Vendredi 1er septembre 2006. On a été
débordés, je vous cache pas que.
10h50, appel du service Bagages de British Airways
pour me proposer livraison de valise entre 16h et 20h. Voix jeune,
ne s'excuse pas, boulot boulot, reconnaît juste qu'on a été
débordés, je vous cache pas que, et donc pas répondu
au téléphone... Pas la peine d'insister. On verra après.
En tout cas... Youpi ! (Sauf que ça me bloque l'aprem.)
Faut que je sorte, morbleu ! Mes pas me portent sur la montagne Sainte-Geneviève. Festival de nuages au-dessus du Panthéon. Et la chaleur...
Déjeuner aux Fontaines, rue Soufflot. Seul.
Une carte avec des choses qui sortent de l'ordinaire, comme ce succulent
fondant d'artichaut au foie gras. Après, un tartare classique,
c'est comme ça qu'ils l'appellent sur la carte, et il est classique,
et bon. Et des frites qui, là, malheureusement, ne sont pas des frites
mais des quartiers de pommes de terre frits (la frite doit être peu
épaisse pour que l'intérieur et l'extérieur soient
à peu près à la même température ; si
on coupe gros, l'intérieur reste longtemps très chaud, et
c'est un peu comme de la purée...).Caniculaire voyage en deux bus pour arriver au Jeu de Paume, musée où je vais voir l'exposition de photographies de Cindy Sherman. L'unité de mesure, dans le travail de CS, c'est vraiment la série. Son principe, c'est l'utilisation de soi pour des mises en scène photographiques dans lesquelles réside toujours une part plus ou moins grande d'humour, d'exhibitionnisme et de détournement d'un modèle ou d'un stéréotype (cinéma, peinture, scène de crime, pornographie, etc.). Forcément, ça m'a fait souvenir de Claude Cahun.
Retour rapide pour être à la maison
à 16 heures et attendre la valise... qui arrive un peu avant
19 heures. Apparemment en bon état. Mais... tiens... une roue
pétée. Enfin, pas la roue elle-même mais le socle
de la valise, fendu sur une vingtaine de centimètres en suivant
le contour de la base de la roue... Quand on appuie, ça baille
un peu... J'ouvre avec ma clé. La serrure n'a pas été
abimée ni forcée... Tout est là, bien rangé,
mais... trempé ! Pas à tordre, pas dégoulinant,
mais imbibé. Maillots, T-shirts et chemises sont un peu comme des
éponges. Un costume, un polo et un pull sont humides mais avec des
taches de moisissure. C'est-à-dire depuis plusieurs jours dans
cet état d'humidité (T. me confirmera plus tard qu'elle
a lu quasiment la même description de contenu imbibé sur
un blog d'un voyageur japonais). Bon, allez, une machine à laver
de tout ce qui peut l'être. Photos de moisissures et du socle fendu.
Des pièces à conviction pour le dossier, puisqu'il va falloir
en faire un. Demain matin, le reste ira chez le teinturier. Je n'ai que
deux chemises et une laine polaire d'utilisable...Voilà, fin de la première semaine de mes vacances. Demain sera un autre jour. Commentaires1. Le vendredi 1 septembre 2006 à 09:59, par caroline : Bravo ! 2. Le vendredi 1 septembre 2006 à 17:15, par dino : md, 10 années : 3. Le samedi 2 septembre 2006 à 04:36, par cg : ouf ! titiller du contentieux a finalement été efficace ! 4. Le samedi 2 septembre 2006 à 09:18, par brigetoun : mais vous vous consolez avec des pauses restaurants ou cafés de belle
engeance. 5. Le samedi 2 septembre 2006 à 18:55, par Alex : Quelle aventure ! 6. Le dimanche 3 septembre 2006 à 12:47, par Berlol : Oui, chère Christine, je suis bien sûr maintenant que Cindy Sherman est
une grande photographe, doublée d'une grande humoriste dans la veine de La
Rochefoucauld ou Chamfort. Je crois bien l'avoir découverte par Philippe De
Jonckheere... |
| Samedi 2 septembre 2006. Haute en couleurs
et métaphores narration. Même pas le temps d'écrire ma journée Que déjà son lendemain m'emporte... C'est comme ça (à trop vivre) que les diaristes se font avoir !
Au menu :Déjeuner familial avec sacre du neveu de 15 mois sur fond de rosbif Batobus par beau temps avec sœur et beau-frère Glaces, crêpe et boissons aux environs du Champ de Mars, avec slalom entre les touristes Reprise du Batobus jusqu'à l'arrêt Saint-Germain-des-Prés (en fait, sous le Pont des Arts) À pied à trois jusqu'à la République pour retrouver Samantha, une amie de ma sœur Les quatre au Troisième Bureau pour deux heures de dîner comme un film Menu dans le menu : gelée de saumon au céleri et rognon de veau sauce échalotte Et haute en couleurs et métaphores narration du tournant de la vie de Samantha... Suspense... Si si, vous verrez... Et au temps pour moi, l'espèce de dinosaure à l'entrée du Jardin des Plantes côté Mosquée de Paris n'est pas nikidesaint-phallesque, il est une œuvre de Niki de Saint-Phalle ! (voir ma photo de dimanche dernier ; ici détail de la mosaïque en verre de Murano)
Véritable histoire de Samantha de Boulogne.Samantha, qui a fait des études d'histoire de l'art ou les beaux-arts je n'ai pas très bien entendu quelqu'un a ri derrière nous et de toute façon je ne connais pas ces filières, s'est retrouvée on ne sait à la suite de quel concours de circonstance dans la direction de la pub d'un quotidien sportif. Elle s'en est accomodée d'autant qu'elle gagne correctement sa vie. Côté amour et quoique bien de sa personne elle semble s'être ramassée pas mal de fois et s'est donc caparaçonnée qu'on ne l'y reprendrait plus. Pourtant, un gars sensible déjà muni d'une fillette d'une précédente union réussit à la convaincre de se débarrasser de son armure et de lui laisser déborder la tendresse, sans qu'elle calcule trop que ça allait un peu vite pour être vraie confiance ou profond amour. Après trois mois de composition familiale, grosse marche arrière du gars trop sensible finalement pas prêt à recommencer quelque chose, et Samantha rien que sa peau directe la douleur des semaines comme mourir. Intermède à New York avec une amie à qui un appartement était prêté, et moult dépenses compensatoires. Retour et déprime, je ne sais plus l'autre derrière a encore ri grassement et on n'est pas rue de la Folie Méricourt pour rien. Mais... Une bonne conseillère l'avait dirigée sur un psychiatre psychanalyste, moi qui ne savais pas qu'il y en avait qui faisaient les deux j'en suis resté coi. Où elle est allée un peu méfiante mais bien contente de déballer son sac à quelqu'un payé cent euros les quarante cinq minutes rien que pour ça toute la journée et qui a des cas habituellement plus... prise de tête que celui de Samantha. L'ayant flattée qu'elle était bonne analyste elle aussi et bonne raisonneuse mais en système fermé où elle avait toujours raison, il lui enseigna la mœbiale inversion ou comment voir l'envers de soi (un bout) et que croyant bien mener sa vie elle ne vivait en réalité depuis toujours que selon des principes disons ici doxiques qui n'étaient pas ses choix profonds, ses désirs pour aller vite, et que justement elle avait peut-être accepté trop vite l'homme et l'enfant d'une autre. Alors Samantha, ou l'amie de ma sœur dont le désir est de s'appeler Samantha, commença à reconsidérer toutes sortes de choses, comme la détestation de Boulogne où elle n'était venue habiter que pour être près de son travail, un travail qui n'est pas non plus son choix, et d'autres choses, des cascades, des enfilades de choses. Alors, depuis quelques jours seulement, Samantha qui n'est pas du genre à tout plaquer subitement, modifie et ajuste des petites choses dans sa tête, dans ses propos et dans son emploi du temps professionnel. Et il y a déjà de grandes répercussions qu'elle essaie de bien contrôler avant de changer d'appartement, de travail qui sait. Et se confier à ma sœur et mon beau-frère ce soir en présence d'une dangereuse chambre d'écho dont elle ignore tout, car elle ne sait rien de moi, fait partie de ces changements. Cette véritable histoire