Journal LittéRéticulaire de Berlol
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Littéréticulaire : néol., adj. (de littéraire et réticulaire), propriété d'un texte où s'associent, aux valeurs traditionnelles et aux figures classiques du texte littéraire, les significations et effets de sens provoqués par les liens hypertextuels au sein d'un réseau (l'internet par exemple), qu'ils aient été voulus ou non par l'auteur.







Avril 2006

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Samedi 1er avril 2006. Cerisiers extatiques.

Jour anniversaire de T., lever tard, déjeuner au Saint-Martin bondé pour cause de sortie des familles — pour mater les cerisiers extatiques de Sotoboro-dori. Les frites y sont toujours les meilleures malgré mes multiples essais en France (Orléans et Paris).
Allons à Ginza pour que T. redéplie ses jambes, quelque peu atrophiées par les deux derniers mois de chaise de thèse. Ça va, les muscles n'ont pas fondu, ils lui permettent encore d'arpenter les trottoirs et les magasins pendant quelques heures. On choisit un très beau gâteau chez Dalloyau, le Paris-Tokyo, à notre image, bien sûr. Et puis du tarama, aussi.

Je me suis donné l'ordre avant-hier de ne plus m'occuper du CPE. Et ça fait du bien.
Ces dernières semaines, je suivais ça avec passion, souffrance et comme si ma participation était requise — et utile. C'est, je crois, ce à quoi nous pousse une sorte de tension hystérique des médias : nous croire indispensables alors même que tout est fait pour éviter de prendre notre avis en compte. Le message est en fait que nous devons nous soumettre à la fatalité qu'on nous fabrique, et qu'il est seulement indispensable que nous restions à l'écoute du sort qui nous est réservé. Dans la mesure où je ne peux pas participer aux mouvements ni aux discours, il vaut mieux que je remonte sur un petit nuage, noir le nuage, d'où je souris de voir l'orchestration dramatique crescendo avant l'avis du Conseil constitutionnel (montagne — souris), d'où je pouffe à l'écoute du discours du Chef de l'état (« j'écoute aussi ceux qui » révèle que le forcené de l'Élysée parle la langue du forcené de Matignon) et d'où je me tiens les côtes de l'urgence soudaine à vouloir présenter des textes additifs et correctifs où il était si simple de faire dans le suspensif...
Et puis ça permet de me réinvestir ailleurs, où je suis plus utile. Par exemple les cours qui commenceront sous peu.

Ceci n'est pas un poisson d'avril.
Voici un des lieux où je voudrais mais ne pourrai aller dans deux semaines. Car outre le fait que je n'ai pas le bon passeport, les cours auront repris chez nous. Empire lost : France and its other Worlds (à Stanford, avec notamment Assia Djebar et Michel Serres).
Le plus étonnant pour moi (et regrettable), c'est qu'avec leurs moyens et leur notoriété, les responsables de ce colloque ne nous proposent pas, à nous partout dans le vaste monde qui ne pouvons venir à eux, de les écouter ou de les voir en ligne. Sont-ils technologiquement si arriérés ? Est-ce un choix qui, malgré la gratuité et les évidentes bonnes intentions, révèle un fond toujours élitiste ?
Cependant, le programme, lui, a bien été diffusé dans le monde entier... La liste des Chairs and Moderators de ce colloque montre aussi une sorte de verrouillage étatsuniens (je ne peux hélas pas dire autrement) de la chose. Et si c'est involontaire, ou héréditaire, c'est encore pire. Bien sûr, on me répondra que dans deux ou cinq ans, il y aura un volume publié. Sauf qu'il coûtera 40 ou 50 € et que presque personne ne l'achètera.
Le pire, c'est qu'on pourrait dire cela de 99 % des colloques ! Alors qu'un enregistreur mp3 coûte entre 200 et 300 €, que l'espace de stockage en université est à discrétion et qu'il ne manque pas d'étudiants-chercheurs qui seraient très heureux de se charger de tout cela... Mais voilà. C'est simple. On n'y pense pas.
Je précise (pour ceux qui débouleraient ici sans rien connaître à ce journal, prévenus par des amis et éventuellement furieux de mes propos) que je n'ai organisé que deux colloques jusqu'à ce jour mais qu'il sont tous les deux disponibles à l'écoute en ligne, sur mon initiative et mes propres deniers — et que franchement, de vous à moi, ce n'était pas la mer à boire...
Les aficionados de Michel Serres le retrouveront par exemple ici, à l'École Polytechnique le 1er décembre 2005 — où, ironie du sort, il développait sa vision des nouvelles technologies.

Commentaires

1. Le samedi 1 avril 2006 à 08:25, par arte :

Je viens de signer un Contrat de Première Commande. Donc, le fournisseur doit respecter le cahier des charges dans un planning donné, et évidemment, il est payé, par échéance, pour son travail. Sauf que comme c'est la première fois qu'il travaille pour nous, je peux mettre fin quand je veux à nos accords. Ce qui est normal... imaginez que cela ne se passe pas parfaitement entre nous ! Hein ? Tiens, hier, je demandais un petit rajout, un truc ridicule, pas prévu, certes, mais bon... quand on veut ... Non ?
Le PDG a demandé un RV.
M'plait pas beaucoup lui...va pas faire d'vieux os ici, c'lui là ... Vous savez c'que j'y ai dit ?
"Coco, si t'es pas content, y'en a d'autres qui attendent la commande, hein !".
Du coup j'ai mis fin à son contrat. Toc ! Savez pas c'qui m'a dit ?
"Et pour quelle raison, Monsieur, SVP, puis-je connaître le motif de cette résiliation ?"...
Non mais vous vous rendez compte ???

2. Le samedi 1 avril 2006 à 11:19, par k :

mornale, marche ou crêve, vermine............

3. Le samedi 1 avril 2006 à 13:27, par cel :

si tu laisses le cpe de côté tourne toi vers la dadvsi : exception.politechnicart....
où l'on découvre les textes précis anéantissant l'exception pédagogique, par certains accords qui limitent (entre autres limitations - tu verras c'est à bondir) l'ouverture de colloques de facs aux étudiants et chercheurs (pour peu qu'on y utilise des ressources protégées par les dits accords).
Non non, ni cerisiers ni lauriers même en fleurs sur lesquels se reposer, quand tu sais que pour sa thèse, T., si elle la passait en france ('mettons dans 6 mois/1 an/2 ans, le temps qu'on promulgue ou je ne sais quoi) pourrait être amenée à n'illustrer son propos que de 20 illustrations maximum (en 400px de large max), sous peine de je ne sais...
allons, du nerf

4. Le samedi 1 avril 2006 à 13:36, par arte :

Hein quoi, que lis-je ?

