer sa boue du dedans.
Je préfère de loin quand François diffuse de l'Audeguy : « Se souvenir qu'à l'état sauvage les amandes sont immangeables.» (extrait de Petit Éloge de la douceur, Gallimard)

Réveillé à cinq heures, je complète des pages, j'en lis. Et puis je vais enfin au centre de sport. Tout ce stress de travail accumulé, comment pourrais-je m'en débarrasser ? Me nettoyer de ces pensées de l'obéissance, de la dépendance, de la soumission à tous les codes croisés qui nous tiennent ? Quand je n'arrive plus à maintenir mon indépendance mentale au-dessus du maelström social, je me sens vraiment avili. Et parfois je crois que je la maintiens et je sais un peu plus tard que ce n'était pas vrai. La littérature est vraiment le seul rempart. J'ai cru un temps à la musique, mais maintenant ce n'est plus qu'une distraction, à laquelle je recours de moins en moins. J'ai un peu cru aussi au cinéma et je garde une vraie admiration pour sa puissance de vérité mais il est trop impliqué dans les circuits financiers...
En transpirant sur mon vélo statique, je pense à toutes ces aliénations dont je parlerai demain, et je lis Vasset. Et j'y entre, je le suis, je m'y retrouve, je souffle intérieurement comme si je me reposais enfin, exactement dans le temps que le corps se dépense. Nous sommes avec ce livre — ce libre — sur un terrain vague, c'est-à-dire un espace de liberté.
Il semble aussi que Philippe Vasset s'adresse directement à moi. Il passe d'Orléans (p. 69-73), où je me promets d'aller voir ses Groues, au quartier des Gondoles de Choisy-le-roi où j'ai passé une bonne partie de mon adolescence et où mes parents habitent encore. Tout à l'heure, je sauterai la clôture diégétique pour vérifier si le plan colle...

« L'apparente passivité des zones blanches cache une sourde résistance au comblement : là, comme dans les marais, se brouillent les frontières entre le neuf et l'ancien, l'occupé et le vacant. Ainsi, si l'on pénètre, hors des heures de bureau, dans les sièges sociaux qui prolifèrent comme des cristaux aux arêtes acérées le long du Landy et sur l'avenue de Verdun, à Issy-les-Moulineaux, on retrouvera, sous la multiplication des signes d'activité (plannings, téléphones, écrans), la même désaffection qui règne alentour : les tiroirs des bureaux n'ont jamais été ouverts, les salles de réunion sont encombrées de chaises sous film plastique, la moquette s'arrête en plein milieu du couloir, et, au pied des façades immaculées, la terre est retournée et mêlée de morceaux de tuyaux et de fils électriques.» (Philippe Vasset, Un Livre blanc, p. 81-82)

Cela ne m'a pas empêché — tandis que je gravissais des montagnes sur la machine à fortifier le cœur — de percevoir d'étranges signaux provenant du personnel. Allées et venues un peu trop rapides entre l'accueil de l'étage et les toilettes de la salle des machines, mines renfrognées de gens qui cachent quelque chose. Un instant, j'ai cru que quelqu'un avait fait un malaise ou était tombé dans les toilettes. Mais après quelques mouvements plus discrets, coups de téléphone sans réponse, signes d'énervement et réapparition d'une des filles avec un rouleau de papier à la main, je me suis dit que ça devait être moins grave. Il n'y avait tout simplement plus de papier-toilette, peut-être plus de stock et quelqu'un était allé récupérer un rouleau déjà commencé aux toilettes d'un autre étage.
Or, moins d'une heure après, quand j'en ai eu besoin, je n'ai pas trouvé moi non plus de papier dans les toilettes des vestiaires. Je me suis lavé avec de l'eau du fond des toilettes (après avoir tiré une fois la chasse d'eau) et suis allé à la douche. Sans doute qu'une heure avant, une personne d'esprit plus rigide avait appelé et exigé qu'on lui apportât du papier. Et comme le supermarché voisin est fermé jusqu'au 15...

Après le déjeuner avec David chez Downey, je remonte au bureau et finis une grosse commande de mangas en français — pour que nos étudiants fassent aussi du français par ce biais. Grâce à l'indication de Marc Pautrel, je télécharge Sollers chez Mollat, à écouter plus tard.
Dans le train, je réécoute un Jeux d'épreuves de septembre et je somnole.
Puis je retrouve T. qui prépare le dîner. Elle a loué deux dévédés de 24 Heures, je ne sais plus quelle saison, la 6, je crois, épisodes avec des terroristes qui réussissent in extremis à faire exploser une bombe atomique dans Los Angeles. Si si, ça explose. Cela transgresse forcément un tabou — devenu tarte à la crème du cinéma américain : habituellement, un héros réussit toujours à stopper l'engin à 1 seconde de son explosion... et tout finit bien. Cette fois non. Les scénaristes ont dû sciemment vouloir briser ce tabou... Cette série m'est désagréable à proportion qu'elle montre cruement (car elle est très bien faite) la réalité du pouvoir actuel aux États Unis. Il faut la regarder comme une tragédie grecque mais aussi comme un peu autre chose qu'une fiction parce que c'est regarder en face une face — insupportable — de l'Amérique d'aujourd'hui. Est-ce en rapport avec la grève des scénaristes depuis une semaine et le fait que la saison 7 soit compromise ? C'est bien possible.