de Samantha m'a intéressé et ému parce que Samantha a su la bien narrer tout en souriant buvant et mangeant comme nous au Troisième Bureau et rebondissant sur nos incises et nos jeux de mots comme celui de son instinct grégaire dans ma psychanalyse à deux balles vous ne pouvez pas comprendre, mais aussi parce qu'elle est symptomatique de l'aveuglement et du fourvoiement qui sont les deux mamelles de notre humaine condition. J'espère, lecteur, que toi aussi tu apprécieras à sa juste valeur l'histoire de Samantha plus pour longtemps de Boulogne et pourras en tirer enseignement pour toi-même te bien conduire. Commentaires1. Le dimanche 3 septembre 2006 à 01:50, par brigetoun : tiens si je reviens à Paris en touriste il faudra que j'essaie le bateau bus 2. Le dimanche 3 septembre 2006 à 02:06, par Dominique Fromentin : que vous mangez bien... 3. Le dimanche 3 septembre 2006 à 12:30, par Berlol : Bah voyez Dominique, des fois, j'y suis. Et dans la vie, je n'ai pas que ça à faire. Ceci dit la vie, hein, pour quoi faire d'important ?, dites-moi un peu... écrire des livres ? allons allons, ça ou autre chose, ce n'est pas à vous que j'apprendrai qu'aveuglement et fourvoiement sont les deux mamelles de notre humaine condition... Quant à la valise, elle va aller à la poubelle : elle pue et elle est pétée du socle... et aux frais de la reine d'Angleterre, encore. 4. Le dimanche 3 septembre 2006 à 12:51, par Dominique Fromentin : Invisus invisum divisit : c'est ça ou je me trompe ? 5. Le lundi 4 septembre 2006 à 05:29, par dino : "rien que sa peau directe la douleur des semaines comme mourir" j'aime cette phrase, je peux vous l'empreinter, j'aimerai la mettre dans mon blogmachin truc................. 6. Le lundi 4 septembre 2006 à 14:18, par Samantha : A la lecture de ma propre petite histoire ici narrée, je ne pouvais
resister à l'envie, voir au besoin, d'y répondre! Comme il est curieux de "se
lire", comme il est intéressant de constater l'analyse que les autres font de
vous et de l'image que vous envoyez...et comme il est dangereux de raconter sa
vie à sa vieille amie en ne se méfiant pas de son frère!!! 7. Le lundi 4 septembre 2006 à 15:36, par Berlol : Chère Samantha, merci de ta compréhension. Et tu es toujours la
bienvenue pour donner de tes nouvelles, ou autre chose. Bonne continuation ! 8. Le lundi 4 septembre 2006 à 16:37, par dino : Si vous passiez vous auriez vu qu'il y été déjà 9. Le lundi 11 septembre 2006 à 08:27, par Berlol : François Bon
propose une
surprenante continuation / réponse à la Véritable Histoire de Samantha de
Boulogne... |
| Dimanche 3 septembre 2006. Elles étaient
là, les chaussures de sport. Chez mon père, déjeuner rapide. J'y suis pour tri d'affaires m'appartenant. Cinq ou six cartons, plus quelques babioles. Deux heures plus tard, grand sac pour la poubelle, et trois cartons à conserver. Je repars avec des chaussures de sport (elles étaient là, les chaussures de sport que je cherchais dimanche dernier) et une photocopie intégrale de la Corde raide de Claude Simon (1947), ce qui va me permettre de retrouver les italiques (personne ne s'étant manifesté depuis mon appel...).
Soir. Titine me demande de lui photographier une belle
de nuit bicolore sur le balcon. En attendant le retour de Michel, on
s'est loué Ring 2
(film japonais de Hideo Nakata, 1998, à ne pas confondre avec
les remakes américains). On s'endort l'un après
l'autre ou en même temps. On n'en voit que des bouts et ça
ne fait pas du tout peur.Lu dans le train de banlieue, cet après-midi, avec peut-être un début de réponse à mon questionnement de jeudi. « Nous nous retrouvions au Mazarin, à l'ouverture duquel Simon avait participé et dont il faisait bon nombre de fermetures. Nous commencions à boire et à manger à deux ou trois pour finir à quinze et plus. — À boire, ou je tue le chien. — Bistrotier, apporte-nous ton mauvais vin. — Francis, sers ta belle clientèle, elle a soif, disait Simon. — Francis, t'occupe pas des touristes, ils ne reviendront pas. Ta nourriture est trop pitoyable. Sers-nous. Nous qui sommes là hiver comme été. [...] Simon savait boire et il m'apprit. Il vivait en seigneur, travaillait par périodes, disposait de grandes plages pour boire avant de s'y remettre. Tony le retrouvait donc là, accompagné d'amis qu'il nous présentait par le prénom, ou embarquait tout le monde. Je suivais. Cette compagnie me satisfaisait ; je disposais de peu d'argent mais je ne m'en parlais pas. Tous me semblaient très adroits en reparties et faits d'amour, tenant bien l'alcool et vivant sur des revenus mystérieux ou de rentes. [...] La compagnie du Mazarin, plutôt masculine, ne se renouvelait qu'en poivrots et Tony se targuait de filons de fiancées dans des quartiers capitaux où les gens faisaient des vraies choses avec plein d'énergie. C'était son mot.» (Alain Sevestre, Le Slip, p 55-56.) |
| Lundi 4 septembre 2006. Ni question goût ni
question solidité. C'est la rentrée et on a plein de choses sérieuses à lire. Par exemple Christophe Bourseiller, qui bloguédite un article de 2001, et c'est très intéressant : Guy Debord, les situationnistes et l'extrême droite : récupération à tous les étages (initialement paru dans Archives et Documents situationnistes). Parce que si on n'avait que les nouveaux auteurs, les primo-publiants ! Mais non, il y en a d'autres ! On en découvre derrière, dessous, à rebours, par des chemins tordus et des amis aussi lointains que proches... Comme ce Théo Lésoualc'h chez Grapheus Tis. Je recommande aussi la nouvelle émission de Monique Canto-Sperber, Question d'éthique (France Culture, le samedi, 12h30-13h). On en avait besoin.
Mais la matinée passe vite. Et c'est déjà
l'heure d'aller déjeuner à l'Industrie, rue Saint-Sabin,
avec Dominique Meens qui me
dédicage amicalement son Choucas, canard, pouillot (aux éditions
Contre-Pied, 2004). Il fait partie des auteurs entendus à la radio,
lus suite à bonne impression puis cités dans le JLR — et
qui ont eu la bonne idée de se manifester. Spécifiquement,
pour Dominique Meens, en me citant, parce que me fréquenter ne
sert à rien (JLR
du 12 août). Et ça se confirme. Et c'est très
agréable. La conversation tourne autour de deux populations incomparables,
celle des oiseaux, celle des auteurs. Je ne donne pas le contenu. Derrière
nous, à une autre table, Charlotte Rampling...Marchons jusqu'à Izrael, boutique d'épices rue François Miron, que Meens recommande, hélas fermée pour vacances jusqu'à demain. On se quitte. Passage rapide au BHV rayon valises, rien de bien, ni question goût ni question solidité, ou c'est que je ne suis pas prêt... La bruine matinale a fait place à de la grosse chaleur. Bus et RER jusqu'à la BnF, Tour des Lettres, où j'ai rendez-vous pour la mise en place d'un projet auquel j'aurai l'honneur de participer. On en reparlera, comme dit Alain Sevestre. « Je pars sans attendre, grille tous les autres feux, regarde les voitures dans les yeux, fonce, me faufile entre le bus et le trottoir. Rue de Richelieu, dans le couloir des bus, je force les taxis à me doubler comme un véhicule motorisé. À l'angle de la rue Montpensier et de la rue de Richelieu, je freine brutalement au nez d'une Zastava plus obstinée qui s'engage à contresens et se gare en double file. Je repars, jette un œil derrière moi, vois le type descendre de son véhicule et s'engouffrer aussitôt dans l'armurerie qui fait l'angle.» (Alain Sevestre, Le Slip, p. 68) Angle, c'est un angle, oui. Celui d'un intersection entre deux livres, l'autre étant son Double Suicide Villa Godin (1987)... Commentaires1. Le mardi 5 septembre 2006 à 02:31, par caroline : Bravo Miss Tic ! |
Mardi 5 septembre 2006. Guacamole, taboule et carpaccio
— assurément trois bons copains.