5. Le samedi 1 avril 2006 à 13:40, par cel :

ah arte, je comprends ta surprise, alors pardon d'office de ne revenir ici qu'avec l'air d'être sur mes grands chevaux, mais mon récent nouvel emploi précaire me laisse si peu de temps pour lire et commenter les blogs que je me prends à radicaliser direc'...

6. Le samedi 1 avril 2006 à 13:45, par arte :

ben Cel, ne t'excuses pas, radicalise direc'... c'est bon pour tout le monde !

7. Le samedi 1 avril 2006 à 13:51, par cel :

c'est bon pour le moral, c'est bon pour le moral, c'est bon-bon, c'est bon-bon !
(selon jean pierre pernaut le moral des français pourrait être à la hausse en ce début de printemps : " ce simple changement de saison sur le calendrier redonnera le moral à beaucoup de gens, sans doute, après un hiver si long et si rigoureux ", une série d'extraits instructive quant à une certaine discrétion de la "tension hystérique des médias" à lire ici : www.acrimed.org/article23...

8. Le samedi 1 avril 2006 à 16:20, par Berlol :

Merci CelArteK pour ces paroles rassurantes. On en rit donc partout dans notre bonne France. Ne vous inquiétez pas, je reste en ligne et à l'écoute, mais je ne veux plus "espérer" ni que mon cœur "batte" aux annonces... Allez, je vais voir vos adresses.
Pour le DADVSI et l'exception pédagogique, des messages ont été diffusés depuis deux semaines via Litor. Donc, je suis au courant. Heureusement, au Japon, on fait ce qu'on veut !...

9. Le dimanche 2 avril 2006 à 05:29, par Manu :

"...prévenus paR des amis...", je suppose, à moins que tu ne les considères déjà comme tes ennemis...
Tiens, le DAVDSI, on a oublié d'en parler ensemble, j'aurais bien aimé pourtant...
Et si je racontais un bout du billet de demain ?
Pas de Kastu, retour de Bikun, seuls les 3 "membres fondateurs présents", déjeuner au Panda... bon j'arrête, tu l'écris nettement mieux que moi !
Ce que tu ne sais pas, c'est que le café où vous n'êtes pas allés avec nous, n'existe plus ! On est donc retourné à la viennoiserie Denmark... à côté de Sakuraya, comme la dernière fois que Bikun et moi avions pris un café ensemble : ah, les habitudes...

10. Le dimanche 2 avril 2006 à 05:46, par Berlol :

Merci pour la coquille.
Dis donc, t'es pas en train de regarder Charlie's Angels sur la 10, toi ?



Dimanche 2 avril 2006. L'ire grande pisseuse des nuées.

Réévaluation : rendre justice à Joseph Macé-Scaron (et à (quelques-un(e)s de) ses collaborateurs).
Fin décembre et début janvier, les deux premières éditions de Jeux d'épreuves (France Culture, le samedi de 17:00 à 17:55) m'avaient peu intéressé (euphémisme). J'y décelais (ou croyais y déceler) l'amorce d'une ambiance masque-et-plumesque, entée sur des résidus de Panorama. Ça allait empirer (ça ne pouvait qu'empirer, croyais-je) de l'outrance critique à l'étripement spectaculaire. La présence catastrophique d'Angelo Rinaldi et de François Busnel, pour lesquels je n'ai aucune estime, n'était pas pour me séduire...
Or, il n'en est rien. Et je viens, entre avant-hier et aujourd'hui, de récupérer presque toutes les éditions, encore disponibles en audio, notamment, pour les dernières, celles du 25 février (sur Hubert Haddad, Jacques Perret, JMG Le Clézio, Christina de Stefano et Christina Campo), du 4 mars (sur Jean Meckert, Duong Thu Huong, Yun Sun Limet et Richard Powers), du 11 mars (sur José Éduardo Agualusa, Aurélie Filippetti, Arthur Japin et Khari Shalabi), du 18 mars, en direct du Salon du livre (sur Daniel Maximin, Grisélidis Réal, Koffi Kwahulé et Pascal Quignard), du 25 mars (sur François Bégaudeau, Jacques Gélat, Iegor Gran et Kazuo Ishiguro), jusqu'à celle d'hier (sur JM Coetzee, Imre Kertesz, François Augiéras, Serge Sanchez et Ivo Andric).
Le parti pris de ne pas inviter d'écrivains (pas de génuflexions) et de ne parler que de livres lus et (audiblement) annotés d'une façon réellement critique, parfois passionnée parfois méthodique — loin des fades résumés en 10 lignes et des pseudo-entretiens par courriel en trois questions qui fleurissent partout dans le réticule, et qui sont à la critique ce que les rochers Ferrero sont aux chocolats Godiva.
Le dégonflage de Le Clézio et, dans une moindre mesure, du dernier roman de Quignard, les remarques intelligentes, en bien comme en mal, sur Bégaudeau ou sur Filippetti, les choix audacieux de Haddad ou de Limet ont été les moments déclencheurs de ce revirement, de ce changement d'avis dont je suis heureux car il y a maintenant trop d'émissions d'entretien avec les auteurs (qu'il est difficile de contredire) et pas assez d'émissions de critique véritable (c'est-à-dire qui ne soient pas des émissions de distraction).
Longue vie, donc, à Jeux d'épreuves !

Car tout ne va pas de mal en pis. Sauf pour les cerisiers, dont l'extase provocante (électrique ?) a déclenché soudain l'ire grande pisseuse des nuées — l'avions anticipée, rentrés aux premières gouttelettes.
Surprise au ping-pong, de nous retrouver, Bikun, Manu et moi, comme il y a trois ou cinq ans ! La reine Hisae retenue en famille et Katsunori disparu, nous nous revoyions dans cette éternelle durée de notre amitié naissante, avant que d'autres ailes ne poussent à Bikun, avant que Manu ne doive plus d'assiduité aux enfants qu'à nous... Tout au présent, je me suis bien concentré pour battre Manu et n'ai laissé Bikun gagner qu'en fin de troisième manche. Le jeu long nous est revenu, qui, même s'il n'est pas très sérieux, donne une sensation de défoulement physique plus importante que le jeu technique.

Déjeuner au restaurant chinois Panda. À quatre, T. nous y ayant rejoints, pouvant enfin déjeuner détendue avec quelqu'un sans l'arrière-pensée de manquer à son devoir rédactionnel (les thésards comprendront aisément). Après cette féérie de petits plats, Bikun sort son ordinateur portable pour nous montrer une centaine de ses meilleures photos du Tadjikistan tout en nous décrivant de vive voix son mode de vie spartiate, ce qui est toujours plus vivant que par écrit.
On passe ensemble au Sakuraya de Shibuya pour discuter des caméras vidéo, des avantages et inconvénients des modèles exposés, dans la perspective encore vague d'une acquisition pour T., qui est aussi intéressée par un dictionnaire électronique (mais il n'ont que des Casio, Seiko serait mieux) tandis que je lorgne un appareil-photo extra plat... Tout cela est encore velléitaire, pour ne pas dire brouillon, et mérite réflexion. Un autre jour, peut-être, messieurs les vendeurs !
Décidons de rentrer, T. et moi, tandis que nos deux compères s'en vont vers de livresques aventures (la librairie Book First, en fait).

