| Dimanche 1er octobre 2006. La carotte n'est pas
infinie. Couché à 4h15 en n'ayant fini qu'à 80 % ce que je voulais achever d'écrire... Pas si mal. N'oublions pas que le mieux est l'ennemi du bien. T. avait d'ailleurs donné ce proverbe à une de ses anciennes étudiantes qui est maintenant dans une école de couture réputée. La phrase, en français accompagnée de sa traduction, a fait le tour de la classe et... a été prononcée quand un exercice difficile n'avait pu être mené parfaitement à bien — et l'enseignante estomaquée de demander qui leur avait dit ça... Puis elle aurait reconnu que ce n'était pas si faux... Avec retard, j'ai écouté Jonathan Littell dans les Matins de France Culture du 22 septembre... C'était intéressant, le personnage est agréable et son projet pas né d'un conseil de marketing. Ceci dit, au terme de l'entretien, je n'ai pas été conduit à vouloir lire son livre. J'en essaierai quelques pages quand il passera à ma portée, pour me faire par moi-même une idée de cette écriture. En début d'après-midi, suite du colloque Beckett. Je retourne au centre de conférences de Waseda et assiste à trois
interventions instructives sous la présidence d'Évelyne Grossman (Fujiwara
Yo,
Julia Siboni,
Mireille Raynal-Zougari), puis, après une pause café et alors que la pluie forcit
dehors, trois autres interventions (Agnieszka Anna Tworek, Ôno Manako) dont celle de Bruno Clément,
intéressante par la perspective vingtiémiste dans
laquelle il replace Beckett, mais qui n'a rien d'originale à mes yeux. Ma mention spéciale pour l'originalité,
justement, et la fraîcheur du propos va sans conteste à
la camarade Manako qui a
su faire entendre les voix des Actes sans paroles, les faire résonner
comme des moralités des anciens temps, se démarquant ainsi des étiquettes
absurdistes qui collent encore un peu aux basques de Sam. Pince-sans-rire,
elle nous a dit aussi que
« la carotte n'est pas infinie...» En soirée, de retour sur France Culture, Beckett encore, grâce à Tom Bishop et Raymond
Federman dans
Ça me dit, l'après midi, l'émission de Frédéric Mitterrand que j'écoute pour la première fois.
Il est un peu cabotin, le Mitterrand, non ? Il flatte deux ou trois fois
Tom Bishop qui, pas vaniteux pour deux sous, le remet à sa place. Parce qu'un
public le voit là où l'émission est enregistrée, il se croit à la
télé... Déjà, le titre de l'émission... |
| Lundi 2 octobre 2006. Choses sérieuses, je me
distrais. Je ne vais pas faire long. J'écris déjà depuis des jours pour finir autre chose... Juste pour sortir de ma tête et me distraire un peu — même avec des choses sérieuses, je me distrais — j'ai quand même vu et écouté. Vu Arrêt sur images d'hier, assurément un excellent cru : décryptage de paroles sans images avec Royal, précise et intelligente recension des images de promotion d'Indigènes, avec un Pascal Blanchard magistral de franchise sur le colonialisme et la soldatesque, et, en fin d'émission, la chronique de Chloé Delaume qui revient sur le retrait de la version non montée d'Arrêt sur images sur le site et la pétition lancée pour que l'exception revienne.
Il a plu. Je me souviens que ce matin, dans le bain, je lisais et relisais des
pages de Catherine Malabou. Je me suis dit qu'il fallait que je reprenne ce que
je n'ai pas bien réussi l'autre jour : la citation était trop courte, il
fallait y ajouter le paragraphe suivant et en adjoindre un autre quelques pages
plus loin, et cela devrait provoquer moins de problèmes de lecture... |
| Mardi 3 octobre 2006. Parce que visite médicale
à jeun. Non, il ne pleuvait pas, finalement. C'était même grand soleil, quand je suis sorti prendre l'air avec ma petite valise à roulettes (une petite, noire, en tissu, pas celle d'Orléans). Dans le train, concentré comme jamais, je continue à rédiger tout le temps sur l'ordinateur portable (1h45), au sujet de ce qui continue et ne continue pas, en même temps, dans le JLR. Un peu comme la flèche qui vole et ne vole pas... Mais revenir sur terre, deux cours à donner. Comme une lettre à la poste. Je mets un lien dans le document partagé sous Writely pour que mes étudiants du cours de conversation aillent écouter la dernière émission Masse critique sur la culture dans le mobile, c'est-à-dire tout ce qu'il est convenu d'appeler les biens culturels accessibles par téléchargement avec un téléphone mobile, et notamment la musique. Et je me disais, mais faut-il être aveugle pour accepter un son tellement pourri ?, mais non, Berlol, c'est toi qui débloques, ils n'écoutent pas la musique directement avec le haut-parleur grésillant du téléphone lui-même, sauf pour emm... les passagers d'une rame de métro. Non, pour bien écouter de la musique avec son téléphone portable, il faut des écouteurs, et c'est pour ça que tu en as vu quinze mètres de rayon, d'écouteurs, quand tu es allé à Laox vendredi matin. Et comme pour le i-pod, on doit pouvoir le poser dans une station qui en fait le centre d'une chaîne hi-fi d'aujourd'hui. Toi qui voulais changer ton rack de cinq composants Sony de 1994 dont le lecteur de 5 cédés est décédé depuis quatre ans... Faut te mettre à jour...
Commentaires1. Le mercredi 4 octobre 2006 à 02:11, par brigetoun : j'aime "m'est d'un commerce suffisant", et le manque de temps. |
| Mercredi 4 octobre 2006. Mauvaise foi du sapeur.
