Samedi 1er avril
2006. Cerisiers extatiques.
Jour anniversaire
de T., lever tard, déjeuner au Saint-Martin
bondé pour cause de sortie des familles — pour mater
les cerisiers extatiques de Sotoboro-dori. Les frites y sont
toujours les meilleures malgré mes multiples essais en
France (Orléans et Paris).Allons à Ginza pour que T. redéplie ses jambes, quelque peu atrophiées par les deux derniers mois de chaise de thèse. Ça va, les muscles n'ont pas fondu, ils lui permettent encore d'arpenter les trottoirs et les magasins pendant quelques heures. On choisit un très beau gâteau chez Dalloyau, le Paris-Tokyo, à notre image, bien sûr. Et puis du tarama, aussi. Je me suis donné l'ordre avant-hier de ne plus m'occuper du CPE. Et ça fait du bien. Ces dernières semaines, je suivais ça avec passion, souffrance et comme si ma participation était requise — et utile. C'est, je crois, ce à quoi nous pousse une sorte de tension hystérique des médias : nous croire indispensables alors même que tout est fait pour éviter de prendre notre avis en compte. Le message est en fait que nous devons nous soumettre à la fatalité qu'on nous fabrique, et qu'il est seulement indispensable que nous restions à l'écoute du sort qui nous est réservé. Dans la mesure où je ne peux pas participer aux mouvements ni aux discours, il vaut mieux que je remonte sur un petit nuage, noir le nuage, d'où je souris de voir l'orchestration dramatique crescendo avant l'avis du Conseil constitutionnel (montagne — souris), d'où je pouffe à l'écoute du discours du Chef de l'état (« j'écoute aussi ceux qui » révèle que le forcené de l'Élysée parle la langue du forcené de Matignon) et d'où je me tiens les côtes de l'urgence soudaine à vouloir présenter des textes additifs et correctifs où il était si simple de faire dans le suspensif... Et puis ça permet de me réinvestir ailleurs, où je suis plus utile. Par exemple les cours qui commenceront sous peu. Ceci n'est pas un poisson d'avril. Voici un des lieux où je voudrais mais ne pourrai aller dans deux semaines. Car outre le fait que je n'ai pas le bon passeport, les cours auront repris chez nous. Empire lost : France and its other Worlds (à Stanford, avec notamment Assia Djebar et Michel Serres). Le plus étonnant pour moi (et regrettable), c'est qu'avec leurs moyens et leur notoriété, les responsables de ce colloque ne nous proposent pas, à nous partout dans le vaste monde qui ne pouvons venir à eux, de les écouter ou de les voir en ligne. Sont-ils technologiquement si arriérés ? Est-ce un choix qui, malgré la gratuité et les évidentes bonnes intentions, révèle un fond toujours élitiste ? Cependant, le programme, lui, a bien été diffusé dans le monde entier... La liste des Chairs and Moderators de ce colloque montre aussi une sorte de verrouillage étatsuniens (je ne peux hélas pas dire autrement) de la chose. Et si c'est involontaire, ou héréditaire, c'est encore pire. Bien sûr, on me répondra que dans deux ou cinq ans, il y aura un volume publié. Sauf qu'il coûtera 40 ou 50 € et que presque personne ne l'achètera. Le pire, c'est qu'on pourrait dire cela de 99 % des colloques ! Alors qu'un enregistreur mp3 coûte entre 200 et 300 €, que l'espace de stockage en université est à discrétion et qu'il ne manque pas d'étudiants-chercheurs qui seraient très heureux de se charger de tout cela... Mais voilà. C'est simple. On n'y pense pas. Je précise (pour ceux qui débouleraient ici sans rien connaître à ce journal, prévenus par des amis et éventuellement furieux de mes propos) que je n'ai organisé que deux colloques jusqu'à ce jour mais qu'il sont tous les deux disponibles à l'écoute en ligne, sur mon initiative et mes propres deniers — et que franchement, de vous à moi, ce n'était pas la mer à boire... Les aficionados de Michel Serres le retrouveront par exemple ici, à l'École Polytechnique le 1er décembre 2005 — où, ironie du sort, il développait sa vision des nouvelles technologies. Commentaires1. Le samedi 1 avril 2006 à 08:25, par arte : Je viens de signer un Contrat de Première Commande.
Donc, le fournisseur doit respecter le cahier des charges dans un planning
donné, et évidemment, il est payé, par échéance,
pour son travail. Sauf que comme c'est la première fois qu'il travaille
pour nous, je peux mettre fin quand je veux à nos accords. Ce qui
est normal... imaginez que cela ne se passe pas parfaitement entre nous !
Hein ? Tiens, hier, je demandais un petit rajout, un truc ridicule, pas prévu,
certes, mais bon... quand on veut ... Non ? 2. Le samedi 1 avril 2006 à 11:19, par k : mornale, marche ou crêve, vermine............ 3. Le samedi 1 avril 2006 à 13:27, par cel : si tu laisses le cpe de côté tourne toi vers
la dadvsi : exception.politechnicart.... 4. Le samedi 1 avril 2006 à 13:36, par arte : Hein quoi, que lis-je ? 5. Le samedi 1 avril 2006 à 13:40, par cel : ah arte, je comprends ta surprise, alors pardon d'office de ne revenir ici qu'avec l'air d'être sur mes grands chevaux, mais mon récent nouvel emploi précaire me laisse si peu de temps pour lire et commenter les blogs que je me prends à radicaliser direc'... 6. Le samedi 1 avril 2006 à 13:45, par arte : ben Cel, ne t'excuses pas, radicalise direc'... c'est bon pour tout le monde ! 7. Le samedi 1 avril 2006 à 13:51, par cel : c'est bon pour le moral, c'est bon pour le moral, c'est bon-bon,
c'est bon-bon ! 8. Le samedi 1 avril 2006 à 16:20, par Berlol : Merci CelArteK pour ces paroles rassurantes. On en rit donc
partout dans notre bonne France. Ne vous inquiétez pas, je reste en
ligne et à l'écoute, mais je ne veux plus "espérer"
ni que mon cœur "batte" aux annonces... Allez, je vais voir vos adresses. 9. Le dimanche 2 avril 2006 à 05:29, par Manu : "...prévenus paR des amis...", je suppose, à
moins que tu ne les considères déjà comme tes ennemis... 10. Le dimanche 2 avril 2006 à 05:46, par Berlol : Merci pour la coquille. |
| Dimanche 2 avril 2006.
