| Vendredi
1er décembre 2006. Ne soulève plus ni ire ni vivats. Au Centre culturel Canadien, rue de Constantine, où l'on va encore en 63, pour la matinée du Colloque des Invalides. Quelques belles reprises d'invectives mais pas d'empoignades verbales. Même Gabriel Matzneff ne soulève plus ni ire ni vivats.
À la pause café, je vais saluer Éric Dussert,
qui a fait une bonne prestation. C'est à ce moment, par la rue, qu'arrivent
Cel et Bartlebooth. Surprise qui me laisse presque sans voix ! Peu de mots,
donc, mais la sensation, pour moi, evec ceux-ci et celui-là, d'un sommet
blogosphérique... (Encore un.)Déjeuner dans un restaurant thaïlandais du quartier avec mes deux acolytes d'Hubert de Phalèse, j'ai nommé Henri Béhar et Michel Bernard, pour discuter de l'avenir de notre équipe de recherche. Puis eux deux vont à l'après-midi du colloque. Bus 63 pour Odéon. Chez Champion, rue Corneille, pour le dernier livre d'Hubert Carrier. Bus 89 pour la BnF, encore, parce que T. a repéré un livre sur Mazarin, édité par la Mazarine, qui est à 100 euros alors qu'il est partout ailleurs à plus de 120. Bizarre... On y va et j'en profite pour en acheter d'autres, pour nous et pour des cadeaux. Puis dans la galerie du MK2 où j'achète trois dévédés. Et la librairie d'â côté où je trouve enfin King Kong Théorie. Retour en 89 et courses rue Mouffetard pour le dîner japonais. En passant devant le marchand de journaux, je me dis pourquoi pas et en effet, il ont un dernier numéro 1 du Magazine des Livres. Je lirai ça dans l'avion... Approximatif dîner japonais. Avec un fait-tout pour un nabe, un poulet fermier par moi découpé, une ciboulette molle et pas de chou chinois (Michel l'a mangé hier). Mais ça le fait quand même. Commentaires1. Le samedi 2 décembre 2006 à 06:18, par christine : moins de " querelles et invectives " dans le colloque ainsi
intitulé qu'à la bnf, alors ?... c'est un comble 2. Le samedi 2 décembre 2006 à 07:11, par Laure L : Ah, c'est Éric Dussert ! 3. Le samedi 2 décembre 2006 à 11:39, par Frédéric : Alors c'est lui, Grégory et cel ? 4. Le samedi 2 décembre 2006 à 13:24, par Berlol : Non et oui : c'est bien Eric Dussert. Pour Cel et Bart, je ne me serais pas permis. Dans la mesure où ED intervient dans un colloque ouvert au public, toute image prise dans ce cadre n'est ni contestable ni intime. Me trompé-je ? (Suis dans l'avion...) 5. Le samedi 2 décembre 2006 à 13:31, par Bikun : Tu pourrais au moins nous faire un coucou de ton hublot! 6. Le samedi 2 décembre 2006 à 13:51, par Berlol : J'ai fait des coucous, mais c'est des Russes, en dessous... 7. Le samedi 2 décembre 2006 à 16:27, par Manu : Fais gaffe, tu risques de te faire empoisonner si tu les surveilles de
trop près... 8. Le samedi 2 décembre 2006 à 16:37, par Manu : En lisant le billet suivant, je m'aperçois que je me suis trompé. Tu es encore en vol... L'horodatage des commentaires m'a induit en erreur... 9. Le dimanche 3 décembre 2006 à 00:29, par Berlol : Eh oui, toujours ce satané horaire américain... Ça y est, on est à la maison depuis une heure. On a tout déballé pour ranger. Presque fini. On commence à avoir faim... 10. Le dimanche 3 décembre 2006 à 08:53, par Cynthia 3000 : Trois mots échangés sur un trottoir parisien, c'est sommaire pour un sommet ! Etre présentés, comme "blogueurs", par nos pseudonymes "Cel & Bartlebooth", à T. qui resta T., et le réflexe de sortir l'appareil (à créer de la fiction), voila qui nous laissa bouche B. (comme Bernique !). 11. Le dimanche 3 décembre 2006 à 14:37, par Berlol : Chère Cynthia, je ne sais comment vous voulez qu'on vous appelle... J'ai deux bonnes photos à vous passer. Ne sont pas pour la diffusion publique, comme expliqué ci-dessus. J'étais moi aussi baba de vous voir. Si je n'avais eu le déjeuner déjà pris, je vous aurais proposé d'aller manger un morceau ensemble. Ce sera pour une autre fois, si vous voulez bien... 12. Le dimanche 3 décembre 2006 à 22:55, par Le Préfet maritime : Et ben mince, ma tête dans le journal... C'est pas dieu possible... Et sans mon uniforme en plus... |
| Samedi
2 décembre 2006. Les deux mamelles du départ. Bourrage et pesage de valise sont les deux mamelles du départ. On arrive au poids autorisé. Appel pour un taxi, j'ai failli indiquer une mauvaise heure, comme si je ne voulais partir, dit T., qui n'a pas tort. Derniers instants dans le canapé à prendre ces notes à la lueur de la cour pendant que tout près une jeune fille révise ses leçons avec sa mère, digne exemple d'un samedi matin dans une famille française. Dernières courses rue Mouffetard, T. fait vidéo de tout, ça servira pour des souvenirs comme pour des cours. On croise même Frédéric Beigbeder qui fait aussi tout bonnement ses commissions. On passe à la poste, chez le boulanger. Un rosbif et des rates à sauter, des fromages droits venus de l'enfer. C'est parti pour un dernier déjeuner, familial et de grande ambiance... Juste avant de fermer l'ordinateur, je vois rapidement que Laure Limongi, suite aux échanges de ces derniers jours, vient de poster un important récapitulatif de ses sites et activités d'écriture peu ou prou liés à l'intime, rappelant opportunément que le sujet était déjà dans la marmite et dans le désordre en septembre... Mais voilà, y'a pas, faut fermer l'engin ! Taxi à trois heures. Embarquement à 6 et maintenant de l'avion
