| Mercredi 1er novembre 2006.
À la première fuite d'impair.
J'ai la tête comme une citrouille — et pas à cause d'Halloween ! En fait, c'est un galop d'essai : ce qui marcherait en hiérarchisant les rôles et les capacités des étudiants au sein du blog des cours pourrait bien entrer en vigueur d'ici quelques mois entre les enseignants du département, chacun pouvant être une catégorie et chaque cours une sous-catégorie... À suivre... Tout cela — cette grande initiative — n'est possible que parce qu'il y a le Festival de l'université, c'est-à-dire trois jours sans cours, pendant lesquels les étudiants font la fête. Les profs, eux, en profitent pour rattraper des tâches en retard, administratives pour la plupart. Pendant tout ce temps, j'écoute Surpris par la nuit, avec Antoni Tàpies, un peintre que j'aime beaucoup et dont je crois ne jamais avoir entendu la voix. Puis les Mardis littéraires d'hier, émission bien équilibrée, sur trois auteurs que l'on m'a donné envie de lire (Pavel Hak, Bruno Lemoine et Pascal Garnier). Puis le Tout arrive, d'hier aussi, avec Michel Onfray et Henri Meschonnic, qui peuvent tout à fait s'entendre (rien à voir avec l'incompatibilité Onfray-Sollers de la semaine dernière). Aussi, je suis très content d'entendre que Henri est en forme... Ah ! L'extérieur ! Marcher au soleil ! La joie de l'heure du déjeuner, passée avec David et Benoît dans un joli restaurant, lumineux, et bon, sous l'Alliance française ! Demain, je vais au sport et je m'aère ! Commentaires1. Le mercredi 1 novembre 2006 à 12:52, par brigetoun : on ne peut pas dire que ce soit la joie chez les
blogueurs du Monde, et un certain nombre déménage ou cherche à
déménager. 2. Le jeudi 2 novembre 2006 à 16:43, par Berlol : Y avait déjà beaucoup d'insatisfaction chez les blogeurs du Monde (le journal). Le changement de plateforme devrait plutôt arranger les choses. Dans tout ce que j'ai lu, on parlait plutôt positivement de ce changement (sauf une personne qui avait l'air de dire que WordPress ne gérait pas bien le spam). À suivre... |
| Jeudi 2 novembre 2006. À
part le changement d'heure, la trêve des expulsions et l'arrivée
du froid ?
Un site Édouard Glissant, c'est bien, comme idée. Sauf que pour honorer quelqu'un qui est très ouvert sur le monde et le métissage, ça commence par une désagréable restriction : « Ce site n'est consultable que sur PC, et par Internet Explorer exclusivement.» Ni excuse ni regret, la formulation est autoritaire. Même si c'est par maladresse, c'est tout à fait anti-glissantien ! En dépit de cela et de choix graphiques lourds et peu esthétiques (qui pourraient évoluer), souhaitons une bonne continuation à ce site (qui nous en promet beaucoup) car il y a une vraie nécessité d'approfondir et rhizomer la pensée de Glissant ! Oh, un inédit de Gourmont ! En voilà, de l'intempestif. En toute simplicité, Bertrand Leclair vient de réaliser la connexion dont j'avais besoin — littéralement remué — pour lire en priorité son livre arrivé le mois dernier. En niant que Littell ait trouvé une langue propre pour parler d'horreurs ainsi laissées dans la vulgarité voyeuriste de notre temps, et en enchaînant sur le souci de Meschonnic de savoir ce que dire dit (ou ce que dire fait dire au dit), me parlant au passage d'un livre inconnu (Le