Commentaires

1. Le vendredi 9 novembre 2007 à 01:36, par brigetoun :

deux plaisirs : la boue du dedans (au moins la justesse de l'expression) et Audeguy



Samedi 10 novembre 2007. Les Goncourt Renaudot Médicis et Fémina du JLR.

De six à huit, préparation des notes pour le cours. Le chapitre IV de L'Étranger oppose tout d'abord le couple sain que forment Meursault et Marie aux couples malsains formés par Sintès et sa maîtresse d'un côté et Salamano et son chien de l'autre. Comme en reflet ou en cascade, ces deux couples malsains vont se défaire : Sintès frappe violemment la faible femme, au point qu'un agent de la force publique doit intervenir pour exfiltrer la victime, tandis que le chien de Salamano disparaît pendant que son maître admire... le Roi de l'évasion à la foire. Mais tandis que le lecteur perçoit bien, par les mots du texte, que ces couples sont malsains du fait de l'aliénation de leurs membres, de leur enfermement dans des relations aliénantes, Meursault, lui, ne perçoit rien, continue à répondre que les choses lui sont égales et trouve même que Sintès est « très gentil » avec lui. Ses non-jugements et ses non-choix le font dériver sans qu'il s'en rende bien compte du détachement ou de l'indifférence au monde dans lesquels il croyait être à une complicité patente avec un individu visiblement malhonnête.
Toutes les pièces du mécanisme sont maintenant en place. Il ne reste plus qu'à commencer à le faire jouer. Le chapitre V est alors composé par la succession de trois sollicitations, trois propositions auxquelles Meursault a à répondre : l'invitation à passer le dimanche dans un cabanon près de la plage (acceptée), l'offre du patron pour un poste à Paris (déclinée, ou en tout cas réponse « à côté »), la demande en mariage de Marie (acceptée sans conviction, pour lui faire plaisir à elle).
Une interrogation des étudiants, puis de T. plus tard, révèle une chose assez... délicate. Il semble bien que le verbe « manquer » que Sintès, et lui seul, emploie elliptiquement pour manquer de respect ait été traduit en japonais dans le sens tantôt du ratage (comme manquer le train), tantôt du manque affectif (comme You miss me). Le texte est pourtant très clair. Dès le chapitre III, quand Sintès raconte sa bagarre avec « un type » qui lui avait dit qu'il « n'était pas un homme » (p. 48-49 du folio Gallimard) et auquel il avait été obligé de casser la figure, il s'en justifie en disant à Meursault : « Vous voyez que je ne l'ai pas cherché. C'est lui qui m'a manqué.» — c'est-à-dire qu'il ne l'a pas provoqué mais qu'il n'a répondu que parce que l'autre lui a manqué... de respect (en prétendant qu'il n'était pas un homme, sous-entendu viril). Et toutes les autres occurrences du verbe manquer, employé par Sintès, et seulement par lui, ont exactement le même sens puisque c'est son parler et que cela correspond à son obsession caractérielle (se faire respecter). La traduction qui n'entend pas l'ellipse est donc un grave contresens.

Déjeuner au SM avec Christine et Thomas. Très agréables retrouvailles. Conversations privées.

En soirée, en réponse aux Prix du Plan B proposés sur le blog Léo Scheer, je poste le commentaire suivant :
« Goncourt JLR : Rosenthal
Renaudot JLR : Tugny
Médicis JLR : Chevillard
Fémina JLR : Minard
Le JLR est le Journal LittéRéticulaire qui ne représente que mon opinion et dans lequel je vote souverainement.
Mes prix estampillés JLR ne sont dotés que de ma profonde considération.»
(Il fallait bien que les Goncourt Renaudot Médicis et Fémina du JLR se différenciassent des vrais par une rupture avec le monde de l'édition et de l'argent...)
J'ajoute (le 12) :
— Prix Académie JLR : Antoine Volodine pour l'ensemble de son œuvre.
— Prix du meilleur éditeur : ex-æquo Laure Limongi et François Bon pour leurs collections novatrices.

*  *
*

ENCHÈRES SOTHEBY'S PARIS LE  Session 1 | 29 Nov 07, 11:00 AM et Session 2 | 29 Nov 07, 2:30 PM
EXPOSITION DES LOTS :  du 23 au 28  Nov 07, 10:00 AM - 6:00 PM
ADRESSE : Galerie Charpentier  76 rue du Faubourg Saint Honoré Paris 75008