à 9 (où la connexion est toujours gratuite, la prochaine fois mon profil
créé sera reconnu et je verrai combien on
me proposera de payer...).Demain, je compléterai avec ma lecture ravageuse de la page 2 du Magazine des Livres. Si quelqu'un veut anticiper, à votre bon cœur... Donc, quelques remarques sur la page 2 du
Magazine des Livres, vol 1,
novembre/décembre 2006 : Commentaires1. Le dimanche 3 décembre 2006 à 01:30, par Laure L : Bon voyage ! La prochaine fois, vous aurez droit à un fromage corse
à rapporter - non, ce n'est pas un piège façon Asterix... il y en a de très
doux... 2. Le dimanche 3 décembre 2006 à 09:47, par grapheus tis : Page 2 du magazine des Livres, ravageuse ? 3. Le dimanche 3 décembre 2006 à 14:42, par Berlol : Faites-nous donc partager vos lacérations ! Les blogs sont là pour ça ! Dans une sombre vidéo promotionnelle, Vebret déclare son Mag. des Livres entre Lire et le Mag. littéraire. Mais y a-t-il quelque chose comme un espace libre et inconnu ente ces deux revues qui se chauvauchent déjà allègrement depuis des décennies ? 4. Le dimanche 3 décembre 2006 à 23:06, par Le Préfet maritime : Si c'est à ce point calamiteux, on y va voir. Hop, un aller-retour en bateau. |
| Dimanche 3 décembre 2006. Compactant le samedi
dans le dimanche. Avant l'embarquement, assis près de l'entrée du satellite numéro 5 du dédale de Roissy, pendant que T. faisait quelques courses dans la galerie commerciale duty free, j'ai commencé la lecture de la Dame d'Auxerre dont j'avais entendu parler il y a un mois et que l'auteur m'a amicalement offert mardi au Berthoud. Non que je m'intéresse particulièrement à la sculpture ou à l'ordre dédalique mais : « Dire qu'elle a, qu'elle est le nom de notre ignorance, ne se justifie pas seulement parce qu'on ne sait rien d'elle. D'où la question aussi, qu'est-ce que c'est que savoir quelque chose d'une œuvre d'art. C'est surtout à cause de son appellation homologuée, la Dame d'Auxerre, cette résultante à la fois familière et dérisoire, désituée — par rapport à la Vénus de Milo ou la Victoire de Samothrace — ce reliquat de folklore qu'elle traîne, accessoire de théâtre, caillou cassé, ayant failli finir aux ordures, vendue pour un franc, entrée à la sauvette sans même être enregistrée au musée d'Auxerre avant d'être échangée par le Louvre contre un tableau de Harpignies qui valait six fois plus, six francs. Cela, c'est la part du grotesque.» (Henri Meschonnic, Le Nom de notre ignorance, la Dame d'Auxerre (Éditions Laurence Teper, 2006.)
Films vus dans l'avion entre les plateaux de gavages, la lecture de magazines, les connexions d'au-dessus de la Russie et les somnolences difficiles : Le diable s'habille en Prada (D. Frankel, 2006), très décevant ; Toi et moi... et Duprée (Russo, 2006), beaucoup mieux que ce que j'en imaginais ; L'Illusionniste (Burger, 2006), accrochante histoire et superbe faction.
D'une rue Mouffetard l'autre. |
| Lundi 4 décembre 2006. Un urinoir n'est jamais
qu'un urinoir. Sorti d'une grosse huitaine d'heures de sommeil
réparateur, je me réinstalle à l'enregistrement d'émissions de France Culture,
celles que je n'ai pas pu écouter durant mon séjour en France, trop dense pour
laisser quelque place que ce soit à la radio, ou de plus anciennes comme les
pièces de Beckett des dimanches depuis trois semaines. Philippe De Jonckheere, répondant à ce qui ressemblait fortement à une
attaque d'une éditrice, Sylvie
Gillet : « Aucun
désir, aucune envie que ce que vous appelez mon blog soit publié. [...] vous
avez une condescendance par rapport à ce qui se trouve sur Internet qui est
inversement proportionnelle à l'intérêt de ce que les éditeurs sont capables de
produire chaque rentrée littéraire.» Avec T., déjeuner au Saint-Martin, c'était couru. Pour du poulet-frites, évident. Mais aussi avec Morvan, ça c'est la première fois. Pourtant, je le connais depuis au moins dix ans ! Entre casanier et misanthrope, il ne fréquente pas beaucoup. Nous, à coup sûr, alors que l'estime semble réciproque. D'autres, je n'y suis pas, mais je n'y crois guère. C'est chez Giono, dans des montagnes isolées, que s'il était personnage littéraire je le logerai... Une fois, nous nous épanchâmes déraisonnablement. « La mare aux canards du Landerneau littéraire », « trébucher sur la
dernière marche du podium », « ce n'est pas au vieux singe qu'on apprend à
faire la grimace », « changer le cours des saisons », « les hirondelles ne font
pas le printemps », « à Saint-Tropez on se calme [et] on boit frais »,
« la poule aux œufs d'or », « conserver leur place au soleil », « tirent leur
épingle du jeu », « fondre comme neige au soleil », « Sea, sex and sun... et la
nave va », « un monstre à deux têtes », « vont bon train », « jouer les
Cassandres », « oiseaux de bon ou de mauvais augure », « retour vers le
futur », « dans le marc de café », « pétard mouillé », « la cuvée 2006 », « le
goût de bouchon », « pas dit son dernier mot », « de derrière les fagots »,