Livres Hebdo vient de lancer un sondage sobrement intitulé Qui aura le Goncourt ? Vers minuit... À part ça. En dînant, j'ai regardé l'encore excellent Ce soir ou Jamais, celui d'hier soir. Trois débats bien balancés. D'entrée de jeu, Romain Goupil cravate Jean Baubérot, Jul et Caroline Fourest essaient de rattraper le coup, on s'accorde pour la survie de Redeker, et stigmatiser le mot islamophobie qui amalgame encore, là où c'est déjà assez compliqué comme ça. Deuxième temps avec quatre sociétaires du Français pour parler travail, jeu d'acteurs, concurrence de la télé et pas du tout polémique de direction. C'est bien, ça recadre sur l'essentiel. Troisième temps carrément cool, sur Cuba, musique (c'est bien), tourisme sexuel (c'est mal) à l'heure du tyran sur le déclin — pour moi, résonance spéciale avec de très belles pages post-exotiques du Pura Vida de Patrick Deville. Hier, il était question des détournements de jeux vidéos. J'ai trouvé une création de séquences de Sims sur un air de Björk, Where is the Line ? Question posée sur l'art... Et moins il y a de réponse, mieux c'est. Commentaires1. Le mercredi 4 octobre 2006 à 04:45, par Lionel : Moi j'ai voté deux fois pour Huston, une voix pour chaque main. Et puis comme la page s'intitule résultat du sondage, on connait déjà le gagnant du Goncourt. C'est chouette. On vit une époque formidable, formidablement conne. 2. Le mercredi 4 octobre 2006 à 05:13, par Berlol : Que deux fois ? T'es sûr ? Parce que là, on en est à 133 votants et 95,5% pour NH ! 3. Le mercredi 4 octobre 2006 à 05:53, par vinteix : Ben, moi j'ai voté 20 fois pour Fleisher, juste pour rigoler... car je
n'ai pas lu son livre ni aucun de ceux de la liste d'ailleurs (s'agit-il de ce
qu'ils appellent les "incontournables" de la rentrée ? Quel horrible mot!) 4. Le mercredi 4 octobre 2006 à 05:59, par Berlol : Pour une fois qu'on peut bourrer le mou à ceux qui nous le bourrent d'habitude... 5. Le mercredi 4 octobre 2006 à 07:39, par Dominique Fromentin : oui, c'est rigolo comme jeu 6. Le mercredi 4 octobre 2006 à 07:49, par Berlol : Ah oui ! Il a 18 %, maintenant... Qu'est-ce qu'on rigole... 7. Le mercredi 4 octobre 2006 à 08:08, par vinteix : 110 Vallejo !!!Quel doigté ! Du coup, je suis retourné "taper" un peu du Fleischer... mais au bout d'une quarantaine, j'avais la tête qui tournais un peu... c'est dur ce jeu ! 8. Le mercredi 4 octobre 2006 à 08:18, par Dominique Fromentin : non, non, on peut automatiser : le clic souris sur le petit rond, et la
touche Enter, puis reload, ça va ultra vite : j'ai dépassé Alain Fleischer, mais
ça le ferait rire ! 9. Le mercredi 4 octobre 2006 à 08:31, par Dominique Fromentin : Vinteix, je m'avoue vaincue, vive Fleischer - mais quand même on a battu
Berlol
10. Le mercredi 4 octobre 2006 à 09:06, par cgat : c'est très rigolo ton jeu, en effet ... en quelques clics j'ai fait remonter nancy huston en 2e position ... puis je m'arrête parce que bon je suis encore au bureau il faut être raisonnable ... et je me dis que d'une certaine façon nous avons aussi augmenté les statistiques (score des votants à 18h : 2066) que livre hebdo va pouvoir fournir, par exemple aux publicitaires ... la vie et l'internet sont remplis de pièges ! 11. Le mercredi 4 octobre 2006 à 11:17, par brigetoun : j'ai bien ri - mais je ne ferai joujou qu'en rentrant du théâtre. Pour ce soir ou jamais je viens de regarder l'émission de lundi et à part Rony Brauman aucune n'a été capable de voir que si le rôle des intellectuels étaient plus faible que celui des acteurs ou des sportifs c'est peut être parce que la télévision a remplacé la lecture surtout celle qui demande du temps 12. Le mercredi 4 octobre 2006 à 11:21, par caroline : Moi aussi j'ai voté Nancy Houston. En fait, je n'avais jamais rien lu d'elle, mais elle est venue (en personne !) dans ma bourgade rencontrer ses lecteurs et non-lecteurs puisque je faisais partie du public. Eh bien, je l'ai trouvé intéressante, sensible et profonde. Elle a lu des extraits de son dernier bouquin (que je n'ai pas acheté quand même ). Pas mal... alors j'ai lu un ancien qui s'appelle "une adoration" et j'ai trouvé que ce n'était pas mal aussi. Je en sais pas si c'est comme ça qu'on s'y prend pour donner envie de lire une auteure ou de voter pour elle dans un sondage bidon de Livre-Hebdo. 13. Le mercredi 4 octobre 2006 à 11:59, par Dominique Fromentin : bon alors je laisse tomber l'autre que j'avais pris juste à cause du titre "ouest" mais qui ne doit pas changer beaucoup de choses à la littérature, et on s'occupe (même Vinteix) d'une mobilisation Huston (et non Houston) : ce qui est triste c'est cette façon de dire aux gens : couchez-vous, devant une sélection déjà pourrie par les galigrasseuil, les 4ème âges ramollos de tournier ou autres nourrissier etc 14. Le mercredi 4 octobre 2006 à 12:12, par Dominique Fromentin : ça y est, je l'ai remontée de 100, à vous la suite 15. Le mercredi 4 octobre 2006 à 13:34, par cgat : même pas vrai, Dominique Fromentin ! mon titre était choisi avant que je