Nos Animaux préférés dans le bain et d'exotiques basiques Charlie's Angels après le dîner, sur la chaîne 10. Comme quoi...

Commentaires

1. Le dimanche 2 avril 2006 à 19:00, par Manu :

Cela dit, je préfère Pascal Caffet (découvert au Japon grâce à C.) à Godiva (parfois un peu gras/lourd à mon goût)
www.pascal-caffet.com/
www.pascalcaffet.jp/index...
Quant aux chocolatiers japonais, 'Le pâtissier Takagi" n'est pas mal non plus.
www.lplctakagi.jp/top.htm...

2. Le dimanche 2 avril 2006 à 20:03, par Berlol :

Bon ben... on va les essayer !

3. Le lundi 3 avril 2006 à 05:39, par brigetoun :

Godiva, le seul sortable des belges, est en effet gras, et je crois qu'ils font du "chocolat blanc" ce qui les rend impossible, je ne connais pas les autres. Merci du conseil pour France Culture que j'ai un peu abandonné, découragée



Lundi 3 avril 2006. Que tourne plus vite la page.

Sur la terre, dans les couloirs, sur les balcons, sur les eaux du canal et sur les fils électriques, dans les airs et dans le bec des oiseaux, les pétales de cerisiers sont partout. Le vent levé de bonne heure a continué l'œuvre d'une nuit d'orage pour que tourne plus vite la page. Mais les pétales ne savent rien. Qu'aller au gré des courants d'air et se loger dans d'impossibles interstices. Par exemple entre chaussure et chaussette dès le nez mis dehors. Entre dent et gencive quand on bâille — mais pas moi, j'ai bien dormi...

Après une matinée studieuse et un déjeuner rapide au Bldy de Kagurazaka (qui devrait rappeler des souvenirs à quelques personnes), j'accompagne T. à Shibuya, entre les coups de vent, pour une séance de remise en forme.

Mais avant cela, retournons au Sakuraya cité hier pour y faire en toute tranquillité nos emplettes mûrement réfléchies (le dimanche n'est vraiment pas recommandé pour ça). Après discussion avec un vendeur compétent, pesée des avantages et inconvénients, le choix de T. se porte sur l'Everio de Victor-JVC, avec un disque dur de 30 Go ! Anniversaire + fin de rédaction de thèse, cela méritait un geste conséquent !
Pour moi, ce sera comme prévu hier, l'ultra-plat... Celui-là même qui m'a permis, dès mon retour à la maison, de surprendre les trois salopiots en train de cambrioler la trousse de maquillage...
Même réduite à 160 Ko pour la mise en ligne, la photo prise au Sony T7 montre un piqué et des distinctions de couleurs supérieurs à ce dont le Nikon Coolpix 5400 est capable, surtout si l'on considère la surexposition logique d'un flash à moins d'un mètre et qu'il n'y a aucune retouche de contraste par logiciel. Trois ans d'évolution technologique font dans ce domaine toute la différence, au mépris de la catégorie des appareils (le second étant en théorie supérieur au premier).

Regardons Les Égarés d'André Téchiné, DVD que je dois rendre à l'Institut. Déception (« 4 nominations aux César 2004 » signifie surtout qu'il n'en a eu aucun...). On a voulu mettre trop de choses dans ces 91 minutes, alors tout est fait à la va-vite, les dialogues souvent superficiels, les caractères pas poussés jusqu'à l'intensité dans l'action, et quand une scène est exceptionnellement lente, on s'y endort parce qu'elle n'a pas de consistance. Le prisonnier échappé et la petite fille s'en sortent, mais Emmanuelle Béart et l'adolescent qui joue son fils sont pénibles.
Je préfère me souvenir des Roseaux sauvages...

Ce soir, pour la première fois depuis toutes ces années au Japon, une fiction, un dorama sur un grand tremblement de terre à Tokyo (大地震), avec mise en scène de maintes situations-types que nous aurions à affronter : effondrements d'immeubles et de meubles, incendies, ascenseurs coincés, communications coupées, wagons déraillés, provisions raréfiées, étages de tours isolés, gymnases de réfugiés, scènes de panique, scènes de calme, scènes de sauvetage, scènes de retrouvailles, etc., le tout couvrant environ trois jours. Programme certes utile, mais dont le pathétique lacrymal (essentiellement familial) évite de montrer de trop près l'horreur des corps meurtris, broyés et brûlés, tout comme sont évitées les scènes de pillage, de détroussement de cadavres, de sauvagerie en bande (etc.) dont on sait hélas qu'elles ne manqueraient pas d'arriver.
Le but est de faire comprendre aux gens qu'ils doivent tenir prêt leur sac de survie, leur mémoire des lieux de regroupement et leurs protocoles de communication — bref, de les affoler raisonnablement...

Commentaires

1. Le lundi 3 avril 2006 à 09:31, par k :

i am ok techine c'est égaré

2. Le lundi 3 avril 2006 à 18:53, par dabichan :

Moi aussi j'ai regardé ce dorama sur un probable séisme de force 7 (maximum sur l'échelle japonaise) qui frapperait directement sous la mégalopole.
Résultat ? Déçu !
Soit l'intention était de faire une fiction du genre "Vulcano" ou autres hollywoodienneries du genre et dans ce cas c'est un flop en raison précisément des commentaires de Berlol.
Soit l'intention était éducative et dans ce cas aussi c'est un bide, car un documentaire bien illustré avec renfort d'animations graphiques et une juste vulgarisation scientifique, genre dans lequel excellent les Japonais, eut été de loin bien plus efficace.
Bref, on ressort de ce dorama avec un paquet de kleenex en moins et l'impression rassurante dans l'immédiat, dangereuse à long terme, que, de toute façon, c'était du cinéma, et que dans la réalité tout a été prévu et tout est bien rôdé pour cela n'arrive pas. Ce qui, on l'a vu à Kobe (et on le reverra malheureusement encore ailleurs un de ces quatre), n'est tout simplement... pas le cas !
Dame Nature sait être bien imprévisible.

3. Le lundi 3 avril 2006 à 22:09, par caroline :

Téchiné n'est pas un grand réalisateur. Je dirais même que ses films m'ennuient. Quant à celle qui joue la petite fille, Clémence Meyer, je la connais bien et je suis contente que vous ayez apprécié son talent.