L'ire grande pisseuse des nuées. Réévaluation : rendre justice à Joseph Macé-Scaron (et à (quelques-un(e)s de) ses collaborateurs). Fin décembre et début janvier, les deux premières éditions de Jeux d'épreuves (France Culture, le samedi de 17:00 à 17:55) m'avaient peu intéressé (euphémisme). J'y décelais (ou croyais y déceler) l'amorce d'une ambiance masque-et-plumesque, entée sur des résidus de Panorama. Ça allait empirer (ça ne pouvait qu'empirer, croyais-je) de l'outrance critique à l'étripement spectaculaire. La présence catastrophique d'Angelo Rinaldi et de François Busnel, pour lesquels je n'ai aucune estime, n'était pas pour me séduire... Or, il n'en est rien. Et je viens, entre avant-hier et aujourd'hui, de récupérer presque toutes les éditions, encore disponibles en audio, notamment, pour les dernières, celles du 25 février (sur Hubert Haddad, Jacques Perret, JMG Le Clézio, Christina de Stefano et Christina Campo), du 4 mars (sur Jean Meckert, Duong Thu Huong, Yun Sun Limet et Richard Powers), du 11 mars (sur José Éduardo Agualusa, Aurélie Filippetti, Arthur Japin et Khari Shalabi), du 18 mars, en direct du Salon du livre (sur Daniel Maximin, Grisélidis Réal, Koffi Kwahulé et Pascal Quignard), du 25 mars (sur François Bégaudeau, Jacques Gélat, Iegor Gran et Kazuo Ishiguro), jusqu'à celle d'hier (sur JM Coetzee, Imre Kertesz, François Augiéras, Serge Sanchez et Ivo Andric). Le parti pris de ne pas inviter d'écrivains (pas de génuflexions) et de ne parler que de livres lus et (audiblement) annotés d'une façon réellement critique, parfois passionnée parfois méthodique — loin des fades résumés en 10 lignes et des pseudo-entretiens par courriel en trois questions qui fleurissent partout dans le réticule, et qui sont à la critique ce que les rochers Ferrero sont aux chocolats Godiva. Le dégonflage de Le Clézio et, dans une moindre mesure, du dernier roman de Quignard, les remarques intelligentes, en bien comme en mal, sur Bégaudeau ou sur Filippetti, les choix audacieux de Haddad ou de Limet ont été les moments déclencheurs de ce revirement, de ce changement d'avis dont je suis heureux car il y a maintenant trop d'émissions d'entretien avec les auteurs (qu'il est difficile de contredire) et pas assez d'émissions de critique véritable (c'est-à-dire qui ne soient pas des émissions de distraction). Longue vie, donc, à Jeux d'épreuves !
Car tout ne va pas
de mal en pis. Sauf pour les cerisiers, dont l'extase
provocante (électrique ?) a déclenché
soudain l'ire grande pisseuse des nuées — l'avions
anticipée, rentrés aux premières gouttelettes.Surprise au ping-pong, de nous retrouver, Bikun, Manu et moi, comme il y a trois ou cinq ans ! La reine Hisae retenue en famille et Katsunori disparu, nous nous revoyions dans cette éternelle durée de notre amitié naissante, avant que d'autres ailes ne poussent à Bikun, avant que Manu ne doive plus d'assiduité aux enfants qu'à nous... Tout au présent, je me suis bien concentré pour battre Manu et n'ai laissé Bikun gagner qu'en fin de troisième manche. Le jeu long nous est revenu, qui, même s'il n'est pas très sérieux, donne une sensation de défoulement physique plus importante que le jeu technique.
Déjeuner au
restaurant chinois Panda. À quatre, T. nous y
ayant rejoints, pouvant enfin déjeuner détendue
avec quelqu'un sans l'arrière-pensée de manquer
à son devoir rédactionnel (les thésards
comprendront aisément). Après cette féérie
de petits plats, Bikun sort son ordinateur portable pour
nous montrer une centaine de ses meilleures photos du Tadjikistan
tout en nous décrivant de vive voix son mode de vie
spartiate, ce qui est toujours plus vivant que par écrit.On passe ensemble au Sakuraya de Shibuya pour discuter des caméras vidéo, des avantages et inconvénients des modèles exposés, dans la perspective encore vague d'une acquisition pour T., qui est aussi intéressée par un dictionnaire électronique (mais il n'ont que des Casio, Seiko serait mieux) tandis que je lorgne un appareil-photo extra plat... Tout cela est encore velléitaire, pour ne pas dire brouillon, et mérite réflexion. Un autre jour, peut-être, messieurs les vendeurs ! Décidons de rentrer, T. et moi, tandis que nos deux compères s'en vont vers de livresques aventures (la librairie Book First, en fait). Nos Animaux préférés dans le bain et d'exotiques basiques Charlie's Angels après le dîner, sur la chaîne 10. Comme quoi... Commentaires1. Le dimanche 2 avril 2006 à 19:00, par Manu : Cela dit, je préfère Pascal Caffet (découvert
au Japon grâce à C.) à Godiva (parfois un peu gras/lourd
à mon goût) 2. Le dimanche 2 avril 2006 à 20:03, par Berlol : Bon ben... on va les essayer ! 3. Le lundi 3 avril 2006 à 05:39, par brigetoun : Godiva, le seul sortable des belges, est en effet gras, et je crois qu'ils font du "chocolat blanc" ce qui les rend impossible, je ne connais pas les autres. Merci du conseil pour France Culture que j'ai un peu abandonné, découragée |
| Lundi 3 avril 2006.