Sang du ciel, de Piotr Rawicz). Passées ces lectures et découvertes matinales, je me décide à aller au centre de sport pour bouger autre chose que des neurones. Nisard étant resté au bureau, j'emporte le dernier Sevestre pas encore lu : Entrées en matière, sur quoi je sue sans peine quarante minutes. On est à de l'inauguration dans le chantier du Stade de France — et (le narrateur de) Sevestre n'aime pas les survestes... « Quant aux costumes, ils permettent de déceler une bataille discrète, une discrimination souterraine, une lutte de reconnaissance entre sérieux et touriste, efficace et pièce rapportée, le présent solide et le figurant, l'investi de pouvoirs et l'invité léger, l'élu au pouvoir et l'anonyme élu, les premiers en surveste, cravate, veste, chemise et les seconds en manteaux contemplatifs. Un polo leur irait, un pull en V, des vêtements en laine. Mais ce n'est pas si simple. Les deux catégories aiment le foot et du reste je ne vois pas moi-même où je veux en venir avec ces deux catégories, c'est seulement que je viens d'apercevoir l'ancien directeur des programmes sportifs d'une chaîne cryptée plein de ses prérogatives et habitué des événements et vulgaire avec une cravate m'as-tu-vu et la chemise qui va avec et sa surveste marron [...] » (Alain Sevestre, Entrées en matière, Gallimard, 1999, p. 16)
« La place du mort en matière de poésie est rarement celle que l'on croit : parce que le temps du rêve n'a rien de commun avec le temps social, parce que tant d'hommes qui arpentent désertés par les rêves le terrain social parlent plus morts que vivants, et qu'il suffit d'ouvrir La Vie de Henry Brulard, de Stendhal, pour être saisi par la vie qui l'habite, le porte, nous emporte au brouillon des songes, là où les mots de Stendhal sont infiniment plus puissants et vivants que ceux des contemporains qui bavardent à nos côtés.» (Bertrand Leclair, Verticalité de la littérature, champ Vallon, 2005, p. 9-10) Commentaires1. Le jeudi 2 novembre 2006 à 14:08, par Bikun : D'ailleurs, je n'avais jamais vu un site indiquant aussi
clairement de telles restrictions. Autrefois on écrivait parfois
"site recommandé...bla bla"... 2. Le jeudi 2 novembre 2006 à 16:49, par Berlol : J'ai essayé de transformer par Word des documents en page
web. Et après, j'ai regardé ce que ça donnait en html... Le code
généré est inutile à plus de 90 % ! Et c'est généralement ce code
inutile qui rend la page incompatible ou mal affichée. Après
avoir longtemps utilisé le Composer de netscape, j'emploie
maintenant FrontPage (qui gère mieux les tableaux et les images,
par exemple). Et il n'y a pas de production de code derrière mon
dos ! 3. Le vendredi 3 novembre 2006 à 00:40, par vinteix : "Ce soir ou jamais" : 1ere partie (je n'ai regardé que
cela) plutôt comique, avec J.d'Ormesson, A.Comte-Sponville et
N.Huston sur le thème de Dieu. Je dis "comique" car on se
revoyait un peu de retour dans une conversation de cour de lycée
après un cours de philo... En effet, étaient évoquées sur le ton
plaisant de la conversation les grandes apories de la pensée : le
temps, l'être, Dieu, le réel... en un enfilage de banalités et de
platitudes. Comte-Sponville, en bon professeur de terminale,
présentait avec une assurance de mandarin sa dissertation de