n° Lots :
94 : Manuscrit du poème "Adieux".[Vers 1900]., Apollinaire, Guillaume
95 : Portrait d'Apollinaire d'après Chirico gravé sur bois par Pierre Roy. 14 épreuves gravées. [Entre 1914 et 1943].
96 : Ensemble de manuscrits autographes. [Le Déjeuner Guillaume Apollinaire]. 31 décembre 1916., Apollinaire, Guillaume
97 : Lettre autographe signée à Louis Emié. Nice, le vendredi saint [avril 1942]Aragon
98 : Le Moine d'après M.G. Lewis.Paris, Denoël & Steele, 1931., Artaud, Antonin
100 : Lettre autographe signée à André Rolland de Réneville. Paris, 10 septembre 1932. Artaud, Antonin
101 : Lettre autographe signée à Marcel Dalio. Paris, 27 juin 1932., Artaud, Antonin
102 : Les Cenci. Epreuves corrigées. [S.l., février 1935]., Artaud, Antonin
103 : Horoscope autographe d'Artaud par lui-même. Paris, 10 décembre 1935.,Artaud,
104 : Lettre autographe signée au docteur La Trémolière. Rodez, 29 avril 1943., Artaud,
105 : Lettre autographe signée à Raymond Queneau. Rodez, 20 décembre 1943., Artaud,
106 : Xylophonie contre la grande presse et son petit public. [Paris, Imprimerie Davy], 1946, Artaud, Antonin
107 : Portrait photographique d'Antonin Artaud. Photographie originale signée. 1947., [Artaud, Antonin] -- Colomb, Denise -- Balthus
108 : Van Gogh, le suicidé de la société. [1947]., Artaud, Antonin
109 : [Oeuvres diverses]. Ensemble de 2 ouvrages en 2 volumes. , Artaud, Antonin
110 : Tutuguri. Manuscrit autographe signé précédé d'une lettre autographe à Marc Barbezat. Ivry-sur-Seine, 16 février 1948. , Artaud, Antonin
148 : Nadja. Paris, Gallimard, N.R.F., 1928., Breton, André
149 : Nadja. Paris, Gallimard, N.R.F., 1928., Breton, André
150 : [La Barque de l'amour s'est brisée contre la vie courante]. Épreuves corrigées
numéro 1 du Surréalisme au service de la Révolution [juin 1930]., Breton, André
151 : Lettre autographe signée à Hans Bellmer. [Paris], 8 janvier 1937., [Breton, André] -- Breton Jacqueline
181 : Décalcomanie originale pour la couverture de l'Anthologie de l'humour noir d'André Breton. [circa 1940]., Dominguez, Oscar
186 : 3 LETTRES AUTOGRAPHES ET UNE LETTRE DACTYLOGRAPHIÉE, À HANS BELLMER. 5 JANVIER 1936, 8 JANVIER [1937], 8 AVRIL 1940 ET 7 AVRIL 1948.
ELUARD, PAUL Le Temps déborde. Paris, Editions Cahiers d'Art, 1947., Eluard, Paul (sous le pseudonyme de Didier Desroches)
188 : La Brebis galante. [Paris, Editions, Premières, 1949]., Ernst, Max -- Péret, Benjamin
189 : f - , Ernst Max -- Tempel, Guillaume
190 : L'Oiseau caramel. Paris, Le Soleil Noir, 1969., Ernst, Max--Lebel, Robert
191 : Max Ernst, dessins frottages estampes originales. Genève, Galerie Engelberts, 1971.,
192 : Fautrier l'enragé. Paris, Librairie Auguste Blaizot, 1949., Fautrier, Jean--Paulhan,
193 : Signature autographe sur album amicorum. Buenos Aires, entre le 13 octobre 1933 et le 27 mars 1934., [Garcia Lorca, Federico]
194 : Lettre autographe signée en russe. Gunterstal (Allemagne), 5 octobre 1925., Max. Gorki,
199 : f - Au soleil du plafond. Paris, Tériade, 1955., Gris, Juan -- Reverdy, Paul
200 : Le Soleil placé en abîme.Paris , Col. Drosera, III,1954, Hérold, Jacques, Ponge, Francis
201 : Dessin original et lettre autographe signée à Raymond Queneau. New York, 1937., Hélion, Jean
202 : Tableau de la Bourgeoisie. manuscrit autographe signé, fragments. [Paris, Gallimard, Nouvelle Revue Française, 1929]., Jacob, Max
211 : MA CIVILISATION (1838-1939). [PARIS, 1942]. LÉLY, GILBERT  (édition originale "privée", tirée à 12 exemplaires dactylographiés. Petit in-4 (225 x 175 mm). En feuilles, couverture de papier vélin blanc avec la reproduction du tableau de Max Ernst "Portrait érotique-voilé, 1933", collé.)
Lot 212 : 1929. [Bruxelles, Editions de la Variétés, 1929]., man ray -- Peret -- Aragon,
215 : [Oeuvres diverses]. Ensemble de 4 ouvrages en 5 volumes., Masson, André
216 : f - le poème pulvérisé. Paris, Fontaine, 1947., Matisse, Henri -- Char, René
217 : FMR. Oèmes. [Paris], Editions Georges Visat, [1971]., Matta, Sebastian
223 : f - [Oeuvres diverses].Ensemble de 10 ouvrages en 10 volumes., Michaux, Henri
224 : f - [Oeuvres diverses]. Ensemble de 6 ouvrages en 6 volumes., Michaux, Henri
225 : f - De moment en moment. [Alès, P.A.B.], mars 1957., miro, joan -- char, rené
226 : f - Noël au chemin de fer. [Alès, P.A.B.], printemps 1959., Miro Joan,Frénaud, André
227 : Le Miroir de l'homme par les bêtes.Paris, Maeght, 1972., Miro, Joan ,Frénaud, André
231 : A même la terre. Paris, Editions Surréalistes, 1936., Paalen, Alice
232 : Le Pan-pan au cul du nu nègre. Bruxelles, Editions Alde, Collection AIO, 1920., Pansaers, Clément
251 : 46 lettres autographes signées illustrées de dessins originaux, à Jeanne Derrien. [juillet 1916 - janvier 1918]. , Vaché, Jacques (Lettres publiées, à l'exception de 3 restées inédites , dans Jacques Vaché, Quarante trois lettres de guerre à Jeanne Derrien, réunies et présentées par Georges Sebbag, Paris, 1991.)
256 : f - 16 lettres autographes signées à la Julien Levy Gallery. [1941]., Atherton, John
257 : f - LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À JULIEN LEVY.27 MARS 1940. BELLMER, HANS
257 : f - 3 lettres autographes signées à Julien Levy 5 mars 1940 - 8 mars 1940 - 20 octobre 1961., Bellmer, Hans
259 : c - Lettres autographes à Julien Levy.Los Angeles, Rome ; 1945-1958., Berman, Eugène et Léonid
260 : f - Lettre autographe signée à Julien Levy. Paris, 8 avril 1936. , Breton, André
261 : f - 2 lettres autographes signées à Julien Levy.1944 et 1951., Calder, Alexandre
262 : f - 21 lettres à Julien et Joella Levy.1931-1961., Campigli, Massimo
263 : f - 7 lettres à Julien Levy dont une avec collage original 16 juillet 1939 - 21 août 1959, Cornell, Joseph
266 : f - 5 lettres autographes signées à Julien Levy.1932-1942., Dali, Salvador
267 : f - Notes autographes pour une conférence.S.l.n.d., Dali, Salvador
268 : f - 6 lettres autographes signées à Julien Levy.Paris, 18 décembre 1934 - 28 décembre 1938., Duchamp, Marcel
274 : f -LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À JULIEN LEVY.PARIS, 27 JANVIER 1937.Très importante lettre par laquelle Hugnet annonce le projet des cartes postales surréalistes et demande une aide financière à Julien Levy. Il joint à son courrier un billet autographe de Duchamp à ce sujet (Paris, 27 janvier 1937, 3 p. in-4, encre rouge ).
291 : f - Lettres à Julien Levy et 3 photographies d'archives.Paris-Hollywood, 1933-1963., Man Ray
292 : f - Lettre dactylographiée signée à Julien Levy. [Paris, vers 1931]., Miller, Lee
293 : f - 4 lettres autographes signées à Julien Levy.Mexico, 28 septembre 1940 - 20 septembre 1941., Paalen, Wolfgang
294 : f - 13 lettres autographes signées à Julien Levy.Woodbury [Connecticut], [1941-1945]., Tanguy, Yves
295 : f - 11 lettres autographes signées à Julien Levy.1943-1947., Tanning, Dorothea
296 : f - Lettre autographe à Julien Levy.[Sedona, vers 1945]., Tanning, Dorothea--Ernst, Max--Miller, Lee
297 : f - Lettres à Julien Levy, [artistes divers]
298 : f - Ensemble de 81 invitations à divers évènements.[1925 - 1945]., [Expositions]