Que tourne plus vite la page. Sur la terre, dans les couloirs, sur les balcons, sur les eaux du canal et sur les fils électriques, dans les airs et dans le bec des oiseaux, les pétales de cerisiers sont partout. Le vent levé de bonne heure a continué l'œuvre d'une nuit d'orage pour que tourne plus vite la page. Mais les pétales ne savent rien. Qu'aller au gré des courants d'air et se loger dans d'impossibles interstices. Par exemple entre chaussure et chaussette dès le nez mis dehors. Entre dent et gencive quand on bâille — mais pas moi, j'ai bien dormi...
Après une matinée
studieuse et un déjeuner rapide au Bldy de Kagurazaka
(qui devrait rappeler des souvenirs à quelques
personnes), j'accompagne T. à Shibuya, entre les coups
de vent, pour une séance de remise en forme.Mais avant cela, retournons au Sakuraya cité hier pour y faire en toute tranquillité nos emplettes mûrement réfléchies (le dimanche n'est vraiment pas recommandé pour ça). Après discussion avec un vendeur compétent, pesée des avantages et inconvénients, le choix de T. se porte sur l'Everio de Victor-JVC, avec un disque dur de 30 Go ! Anniversaire + fin de rédaction de thèse, cela méritait un geste conséquent ! Pour moi, ce sera comme prévu hier, l'ultra-plat... Celui-là même qui m'a permis, dès mon retour à la maison, de surprendre les trois salopiots en train de cambrioler la trousse de maquillage... Même réduite à 160 Ko pour la mise en ligne, la photo prise au Sony T7 montre un piqué et des distinctions de couleurs supérieurs à ce dont le Nikon Coolpix 5400 est capable, surtout si l'on considère la surexposition logique d'un flash à moins d'un mètre et qu'il n'y a aucune retouche de contraste par logiciel. Trois ans d'évolution technologique font dans ce domaine toute la différence, au mépris de la catégorie des appareils (le second étant en théorie supérieur au premier). Regardons Les Égarés d'André Téchiné, DVD que je dois rendre à l'Institut. Déception (« 4 nominations aux César 2004 » signifie surtout qu'il n'en a eu aucun...). On a voulu mettre trop de choses dans ces 91 minutes, alors tout est fait à la va-vite, les dialogues souvent superficiels, les caractères pas poussés jusqu'à l'intensité dans l'action, et quand une scène est exceptionnellement lente, on s'y endort parce qu'elle n'a pas de consistance. Le prisonnier échappé et la petite fille s'en sortent, mais Emmanuelle Béart et l'adolescent qui joue son fils sont pénibles. Je préfère me souvenir des Roseaux sauvages... Ce soir, pour la première fois depuis toutes ces années au Japon, une fiction, un dorama sur un grand tremblement de terre à Tokyo (大地震), avec mise en scène de maintes situations-types que nous aurions à affronter : effondrements d'immeubles et de meubles, incendies, ascenseurs coincés, communications coupées, wagons déraillés, provisions raréfiées, étages de tours isolés, gymnases de réfugiés, scènes de panique, scènes de calme, scènes de sauvetage, scènes de retrouvailles, etc., le tout couvrant environ trois jours. Programme certes utile, mais dont le pathétique lacrymal (essentiellement familial) évite de montrer de trop près l'horreur des corps meurtris, broyés et brûlés, tout comme sont évitées les scènes de pillage, de détroussement de cadavres, de sauvagerie en bande (etc.) dont on sait hélas qu'elles ne manqueraient pas d'arriver. Le but est de faire comprendre aux gens qu'ils doivent tenir prêt leur sac de survie, leur mémoire des lieux de regroupement et leurs protocoles de communication — bref, de les affoler raisonnablement... Commentaires1. Le lundi 3 avril 2006 à 09:31, par k : i am ok techine c'est égaré 2. Le lundi 3 avril 2006 à 18:53, par dabichan : Moi aussi j'ai regardé ce dorama sur un probable séisme
de force 7 (maximum sur l'échelle japonaise) qui frapperait directement
sous la mégalopole. 3. Le lundi 3 avril 2006 à 22:09, par caroline : Téchiné n'est pas un grand réalisateur. Je dirais même que ses films m'ennuient. Quant à celle qui joue la petite fille, Clémence Meyer, je la connais bien et je suis contente que vous ayez apprécié son talent. |
Mardi 4 avril 2006.
La fraise n'est pas la framboise.
Molloy me maintient
en éveil tout le temps du shinkansen.Juste une pause pour faire quelques photos du Fuji... « Ainsi de temps en temps je rappellerai mon existence actuelle dont celle que je conte ne peut donner qu'une faible idée. Mais de loin en loin seulement, afin qu'on puisse se dire, le cas échéant, Se peut-il vraiment que ça vive encore ? Ou encore, Mais c'est un journal intime, ça va bientôt s'arrêter.» (Samuel Beckett, Molloy, p. 82) Déjeuner festif avec nos nouveaux étudiants (une cinquantaine)... Je joue le photographe de service, les baguettes dans une main, sortant mon T7 de l'autre et flashant des groupes avec virtuosité (et discrétion). Travail au bureau et réunion de département, la première. Beaucoup de paperasse à trier, traiter, ranger, jeter. En un mois et demi, il s'en est bien accumulé deux kilos...