Mardi 4 avril 2006. La fraise n'est pas la framboise.

Molloy me maintient en éveil tout le temps du shinkansen.
Juste une pause pour faire quelques photos du Fuji...

« Ainsi de temps en temps je rappellerai mon existence actuelle dont celle que je conte ne peut donner qu'une faible idée. Mais de loin en loin seulement, afin qu'on puisse se dire, le cas échéant, Se peut-il vraiment que ça vive encore ? Ou encore, Mais c'est un journal intime, ça va bientôt s'arrêter.» (Samuel Beckett, Molloy, p. 82)

Déjeuner festif avec nos nouveaux étudiants (une cinquantaine)... Je joue le photographe de service, les baguettes dans une main, sortant mon T7 de l'autre et flashant des groupes avec virtuosité (et discrétion).

Travail au bureau et réunion de département, la première. Beaucoup de paperasse à trier, traiter, ranger, jeter. En un mois et demi, il s'en est bien accumulé deux kilos...

Dîner à 4 au Rhubarbe...
Crêpes toujours aussi bonnes.
Autre test photo, avec ces couleurs luisantes des glaces dans un lieu peu éclairé.
En ISO 64 et flash coupé, l'automate a choisi le 20e de seconde, ouverture 3.5... Résultat : le texte est net et la fraise n'est pas la framboise...

Commentaires

1. Le mardi 4 avril 2006 à 12:11, par k :

et framboise sont les mamelles du destin,
zuoin........zuoin

2. Le mardi 4 avril 2006 à 23:04, par Manu :

Je crois aussi que les réglages d'usine du Sony sont pensés pour donner des photos "finies" à la sortie (sharp, saturation...), alors que sur le Nikon, c'est plus neutre, mais plus flexible pour d'éventuelles (voire nécessaires) retouches, n'est-ce pas Bikun ?



Mercredi 5 avril 2006. Ne sonneront jamais justes.

Suite du rangement au bureau puis séance au centre de sport. Lecture à vélo, en contrepoids à Beckett : Dany Laferrière...

« Faut lire Hemingway debout, Basho en marchant, Proust dans un bain, Cervantès à l'hôpital, Simenon dans le train (Canadian Pacific), Dante au paradis, Dosto en enfer, Miller dans un bar enfumé avec hot dogs, frites et coke... Je lisais Mishima avec une bouteille de vin bon marché au pied du lit, complètement épuisé, et une fille à côté, sous la douche.» (Dany Laferrière, Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer, Le serpent à plumes, 2003 [Québec : Lanctot, 1985], p. 21)

Déjeuner avec David et un collègue mexicain, du département d'espagnol, lui aussi en train d'essayer de convaincre ses collègues de passer à des pratiques pédagogiques intégrant le cadre européen commun de référence pour les langues... C'est-à-dire, surtout, en schématisant un peu, faisant passer les compétences linguistiques en situation (vie courante, voyage, travail, renseignements, administrations, etc.) avant les apprentissages purement intellectuels et mémoriels (grilles de verbes et règles grammaticales).
Même si je reste convaincu qu'une base d'apprentissages contenant du par cœur et du répétitif jusqu'à l'automatisme, inséré dans des activités ludiques est impérative pour l'acquisition d'une certaine liberté d'expression — et faute de quoi, l'apprenant sera condamné à (ne) sortir (que) des phrases-types qui ne colleront jamais aux situations, qui ne sonneront jamais justes, et ce dès le niveau A1 !).
Je l'ai d'ailleurs constaté dans les relations avec les familles orléanaises. Par exemple, une étudiante qui sait distinguer clairement le présent, de l'imparfait, du passé composé ou du futur pourra se faire comprendre sur ce qui est devant elle et qui n'est pas l'identique de ce qu'elle a vu ou eu la veille... Sinon, le tout-au-présent entraîne d'infinies confusions avec les familles qui souhaitent constamment vérifier si telle ou telle chose se passe bien, ce qui se fait bien sûr par questionnement en comparant avec les fois précédentes, naturellement distinguées dans des strates de temps, que l'étudiante ne perçoit pas — les francophones natifs quant à eux ne percevant pas que l'étudiante ne perçoit pas la stratification et cherchant un autre problème, se culpabilisant, etc.

Préparation de reprise. Remettre ses pas, ses mains, ses yeux et tout le reste dans des mécanismes de travail... Les mêmes, dans leur principe, mais différents... (Hier soir, on a un peu parlé de Robbe-Grillet dans les pas de Kirkegaard.) Les salles de cours attribuées ne sont plus les mêmes, le matériel est à découvrir ou à apprivoiser, les protocoles informatiques peuvent varier, les horaires même... Tous nos cours sont décalés de vingt minutes (plus tard qu'avant) et les inter-cours passent de 10 à 15 minutes. Pour les nouveaux étudiants, aucun problème, ils ne connaîtront que ça. Pour les autres, comme pour les enseignants, il y aura du flottement les deux premiers mois.
Et puis je reprends le train. Lecture de Molloy. Pause pour photos. Plus assez de lumière pour la netteté. Les cerisiers sont à tartiner. Mais c'est qu'ils sont toujours là ! Étonnants, cette année, bientôt deux semaines, déjà des pétales partout, et toujours autant sur les branches !

« Le stew me déçut. Où sont les oignons ? m'écriai-je. Réduits, répondit Marthe. Je me précipitai dans la cuisine, à la recherche des oignons que je la soupçonnais d'avoir enlevés, sachant combien je les aimais. Je fouillai jusque dans la poubelle. Rien. Elle me regardait, narquoise.» (Samuel Beckett, Molloy, p. 139)

Commentaires

1. Le mercredi 5 avril 2006 à 14:18, par emmanuel :

"Pour les nouveaux étudiants, aucun problème, ils ne connaîtront que ça. Pour les autres, comme pour les enseignants, il y aura du flottement les deux premiers mois." J'espère que vous exagérez, que c'est une hyperbole. Parce que deux mois pour s'habituer à un petit changement horaire.... quelle image donnez vous des enseignants et des étudiants, pris (englués) dans des habitudes, et quelles habitudes....
Dominique Viart est à Tokyo, le 7 avril, mais vous devez être au courant...
et bon courage pour ces deux mois....

2. Le mercredi 5 avril 2006 à 17:45, par Berlol :

Moi le premier, pour l'adaptation au décalage ! Le pire devrait être d'aller jusqu'à 12h35 pour la pause déjeuner, sachant que les étudiants vont commencer à préparer leurs affaires (si on ne leur dit rien) vers 12h15... Bien sûr, il y aura des sonneries.
Pour Dominique Viart, je suis au courant. Il donnera une conférence ce vendredi (7) à l'université Waseda, bâtiment 39, salle 7 (dernier étage), à 18 heures. Il participera surtout à un colloque Écritures et communauté à la Maison franco-japonaise le samedi 8. S'il fait autre chose, je ne suis pas encore au courant...