connaisse le sien ... 16. Le jeudi 5 octobre 2006 à 08:01, par le consul : je crois que je prefere faire un bon vieux Tomb Raider, que de jouer a "Qui va gagner le Goncourt", ca defoule vraiment et ca rend pas plus con.... pas moins, aussi, d accord.... 17. Le jeudi 5 octobre 2006 à 08:19, par Berlol : Enfin, là le but n'est tout de même pas seulement de "jouer". Il s'agit de dénoncer à la fois une indélicatesse (contre l'Académie Goncourt — d'accord, on peut aussi s'en foutre...) et une incompétence (celle de mettre en ligne un "sondage" qui engage à la fois les votants et les ouvrages cités et qui ne peut absolument pas être pris au sérieux). Indélicatesse et incompétence commises par un média qui prétend être une référence de la profession. 18. Le jeudi 5 octobre 2006 à 09:12, par vinteix : euh... c'est quoi Tomb Raider ? Ca se joue aussi avec une souris ? 19. Le jeudi 5 octobre 2006 à 12:14, par Dominique Fromentin : oui, Angelina Jolie 20. Le jeudi 5 octobre 2006 à 15:51, par le consul : AHHH y avait de la subversion dans l acte.... 21. Le lundi 9 octobre 2006 à 01:49, par sebastien : comme quoi ça marche : vous avez tous voté, vous tous votre idée,
finalement c'est pas si con la démocratie "goncourtienne" participative... 22. Le lundi 9 octobre 2006 à 04:26, par Berlol : Sebastien, vous me décevez. Voter, en démocratie, ça veut dire donner UNE voix pour UN votant. À partir du moment où on peut donner DEUX fois sa voix, et plus, le vote est truqué et c'est le scrutin lui-même qui n'a plus aucune valeur. Si vous ne comprenez pas ça, comme préalable, ce n'est pas la peine qu'on aille plus loin. Ensuite vous parlez de "succès", je ne vois pas très bien ce que vous voulez dire. Surtout que je parlais avant-hier d'omerta (mais peut-être n'avez-vous lu que ce billet ci-dessus, tant pis). En tout cas, je n'ai encore reçu aucune invitation pour passer à la télé... (ni même à France Culture). 23. Le lundi 9 octobre 2006 à 06:28, par sebastien : mais ce n'est ni un scrutin, ni un sondage representatif. ce n'est juste
qu'un sondage d'opinion ludique (vous avez vu les autres sondages?) dans un site
grand public. 24. Le lundi 9 octobre 2006 à 07:00, par Berlol : Bah, c'est qu'on ne s'amuse pas des mêmes choses... 25. Le vendredi 13 octobre 2006 à 06:11, par Philippe Lipcare : ah... évidemment… maintenant c'est plus dur pour faire bouger les
choses. J'ai quand même réussi à faire passer M. Bataille (que je ne connais
pas) de 0,1% à 1,5%! Je suis assez fier de cette réussite — au moins 300 clics
quand même! Et, cerise sur le gâteau, c'est moi qui ai fait passer le nombre de
votant (enfin, de votes) au delà de la barre des 20'000. 26. Le vendredi 13 octobre 2006 à 06:40, par Berlol : Bienvenue au club ! Sûr qu'à ce niveau-là, on risque la crampe ! Mais vous n'en avez que plus de mérite ! |
| Jeudi 5 octobre 2006. Des muses tissent dans mes
souterrains.
Le 1er décembre, il se pourrait bien que je passe ma journée là ! Outre quelques personnes que je connais déjà, je serais très heureux de rencontrer Éric Dussert et Christophe Bourseiller ! Je n'écris pas méthodiquement. J'accumule des notes, j'aligne des références, je cogite en faisant autre chose, n'importe quoi ne m'empêche pas de cogiter — ça étonne toujours T. qui ne travaille pas du tout comme ça. J'attends, je m'inquiète, je me désespère un peu, de voir l'échéance arriver plus que de ne pas écrire, d'ailleurs. Puis vient le moment (ou pas) où tout s'associe sans souci, sans plus regarder ni les notes ni les références. Je suis dans la bulle, j'écris. Par la suite, je blinde. J'ai eu aussi trois cours à donner, en passant entre les averses pour
rejoindre la classe ou le bureau. Pour garder la concentration flottante, je
ne suis pas allé déjeuner avec mes collègues, ni au sport en fin
d'après-midi. Enfin, pour ne pas me stresser pendant que des muses tissent
dans mes souterrains, je me suis soûlé de clips de Björk,
des Sisters of Mercy.
J'ai même retrouvé Chagrin
d'amour, c'est dire ! Commentaires1. Le vendredi 6 octobre 2006 à 00:00, par Bikun : Il manque un l à 'htm' de ton premier lien "la"...d'ou lien cassé... 2. Le vendredi 6 octobre 2006 à 03:18, par Berlol : Arigato ! C'est réparé ! 3. Le vendredi 6 octobre 2006 à 06:05, par brigetoun : et du coup je suis moins intriguée - le fait est que ça a l'air alléchant. Et merci pour les Charlots (enfin une moitié ça devient vite lassant) 4. Le vendredi 6 octobre 2006 à 08:27, par vinteix : Putain ! euh... pardon, j'aurais bien envie d'y être moi aussi à ce
colloque, relativement atypique et qui tombe à pic (t'expliquerais plus tard...
rapport à la blague Sarko)... 5. Le vendredi 6 octobre 2006 à 08:55, par Berlol : Je comprends que ça t'intéresse ! En plus, la formule des Colloques des Invalides, c'est : intervention de 5 minutes et débat illimité... Voir l'annonce sur Fabula. 6. Le samedi 7 octobre 2006 à 01:13, par grapheus tis : Beau titre à la note de ce jour ! 7. Le samedi 7 octobre 2006 à 01:39, par Berlol : Vous pouvez encore y jouer ! La page est toujours là, je viens de vérifier et Nancy caracole... |
| Vendredi 6 octobre 2006. Croisements de poils de
carotte. Titre mystérieux, s'il en est... et que je n'expliciterai que demain. Sorry...
La journée a quand même été moins lourde que les précédentes. J'ai surtout pu aller au sport, retâter de la combinaison pédalage et lecture, la tête et les jambes version JLR, ce qui a toujours le don de me ramener à l'essentiel : qu'un corps soit suffisamment en forme pour ne pas faire obstacle à la plénitude littéraire.