Dîner à
4 au Rhubarbe...Crêpes toujours aussi bonnes. Autre test photo, avec ces couleurs luisantes des glaces dans un lieu peu éclairé. En ISO 64 et flash coupé, l'automate a choisi le 20e de seconde, ouverture 3.5... Résultat : le texte est net et la fraise n'est pas la framboise... Commentaires1. Le mardi 4 avril 2006 à 12:11, par k : et framboise sont les mamelles du destin, 2. Le mardi 4 avril 2006 à 23:04, par Manu : Je crois aussi que les réglages d'usine du Sony sont pensés pour donner des photos "finies" à la sortie (sharp, saturation...), alors que sur le Nikon, c'est plus neutre, mais plus flexible pour d'éventuelles (voire nécessaires) retouches, n'est-ce pas Bikun ? |
| Mercredi 5 avril 2006.
Ne sonneront jamais justes. Suite du rangement au bureau puis séance au centre de sport. Lecture à vélo, en contrepoids à Beckett : Dany Laferrière... « Faut lire Hemingway debout, Basho en marchant, Proust dans un bain, Cervantès à l'hôpital, Simenon dans le train (Canadian Pacific), Dante au paradis, Dosto en enfer, Miller dans un bar enfumé avec hot dogs, frites et coke... Je lisais Mishima avec une bouteille de vin bon marché au pied du lit, complètement épuisé, et une fille à côté, sous la douche.» (Dany Laferrière, Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer, Le serpent à plumes, 2003 [Québec : Lanctot, 1985], p. 21) Déjeuner avec David et un collègue mexicain, du département d'espagnol, lui aussi en train d'essayer de convaincre ses collègues de passer à des pratiques pédagogiques intégrant le cadre européen commun de référence pour les langues... C'est-à-dire, surtout, en schématisant un peu, faisant passer les compétences linguistiques en situation (vie courante, voyage, travail, renseignements, administrations, etc.) avant les apprentissages purement intellectuels et mémoriels (grilles de verbes et règles grammaticales). Même si je reste convaincu qu'une base d'apprentissages contenant du par cœur et du répétitif jusqu'à l'automatisme, inséré dans des activités ludiques est impérative pour l'acquisition d'une certaine liberté d'expression — et faute de quoi, l'apprenant sera condamné à (ne) sortir (que) des phrases-types qui ne colleront jamais aux situations, qui ne sonneront jamais justes, et ce dès le niveau A1 !). Je l'ai d'ailleurs constaté dans les relations avec les familles orléanaises. Par exemple, une étudiante qui sait distinguer clairement le présent, de l'imparfait, du passé composé ou du futur pourra se faire comprendre sur ce qui est devant elle et qui n'est pas l'identique de ce qu'elle a vu ou eu la veille... Sinon, le tout-au-présent entraîne d'infinies confusions avec les familles qui souhaitent constamment vérifier si telle ou telle chose se passe bien, ce qui se fait bien sûr par questionnement en comparant avec les fois précédentes, naturellement distinguées dans des strates de temps, que l'étudiante ne perçoit pas — les francophones natifs quant à eux ne percevant pas que l'étudiante ne perçoit pas la stratification et cherchant un autre problème, se culpabilisant, etc. Préparation de reprise. Remettre ses pas, ses mains, ses yeux et tout le reste dans des mécanismes de travail... Les mêmes, dans leur principe, mais différents... (Hier soir, on a un peu parlé de Robbe-Grillet dans les pas de Kirkegaard.) Les salles de cours attribuées ne sont plus les mêmes, le matériel est à découvrir ou à apprivoiser, les protocoles informatiques peuvent varier, les horaires même... Tous nos cours sont décalés de vingt minutes (plus tard qu'avant) et les inter-cours passent de 10 à 15 minutes. Pour les nouveaux étudiants, aucun problème, ils ne connaîtront que ça. Pour les autres, comme pour les enseignants, il y aura du flottement les deux premiers mois.
Et puis je reprends
le train. Lecture de Molloy. Pause pour photos.
Plus assez de lumière pour la netteté. Les cerisiers
sont à tartiner. Mais c'est qu'ils sont toujours
là ! Étonnants, cette année, bientôt
deux semaines, déjà des pétales partout,
et toujours autant sur les branches !« Le stew me déçut. Où sont les oignons ? m'écriai-je. Réduits, répondit Marthe. Je me précipitai dans la cuisine, à la recherche des oignons que je la soupçonnais d'avoir enlevés, sachant combien je les aimais. Je fouillai jusque dans la poubelle. Rien. Elle me regardait, narquoise.» (Samuel Beckett, Molloy, p. 139) Commentaires1. Le mercredi 5 avril 2006 à 14:18, par emmanuel : "Pour les nouveaux étudiants, aucun problème,
ils ne connaîtront que ça. Pour les autres, comme pour les enseignants,
il y aura du flottement les deux premiers mois." J'espère que vous
exagérez, que c'est une hyperbole. Parce que deux mois pour s'habituer
à un petit changement horaire.... quelle image donnez vous des enseignants
et des étudiants, pris (englués) dans des habitudes, et quelles
habitudes.... 2. Le mercredi 5 avril 2006 à 17:45, par Berlol : Moi le premier, pour l'adaptation au décalage ! Le
pire devrait être d'aller jusqu'à 12h35 pour la pause déjeuner,
sachant que les étudiants vont commencer à préparer
leurs affaires (si on ne leur dit rien) vers 12h15... Bien sûr, il
y aura des sonneries. 3. Le mercredi 5 avril 2006 à 18:04, par Manu : Ah, tu as aussi cette impression pour les cerisiers ? |
| Jeudi 6 avril 2006. À
méditer quatre ans plus tard. J'accompagne T. chez le médecin, elle a des douleurs qu'elle ne s'explique pas bien. Après la visite, c'est plus clair, c'est une inflamation du nerf sciatique. Les semaines qu'elle a passées devant son bureau puis le redémarrage physique depuis quelques jours ont eu des effets pervers... Voilà ce qu'on ramasse à vouloir finir une thèse au mépris de son propre corps ! Quoi qu'il en soit, c'est moins inquiétant que de ne rien savoir. Dans l'ignorance, c'est le stress et l'imagination qui font pirement (et physiquement) souffrir.
