Journal LittéRéticulaire de Berlol
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Littéréticulaire : néol., adj. (de littéraire et réticulaire), propriété d'un texte où s'associent, aux valeurs traditionnelles et aux figures classiques du texte littéraire, les significations et effets de sens provoqués par les liens hypertextuels au sein d'un réseau (l'internet par exemple), qu'ils aient été voulus ou non par l'auteur.







Juillet 2008

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Mardi 1er juillet 2008. Préférer la pin-up immorale au livre vain.

Après tout, ce n'est pas à New Yagayane que je vais ! Alors autant garder l'entrain, même si c'est dur de quitter T. Installé dans le shinkansen, je finis de corriger mes copies. Je vois dans les collines proches de la voie ferrée que des buissons de théiers encore verts vendredi sont à présent nus et ocres. Des petites mains ont dû finir la récolte ce week-end. Le Mont Fuji est invisible ; la grisaille est partout. Puis je vais voir comment ça se passe pour Brown, si l'histoire se répète et comment.

« Autour du Yagayane Palace, les vendeurs de légumes avaient replié leurs étals. Brown s'installa sur le lit et ouvrit Vain temps après. C'était, je l'ai dit déjà, un recueil d'entrevoûtes rédigées par Maria Samarkande et un collectif de bagnards post-exotiques. Brown n'avait jamais été un fanatique de littérature, et, après une quinzaine de pages, il se rendit compte qu'il n'avait absolument rien retenu du texte. Comme souvent dans ce genre d'œuvre, l'histoire mettait en scène des chamanes à l'agonie, des morts traversant leurs ultimes cauchemars, des moines-soldats et des oiseaux. Brown ne se sentait pas en sympathie avec de tels personnages. Il referma le livre en grimaçant. Qu'est-ce que j'ai à me pencher sur ces élucubrations, pensa-t-il. Pourquoi est-ce que je m'oblige à suivre les pénibles aventures de ces losers. Soudain il regrettait d'avoir si mal choisi, de ne pas avoir pris une des revues pornographiques qui s'empilaient sur l'étagère de l'épicerie. Il avait contrarié son envie au nom de la morale prolétarienne, une morale si hors de propos aujourd'hui que l'Organisation l'évoquait la plupart du temps au hasard et sans y croire. Il avait eu honte en présence de l'épicière, mais, maintenant, à côté de Vain temps après, il pensait aux femmes nues qu'il aurait pu ici contempler tranquillement, et il le regrettait.» (Lutz Bassmann, Avec les Moines-soldats, p. 204)

Jeu de potache sur le titre d'Alexandre Dumas et mise en abyme transcendantale se combinent ici savoureusement à l'humour dénigrant, celui de préférer la pin-up immorale au livre vain — comme Reixach préférant chocolat et chaussettes aux précieux livres de Leipzig. Aussi penser que cela fait une vingtaine d'années que Volodine publie...

L'entrée en gare interrompt le fil de mes pensées, qui ne reprendra que le soir. Dans l'intervalle, il y a un déjeuner, deux cours, des courriers, pas de ping-pong, quelques blogs, et l'inutile vidéo d'IOAAOI en off sur France 3. Franchement, je trouve cent fois plus utile à l'émancipation des esprits l'écoute de Quartett de Heiner Müller (lecture publique du 9 juillet 2007 à Avignon) en Fiction du 28 juin sur France Culture, que j'enregistre illico. Là où le hasard est surprenant, c'est que, de retour à la maison, je trouve dans la liste des Ce soir ou Jamais que je n'ai pas encore vus (deux ou trois tout au plus), une émission avec Jeanne Moreau, celle du 29 mai, où il est essentiellement question de cette pièce, jouée avec Sami Frey à la Madeleine depuis mai et dont la dernière avait lieu samedi dernier ! Ça que je trouve si merveilleux ! Qu'il ne se passe pas de jour... Comme disait Winnie.
Jeanne Moreau, sublime dans ses réponses à Taddeï ! Taddeï d'une finesse et d'une réactivité rare, d'une grande culture aussi...

Frédéric Taddeï : « Pour Heiner Müller, c'est du terrorisme, carrément. Si ça se trouve, quand vous parlez tous les soirs, quand vous lisez votre texte, en fait ce sont Lénine, Ravachol, Baader et Ben Laden qui s'expriment. Ce sera encore plus choquant ?
Jeanne Moreau : — Oui... Mais non, je pense. On est quand même dans le domaine artistique et dans le domaine de la poésie. Il y a une transposition, il y a une transcendance, il y a une création poétique, quelque part.
Frédéric Taddeï : — Et vous croyez que ça ne peut pas être politique, quand c'est poétique ?
Jeanne Moreau : — Pas de cette façon aussi déterminée. Une œuvre comme celle-là... Les œuvres de propagande sont chiantes. Tous les gens qui ont voulu défendre des idées ouvertement en faisant un film ou une pièce de théâtre de propagande, ça emmerde tout le monde. C'est beaucoup plus fort, à travers un sujet d'actualité, qu'il y ait une transposition, qu'il y ait une communication pour montrer comment les choses sont.»

Commentaires

1. Le mardi 1 juillet 2008 à 21:13, par brigetoun :

beau renvoi à votre passé et à Claude Simon.
Reécoute de Quartett,avec encore plus de plaisir - la première fois gênée par le souvenir stupidement snob d'une écoute à Bobigny je crois par la créatrice, dans une salle bondée où je ne voyais rien même pas, ou très mal,la traduction, où donc je ne comprenais rien, mais sentait un petit frisson sur commande (la voix aussi qui était très belle, mais celle de Moreau c'est pas mal, merci)
si mon ordi le permet irais écouter l'émission avecTadéi (il me lasse un peu avec son "parisianisme", me voici devenue une vraie provinciale)

2. Le mardi 1 juillet 2008 à 21:59, par Caroline :

Une littérature réaliste, ce serait quoi ? Les procès-verbaux, il y a les flics pour ça. Ou bien dressons les procès verbaux qu'on ne dresse jamais. Disons comment on fait parler. Comment on parle. La réalité fout le camp au même train que la minute. Voici des mots sur le papier, c'est la seule réalité entre nous. Tout le reste, illusion, et l'illusion censure, elle aussi. On n'écrit pas pour fixer : on écrit pour superposer de la dérive à l'universelle dérive. Et merde pour le message, d'ailleurs le message est une tentative de censure puisqu'il vise à imposer une vérité. Le signifié, c'est l'odeur du charnier mental, le fumet de la décomposition. Mais là-dessous, camarade lecteur, reste-t-il du corps ?
L'outrage aux mots (Bernard Noël)



Mercredi 2 juillet 2008. Choses qu'on n'attendait plus, presque.

« [...] comme tous ces expatriés qui reproduisent à l'identique ce qu'ils ont cherché à fuir [...] », dit Pascal Elbé, à propos des habitants de la « rue des grenouilles » à Londres (dans le 20 Heures de France 2 d'hier, sur la sortie du film Mes Amis, mes amours, tiré du livre de Marc Lévy). Pour une parole vraie, combien de conneries à se farcir. Ce n'était déjà pas de la littérature, à mon avis ce ne sera pas non plus du cinéma...
Ce paradoxe fuite / reproduction, nous le voyons T. et moi, de nos fenêtres comme au cinéma, avec les familles françaises de l'immeuble d'en face. Sans parler des enfants qui braillent à heure fixe dans la rampe d'accès au parking souterrain...

Livre-audio chez Léo Scheer... À suivre, avec les oreilles.

Je réfléchis à une transformation de Litor qui, telle quelle, ne sert plus à rien. Je teste Netvibes dans ce sens. À suivre.
Avant et après, deux réunions. Tout cela se mélange. Avec un peu de Bassmann pour la perspective.
Fin, presque, de la préparation de mes sujets d'examen (qui auront lieu du 29 au 31 juillet).

« Du fond de son inconscient, une suggestion arriva, l'idée de construire entre elle et lui une passerelle rassurante, de lui parler et de se faire comprendre d'elle, et, exactement au même instant, il eut une révélation étrange, la certitude qu'il connaissait son nom. Elle s'appelle Natacha Dovjenko, pensa-t-il. En un très court instant il sut comment il avait forgé ce nom, comment ce nom était apparu en lui — il se souvenait de la plage où il avait reçu ses instructions de Boïan Cuzco, et il revoyait le moment où il avait déchiffré « Dovjenko » sur l'épave, et là-dessus se superposaient le repas au Yagayane Palace, et les lèvres de cette femme qui avait été l'objet de ses fantasmes pendant des heures, sa bouche articulait avec une certaine indolence son propre prénom. Je suis entré dans un monde de rêves qui se croisent et coïncident, pensa-t-il. Je suis entré dans un rêve de Boïan Cuzco, pensa-t-il. Je ne suis nulle part, je suis à l'intérieur d'un rêve de Boïan Cuzco, cette petite fille est une araignée qui s'appelle Natacha Dovjenko et elle rêve, elle aussi, et elle n'est nulle part, comme moi, et, d'une certaine manière, je l'ai atteinte.» (Lutz Bassmann, Avec les Moines-soldats, p. 219-220)

Dîner avec Sophie, à Motoyama, seule rescapée de la pression sociale ambiante. (Tous les autres ont fait valoir des excuses de travail, sans parler de Benoît qui s'est carrément envolé pour Paris.)