philosophie, impeccable, en trois parties, assortie des citations
les plus classiques, et assénait LA définition du temps (enfin,
celle de Saint-Augustin, "la bonne" apparemment), tandis que
d'Ormesson, en vieux bébé de 82 ans, découvrait avec une naïveté
touchante l'aporie et le mystère du temps ! Entre les deux - le
philosophe en "gros sabots" et l'aristocrate en pantoufles de
nouveau-né - Nancy Huston tentait de dire une ou deux choses
légèrement plus pertinentes ou originales, bien qu'elle se noyait
un peu dans cette idée de "réel", tenue pour acquise comme une
évidence apparemment indiscutable, se perdant dans un de ces
dualismes tenaces qui schématisent trop souvent la pensée : le
réel et l'imaginaire... 4. Le vendredi 3 novembre 2006 à 00:48, par vinteix : Plus fine et stimulante était la conversation Onfray-Meschonnic, qui recoupait en partie le thème de l'émission de télé, notamment autour de la différence entre le religieux et le sacré, spirituel ou divin... en particulier à partir de Spinoza. 5. Le vendredi 3 novembre 2006 à 01:07, par Berlol : Justement, je l'ai vu ce matin, Ce soir ou Jamais de mardi, j'allais dire que les questions Comte-Sponville / d'Ormesson, c'était ce que je m'étais dit en gros vers 15 ans. Depuis, je n'ai pas trop eu à y revenir et ça ne fait pas vraiment mystère pour l'athée que je suis. Je parlerai de la suite tout à l'heure... 6. Le vendredi 3 novembre 2006 à 01:35, par brigetoun : j'en reste au plaisir de retrouver Bruard qui n'a pas survécu à mon déménagement. Me mets en quête 7. Le vendredi 3 novembre 2006 à 01:36, par brigetoun : j'ai même perdu le "l" en route 8. Le vendredi 3 novembre 2006 à 02:14, par Berlol : En effet, Brulard sans son "l", je me demandais ce que c'était... Il me semble que je l'avais en "folio"... Est-ce qu'il n'y avait pas deux volumes ?... C'est loin, pour moi aussi... |
| Vendredi 3 novembre 2006. Pâquerettes,
pudding de fadaises.
Enfin !... — C'était quoi, ce binz ? — Je peux voir
Ce soir ou Jamais de mardi ce matin ! D'où petit
déjeuner à rallonge... Premier débat effarant
de ras de pâquerettes, pudding de fadaises rancies et pseudo
philosophiques que nous servent André Comte-Sponville et Jean
d'Ormesson : dieu, le temps, l'esprit, la mort... — à quinze
ans, j'ai balancé le vieux tupperware où j'en avais remisé
ma part. Je monte tard au bureau et achève en 90 minutes chrono la préparation des programmes de cours 2007 (on nous demande maintenant le calendrier prévisionnel des contenus des cours...). C'est jour férié, jour de la culture, la kermesse bat son plein sous mes fenêtres, j'écoute le Mouv' au casque. Plus tard, dans le train, au hasard du stockage des émissions
dans mon i-river, la succession signifiante de Laurent Mauvignier
et de Chloé Delaume, tous deux récemment passés
dans l'émission Du jour au lendemain... * * « Je tenais à ce que les personnages aient
leur billet un petit peu malgré eux. De tous les personnages,
il n'y en a aucun qui est dans le stade en ayant choisi d'y être,
finalement. Ce ne sont pas des accros. Il y a cette histoire d'être
à sa place, [ou] de pas être à sa place. De se retrouver
là. Voilà, tu te retrouves au mauvais moment, au mauvais
endroit. Vraiment quelque chose qui est lié au hasard, à
l'absurdité, ce qui rend la chose d'autant plus insupportable.