De retour, je me dépêche
de regarder Chats
perchés, dévédé emprunté
il y a quelques jours à la médiathèque
de l'Institut et que je dois rendre aujourd'hui, avec déjà
une amende de retard à payer. Peu importe, le film me
paraît encore plus intéressant que la première
fois que je l'ai vu...J'en profite pour refaire une photo avec M. Chat et le masque reçu le jour de la projection de Tokyo. Au passage, Chris Marker nous rappelle deux paroles très intéressantes à réentendre, et à méditer quatre ans plus tard. L'une de Mamère, l'autre de Chirac : « Laisser entendre que Jospin peut ne pas être au 2e tour, c'est prendre les Français pour des imbéciles » (Noël Mamère, Verts, au Cirque d'hiver, 17/04/2002). « Dans les semaines, dans les mois, dans les années à venir, j'aurai besoin de vous pour conduire la République et pour défendre ses valeurs. Je compte sur vous.» (discours de Jacques Chirac, 05/05/2002, place de la République, après sa réélection contre Le Pen...) Il peut compter sur le peuple, Chirac, pour défendre les valeurs de la république... y compris contre son premier ministre et contre lui-même. L'hymne de Marker à l'expression populaire, à la contestation joyeuse sous les auspices du chat prend des accents paradoxaux de sagesse de la nation face à des hommes politiques tous aussi girouettes que malhonnêtes. Enfin, j'ai trouvé LE site de référence !
Déjeuner avec Christine,
enfin de retour, après des mois à donner
des cours en Suisse. Au Saint-Martin, bien sûr. Et T.
nous montre ce qu'elle sait déjà faire avec sa caméra
vidéo... Mon porc braisé sauce cassis est tout
simplement délicieux. Beaucoup de choses à se
raconter. Et puis relancer Thomas pour retourner au squash...Je vais ensuite travailler à la médiathèque de l'Institut pour quelques références sur Beckett. Là, je m'aperçois d'un autre usage de mon Sony T7 : photographier des pages au lieu de recopier ou d'aller faire des photocopies. Le résultat est tout à fait lisible, malgré le faible éclairage qui contraint à une assez longue ouverture (1/20e). Comme ça, je potasserai à la maison les subtiles remarques de Ludovic Janvier dans son Beckett par lui-même au Seuil — 1969 et peu d'ouvrages sur Beckett qui arrivent à ce niveau (mais quelques-uns quand même, on en reparlera...). Je dois l'avoir, ce livre, mais dans un carton à 11.000 km... Commentaires1. Le jeudi 6 avril 2006 à 10:06, par k : miaaaaooouuuu 2. Le jeudi 6 avril 2006 à 10:11, par k : au fait la liste des nominés sera affiché 3. Le samedi 8 avril 2006 à 01:21, par Bikun : REvoila le commentaire que je voulais ecrire la derniere
fois! |
Vendredi 7 avril 2006.
Mensongère et meurtrière.
Avec Flaubert, Beckett, Badiou,
Viart et consorts, mes pensées refleurissent...Ça y est, j'ai les trois Surpris par la nuit de pr.op.os autour de Bouvard et Pécuchet, c'est-à-dire de l'essence même de la littérature dans le travail d'écriture d'auteurs contemporains. Superbe idée, vraiment, de Stéphane Bouquet et Tanguy Viel (je suppose). J'en citerai, un autre jour... Pas le temps aujourd'hui. Veille de grand oral ; une des épreuves de la vie ; un cours d'explication de texte sur Molloy ! Mais pour qui je me prends ? Qui je suis pour m'attaquer, me mesurer avec ça ? Et j'y vais, courage, baluchon de notes. « Élément des plus précieux pour l’unité, il est terriblement consciencieux dans son travail, enthousiaste quant à l’avenir de l’hôpital, il aime jouer au bridge et c’est à tous égards un type sympathique, âgé de trente-huit à quarante ans et sans convictions religieuses ; libre penseur, si l’on veut — à ceci près qu’il s’est jeté sur un petit chapelet en vente à l’étalage à Notre-Dame pour le rapporter en cadeau à Tommy D. C’est très attentionné de sa part.» (Jim Gaffney, médecin à l’hôpital de Saint-Lô, lettre à sa sœur Nora, 2 oct. 1945 ; citée in Eoin O’Brien, The Beckett Country. Samuel Beckett’s Ireland, Dublin : Black Cat Press, 1986, p. 326-327 ; reprise dans James Knowlson, Beckett / biographie traduite de l’anglais par Oristelle Bonis, Actes Sud, 1999, p. 447-448.) « La leçon de Beckett est une leçon de mesure, d’exactitude, et de courage.» (Alain Badiou, Beckett, l’increvable désir, Paris : Hachette, 1995, p. 9.)