Recherche de valise, I. C'était hier.Recherche de valise, II. Aux Galeries Lafayette de la place d'Italie vers 11 heures. Pas de vendeuse dans le rayon, ce jour, avant 13 heures ! Un peu d'hypoglycémie à cause du café et de la rage de l'irresponsabilité dans les services, achat de petites pâtes d'amande. Retour à la base pour prendre des informations sur les valises via les sites web des fabricants de valise (sera utile par la suite, les vendeurs ne sachant même pas le poids des valises vides alors qu'on nous demande de plus en plus dans les aéroports d'être exact à plein au kilo près). Odéon. Déjeuner italien et cinéma allemand avec Marguerite. Mon Dieu, mais quelle nullité, ces Particules élémentaires ! Du très très mauvais cinéma, un docu-fiction tellement plat qu'on en dort et regarde sa montre toutes les cinq minutes... Je ne dirai pas que le livre était mieux parce qu'il m'avait pesé aussi mais le film est nettement pire. Il y a une fatalité qui s'acharne contre Houellebecq, son style est pauvre, son image est ruinée et les produits dérivés de ses livres sont condamnés (projets avortés de films en France, film allemand pesantissime, etc.). De quoi choper une bonne colère.
Recherche de valise, III. Au Bon Marché vers 17h30,
en bus par la rue Saint-Sulpice où il y a un chemisier JLR...Chaleur partout et la climatisation ne fonctionne pas au rayon bagages. La vendeuse Samsonite ne renseigne pas sur les autres marques (comme Rimowa ou Delsey, par exemple), elle n'a pas tous les modèles, elle les attend pour jeudi ou vendredi. Mais je ne peux pas rester dans l'incertitude. J'en réserve une (dans les 75 centimètres de haut, juste comme celle qui... que... enfin, bon, l'ancienne) et prends sa carte pour me dédire en cas d'achat ailleurs. Je suis franc. Elle comprend. Au moins, ça, c'est fait. Bus vers Saint-Germain puis Odéon mais pas le temps pour attendre le 96 qui n'arrive pas. En métro jusqu'à Jourdain pour attendre Cécile, prendre un café devant l'église et monter dîner chez Constance. Où l'on devisera jusqu'à onze heures et demi, avec guacamole, taboule et carpaccio — assurément trois bons copains. Commentaires1. Le mercredi 6 septembre 2006 à 01:05, par cg : petit conseil pour ta quête du graal (je ne me prends pas pour la fée
qui conseille le preux chevalier, rassure-toi, mais suis moi-même toujours en
quête de la valise idéale) : 2. Le mercredi 6 septembre 2006 à 03:08, par brigetoun : mais le 96 n'arrive jamais ! quoique le 69 ou le 61 c'est pire ! les bus c'est un luxe d'oisif 3. Le mercredi 6 septembre 2006 à 09:57, par Berlol : Brigetoun, on a parlé de vous aussi, chez Constance, forcément... |
| Mercredi 6 septembre 2006. Qu'on déballe,
qu'on ouvre, qu'on teste et qu'on soupèse. Chez le teinturier, place Monge, qui s'est occupé de mes affaires détrempées et moisies dans la valise. Impeccable. Et facture pour le dossier. Voilà que je peux enfin m'habiller. Ça tombe bien ! Train pour Orléans à 10h47, bien climatisé, il faut y garder sa veste. Quand j'arrive, au bout du quai, Antoine Volodine m'attend. Je le reconnais, d'après photos. Jusque là tout va bien... Le début, les premiers mots premiers pas, on ne sait jamais comment faire, ni comment ça devrait être, l'impro, et la crainte de tout plomber, de tout mal orienter par un propos aussi anodin que mal pris. Je crois que ça va, je m'en tire avec les gros travaux de construction de la nouvelle gare qui sont bien entamés alors que c'était la ruine du précédent bâtiment en mars. Antoine Volodine m'emmène dans un restaurant de la place du Martroi où, déjeunant, nous nous racontons divers éléments de nos vies dans le désordre des reparties et des associations d'idées, comme tout le monde à notre place. Je l'admire mais ne suis pas dans la révérence. Sauf que de temps en temps, je me frotte intérieurement les yeux en me disant que je suis en face de l'auteur de Bardo or not bardo et du Nom des singes (etc.), que c'est incroyable ce qui m'arrive et que c'est moi qui l'ai voulu — pour évoquer la préparation d'une éventuelle venue au Japon, elle-même reliée à un projet de traduction en japonais. Je m'aperçois assez vite que, comme je l'avais espéré et vaguement prévu, il n'est pas la personne sérieuse et sombre à laquelle des médias et des critiques ont voulu faire croire. Lui aussi doit comprendre encore plus rapidement le charlot que je suis. On élargit la discussion au stage de mes étudiants à Orléans, à des sujets de thèse, à d'autres visiteurs du Japon, en toute liberté. Et lui ne trouve pas un bon prétexte pour se barrer vers 14 heures comme il en aurait parfaitement eu le droit. Au contraire, on attaque des pans massifs, la littérature de quelques littérateurs, des émissions de radio qui se passent plus ou moins bien, le mépris des services culturels pour ce qu'écrivent leurs invités, etc. On fait une petite balade à pied, circulaire sous le cagnard, et puis on se remet à une terrasse pour boire un coup, emportés par une foisonnante discussion partie de... Kill Bill et continuée sur le thème des films... de karaté, de Hong Kong, de Kitano, etc. Parce qu'il a pratiqué les arts martiaux. Parce qu'il a fait du chinois (et pas seulement du russe). Du temps passe, de la franche rigolade, même, et après la sympathique dédicace de son Post-exotisme en dix leçon, leçon onze dont je m'étais muni ce matin, j'en reviens par hasard à ma valise... Recherche de valise, IV. Chez Badinier, rue Royale à Orléans. ... j'en reviens par hasard à ma valise (merci, Jean-Claude, pour la suggestion) et Antoine Volodine me dit qu'il connaît tout près un bon magasin de bagages, qu'on peut toujours y faire un saut, ou bien ce sont mes mots mais bon à peu près, et on y va. Là, au sous-sol, caverne alibabesque, il y a tous les modèles que j'ai cherchés dans les grands magasins de Paris, et une vendeuse tout à fait à jour sur les articles. Et vas-y qu'on déballe, qu'on ouvre, qu'on teste et qu'on soupèse. Craignant d'abuser de l'amabilité d'Antoine, je lui demande si ça ne le dérange pas, suggérant que je peux continuer tout seul avec la vendeuse, toujours dans l'idée qu'un grand écrivain a forcément autre chose à faire que rester avec moi pour choisir une valise... Mais non, tout ça l'amuse beaucoup. Et le concerne aussi, visiblement. Car il voyage pas mal de son côté et que de bonnes informations sur les bagages ne sont pas à négliger. Bref, j'achète une Samsonite grise à quatre roues (même prix qu'à Paris, je précise). Puis on remonte vers la gare tout doucement, moi roulant la valise dont, sauf nous, tout le monde ignore qu'elle est vide. Retour en train en retard et non climatisé, une étuve dans les 45 degrés. Je dégouline de partout. Je reste debout. Dans le wagon voisin, il fait quelques degrés de moins, la transpiration s'arrête, la vie redevient possible... Pourtant il y a moins de monde. Les gens n'essaient pas, croient qu'il fait aussi chaud partout. En général, les gens n'essaient pas, ils sont quelque part et ils n'ont pas la curiosité d'aller voir ailleurs s'il fait moins chaud. « Hein ?... Je vais répondre. Nous avions appelé cela le post-exotisme. C'était une construction qui avait rapport avec du chamanisme révolutionnaire et avec de la littérature, avec une littérature manuscrite ou apprise par cœur et récitée, car parfois pendant des années l'administration nous interdisait de posséder du matériel de papeterie ; c'était une construction intérieure, une base de repli, une secrète terre d'accueil, mais aussi quelque chose d'offensif, qui participait au complot à mains nues de quelques individus contre l'univers capitaliste et contre ses ignominies sans nombre.» (Antoine Volodine, Le Post-exotisme en dix leçons, leçon onze, Gallimard, 1998, p. 17) Commentaires1. Le jeudi 7 septembre 2006 à 01:19, par brigetoun : on trouve tout en province : des valises et Volodine - pour les places de train comme pour beaucoup de chose : oui vive l'instinct grégaire 2. Le jeudi 7 septembre 2006 à 09:59, par alain : Mince, à quelle heure suis-je parti ? Avais-je un bon prétexte pour
quitter le lieu ? 3. Le jeudi 7 septembre 2006 à 13:33, par timide : c'est vrai, alain, que berlol est complexant à toujours raconter que sa rencontre avec untel ou une telle a été enrichissante grave et pleine de connivence et si tellement tout ... forcément lorsqu'on le rencontre on compare et, si on est un tant soit peu conscient de ses propres insuffisances, on déprime 4. Le jeudi 7 septembre 2006 à 16:47, par Berlol : Pour Timide, je ne sais pas, mais je ne me vois pas en train de complexer Alain... 5. Le lundi 11 septembre 2006 à 05:33, par janu : (J'ai une passion folle pour "dont, sauf nous, tout le monde ignore qu'elle est vide", qui aurait aussi fait un titre). 6. Le lundi 11 septembre 2006 à 08:06, par Berlol : "Passion folle", comme vous y allez ! En tout cas, je suis bien content
que ça plaise... Et puis maintenant que ladite valise est arrivée à Tokyo, ça
lui fait déjà toute une histoire. |
| Jeudi 7 septembre 2006. Nos croisements et accointances
webiques. Impressionnant article de Jérôme Pintoux sur Alain Bashung, Un Dandy fuligineux. C'est tout ce qu'il est resté de mes lectures matinales. Et puis je l'avoue, j'ai beaucoup de retard dans l'agrégateur. Et tellement d'émissions de France Culture à rattraper... Puis courses et téléphonages de fin de séjour qui commence, hélas.