[...] Commentaires1. Le vendredi 3 novembre 2006 à 23:54, par Berlol : À propos de Despentes / Sorman : n'étaient ces atroces
inserts commerciaux dans le corps du texte de l'article, je vous
aurais bien recommandé le dossier du
Buzz littéraire... Mais non, vraiment, c'est trop laid ! Et
ces colonnes de photos d'auteurs comme dans un magazine de people
et de starlettes, et ces pubs aux titres stupides et accrocheurs,
"Auteurs : Guide gratuit", "Beauté des Femmes Noires",
soit : cliquez ici pour vous faire entuber... On les a autorisées
ou on est allé les chercher ? Et ce que ça révèle d'une intention
de gagner de l'argent sur le dos de la littérature. Et
sans doute si peu que c'en est ridicule. Mais comment en sont-ils
arrivés à penser de la sorte ? Je n'accable pas ceux qui font ce
site, je me demande seulement comment ça se conçoit, si loin de
ce qu'est pour moi la littérature... 2. Le samedi 4 novembre 2006 à 02:06, par brigetoun : c'est gagné ! je vais y aller voir.. 3. Le dimanche 5 novembre 2006 à 14:22, par cgat : ne pas connaître Bridget Jones ...!? est-ce possible ? et
Harry Potter, tu as entendu parler ? (c'est une sorte de Poil de
Carotte new age) 4. Le dimanche 5 novembre 2006 à 15:02, par Ben : Quel plaisir de voir Michka Assayas à la télé dire
quelque chose de vrai, ce qui est de plus en plus rare, surtout
quand on compare ce qu'il a dit à ce qu'a déblatéré cette pauvre
chose d'Attali qui n'a visiblement jamais abandonné sa morgue de
conseiller du petit prince Mitterrand. La force d'Assayas c'est
justement de ne pas partir de ce que que les médias régurgitent
ou des chiffres dont nous a abreuvé Attali mais de son ressenti
personnel, ce qui fait qu'il perçoit des choses que bien peu sont
capables d'exprimer en fin de compte. En tout cas, il est après
coup difficile de réfuter par exemple ce qu'il a dit sur sur les
grandes messes oecuméniques comme sos racisme organisés par
l'état pour compenser les premiers symptômes de l'atomisation
sociale qui se faisait jour dans les années 80. Ce mec est
vraiment brillant. |
| Samedi 4 novembre 2006. Anticipe
de mieux en mieux les tuiles.
Levé à six heures pour préparer mon cours. C'est relativement nouveau. Avant, je le préparais plutôt le vendredi soir, ayant la nuit devant moi en cas de difficulté. Maintenant, je sais de quoi j'ai besoin pour préparer chaque cours, je connais la quantité de données qu'il faut que je prépare et je sais qu'en 120 minutes il n'y aura pas moyen d'en donner plus. Du coup, je peux me coucher à une heure décente et me lever avec les poules — je pourrais même les ouvrir ! On a vu que cette histoire de tâches attribuées à Poil de Carotte, ce n'était finalement pas si anecdotique que ça en avait l'air. Le chapitre du tête à tête avec Agathe, la nouvelle bonne, offre bien plus qu'une séance de révision, mais « Le Programme » (p.88-90) : la première occasion du petit roux d'avoir quelqu'un plus bas que lui et de lui faire la liste de ce qu'il considère comme des responsabilités, de lui faire comprendre la mécanique familiale et d'obtenir enfin de quelqu'un un peu de respect. Dans cette famille qui prospère petitement à la limite du monde rural et de la bonne société bourgeoise (on a une bonne mais on mange dans la cuisine), le cadet, qui anticipe de mieux en mieux les tuiles, apprend aussi à s'extraire de la paysannerie et devient même une sorte d'extra-terrestre pour les siens — il n'y a qu'à voir les réactions ahuries quand il donne à ses parents une lettre sophistiquée pour « Le Jour de l'An » (p.94-96) ! Derrière les taches de rousseur, il y a déjà un renard en formation... Déjeuner au Saint-Martin, bien sûr. J'appelle Manu qui ne pourra pas venir à Shibuya cet après-midi, puis David et Benoît, qui sont, eux, à Nagoya, mais qui ne répondent pas alors que j'ai des informations urgentes à leur communiquer. Tant pis, il y a des jours comme ça... Heureusement, comme nous nous le disions avec T., c'est à la perfection du poulet-frites que nous mesurons régulièrement notre certitude d'exister. Et croyez-moi, cette abaque en vaut bien d'autres. « In the country Commentaires1. Le samedi 4 novembre 2006 à 10:00, par Frédéric : Ah ! Robert Kramer ! 