« En mai 1529,
Oviedo considère que ses notes sur le Nicaragua sont
suffisantes. Ces centaines de feuillets de textes et de dessins constitueront
le livre XLII de son
Histoire générale et naturelle des Indes. Car son
projet est maintenant d'une autre ambition et doit couvrir tout l'empire des
Espagnols. Il vend sa maison au gouverneur Pedrarias, gagne le port de Posesión,
qui plus tard aura pris le nom d'El Realejo, lorsque William
Walker y débarquera du Vesta en juin 1855. [...] Descendant de vélo, en sueur, je vis passer, saluant des copines et
se dirigeant vers un des deux studios de gym, une jeune fille à gorge généreuse. Il
me parut — ou était-ce concupiscence ? — que son bustier élastique et tendu ne
tenait que d'une agrafe et que le fil de sa couture était prêt de se rompre
(j'ai une bonne vue, la visite médicale l'a encore confirmé). Je n'allais pas
jusqu'à souhaiter qu'il le fît (le fil, se rompre). Entamant sur une autre
machine un programme de marches pour prolonger la suée, j'essayais au contraire
d'imaginer la stupeur de la vingtaine de personnes présentes si ce fil craquait
et libérait soudainement, au beau milieu de la salle des machines, ces
attributs rares. Cris de surprise, rires de gêne, gestes d'aide des femmes,
sourires et yeux détournés des hommes... Sans doute rien d'extraordinaire. Mais
je ne pouvais me figurer l'attitude de la jeune fille elle-même car deux options
opposées se présentaient à mon esprit : la honte, les pleurs, le désir de
quitter les lieux au plus vite, ou au contraire le naturel, vaguement
s'excusant du dérangement, riant tout de suite de la chose avec ses copines
sans même une rougeur de joues. Pudique et humiliée, ou impudique et
triomphante ? Sujette ou non à cette honte-là, c'était l'alternative
indécidable. Plus tard, dans le train, tout cela m'a paru un peu fumeux, genre fallacieux prétexte pour parler de cette fille à gros seins. Commentaires1. Le vendredi 6 octobre 2006 à 11:56, par diNo : Et demain, j'entendrai le mots, trou vide, de sens, la sur la plage où git le chien mort...........je penserai à vous............. 2. Le samedi 7 octobre 2006 à 06:36, par cgat : berlol fait dans le cliffhanger, diNo : étretat s'impose plutôt donc que trouville ... 3. Le samedi 7 octobre 2006 à 08:24, par cgat : ... surtout lorsqu'ayant lu la suite on découvre que le cliffhanger du jour était un fil prêt à craquer sur de généreux appâts 4. Le samedi 7 octobre 2006 à 08:27, par Berlol : J'étais sûr que tu me mettrais un truc dans ce genre. Faut croire que le titre t'avait déjà aiguillée... 5. Le samedi 7 octobre 2006 à 08:42, par cgat : une aiguille dans le titre ?.. je ne vois pas ... mais tout de même des poils et un appât (la carotte) : quel talent pour le suspense ! 6. Le samedi 7 octobre 2006 à 10:02, par Dominique Fromentin : un peu trop d'écriture nocturne, Berlol, ou le contact de Jules Renard ? voilà ce blog dans de drôles de zones... on dirait Sophie Marceau au festival de Cannes : on peut préférer le Lys dans la Vallée ! 7. Le samedi 7 octobre 2006 à 10:06, par brigetoun : l'écriture de Deville me semble plus claire que l'aurait été la réaction de la fille, le calme pouvant n'être que le signe d'une très bonne éducation, la rougeur d'une éducation un peu moins ferme laissant de la place à l'hypocrisie 8. Le samedi 7 octobre 2006 à 17:39, par Berlol : "drôles de zones"... Peut-être. Mais ce n'est pas moi qui évoque les
appas de SM... 9. Le samedi 7 octobre 2006 à 17:55, par Berlol : Je ne sais pas qui a réussi à automatiser le bazar mais côté
sondage Goncourt de Livres Hebdo, on en est à 15000 votes ! et Nancy
Huston toujours en tête ! 10. Le dimanche 8 octobre 2006 à 07:23, par cgat : il est gratifiant de partager le privilège de lutter contre l'omerta,
mais peut-être le terme est-il un peu excessif, non : il me semble plus
probable (et plutôt sain, même) que ni les sondages de livre hebdo ni le
goncourt ne passionnent les foules ? 11. Le dimanche 8 octobre 2006 à 08:35, par Berlol : Voilà une addiction fort étonnante ! Sinon, je t'accorde qu'il est sain que la plupart des gens se désintéressent de ce sondage, voire du Goncourt (ce dont je suis un peu moins certain). Je regarderai le Café Picouly demain en pensant à toi. À l'heure qu'il est, il faut que je mette en ligne mes dernières récriminations et que j'aille me coucher... |
| Samedi 7 octobre 2006. Au mariage insolent du caustique et du
frêle. Pour bien apprécier
Poil de Carotte, et contrairement à ce que l'on pourrait croire, il faut un minimum de mise en condition.
En voici la méthode. On y arrive.
Ce qui ne m'empêche pas de partir un peu plus tard pour une sieste réparatrice de deux grandes heures. En soirée, je m'avale les deux derniers Ce soir ou Jamais. Ce n'est pas désagréable, sauf peut-être Finkielkraut nageant dans sa purée, mais ce ne sont pas les meilleures, et même Alain Fleischer ne me passionne pas. Qu'est-ce que j'ai fait d'autre ? Commentaires1. Le samedi 7 octobre 2006 à 23:04, par brigetoun : après un moment d'humilité un peu gênant la colère d'Edgar Morin et sa petite tête toute rose, il était superbe ! mais l'ensemble était pénible 2. Le dimanche 8 octobre 2006 à 02:55, par vinteix : ouais, ce n'est pas trop mal, pour une émission de télé (je viens
seulement de m'en faire une petite tranche de 30 mn avec E.Morin)... mais par
contre quelle est cette mise en scène au fond, avec ces bobos qui se dandinent,
papotent, un verre à la main !?! 3. Le dimanche 8 octobre 2006 à 04:34, par Berlol : Tu as raison, Vinteix, ce sont bien "les meilleures" (émissions
Ce soir ou Jamais) mais il faut que je change "les deux derniers"
en "les deux dernières". Pour l'ambiance, moi ça ne me gêne pas.