« la grenade dégoupillée », « le Landerneau des lettres », « l'effet d'une
bombe dans le microcosme germanopratin », « enfonce le clou », « allumé la
mèche », « pousse des cris d'orfraie », « les langues se délient », « à qui au
juste profite le crime », « son cheval de bataille », « un vent de glasnost
souffle donc sur la république bananière des lettres », « depuis que le monde
est monde », « tirent depuis toujours les ficelles de cette mascarade », « se
partagent les miettes du gâteau », « petits meurtres entre amis », « sont
légion », « telle la liberté guidant le peuple », « duels à fleurets
mouchetés », « des tambouilles en cuisine », « les bons comptes font les bons
amis », « n'y allait pas par quatre chemins », « attirent le chaland comme le
Label rouge sur les poulets fermiers », « pour le meilleur et pour le pire »,
« fait une entrée fracassante parmi l'élite », « mammouth qui écrase les
prix », « ce pavé qui sonne le retour », « brille au firmament des lettres »,
« en quête d'un second souffle », « jeune premier de Saint-Germain-des-Prés »,
« plongée au cœur de l'enfer des hommes », « le sauveur de la république des
lettres française » (sic), « prédisait [...] le sort funeste »,
« serrer les mains de ses ennemis d'hier devenus en quelques heures ses amis de
toujours », « presque à l'unanimité » [en fait, 7 contre 3], « entrée
fracassante dans les hit-parades » [mot composé employé trois fois],
« histoire d'une success-story », « moment de grâce », « les lecteurs ont
finalement le dernier mot ». Qui n'a rien à voir (heureusement). Commentaires1. Le lundi 4 décembre 2006 à 11:43, par Philippe De Jonckheere : Tu sais P, tu as l'air de penser que c'était une phrase en l'air de
sa part, et que je me suis emporté, la façon dont je vois les choses c'est
tout le contraire, elle s'est énervée parce qu'elle se sent menacée et je
suis resté en fait très calme (pour moi continuer de vouvoyer quelqu'un et
ne pas utiliser des gros mots et ne pas crier, c'est rester calme). 2. Le lundi 4 décembre 2006 à 13:52, par Berlol : Non, non, je sais que tu es resté calme et cela donne d'autant plus
de poids à tes paroles. Pour les propos de l'éditrice, ils n'étaient pas
involontaires comme "en l'air", par hasard, mais parce qu'elle ne
savait pas qui elle avait en face d'elle, et surtout parce qu'elle est plus
parlée, ventriloquée par son métier qu'elle ne s'exprime elle-même, hélas
(je crois qu'elle était plus elle-même à la fin qu'au début). Les éditeurs
sont tellement dans la merde ! (Et je n'irai pas non plus à leur enterrement,
je l'ai déjà dit.) Depuis dix ans, le monde a tellement changé, et ils
n'ont presque rien fait. Nombreux sont ceux qui leur ont dit de prendre les
commandes de ce changement dans leur secteur, mais ils ont préféré
"assurer" avec leurs anciennes méthodes, au lieu de prendre des
risques et d'innover. Aujourd'hui, petit à petit, d'autres prennent la place
qu'ils auraient dû s'inventer, et ces nouveaux vont ravager un métier qu'ils
ne connaissent pas et dont ils ne respecteront aucune tradition... 3. Le lundi 4 décembre 2006 à 14:21, par brigetoun : merci ! Lucchini m'exaspère, moins que d'Ormesson mais quand même, mais là il est formidable, dans son amour et sa façon de dire La Fontaine et dans sa façon d'anihiler Arrabal que pourtant j'aime assez en principe 4. Le mardi 5 décembre 2006 à 13:40, par jcb : Merci d'avoir mis en ligne le débat, qui, après l'avoir écouté est
très intéressant. Il est long, mais j'en aurais bien encore écouté plus.
Franchement, il est vrai qu'à un moment on peut croire qu'il n'y en avait que
contre Ph d J, et qu'il représentait tous les bloggeurs du monde. Il ne représentait
là que son travail et s'en est d'ailleurs bien tiré (que l'on soit d'accord
ou pas avec, mais comme face à tout artiste qui fait sa proposition, on est
libre d'aimer ou pas , moi elle m'intéresse depuis deux ans ), mais ce qui était
dommage c'est qu'on quittait alors le sujet du débat, ne restant que sur un
cas particulier sur lequel quelques-uns semblaient vouloir tout amalgamer.
Comme s'il devait supporter le poids de tous les péchés du monde ! Non,
vraiment ils ne savaient pas qui ils avaient en face d'eux ! J'encaisse à mon
compte tous vos reproches, ce n'est pas le genre de la maison ! |
| Mardi 5 décembre 2006. Quelque chose après la
sonnerie.
Fin d'après-midi, je commence à préparer l'entretien avec Jean-Philippe Toussaint, jeudi 14. Je potasse La Mélancolie de Zidane. La panenka. Le but de Hurst en 1966 (qui n'y était pas, finalement, selon une étude de scientifiques d'Oxford). Les légendes que ça fait. Le ciel de Berlin qui renvoie direct à La Télévision. Encore du très bon Ce soir ou Jamais hier soir ! Avec Philippe Starck en ouverture. Puis un débat d'architectes sur les tours d'habitation. Puis un débat sur la musique techno, marrant. Philippe Starck : « [...] Moi je suis anti-Bush,
profondément anti-Bush. J'ai une tendresse et une pitié pour le peuple
américain qui a un problème de dépression nerveuse globale. C'est un pays
qui a une dépression nerveuse. C'est un pays qui est en train d'imploser.