Après lecture de Badiou, ça m'a
galvanisé, d'aller écouter Dominique Viart
à Waseda ! (Le traitement de l'Histoire dans la littérature
française depuis 1980.) Il a cité beaucoup d'auteurs, mais
j'ai bien senti à nouveau l'attachement voué comme moi à
Claude Simon, Claude Ollier, Julien Gracq, Pierre Michon, François
Bon, Patrick Modiano, Didier Daeninckx, et, pour finir sur des contemporains
qui recyclent des modalités historiques : Antoine Volodine !
Alors qu'on va commencer lundi Nos Animaux préférés
au GRAAL ! Incroyable, cet accord plaqué et tenu !J'ai enregistré, bien sûr... Puis dîner à 9 à la bonne nipponette dans le quartier, cornaqués par Fumio Chiba, son inimitable sourire, la conversation très libre. [à la bonne nipponette est une adaptation locale (de moi) d'à la bonne franquette...] À J.-M. M.
Ailleurs...
il y a un monde où l'on marche sur la tête où la justice condamne celui qui a raison celui qui n'a fait que rendre service relais d'une juste dénonciation de la bestiale impunité de la force publique autrefois appelée soldatesque et la justice folle énivrée d'elle-même couvre sa sœur la police se vautre avec elle se souille dans sa robe et condamne sans vergogne et sourit de la disproportion qu'elle dit pour préserver la dignité mot souillé par la matraque sanguinolente moi je dis que c'est la dignité de ceux qui n'en ont jamais eu car ils sont cachés policiers armés casqués derrière le statut assermenté de leur parole mensongère et meurtrière Oui il y a meurtre et viol et salissure et coups et blessures sur un homme à terre sur un homme désarmé qui défend l'homme à terre sur un homme qui relaie l'homme désarmé qui défend l'homme à terre sur les hommes et les femmes qui soutiennent l'homme qui relaie l'homme désarmé qui défend l'homme à terre tous et toutes souillés et condamnés et vomissant leur justice et vomissant leur police et l'homme à terre, l'homme prétexte, où est-il ? dissout, mort, payé pour se taire ? Ailleurs... Commentaires1. Le vendredi 7 avril 2006 à 09:26, par emmanuel : "un cours d'explication de texte sur Molloy ! Mais pour qui
je me prends ? Qui je suis pour m'attaquer, me mesurer avec ça ?" 2. Le vendredi 7 avril 2006 à 09:29, par e. : "Moi le premier, pour l'adaptation au décalage ! Le
pire devrait être d'aller jusqu'à 12h35 pour la pause déjeuner,
sachant que les étudiants vont commencer à préparer
leurs affaires (si on ne leur dit rien) vers 12h15... Bien sûr, il
y aura des sonneries." 3. Le vendredi 7 avril 2006 à 11:41, par arte : Adresse : E.E.E.E.E.E Japon. 4. Le vendredi 7 avril 2006 à 14:12, par Berlol : Merci, Arte. 5. Le samedi 8 avril 2006 à 08:21, par e.(mmanuel) : Plus sérieusement, vous n'avez pas l'impression de
propager une étrange image de votre métier par ce genre de
remarque. Ce n'est pas par une boutade que cela change les choses, et arte
sait être beaucoup plus drôle. On pourrait continuer, je pourrais
me demander où est l'élévation d'esprit dans le fait
de redouter que les élèves rangent leurs affaires 15 minutes
avant, et qu'il va falloir deux mois pour s'habituer aux nouveaux horaires.
Je pourrais continuer en faisant remarquer que je ne vois pas beaucoup d'élévation
d'esprit, dans les "posts" récents de ce blog, que je lisais avec
plaisir, amusement, et intérêt, il y a encore quelques temps.
Je trouve depuis l'épisode Orléans, tout cela bien plan-plan. 6. Le samedi 8 avril 2006 à 08:25, par Berlol : Voilà, faites comme ça... 7. Le samedi 8 avril 2006 à 23:03, par le consul : Je suis assez étonné de voir la façon
de réagir des écrivants de blogs. Si on va dans leur sens,
pas de problème, si on pose une question ou on fait une remarque un
peu négative, alors là montée de boucliers. Ce que je
vois là, je l'ai vu dans le blog du "flaneur", par exemple, mais dans
d'autres aussi. On rejette celui qui pose une question, qui fait une remarque.
Mais qu'est-ce qu'un blog sinon un espace public ?? Si on ne veut pas de
commentaire, on ne les autorise pas. Si on ne veut pas que des inconnus viennent
vous lire, et vous critiquer (au sens positif du terme) on bloque l'accès
de son blog. Pour vous lire aussi, je suis étonné par vos remarques
rapides et emportées. D'autant plus que je crois qu'Emmanuel avait
laissé des messages, dont un à propos de Celan et qui avait
reçu réponse amicale. Peut-être manque t il à
cet Emmanuel les règles du jeu, et n'aurait il pas dû révéler
quelque chose qui cloche dans vos posts... Je suis aussi étonné
de votre façon de réagir alors que vous défendez la
liberté d'expression, l'internet et tout le reste, et que vous vous
repliez de manière aussi sectaire. 8. Le dimanche 9 avril 2006 à 00:37, par Berlol : Merci de soulever le problème, cher consul. Il est
lourd. Je ne suis pas opposé au dialogue, ni à la contradiction.