Commentaires

1. Le samedi 10 novembre 2007 à 10:21, par Laure L :

OUAIS !!!!
On a quasiment le même classement !

2. Le samedi 10 novembre 2007 à 10:48, par caroline :

Il se pourrait bien que je sois à Paris à ce moment-là. Je n'y vais que 3 jours par an et ça tombe pile poil à ce moment précis. Pas pour acheter bien sûr, mais rien que d'aller voir l'expo avant la vente... gnagnagna...
Moi qui me disais qu'il n'y avait rien à faire à Paris (à part l'expo Courbet que je peux aussi bien voir à Montpellier l'été prochain) cette perspective me motive. Merci d'en avoir parlé.

3. Le samedi 10 novembre 2007 à 17:24, par christine :

ta liste est très bien, mais je ne suis pas trop convaincue par les prix B de Léo Scheer : je suis allée l’écrire dans sa zone de commentaires, ce qui m’a valu de me faire reprocher (ce qui m'a beaucoup amusée) ma « blasitude » à la Raphaël Sorin (ce qui je le crains était une manière polie de me traiter de vieux rabat-joie) !

4. Le samedi 10 novembre 2007 à 18:50, par Berlol :

J'ai lu ça, oui. Cela démontre qu'il ne te connait pas, c'est-à-dire qu'il ne connaît pas trop (ou ne s'intéresse pas beaucoup à) ce qu'il y a dans le web en dehors de son site et de sa coterie (il aurait pu facilement rechercher et voir Lignes de fuite avant de commenter). Ceci dit, son commentaire sur ma "profonde considération" est doucement moqueur à mon égard. Je ne lui en veux pas. Pour ma part, je ne suis pas convaincu du tout de l'intérêt de son initiative et je ne suis intervenu que pour en souligner l'arbitraire en faisant des Prix JLR qui n'ont aucun intérêt... Ne t'inquiète pas ! Nous pouvons continuer dans notre modeste coin à faire ce que nous aimons.

5. Le dimanche 11 novembre 2007 à 02:43, par brigetoun :

je commençais à choisir pour le 29 novembre les 102 - 105 - 186 - 191 et puis j'ai renoncé devant une trop belle abondance.
Pour le site des éditions Léo Scheer je me sens à peine digne de le lire en tentant de comprendre. Pourquoi suis je sans-gêne ici ? mystère -

6. Le dimanche 11 novembre 2007 à 07:16, par christine :

@brigetoun : ceux qui vous intimident ne vous méritent pas !
@berlol : j'avais bien perçu l'ironie de tes Prix JLR (qui m'ont donné envie de mettre mon grain de sel) et ne m'inquiète pas vraiment !
et @tous : continuons dans notre modeste coin (coin!)