Tard, aux infos, deux bonnes nouvelles, des choses qu'on n'attendait plus, presque : d'une part, Patrick de Carolis proteste contre la réforme de l'audiovisuel public, d'autre part et surtout, Ingrid Bétancourt est libre !

Commentaires

1. Le mercredi 2 juillet 2008 à 18:21, par Lionel Dersot :

Je doute que ces familles françaises avec enfants soient en état de "fuite". Juste en prise d'opportunité d'aller voir ailleurs, recherchant rapidement dès l'arrivée leurs corréligionnaires, comme la majorité des êtres humains de toutes nationalité. Seuls les aventuriers s'enfoncent dans la brousse locale. Ce ne sont pas les familles qui ont des choses intéressantes à évoquer sur l'"expatriation".

Le niveau de bruit des enfants est surtout une fonction culturelle, ensuite de nature du caractère de chacun. Nous avons été bruyants, plus bruyants en tout cas que la moyenne locale notoirement sage en général, dans l'espace public.

Au sujet du livre audio, je suis abasourdi par ce format. J'ai acheté des livres audio sur CD, par téléchargement, qui ont tous fini intentionnellement sur le balladeur. Mais un machin de la sorte, une bibliothèque en forme de portemanteau mural portant des pendantifs avec vermicelles d'écouteurs pendouillants, me laisse bouche bée. On sait que la question numéro un pour l'éditeur est : comment éviter la copie. C'est l'aspect le plus flagrant avec ce format "hardware". Je doute de son avenir même si cela fait un jolie cadeau. Si tu ne lis, tiens, écoute au moins.

2. Le mercredi 2 juillet 2008 à 19:07, par Berlol :

Avec la photo de l'écrivain sur les écouteurs... Dans le train, on sait ce que tu écoutes. Si c'est comme on le voit sur le site ELS, c'est en effet un produit fermé, encombrant et... jetable. Éventuellement donnable et transmissible, ce qui serait une autre façon de faire de la copie gratuite, et légalement inattaquable, eh eh !

3. Le mercredi 2 juillet 2008 à 20:20, par karl :

Il y a quelque chose pour moi de profondément ironique dans la formule expatrié et dans ce que'elle recouvre concrètement.

Les « expatriés » recouvrent habituellement (dans le langage) une classe de gens qui ont fait le choix de partir pour une période courte. Ce ne sont pas des immigrants, des gens devant s'installer dans le pays où ils résident, malheureusement. Ces gens n'ont pas eu à fuir la France. Ils n'ont pas décidé d'abandonner leur culture française. Ce sont des gens diplômés la plupart du temps qui pensent avoir plus d'opportunités professionnelles ailleurs. Ce n'est pas surprenant qu'ils reproduisent ce qu'ils faisaient dans leur territoire d'origine. Leur « patrie » est bien ancrée.

Les gens qui émigrent (quitter un pays parce qu'on ne l'aime pas) ne sont pas forcément ceux qui immigrent (devoir s'installer dans un pays).

Il n'y a que peu de pays dans le monde où il y a vraiment accueil et intégration. Il y a les endroits où l'on demande « d'où viens tu ? » pour savoir l'origine culturelle, la société étant déjà largement composite (ex: Canada), et il y a ceux où la question est posée parce que ce n'est pas possible d'être du pays (ex: Japon.)

J'aime répondre 下北沢 quand on me le demande et cela provoque très souvent un moment d'hésitation, et on me demande à nouveau pour me préciser qu'on demandait mon pays d'origine. Une seule fois, une femme japonaise m'a répondu « Ah moi aussi ! Je vis dans setagaya ku. » C'est amusant.

Pour conclure, je ne jette pas tout à fait la pierre aux expatriés d'être ostentatoires de leur culture. Ce qui me dérange un peu plus, c'est leur discours de fuite « C'est plus vert ailleurs » sans reconnaître qu'ils sont bien les même ailleurs, si ce n'est plus parfois, processus de découverte de sa propre culture en milieu exotique.

bah j'ai trop écrit encore… blablabla :p zzz

4. Le jeudi 3 juillet 2008 à 01:45, par christine :

下北沢 ??
en français dans le texte cela pourrait donner quoi ?

la belle libération d'Ingrid Bétancourt est (un peu) gâchée par son traitement médiatique en France et sa récupération politique immédiate, mais bon ... pour vous heureux expatriés qui n'avez pas vu les images en boucle, je parle de ça :
www.lepost.fr/article/200...

5. Le jeudi 3 juillet 2008 à 02:29, par Berlol :

下北沢, ou Shimokitazawa, c'est le nom d'un quartier branché de Tokyo, avec plein de petites rues pleines de boutiques branchées. Karl en parlera peut-être mieux que moi (qui n'y suis pas allé depuis au moins quatre ans).
Déjà dans le Soir 3 d'hier, la Grande Sarkozade commençait ! Maintenant, j'imagine les trompettes !

6. Le jeudi 3 juillet 2008 à 02:50, par christine :

merci pour la précision : le traducteur de google m'avait répondu "Shimo-Kitazawa" ce qui donc était une réponse correcte ... mais pas très parlante pour moi !

trompettes de la renommée ... vous êtes bien mal embouchées (disait prémonitoirement l'autre)

7. Le jeudi 3 juillet 2008 à 17:17, par karl :

Ah désolé Christine. C'est un quartier animé à l'ouest de Tokyo, 5 minutes de Shibuya. Setagaya ku exactement. Le quartier est menacé par un projet de développement urbain touchant à la station de train et au passage d'une large route, qui fera une grosse saignée en plein coeur de shimokita.

Un site en japonais à propos des travaux: stsk.net/



Jeudi 3 juillet 2008. L'écriture du jour ouvre des brèches.

Depuis quelques jours ou semaines, je n'écris plus le soir-même mais le lendemain. Le soir, la motivation manque, d'autres choses prennent le pas, ou rien, mais les idées n'apparaissent ni ne se développent plus comme auparavant. Ce n'est peut-être qu'une période comme ça. Je ne me demande pas pourquoi j'écris ce journal, encore moins si je dois l'arrêter, mais simplement je ne le fais pas. Et tôt le lendemain matin, ou plus tard, parfois à trois ou quatre reprises dans la journée, je m'essaie à une sorte de sauvetage, de rattrapage. Dont je vois bien que c'est aussi un rebouchage, un masquage — le mouvement d'écriture et d'esprit qui normalement ficelle d'un coup d'un seul plusieurs éléments n'ayant pas lieu. J'imagine que ça se ressent dans la lecture, que dans leur for intérieur certains se disent que ça baisse par ici, au moins pour ceux qui ont estimé un tant soit peu mes propositions journalières depuis plus de quatre ans. À moins que cette variabilité ait toujours existé et que je me sois illusionné sur une sorte de constance, de note tenue.

En fait, j'ai l'impression qu'à tenter de retrouver ce que fut la veille, je suis complètement dans l'artifice d'un vouloir avoir quelque chose à dire, au lieu simplement d'avoir quelque chose à dire...
Ce qui fait, à mon avis, l'intérêt de ce journal, et sa littéréticularité, c'est l'ouverture potentiellement complète — et imprévisible — du spectre thématique, la liberté d'aborder n'importe quel sujet (littérature, bien sûr, mais aussi sites, médias, politique, Japon, cuisine, cinéma, plantes, vie intime, etc.), à la différence de celles et ceux qui se limitent, par conviction ou par timidité, à un seul thème, un seul domaine dont ils tiennent, comme un service offert, l'actualité (surtout dans les technologies mais aussi dans l'actualité de l'édition ou des arts, par exemple). Or, quand l'écriture du jour ouvre des brèches frémissantes avec un certain enthousiasme, l'écriture du lendemain s'astreint à ramasser péniblement quelques poussières inertes et vite mises en boîte — pour qu'au moins il reste ça. La nuit, le sommeil, la frontière entre deux états de présence ont vite et incompréhensiblement changé la donne. C'est même plus problématique que cela puisque l'orientation épuisante vers cet hier déjà insaisissable retarde ou perturbe la saisie du jour tel qu'il se présente.

Évidemment, j'écris cela un vendredi matin, lendemain d'un jeudi encore bien rempli (cours, discussions avec collègues et étudiants, écoute de médias si justement consacrés à Bétancourt), dont les interstices entre les cours ont été eux-mêmes employés au développement du Flux Litor dont j'essaie de cerner les missions et l'esprit (on peut faire des suggestions) et dont je n'annoncerai l'ouverture officiellement que la semaine prochaine.

Et je m'arrête pour aller au centre de sport...

Commentaires

1. Le jeudi 3 juillet 2008 à 20:38, par brigetoun :

vous non ça ne se sent pas - simplement on attend
moi à mon petit niveau le dégout est là, reste une discipline de maussade humeur

2. Le jeudi 3 juillet 2008 à 22:50, par christine :

sans doute juste une lassitude passagère ... de mon côté aussi ces temps-ci grosse fatigue et trop de travail ...
en tout cas pour nous lecteurs l'intérêt reste entier le lendemain, même si on ressent ta lassitude, le décalage dont tu fais état vaut surtout pour l'auteur, il me semble

quant à Flux Litor (juste quelques premières impressions en vitesse pour l'instant car je pars au bureau)
- il faut de toute évidence passer à autre chose
- je ne suis pas très convaincue par le titre
- mais c'est joli
- et je suis très fière de m'y retrouver !