3. Le mercredi 5 avril 2006 à 18:04, par Manu :

Ah, tu as aussi cette impression pour les cerisiers ?
Le sol plein de pétales et on se dit cette fois c'est fini, puis on lève la tête, il y en a encore un paquet accroché aux arbres !



Jeudi 6 avril 2006. À méditer quatre ans plus tard.

J'accompagne T. chez le médecin, elle a des douleurs qu'elle ne s'explique pas bien. Après la visite, c'est plus clair, c'est une inflamation du nerf sciatique. Les semaines qu'elle a passées devant son bureau puis le redémarrage physique depuis quelques jours ont eu des effets pervers... Voilà ce qu'on ramasse à vouloir finir une thèse au mépris de son propre corps !
Quoi qu'il en soit, c'est moins inquiétant que de ne rien savoir. Dans l'ignorance, c'est le stress et l'imagination qui font pirement (et physiquement) souffrir.

De retour, je me dépêche de regarder Chats perchés, dévédé emprunté il y a quelques jours à la médiathèque de l'Institut et que je dois rendre aujourd'hui, avec déjà une amende de retard à payer. Peu importe, le film me paraît encore plus intéressant que la première fois que je l'ai vu...
J'en profite pour refaire une photo avec M. Chat et le masque reçu le jour de la projection de Tokyo.
Au passage, Chris Marker nous rappelle deux paroles très intéressantes à réentendre, et à méditer quatre ans plus tard. L'une de Mamère, l'autre de Chirac :
« Laisser entendre que Jospin peut ne pas être au 2e tour, c'est prendre les Français pour des imbéciles » (Noël Mamère, Verts, au Cirque d'hiver, 17/04/2002).
« Dans les semaines, dans les mois, dans les années à venir, j'aurai besoin de vous pour conduire la République et pour défendre ses valeurs. Je compte sur vous.» (discours de Jacques Chirac, 05/05/2002, place de la République, après sa réélection contre Le Pen...)
Il peut compter sur le peuple, Chirac, pour défendre les valeurs de la république... y compris contre son premier ministre et contre lui-même. L'hymne de Marker à l'expression populaire, à la contestation joyeuse sous les auspices du chat prend des accents paradoxaux de sagesse de la nation face à des hommes politiques tous aussi girouettes que malhonnêtes.
Enfin, j'ai trouvé LE site de référence !

Déjeuner avec Christine, enfin de retour, après des mois à donner des cours en Suisse. Au Saint-Martin, bien sûr. Et T. nous montre ce qu'elle sait déjà faire avec sa caméra vidéo... Mon porc braisé sauce cassis est tout simplement délicieux. Beaucoup de choses à se raconter. Et puis relancer Thomas pour retourner au squash...
Je vais ensuite travailler à la médiathèque de l'Institut pour quelques références sur Beckett. Là, je m'aperçois d'un autre usage de mon Sony T7 : photographier des pages au lieu de recopier ou d'aller faire des photocopies. Le résultat est tout à fait lisible, malgré le faible éclairage qui contraint à une assez longue ouverture (1/20e). Comme ça, je potasserai à la maison les subtiles remarques de Ludovic Janvier dans son Beckett par lui-même au Seuil — 1969 et peu d'ouvrages sur Beckett qui arrivent à ce niveau (mais quelques-uns quand même, on en reparlera...). Je dois l'avoir, ce livre, mais dans un carton à 11.000 km...

Commentaires

1. Le jeudi 6 avril 2006 à 10:06, par k :

miaaaaooouuuu

2. Le jeudi 6 avril 2006 à 10:11, par k :

au fait la liste des nominés sera affiché
le 2 mai.
le 2 mai bioptie à 18h , alors i sing :


C'est une belle journée
Je vais me coucher
Une si belle journée
Qui s'achève

3. Le samedi 8 avril 2006 à 01:21, par Bikun :

REvoila le commentaire que je voulais ecrire la derniere fois!
Je voulais simplement dire que certains appareils maintenant ont meme parfois un programme particulier qui permet soi-disant de prendre en photos des textes! C`est le cas du mien. Je me demande qu`est-ce qu`ils ont optimise...



Vendredi 7 avril 2006. Mensongère et meurtrière.

Avec Flaubert, Beckett, Badiou, Viart et consorts, mes pensées refleurissent...
Ça y est, j'ai les trois Surpris par la nuit de pr.op.os autour de Bouvard et Pécuchet, c'est-à-dire de l'essence même de la littérature dans le travail d'écriture d'auteurs contemporains. Superbe idée, vraiment, de Stéphane Bouquet et Tanguy Viel (je suppose). J'en citerai, un autre jour...

Pas le temps aujourd'hui. Veille de grand oral ; une des épreuves de la vie ; un cours d'explication de texte sur Molloy ! Mais pour qui je me prends ? Qui je suis pour m'attaquer, me mesurer avec ça ?
Et j'y vais, courage, baluchon de notes.

« Élément des plus précieux pour l’unité, il est terriblement consciencieux dans son travail, enthousiaste quant à l’avenir de l’hôpital, il aime jouer au bridge et c’est à tous égards un type sympathique, âgé de trente-huit à quarante ans et sans convictions religieuses ; libre penseur, si l’on veut — à ceci près qu’il s’est jeté sur un petit chapelet en vente à l’étalage à Notre-Dame pour le rapporter en cadeau à Tommy D. C’est très attentionné de sa part.» (Jim Gaffney, médecin à l’hôpital de Saint-Lô, lettre à sa sœur Nora, 2 oct. 1945 ; citée in Eoin O’Brien, The Beckett Country. Samuel Beckett’s Ireland, Dublin : Black Cat Press, 1986, p. 326-327 ; reprise dans James Knowlson, Beckett / biographie traduite de l’anglais par Oristelle Bonis, Actes Sud, 1999, p. 447-448.)

« La leçon de Beckett est une leçon de mesure, d’exactitude, et de courage.» (Alain Badiou, Beckett, l’increvable désir, Paris : Hachette, 1995, p. 9.)


Après lecture de Badiou, ça m'a galvanisé, d'aller écouter Dominique Viart à Waseda ! (Le traitement de l'Histoire dans la littérature française depuis 1980.) Il a cité beaucoup d'auteurs, mais j'ai bien senti à nouveau l'attachement voué comme moi à Claude Simon, Claude Ollier, Julien Gracq, Pierre Michon, François Bon, Patrick Modiano, Didier Daeninckx, et, pour finir sur des contemporains qui recyclent des modalités historiques : Antoine Volodine ! Alors qu'on va commencer lundi Nos Animaux préférés au GRAAL ! Incroyable, cet accord plaqué et tenu !
J'ai enregistré, bien sûr...
Puis dîner à 9 à la bonne nipponette dans le quartier, cornaqués par Fumio Chiba, son inimitable sourire, la conversation très libre.
[à la bonne nipponette est une adaptation locale (de moi) d'à la bonne franquette...]