D'habitude on parque le public dans des rangées de fauteuils d'où on lui
demande d'applaudir, ou bien on le met en cercle sur des chaises où la caméra
se promène de temps en temps. Là, c'est une sorte de soirée dans un bar, on
circule entre des groupes et on retrouve des gens tantôt ici tantôt là, au gré
des changements de couleur... Évidemment, les gens ont dû être triés sur le
volet. 4. Le dimanche 8 octobre 2006 à 06:11, par vinteix : ouais, t'as peut-être raison (pour l'ambiance), je dois devenir un peu vieux jeu ou vieux c... Faut que j'en regarde un peu plus... En même temps ce côté "café littéraire" ou "café philo" "à la parisienne", ça ne m'a jamais vraiment séduit... sauf une fois, tiens je me souviens, je ne sais plus dans quel café à Paris avec Gilles Châtelet, pour son "Vivre et penser comme des porcs" |
| Dimanche 8 octobre 2006. Crieur de sa surdité. Un tumulte de paroles (pour FB...). Des bambous dans les coins. Comme des franges noires au bord des sables. Un gamin portant une torche. Aller vivre chez les anthropophages ! (Intratext est un des plus beaux outils de concordance disponibles.) Prendre la mesure de la crispation d'Alain Finkielkraut est aujourd'hui
possible (purée refroidie et rance). Jusqu'à maintenant, à mes yeux tout du
moins, il y avait encore de la marge, du discours possible. Or la façon dont il
s'est donné en spectacle hier, dans
Répliques, l'instrumentalisation flagrante de Marc Weitzmann et de
Jean-Éric Boulin pour
rediffuser en automate son aigreur stérile, ont achevé de le disqualifier
en matière de pensée. Déjà qu'il n'était pas philosophe, contrairement au
sous-titre qu'on lui avait attribué dans Ce soir ou Jamais, mais il
n'est même plus penseur. Ce qu'il est ? Comment dire ? Comment dire, sans lui
donner matière à se victimiser, puisque l'essentiel de ses paroles entre
dorénavant dans cet entonnoir ? Crieur de sa surdité. Oui, ça irait, peut-être,
crieur de sa surdité. Pendant que je suis sur France Culture, j'en profite pour signaler un abus
de langage. Ce n'est pas parce qu'un mot est nouveau qu'on peut lui faire dire
n'importe quoi et ramasser les fruits de la branchitude. Dans plusieurs pages
d'émission, il est question de « blog », comme ici, chez
Science publique. Or, comme on peut le voir en regardant la page de
l'émission de la semaine ainsi que celle d'avant et d'après, il n'y a pas
vraiment d'interactivité synchrone et seuls les commentaires acceptables
sont a posteriori mis en ligne. Le fait que l'on réponde succintement à
certains des messages n'en fait pas non plus un blog. Il s'agit d'un
« courrier des auditeurs », qui peut être pris en considération avant et après
l'émission, et je trouve que cette expression n'a rien de honteux. C'était notre journée de chercheurs, sans sortir, préparant les trois repas à la maison, respectant mutuellement le silence (je mets un casque pour écouter la radio), regardant le soleil dehors, le temps de juin encore aujourd'hui, sans qu'aucun chef de bureau ne nous retienne. Nous aimons l'étude. Demain nous aimerons le sport. « Si jamais, rêve Poil de Carotte, on me donne, comme à grand frère Félix, un cheval de bois pour mes étrennes, je saute dessus et je file.» (Jules Renard, Poil de Carotte, Éd. Pocket n°6051, p. 201) Commentaires1. Le dimanche 8 octobre 2006 à 09:48, par Dominique Fromentin : merci pour le lien vers IntraText, que je ne connaissais pas 2. Le dimanche 8 octobre 2006 à 09:52, par brigetoun : il y a plus de cinq ans que je n'écoute plus Répliques à cause de Finkielkraut - et pour continuer les doléances au sujet de France Culture j'ai écouté dans la nuit de samedi à dimanche Maurice Bellet, que je ne connaissais pas du tout, interviewé par Francesca Piolot, j'étais assez fascinée et en quête de détails mais le site est bloqué au 27 aout. Heureusement il y a google 3. Le lundi 9 octobre 2006 à 02:22, par Florence Trocmé : Dans le même ordre d'idées, des toujours mêmes invités, intervenants, etc. j'ai regretté qu'on ait invité à la belle émission sur Walt Whitman André Velter qui de plus a tiré la couverture à lui, ne parlant pas tant de Whitman que de Velter avec Whitman, ce qui franchement n'était pas passionnant et surtout occupation de l'espace réservé à Whitman ce qui n'est pas si fréquent (émission "une vie une oeuvre" du dimanche 1er février). En revanche, j'ai découvert récemment la possibilité de podscater les émissions de France Culture (mais si j'ai bien compris la manoeuvre à condition de le faire le jour même pour les émissions comme du Jour au lendemain)...... 4. Le lundi 9 octobre 2006 à 04:03, par cgat : très juste l'expression "crieur de sa surdité" à propos de Finkielkraut
: je trouve son discours de plus en plus intéressant, à condition de le prendre
au second degré, un peu comme le monologue intérieur d'un personnage romanesque
de Faulkner ou de Lydie Salvayre 5. Le lundi 9 octobre 2006 à 04:36, par Berlol : Personnage de Salvayre ! Ça devrait lui plaire, à AF ! C'est vrai que
Boulin s'est bien défendu, Weitzmann moins... On devrait en faire une épreuve
pour apprendre à argumenter. Celui qui aurait réussi à prendre quelques points
à Finkielkraut obtiendrait un diplôme de bon rhéteur. |
| Lundi 9 octobre 2006. Les réponses ne vont pas tarder.
Ce matin, j'ai mis le dernier livre de Virginie Despentes dans ma prochaine commande Amazon. La vie continue... Pourtant,
il y a deux ans, j'apprenais la mort de Jacques Derrida. Un jour comme les
autres, en apparence, où j'avais commencé un cours sur La Mare au diable
et revu le film Je t'aime, je t'aime ! d'Alain Resnais. Des 9 octobre, il y en a eu d'autres. 1876, première ligne téléphonique.