3. Le vendredi 4 juillet 2008 à 07:09, par F :

pb récurrent et qu'on a souvent évoqué...

et pourtant ta présence et ton activité nécessaires, alors débrouille-toi à inventer, et trouve les formes!

reparle nous du citronnier et de tes faux matches de ping-pong comme allégorie du monde

embarque nous dans tes recherches, reviens sur les Syrtes, le FLEU tout ce que tu veux

et va t'acheter un Sony Reader pour avoir toi aussi de quoi raconter sur les essais techniques (sans déc', génial cette bécane...)

4. Le vendredi 4 juillet 2008 à 18:16, par Berlol :

Merci, Brigetoun. J'ai pensé à vous en entendant que le Festival d'Avignon commençait. Vous allez être occupée...
Oui, Christine, on essaie d'imaginer autre chose. Tes remarques sont les bienvenues, même en privé.
En effet, François, c'est récurrent, comme la vie. Merci pour les encouragements. Pour le Sony Reader, je vais voir...

5. Le samedi 5 juillet 2008 à 00:01, par pat :

Les hommes ne sont pas de marbre luisant. Encore moins de pierre, polie ou brute. Le ciel est notre reflêt tantot brillant comme un soleil, tantot, pâle, presque triste et morose. Il en va ainsi de l'Homme. Un journal littéRéticulaire ou non ne serait pas journal s'il n'avait pas ce côté intense, de bravoure entreméllée de nostalgie ou de dépis. Le moral a des hauts et des bas que l'on garde accrochés à des portes-jartelles qui s'avachissent et que l'on retend.
Non c'est le journal d'une vie peu ordinaire d'un français au pays du soleil levant et d'être toujours dans la mouvance du réveil, de temps en temps il faut songer à rêver.
Amicalement Pat

6. Le samedi 5 juillet 2008 à 16:59, par Berlol :

Merci, Pat. Comment va ton col ? J'y passe, tu sais, et ça fait rêver aussi.

7. Le samedi 5 juillet 2008 à 18:39, par christine :

j'aime bien : "les hommes ne sont pas de marbre luisant" ... merci pour ces sages remarques qui remontent le moral de la blogueuse flemmarde que je suis en ce moment, pat



Vendredi 4 juillet 2008. Même après deux verres, l'espoir survit.

... Aller au centre de sport et finir Bassmann en pédalant, ce qui est moins triste que de l'achever dans le silence de la maison ou du train. Mon maillot trempé par la sueur, je me dis qu'Ingrid est enfin libre, certes, même si l'heureux événement n'est pas vierge de fiction, mais Myriam et Teddy sont toujours retenus dans l'isolateur, dont il n'est pas certain qu'on parvienne à les faire sortir avant qu'ils ne s'éloignent définitivement. Ainsi s'éclaire le sens de Vain Temps après. Et là non plus, il n'y aura pas de vidéo.

« Il m'examinait à présent avec une grimace de dégoût, en cognant et glissant bizarrement ses doigts les uns contre les autres. Je ne réussissais pas à distinguer ses traits, mais je devinais sa bouche tordue, son mépris. Il me défiait. J'entendais le bruit de ses phalanges creuses. Après un temps mort, il me lança que je pouvais encore renoncer et rentrer chez moi.
— Quelles conséquences ? ai-je demandé.
Confusion mentale, dégénérescence de la volonté, a-t-il dit. Vous vous sentirez étranger à l'idée même de survivre.
— Ce n'est pas nouveau pour moi, ça, ai-je dit. J'ai l'habitude de surmonter ça. Écoutez, Fuchs, quoi qu'il arrive, je veux faire le maximum pour Myriam et Teddy. Ils m'ont aidé après ma mort. Je leur dois tout. Sans eux, je ne serais rien.
Vous n'êtes rien, Monge, a chuchoté le médecin en haussant ses clavicules de freak mal éclairé. Mais, une fois dans l'isolateur, vous serez moins que rien.» (Lutz Bassmann, Avec les Moines-soldats, p. 238)

Déjeuner avec David au Downey. Il semble que les hostilités aient repris entre certains de nos collègues, des courriels volent bas. Ça ne m'empêche pas de prendre un dessert de crêpes à la mangue. D'ailleurs, je ne remonte pas au bureau, je pars directement. Dans le train, quand je ne dors pas, j'essaie de m'accrocher à Enfilades de Christophe Claro. Je ne suis pas sûr d'y parvenir, les trente pages lues ne m'ont rien apporté d'autre que l'impression d'un exercice formel.
Du pain à GranSta et j'arrive à la maison avant 17 heures. La chaleur est encore plus perceptible que ce midi. On pourra dire que c'est ce jour-ci qu'elle a commencé cette année, la chaleur.

En attendant l'heure de sortir, je mets la main sur tous les modules France Culture et positionne ceux des émissions littéraires dans l'onglet des ondes du Flux Litor. Ça s'étoffe. La diffusion est instantanée et intégrée à l'en-tête de page, d'un bel effet. Dommage qu'on ne puisse pas donner d'intitulé aux colonnes. J'ai choisi la transparence des modules, sinon ça faisait trop de boîtes, trop de lignes, trop de géométrie à imposer aux yeux.
On s'habille chic pour aller dans les jardins de l'Institut rejoindre un bon nombre de nos amis et collègues au cocktail de départ de la directrice de la Maison franco-japonaise, Françoise Sabban, des directeurs de l'Institut, Bruno Asseray, et des cours de l'Institut, Jean-Philippe Rousse — même si, aujourd'hui même, j'ai reçu l'information officielle de l'installation d'une pointeuse, prétendûment pour conformité au droit japonais du travail (n'ai jamais vu aucune pointeuse dans aucune fac ni école ici...). Laurent me fait remarquer que je n'aime habituellement pas les mondanités. Je lui réponds que c'est vrai mais que j'ai de l'estime pour ces trois personnes — ce n'est d'ailleurs pas par hasard qu'ils ont décidé de joindre amicalement leurs pots de départ, une première, s'il m'en souvient.
Un ami me raconte à quelle sauce nous mangerons le 14 juillet : le 13, à l'Institut et non à l'Ambassade, organisé par une association et non par l'ambasssadeur lui-même — déni de démocratie et sous-traintance bien dans l'air du temps.
Surtout, je suis ici en mission, recrutant pour une future, lointaine encore, opération post-exotisme au Japon ; approchés l'un après l'autre, Michaël, Thierry et François ont donné leur accord, M. sera peut-être aussi des nôtres. « L'organisation s'est constituée », on attend que les idées surgissent... Vain ou vin, même après deux verres, l'espoir survit — c'est un enseignement reçu Avec les Moines-soldats. Après les discours, nous nous translatons dans la Brasserie climatisée où le rush nutritif bat son plein, faisons la queue pour ramasser quelques bricoles et aller les manger, T. et moi, tranquillement, sur les banquettes rouges. Moins d'une demi-heure plus tard, quelques palabres sur la terrasse et nous sentons les premières gouttes d'une première pluie d'été. Signal de notre départ.

Commentaires

1. Le samedi 5 juillet 2008 à 15:43, par F :

d'autant qu'il se confirme qu'AV (enfin l'homme qui en tient lieu) s'en va vivre à Macao pour un an : il pourra même venir en kayak!

2. Le samedi 5 juillet 2008 à 16:17, par Berlol :

En kayak, je sais pas, mais nous on va essayer d'aller faire un tour là-bas. C'est ce qu'on s'est dit. Je ferai volontiers le lien avec Robbe-Grillet en passant par Hong-Kong (suis dans La Maison de rendez-vous, par ailleurs...).

3. Le samedi 5 juillet 2008 à 18:35, par christine :

l'homme qui en tient lieu va vivre à Macao
je répète
l'homme qui en tient lieu va vivre à Macao

d'étranges messages qui semblent cryptés transitent la nuit (3h33 à Paris) entre New York et Tokyo

4. Le samedi 5 juillet 2008 à 18:46, par Berlol :

Gros trafic, cette nuit comme en plein jour !



Samedi 5 juillet 2008. Habituellement vendus par quatre.

À une réunion UMP, l'individu qui occupe actuellement le poste de président de la République française a déclaré qu'il était possible maintenant de faire grève en France sans que personne ne s'en aperçoive.
S'agissant des conditions de la libération des otages des FARC, un ministre français, pour ne pas avoir à répondre à la question d'un journaliste a simplement déclaré que cette polémique ne l'intéressait pas.

Exit le respect.
Exit la responsabilité.

Vraiment, il vaut mieux que je m'intéresse à autre chose.
À lire (trouvé par hasard, en cherchant autre chose avec T.) : Adresse des femmes françaises aux femmes de toutes les nations, Paris, 20 août 1870 (Gallica). Beauté et limpidité de l'expression. Je vais essayer de savoir qui l'a écrit.
À lire aussi (trouvé intentionnellement dans les nouveaux M@nuscrits chez Léo Scheer) : Niemandsland de Laurent Margantin. La patine des événements et des souvenirs de 1990 compensée par la fraîcheur presque neutre de l'écriture d'un passant. Tout est dans le « presque » :

« Près de Check Point Charlie, je suis entré dans une galerie de photos portant l'enseigne Wall Street Gallery (bourse de l'art ?). Y sont exposées des photos d'actualité, dont l'une d'entre elles où flambe un feu terroriste et passent des policiers de je ne sais quel pays (le cliché s'intitule "La guerre dans ma rue"), puis d'autres photos représentant des ossements et des masques collés sur le mur, ou bien, plus saisissant comme le sont toujours pour moi les reflets brisés, une quantité d'éclats de miroir reflétant des fragments des immeubles voisins, des nuages, des visages, le trottoir, des feuillages, éclats de miroir qui me font apercevoir entre deux errances le grand tableau berlinois, sans cadre ni sujet. Et c'est peut-être là, dans cette galerie et devant ce mur éclaté en mille bris de glace, que quelque chose a commencé pour moi à Berlin, au-delà du vide de l'époque.» (Laurent Margantin, Niemandsland, 19 p.)