2. Le samedi 4 novembre 2006 à 11:22, par brigetoun : le Kramer j'ai sursauté parce que je l'ai vu, vraisemblablement d'ailleurs à Bobigny, mais si j'ai un souvenir :"bien" je suis incapable depuis trois minutes que je relis le texte de présentation de retrouver la moindre image, une impression positive sans savoir pourquoi. La Théorie des nuages j'ai lu ce qui est sur le site de son éditeur et j'ai eu grande envie de le lire. Il faudrait que j'apprenne les bibliothèques 3. Le samedi 4 novembre 2006 à 23:43, par Dominique Fromentin : "ouvrir les poules" ?????? 4. Le samedi 4 novembre 2006 à 23:46, par Berlol : Ben, oui. Puisque Poil de Carotte reçoit la mission de "fermer les poules" le soir, moi je pourrais bien les ouvrir le matin... Y a-t-il un autre sens possible ? 5. Le samedi 4 novembre 2006 à 23:56, par Dominique Fromentin : désolé pour le doublon, et merci pour l'explication -
c'est comme l'expression "allumer son ordi", en gros ? 6. Le dimanche 5 novembre 2006 à 01:40, par Berlol : Merci ! J'aime bien le moulage de Broca, "à tout
hasard"... Ça doit être le In Memoriam dont
Audeguy parlait dans le
Du jour au lendemain du 18 septembre... 7. Le lundi 6 novembre 2006 à 11:08, par dominique : "Tchouba". Ah, lisez Les Tristes ! 8. Le lundi 6 novembre 2006 à 22:18, par dominique : APOSTILLE AU PRECEDENT : ça me revient tout à coup : à la lecture au salon de la revue dont parlait Frédéric (que je ne connais pas), il y avait précisément Alain Sevestre dans la salle. Pour le situer : c'est lui qui a crié "bravo !" après la lecture d'Isabelle Zribi - très beau texte en effet. 9. Le lundi 6 novembre 2006 à 23:57, par Berlol : Dingue ! (Et je file à la bibliothèque...) |
| Dimanche 5 novembre 2006. Percer
le mystère de notre bêtise et de notre charme.
Départ à 11h30, Le Japon, malgré la légendaire — mythique ? —
solidarité de sa population, a pris la double pente capitalistique
des profits et des pertes. On sait où vont les profits (par
exemple, dans les tours avoisinantes, qui sont aussi des bunkers hyper-sécurisés)
et on sait où sont les pertes (par exemple, sur ce banc, qui
est aussi une œuvre d'art au service desdites tours). Les responsables
sont donc parfaitement coupables et leurs yeux sont ouverts. Ils n'ont
pas honte de ce qu'ils provoquent. Ils ont déjà perdu leur
légendaire face, leur visage maintenant enduit d'hypocrisie
et de suffisance, masqué de bandeaux de soies sauvages — baillons ?
bandages ? —, casqués de comptes offshore. Commentaires1. Le lundi 6 novembre 2006 à 02:39, par brigetoun : et le banc est soigneusement conçu pour être beau mais ne pas permettre de s'allonger, comme on a remplacé les bancs par des sièges coquilles et des barres dans le métro parisien, comme on a enlevé tous les sièges du hall de Pompidou. L'ère moderne est claire, illuminée et propre - faite pour de jeunes gagnants 2. Le lundi 6 novembre 2006 à 09:04, par jcb : Il s'agit forcément d'une plante de la famille des
agaves. |
| Lundi 6 novembre 2006. Quatre,
pour les prudents.
Petite forme, aujourd'hui, malgré le canard aux lentilles
du Saint-Martin. Aussi jeunes tous les trois, Michel Blanc, Patrick Bouchitey et Patrick
Dewaere sont remarquables. Au point que les enfants de la colo ne servent
que de décor aux relations ambiguës entre Deweare et Bouchitey,
pris au piège de leur fascination réciproque. On peut regretter
que Christine
Pascal et Claude Piéplu ne figurent qu'en très petit
et en bas de l'affiche parce que leurs rôles sont déterminants.