Et bien que je sois chez moi dans le JLR, je ne suis pas contre l'idée
d'avoir tort de temps en temps... (faut-il mettre un smiley ?) 9. Le dimanche 9 avril 2006 à 06:25, par Manu : Moi, je ferais le commentaire suivant. Cette histoire d’horaires n’est sans doute pas la remarque la plus profonde et passionnante que Berlol ait écrite. Il ne peut pas vivre tous les jours des choses extraordinaires à raconter. Et puis c’est son style de mélanger quotidien et réflexions plus approfondies. On aime ou on n’aime pas. Mais si on préfère ce deuxième aspect, il y a effectivement d’autres choses sur lesquelles se pencher dans ses billets… |
| Samedi 8 avril 2006. Vite
las des bières et du son qui monte. Je n'ai pas failli. J'étais bien à 9h30 à l'Institut pour commencer une série de dix cours d'explication de texte sur Molloy de Beckett. Quelques nouvelles têtes parmi les étudiants, qui doivent être spécialement faites, pour se lever aux aurores et venir jusqu'ici le samedi matin... Les trois premières pages de Molloy, c'est quoi ? Quelqu'un qui parle — et ça s'écrit (p. 7). L'enfermement dans la chambre maternelle et dans le présent, pour on ne sait quelle infirmité. Le doute systématique derrière chaque nouvelle information. Une transaction écriture contre argent : mise à nu de l'édition (côté auteur). Le fils qui se substitue à sa mère et se cherche un fils à son tour : schématisation du renouvellement générationnel (7-8). Une bribe de mémoire avec trois verbes à l'imparfait pour un cliché d'amours ancillaires (8). Des concepts décoiffants comme le commencement qui n'est pas le vrai commencement (on dirait du Tao te king !...), ou l'avant-dernier plus important à choper que le dernier — puisqu'après le dernier on est mort (piégeux). La possibilité parabolique : que ce dénuement accepté soit l'ontologique tabula rasa de l'après-Auschwitz. Enfin les bugs de langage : l'interrogation sur le sens de faute (9), qui révèle la prégnance d'une éducation protestante chez celui qui n'en a pas (plus) besoin, mais surtout l'intransitivité de la parole comme de la mise en spectacle (« dire adieu », « faire ses adieux », sans que ce soit ni « à » ni « pour » quelqu'un — sauf un lecteur, n'importe lequel ou presque, qui arrive par exemple ce jour, 60 ans plus tard, pour signer son contrat. Et une méga coquille dans la collection Double : les deux lignes du bas de la page 7, sont répétées en haut de la page 8 ! Et ce n'est pas de la faute à Sam !
Ceci posé, je m'en vais
déjeuner avec T. au Saint-Martin. J'ai bien mérité
mon poulet-frites.Puis je vais écouter les quatre interventions de l'après-midi au colloque Écritures et communauté : Tsukahara Fumi (U. Waseda) pour qui la pensée de Baudrillard est peut-être moins incisive et créatrice que celle de 吉本隆明, Yoshimoto Takaaki (ou Yoshimoto Ryûmei, selon la lecture des kanjis) ; Patrice Bougon (U. d'Iwate) qui parcourt les cinq sens du mot communauté chez Michel Deguy de façon convaincante ; Marukawa Seiji (U. Waseda) qui tente d'unifier les concepts de communauté de Jean-Luc Nancy, de Jacques Rancière, de Michel Deguy et de quelques autres, au risque d'un incertain PPDC ; enfin Franck Villain (U. de Tsukuba) qui fait en toute sobriété une limpide étude d'Antoine Emaz, à partir de Lichen, lichen et d'Os, pour une poétique du quotidien où la communauté puise sans que l'individu ne quitte jamais son quant-à-soi.
Ayant lu Emaz il n'y a pas
si loin dans le JLR,
la parole de Franck résonne fortement, d'autant plus
qu'elle est parente de celle de Beckett... J'ainsi boucle ma
journée de pensée sur l'image d'une fractalité
poétique où la multiplicité de micro-espaces
d'objets-êtres identiques laisse à chacun sa différence.Ci-contre, photo avec Kyoko, Franck, Clara et Fumi. Ces échauffements neuronaux s'achèvent en douzaine dans la germanique ambiance de la brasserie Lion d'Ebisu Square Garden, dans laquelle je ne reste qu'une heure et demie, vite las des bières et du son qui monte. C'est l'âge ?... « Mais peu importe. Car maintenant le souverain était sauf, tandis que madame la gauche mort tournait et tournait dans un fond de cale sans voir revenir ses messagers, prisonnière dans une barcasse peu à peu se dégradant, devant une côte déserte, dans un rêve issu d'un rêve de rêve.» (Antoine Volodine, Nos Animaux préférés, p. 79) Commentaires1. Le samedi 8 avril 2006 à 10:05, par alain : Bon. 2. Le samedi 8 avril 2006 à 12:06, par arte : bonjour Clara ! 3. Le samedi 8 avril 2006 à 18:01, par Bikun : L'âge?...Hmmm ben alors pour moi c'est pareil, ou alors
c'est simplement qu'on se lasse des conversations (pas forcément intéressantes)
et qu'on a surtout autre chose de plus intéressant et motivant à
faire (puisqu'il ne s'agit pas de rentrer chez soi pour se caler devant la
télé!). |
| Dimanche 9 avril 2006.