Les Flux Litor s'avancent. Ajout de...

Enregistrement des trois Surpris par la nuit de la semaine (mardi à jeudi) intitulés « Après l'avant-garde ». Très intéressants ! Puis l'Abécédaire d'Olivier Cadiot, très bien aussi.

Pas mal de courrier aussi.
Sortie en vélo pour faire des courses au Seijo Ishii de Korakuen pendant que T. prépare des confitures d'abricot (avec 1 kg de fruits, elle obtiendra finalement 3 pots, entre 600 et 700 g au total). Ça y est, le camembert Gilot est passé de 1300 à plus de 1500 yens (un peu moins de 10 €). L'huile d'olive extra vierge est dans les 1700 yens, plus du double de son prix il y a encore un an. Je ramène en nombre des yaourts BIO de Danone, leur prix a légèrement diminué parce que c'est un marché en pleine expansion ; habituellement vendus par quatre, on les trouve maintenant par six pour moins de 300 yens (moins de 2 €). Les Japonais consomment deux fois plus de produits lactés qu'il y a vingt ans (beurre, fromage et surtout yaourts).

Dîner post-exotique (le premier) (l'unique ? Non, je n'espère pas !) au Saint-Martin avec T., Toshihiro (traducteur des Rolling Stones de François Bon) et François d'Aoyama. Il s'agit de jeter les bases d'un colloque encore invisible, d'imaginer des types d'intervention adaptés aux œuvres, de choisir entre un bordeaux et un bourgogne, d'arriver jusqu'au dessert tellement on s'est déshabitués de repas copieux. Objectif atteint, semble-t-il.
De retour au lit, ayant achevé Lutz Bassmann, je me lance dans les premiers Volodine, gardés sous la main jusqu'à maintenant. Dès les premières pages, un tenace fumet de Lautréamont se dégage...

« Le professeur de brègne marchait lentement entre les rangs, déchirant par-ci par-là le doigt d'un insolent qu'il recrachait ensuite au hasard, comme un noyau de prune ou de cerise : cela provoquait l'hilarité malsaine des élèves, et une grimace dépitée sur les traits de la victime, qui n'osait pas montrer sa douleur.
Pour le reste, le professeur de brègne avait de longs et noirs cheveux, ondulés et dépeignés comme la course de la mort dans le goudron, et les yeux ocellés, terrifiants, qui regardaient partout à la fois. Il n'était pas de très grande taille, mais il était de proportions acceptables, surtout si on le compare à nous autres, monstrueux et loqueteux.
Je me rappelle aussi, évidemment, ce que j'étudiais sans cesse : son cou dont la peau était tendue, solide comme le dessus d'un tambour, ses veines battantes, sa nuque sans faille, si durement vissée à son corps...» (Antoine Volodine, Biographie comparée de Jorian Murgrave, Paris : Denoël, 1985, p. 35 dans la réédition Denöel de 2003)

Commentaires

1. Le samedi 5 juillet 2008 à 18:16, par F :

bravo pour la mise en page de tes flux, ça augure bien - tu as réussi beau détournement de l'outil!
de NY suis complètement paumé dans les heures : je vois venir les mises en ligne de Lignes de Fuite arriver en direct à 21h19 et aucune idée d'où tu en es - tu as transmis le bonjour à Toshihiro j'espère ?

2. Le samedi 5 juillet 2008 à 18:43, par Berlol :

Je comprends ton décalage. Tu as 13 heures de retard sur le Japon... Ici, c'est le matin, il fait déjà 30.
Merci de ton compliment ! Je me suis bien pris la tête, là-dessus... Oui, on a parlé de toi, hier soir. Je lui transmettrai ton bonjour.

3. Le samedi 5 juillet 2008 à 18:45, par christine :

pas beaucoup de mises à jour, F ! désolée ... la dernière à 0h59 de Paris ... beau billet sur le sony prs-505 : il est vraiment mieux que le cybook ?

4. Le samedi 5 juillet 2008 à 18:55, par F :

je ne peux pas trop comparer, Christine, faute d'avoir pu manipuler le CyBook en profondeur - mais te prêterai volontiers le Sony pour essai - rafraîchissement des pages plus rapide, bouton plus agréable, et meilleur affichage des PDF, plus grande facilité à prendre en charge rtf (ou même word direct sur PC) - là je me relis du Balzac et du Proust très surpris de l'équivalence livre

mais on sent bien que tout cela n'en est qu'à préhistoire - par contre vais probablement cesser mes conversions prc, et me concentrer sur l'apprentissage ePub

pour la mise à jour à 21h19 NY, c'était celle d'hier, et pas celle de l'Interlude, regardée aussi avec nostalgie amusée!

5. Le dimanche 6 juillet 2008 à 05:51, par brigetoun :

Christine on ne lit pas ce commentaire ! l'article sur le sony avait déjà un rien plombé ma matinée qui n'en avait pas totalement besoin

6. Le dimanche 6 juillet 2008 à 07:49, par christine :

lu quand même !
mais je plaide non-coupable, brigetoun : le sony même 1ère génération (celui de F est 2e génération) n'est toujours pas disponible en France, et aller à NY juste pour l'acheter est rien snob !
je sens que je ne vais pas tarder moi aussi à regretter d'avoir acheté un peu tôt mon cybook (qui lui aussi a été amélioré par bookeen, mais je ne crois pas qu'il soit prévu de remplacer les anciens modèles, malheureusement)
de toutes façons, ce dont j'aurais envie comme lecteur numérique c'est plutôt ce genre de jolie chose :
www.clubic.com/actualite-...
qui n'existe même pas à NY ni Tokyo

7. Le dimanche 6 juillet 2008 à 11:18, par pat :

Merci des compliments mais à vraie dire ce n'est que de la sincérité et un regard un peu lointain sur les choses. Les événements d'une vie font que le regard que nous portons sur elles, se différencie de celles d'hier. Et oui hier et aujourd'hui sont déjà une pensée différente. Comme tu le penses déjà, la philosophie est avant tout un état de pensée et non pas pensée dans l'état, surtout celui que nous avons actuellement. UMP Uniquement moi président. Il y a des initiales qui ne trompent pas. Et encore il doit y avoir mieux que ça. Je lance le défi humoristocritique, car sans l'humour la vie serait lugubre alors qu'un sourire change tout .
Sayonara (de mes souvenirs impromptue avec les fautes assumées)
à plus tard

8. Le dimanche 6 juillet 2008 à 17:53, par F :

désolé, Bridgetoun, et on continuera à faire des prc es-spéciaux pour les Bookeeneuses...
et d'accord avec cgat, le XO2 je ne sais quoi on l'achètera ensemble, à Aubervilliers ou n'importe où qui ne fasse pas snob (encore que, de Cannes à NY la grande crasseuse, je sais pas qui gagnerait le concours!)
ceci dit, au MET, quelle joie de retrouver les Gustave Le Gray en face Julia Cameron, et le gros catalogue BNF Sylvie Aubenas traduit in english (à 50 USD)
et vous vous consolerez vite : j'ai l'impression que le Sony sera vite dépassé à son tour par les prochains qui arriveront avec le wifi intégré - mais il me fallait un machin comme ça pour bosser enfin mes PDF en direct...
et je confirme que l'idée qu'ils ont eue de lire directement les fichiers word ça facilite quand même rudement l'emploi

9. Le lundi 7 juillet 2008 à 03:22, par christine :

les bookeeneuses peuvent tout de même lire des fichiers txt (depuis le temps que j'essaie de lire sur palm, clié, smartphone, j'ai pas mal de classiques et de fichiers perso dans ce format) ; des pdf adaptés au sony devraient être également lisibles sur cybook (je crois que leurs écrans sont de même taille ?) et le format pdf i-phone de publie.net passe bien
ps : "snob" était juste une taquinerie, et cannes est assez crasseuse aussi dès qu'on s'écarte de la croisette, et même si, comme à marseille, le décrassage est (malheureusement?) en cours

10. Le lundi 7 juillet 2008 à 04:20, par F :

alors tout va bien - et espérons que Bookeen offre à ses clients 1ère heure une mise à jour pour passer du txt au rtf !

et j'enverrai quelques fichiers pour test... une fois revenu !

11. Le mercredi 23 juillet 2008 à 11:05, par LMarg :

Merci pour le clin d' oeil sur Berlin, Berlol !



Dimanche 6 juillet 2008. On peut faire transiter n'importe quoi.