Donc, il faut plutôt s'occuper d'eux, il faut les materner. Parce qu'ils sont
quand même pas tous nuls. Évidemment, c'est des gens qui ont été tous
d'accord à 74 % pour aller voler le pétrole de quelqu'un. Après, quand
l'affaire a été moins rentable, ils ont été moins d'accord. Après, la
première élection, ils se sont fait avoir. Évidemment, il y a eu une fausse
élection, il y a eu tricherie. Mais l'erreur n'est jamais la première fois,
l'erreur est toujours la deuxième fois. Ils ont réélu le même sachant qui
il était. Alors là... Des choses qui mériteraient discussion, mais avec l'esprit desquelles je
suis tout à fait d'accord. Pour cette dernière idée, c'est étonnant, j'y
pensais ce matin avec l'idée enthousiaste de parler de la constellation à
laquelle je me sens appartenir. Celle de ceux et celles qui font le quotidien
de mes visites de blogs et dont je fais partie du quotidien ou de
l'hebdomadaire, je crois, sans que nous ayons à aligner ou systématiser quoi
que ce soit, que je rencontre(rai) à l'occasion et qui me sont plus proches
dans ma solitude essentielle et indiscutable que les voisins de pallier, de
famille ou de parcours scolaire, à de rares exceptions près. Commentaires1. Le mardi 5 décembre 2006 à 09:04, par christine : constellation... j'aime bien aussi, c'est beaucoup mieux que tribu, et on peut filer la métaphore : des trous noirs (les disparus), des super nova (les célèbres), des étoiles filantes, etc. etc. 2. Le mardi 5 décembre 2006 à 12:26, par caroline : 1°) le Fuji ? : Je vois le Ventoux. Quand on est indécrottable comme
moi, on voyage avec ce qu'on a. Au printemps quand les cerisiers sont en
fleurs dans la pleine et que le Ventoux est encore couvert de neige: je me dis
que je suis au Japon. Idem quand je me baigne un peu tardivement dans la
saison et que la piscine est couverte de brume. Je me dis qu'après, quand la
brume se lèvera, le Jufi (pardon le Ventoux) sera là. 3. Le mardi 5 décembre 2006 à 16:56, par Berlol : Il est bon que chacun ait son Fuji Yama. 4. Le mardi 5 décembre 2006 à 17:06, par christine : très vieux sage zen ce commentaire 5. Le mardi 5 décembre 2006 à 20:48, par Berlol : Et un alexandrin, en plus... 6. Le mardi 5 décembre 2006 à 20:59, par vinteix : La constellation, oui, très beau mot... qui me fait penser à
W.Benjamin ou à Kostas Axelos qui l'emploie souvent, notamment dans "Réponses
énigmatiques"... |
| Mercredi 6 décembre 2006. Cet exquis effet
retard. Après quelques bonnes heures de cours et de travail au bureau,
après une sortie en voiture avec David pour passer à la mairie de Showa-ku
m'entendre dire que le renouvellement de ma carte d'étranger peut attendre
janvier, puis être allé au supermarché Matsuzakaya de Motoyama pour acheter
cinq bouteilles de vin pour demain, je me prends un moment de repos avec Ce soir ou Jamais
(tentative d'écluser mon retard). Oui, sauf que s'il n'a rien bu... même le poison n'aurait rien changé. Épatante quand même, Paulette ! Au dîner (carotte rapées, steack haché œuf à cheval), l'émission du 30 — qui passait donc en direct après le dîner au Père Fouettard, que j'aurais pu voir en attendant que T. revienne de l'avenue Théophile-Gautier, ce dont l'idée ne m'avait même pas effleuré l'esprit. Un débat sur l'autofiction que je recommande aux littéraires (suivi d'un long entretien avec Dieudonné, qui peut enfin ici essayer de s'expliquer) et dont j'extrais cet exquis effet retard littéraire et cinématographique : Pascal
Bonitzer :
« Une petite crise d'autofiction... Bon, y'a eu une polémique qui
était très publique entre Arnaud Desplechin et Marianne Denicourt, son
actrice et ex-compagne. Et j'ai eu envie, disons, de me servir très
anecdotiquement de ça pour amorcer un petit peu l'élément de la fiction... Paraît que la chaîne d'information internationale France 24 démarre ce soir. J'essaierai demain... Commentaires1. Le mercredi 6 décembre 2006 à 19:33, par Manu : Et oui, la gaikokujintorokushou, après l'anniversaire, pas avant ! |
| Jeudi 7 décembre 2006. La boue d'une tranchée
de neurones. Faut que je m'y (re)fasse, c'est une condition matérielle
de base, mais n'être pas à Paris empêche d'assister à toutes sortes de
choses... Florence, par exemple, était où je n'étais pas : chez Tschann, le 3, pour écouter Henri Meschonnic. Apparemment,
c'était un bien bon moment autour de la Dame d'Auxerre. Je refroidis la boîte crânienne en cliquant mollement une petite centaine de fois sur le vote Ce soir ou Jamais du nouveau sondage de (ces sourds et aveugles de) Livres Hebdo (qui n'ont toujours rien compris à l'internet)*, puis je finis la soirée avec l'émission de mardi soir : les enfants des révolutionnaires, ça m'intéresse (notamment avec Christophe Bourseiller qui n'est finalement pas venu au Colloque des Invalides, même que quelqu'un en a fait la remarque comme quoi qu'il n'aurait pas prévenu et que c'est pas poli mais qui, ce soir, est là et parle bien, comme souvent). En revanche, les débats d'actualités avec une brochette de gens qui parlent tous en même temps, notamment Alain Finkielkraut, Gisèle Halimi, Jean-Jacques Beineix, etc. Ça, c'est pas tellement recommandable, c'est juste bon si on n'a rien à faire — ce qui n'est quand même pas mon cas. * D'ailleurs, depuis le 22 novembre, on n'a toujours pas vu venir la liste des 333 romans qui n'ont fait l'objet d'aucune critique et que chez Livres Hebdo on prétendait avoir établie, à moins que ce ne soit pas vrai. Commentaires1. Le jeudi 7 décembre 2006 à 15:17, par jenbamin : Bon, commençons par le début : la guerre, c'est moche. Vraiment. Et
dans ces conditions, faut s'entraider. Moi, j'ai été (un peu) mathématicien.