La première par sa grâce et sa détermination,
malgré une apparence fragile, ce qui lui permettra de ne pas
s'offusquer de la fascination passagère de son fiancé pour
un autre homme, de le laisser aller au bout de la provocation libératrice
qui le lui ramènera ; le second par son jeu pince-sans-rire
et sa diction parfaite dans le ridicule. De son côté, T. a emprunté Hotel Rwanda, pour le dîner et après... Bonne cause et grands moyens pour un film qui n'appuie pas trop sur la touche pathos comme les bandes annonces vues il y a quelques mois me l'avaient laissé craindre. On voit surtout qu'entre lâchage des anciennes puissances coloniales, soulèvement de rebelles télécommandés et corruption d'une armée prétendument nationale, puisque c'est « d'après une histoire vraie », la vie des uns et des autres ne tient à presque rien : un mot, un geste, un regard peuvent déclencher la furie meurtrière, alors qu'un seul casque bleu qui n'a pas le droit de tirer peut tenir en respect une bande prête à tout (parfois). Cette balance suspendue, hésitante, à maintes reprises, c'est très bien fait. Commentaires1. Le lundi 6 novembre 2006 à 10:02, par une passante : Merci d'évoquer Christine Pascal, au jeu si subtil mais qui a dit pouce trop tôt, et que j'associe, en affection profonde, à deux autres tombés par les fenêtres : Chet Baker et Bohumil Hrabal 2. Le mercredi 8 novembre 2006 à 14:03, par Bikun : J'crois qu'c'est Dewaere... 3. Le mercredi 8 novembre 2006 à 14:33, par Berlol : T'as raison ! Je corrige. Je fais souvent la faute "ae" /
"ea", j'ai remarqué... 4. Le mercredi 8 novembre 2006 à 14:57, par Bikun : Ahh tu me rassures un peu quand même! |
| Mardi 7 novembre 2006. Doux
blé.
Doux blé
« Johann Wolfgang Goethe sait que bientôt l'eau de son propre corps voyagera, pour partie dans le sol, pour partie dans les airs, et cela le console de la mort. Il aime à penser que sa dépouille va nourrir des plantes, ou de petits insectes mal connus. Même il pense parfois, mais sans le dire à personne, que le cerveau des hommes a la forme des nuages, et qu'ainsi les nuages sont comme le siège de la pensée du ciel ; ou alors, que le cerveau est ce nuage dans l'homme qui le rattache au ciel.» (Stéphane Audeguy, La Théorie des nuages, Gallimard, 2005, p. 24) Après les cours, je file à la bibliothèque.
La NRF y est ! Ouf ! Les deux derniers numéros
en consultation au rez-de-chaussée (sinon, il faut descendre
en réserve). Je rate complètement les photos de Tchouba,
mais je le lis avec délectation. Dans la veine des Tristes,
avec peut-être un doigt de Chevillard et une grande liberté
de ton, encore à la Pinget. Pardon de citer des noms, mais c'est
ce qui me vient en place de description (et à défaut d'analyse).
D'ailleurs, ce sont de beaux noms. « Nous ne voulons pas être récupérés
par tel ou tel. Nous ne voulons pas être compris. Et d'ailleurs
nous avons tort. Nous écrivons le manifeste de ceux qui ont
tort. Tchouba est un outil de résistance. Personne ne pourra
se rallier. Et, ainsi, nous attaquons le capitalisme dans ses recoins.