T. s'en va au temple à Akasaka pour un office et une conférence. Une amie française est avec elle, intéressée par un moine très ancien, peut-être fondateur du temple. Il sera aussi question de la forme de la ville à l'époque d'Edo, le fait que la mer et la zone côtière occupaient une grande partie du Tokyo d'aujourd'hui.
Je sors mon vélo, cette fois pour aller chercher de l'huile d'olive à Yamaya, seul magasin où je suppose que le litre soit encore à moins de 1000 ¥. J'ai choisi celui d'Aoyama-itchome plutôt que celui de Shinjuku, parce que c'est moins loin et parce qu'il y a moins de monde ; pour atteindre le Yamaya de Shinjuku il faut traverser la zone de la gare avec des quantités de piétons ingérables. Il fait chaud, mais pas trop, et le soleil est voilé. Des contrôles policiers quasiment à tous les carrefours. Chaque fois deux voitures au moins, parfois des motos, et quatre ou cinq agents tout équipés qui observent les véhicules en faisant mine de régler la circulation déjà hyper fluide (c'est dimanche en fin de matinée). Sur tout mon parcours (Ichigaya, Yotsuya, Akasaka, Aoyama-itchome, et retour), je ne vois aucune voiture arrêtée et effectivement contrôlée. C'est donc plus de la présence dissuasive que du contrôle réel. En effet, l'extra vierge italienne existe à Yamaya en deux litres à 1770 ¥ (11 €). J'en prends deux, une bouteille de bordeaux, des olives et quelques autres bricoles. Il faut que j'arrime sérieusement mon panier pour que ces cinq ou six kilos soient centrés, répartis, sans glissements ni chocs quand je roule, descends et remonte des trottoirs (les vélos n'ont pas droit à la chaussée, ici). La police a les yeux rivés sur les voitures ; en vélo, on peut faire transiter n'importe quoi. Ceci dit, on ne peut fabriquer aucune arme explosive avec de l'huile d'olive et du vin rouge.

Antoine Compagnon est enfin mouché ! Je me demandais jusqu'à quand son dandysme insolent et désastreux resterait sans réponse. Ses récents propos sur les sciences humaines entâchées de soviétisme en auront énervé plus d'un (et heureusement que Fabula conserve ce que Le Monde rend payant...). Qu'il soit utilisé par le pouvoir en contrepartie de postes poudroyants et de charges chatoyantes ne fait aucun doute à mes yeux (rencontré plusieurs fois, je ne l'ai jamais trouvé franc du collier, toujours fuyant ou hautain, avec moi comme avec les collègues japonais). Déjà que ses cours sur Proust n'ont guère convaincu... Sans parler du prosélytisme et du révisionnisme anti-moderniste dans chacune de ses interventions radiophoniques.
On voudrait s'en débarrasser en allant chez Carlo Ossola, écouter des conférences sur Butor, mais Compagnon est encore là, se défendant d'être d'accord avec Nisard (toujours pas démoli, kèss-tu fous, Éric !) pour finalement le suivre dans une « [...] littérature française continue, pétrie de littérature, à mon sens c'est l'une de ses grandeurs, qu'elle soit toujours épaisse de littérature [...] ».
Mieux vaut passer directement à Mireille Calle-Gruber, ou à Butor lui-même.
Ou lire François Bon sur son Sony Reader.

Commentaires

1. Le lundi 7 juillet 2008 à 05:45, par Manu :

Il paraît que les vélos auront droit à la chaussée bientôt, ou y seront même obligés.



Lundi 7 juillet 2008. Quelle réserve mal placée.

J'entends ce matin (aux infos d'hier soir) qu'il y a des réactions aux propos ignobles de Sarkozy sur les grèves maintenant invisibles en France. Ça met du temps ; on voit que c'est juillet. D'ailleurs, la France ferait bien de ne pas trop partir en vacances parce qu'elle risque de trouver tout changé à la rentrée, et dans le mauvais sens (droit du travail, université, école, justice, prisons, etc.). Ceci dit, ça ne fera qu'accélérer la montée de l'indignation et rapprocher le jour où Sarkozy se fera chasser — là, je rêve tout debout, j'en suis bien conscient.

Je passe toute la journée à la maison, à cause de tâches à finir, pour mes cours et mes examens, pour T. sur les mazarinades, pour Litor (et je poste au sujet des Flux Litor).

Une seconde dans les infos :
Prix du G8 en hausse. Cent millions de plus que l'an dernier : 361 millions d'euros (608 億円, 60,8 milliards de yens), ce qui fait environ... 500 yens par habitant du Japon, moins de 3 euros. Comme quoi, les gros nombres, hein...

Suite de ce que j'écrivais vendredi sur le 14 Juillet.
Dans la mesure où je suis un quidam à l'étranger et où le Conseiller à l'assemblée des Français de l'Étranger, Francis Nizet, m'envoie comme à tous copie de trois lettres envoyées respectivement au ministre Kouchner le 6 mai, au président Sarkozy le 20 juin, et aux chefs de postes le 6 juillet, je ne vois pas quelle réserve mal placée m'empêcherait de les publier afin que d'autres compatriotes voient en quelle estime on nous tient. Je pourrais aussi rechercher la profession de foi du candidat Sarkozy pour vous montrer son haut verbe et ses belles promesses...
De toute façon, ce sera sans moi.


Francis NIZET
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger
Membre élu pour l’Asie du Nord Pékin, le 6 mai 2008
Bernard KOUCHNER
Ministre des Affaires Etrangères et Européennes
37 Quai d’Orsay
75007 Paris
Objet : « Touchez pas à mon quatorze juillet »
Monsieur le Ministre,
Monsieur le Président de l’Assemblée des Français de l’Etranger,
C’est sur un ton quelque peu badin que je rebondis sur les courriers que viennent de vous adresser mes collègues Robert Denis Del Picchia, Sénateur des Français établis hors de France, et Joël Doglioni, Conseiller élu à l’Assemblée des Français de l’Etranger pour la zone Andine. Tous deux réagissaient à l’annonce que nous ont confiée les Chefs de poste de nos circonscriptions respectives d’une forte réduction des moyens mis à leur disposition par le Département pour organiser à l’étranger la traditionnelle réception du 14 juillet.
Qu’il faille réaliser des économies, y compris dans le cadre de notre action extérieure, dans le contexte budgétaire délicat qu’est celui de la France aujourd’hui, nul n’en conteste la nécessité. Mais le choix de toucher, pour de relatives menues économies, à cette célébration républicaine me paraît particulièrement mal venu.
- En effet, la fête du 14 juillet, fête populaire par essence, est à l’étranger la seule véritable occasion de l’année pour l’ensemble de la communauté française de se retrouver et de croiser le personnel diplomatique et consulaire. La consigne donnée aux postes de trier sur le volet les invités et de ne garder pour les ripailles que les personnalités les plus « représentatives » risque en effet d’être extrêmement mal vécue par tous ceux, sans culottes ou pas, qui resteront aux grilles du château. Il ne leur restera peut-être plus alors qu’à regagner leur chaumière pour regarder, par la petite lucarne de TV5 si jamais ils reçoivent cette chaîne, le défilé militaire sur les Champs. Piètre façon pour eux de célébrer leur Fête Nationale.
- De plus, cette mesure va à contre-courant de l’attention particulière portée par le Président de la République au sort des Français de l’étranger qu’il ne manque pas, au cours de ses voyages, de rencontrer lors de réceptions ouvertes à tous et pour lesquels il a tenu à appliquer ou à initier de façon scrupuleuse ses deux promesses de campagne à savoir la prise en charge des frais de scolarité et leur représentation politique à l’Assemblée Nationale. Comment ces Français comprendraient-ils alors qu’on veuille les priver de leur unique rendez-vous annuel de convivialité et de communion républicaine ? Un bien sale coup donné en fait aux « Equipes France » à l’étranger.
- Mais encore, à l’heure où la politique d’influence est le bon mot de notre diplomatie, il serait un peu décalé de démontrer à nos partenaires et amis de tout pays, dont les élites très francophiles sont toujours les hôtes de cette réception, que le pays de la triade Liberté, Egalité, Fraternité n’a plus les moyens de fêter cette journée de la Liberté en toute Egalité et Fraternité !
Notre pays peine déjà, faute de moyens et en de nombreux endroits, à maintenir ou à construire ses ambassades et ses écoles et nous n’aurions donc même plus aux yeux de nos partenaires le loisir de fêter la République une fois l’an ! France Eternelle, qu’es-tu donc devenue ?
J’ai donc l’honneur, Monsieur le Ministre, de solliciter votre bienveillance pour que soit revue cette décision qui pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, me semble mal tombée.
Les Français de l’Etranger ont en tout domaine moins de droits que leurs compatriotes de l’Hexagone ; ils se reconnaissent pourtant tous le devoir d’être les meilleurs ambassadeurs de leur pays à l’étranger. Ils ont droit à leur 14 juillet, on ne doit pas leur retirer. Parce qu’ils sont attachés à leur devoir de réserve à l’étranger et parce qu’ils n’ont pas la possibilité de battre le pavé Place de la Bastille, ils ne viendront pas au Quai d’Orsay vous réclamer « le boulanger, la boulangère et le petit mitron ». Ils veulent simplement, ce jour là, qu’on leur laisse le pain, le fromage et le bon vin pour célébrer, comme à l’habitude, leur République. Qu’ils soient ainsi
entendus !
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, d’agréer l’expression de ma très haute
considération.
Francis NIZET


Monsieur Francis NIZET
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger
Membre élu pour la Circonscription d’Asie du Nord en résidence à Pékin
Pékin, le 20 juin 2008
Monsieur le Président de la République
Palais de l’Elysée
55, rue du Faubourg Saint Honoré
75008 Paris