Mais c'était il y a longtemps. Depuis, je suis (un peu plus) musicologue,
alors pas envie de poser des équations, d'autant plus qu'en temps de guerre,
pas le temps de jouer les esthètes, faut aller vite, faut s'entraider. Tout
le monde doit s'y mettre, les gars, et si vous voulez qu'on minimise le nombre
de ceux qui auront perdu tout à la fois bras, œil, jambe et oreille, pas
question qu'il y en ait un seul qui n'y perde rien, d'autant plus que c'est
que des machins qu'on a en double : deux bras, deux œils, deux jambes et deux
noreilles chacun, alors commencez pas à râler. C'est ma-thé-ma-tique !
Mais, eh, oh, c'est pas tout, parce que la guerre c'est vraiment dégueulasse,
alors soyez pas mesquins : quitte à revenir éclopés, z'allez pas n'y perdre
qu'un seul truc, sinon c'est les petits copains qui vont morfler pour vous.
Pas à discuter : plus vous perdez de bidules, et moins il y en aura qui en
perdront plus. C'est ma-thé-ma-tique, j'vous dis ! Allez, allez, pas juste un
schmilblick, ni même deux, au point où vous en êtes : plus vous serez
nombreux à perdre trois choses, et moins y en a qui perdront tout. Ma-thé-ma-tique,
pas de ma faute, quand même ! Donc, on blinde les catégories : 25% perdent
œil-jambe-oreille, 30% perdent œil-bras-oreille, 20% perdent
bras-jambe-oreille, et comme ça sur les inévitables 25% qui perdent œil-bras-jambe,
on peut laisser deux oreilles (et la queue ?) à 15%. Et désolé pour les 10%
qui restent... 2. Le jeudi 7 décembre 2006 à 15:35, par jenbamin : La même, en équations : pour les sceptiques, et au cas où l'un de
mes élèves en maths (il m'en reste, plein !) vienne à lire ça, que je ne
perde pas toute crédibilité, enfin, toute trace de crédibilité, parce que
déjà... 3. Le jeudi 7 décembre 2006 à 15:43, par Dom : C'est de Lewis Carroll. Sa réponse, très lapidaire, est là : 4. Le jeudi 7 décembre 2006 à 15:59, par Berlol : 'Tain ! J'avais bon, alors ! Mince !... Merci à vous deux ! Et content de trouver Lewis Carroll là-dedans ! 5. Le jeudi 7 décembre 2006 à 16:05, par jenbamin : J'aime bien la solution de l'ami Lewis : compter le nombre de
blessures... 6. Le jeudi 7 décembre 2006 à 16:45, par christine : la démonstration de Lewis Carroll est en effet très élégante dans
sa troublante simplicité algébrique (au point qu'on se dit à la première
lecture que ça le fait pas et que ça doit être un gag) mais j'aime bien
aussi votre première démonstration, jenbamin, qui a l'efficacité d'une
fable 7. Le vendredi 8 décembre 2006 à 01:47, par brigetoun : charmant Bourseiller mais son expérience avait été tout de même moins radicale que celle de la fille de Linhart (qui à part le lycée de sa fille n'a fait aucune concession genre fois gras ou climat intellectuel) - une belle passion contenue cette fille, et le charme de la fille Costa Gavras qui m'a donné envie de voir son film |
| Vendredi 8 décembre 2006. La Seine sur le siège à
côté. « Dans le contraste entre modelé et abstraction, il y a du perceptible et de l'imperceptible.» (Henri Meschonnic, Le Nom de notre ignorance, la Dame d'Auxerre, p. 45) C'est sur cette phrase, ruminée, la dernière lue sous la couette hier soir, que je me suis endormi. Ce matin, au sport où je retourne enfin, changement de siècle. « Il y a une fierté de domestique à devoir avancer entravées, comme si
c'était utile, agréable ou sexy. Une jouissance servile à l'idée de servir de
marchepieds. On est embarrassées de nos puissances. toujours fliquées, par les
hommes qui continuent de se mêler de nos affaires et d'indiquer ce qui est bon
ou mal pour nous, mais surtout par les autres femmes, via la famille, les
journaux féminins, et le discours courant.» (p. 20)
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| Samedi 9 décembre 2006. La mélancolie... Par la
coquille fêlée du garnement. Poil de carotte, avant-dernier cours
à l'Institut franco-japonais. Cinéma à l'Institut, après le déjeuner au Saint-Martin (des merguez-frites,
ça réchauffe bien, alors qu'il fait humide et froid, un peu comme en
Suède...) :
Monika
(Ingmar Bergman, 1952), ou l'histoire d'une libération sexuelle & sociale, et
comme du féminisme involontaire chez une jeune fille qui veut seulement une
autre vie que celle des ouvriers et des petits-bourgeois. Heureusement que