Aux Tuileries, d'étranges touristes sur d'étranges
machines arrivent par la place de la Concorde. Les grilles m'empêchent
de les photographier quand ils sont encore perchés dessus. Ils en
descendent pour entrer dans les jardins, leur machine à la main. N'y
voyant que deux roues, je me demande comment cela tient debout. Quelqu'un
connaît-il ces engins ?
Déjeuner avec Nathalie Jungerman chez Véry.
Le tarama n'y est pas mauvais, même s'il n'arrive pas à la
cheville de celui que je prends chez Sitia (5, rue de Bazeilles). Que Cerisy
nous semble proche, dans ce cadre végétal ! Nous faisons
le tour de nos lectures. Elle boucle une Florilettres ces jours-ci,
toujours passionnée — et passionnante — de poste et de correspondances.
Elle me fait regretter de ne pas être en France pour Grignan et Manosque. Détour par le Bon Marché pour la réserve de thé Kusmi que j'emporterai à Tokyo dimanche.
Puis, pendant qu'on travaille, Michel et moi, la soirée
s'ordonne (par téléphone)
autour du rendez-vous que j'avais pris avec Philippe
De
Jonckheere :
Constance peut venir, puis Nathalie, Michel aussi.L'un après l'autre, à trente minutes d'intervalle, ils arrivent à la terrasse du Monge où Constance nous offre des exemplaires vintage de 00h00.com — et ne nous offre pas le premier pdf jamais réalisé en littérature française, en 1997 si j'ai bien vu, celui de Candide, qu'elle garde dans sa collection personnelle. Le temps s'est nettement rafraîchi, on ne dînera pas en terrasse.
Michel nous emmène à l'Huître
et demie, rue Mouffetard. La carte est axée poisson, mais je
n'ai pas la tête à la marée, j'opterai pour le rumsteack
au poivre vert (tout à fait acceptable, avec un gratin dauphinois
de bon aloi).Il est beaucoup question des activités réticulaires de chacun, de nos croisements et accointances webiques (il y a très très longtemps, sur la liste Balzac-L, si je me souviens bien, j'avais appelé ça la post-webance, aujourd'hui encore nullax de Google, c'est dire le peu d'influence que j'ai, et c'est très bien comme ça). Ces discussions, en relation pour moi avec une actuelle réflexion sur la nature ontologique de l'intimité, m'ont fait prendre conscience d'une forme de réserve ou de complexe dans mon rapport à l'image de l'autre. Par respect de celles et ceux que je photographie mais aussi pour m'éviter certains effets pervers de la mise en ligne, j'en suis venu à presque proscrire de mes pages les photos de portrait, au détriment de détails, de silhouettes, d'à-côtés comme les plats des restaurants (dont je sais qu'ils énervent bien des lecteurs). J'ai ainsi des centaines de photos sublimes de diverses personnes (ou des photos de diverses personnes sublimes) mais je ne les diffuse pas, sauf au coup par coup, en envoi privé. Ma thérapie commence donc aujourd'hui, après accord dûment demandé à Nathalie et à Constance (et obtenu, je les en remercie). Je ne demande pas l'accord de Philippe, on en a parlé. Ni celui de l'écrevisse, pourtant ici morte et obscène.
La bouillabaisse
que propose le restaurant est en effet, de l'avis d'une Marseillaise, loin
d'en être une. Ce que nous pouvons vérifier par la charte
(à comparer avec la photo).Philippe, tu n'as donc toujours pas mangé de véritable bouillabaisse ! Mettons cet objectif à notre prochaine rencontre, en novembre, si tu veux bien. En revanche, Constance le savait. Mais d'autres propos nous ont tellement portés ailleurs qu'il n'en a nullement été question pendant. Et puis j'ai très bien dormi. Commentaires1. Le vendredi 8 septembre 2006 à 05:40, par Philippe De Jonckheere : Ah tu me bats d'une fraction de seconde, je suis vaincu j'enrage: www.desordre.net/blog/blo... 2. Le vendredi 8 septembre 2006 à 06:16, par Berlol : Hé hé, c'est de ne pas être à jour du 5 et du 6 qui t'a retardé... Mais ce que tu apportes de réflexion sur l'intime est très précieux. On va y travailler. Pour la bouillabaisse, je vois que tu avais compris tout seul. 3. Le vendredi 8 septembre 2006 à 07:07, par caroline : Je saute de ce pas sur le Désordre pour avoir l'autre version !! 4. Le vendredi 8 septembre 2006 à 07:30, par brigetoun : ma foi, une bouillabaisse même fausse ! d'ailleurs les chartes n'ont
rien à y faire, et il en est de multiples. 5. Le vendredi 8 septembre 2006 à 07:39, par brigetoun : j'aime bien le "nul ne gagne à être connu" - mais vous avez encore un
coté peut être intimidant ou lointain géographiquement. 6. Le vendredi 8 septembre 2006 à 11:00, par Dominique Fromentin : que ce mot "webique" est un triste néologisme : j'espère qu'il ne
reflète pas vos amitiés, lorsque par hasard vous vous retrouvez loin de vos
écrans 7. Le vendredi 8 septembre 2006 à 11:02, par joao : les drôles de machines à deux roues : 8. Le vendredi 8 septembre 2006 à 12:46, par Berlol : Merci, Joao ! Ne connaissant même pas leur nom, je ne pouvais pas les
chercher... 9. Le vendredi 8 septembre 2006 à 15:49, par Lionel : Bush a offert un Segway à Koizumi qui a fait une démo dans l'enceinte de la résidence du PM devant les caméras, parce que à l’extérieur, l’engin n’est pas autorisé au Japon. 10. Le dimanche 10 septembre 2006 à 01:12, par pintoux : Merci, Monsieur, pour votre commentaire bienveillant sur mon article (Bashung,
dandy f). Je l'ai écrit pour essayer de recontacter mon vieux pote jean Fauque,
que j'ai perdu de vue (on est allés en classe ensemble, à Niort), mais, pour
l'instant, il ne s'est pas manifesté... 11. Le vendredi 6 octobre 2006 à 05:49, par Philippe : A propos du Segway, il existe un site qui donne plein d'info. sur cette
machine :
www.toutsurlesegway.com/ |
| Vendredi 8 septembre 2006. Sur le marchepied, ça
sirène. Thérapie, étape 2, trouvée grâce à l'homme qui marche cette étonnante illustration de ce qu'on pourrait appeler le culot ou le cran. Test de Lulu.com (auto-édition) par le blogueur de La Littérature, intéressant. Plus grave, l'avalage complet du patrimoine. Déjà l'an dernier, il y avait des rumeurs sur la finalité politique (in fine, hein, ou cybernétique, c'est pareil) de Google, eh bien voici que des choses se précisent : Google veut tout bouffer et ne laisser aucune miette de quoi que ce soit à personne. Ne ricanez pas de la métaphore, lisez attentivement Affordance et La Feuille (et d'autres, ça va rapidement faire tache d'huile). Pendant ce temps-là, les pépères européens... Moins grave et en images, un chanteur qui aurait mieux fait de rester devant la télé. Et pour rester dans la trépidante francitude préélectorale, on centralisera l'info avec Presse 2007. Le matin, ça dope de lire tout ça... Rangement dans les affaires et l'ordinateur. Repos des jambes aussi, après avoir beaucoup marché depuis près de deux semaines. Je ne l'ai pas dit parce que je ne savais pas quoi en faire (et je le mets ici pour ma mémoire en cas de reprise de la chose), mais pendant quatre jours, j'ai eu une rotule, celle de droite, qui claquait un peu. Je marchais normalement et quatre pas sur dix environ, ça se déboîtait un peu et claquait pour reprendre sa place. Et puis avant-hier une sorte de douleur un peu au-dessus du genou, à l'intérieur, en accompagnement. Qui m'a fait boîter un peu pour compenser. Hier, je marchais précautionneusement et ça ne se produisait presque plus, Nathalie n'a rien remarqué, par exemple. Et aujourd'hui plus rien. Comme c'est aussi avant-hier que j'ai racheté une valise, mettant un terme momentané à l'ensemble du problème, j'ai pensé qu'il pouvait y avoir un rapport. Une forme de somatisation. Mais comme je ne trouve pas de sens, je laisse tomber. Ce sera une fatigue passagère...