1906, naissance de Léopold Sédar Senghor. 1947, naissance de France Gall. 1967,
mort d'Ernesto Guevara. 1970, mort de Jean Giono. Celui de 1981, avec l'abolition
de la peine de mort (Robert Badinter sera d'ailleurs
à l'Institut
franco-japonais à la fin du mois pour un colloque sur ce sujet — qu'on se
le dise !). Jour férié au Japon, calme dans les rues. On sort pour déjeuner au
Saint-Martin et nous promener un peu. Puis T. retourne à son travail de
correction de coquilles et je vais (comme jour férié, c'est le jour du
sport...) au centre de sport à Shibuya, où il y a pas mal de monde, la moitié
agglutinés devant des téléviseurs, j'ai d'abord cru à un tremblement de terre
en Corée du Nord... « J'accumulais ainsi des notes pour une histoire du sandinisme ou même du Nicaragua. Ou de l'Amérique centrale dans son ensemble. Et éventuellement pour des récits qui rassembleraient un jour lointain certains couples historiques, sur le modèle des Vies parallèles de Plutarque, la vie et la mort de Simon Bolivar et de Francisco Morazán, de Narciso López et de Louis Schlessinger, d'Augusto César Sandino et de Tacho Somoza, d'Antonio de la Guardia et de Roque Dalton, du vrai Che Guevara et du faux, le Che punto-50... Il ne m'échappait pourtant pas, à la présenter ainsi, qu'une entreprise d'aussi vaste envergure devait de loin excéder les modestes forces à ma disposition, et que les précipiter dans une telle aventure équivaudrait à lancer une poignée d'Indiens à l'assaut des tuniques bleues en terrain découvert, ou une poignée de mercenaires au-devant de l'armée hondurienne.» (Patrick Deville, Pura Vida, p. 173-174) Commentaires1. Le mardi 10 octobre 2006 à 00:12, par vinteix : Mort de Derrida, qui a suivi de si près, peut-on dire, celle de
Blanchot... comme si une époque disparaissait presque... ou s'évanouissait. |
| Mardi 10 octobre 2006. Le terre-à-terre et mon
pâle destin. « Roque Dalton possédait toutes les qualités
d'humour, d'intelligence, de liberté et de générosité, de naïveté aussi,
qui peuvent pousser un poète à rejoindre la lutte politique, et le placent
inévitablement, pour l'un et l'autre camp, en tête de la liste des fusillés
potentiels. Tout révolutionnaire s'est au moins une fois demandé si,
finalement, cet avenir radieux pour lequel il combat ne le mènera pas
aussitôt dans un camp, au lendemain de la victoire, derrière des barbelés,
et les poètes russes n'avaient pas eu à s'interroger très longtemps. Roque
Dalton avait dû se poser la question à voix haute, lui qui avait vu de près
l'image que pouvait offrir le paradis. Ernesto Cardenal m'avait confié à son
sujet cette anecdote, selon laquelle, au cours de son errance, Roque Dalton
avait fini par connaître suffisamment l'alphabet cyrillique pour découvrir
un jour un vers surnuméraire, à la gloire du drapeau rouge, ajouté dans la
traduction russe de l'un de ses poèmes. Dans ces conditions narratives, mon voyage en train s'efface. J'ai du mal,
après, avec le terre-à-terre et mon pâle destin. Quelques lectures en ligne achèvent de me ramener dans notre triste monde. Jean Baubérot — il a bien raison — essaie de rattraper à l'écrit (article du Monde du 6, repris sur son blog) sa piètre prestation orale du 3 (Cf. JLR du 4). Le Ce soir ou Jamais d'hier est un bon cru ! Philippe Katerine et sa provo décalée, puis le débat sur les émeutes des cités, qu'il vaudrait mieux appeler révoltes, je ne me suis pas ennuyé un instant. (Du coup, je n'ai plus de temps pour mon journal...) « Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte » (Hugo) Commentaires1. Le mercredi 11 octobre 2006 à 06:29, par brigetoun : épatant toujours le grand Victor. |
| Mercredi 11 octobre 2006. Corrobore la tare.
Déjà fort tard (minuit moins une). Qu'est-ce que j'aurai le temps d'écrire avant le passage du marchand de sable ?... Journée pluvieuse et cependant exceptionnelle à deux titres. D'abord
parce qu'ayant enfin remis la main sur mon chéquier, j'ai pu préparer des
courriers pour payer mes cotisations à Cerisy, à Remue.net et à
l'Association des Lecteurs de Claude Simon, ce qui
traînait depuis des mois. Au bureau, me détendant après un cours, j'avais eu le temps de visionner
quelques séquences de YouTube avec Benoît
Poelvoorde, puis, revenant à plus de sérieux, de voir la première partie de Ce soir ou Jamais
d'hier (dont il était question dans Lignes
de fuite), autour de Jean-Pierre Darroussin, acteur que j'apprécie
depuis longtemps, plus encore depuis que j'ai vu les films du coffret
Guédiguian, et qui vient, semble-t-il avec grande finesse, d'adapter un roman
d'Emmanuel Bove, Le Pressentiment. La présence et les propos de Leny Escudero
étaient en revanche tout à
fait imprévus, tout comme la séquence rétro où on le voit il y a 35 ans,
revenant du Guatemala. Ça y est, le marchand de sable passe. Commentaires1. Le jeudi 12 octobre 2006 à 09:15, par cgat : il ne passe pas, le lien vers le "marchand de sable" : dommage ! il y avait peut-être les nounours, nicolas et ségolène, pardon pimprenelle de quand j'étais petite ... ou peut-être pas ? 2. Le jeudi 12 octobre 2006 à 09:19, par Berlol : Ça y est, c'est rectifié. Il y avait deux fois "http://". Vas-y, tu l'auras, ta Pimprenelle !... 3. Le jeudi 12 octobre 2006 à 13:17, par brigetoun : et voilà que grace à cause de vous, je me mets à regarder la télévision. Pas sure de Despentes et Halimi auraient pu s'entendre. Elles ne parlent pas de la même chose. Et je me sens plus proche de Gisèle Halimi d'abord pour une raison de génération, je date aussi d'avant, et puis (sans aucune agressivité) le féminisme ne se borne pas comme semble le penser Virginie Despentes à une question de libération sexuelle. Des tas de professions nous étaient fermées (pas de filles à HEC, pas de pilotes, en architecture nous étions une par atelier etc..) et dans le monde du travail qui est quand même le lot de toutes les femmes "non artistes" nous avons pu obtenir des responsabilités mais ce n'est que depuis peu que nous sommes arrivées, miracle, à des salaires représentant à peu près 75% du gars faisant le même travail. Halimi est plus "bourgeoise" mais en fait elle est plus en lien avec les femmes en général. Fin du couplet 4. Le jeudi 12 octobre 2006 à 22:23, par Berlol : Je vois que vous hésitez entre "grâce" et "à cause"... C'est vrai que la télévision provoque ce genre de contradiction. Vous avez raison de souligner qu'elles ne parlaient, hélas, pas de la même chose. Politiquement, je serais plus proche de Halimi, mais sa condescendance m'a automatiquement désolidarisé d'elle. On voyait que Despentes voulait éviter de répondre mais après un quart d'heure, elle a quand même réagi, et c'est normal. J'ai beaucoup aimé le "Y'a pas un capital dignitié qui fondrait à chaque fois qu'on suce une bite..." 5. Le vendredi 13 octobre 2006 à 03:17, par cgat : le principal problème (qui est celui de la télé mais pas seulement,
hélas) c'est que Gisèle Halimi (pour laquelle j'ai beaucoup de respect par
ailleurs), très visiblement et malgré ses dénégations, n'avait pas du tout lu
le livre de Despentes, au mieux feuilleté ... 6. Le vendredi 13 octobre 2006 à 05:17, par cgat : encore une brimade anti féministe d'ailleurs : si j'écris le mot sexe je tombe dans le filtre ...! 7. Le vendredi 13 octobre 2006 à 05:22, par Berlol : Eh eh, à la minute près, tu n'es pas tombée dans le filtre ! (Je vois que les commentaires se croisent sur deux billets, et même chez toi, ce qui veut dire que les lecteurs qui n'ont pas d'agrégateur avec les bons fils RSS n'y comprennent que dalle... désolé...) |
| Jeudi 12 octobre 2006. De loin et de haut. Suite du visionnage de Ce soir ou Jamais de mardi :
débat sur le féminisme ou comment
Gisèle Halimi veut Ai bien reçu les revues Formules, et La Revue littéraire... Que leurs expéditeurs respectifs, Serge Bouchardon et Laure Limongi, en soient ici remerciés. Je ne les commenterai pas de suite, faute de temps, sauf à dire que Formules, Revue des littératures à contraintes, n°10, contient un fort dossier sur la littérature numérique (Ah si, le Su-Doku de la page 435 n'est pas correct ! Le « L » du carré central n'est pas bien placé, mais bon, ce n'est pas bien grave...), tandis que La Revue Littéraire, n°28, revue dont le n°1 m'avait inquiété et finalement déplu (en octobre 2004), contient cette fois deux dossiers qui ne manqueront pas de m'intéresser, l'un sur Hélène Bessette, l'autre sur la rentrée littéraire. J'y reviens dès que possible. C'est-à-dire qu'il y a encore des choses que la poste achemine, comme ces revues, même si ça paraît d'un autre temps. Moi-même, après le cours du matin, suis allé au bureau de poste en vélo pour donner mes lettres par avion. C'est aussi d'un autre temps que nous parle Étienne Chatiliez dans le
prégénérique de Tanguy.