7. Le dimanche 11 novembre 2007 à 09:24, par Mot a mot :

Bel emploi en tout cas de l'imparfait du subjonctif!

8. Le dimanche 11 novembre 2007 à 14:55, par christine :

... mais ironie ou pas, tu es embrigadé !
www.leoscheer.com/blog/20...

9. Le lundi 12 novembre 2007 à 02:54, par christine :

... et moi aussi : je vais de ce pas protester !

10. Le lundi 12 novembre 2007 à 03:01, par Berlol :

Oui, sauf qu'avec cette engeance, plus tu te mouilles, plus tu seras mouillée...

11. Le lundi 12 novembre 2007 à 03:34, par christine :

là tu exagères un peu, non ... non ?

12. Le lundi 12 novembre 2007 à 05:25, par christine :

... il a suffit de demander et le lien vers lignes de fuite a été courtoisement retiré : je perds bêtement l'occasion de m'attirer des tas de visiteurs mais je gagne l'impression (bien fugitive) d'une cohérence avec moi-même

13. Le lundi 12 novembre 2007 à 05:36, par Berlol :

Tu sais, j'ai regardé mes liens entrants sur trois jours. Il doit y avoir en tout une dizaine de visiteurs arrivés chez moi en provenance du blog LS. Ce n'est pas vraiment le bingo... Possible que la plupart des lecteurs du blog LS, y compris l'auteur, soient peu réticulaires, qu'ils soient centrés sur les coups Scheer et la gent germanopratine...

14. Le lundi 12 novembre 2007 à 16:10, par christine :

c'est fort possible ... mais je ne pensais pas à ces visiteurs là mais à ceux qu'une publication dans la presse de la "dépêche" en question pourrait susciter

15. Le lundi 12 novembre 2007 à 18:37, par Berlol :

Ah ! ceux-là !...

16. Le jeudi 15 novembre 2007 à 20:23, par marcus :

Ah Berlol que j'aime votre commentaire 4. ! Vous avez cerné je crois notre cher L'ego Cher et sa "coterie".



Dimanche 11 novembre 2007. Ça oscille entre euphémisme et contresens.

Alors là, il est minuit moins sept et je ne sais pas du tout ce dont je vais parler.

Vingt minutes plus tard, ça n'est guère mieux.
J'ai passé une bonne partie de la journée à finir de faire fonctionner un blog pour une équipe de recherche sur Mérimée, pour l'instant pas ouvert au public. Et ça marche. Mais il faut que j'écrive des notices pour que les collègues sachent comment poster des articles, ouvrir un texte à corriger, etc.
Pendant ce temps, T. a commencé à ranger — ça fait des semaines qu'elle se promet de le faire — des tonnes de documents relatifs aux affaires familiales.
Le problème quand on veut ranger, c'est qu'il faut énormément étaler pour trier, répartir, rouvrir les enveloppes, relire les documents, avant d'effectivement pouvoir commencer à ranger (d'une part) et jeter (d'autre part). Il y en a au minimum pour deux jours.

On sort pour marcher. La pluie a cessé. Il fallait qu'on bouge. Tranquillement jusqu'à Jimbocho, pour déjeuner dans un bon restaurant chinois (toujours le même, dans ce quartier). Dans une grande librairie, T. cherche les traductions japonaises de L'Étranger pour voir les différentes traductions de « manquer » dans l'idiolecte de Sintès. Et en effet, les traductions, ça oscille entre euphémisme et contresens. Il faudra que je diligente une enquête plus détaillée. J'ai une petite idée de la personne à qui je pourrais demander cela...

À notre retour, je m'aperçois que j'ai complètement oublié d'écouter France Culture, cette semaine. (Mais où va-t-on ?) Et je découvre qu'un feuilleton a commencé, adaptation des Animaux dénaturés de Vercors. Je saute dessus et enregistre les cinq épisodes de la semaine à la file tout en écrivant des courriers. Quand j'étais lycéen, ce livre a été un des plus formateurs de ma pensée de l'homme, j'en ai un souvenir très précis. Après cette ouverture pragmatique sur l'ontologie, aucun discours philosophique ne m'a permis par la suite d'approcher plus près la question humaine. D'autres œuvres littéraires, oui. Mais le discours philosophique, non.

Et je viens de voir La Vérité si je mens 2, sur TV5 Monde. Pour la question humaine, c'est bien aussi.

Commentaires

1. Le lundi 12 novembre 2007 à 01:48, par k :

bonjour monsieur, des siècles que je ne suis plus repassée par ici,.........si vous avez le temps et l'envie, j'aimerai votre avis sur mon travail, votre jugement me ferait très plaisir (y'a k'a kliker sur le lien)........j'espère que tout va bien pour vous, amicalement_lol

2. Le lundi 12 novembre 2007 à 01:53, par brigetoun :

écouté un épisode des Animaux dénaturés, aimé mais pas assez pour annuler d'autres choses pour entendre les autres. Et je n'ai pas le réflexe de l'écoute différée. Peut être faut-il pour cela avoir la distance géographique qui raréfie les propositions ?