Dernier rendez-vous de la quinzaine, qui était aussi
le premier pris, il y a plus d'un mois. Avec François Bon, au
Select, et assez brièvement du fait de son emploi du temps, entre un
enregistrement et son re-Tours à la maison. Comment ai-je pu ne pas
donner d'autres rendez-vous au Select ? J'adore cet endroit, surtout
la salle, à l'intérieur, côté rue Péguy.
Et je le connais depuis longtemps.On se retrouve facilement maintenant, il n'y a plus de minutes de glacis comme les premières fois. Notre échange d'aujourd'hui est verbal et matériel. Verbalement, c'est inrendable, en une heure tout y passe, mais matériellement c'est un Tumulte dédicacé contre un T-shirt Tous les jours, c'est l'enfer en japonais, directement importé de Beppu via Heathrow. Je peux bien le dire maintenant puisque je les ai tous distribués, j'en ai ramené une dizaine, un peu de toutes les tailles, pas mouillés dans la valise parce qu'ils étaient bien emballés, et les ai offerts à mes ami(e)s. Le rêve, ce serait qu'ils se rencontrent par deux et par hasard un jour qu'ils l'auraient mis, voire d'organiser une rencontre où ils l'auraient tous. Philippe suggérait hier soir qu'alors, ainsi habillés, on aille dans un endroit de Paris où l'on serait sûr de croiser des Japonais, et de voir leur tête, leur surprise.
L'une des choses qui caractérise François Bon,
c'est l'investissement, l'implication, parfois l'urgence, jamais l'hystérie
ni l'exagération. Dans l'écriture, dans la lecture, dans l'internet,
dans le fait de vivre des activités du domaine de la littérature,
d'y trouver ressources et statut social, quitte à enrichir la SNCF.Le mérite de cela est grand, très grand, surtout quand on ne veut pas entrer dans les combines médiatiques mais que l'on voudrait quand même être reconnu, juste pour le boulot fait, pas pour soi en tant que star mais pour l'œuvre, dans un temps où ça serait plutôt le contraire qui serait vrai. On avise l'heure, il est 17h40. Déjà ! On paie et on sort. Fin du chic parisien et du temps sans compter. On marche vers la gare Montparnasse. On fend difficilement la foule, dense à cette heure. On monte des escaliers, des escalators en continuant à discuter littérature et littérateurs et littératrices. On serait à l'article qu'on en causerait encore.
On arrive en vue du quai et ça sonne. François
se retourne de temps en temps pour voir si je suis, puisque j'ai voulu venir
jusque là.On s'avance vers le dernier wagon, le contrôleur est déjà sur le marchepied, ça sirène. François me salue et court. Je m'arrête pour prendre une photo avec l'heure, 17h55, l'heure du départ. C'est lui, en noir, près de la porte du wagon. Il monte dans le train, il y est. Je m'avance et arrive à mon tour au niveau de la porte. Il me voit et ça le fait rire que je sois aussi venu là devant. Je le prends en photo. Une jeune femme monte, pour Poitiers, mais ce n'est pas le bon train, et la porte se ferme, retenue par le contrôleur pour qu'elle puisse redescendre. Voilà, des mots que je n'entends pas, mais je vois le sourire, c'est fini. Le train est parti. Commentaires1. Le samedi 9 septembre 2006 à 01:02, par brigetoun : vous et l'amitié, pas mal - vous, l'homme qui marche et les genoux, pas mal aussi - je m'en vais voir comment fonctionnent les miens 2. Le samedi 9 septembre 2006 à 13:52, par k : ouai, c'est pas raisonnable, 3. Le samedi 9 septembre 2006 à 15:08, par cg : rotule qui claque et roulette éclatée c'est pourtant limpide ... je
souhaite un très douillet voyage retour aux roulettes toutes neuves de la
provinciale valise nantaise (ainsi qu'aux rotules pleines d'empathie de son
propriétaire) 4. Le samedi 9 septembre 2006 à 16:32, par Berlol : Pour le filtre, ça n'a pas raté. Tu veux un abonnement, un forfait ? La
valise est... orléanaise, mais bon, c'est la direction. Merci, pour le voyage.