Si mes étudiantes étaient capables de reconnaître la déco seventies
(arrondis plastiques et couleurs pétantes), en revanche elles ne voyaient pas
le sujet lié à l'accouchement et la naissance de celui qui deviendra Tanguy
adulte après le générique : la relative nouveauté de l'implication du
mari dans la préparation du travail, et la péridurale.
Au Japon, où le fatalisme de la douleur parturiente est encore une forme bien
vivace de l'infériorisation de la femme, ces images bénignes d'un film au
demeurant comique peuvent édifier. * * « Despentes, un cri pour les femmes (Josyane Savigneau, dans Le Monde des livres, édition du 06/10/2006) Dans cet océan d'ennui où se débattent, mauvaises nageuses, des féministes
rigidifiées, des néoféministes supposées, des essentialistes qui peinent
à prolonger la pensée de Simone de Beauvoir, des différentialistes devenues
aussi conformistes que leurs arrière-grands-mères et dont "la
propagande "pro-maternité" n'a jamais été aussi tapageuse",
voici une femme qui sort la tête de l'eau, pour crier, très fort :
"Assez !" AFFIRMATION DE LIBERTÉ On ne peut pas donner ici tous les détails de ce chapitre passionnant, où
Virginie Despentes tente de comprendre sa réaction, cette nuit-là - elle
avait dans son blouson un couteau à cran d'arrêt, pourquoi ne l'a-t-elle pas
sorti ? —, puis son silence pendant des années, "parce que je
connaissais d'avance le jugement : "Ah, parce qu'ensuite tu as continué
à faire du stop, si ça ne t'a pas calmée c'est que ça a dû te
plaire". Elle cite Camille Paglia, féministe américaine très
controversée, qui propose de "penser le viol comme un risque à
prendre, inhérent à notre condition de filles", et conclut, pour
elle-même : "On avait pris le risque, on avait payé le prix, et plutôt
qu'avoir honte d'être vivantes on pouvait décider de se relever et de s'en
remettre le mieux possible." Commentaires1. Le jeudi 12 octobre 2006 à 09:31, par cgat : tu as raison de recopier (plutôt que de créer un lien comme je l'ai
fait hier pour celui-ci : je vais ajouter un lien vers ton billet si tu m'y
autorise) les articles trop tôt archivés et monnayés. 2. Le jeudi 12 octobre 2006 à 11:31, par K : hello, mr berlol 3. Le jeudi 12 octobre 2006 à 20:54, par vinteix : A propos du "Japon, où le fatalisme de la douleur parturiente est encore une forme bien vivace de l'infériorisation de la femme"... je suis en partie d'accord, mais en même temps, ce "fatalisme" est aussi une manière d'être, si je puis dire, plus proche de la "nature", 'une manière plus ancienne et "naturelle" d'accoucher (un peu comme les Indiennes autrefois qui accouchaient debout...), car beaucoup de femmes japonaises préfèrent accoucher chez des sages-femmes, dans une position qui n'est pas celle de la table de travail dans un hôpital, dans des effluves d'encens qui décontractent le corps, etc., manière aussi, bien sûr, de refuser ou d'éviter, sauf en cas de complications cliniques, une péridurale ou une césarienne... C'est une manière plus traditionnelle d'accouchement qui ne me semble pas être simplement un reflet d'une infériorisation de la femme, par ailleurs tellement vive au Japon. 4. Le jeudi 12 octobre 2006 à 21:51, par Berlol : Euh... Vinteix, l'association de la péridurale et de la césarienne,
c'est pour rire ? Dis-moi. 5. Le vendredi 13 octobre 2006 à 01:02, par vinteix : Evidemment, aucune association entre césarienne et péridurale !... je
résumais les choses très vite, comme encore maintenant... 6. Le vendredi 13 octobre 2006 à 01:04, par vinteix : erratum : "...sentiment d'intimité avec le nouveau né comme avec LE MARI, présent..." 7. Le vendredi 13 octobre 2006 à 03:49, par vinteix : Gisèle Halimi n'évolue pas, voire même "se ringardise"... Juppé
retrouve son fauteuil de maire... le Hamas réaffirme qu'il ne reconnaîtra
jamais Israël... les femmes enfantent toujours dans la douleur (esplièglerie)...