3. Le lundi 12 novembre 2007 à 02:43, par Berlol :

Bonjour K ! En effet, ça faisait une paye ! Suis allé voir. Vos travaux photographiques sont admirables et provoquent d'étranges sensations, où l'on sent que se mêlent extases et souffrances, beauté et mélancolie. Le corps est presque toujours le sujet principal, il y a de l'obsession. Mais pas toujours, comme pour les Roches noires...
Oui, Brigetoun, la distance raréfie les propositions. Mais il y a aussi de mon histoire personnelle avec ce texte. Essayez tout de même de dépasser le premier épisode...



Lundi 12 novembre 2007. Des boîtes de thé le fond lumineux.

« À errer sur ces périmètres vacants où rien n'accrochait le regard, j'éprouvais le même sentiment de flottement qu'à la lecture des Corps conducteurs de Claude Simon ou de L'Inquisitoire de Robert Pinget, textes qui ne comportent pas de perspective clairement ménagée mais déploient, telles des cartes, leurs minutieuses descriptions dans toutes les directions et où chaque détail, même le plus trivial, est riche d'un mystère jamais épuisé. Pareils livres manifestent l'étendue, contrairement aux récits de voyage, qui se contentent de réduire l'espace à un itinéraire et d'aligner dates et noms comme on collectionne les cartes postales.» (Philippe Vasset, Un Livre blanc, p. 99-100)

Quand j'ai lu ça, ce matin, dans ma baignoire, j'ai d'abord relu trois fois, pour éprouver la justesse de la remarque, approuver le choix des œuvres, puis je me suis souvenu des errances dans Bleston (L'Emploi du temps de Butor), des fausses pistes et des itinéraires inutilisables dans Berlin ou New York (Robbe-Grillet), des plans trompeurs que l'on trouve dans René Leys (Victor Segalen) ou dans Le Maintien de l'ordre (Claude Ollier)...

« La tentation d'inventer ce que je n'arrivais pas à identifier était grande, mais y céder m'aurait conduit à écrire un roman, et je voulais autre chose : une réalité trouée, friable et infiniment plus mystérieuse que n'importe quelle histoire inventée.» (Ibid., p. 102)

« Les lieux vides et flous que j'explorais m'offraient le surplus d'inconnu que me refusait désormais la fiction, musique d'ambiance moulinée par la télévision et les magazines, pâte grise égalisant les surfaces, arrondissant les angles et bouchant les fissures. J'étais revenu au réel pour trouver du merveilleux, alors que c'est précisément cette quête qui m'en avait, à l'origine, éloigné.» (Ibid., p. 104)

Il faudrait citer encore et encore, tellement c'est intéressant et pertinent. Mais cela reviendrait... à publier le livre en ligne !
Et puis il fallait bien sortir du bain...

Il fait très beau. Lessive. Quand le linge est étendu et que T. a fermé son deuxième carton de documents rangés, nous allons déjeuner au Saint-Martin. Puis marchons jusqu'à Korakuen pour faire des courses à Seijo Ishii. Au moins deux semaines que nous n'avons plus de fromage, que nous raclons des boîtes de thé le fond lumineux.

Commentaires

1. Le lundi 12 novembre 2007 à 16:18, par cgat :

on a un peu l'impression que tu ne lis que dans des endroits inconfortables : vélos, baignoire, etc.
de Vasset c'est amusant j'avais cité le même passage :
blog.lignesdefuite.fr/pos...
tropisme simonien ?

2. Le mardi 13 novembre 2007 à 03:57, par brigetoun :

me faut le lire.
quand on lit dès qu'on le peut, c'est forcément dans des endroits inconfortables. Et je continue à avoir du mal à m'assoir pour lire (mais je ne peux préter mes livres qui à force de me suivre de pièces en pièces, et autrefois d'un chantier à l'autre, sont en piteux état)

3. Le mardi 13 novembre 2007 à 08:06, par Berlol :

Pour le vélo, je te l'accorde, mais la baignoire, c'est plutôt confortable (si l'eau est assez chaude). Mais ce qui est vrai, c'est qu'ayant peu de temps pour lire, j'utilise des moments intermédiaires. Etudiant, j'ai beaucoup lu, debout, dans les trains de banlieue (y compris les jours de grève).



Mardi 13 novembre 2007. Donner plus, mais à moins de personnes.

Dans le shinkansen en écoutant deux Jeux d'épreuves, les deux derniers (3 et 10 novembre). Moyennement intéressants, je ne les recommande pas (Guyotat, Quignard et Sollers n'ont pas trouvé là leurs meilleurs critiques et les éloges de Fottorino ne font pas du tout envie — petit bras, Joseph, ces temps-ci !). On a sûrement mieux à faire ailleurs. En revanche, je suis allé comme promis voir les dernières Masses critiques disponibles et j'écoute attentivement celle avec Benoît Yvert (du 20 octobre 2007) entre Shizuoka et la sortie sur le pavé ensoleillé de Nagoya. Yvert n'est pas devenu en un an un foudre de précision mais c'est nettement moins abscons qu'au Tout arrive du 26 octobre 2006. Le rapport Livre 2010 et son colloque sont passés par là, il y a de l'info sur l'état de l'édition et de la librairie mais pas vraiment de vision de l'avenir. Le CNL va donner plus, mais à moins de personnes ; c'est ça la nouvelle démocratie, Coco ! Pour l'économie numérique, oui !... On a créé une commission qui y réfléchit. Pour les concentrations (Editis, Hachette), bonhomme, on ne désapprouve pas et on répond à côté de la question.
Connaître le sérail, c'est nourrir les détours...