En voilà deux que j'aurais bien accompagnés. Outre le plaisir de retrouver Katsunori (vu hier au cours sur Beckett) et Bikun (dernière fois avant son retour au Tadjikistan), ping-pong décevant (pour moi). Même hors match, je ne produis que très peu de bonnes balles — et pas de vrai défoulement. En fait, je voudrais m'entraîner sérieusement... Comme la semaine dernière — pas tout à fait les mêmes — retrouvons T. au restaurant chinois Panda pour un déjeuner excellent et calme, qualités parfois difficiles à réunir à Shibuya. Bikun nous raconte ses tribulations pour obtenir des renouvellements de visa auprès des autorités tadjikes — beaucoup plus compliqué que la vie de tous les jours, en fait. Puis, T. et moi faisons des courses à Yamaya pour demain, le GRAAL qui aura lieu chez nous. Plus tard, dans le bain, point de canard flottant... « la Shaggå a été conçue pour évoquer, et en même temps pour leurrer, pour protéger, pour résister à toute effraction. Elle contient une part de mystère indéchiffrable et, sous ses dehors anodins, elle proclame paisiblement que sa raison d'être est ailleurs : c'est une esthétique de l'esquive qui lui donne sa force poétique, c'est parce que la Shaggå (à la manière d'autres créations post-exotiques) "parle d'autre chose" que le lecteur ou la lectrice sont invités à la faire résonner en eux, à la goûter. Une fois de plus, on a devant soi un exemple de l'insolence post-exotique, telle que depuis ses origines littéraires elle s'est affirmée : dire entre soi des histoires, murmurer ou gronder de violentes visions, habiter des terres parallèles, transmettre images et ambiances, provoquer l'exil et la transe, mais laisser à l'écart l'ennemi, toujours rôdant quelque part parmi les auditeurs, le laisser agacé et impuissant, le laisser ferrailler contre des cuirasses imperçables, derrière lesquelles rien d'important ne se dissimule ; construire entre soi des univers romanesques, une prose lyrique à plusieurs niveaux et chemins de lecture, dont au moins un passe par l'inconscient verrouillé des prisonniers et prisonnières qui disent, qui chuchotent, qui hurlent ou qui se taisent.» (Antoine Volodine, Nos animaux préférés, p. 86-87) Ai lu qu'il y avait une soirée d'Arte sur Beckett, avant-hier, et que commence une rétrospective Almodovar à la Cinémathèque. Cela me donne bien du regret de n'être pas parisien. Est-ce que Cécile ira ? Et Alain, peut-être ? En voilà deux que j'aurais bien accompagnés... Me restent les Vendredis de la philosophie, avec Nicolas Grimaldi qui traite excellemment de métaphysique de la jalousie chez Proust. Un beau sujet. Pour changer et se faire peur, le troisième épisode de la Princesse de sang, fiction radiophonique d'après Jean-Patrick Manchette. Et puis à minuit, Alastair Duncan détaille les conditions de préparation de la pléiade Claude Simon. Pas le temps de récupérer Quignard, on verra demain... Enfin, une interrogation dernière : faut-il acheter le dernier Gérard Manset ? Pour le DVD de Suicide, ça me paraît plus évident que oui. Commentaires1. Le dimanche 9 avril 2006 à 10:33, par Dom : Manset, le précédent semble être meilleur, après brève écoute à la FNAC. Si tu apprécies le précédent. 2. Le dimanche 9 avril 2006 à 20:32, par alain : Almodovar, beurk ! 3. Le dimanche 9 avril 2006 à 22:27, par Berlol : Dommage, Alain. Mais est-ce que tu as vu Qu'est-ce que
j'ai fait pour mériter ça ? ou Entre les ténèbres
? C'est génial ! Allez, bonne journée quand même !... 4. Le lundi 10 avril 2006 à 01:35, par Bartlebooth : Merci pour l'info Manset, je n'étais pas au courant. 5. Le lundi 10 avril 2006 à 01:43, par cécile : Tu aurais été déçu avec moi aussi,
parce qu'Almodovar j'aime pas non plus et même il me fâche (cet
engouement ?? je trouve ça toc, creux, ça dégouline,
que du trop, trot gros, hue) (pas vu les deux que tu cites). Et pas moyen
de capter Beckett sur ma tévé pourrite.. 6. Le lundi 10 avril 2006 à 07:54, par Berlol : Bien sûr que je serais allé avec toi revoir
Blow up ! C'est trop bien ! 7. Le lundi 10 avril 2006 à 15:36, par Dom : Manset, ya les très chargés, longs, saturés, discordants, comme Le langage oublié, bluffant total, et les lights, certains morceaux limite écoutables. J'ai l'impression que ça a toujours été comme ça (après up la Mort d'Orion, down Manset (la couverture blanche), up Ya une route, puis derechef down Rien à raconter, malgré les Vases bleues, ...). Dans les deux cas, avec toujours cette façon d'être juste au bord du ridicule qui met jouissivement à l'épreuve les affectionnés. Le dernier, il me paraît vraiment light. Et il aurait l'intention de faire des concerts. !. 8. Le lundi 10 avril 2006 à 16:05, par Berlol : Oui, ça, je l'ai entendu, je ne le croyais pas... 9. Le mardi 11 avril 2006 à 01:55, par Bartlebooth : Ah je ne suis pas du tout d'accord avec Dom. Cette histoire
de up & down, c'est un peu évasif et simple. 10. Le dimanche 23 avril 2006 à 13:31, par zoso : Moi j'ai vraiment beaucoup de mal avec ses 2 derniers albums : dndf.over-blog.com/articl... |
| Lundi 10 avril 2006. Un
poisson mi-figue mi-raisin. Journée volodinière. Je copie, je colle, j'imprime, je relis. J'infuse, aussi. (En gros, ce sont tous les liens distribués dans les mentions d'AV ces deux derniers mois...) Grâce à Radio Bardo de Lionel Ruffel, je suis allé fouiller dans les notices de mes MD pas encore repiqu&ea |