je l'avais déjà vu parce qu'en suédois sous-titré japonais... Revenu à la maison, je reprends les enregistrements de France Culture avec un retard dans le suivi des programmes qui frise les trois semaines... J'arrive notamment à récupérer le Promeneur retrouvé de Dominique Meens (Surpris par la nuit du 29 novembre) et Cette Fois de Samuel Beckett dans les (Perspectives contemporaines du 28 novembre). Pendant que T. regarde
The
Libertine (Rochester,
le dernier des libertins, L. Dunmore, 2004), dont je décroche
rapidement parce que c'est maintenant de l'anglais châtié sous-titré japonais
(non sans avoir reconnu la belle
Kelly Reilly, la
Wendy de L'Auberge espagnole et des Poupées russes), je parcours
les constellations qui m'informent, en y trouvant peu de choses aussi
importantes à signaler que l'actualité d'Antoine
Volodine chez Remue.net,
grâce à un nouveau volume des Écritures contemporaines, dirigé par
Dominique Viart, chez Minard. Allez, pour la route, vous prendrez bien un petit Can !... Commentaires1. Le samedi 9 décembre 2006 à 12:25, par Dom : Can !! 2. Le samedi 9 décembre 2006 à 12:28, par Dom : Can. On tapait sur des cartons, on défonçait un vieil harmonium, avec un chum qui s'était fait la coiffure de Karoli, à Vigneux-sur-Seine. Et on se hurlait un peu de Neu pour bonne mesure. Et je les avais jamais vus, ou à peine. You tube ça tue. 3. Le samedi 9 décembre 2006 à 13:35, par Bikun : J'ai regardé aussi et je suis resté scotché sur mon siège! 4. Le samedi 9 décembre 2006 à 17:51, par Grégory Haleux : Berlol ! euh Patrick ! t'es complètement rock'n'roll ! la prochaine fois que je te croise à Paris dans un kollok mal famé, je t'emmène dans un endroit encore plus hardcore ! 5. Le samedi 9 décembre 2006 à 21:25, par Manu : Ça a l'air très bien Can ! 6. Le dimanche 10 décembre 2006 à 01:00, par brigetoun : est ce parce que je suis trop vieille pour en avoir rêvé - je les trouve charmants et leur musique agréable, mais ma doué sans plus 7. Le dimanche 10 décembre 2006 à 02:04, par Berlol : Oui, oui, oui ! Je vois que ça intéresse encore, Can, même des jeunes et des moins jeunes. Grégory, faudra que tu me dises à quel type d'endroit tu fais allusion... (Je connais peut-être...) |
| Dimanche 10 décembre 2006. L'animal est je ne
sais où. Je n'en ferai pas des tonnes, journée des
droits de l'homme ou pas.*
« Dans ces trois films [La dernière Maison sur la gauche, de Wes
Craven, L'Ange de la vengeance, de Ferrara, I Spit on your Grave,
de Meir Zarchi], on voit donc comment les hommes réagiraient, à la place des
femmes, face au viol. Bain de sang, d'une impitoyable violence. Le message
qu'ils nous font passer est clair : comment ça se fait que vous ne vous
défendez pas plus brutalement ? Ce qui est étonnant, effectivement, c'est qu'on
ne réagisse pas comme ça. Une entreprise politique ancestrale, implacable,
apprend aux femmes à ne pas se défendre. Comme d'habitude, double contrainte :
nous faire savoir qu'il n'y a rien de plus grave, et en même temps, qu'on ne
doit ni se défendre, ni se venger. Souffrir, et ne rien pouvoir faire d'autre.
C'est Damoclès entre les cuisses.» (Virginie Despentes, King Kong
Théorie, p. 49) * Pinochet a bien choisi son jour... Commentaires1. Le dimanche 10 décembre 2006 à 15:44, par brigetoun : et je commence à avoir envie de la lire, si ce n'est que nous savons
déjà ça. 2. Le dimanche 10 décembre 2006 à 16:36, par olivier : Bon, alors, voilà un certain temps que je voulais en parler ici, mais
il n'y avait pas d'opportunité... Merci Berlol de la perche tendue en ce
jour... En effet, puisque tu nous parles de sexe dans ce "post",
pourquoi ne pas y parler d'amour aussi... Nous connaissons le "Global
Warming Effect", mais que nous réserve le "Global Orgasm Effect"
??? Avez-vous, chers lecteur du "Berlol", entendu parler de
"l'appel à contribution" lancé pour le 22 décembre prochain ?? |
| Lundi 11 décembre 2006. Heureusement ne se périme
pas. Beau débat sur Camus (Albert) dans le
Ce soir ou Jamais de mercredi dernier, que je ne vois que ce matin.
Jean-Claude Brialy et Jean Daniel réaffirment l'importance d'un penseur qui a
été malmené de son vivant, malgré son prix Nobel, récupéré diversement après sa
mort puis mis au placard — mais qui semble devoir être relu maintenant, y
compris en Algérie.