Monsieur le Président,
J’ai l’honneur d’attirer votre bienveillante attention sur la préparation des célébrations du 14 juillet à l’étranger.
En effet, en février une circulaire du Ministre des Affaires étrangères et européennes invitait les postes à réduire l’enveloppe allouée à la célébration de notre fête nationale. Au lieu de la célébration républicaine et ouverte à tous, la manifestation devait être réduite aux élus, aux représentants des associations françaises et à certaines personnalités.
Cette décision avait créé un vif émoi parmi les élus, toutes sensibilités confondues, des Français établis hors de France, aussi bien au Sénat qu’à l’Assemblée des Français de l’Etranger. Cet émoi relayait la consternation et le désarroi unanime de nos compatriotes comprenant mal qu’on veuille les priver, pour la plupart, de la seule occasion annuelle de se retrouver et de fêter ce grand rendez-vous républicain.
Monsieur le Président, vous savez à quel point cette manifestation importe à nos compatriotes résidant à l’étranger.
A la suite de très nombreuses interventions en séance et de très nombreux courriers adressés par les élus au Ministre des Affaires étrangères et européennes, nous avons pu acquérir l’assurance qu’il ne s’agissait là que d’une décision un peu hâtive et qu’une autre circulaire rectificative serait envoyée aux postes, leur demandant de conserver le format des années précédentes.
Le Ministre des Affaires étrangères et européennes a bien voulu répondre le 26 mai dernier au courrier que je lui adressais à ce sujet et que je vous joins. Il m’indiquait « qu’il n’avait jamais été question de ne plus inviter la communauté française aux réceptions du 14
juillet » et que « Notre fête nationale est un moment privilégié…et qu’elle revêt sans doute chez nous une importance symbolique qu’elle n’a pas chez nos principaux partenaires ».
Or, la circulaire rectificative n’est jamais parvenue aux postes, lesquels, en l’absence de nouvelles consignes, se préparent à organiser une célébration a minima. Cette restriction sera, sans nul doute, extrêmement mal perçue.
Les Français de l’étranger sont bien sûr prêts à comprendre que des restrictions budgétaires soient nécessaires et à participer à l’effort national sur ce plan. Ils sont prêts à accepter dans l’urgence de ce 14 juillet prochain que le buffet soit moins garni et à s’organiser pour lever les fonds manquants avec le relais des élus, des associations, des chambres de commerce et de tous les acteurs présents sur place.
Monsieur le Président, vous avez su, en une seule année, initier des réformes fondamentales en faveur des Français établis hors de France.
Nous savons votre engagement, et votre détermination à réaliser les ambitions que vous avez pour nous, et pour la France. A chacun de vos déplacements, vous les réaffirmez : scolarité gratuite et représentation dans les deux chambres du Parlement. Vous nous avez convaincus que les Français établis hors de France ne seront oubliés ou écartés de la vie française. Vous nous avez convaincus de notre rôle dans la promotion économique, diplomatique et culturelle de notre pays au-delà de ses frontières.
Lors de votre visite à Pékin, en novembre dernier, près de deux mille Français étaient venus à votre rencontre. Votre discours a été ovationné et s’est clos par une Marseillaise bruyamment reprise par une foule enthousiaste.
Pour le 14 juillet, les Français de Pékin, comme ceux d’Alger, de Manille ou d’ailleurs veulent pouvoir chanter leur hymne national, réunis et rassemblés dans la maison de la France, une France qui leur est si chère même - et surtout - au bout du monde.
Monsieur le Président, j’ai l’honneur de solliciter votre haute bienveillance pour que la célébration de la fête du 14 juillet reste à l’étranger celle de tous les Français.
En vous assurant de ma très grande reconnaissance pour l’attention que vous voudrez bien porter à cette demande, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.
Francis NIZET

Francis NIZET
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger
Membre élu pour l’Asie du Nord Pékin, le 6 juillet 2008
Monsieur l’Ambassadeur de France en République Populaire de Chine,
Monsieur l’Ambassadeur de France en République de Corée du Sud,
Monsieur l’Ambassadeur de France au Japon,
Monsieur l’Ambassadeur de France en Mongolie,
Monsieur le Directeur de l’Institut Français à Taipei,
Messieurs les Consuls Généraux de France à Canton, Chengdu, Hong Kong, Osaka-Kobe, Shanghai, Shenyang et Wuhan,
(par ordre alphabétique)
Dans une semaine aura lieu la célébration du 14 juillet dans les postes diplomatiques et consulaires d’Asie du Nord. En de nombreux endroits, les ressortissants français ont découvert, découvrent ou vont découvrir que la traditionnelle réception organisée à l’occasion de la fête nationale a changé de format. Autrefois, ouverte à tous les résidents et parfois même aux français de passage (dans la limite évidemment des capacités d’accueil de nos « Maisons de la France » et des tolérances particulières en termes de rassemblement), cette cérémonie cette année n’est ouverte en certains lieux, qu’à certains et pas à d’autres. De très nombreux français nous font part de leur frustration et de leur désappointement.
Une calamiteuse circulaire du Département vous invitait en effet en février à réduire de façon substantielle le budget alloué à cette réception. S’en est suivi une levée de boucliers de nos Sénateurs des Français établis hors de France et des élus de l’Assemblée des Français de l’Etranger, toutes sensibilités confondues, pour dénoncer, le mot n’est pas trop fort, ces économies jugées « mal placées ». Non pas que les Français de l’étranger ne soient pas disposés à participer à l’effort national de réduction de la dépense publique, mais parce qu’ils estiment cette mesure inopportune au regard d’autres largesses du Ministère comme par exemple celle de l’augmentation, à hauteur de 40 % en 7 ans, des contributions aux organisations internationales, rapportée avec inquiétude le 2 juillet dernier lors de l’examen en commission des finances du Sénat du projet de loi de règlement pour 2007.
L’instruction donnée au Directeur de Cabinet par le Ministre des Affaires Etrangères à l’occasion du débat sur la politique étrangère de la France le 14 mai n’a pas été suivie des faits et pour des raisons de lenteurs administratives aucune circulaire rectificative n’a été envoyée dans les postes. Dans de nombreux endroits cependant, les chefs de poste ont anticipé et ont pu, en faisant appel au mécénat, compenser ces réductions et offrir aux français de leur ressort le même évènement que l’année passée. Qu’ils en soient grandement remerciés!
En d’autres endroits il est malheureusement trop tard pour rectifier le tir pour cette année. J’ai saisi le collège des Vice-présidents de l’Assemblée des Français de l’Etranger pour que la question de la célébration du 14 juillet à l’étranger soit évoquée en session plénière de septembre et que le Ministre des Affaires Etrangères, Président de l’Assemblée des Français de l’Etranger, puisse être interpellé en séance inaugurale à ce sujet et qu’un comité ad hoc se saisisse de cette question à l’Assemblée. D’autre part, vous trouverez ci-joint mon courrier remis au Président de la République ainsi qu’à son Conseiller pour les Français de l’Etranger, lui faisant part du désappointement des Français de l’Etranger.
Dans notre circonscription, il me semble opportun, si cette proposition reçoit votre insigne assentiment, qu’un « comité républicain du 14 juillet » soit formé en chaque poste et regroupant les représentants des associations, les élus, les administrateurs des chambres de commerce et toute autre personne « intéressée » pour que la fête nationale qui sera célébrée en 2009 redevienne un évènement gratuit et ouvert à tous, s’il ne l’est plus en 2008. Les Français d’Asie du Nord s’associent en leur grande majorité à moi pour appuyer cette demande. Il ne fait d’ailleurs aucun doute que le Ministère sera revenu à de meilleurs sentiments l’année prochaine. Je sais par ailleurs que vous savez voir en cet émoi partagé par de nombreux compatriotes et la quasi-totalité de leurs élus non un caprice d’enfants privés d’une bonne occasion de se « rincer » aux frais de la Nation mais plutôt le désir ardent de citoyens « d’Outre Frontière » de préserver l’unique opportunité de se rassembler et de célébrer leur République.
Je vous prie d’agréer, Messieurs les Ambassadeurs, Messieurs les Consuls Généraux, Monsieur le Directeur de l’Institut Français, l’expression de ma très haute considération.

Commentaires

1. Le mardi 8 juillet 2008 à 03:41, par brigetoun :

pour le début, vu d'ici et en suivant ce qui se discute à l'assemblée (enfin - honte - moins depuis le 5) je dirais qu'il ne faut pas réagir aux provocations du bonhomme qui sont là pour donner de la copie aux journalistes, leur permettre des effets de plume et de scruter leur conscience, et évite que l"on parle des lois en cours de discussion (aucune allusion alors que le temps légal de travail va devenir virtuel)



Mardi 8 juillet 2008. Impossible d'en sortir, c'est à sombrer folle.