Ailleurs...
il y a un monde où l'on marche sur la tête
où la justice condamne celui qui a raison
celui qui n'a fait que rendre service
relais d'une juste dénonciation
de la bestiale impunité de la force publique
autrefois appelée
soldatesque
et la justice folle énivrée d'elle-même
couvre sa sœur la police
se vautre avec elle se souille dans sa robe
et condamne
sans vergogne
et sourit de la disproportion
qu'elle dit pour préserver
la
dignité
mot souillé par la matraque sanguinolente
moi je dis que c'est
la dignité de ceux qui n'en ont jamais eu car ils sont cachés
policiers armés casqués derrière le statut assermenté de leur parole
mensongère et meurtrière
Oui il y a meurtre et viol et salissure et coups et blessures
sur un homme à terre
sur un homme désarmé qui défend l'homme à terre
sur un homme qui relaie l'homme désarmé qui défend l'homme à terre
sur les hommes et les femmes qui soutiennent l'homme qui relaie l'homme désarmé qui défend l'homme à terre
tous et toutes souillés et condamnés
et vomissant leur justice
et vomissant leur police

et l'homme à terre, l'homme prétexte, où est-il ?
dissout, mort, payé pour se taire ?
Ailleurs...

Commentaires

1. Le vendredi 7 avril 2006 à 09:26, par emmanuel :

"un cours d'explication de texte sur Molloy ! Mais pour qui je me prends ? Qui je suis pour m'attaquer, me mesurer avec ça ?"
une explication n'est pas une attaque... ni une mesure... et puis dans cecas là on n'explique rien... à part (mettre le nom que vous voulez)

2. Le vendredi 7 avril 2006 à 09:29, par e. :

"Moi le premier, pour l'adaptation au décalage ! Le pire devrait être d'aller jusqu'à 12h35 pour la pause déjeuner, sachant que les étudiants vont commencer à préparer leurs affaires (si on ne leur dit rien) vers 12h15... Bien sûr, il y aura des sonneries."
donnez moi l'adresse de votre REP, de votre établissement si difficile que je l'évite... oh le dur métier que celui d'enseignant...

3. Le vendredi 7 avril 2006 à 11:41, par arte :

Adresse : E.E.E.E.E.E Japon.
(Etablissement d'Enseignement Et d'Elévation de l'Esprit à Eviter pour les "e"... )

4. Le vendredi 7 avril 2006 à 14:12, par Berlol :

Merci, Arte.

5. Le samedi 8 avril 2006 à 08:21, par e.(mmanuel) :

Plus sérieusement, vous n'avez pas l'impression de propager une étrange image de votre métier par ce genre de remarque. Ce n'est pas par une boutade que cela change les choses, et arte sait être beaucoup plus drôle. On pourrait continuer, je pourrais me demander où est l'élévation d'esprit dans le fait de redouter que les élèves rangent leurs affaires 15 minutes avant, et qu'il va falloir deux mois pour s'habituer aux nouveaux horaires. Je pourrais continuer en faisant remarquer que je ne vois pas beaucoup d'élévation d'esprit, dans les "posts" récents de ce blog, que je lisais avec plaisir, amusement, et intérêt, il y a encore quelques temps. Je trouve depuis l'épisode Orléans, tout cela bien plan-plan.
Et puis n'oubliez pas que certains de vos collègues enseignants vivent de vrais moments difficiles... Je trouve finalement ce genre de remarque très déplacée, mais bon, rien ne m'oblige à vous lire, et je peux passer mon chemin... Ce que je vais faire.

6. Le samedi 8 avril 2006 à 08:25, par Berlol :

Voilà, faites comme ça...

7. Le samedi 8 avril 2006 à 23:03, par le consul :

Je suis assez étonné de voir la façon de réagir des écrivants de blogs. Si on va dans leur sens, pas de problème, si on pose une question ou on fait une remarque un peu négative, alors là montée de boucliers. Ce que je vois là, je l'ai vu dans le blog du "flaneur", par exemple, mais dans d'autres aussi. On rejette celui qui pose une question, qui fait une remarque. Mais qu'est-ce qu'un blog sinon un espace public ?? Si on ne veut pas de commentaire, on ne les autorise pas. Si on ne veut pas que des inconnus viennent vous lire, et vous critiquer (au sens positif du terme) on bloque l'accès de son blog. Pour vous lire aussi, je suis étonné par vos remarques rapides et emportées. D'autant plus que je crois qu'Emmanuel avait laissé des messages, dont un à propos de Celan et qui avait reçu réponse amicale. Peut-être manque t il à cet Emmanuel les règles du jeu, et n'aurait il pas dû révéler quelque chose qui cloche dans vos posts... Je suis aussi étonné de votre façon de réagir alors que vous défendez la liberté d'expression, l'internet et tout le reste, et que vous vous repliez de manière aussi sectaire.
Je sais aussi que certains font "profession" de perturber les blogs, ce qui n'est pas mon cas, et ne semblait pas le cas d'Emmanuel (que je ne connais pas). On les appelle des trolls, je crois... j'espère ne pas avoir été votre troll, car loin de moi cette envie. Par contre je crois que je vais passer mon chemin aussi...

8. Le dimanche 9 avril 2006 à 00:37, par Berlol :

Merci de soulever le problème, cher consul. Il est lourd. Je ne suis pas opposé au dialogue, ni à la contradiction. Et bien que je sois chez moi dans le JLR, je ne suis pas contre l'idée d'avoir tort de temps en temps... (faut-il mettre un smiley ?)
Encore faut-il poser les termes correctement. Se demander — comme le faisait Emmanuel, contre qui je n'ai rien en particulier, et loin de moi l'idée de le chasser — si je ne vais pas "propager une étrange image de [mon] métier" avec une remarque qui concerne le changement d'horaire de tous les cours, et insister de la sorte pour me culpabiliser, c'est montrer une piètre connaissance de ce "métier". De plus se focaliser sur cette remarque alors qu'elle était prise dans un ensemble de remarques sur la pédagogie dont elle était la chute, en la sortant de son contexte pour faire comme si je n'avais dit que ça, ne m'avait pas incité à répondre sérieusement. Est-ce cela que vous appelez les "règles du jeu" ? Il me semble qu'elles sont les mêmes partout !
En ce qui concerne nos étudiants, il faut donc ajouter que nous avons maintenant de plus en plus d'étudiants qui habitent à plus d'une heure et demie de transport de l'université, qui doivent changer plusieurs fois, et que l'immense majorité des étudiants ont des petits boulots auxquels ils courent dès les cours finis, spécialement le mercredi, jour où il y a peu de cours l'après-midi. Ma remarque ne devrait donc pas donner une mauvaise image de mon métier, à supposer implicitement que l'on veuille bien me faire confiance (je ne devrais pas avoir à l'écrire) en voulant bien croire que je sais à peu près de quoi je parle — ou à me contredire avec de vrais arguments, ou de vraies expériences.
En revanche aucun commentaire sur les citations littéraires, ou sur mon texte d'aspect poétique de ce jour qui est en relation avec une injustice autrement plus grave et susceptible d'être commentée, à mon avis... Mais je peux me tromper.