Grande forme. Deux cours comme rien. Et puis encore à fouiner dans les plugins de WordPress. Faut dire que je suis tombé sur un bug grave. Par exemple, pour préparer l'édition d'un classique littéraire, les espaces insécables sont absolument nécessaires, il y a même un bouton pour en insérer. Puis ils sont enregistrés par l'éditeur de blog (TinyMCE), on peut les voir en regardant le code source, mais dès que l'on rouvre le document pour le modifier, les espaces insécables sont automatiquement remplacés par des espaces normaux, et sans prévenir ni expliquer. Je suis allé exposer ça dans le forum ad hoc mais on ne se bouscule pas pour me répondre...

Enfin, je passe un bon moment à écouter parler de sexe.
C'était dans Ce soir ou Jamais de jeudi dernier. L'intro Marcel Gauchet / Henry Weber ne casse pas des briques. Prendre son mâle en patience parce que la suite le mérite bien : haute qualité des échanges — sauf Katoucha qui n'a quand même pas le niveau (quelque noble que soit par ailleurs son combat).

Commentaires

1. Le mardi 13 novembre 2007 à 11:13, par brigetoun :

j'aime bien "prends ton mâle en patience" surtout quand il est double, buriné et modérément complice



Mercredi 14 novembre 2007. Coup d'état — mais dans un verre d'eau.

Sans aller jusqu'à Sirius, mes dix mille kilomètres d'éloignement font paraître comiques les gesticulations leoscheeriennes visant à remplacer une institution inique et vérolée (celle des Prix littéraires dans son ensemble) par une institution usurpatoire et partiale plus encore. Je suis de l'avis de François que ces hochets d'or ou de plastique devraient cesser d'exister et n'ai proposé de Prix JLR que pour saper un peu plus le système. On aurait pu ainsi avoir des Prix B, JLR, LF, TL, et des dizaines d'autres encore, dont le bruit médiatique aurait pu porter un discrédit durable aux institutionnels. Au lieu de quoi on s'échine à publier un communiqué comme si l'on réglait un coup d'état — mais dans un verre d'eau.

Et quand même. Je suis très heureux du Wepler pour Olivia.
Ainsi va le monde — aporétiquement.

Après les deux cours du matin, je m'échappe tout de suite. Pas assez de temps pour aller à l'immigration, à cause de la réunion de 15h15, mais assez pour aller au sport. Je pédale sur place, je transpire vite, le corps déjà échauffé par la proxémique de classe. J'avance encore dans le Livre blanc, qui va bientôt finir. Je n'en ai pas encore parlé mais j'ai toujours cette réminiscence, depuis les premières pages. Ça vient de la notion de friche, de lieu non cartographié. Et aussi du ton de Vasset, plus intime et plus juste que dans ses livres précédents. Ça me renvoie subtilement (comme un alcool) à au moins un passage de Michaël Ferrier...

« Cette nuit-là, la deuxième soirée commençait assez doucement. Nous avions pris plusieurs métros de suite, changé dix fois de correspondance, j'avais l'impression qu'il voulait me perdre, ou bien semer quelqu'un. Il procédait toujours de la sorte : avec lui, Tokyo devenait une course-poursuite, un immense polar. Finalement, après plusieurs détours, nous arrivâmes dans l'ouest de la ville, du côté de Kokubunji. En sortant du train, il bifurqua soudainement ; au lieu de s'engager vers la gare, il prit un petit escalier de traverse, juste à côté du rail, puis il poussa une barrière...
[...] Nous étions arrivés sur une plate-forme entourée d'herbes, l'obscurité était presque totale, seule une loupiote jaune indiquait l'entrée d'une trappe, surmontée d'un verrou que Yo tira sans hésitation. La planche se souleva en grinçant, dévoilant une cavité. C'était un trou dans le sol d'environ trois mètres de profondeur : en penchant bien la tête, on pouvait voir une série d'arbustes étranges plantés bien régulièrement en contrebas.
"Regarde... des
nanpaku-udo. Tu connais ce légume, bien sûr ?..."» (Michaël Ferrier, Tokyo, Petits portraits de l'aube, Paris : Gallimard, 2004, p. 47-48)

Et aussi au très beau Conduite intérieure de Pierre Marcelle (1993), pour l'errance autour du périphérique, l'habitat inhospitalier, les sites blancs, etc.

« [...] Ce n'était plus une ville mais une maquette : qui vivait là ? Armé de ma carte, je traquais la moindre brèche : les quelques mètres carrés de blanc laissés, porte de CLignancourt, par les parking du dépôt de la RATP ou bien le creux que formait, porte des Lilas, le toit d'un réservoir souterrain.
Mais plus je m'acharnais, plus les trouées rétrécissaient : ce n'étaient plus que dalles noirâtres et humides sous les ponts, cours encombrées de poubelles au fond des porches, terrasses jonchées de détritus, rampes de parking s'enfonçant dans la pénombre, terre-pleins herbeux à la croisée des routes et, au centre des immeubles, des puits de poussière clos par une verrière constellée de fientes de pigeon. [...] »
 (Philippe Vasset, Un Livre blanc, p. 123-124)

Dîner avec Sophie, Andreas et Benoît au Paragon, derrière Motoyama. Du coup, on y vient tous les quatre en vélo. Andreas et moi en profitons pour aller faire quelques courses au Matsuzakaya (l'huile d'olive a beaucoup augmenté, on paie la faiblesse du yen). Près des pots d'anchois, nous reconnaissons Sophie téléphonante. Pourtant le rapport anchois / Sophie n'est pas évident. Traversons le carrefour de Motoyama pour rejoindre Benoît téléphonant à un croisement de ruelles.
Excellente cuisine fusion asiatique. On parle un peu musique (entre autre). Chacun essaie de résumer ses goûts ou son parcours. Entre les commandes de boissons qui fusent, les plats épicés qui arrivent pleins et repartent vides. J'essaie d'expliquer pourquoi je n'en écoute presque plus...
Et de retour à la maison, j'y replonge pour deux heures sous prétexte d'envoyer à Sophie quelques références, style Muslimgauze, Stereolab ou Mouse on Mars.