Je suis prêt. |
| Samedi 9 septembre 2006. Chic si toc. Peu
voire rien à dire de cette journée déjà entre deux uni vers D'abord rien puis peu puis quelque chose qui prend son temps pour se faire taper Ai pris des bus mon présent repasse sur des séquences de mémoire mortes Dans un 24 de Madeleine à Saint-Michel un couple se sert du champagne chic si toc « Et alors les freux débarquent et les corneilles et j'ose croire que vous ne les aurez pas malgré les toxiques dont vous aspergez vos labours industriels, j'écris troupe et régiment, grande armée pacifique certainement, d'un pacifisme écœurant comme ces 20 millions de pinsons du Nord déboulés un hiver dans le Jura, nous autres c'est Verdun l'empilement des cadavres nous autres c'est perdu et remplacé pour reperdre encore un coup d'autres millions de corps avec de la poésie tout autour pour s'arranger avec les mauvaises odeurs, nous autres avec un peu de musique un peu de chanson un peu d'art d'artiste pas choucas des tours pour arrondir les angles du galetas pour hypnotiser mieux pour croire que rien n'est perdu tout remplacé.» (Dominique Meens, Choucas, canard, pouillot, Éditions Contre-Pied, 2004, p. 7) Dominique Meens est reparti à la campagne. Il s'y est installé pour volontairement n'avoir plus de connexion et écrire. Je recevrai de ses nouvelles un de ces jours par le facteur. Et puis, changeant de bus, je change de livre. « Qu'est-ce que c'est qu'ça ? me murmuré-je. Une sorte de chiffon en caoutchouc bleu ciel jauni, peut-être translucide à l'origine, froncé d'un élastique distendu. J'identifie une odeur synthétique à forte charge sexuelle, me souviens des protège-cahiers en plastique, non, renifle encore et récupère un très ancien souvenir de barboteuse en plastique que ma mère me mettait par-dessus ma couche et dans laquelle, même, me changeant, m'ôtant ma couche, elle me laissait nu et les fesses mouillées le temps de je ne sais plus quoi. Là était le bon de l'affaire car je profitais de ce moment pour ramper sous les chaises, sous la table, ramassais et enfournais dans ladite barboteuse les sous-vêtements que je trouvais sur mon chemin, les chaussettes, les culottes de toute la famille abandonnées en se déshabillant la veille. Me frottant, ils me séchaient, faisaient paquet contre moi et me laissaient peu à peu dans une impuissance ravie, enivré de leur odeur de sale. L'entassant contre moi, le linge s'imbibait d'urine et exhalait ensuite des relents suaves, et je refaisais le tour encore des meubles dans l'aurore, portant aux fesses le parfum du jour précédent, la mémoire familiale dûment taxée. — Bah, c'est un bonnet de douche, dit mon ex-beau-père. Je jette le bonnet.» (Alain Sevestre, Le Slip, p. 83) Moi qui ai très mauvaise mémoire, je suis à la fois incrédule et bluffé par de telles — vraisemblables (outre le romanesque et la provocation du thème) — occurrences de mémoire olfactive involontaire. Même si l'objet (l'ob-jeu) n'est pas le bon, le souvenir, lui, remonte bel et bien. Il m'arrive parfois de capter des odeurs qui me rappellent quelque chose de très lointain, ressens-je, mais je ne peux jamais déterminer précisément quoi. Je hume, je hume, comme l'autre jour avec T. sur le chemin d'Akasaka, mais aucune image ne vient. Justement, le chemin d'Akasaka, je le reprends demain matin... Commentaires1. Le dimanche 10 septembre 2006 à 01:13, par brigetoun : les souvenirs : des bus parisiens oui mais sans champagne - d'enfance :
étant donné la perplexité de mes jeunes soeurs je me les recrée sans doute -
olfatiques : me restent les gares du temps des trains à vapeur - l'ail sauvage
- les bateaux un peu rouillés au fond de ports mais cela n'amène aucun souvenir
précis juste une ambiance, une aura. |
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Dimanche 10 septembre 2006. Mes mesures de représailles.
Tout se passe à peu près bien à Roissy. (En arrivant avec
près de quatre heures d'avance, c'est quand même normal.) Quand je demande si le vol British Airways partira normalement, on prend l'air mi-étonné mi-courroucé pour me demander ce que je veux dire par là... Plus pertinente, l'explication sur les bagages : on me dit qu'il reste des bagages du mois dernier non encore restitués, qu'ils sont traités à part, mais que les nouveaux sont traités normalement (sous-entendu, en temps réel et à vitesse normale). J'achète quand même deux disques. Une double compilation de Christophe (à cause des bandes-annonces de Quand j'étais chanteur qui m'ont rendu l'émotion première des Paradis perdus... et fait regretter de partir trois jours trop tôt) et le dernier disque de Jean-Louis Murat, Taormina (dont je lisais une bonne critique, hier, au crépuscule, à la terrasse du Barnum, devant la Mutualité — car une journée n'est jamais complètement racontée...).
Je déambule morose
À Heathrow, tout le temps passe en queues et contrôles. Dans le calme et l'obéissance.
Le calme. L'obéissance. Des panneaux préviennent
d'ailleurs que tout acte de protestation sera interprété comme une menace
(sous-entendu, un acte terroriste). La ceinture aussi. Bientôt tout nu, passer
le seuil... Films vus dans l'avion Londres-Tokyo : Da Vinci Code, lourd et lent. Nacho libre, excellent, aucune réserve, à diffuser mondialement. Confidence (2003), trop bavard. Wah-wah (2005), émouvant et très original. Tout cela, vu en mode atonique, donc peu fiable...
Commentaires1. Le lundi 11 septembre 2006 à 07:55, par pintoux : le Christophe, je l'ai commenté. Je pourrai vous envoyer ma chro si vous
le voulez 2. Le lundi 11 septembre 2006 à 08:10, par Berlol : Volontiers. J'allais commenter votre autre commentaire, d'ailleurs, pour dire que j'avais pointé sur Bashung mais qu'il y en avait bien d'autres qui m'avaient plu dans vos pages... et que ça allait me faire réécouter, voire acheter des disques... et que ça nous change des articulets promotionnels sur les disques qui sont hélas devenus la "norme"... 3. Le lundi 11 septembre 2006 à 14:16, par pintoux : Envoyez-moi votre courriel, s'il vous plaît, et je vous ferai parvenir
mes deux pages sur Christophe. J'essaye d'écrire un petit ouvrage sur la chanson
française, une série de monographies. J'enseigne le français en collège mais
j'ai un vieux rêve de pigiste rock |
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Lundi 11 septembre 2006. À l'heure et... vivant, parce que, hein ! Bien arrivé (valise itou). Fatigué mais à l'heure et... vivant, parce que, hein ! J'y reviendrai. Dans le couloir de sortie, sur un panneau d'affichage, un mot pour moi, et une personne qui me passe un document à remplir pour dédommagement du retard de la valise et remboursement de la valise (total 70.000 yens, soit 470 euros, l'affaire sera officiellement réglée dès demain — que British Airways France en prenne de la graine !). Narita Express de 12h16 pour Tokyo et à la maison avant 14 heures. Bain, sieste et dîner japonais dans un restaurant de poulet (le Saint-Martin est fermé pour... vacances.)
Vivant, oui, disais-je.
Commentaires1. Le lundi 11 septembre 2006 à 22:26, par brigetoun : bonne nouvelle mais.. intriguée suis 2. Le mardi 12 septembre 2006 à 09:15, par brigetoun : un très joli complément - |
| Mardi 12 septembre 2006. Pas que du crabe.
Il faut croire qu'on aime ça ! Nous venons, T. et moi, et après comparaison des sites web, de réserver deux billets d'avion pour la fin novembre. Ainsi que choisir nos places et payer, le tout sans sortir de chez nous — ça tombe bien, il pleut toute la journée. Deux billets pour Paris, oui. Nous volerons ensemble, sans soucis, sur ANA. J'aurai une journée de travail et T. ira revoir ses compagnons de mazarinades. Autour, on brodera.
On ne sort pas. On ne regarde que la moitié d'un film idiot en finissant de
déjeuner (nous ne connaîtrons jamais le sort final de Kim Basinger dans
The
Gateway... (à ne pas confondre avec
The Getaway
de Peckinpah)). Attention : message à l'attention des tokyoïtes amateurs de fringues chics et pas chères, tendance british et pêche à la truite. Le magasin Avon House de Iidabashi brade tout, et c'est vraiment vraiment intéressant (du coup, j'ai acheté une veste d'hiver...). « Comme je déballe des momies de couteaux et de
fourchettes et de cuillères et de petites cuillères (3 couches de papier kraft
chaque fois bridées de 3 bouts de ficelle que multiplient 12 couverts que
multiplient 4 = 432, plus 9 pour la louche de tout à l'heure, = 441 bouts de
ficelle pour la ménagère), je me retrouve devant de grandes plages à ne pas
devoir réfléchir à ce que je fais et, sous le regard de son père, c'est très
longtemps que je pars en souvenir autour de Marie-Agnès au cours de ces
quelques quatre cents bouts de ficelle à trancher délicatement.» (Alain
Sevestre, Le Slip, p. 92) |
| Mercredi 13 septembre 2006. Nouvelle économie,
mêmes crabes.