Surprise, dans le shinkansen, ce matin, d'entendre un message légèrement différent dans les hauts-parleurs, deux ou trois mots que je ne me souviens pas avoir entendu précédemment sur des espaces fumeur dans le wagon 3, et non le wagon 3 tout entier. Plus tard, revenant des toilettes, je vérifie et en effet, le wagon 3 n'est pas plongé dans le brouillard cancérigène de la clope, tandis que quelques mètres de wagon ont été transformés en cabines vitrées, une de chaque côté du couloir, chacune pouvant accueillir trois fumeurs, voire quatre qui se serrent comme des sardines et dont la fumée est extraite par le plafond. C'est dehors, en revanche qu'il y a du brouillard, comme celui de Hokkaido où patauge le G8, au moins jusqu'à Shizuoka. Après, comme c'est souvent le cas, le temps change, on sort de la zone de turbulence du Mont Fuji et le ciel se dégage. À Nagoya, quelques gouttes sans suite et pour le reste : une journée humide et tiède. En moins d'une semaine, la chaleur s'est installée. L'ambiance estivale gagne les esprits, nos étudiants maintenant tournés vers les examens de la fin du mois, cherchant des preuves de leur niveau, maîtrisant à peu près le présent et le passé composé, leur esprit maintenant tourmenté par les partitifs et, pour les calmer, la seule méthode efficace devant le large et merveilleux choix des déterminants du nom en français — la méthode à Berlol — se forcer à produire en soi, comme sur un écran vidéo intégré, les images différenciées de ce qu'on peut dire pour pouvoir choisir ce qui convient. Ainsi « dans mes courses, il y a du poulet », « dans mes courses, il y a un poulet » et « dans mes courses, il y a des poulets » ; avec cette dernière phrase, voir l'incongruité comique d'oiseaux à plume sautillant dans une caisse grillagée, pour un qui vivrait à la ferme et renouvellerait sa basse-cour ; avec la première phrase, le quoditien japonais, ou français, ou international, de petits morceaux prédécoupés et prêts à cuisiner, vendus en supermarché sans qu'on ait à voir la bête ; avec la deuxième enfin, ce qui serait agréable pour un Français allant au marché et ramenant un poulet entier, déjà rôti dans son paquet étanche et tiède où la sauce a été généreusement ajoutée ou à embrocher soi-même dans un four domestique dont mes étudiants n'ont même pas idée, la plupart des familles japonaises ne disposant que d'un petit four de 15 cm sur 10 où se serrent difficilement trois sardines, voire quatre comme les fumeurs du wagon 3.
Et toujours pas de ping-pong après les cours ; David est à deux doigts du tarmac...

Je réécoute le Surpris par la nuit du 26 juin mais oui, c'est bien ça ! Plongé dans un univers sonore très réussi, une connexion s'effectue. Vérifiez ! Hugues Jallon dans sa Zone de combat (pas encore lu) se révèle proche à la fois du Philippe Vasset d'Un livre blanc (et d'Un Site blanc) ou de Carte muette et des espaces volodiniens qui me hantent quotidiennement. Chacun dans sa spécificité d'écriture, la question n'est pas là.

J'ai encore contaminé quelqu'un, une amie à qui j'avais laissé voir mon addiction en mai et qui m'écrit : « impossible désormais de quitter le monde de Volodine, impossible d'en sortir, c'est à sombrer folle.»

Nouvelle plongée dans Netvibes jusqu'à pas d'heure. Réforme du design, mais aussi pour comprendre le système d'amis et de recommandation d'articles qui pourrait être encore plus utile si on arrivait à l'afficher dans une boîte (mais je n'y suis pas parvenu, ça reste enfermé dans les Activités). Attention, chers lecteurs, bien comprendre que les Flux Litor ne sont pas ma page Netvibes. Il s'agit d'une sélection effectuée dans l'esprit d'Hubert de Phalèse, visant à promouvoir l'équipe de recherche et à moderniser la communication de la liste Litor. Veuillez en tenir compte dans vos intitulés, merci.

[Mercredi matin : ai trouvé ! il faut aller dans Activités / Browse all activities / moi / flux RSS, le copier et l'insérer en nouveau flux...]


Mercredi 9 juillet 208. Comme on dit rhum arrangé...

N'en croient pas leurs oreilles, les étudiants !
En fait, c'est bien le défaut du système d'éducation, ici : toute confiance donnée à l'écrit et au sens, et l'ouïe considérée comme accessoire, prothèse presque. Or, pour des deuxième année, des expressions comme « treize à la douzaine » ou « il s'est mis sur son trente-et-un » sont incompréhensibles. Il faut d'abord capturer le son, grâce à la transcription phonétique, sans essayer de comprendre, comme si c'était du finnois ou du géorgien, et après, une fois qu'on l'a devant soi, on essaie d'en faire du français... Et ça marche. Et après, on explique, l'œuf gratuit et le jour de la paye, et pourquoi on utilise encore ces expressions.
On passe ensuite à un tableau de l'INSEE sur la consommation de produits courants en France depuis les années 1970. Comment ça se lit ? Et qu'est-ce qu'on en fait ? Comment on répond à des questions comme : quelle est l'évolution de la consommation du pain ? ou Comparer les évolution de consommation du lait et des yaourts. Là aussi, ne pas se contenter de répéter les chiffres, essayer de faire un graphique, puis d'aller jusqu'à l'image, comme le ferait un journaliste, par exemple en indiquant combien ça fait par semaine (le tout en français, évidemment).
Problème pour la semaine prochaine :
« En 1970, le pain coûtait 3 F/kg pour un salaire moyen de 3000 F/mois, en 2006, il coûte 3 €/kg pour un salaire moyen de 1200 €/mois. Quelle est la part du pain dans la dépense annuelle ? (Avec 1 € = 6,56 F) »

Après une minuscule réunion de vingt minutes, sans déjeuner, je retourne à mon tour des blogs littéraires. Y'en a même qui sont pas encore des blogs... Et c'est pas faute de leur avoir dit... Mais voilà, un choix d'artisanat, semble-t-il. Tout faire à la main... Cet été, JCB semble vouloir nous livrer en feuilleton son autobiographie arrangée (comme on dit rhum arrangé...) :

« François Bon a 18 ans. Il vient d'avoir son bac à Poitiers et pompiste l'été, vient de passer une année à préparer son entrée à l'École Nationale Supérieure d'Arts et Métiers pour devenir ingénieur. Il lit les surréalistes et Brecht, milite contre l'Amérique et la guerre du Vietnam.
Je ne le connais pas. J'ai 22 ans. Nous sommes le 16 juillet 1971. C'est la première fois de ma vie que je marche dans les rues de New York.»
(Jean-Claude Bourdais dans son journal d'hier, avec photos, voir aussi la veille à Iquitos)

Et ça ! Si c'est pas du post-exotisme, hein !...

« C'est l'histoire longue et obscure du gamin et du faucon…
Tout le monde ayant été décervelé depuis bien longtemps, note bien qu’elle ne subsiste plus guère que sous la forme d'une note de douze lignes en bas de page d'une thèse de doctorat intitulée Modèle culturel et habitat naturel des faiseurs de paniers, une somme assez volumineuse, bâclée en quatre mois, quelques dizaines de bouteilles de Ouiski et un infarctus, par un employé de bibliothèque pour le compte d'un jeune renard gris qui devint beaucoup plus tard le directeur du célèbre Journal d'Ethnologie Continentale avant de sombrer, comme tout le monde dans le trafic et la prévarication…»
(Jean-François Paillard, L'Écho des rescapés, épisode 1, livré en « feuilleton de l'été »...)

Enfin, après une diète prolongée, j'ai droit à un dîner au Tiger Café de Sakae avec Sophie et Andreas, sorti pour quelques heures de sa rédaction de PhD. Il sera beaucoup question de cinéma, et des films qu'on préfère. The Big Lebowski, Blade Runner, Meurtre dans un jardin anglais, le Troisième Homme, Kill Bill. Entre deux bouchées d'une excellente ratatouille, même si pas faite du tout comme la mienne, pas facile de choisir. Il faudrait des heures pour qu'assez de souvenirs me reviennent... Étrangement, aucun film français n'est cité. Je crois qu'on parlait surtout de distraction.

Commentaires

1. Le jeudi 10 juillet 2008 à 01:13, par jfp :

Merci de t'intéresser à ce bricolage... Comme tu l'écris, c'est du fait main... réalisé au fur et à mesure et je ne sais pas bien où je vais... peut-être vais-je finalement tomber dans un trou?... j'espère que les vidéos, qui correspondent aux textes, sont lisibles par le plus grand nombre... pour ceux qui ont raté le début, voire tout simplement www.territoire3.org ... Le texte a été écrit (puis réécrit) il y a bien longtemps... à l'époque où les vétérans du vietnam étaient trentenaires... O tempus edax !



Jeudi 10 juillet 2008. Géantes pleines de gelée verte.

Jeudi des jeudis, s'il en est.
Succession ininterrompue de cours, de préparations, de notes postérieures, de courriers, avec des étudiants sur les dents, avides d'en arriver aux examens — et même pas le temps de déjeuner. À peine un quart d'heure de France Info, mais n'en jetez plus, les nouvelles sont atroces (Sarko à Pékin, réformes en cours, etc.).
Dans le calme de la soirée, j'atteins enfin une forme acceptable pour Les Flux Litor, leur lisibilité. J'ai finalement opté pour des boîtes ouvertes et contournées, sinon l'usager était contraint d'ouvrir lui-même chaque titre, d'ailleurs inutilement si le flux n'a pas été alimenté depuis son dernier passage. Le module des recommandations ne s'actualise pas tout de suite ; il faut parfois plus de dix heures pour que les ajouts apparaissent !... — ça laisse perplexe.
À la télévision, avec mon omelette au jambon, un film très amusant — surtout depuis que je suis copain avec les araignées, vu que c'est elles qui vont nous succéder dans cinq cent mille ans... Arac Attack (Eight Legged Freaks, 2002), et une Scarlett Johansson toute jeune, pas encore au premier plan, occupé bien sûr par les sauteuses géantes pleines de gelée verte... Déstressant joyeux — on n'y croit pas une minute.

Quant au texte qui suit, je le mets là pour le conserver, ayant un cours sur Modiano cet automne.

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Patrick Modiano sur la piste d'une étoile
par Jean-Claude Lamy, Le Figaro, le 10/07/2008.