Et pas grand-chose d'autre, sinon la lecture de Virginie Despentes. Aujourd'hui, chapitre sur la prostitution, aussi percutant que le précédent. je plains ceux qui, parmi les hommes, ne peuvent lire ces pages sans les lire de travers, pour leur faire dire autre chose que ce qu'elles disent pourtant avec clarté et simplicité (mais sans simplisme). C'est très certainement leur façon de se protéger... mais se protéger de quoi ? « Comme le travail domestique, l'éducation des enfants, le service sexuel
féminin doit être bénévole.» (Virgine Despentes, King Kong Théorie,
p. 84) Si vous voulez du Can, il y en a encore un peu par ici... À moins que vous préfériez des remix zarbi de Sheila... Commentaires1. Le lundi 11 décembre 2006 à 20:12, par Manu : Alors, vus et mangés ? 2. Le lundi 11 décembre 2006 à 20:31, par Berlol : Oui, bons ! Y'en a un, avec une tête deux bras et deux jambes, on ne savait pas si c'était un chat ou un ourson... T. me l'a montré après l'avoir étêté... 3. Le lundi 11 décembre 2006 à 21:36, par Manu : Un ourson, je crois, en plus ça devrait vous plaire. Certains ont perdu la tête au démoulage, d'autres à la sortie du four, ou encore, à la mise en boîte. |
| Mardi 12 décembre 2006. Lis sans cillements. C'est quoi, cette histoire, François !? Je vois qu'il y a de l'écho dans la blogosphère
littéraire française pour s'émouvoir et s'indigner. Mais deux questions,
pour moi, se détachent. Ici, mardi froid et
humide. Train sans visibilité. Mais pas de quoi se plaindre. Dîner avec un collègue allemand. Avant de venir ici,
il a été trois ans dans une université où j'ai travaillé il y a fort
longtemps comme chargé de cours. J'avais arrêté parce que c'était trop
loin de Tokyo. Pour deux cours pas très bien payés, je perdais la journée
entière et j'étais crevé. D'ailleurs, il n'y avait pas de perspectives
d'avenir, le poste de titulaire était miné (du fait de relations difficiles,
voire explosives, dans le département de français). Du coup, ce soir, j'ai
pu avoir des nouvelles de Ketty, partie depuis en Nouvelle-Zélande. Ça m'a
rappelé un week-end encore plus ancien, à Chichibu,
ça devait être en 1994 ou 1995... Et puis comparer un peu nos approches
pédagogiques et l'usage que nous faisons des manuels de langue. Enfin,
voilà, tout cela en anglais, c'était ce genre de dîner, chez Rhubarb, avec
leurs excellentes crêpes. Commentaires1. Le mardi 12 décembre 2006 à 03:15, par brigetoun : c'est navrant au moins pour le risque sur le lancement de cette
collection |
| Mercredi 13 décembre 2006. Je vais pouvoir
l'introduire.
Soudain, je me suis souvenu de ce chauffeur de bus qui nous avait ouvert la
porte au feu rouge du pont d'Austerlitz. Nous avions pris
le 24 après avoir traversé la passerelle Simone-de-Beauvoir et voulions
aller à Bastille pour ce merveilleux déjeuner italien rue de Sévigné. J'ai
appuyé sur le bouton juste avant l'arrêt qui suit la gare de Lyon mais le
chauffeur redémarrait déjà, après avoir été bloqué quelques mètres
avant l'arrêt par d'autres véhicules, et se lançait en travers des
nombreuses voies pour stopper au feu après lequel il traverserait la Seine.
T. s'était levée en même temps que moi et nous restions stupides devant la
porte, pensant déjà que nous allions devoir retraverser le pont, à pied ou
dans un autre bus, et perdre du temps, arriver en retard. Ce qui n'était
pas la fin du monde. Le conducteur nous avait repérés et avait sans doute
compris ce qui s'était passé, peut-être en voyant dans son rétroviseur mon
air hébété, même pas désagréable, en vérité, surpris et quand même
contrarié. Alors, en une fraction de seconde, juste après avoir stoppé son
bus et avoir je crois vérifié dans un rétroviseur externe qu'il n'y avait
exceptionnellement pas de voitures dans les trois ou quatre voies sur la
droite du bus, ni à l'horizon, il nous fit un signe mi-question
mi-proposition, auquel, à nouveau surpris, j'acquiesçais. Et la porte
s'ouvrit. Je descendis et mis pied à terre en regardant prudemment d'où
pouvaient venir les voitures, T. finissant de descendre les deux marches et me
tenant la main, quelque peu apeurée car jamais un conducteur de bus japonais
n'aurait osé ouvrir de cette façon. Dans la belle lumière de ce jour-là,
nous avons traversé les voies désertes, des voitures arrivaient mais encore
à une bonne centaine de mètres. Il avait bien calculé notre coup. Je me
retournais pour le remercier d'un signe de main et de tête, T. aussi. Le bus
redémarrait déjà. Il reçut notre salut et sourit à son tour. Enfin eu contact par mail avec Jean-Philippe Toussaint, qui est à Kyoto,
qui m'écrit que je n'ai rien raté vendredi dernier parce qu'il n'était pas
à l'Institut franco-japonais de Tokyo mais... à celui de Yokohama. Au temps
pour moi qui, après avoir manqué l'info au moment opportun, en ai tronqué
une autre dans l'après-coup... (Faudrait que je me concentre un peu.) « Une pensée de vanille », c'est l'expression poétique
qu'une étudiante a écrite dans une dictée de recette de cuisine. Elle a
confondu, comme cela arrive souvent à l'oreille nippone, les en et les
in, comme dans marrant et marin. Éric Chevillard et Antoine Emaz ont reçu une bourse
Thyde Monnier de la SGDL. C'est bien. La SGDL a organisé le 5 décembre
une sorte de colloque,
fait de trois tables rondes, intitulé La création littéraire à l'heure
du numérique. C'est très bien. Avec des journalistes, des éditeurs, des
créateurs et des gestionnaires du numérique et pas mal d'adresses web dans
le programme au format pdf : Encres
vagabondes, Comme un roman
(librairie), Le Littéraire.com (SGDL),
Chaoïd, Jean-Pierre
Balpe, Xavier Malbreil,
Patrick Morelli, Romain Protat.