Pause blogs dans l'après-midi. Étonnement à découvrir un peu par hasard combien le sort de Netizen est proche de ce que j'avais imaginé en mars après lecture du premier numéro. Officiellement en suspens, officieusement mort après 3 numéros, site bloqué, employés non payés, dispute entre les cadres et avec le personnel, etc., et aucune nouvelle depuis mai. Nouvelle économie, mêmes crabes. Ils ressortiront du panier, et il y aura de nouveaux imbéciles pour les suivre... Radio : à signaler
deux
beaux épisodes du
Carnet nomade, sur Tarquinia et ses petits chevaux, entre archéologie
et durassie. Intempestifs et nécessaires :
Maurice Scève et le
Cardinal de Retz dans
Une Vie une œuvre de ces deux derniers dimanches. Pour moi, ça suffit. Commentaires1. Le mercredi 13 septembre 2006 à 12:35, par brigetoun : j'ai un peu abandonné France Culture (la lecture est plus absorbante que le travail) pour la musique que j'entends souvent sans l'écouter, et grace à vous je ratrappe les émissions négligées (j'aime bien durassie pour les carnet nomades, c'est tout à fait ça) mais j'ai écouté avec un mélange de plaisir et d'agacement celle sur Scève 2. Le mercredi 13 septembre 2006 à 18:28, par Manu : Content que tu fasses un meilleur usage de DotClear que moi ! |
| Jeudi 14 septembre 2006. Un concombre reste un
concombre.
À la pause blogs, je me promène dans les nouveautés littéraires et je trouve, via La Feuille, ce post polémique de l'auteur masqué du blog La Littérature. Il y a déjà une vingtaine de commentaires et j'y vais de mon premier (ci-dessous). « On écoutera avec attention la volée que se prend Chloé dans Les Mardis littéraires du 5 septembre. Elle fait moins la fière, là ! » Il faut attendre la modération pour la mise en ligne, ce qui devrait n'être qu'une formalité pour mon commentaire. Et puis, pendant le dîner, ça me turlupine, cette histoire de liste d'auteurs innovants de moins de 40 ans... Alors je regarde dans mon index du JLR, et j'en trouve un bon nombre qui doivent être en deçà de l'âge de la décrépitude selon Delaume. Donc, je me fends royalement d'un deuxième commentaire, pas spécialement méchant, je pense. « Rien qu'en regardant dans mon
index,
je trouve au moins une trentaine de noms d'auteurs dont l'écriture est
innovante, disons, selon les critères de Chloé Delaume (de Frédérique Clémençon
à Olivia Rosenthal, en passant par Laure
Limongi, tiens, pour ne
citer que des jeunes auteures). Et je crois qu'à plusieurs on pourrait
facilement doubler ou tripler ce nombre. La question est : pourquoi Chloé
réduit-elle la liste à 20 ? (et corollairement, pourquoi notre hôte la
réduit-il à 3 ?) Eh bien, aucun de ces commentaires ne sera publié. Le
concombre
masqué de La Littérature nous sort quinze minutes après le
commentaire suivant : « Petite précision sur les commentaires qui sont
postés sous ce billet : SVP arrêtez de taper sur Chloé Delaume. Si vous avez
des trucs à lui dire, allez lui dire en face directement sur son blog. Il est drôle, le concombre masqué ! Il lance un pavé dans la mare, et puis
il s'étonne que la mare se rebiffe ! De plus, il essaie de nous faire croire
que Chloé Delaume accepte les commentaires sur son blog. Arrfff, lol ! Ça se
saurait ! (ce que je lui ai répondu, d'ailleurs, mais ça non plus n'a pas été
publié, ce qui n'empêche pas qu'il se soit tout pris dans les dents, le
blogueur mystère — voir
mon principe
de l'anonym@t non protecteur contre les blessures narcissiques). Après ça, quel beau moment j'ai passé avec
Yves Simon ! Oublié de dire (ça m'a mis dans le désordre, cette censure masquée), que
j'ai déjeuné avec Christine, à la crêperie Le Bretagne de Kagurazaka, en face
de Bisha Monten. Entre deux averses, il faisait plus frais et j'ai enfin pu
m'habiller décemment (autre chose que short et polo). Je lui ai passé le cadeau
que Marguerite m'avait donné pour elle et Thomas ce même mardi 5 (dans la
matinée duquel je n'avais pas pu écouter en direct Gailliot, Delaume et Limongi
chez Pascale Casanova puisque j'allais aux Galeries Lafayette pour ne pas
trouver de valise...), avant que nous allions voir cette daube, disais-je, tout
à l'heure en substance à Christine, cette daube de Particules élémentaires,
film aussi plat qu'un épisode de l'Inspecteur
Derrick, à quoi Christine me répliqua en finesse, je résume, que
c'était sans doute en accord avec du Houellebecq, ce derrickisme. Commentaires1. Le jeudi 14 septembre 2006 à 08:38, par vinteix : "Hisashiburi"... "Okaerinasai"... 2. Le jeudi 14 septembre 2006 à 08:43, par vinteix : je vais jeter un coup d'oeil aux liens que tu indiques... mais de toute
façon, je ne lis pratiquement aucun roman contemporain... et en général, on
parle avant tout de ce que l'on appelle "roman"... enfin, je ne sais plus trop
ce que je voulais dire à l'instant... 3. Le jeudi 14 septembre 2006 à 08:48, par Berlol : Bon retour, cher Vinteix. Encore un peu brouillon... Ça ira mieux demain. Merci d'être passé. J'ajoute, tu y réfléchiras demain, que ce qu'on appelle "roman" est aujourd'hui très large, empiète largement sur l'essai, le journal ou la poésie. 4. Le jeudi 14 septembre 2006 à 10:58, par brigetoun : lu tous les commentaires et pas trouvé le vôtre, je comprends pourquoi. Je me suis amusée, je n'y connais rien ne lisant guère de romans sauf des policiers anglais. Fait une liste de noms à tout hasard - et si je trouve que j'aime assez Emmanelle Pagano 5. Le jeudi 14 septembre 2006 à 18:06, par Berlol : Chloé, dans la nuit, fait une mise au point et recadre, plus pour les
zélotes que pour les antis, à mon avis. Et franchement, ça va mieux en le
disant soi-même qu'en laissant je ne sais qui broder. Attention,
son billet est beaucoup plus
long que ce que j'en cite ici : 6. Le jeudi 14 septembre 2006 à 18:33, par Chloé : J'ai répondu sur mon site, Berlol. 7. Le jeudi 14 septembre 2006 à 18:38, par Chloé : Et oui, effectivement, comme j'écris au kilomètre, je fais des fautes partout et y compris ici. 8. Le jeudi 14 septembre 2006 à 19:00, par Berlol : Bien vu que tu avais répondu puisque je te cite ci-dessus, pour te rendre justice. Dont acte, Chloé. OK pour les (absences de) commentaires, puisque les tarés sont ce qu'ils sont. Ton "l'option sauvons le monde quand on a la taille d'une fourmi" me paraît à la fois comique et bien réel. Le problème du décalage est aussi celui de la récupération (de tes propos) par de soi-disant professionnels de la profession qui font caisse de résonance (et peu de raisonnance). 9. Le vendredi 15 septembre 2006 à 00:33, par vinteix : Naturellement, suis bien d'accord avec ta définition large ou "élargie" du "roman" contemporain... mais c'est vrai que moi aussi, les "histoires" m'emmerdent un peu en général... Cela me rappelle Céline qui fustigeait déjà les raconteurs d'histoires, disant que des histoires, y'en a plein, plein les journaux, plein les commissariats, etc., tout le monde a une histoire. 10. Le vendredi 15 septembre 2006 à 00:40, par Berlol : Ben, si tu veux, vue ma fréquentation intense du Nouveau Roman, je suis plus que d'accord, et sur ce point Chloé a totalement mon assentiment personnel (au cas où ça ne serait pas clair). Il y a longtemps que je ne m'intéresse qu'aux aventures des écritures (pour paraphraser Ricardou encore une fois). 11. Le vendredi 15 septembre 2006 à 01:20, par vinteix : Joliment dit, "les aventures des écritures". 