En mars 1968, paraît le roman d'un tout jeune homme qui trouve d'emblée un ton en jonglant avec des souvenirs qui ne sont les siens que dans ses rêves douloureux.
À travers les vies imaginaires d'un certain Raphaël Schlemilovitch, Patrick Modiano escamote la réalité pour la transformer en un théâtre d'ombres. Dans Le Figaro Littéraire, Robert Kanters s'emballe : « Il y a là le drame d'un jeune homme cultivé et doué avec toutes les contradictions, tous les mensonges de notre temps et de notre culture dont l'antisémitisme arrogant ou hypocrite n'est qu'une image particulièrement horrible. Je crois que non seulement il faut écouter le cri que pousse La Place de l'Étoile, mais qu'il faudra lire les prochains livres de M. Modiano. »
En exergue du livre, une histoire juive : « Au mois de juin 1942, un officier allemand s'avance vers un jeune homme et lui dit : “Pardon, monsieur, où se trouve la place de l'Étoile ?” Le jeune homme désigne le côté gauche de sa poitrine. » Patrick Modiano a fait de ce jeune homme son jumeau de cœur. Un double romanesque qui devient son meilleur ami comme l'a été son frère Rudy, mort dans un accident de voiture à l'âge de dix ans et à qui La Place de l'Étoile est dédiée.
La préface est de Jean Cau, excusez du peu. L'ancien secrétaire de Sartre, Prix Goncourt en 1961 pour La Pitié de Dieu (Gallimard), figure intellectuelle de l'époque, est un ami de Luisa Colpyn, la mère de Modiano. « En vérité, je vous le dis, écrit Cau, un sacré livre et une dure épreuve (…). En vérité, la voix unique d'un écrivain de vingt ans qui ouvre d'une poussée les lourdes portes de la littérature. » Voilà pour le baptême littéraire. Le jeune écrivain bénéficie également du soutien de Raymond Queneau, l'un des caciques de la NRF, chez qui sa mère déjeune régulièrement en compagnie de son fils. Après le repas, l'auteur de Zazie dans le métro lui donne des leçons de mathématiques ! « Raymond Queneau avait la gentillesse de me recevoir le samedi. Souvent, au début de l'après-midi, de Neuilly nous revenions tous deux sur la rive gauche », racontera Modiano dans Un pedigree. Il révèle aussi : « J'avais falsifié ma date de naissance sur mon passeport pour avoir l'âge de la majorité, transformant 1945 en 1943. »

Un manuscrit recueilli par Queneau

Patrick Modiano est né le 30 juillet 1945, à Boulogne-Billancourt, 11, allée Marguerite, « d'un Juif et d'une Flamande qui s'étaient connus à Paris sous l'Occupation », selon ses propres termes. C'est une information capitale en ce qui concerne la publication de son premier roman qu'il a écrit dans un vaste et bel appartement du quai Conti. De sa chambre, il voit couler la Seine entre le Louvre et l'île du Vert-Galant. Emballé par le manuscrit, Jean Cau ne pense pas d'abord à Gallimard, sa maison d'édition, mais au Seuil où la collection « Écrire », créée par Jean Cayrol, accueille les talents prometteurs Sollers y publia son premier roman, Une curieuse solitude. C'est ainsi que Claude Durand, successeur de Cayrol pour la collection, reçoit un appel téléphonique de Jean Cau : « J'aimerais vous envoyer le livre du fils d'une amie. »
Aujourd'hui PDG de Fayard, Claude Durand se souvient d'avoir lu très rapidement La Place de l'Étoile. « J'étais enthousiaste. Après avoir obtenu l'accord de Paul Flamand qui dirigeait le Seuil, j'ai fait signer un contrat à Modiano. Quelques jours plus tard, celui-ci est revenu très embêté. “Ma mère, me dit-il, a passé le manuscrit à Queneau qui le veut. Comme je ne suis pas majeur, elle a signé avec Gallimard.” J'étais tellement déçu que je ne lui ai pas demandé son âge. » À l'époque, la majorité est à vingt et un ans. En 1967, lorsque le manuscrit est accepté, Patrick Modiano a presque vingt-deux ans. En toute logique, son livre aurait dû paraître au Seuil. Sa sortie chez Gallimard est reportée en 1968 pour éviter une polémique après la guerre des Six-Jours. Dans le roman, en effet, Israël n'est pas ménagé. Si Gallimard a demandé à Jean Cau une préface, c'est probablement pour désamorcer un possible scandale.

Un chèque et une médaille

« Je pense, dit aujourd'hui Claude Durand, qu'il a préféré la classique couverture NRF à liséré rouge et noir à cette collection “Écrire“ » réservée aux débutants. »
Plus tard, Modiano publiera trois livres au Seuil par amitié pour Jean-Marc Roberts, alors conseiller littéraire et membre du comité éditorial de la maison. « Il avait voulu me rencontrer après la sortie de mon premier roman Samedi, dimanche et fêtes qui reçut le prix Fénéon. Ma mère était comédienne comme la sienne. Elles se sont croisées sur le tournage de Sex Shop, un film de Claude Berri », explique celui qui dirige aujourd'hui les éditions Stock.
En 1968, La Place de l'Étoile obtiendra à son tour le prix Fénéon, puis le prix Roger-Nimier. Bernard Pivot est le premier journaliste à lui écrire son enthousiasme. Dans son Journal, Jacques Brenner note qu'il a déjeuné, en mai 1968, avec Patrick Modiano. Celui-ci n'est pas intéressé par les événements : « Des barricades, cela n'a de sens que si l'on s'y bat avec des balles et non avec des pierres et des matraques. »
En novembre 2002, couronné par le jury du prix Jean-Monnet, dans le cadre du Salon de la littérature européenne de Cognac, Patrick Modiano demande à son éditeur que je le représente. On me remet une médaille et un chèque. Ce soir-là, devant un public qu'il ne veut pas affronter, j'ai pris la place de l'auteur de La Place de l'Étoile…


Vendredi 11 juillet 2008. La foire au chiffre que ça deviendra.

Au sport avec Vue sur l'ossuaire que j'ai pris vite fait sur un rayonnage du bureau, me demandant si je l'avais déjà lu ou pas. Les premières pages m'ont paru nouvelles, ne rien rappeler à ma mémoire, puis la situation de Maria Samarkande s'est précisée et avant de me rappeler la suite du récit, je me suis souvenu d'être en train de lire ce livre dans un train allant ou revenant de l'aéroport de Narita. C'était en janvier 2007. Je ne me suis pas arrêté de pédaler et j'ai relu plus de quarante pages avec grand bonheur.
D'ailleurs, j'ai voté pour Des Anges mineurs au Livre sur la Place de Nancy.

Rangement d'un meuble dans lequel je retrouve tout un tas d'articles sur des auteurs dits du Nouveau Roman, autres que Claude Simon dont les éléments bibliographiques sont déjà strictement rangés. Joie de relire ces articles, certains datant des années 1950, écrits dans la fougue journalistique des nouvelles propositions littéraires — sans rien connaître ni des chocs pétroliers, ni des délocalisations, ni des guerres bushiques, sans imaginer la foire au chiffre que ça deviendra, le livre.

« Je connaissais bien Robbe-Grillet. J'avais vu Beckett arriver, puis Butor. Je savais que ces hommes venaient d'horizons différents, et suivaient des logiques différentes. Entre ces trois-là, il n'existait aucune ligne théorique. Leur présence conjointe formait une de ces équations propre à la littérature, qui connaissent un certain point d'équilibre, puis basculent et doivent se reconstruire autrement. Il y avait des problèmes d'écriture, des problèmes de construction romanesque, une conscience très vive des ambiguïtés de l'époque. D'autres encore, à Minuit, ou chez Paulhan, Privat, Julliard, etc., participaient à cette équation invisible. qu'on en tire une théorie, si l'on veut : elle ne s'applique au mieux qu'à trois ou quatre années de production.
Il suffit qu'un nouveau venu réussisse un livre, quel qu'il soit (
le Vent de Claude Simon, en 1957 ; le Procès-verbal de Le Clézio, en 1963, par exemple), pour que les cartes soient à nouveau redistribuées, dirigeant autrement la partie. Et la littérature. Après quoi les théoriciens de l'équation brusquement défunte traînent la savate vingt-cinq ans durant, pendant que les « crises » du roman, et les solutions répétées à cette « crise », se poursuivent sans eux. Quand il publie en 1971 Pour une Théorie du nouveau roman, Ricardou s'installe dans une chapelle vide : même Robbe-Grillet a pris le large.
C'était d'ailleurs quelqu'un de très intéressant, Robbe-Grillet. À l'époque des
Gommes, nous déjeunions chaque semaine ensemble. Nous parlions de ce qu'il faisait. Il avait une manière très originale de concevoir les intrigues, les descriptions et surtout l'écriture. Il parlait assez peu des problèmes de construction, de montage, qui l'occupèrent beaucoup dans la suite. Il évoquait encore moins ses futures théories. Je trouvais, pour ma part, son style très prenant, très classique. Je me demande s'il n'est pas un classique contrarié.» (Georges Lambrichs, Entretien avec Jean-Maurice de Montremy [les 4, 8 et 15 avril 1991], La Nouvelle Revue Française, n°473, Juin 1992, p. 74-75)

Ne se trouve apparemment pas dans la pourtant remarquable bibliographie robbe-grilletienne, sur le site réalisé par Christian Milat à l'université d'Ottawa.