Un des débats portait sur les nouveaux droits d'auteur. Ça aurait sans doute
plu à Philippe... Commentaires1. Le mercredi 13 décembre 2006 à 12:40, par Philippe De Jonckheere : P, pour être parfaitement honnête, j'y étais invité, mais je n'ai
pas pu m'y rendre, un rendez-vous prioritaire pris de longue date, et dont il
n'est pas trop intime de dire, même dans un commentaire, qu'il s'agissait
d'un rendez-vous important pour Nathan. 2. Le mercredi 13 décembre 2006 à 14:32, par une parisienne qui n'aime pas le foot : 1. pour faire bercy - bastille, le 87 eût été direct 3. Le mercredi 13 décembre 2006 à 15:32, par Berlol : Eh oui, le 87, bien sûr, mais il eut fallu que nous le chopassions... 4. Le mercredi 13 décembre 2006 à 15:53, par Bikun : Tiens, je croyais qu'il était interdit au bus de s'arrêter en dehors des arrêts de bus? 5. Le mercredi 13 décembre 2006 à 16:04, par christine : l'internaute n'a pas d'autre question pour l'instant et concède que les bus parisiens ne sont pas faciles à chopassionner 6. Le mercredi 13 décembre 2006 à 16:21, par Berlol : Bon, je reconnais que je l'ai un peu chargé, ce pauvre verbe... 7. Le mercredi 13 décembre 2006 à 16:36, par christine : c'est interdit en effet, Bikun, mais heureusement les humains
(certains au moins) savent composer avec les interdits pour que la vie des
autres humains soit plus fluide ... il en est de même des chauffeurs de bus 8. Le mercredi 13 décembre 2006 à 18:41, par Berlol : Philippe, j'ai bien lu qu'une grosse chose vous avait aimantés
ailleurs. Et c'était bien normal. En ce qui concerne les comptes rendus et
les enregistrements mp3 : le compte rendu prend du temps, c'est évident, et
il faut plus ou moins y être autorisé, ou mandaté, donc plutôt du ressort
de l'organisateur (ou de la puissance invitante), en revanche l'enregistrement
mp3 peut se faire discrètement, ne coûte rien, ne prend guère de temps
(celui de transférer dans l'ordinateur, de couper des bouts avant et après,
des silences, etc., voire de réécouter tout en faisant la vaisselle, et de
èftéper quelque part) et se diffuse facilement, même sans trop prendre de
gants si ce n'est pas clairement interdit. C'est ce que je fais pour la
plupart des colloques et conférences auxquels je vais, même si je ne les
diffuse pas toujours (je demande, et quand ça n'est pas souhaité, je
respecte). 9. Le jeudi 14 décembre 2006 à 01:11, par brigetoun : un restaurant italien rue de Sévigné ? c'est à ce genre de détail que je sens mon âge. De mon temps il n'y avait pas de restaurant |
| Jeudi 14 décembre 2006. Y être pour ne rien
voir.
J'y reviendrai demain ou quand j'aurai le temps. Juste dire que la
conférence-entretien avec Jean-Philippe Toussaint (soyons un peu sérieux)
s'est bien déroulée, qu'il y avait plus de soixante-dix personnes dans la
salle de l'Alliance française de Nagoya, que personne ne s'est endormi, je
crois, j'avais l'œil, et que l'on a même eu droit à quelques scoops —
outre le fait que c'était la première fois que Toussaint s'exprimait
publiquement sur La Mélancolie de Zidane, que l'Alliance avait fait
venir la librairie Maruzen pour vendre l'édition de Fuir en japonais,
sorti il y a deux ou trois semaines,
que des exemplaires du dernier opuscule envoyés par Minuit étaient aussi
disponibles, que l'auteur a accepté une séance de signature de plus de vingt
minutes, et qu'un collègue, Éric, pour ne pas le nommer, était venu de
Kyoto, inversant le mouvement habituel qui voit les francophones nagoyens aller chercher
pitance culturelle vers la rivière aux canards.
Deuxième photo avec une lectrice au moment de la dédicace de son exemplaire. Le lendemain... Tout d'abord, questionné par votre serviteur, également bien placé pour
les photos de profil,
Toussaint s'est expliqué sur la finesse de son livre,
qu'il appelle parfois plaquette. Mais plus justement encore : « geste »
littéraire. La Mélancolie de Zidane est un geste littéraire qui,
dans sa brièveté même, répond à la brièveté du geste de Zidane. Il a
voulu concentrer dans la subjectivité d'un instant les dimensions d'un
paradoxe inédit : qu'il fallait être dans le stade de Berlin et
assister à la finale de la Coupe du monde de football 2006, bien suivre des
yeux le ballon lors de la 107e minute pour ne rien voir de ce qui se passait
alors qu'une seule caméra le filmait, ce « ce » qui se passait, et le diffusait à des centaines de
millions de téléspectateurs — qu'il fallait donc y être pour ne rien voir. « Est-ce que ça ne l'affadirait pas », s'il était le dernier texte d'un recueil des précédents écrits de Toussaint sur le football, comme c'était préalablement envisagé ?... À venir, peut-être, sous sa plume lapidaire, un jour : Le Scandale de la brièveté. « Tout le monde n'a pas eu la chance de ne rien voir...», dit |