12. Le vendredi 15 septembre 2006 à 02:18, par jean-françois paillard : Pour aller dans le sens de Berlol, publier une liste de 20 auteurs et dire : ceux-là je les suis, je les couve, et pas les autres, na. Franchement. On a envie de faire marcher la machine à claques du bon vieil Henri, non ? Excusez-moi, mais ça me fait bondir. Sapristi. D’abord cette évidence : comment peut-on tout connaître de la production des écrivains actuels, ou prétendre y parvenir, ou même prétendre vouloir y parvenir (prétendre, quoi, toujours prétendre, comme si le métier de lire et d’écrire devait être forcément d’aruspice, faisait pousser le cou et arrachait la tête de l’océan des millions d’écritures qui nous submergent en permanence. Or, tout le contraire : lire, c’est choisir de s’enfoncer dans l’angoisse de l’ignorance, c’est évoluer dans un monde de plus en plus opaque, fourmillant, riche, inconnu, plein de découvertes ahurissantes ! Plus on lit, plus on est sûr de rien, non ? Alors prétendre ne s’attacher qu’à vingt jeunezauteurspasundeplus : d’un bête ! ), même si l’on n'affecte de ne s'intéresser qu'aux écrivains expérimentaux, aux jeunes, aux femmes, aux chauves, aux borgnes : absurde, complètement absurde. Il y en aura toujours un, le vrai, le seul, qui manquera, c'est évident. On en découvre tous les jours : ici, là, derrière, des oubliés, sans parler de ceux qu'on ne " découvrira " (quel mot détestable, hein ?) jamais. Tiens, au hasard, une " découverte " que j'ai faite, tout récemment : Gwenaëlle Stubbe. Il y a six mois, j’aurais escamoté cette pépite de mon petit panthéon perso de christophe colomb des lettres, bêtement, si j’avais publié sur quelque blog ma liste. Quelle honte aujourd’hui. Ah ! Prétendre… Prétendre et juger en taupe qu’on est au centre du monde… C’est Berlol, un des intérêts de ton site de ne point tomber dans ce troula-là. Pour finir, s’agissant de ce blog Littérature dont tu parles, je suis tombé sur le même hic que toi : il y a quelques jours, une intervention mienne (il est vrai une autopromotion sauvage de mon bouquin avec renvoi sur des blogs qui en parlent, façon de dire et moi les gars, oh, j’existe aussi, comme des centaines de gars et de gates qui se jeunezautorisent à écrire ) n’a pas été publiée par le modéraptor. Il manque sûrement d’une bonne dose d’humour, celui-là. A moins qu’il n’ait lu, lui aussi, tous les livres… 13. Le vendredi 15 septembre 2006 à 05:52, par Berlol : Merci Jean-François. S'il y a d'autres recalés des commentaires du blog
"La Littérature" qui passent par ici, signalez-vous, on poura bientôt faire une
"class action", comme disent les Ricains... |
| Vendredi 15 septembre 2006. Moi-même dans le
filigrane. Pâlot, mais quand même un peu de soleil, aujourd'hui. Matinée
de travail à la maison. Déjeuner itou. « Je ne suis toujours pas Chloé Delaume. Je suis encore plus que son
corps et j'ai des choses à ajouter. Des choses comme. Si j'ai perdu le foie
j'ai conservé la langue. Quinze centimètres carrés de tissus musculeux nervures
volontaristes. Quinze centimètres carrés c'est tellement peu pour me défendre.
Ma langue râpeuse papier de verre est isolée dernier bastion de résistance. Et
puis. Surtout. J'ai peur de perdre mes mots. Les miens. A moi toute seule.»
(Chloé Delaume, La Vanité des somnambules, Ed. Léo Scheer / Farrago,
2002, p. 77) « En rentrant
chez moi, je longe le canal d'Iidabashi. Je passe devant Kagurazaka, mon
Mouffetard à moi. Il y a toujours du monde. Des groupes, des couples, des
groupies, sur les trottoirs, dans les brasseries, les bars à sushi, les
boui-boui à saké... Toute la vie nippone est là, rouge aussitôt d'ivresse
tranquille, et bruyante, et moi je me sens toute noire...» (Corinne Amar,
L'Acte d'amour, Gallimard / L'Arpenteur, 1999, p. 12) Hier soir, avant de dormir, je m'interrogeai encore une fois sur ce qui me fait apprécier Le Slip. Je me suis rendu compte qu'avec son air de rien, ce que je prends pour une politesse supérieure en littérature, Alain Sevestre avait tantôt du Sarraute, tantôt du Pinget, sans qu'on sorte du Sevestre, car c'est ça le but du jeu, bien sûr. Je me demande combien de lecteurs, voire d'éditeurs aperçoivent ça. J'y reviendrai. « Dans leur
appartement tout frais acheté, la moquette coquille d'œuf se révélera
cache-misère à un plancher pourri, taché, troué, aux lattes disjointes mais, en
attendant dans la cuisine, ils s'enflamment pour ce placard d'une joie non
partageable. Leur enthousiasme dépasse, selon moi, l'objet qui le provoque.
J'ai du mauvais en moi, je suis difficile mais vraiment ce placard, comment
l'encenser ? Bricolé autour du conduit d'évacuation des eaux usées qui, avec
bruit, traverse de haut en bas la pièce, il ne calfeutre pas, on s'en rend
compte au cours de la soirée, le fracas des chasses des niveaux supérieurs.
Bien au contraire, il fait guitare. C'est un assemblage de planches peintes et
repeintes pour masquer. Rien de plus, je vous assure. Oh non, même pas ça, ils
me font bénéficier d'une complicité alors que nous ne sommes pas amis et que je
suis amoureux de Sandrine. Déjà, ce placard, ils se ravissent de l'ouvrir un
jour et qu'il sente les confitures et les fruits, les herbes ou les épices, et
toute une ribambelle d'aliments vomitoires à destination commémorative
(quatre-heures gourmands, repas fins, crème d'amis) et de provenance
littéraire. Ou plutôt je me sens mal. J'entends même Sandrine répondre à la
question de ce que j'ai. |
| Samedi 16 septembre 2006. Fragmentaire, partial,
frustré et interrompu. Vingt-trois heures et déjà un peu difficile d'arquer. Et même assis pour taper, avec les épaules douloureuses, ce n'est pas évident. Mon retour au sport a été magnifique et j'ai l'impression que je vais le payer cher. Donc, le plus tôt au lit sera le mieux. Ce matin, reprise de contact avec Patrice Julien, en poste à l'Institut
quand j'arrivais au Japon, aujourd'hui exerçant un métier indéfinissable... et
fascinant. En quelque sorte, professeur de vie. Mais je ne dis pas cela pour me
moquer de lui, au contraire. J'ai de l'amitié pour lui et de l'admiration pour
sa ténacité dans une voie pas évidente il y a dix ans. Hier, 4 pages dans le
journal Asahi, sur lui et
son épouse ; T. me les a données. Sorte de publi-reportage où l'on associe
conseils culinaires, art de vivre et... publicités pour les produits et les
instruments (kitchen design shop,
services à thé, Alaska Seafood,
moutarde Pommery ou grossiste de viande de porc). Après le déjeuner, achat de champagne Mumm à Yamaya de Shibuya, bouteilles que je porte au restaurant Lever son verre en prévision de mardi... Puis au sport, où je transpire beaucoup en pédalant 40 minutes et en
continuant Le Slip, avant d'aller déplacer des poids dans divers sens
durant une petite heure. Pas trop de monde, moins en tout cas que sur la
bretelle suspendue au-dessus du carrefour devant les baies vitrées — bien que
ce soit samedi, il y a toujours autant de trafic sur cette avenue. « Randall fouille la poubelle, renverse tout, mange des sushis poissés de
marc de café et de grains de riz raclés dans les assiettes débarrassées. Sur
chacune de ses chaussures, un petit terril de café est tombé. Simon lui demande
de ne pas bouger, bouge pas, donne-moi tes chaussures, et les lui passe sous le
robinet. Maintenant, il a les pieds trempés. Bien fait. Quelqu'un sonne à la
porte. Simon descend ouvrir, remonte sourcils en vrac, suivi de Tony et
Roberte, le pas pompeux. C'est une entrée. Fiévreux, sarcastique, Tony rejoint
un bout de la table, sort un carnet de chèques en tremblant d'un énième
cartable en Nylon. Commentaires1. Le samedi 16 septembre 2006 à 09:52, par Dominique Fromentin : rien compris au blog de votre ami : vous pourriez nous en traduire un ou deux singuliers ? |