Voilà ce que c'est le capitalisme, avant tout une machine constante
à récupérer. « Jean-Henri Fabre,
entomologiste Dîner avec A. et C., deux collègues, dont un du département d'allemand, près Yagoto, dans un restaurant indien, Misty. Excellent, fort mais pas trop, mais fort quand même. Mes intestins s'en souviennent déjà. Ça fera désinfectant. Pas un luxe avec ce froid qui vient de tomber — senti d'un coup, quand la porte du shinkansen s'ouvrait sous un ciel bleu de vent. Conversation roulante entre université, société, actualité, passé, voyages, aussi du doublé de JoLi, des montants des droits étrangers déjà négociés (pour le livre — dans Ce soir ou Jamais d'hier, Antoine de Caunes disait que ça serait inadaptable en film, Les Bienveillantes, mais je n'en suis pas si sûr que lui...) Euh... prego diou... prego diou... Vois pas... Ah, si, ça y est ! C'est la mante ! Je m'en doutais ! Commentaires1. Le lundi 6 novembre 2006 à 22:53, par brigetoun : à se fredonner sur le vélo ? 2. Le mardi 7 novembre 2006 à 01:05, par vinteix : Sûrement, mais pas un livre en main, surtout que le
nouveau G. a l'air assez épais... en même temps, ça fait deux en
un ! 3. Le mardi 7 novembre 2006 à 01:55, par Berlol : De même que nous sapions le mois dernier le sondage de Livres Hebdo, il est bon, je crois, que nous disions et répétions que nous ne sommes pas d'accord avec ces mascarades et ce consumérisme sur le dos de la littérature. Il est possible que le JoLi soit intéressant, la question n'est pas là... 4. Le mardi 7 novembre 2006 à 02:04, par vinteix : Le JLR, tu voulais dire ? 5. Le mardi 7 novembre 2006 à 05:17, par caroline : Je n'ai pas vraiment d'avis sur LES BIENVEILLANTES. Je ne sais pas si je le lirai... Mais, j'ai un avis sur l'interview d'Angot dans Têtu que je ne peux pas rerpoduire ici car je ne suis pas abonnée ce magazine (le mois prochain, elle sera peut-être en ligne) mais je l'ai entendue à la radio. Elle parlait de Jonathan Littell et je dois dire que, dans le genre dégueulis antisémite, je n'avais pas entendu ça depuis... Bizarrement Finkie ne lui fait pas de procès alors qu'il est toujours prompt à traîner en justice tout journaliste, artiste, ou n'importe qui en l'accusant de propos antisémites. Edgar Morin en avait fait les frais. Quelle immunité protège Christine Angot ? 6. Le mardi 7 novembre 2006 à 06:07, par vinteix : peut-être l'immunité d'une "strawberry girl"... ? Non, non, je plaisante... je ne sais pas... 7. Le mardi 7 novembre 2006 à 08:56, par cgat : Pas beau le prix ... mais joli le poème Berlol ! 8. Le mercredi 8 novembre 2006 à 08:01, par brigetoun : à propos de bourreau j'en suis restée au prego diou - à la poésie inquiétante du nom des victimes que lui fournit Fabre, à la description de l'attaque - et j'ai mal à la nuque 9. Le mercredi 8 novembre 2006 à 09:11, par vincy : à voir les merdes qu'il réalise Les bienveillantes est clairement inadaptable par De Caunes. C'est certain. 10. Le mercredi 8 novembre 2006 à 14:10, par Berlol : Hou ! comme c'est méchant, ça ! (Mais y'a des chances que ce soit vrai...) |
| Mercredi 8 novembre 2006. Dribble
avec les temps verbaux.
Hitch my cock.
« Nonobstant j'aurai souvent le nez dans les nuages.