9. Le dimanche 9 avril 2006 à 06:25, par Manu :

Moi, je ferais le commentaire suivant. Cette histoire d’horaires n’est sans doute pas la remarque la plus profonde et passionnante que Berlol ait écrite. Il ne peut pas vivre tous les jours des choses extraordinaires à raconter. Et puis c’est son style de mélanger quotidien et réflexions plus approfondies. On aime ou on n’aime pas. Mais si on préfère ce deuxième aspect, il y a effectivement d’autres choses sur lesquelles se pencher dans ses billets…



Samedi 8 avril 2006. Vite las des bières et du son qui monte.

Je n'ai pas failli. J'étais bien à 9h30 à l'Institut pour commencer une série de dix cours d'explication de texte sur Molloy de Beckett. Quelques nouvelles têtes parmi les étudiants, qui doivent être spécialement faites, pour se lever aux aurores et venir jusqu'ici le samedi matin...

Les trois premières pages de Molloy, c'est quoi ?
Quelqu'un qui parle — et ça s'écrit (p. 7). L'enfermement dans la chambre maternelle et dans le présent, pour on ne sait quelle infirmité. Le doute systématique derrière chaque nouvelle information. Une transaction écriture contre argent : mise à nu de l'édition (côté auteur). Le fils qui se substitue à sa mère et se cherche un fils à son tour : schématisation du renouvellement générationnel (7-8). Une bribe de mémoire avec trois verbes à l'imparfait pour un cliché d'amours ancillaires (8). Des concepts décoiffants comme le commencement qui n'est pas le vrai commencement (on dirait du Tao te king !...), ou l'avant-dernier plus important à choper que le dernier — puisqu'après le dernier on est mort (piégeux). La possibilité parabolique : que ce dénuement accepté soit l'ontologique tabula rasa de l'après-Auschwitz. Enfin les bugs de langage : l'interrogation sur le sens de faute (9), qui révèle la prégnance d'une éducation protestante chez celui qui n'en a pas (plus) besoin, mais surtout l'intransitivité de la parole comme de la mise en spectacle (« dire adieu », « faire ses adieux », sans que ce soit ni « à » ni « pour » quelqu'un — sauf un lecteur, n'importe lequel ou presque, qui arrive par exemple ce jour, 60 ans plus tard, pour signer son contrat.
Et une méga coquille dans la collection Double : les deux lignes du bas de la page 7, sont répétées en haut de la page 8 ! Et ce n'est pas de la faute à Sam !

Ceci posé, je m'en vais déjeuner avec T. au Saint-Martin. J'ai bien mérité mon poulet-frites.

Puis je vais écouter les quatre interventions de l'après-midi au colloque Écritures et communauté : Tsukahara Fumi (U. Waseda) pour qui la pensée de Baudrillard est peut-être moins incisive et créatrice que celle de 吉本隆明, Yoshimoto Takaaki (ou Yoshimoto Ryûmei, selon la lecture des kanjis) ; Patrice Bougon (U. d'Iwate) qui parcourt les cinq sens du mot communauté chez Michel Deguy de façon convaincante ; Marukawa Seiji (U. Waseda) qui tente d'unifier les concepts de communauté de Jean-Luc Nancy, de Jacques Rancière, de Michel Deguy et de quelques autres, au risque d'un incertain PPDC ; enfin Franck Villain (U. de Tsukuba) qui fait en toute sobriété une limpide étude d'Antoine Emaz, à partir de Lichen, lichen et d'Os, pour une poétique du quotidien où la communauté puise sans que l'individu ne quitte jamais son quant-à-soi.
Ayant lu Emaz il n'y a pas si loin dans le JLR, la parole de Franck résonne fortement, d'autant plus qu'elle est parente de celle de Beckett... J'ainsi boucle ma journée de pensée sur l'image d'une fractalité poétique où la multiplicité de micro-espaces d'objets-êtres identiques laisse à chacun sa différence.
Ci-contre, photo avec Kyoko, Franck, Clara et Fumi.
Ces échauffements neuronaux s'achèvent en douzaine dans la germanique ambiance de la brasserie Lion d'Ebisu Square Garden, dans laquelle je ne reste qu'une heure et demie, vite las des bières et du son qui monte. C'est l'âge ?...

« Mais peu importe. Car maintenant le souverain était sauf, tandis que madame la gauche mort tournait et tournait dans un fond de cale sans voir revenir ses messagers, prisonnière dans une barcasse peu à peu se dégradant, devant une côte déserte, dans un rêve issu d'un rêve de rêve.» (Antoine Volodine, Nos Animaux préférés, p. 79)

Commentaires

1. Le samedi 8 avril 2006 à 10:05, par alain :

Bon.
Vachement bien, les Bouvard et Pécuchet sur France-culture.
Que dire encore ?
C'est samedi. On se les pèle encore sur Paris.
Je lis un Hammmmmettt (je mets trois ou cinq m et t parce qu'il faudrait que je me déplace pour vérifier et non), Moisson Rouge. Une ambiance, tout de suite.
Puis bois.
Humeur plutôt bonne, ces temps-ci. Je vous raconterai pourquoi.
Je vais m'attaquer à Absalon, Absalon sur quoi je câlai toujours. Oui, je crois que je vais essayer.
Sinon, j'écoute toujours Bach, Dashiell Hedayat, et Nouvelle Vague (il y a une chanson drôle "too drunk to fuck", enfin, qui me fait rire).
Non, Emmanuel, non (je sais pas qui sait), reviens.

2. Le samedi 8 avril 2006 à 12:06, par arte :

bonjour Clara !

3. Le samedi 8 avril 2006 à 18:01, par Bikun :

L'âge?...Hmmm ben alors pour moi c'est pareil, ou alors c'est simplement qu'on se lasse des conversations (pas forcément intéressantes) et qu'on a surtout autre chose de plus intéressant et motivant à faire (puisqu'il ne s'agit pas de rentrer chez soi pour se caler devant la télé!).
Mais bon, j'apprécie encore douze bonne bilouzes et le flouze dans une part**** :-)



Dimanche 9 avril 2006. En voilà deux que j'aurais bien accompagnés.