Là, Andreas répète ce que Sophie vient de lui apprendre : comment un prof américain doit se protéger d'éventuelles accusations d'attouchement ou de harcèlement sexuel quand un élève lui donne un hug. C'est dommage, j'ai sorti l'appareil-photo trop tard, je n'ai pas pu la prendre, elle, faisant cela... Il faut lever les bras au dessus de la tête, façon chimpanzé, pour bien montrer qu'on n'est pas l'auteur d'un mouvement vers l'enfant. Et le dire haut et fort.
À rapprocher du fait divers cité la semaine dernière dans les médias français : une lycéenne américaine exclue quelques jours pour avoir pris une (ou un) de ses camarades dans ses bras. Le directeur de l'école expliquait qu'entre les enfants, ça commence par un hug et on ne sait pas où ça finit...

Commentaires

1. Le mercredi 14 novembre 2007 à 14:33, par christine :

d'autant que ce n'est peut-être pas le jour idéal, même en zoomant depuis Sirius sur notre petit hexagone de "galériens" "pris en otage" par d'épouvantables "privilégiés", pour intéresser la presse à un appel au "soulèvement" contre le scandale des prix littéraires !
... n'empêche que tu es cité dans le communiqué leoscheerien et par là même caution morale !
(tu ne m'as pas répondu à propos du blogueur masqué, qui, de plus, te cite aujourd'hui : aveu ? désapprobation ? manque de temps ? syndrome de Sirius ?)

2. Le mercredi 14 novembre 2007 à 15:09, par Berlol :

En restant dans la liste, je peux, au mieux, attirer des lecteurs sur mes pages, dans lesquelles ils connaîtront ma véritable position. Hors de la liste, personne n'en saurait rien. C'est un choix tactique que j'assume. Même si je tire ton chapeau à ton attitude à mi-chemin entre Bartleby et Antigone...
Sinon, le Petit Physicien, je ne sais pas (encore) qui c'est, mais j'aime bien le titre ! Il me cite ? Je vais aller voir...

3. Le mercredi 14 novembre 2007 à 15:19, par christine :

"à mi-chemin entre Bartleby et Antigone" : je suis flattée ! (Antigone a été mon modèle à 13 ans et Bartleby régulièrement, mais par intermittences seulement, depuis)

4. Le mercredi 14 novembre 2007 à 15:23, par Berlol :

Je tire ton chapeau... Lapsus. Peut-être parce que, moi, j'ai mangé le mien...

5. Le jeudi 15 novembre 2007 à 01:34, par Stubborn :

En restant dans la liste, je peux, au mieux, attirer des lecteurs sur mes pages, dans lesquelles ils connaîtront ma véritable position. Hors de la liste, personne n'en saurait rien. C'est un choix tactique que j'assume.

Un peu retors, non ?

6. Le jeudi 15 novembre 2007 à 02:30, par Berlol :

À peine ! On a vu pire... Mais bon, c'est précisément ce que j'appelle tactique. D'ailleurs, n'est-ce pas comme ça que vous êtes arrivé ici ?

7. Le jeudi 15 novembre 2007 à 03:36, par brigetoun :

très chouette la technique du professeur pour prouver sa candeur. Vous avez peut être l'impression d'avoir peu parlé du "livre blanc" mais votre billet a été, après d'autres, le déclencheur et en faisant mon marché hier j'ai fait un crochet pour l'acheter, avec d'autres par la même occasion. Coupable vous êtes

8. Le jeudi 15 novembre 2007 à 03:46, par Stubborn :

Je suis arrivée ici il y a bien, bien longtemps, encore plus longtemps qu'en suivant un commentaire chez Sébastien, du temps des commentaires ouverts sur Vive le Feu, c'est vous dire. Vous aviez commis quelques phrases absolument remarquables sur le style d'Angot ; ce style dont effectivement personne ne parle. Vous êtes depuis lors dans ma Liste "A" de favoris.
[Après hésitation, j'ai finalement laissé un commentaire sur le blog de Léo Scheer.]

9. Le jeudi 15 novembre 2007 à 05:13, par Berlol :

Vous me voyez très embêté, Brigetoun, de vous occasionner une dépense — que, je pense, vous ne regretterez pas. Moi, je viens juste de finir. La fin est très belle aussi.
J'allais vous remercier, Stubborn, de faire votre coming-out, mais j'ai découvert grâce à mon index infaillible (mon second cerveau) que vous aviez déjà posté quelques commentaires en juillet 2006. Alors, merci de votre assiduité !

10. Le jeudi 15 novembre 2007 à 10:05, par Stubborn :

Beaucoup de parataxe, mais peu d