Quand j'en aurai fini avec le mur, je lèverai les yeux. Un
nuage est capable de se raccourcir tout seul, sans aucun secours ;
il peut découper une partie de lui-même puis recoller les
deux extrémités libérées, capable encore de
se répliquer. Toujours une intense compétition. Qu'est-ce
que je pourrais ajouter sur les nuages ? Que j'avais le sentiment
de comprendre des choses, oui, en somme, avec le recul. « — Oh ! lui, l'enfoiré, lui lancé-je,
il écrase son mégot sur la pelouse. « Il entre dans la peinture pure : il va peindre des skyscapes, des paysages de ciel sans aucun élément de décor terrestre ; pas même, dans un coin de la toile, la branche la plus élevée d'un arbre pour rappeler le sol. Chaque jour le ciel l'attend, toujours le même et toujours neuf.» (Stéphane Audeguy, La Théorie des nuages, p. 68) Buisson naïf et globuleux... |
| Jeudi 9 novembre 2006. Comme
les gnous la rivière.
Journée crevante, comme souvent le jeudi à trois
cours. Plus encore quand la fraîcheur automnale arrive, quand
on commence à approcher de la fin du semestre. On voit les objectifs...
et le fossé qui nous en sépare encore. Et les étudiants
le sentent, comme les gnous la rivière. Commentaires1. Le jeudi 9 novembre 2006 à 15:22, par cgat : sans aucun rapport avec les gnous ni les prego diou, Christine Angot a reçu aujourd'hui (hier, en fait) le Prix de Flore (face notamment à Pierre Jourde !) : voici une nouvelle propre à susciter ici des commentaires, non ? 2. Le jeudi 9 novembre 2006 à 15:46, par frédéric : oh ! putain, fallu qu'elle en chope un, la mère Angot? Dégueuli. 3. Le jeudi 9 novembre 2006 à 15:48, par Frédéric : le prix de flore, c'est quoi ? begbeder ? Dégueulis. 4. Le jeudi 9 novembre 2006 à 16:07, par Berlol : Merci de l'info, Christine ! Je vais voir ça... Face à
Jourde, c'est fun ! 5. Le jeudi 9 novembre 2006 à 16:49, par cgat : c'est fun, en effet ... il n'y a pas que Beigbeder dans le jury, une brochette de journalistes je crois, dont Frédéric Taddeï et François Reynaert ... l'année dernière c'est Joy Sorman, dont tu parlais l'autre jour, qui l'avait eu 6. Le jeudi 9 novembre 2006 à 22:49, par Frédéric : tasdéi, dégueulis 7. Le jeudi 9 novembre 2006 à 22:54, par brigetoun : d'autant plus que ça se lit vite un Angot 8. Le jeudi 9 novembre 2006 à 23:48, par Berlol : « Mâtin », Frédéric ! (comme on dit quelque part
dans Poil de Carotte...). 9. Le vendredi 10 novembre 2006 à 03:13, par dominique : Excellents, ces propos de Viart dans Libé. (Désolé de me
réimmiscer brièvement dans ce blog où j'ai atterri l'autre jour
par un hasard sevestrien!) J'aime bien ce qu'il écrit par
ailleurs, et son bouquin sur la littérature française au présent
est un outil précieux, mais on voit pourquoi il n'aime pas le
Littell tout en le jugeant bien ficelé, puisqu'il appartient à ce
qu'il appelle la littérature concertante ; et cependant il place
dans la déconcertante des écrivains comme Daeninck ou Ernaux, que
d'autres jugeront faciles et justement sans réel travail sur la
langue. C'est l'idée que seuls ceux qui prospectent (en musique
disons Beethoven), et non ceux qui font le bilan (Bach),
provoquent remous et avancées. 10. Le vendredi 10 novembre 2006 à 03:28, par Berlol : Repassez dans quelques heures : il y a du Sevestre au menu, ce soir... 11. Le vendredi 10 novembre 2006 à 09:57, par di folco : Excellente analyse de Viart ! |
| Vendredi 10 novembre 2006. Le
truc vulgaire qui ruinera l'avis des prudes en lettres.
Nicaragua...
Oui, maintenant, cela veut dire quelque chose pour moi. Grâce
à Patrick Deville et son Pura Vida. Ce matin, sport et lecture sevestrienne. Qui m'enchante |