Abe succède à Koizumi... etc., etc., bref, tout bouge sans que rien ne bouge... 8. Le vendredi 13 octobre 2006 à 04:00, par Dominique Fromentin : les maris sont toujours des enfants, dans ces circonstances, magnifique
lapsus 9. Le vendredi 13 octobre 2006 à 04:29, par vinteix : oui, magnifique lapsus ! c'est vrai... Nous faisons de grands
enfants... 10. Le vendredi 13 octobre 2006 à 04:46, par Berlol : Eh ben, voilà de quoi remonter le niveau... 11. Le vendredi 13 octobre 2006 à 04:48, par vinteix : A ce sujet d’ailleurs, sur la masculinité et la « difficulté » à être un homme, il y a un excellent livre d’Elisabeth Badinter : « XY – de l’identité masculine », qui pose très intelligemment la question de la différence des sexes, historiquement, culturellement et scientifiquement, au-delà des partis-pris sexistes et de certaines rigueurs et dérives féministes ou machistes... 12. Le vendredi 13 octobre 2006 à 04:52, par vinteix : euh... m'sieur... mon dernier mail n'est pas passé... encore ce satané filtre ! qu'est-ce que j'ai encore dit, moi... !? serait-ce le mot "s..." ? 13. Le vendredi 13 octobre 2006 à 05:18, par Berlol : En effet, comme l'avant-dernier commentaire de cgat. Je viens de lui rendre sa liberté. Et, soyons fou ! j'en ai profité pour retirer le mot "sex" de la liste des mots-spam. On va bien voir ce qui va se passer... 14. Le vendredi 13 octobre 2006 à 08:01, par vinteix : Merci. (je me demandais si c'était le mot "s..." ou "Badinter"...) 15. Le vendredi 13 octobre 2006 à 08:08, par vinteix : ouy ouy ouy ! j'ai eu peur tout à coup que le filtre ne retienne dans ses filets l'expression "s'écarte d'une position..." 16. Le vendredi 13 octobre 2006 à 08:28, par Berlol : La recherche de qui ? du quoi ?... Nan, je te vanne. Je sais ce que c'est. Je t'expliquerai... quand tu seras grand. 17. Le vendredi 13 octobre 2006 à 10:46, par k : je sais pas encore si je vais voir angot, marre de ces train, le seul qui me ramene est à 23h, donc début de la lecture20h30 et faut que je partes à 22h pour avoir le train, c'est enervant, je fais quoi..............est ce que angot vaut 35 euros et toute cette fatigue , je le crois oui, mais c'est que je suis épuisée de tout,trouverais-je la force,..............mais il faut absolument rencontrer cette femme.......oui vraiment, elle est aussi folle que moi, je crois................ 18. Le vendredi 13 octobre 2006 à 14:22, par cgat : soyons fous libérons les mots en s... (style, par exemple, dont je ne
suis pas aussi certaine que DF que VD n'en ait pas!) 19. Le vendredi 13 octobre 2006 à 15:04, par Berlol : En effet, "roulette" et "casino" sont dans la bonne pioche ! (Pas "dresses".) Mais qu'importe puisque je surveille le filtre ! Il n'y a qu'à se dire que tous les spams sont en anglais et l'on saura les mots à éviter ! 20. Le vendredi 13 octobre 2006 à 22:22, par vinteix : le sepu-qui ? 21. Le vendredi 13 octobre 2006 à 23:53, par Berlol : La croyance selon laquelle Virginie Despentes n'aurait pas de style relève à la fois de la plus haute fantaisie et de la plus haute Égypte. C'est d'ailleurs un thème récurrent chez certains de nos commentateurs ou trices, au moins depuis la Mésopotamie, que de vouloir bannir le langage vulgaire, ordurier ou explicite — ce qui les place beaucoup plus près de la doxa qu'ils ou elles ne veulent bien le reconnaître... Ah, il y en aurait des vases grecs à repeindre pour le repos de leurs yeux ! 22. Le samedi 14 octobre 2006 à 04:08, par vinteix : euh... de la plus haute Egypte. |
| Vendredi 13 octobre 2006. Est-ce assez cochonné ?
Deux albums de la formation Askak Maboul à saisir chez Chocorêve...
(J'écoutais ça il y a très très longtemps, sans trop y faire attention, enfin
si, mais dans le flot des nouvelles musiques des années 80, et ça m'a beaucoup
étonné de réentendre ces pièces, leur précision, leur modernité.) Faisant fi des dangers de la date, je me suis lancé suant à l'assaut d'un fier vélo statique et d'une devillienne Amérique centrale. Je ne regrette rien, pas même le kilo perdu... Ai ensuite déjeuné avec David au Downey — c'était l'heure débile où les oreilles vont siffler. Et puis le train qui fore l'Est, la somnolence qui croise les poils des carottes... Et après le dîner, je les démêle et je les trie un peu pour le cours, pendant que les commentaires se croisent entre le JLR et Lignes de fuite... Nos temps et espaces se superposent et nous faisons des journées de 40 heures.
« On peut concevoir la mémoire comme une calamité et envier les amnésiques.
D'avoir dormi trop longtemps en plein après-midi, puis d'avoir compulsé mes
vieux journaux, j'avais fini de m'égarer dans les dates et les lieux, et je
n'aurais pas été surpris de me réveiller dans le corps d'un enfant, ou au
milieu du XIXe siècle. |
| Samedi 14 octobre 2006. Réamorcer la pompe à
claques. À l'aube, préparant mon cours, je cherche « cochonné »
dans le
TLF et je tombe sur cet exemple : Après le Saint-Martin, l'agneau et les merguez — avec des frites — que T. et moi y prenons, vente de livres d'occasion à l'Institut. J'en ramène, pour une somme ridicule, le Manuel du savoir-mourir d'André Ruellan avec des dessins « paniques » de Topor (chez Pierre Horay, 1963), La Pierre et l'oreiller (1955) de Christian Dotremont (Gallimard, L'Imaginaire, 2004), Du même Auteur chez le même éditeur de Jean-Pierre Verheggen (Gallimard, L'arbalète, 2004) et Les Jouets vivants de Jean-Yves Cendrey (L'Olivier, 2005). Ai regardé si le Despentes (King Kong Théorie) était à la librairie de l'Institut mais on ne savait même pas de quoi je parlais — j'ai laissé l'info sur un bout de papier. S'il arrive d'ici trois semaines, ce sera grâce à moi. Vais ajouter cet
Émile Benveniste,
l'invention du discours de Gérard Dessons à ma commande Amazon et puis
la faire acheminer, sinon je n'aurai pas mes livres avant d'aller en France, ce
qui serait fort dommage. |