Outre le plaisir de retrouver Katsunori (vu hier au cours sur Beckett) et Bikun (dernière fois avant son retour au Tadjikistan), ping-pong décevant (pour moi). Même hors match, je ne produis que très peu de bonnes balles — et pas de vrai défoulement. En fait, je voudrais m'entraîner sérieusement...
Comme la semaine dernière — pas tout à fait les mêmes — retrouvons T. au restaurant chinois Panda pour un déjeuner excellent et calme, qualités parfois difficiles à réunir à Shibuya. Bikun nous raconte ses tribulations pour obtenir des renouvellements de visa auprès des autorités tadjikes — beaucoup plus compliqué que la vie de tous les jours, en fait.
Puis, T. et moi faisons des courses à Yamaya pour demain, le GRAAL qui aura lieu chez nous.

Plus tard, dans le bain, point de canard flottant...
« la Shaggå a été conçue pour évoquer, et en même temps pour leurrer, pour protéger, pour résister à toute effraction. Elle contient une part de mystère indéchiffrable et, sous ses dehors anodins, elle proclame paisiblement que sa raison d'être est ailleurs : c'est une esthétique de l'esquive qui lui donne sa force poétique, c'est parce que la Shaggå (à la manière d'autres créations post-exotiques) "parle d'autre chose" que le lecteur ou la lectrice sont invités à la faire résonner en eux, à la goûter.
Une fois de plus, on a devant soi un exemple de l'insolence post-exotique, telle que depuis ses origines littéraires elle s'est affirmée : dire entre soi des histoires, murmurer ou gronder de violentes visions, habiter des terres parallèles, transmettre images et ambiances, provoquer l'exil et la transe, mais laisser à l'écart l'ennemi, toujours rôdant quelque part parmi les auditeurs, le laisser agacé et impuissant, le laisser ferrailler contre des cuirasses imperçables, derrière lesquelles rien d'important ne se dissimule ; construire entre soi des univers romanesques, une prose lyrique à plusieurs niveaux et chemins de lecture, dont au moins un passe par l'inconscient verrouillé des prisonniers et prisonnières qui disent, qui chuchotent, qui hurlent ou qui se taisent.»
(Antoine Volodine, Nos animaux préférés, p. 86-87)

Ai lu qu'il y avait une soirée d'Arte sur Beckett, avant-hier, et que commence une rétrospective Almodovar à la Cinémathèque. Cela me donne bien du regret de n'être pas parisien. Est-ce que Cécile ira ? Et Alain, peut-être ? En voilà deux que j'aurais bien accompagnés...
Me restent les Vendredis de la philosophie, avec Nicolas Grimaldi qui traite excellemment de métaphysique de la jalousie chez Proust. Un beau sujet. Pour changer et se faire peur, le troisième épisode de la Princesse de sang, fiction radiophonique d'après Jean-Patrick Manchette. Et puis à minuit, Alastair Duncan détaille les conditions de préparation de la pléiade Claude Simon.
Pas le temps de récupérer Quignard, on verra demain...
Enfin, une interrogation dernière : faut-il acheter le dernier Gérard Manset ? Pour le DVD de Suicide, ça me paraît plus évident que oui.

Commentaires

1. Le dimanche 9 avril 2006 à 10:33, par Dom :

Manset, le précédent semble être meilleur, après brève écoute à la FNAC. Si tu apprécies le précédent.

2. Le dimanche 9 avril 2006 à 20:32, par alain :

Almodovar, beurk !
Comme Téchiné et le réalisateur des poupées espagnoles. Ils ont trop de choses à filmer.
et allons-y, 4 h moins dix, ce jour.

3. Le dimanche 9 avril 2006 à 22:27, par Berlol :

Dommage, Alain. Mais est-ce que tu as vu Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? ou Entre les ténèbres ? C'est génial ! Allez, bonne journée quand même !...
Merci, Dom, je vais essayer d'écouter des extraits, moi aussi...

4. Le lundi 10 avril 2006 à 01:35, par Bartlebooth :

Merci pour l'info Manset, je n'étais pas au courant.
Après brève écoute à la fnac en ligne, je n'ai presque rien à dire sinon que le son est évidemment pourri et que 30 secondes par titre pour se faire une idée, c'est un peu court. Ces deux points ne me semblent d'ailleurs pas d'une grande aide pour appréhender un album de Manset : le son exagérément compressé, numérique, des extraits à disposition gâche les arrangements perfectionnistes de Manset ; 30 secondes ne donnent pas l'occasion d'entendre ces boucles, répétitions, si particulières, de ses compositions. Ah si, deux choses tout de même que je remarque : il y a du sax, instrument que Manset n'avait pas utilisé, si je ne m'abuse, depuis très longtemps ; "Pacte avec mon sang" est apparemment une sorte de reggae dans le genre de "Mensonge aux foules"
On peut se demander si cet album ne sera pas moin bon que le précédent - mais le précédent était tellement bien ! - mais y a-t-il dans la discographie de Manset un disque qui fut vraiment moins bon que le précédent - mais à quoi bon quand on connait un peu le bonhomme et son oeuvre ?
Une seule raison, de mon point de vue, peut motiver le non-achat de ce disque : il est copie-contrôlé ! Mais le plaisir de Manset étant plus fort que la haine de ce système honteux, j'étais déjà passé, avec Le Langage oublié (et avec Lilith de Murat) outre mes intentions de boycott.
Sur ce, je vais enfourcher mon vélo et aller à la recherche de cet album chez l'unique disquaire de la ville.

5. Le lundi 10 avril 2006 à 01:43, par cécile :

Tu aurais été déçu avec moi aussi, parce qu'Almodovar j'aime pas non plus et même il me fâche (cet engouement ?? je trouve ça toc, creux, ça dégouline, que du trop, trot gros, hue) (pas vu les deux que tu cites). Et pas moyen de capter Beckett sur ma tévé pourrite..
Mais tu serais venu avec moi (re)voir Blow up de l'Antonioni ? Et ça t'aurait soufflé ? Et tu serais tombé raide dingue de David Hemmings ? Et ça t'aurait dépité d'apprendre par Google, débarquant de ton village 40 ans après, qu'il est aussi un peu raide mort ? Et qu'on s'en fout, voilà, au contraire, ça c'est le cinéma ?

6. Le lundi 10 avril 2006 à 07:54, par Berlol :

Bien sûr que je serais allé avec toi revoir Blow up ! C'est trop bien !
Pour Almodovar, j'ai commencé il y a près de 20 ans par les films encore peu connus qui passaient à Paris, et c'était tout à fait désopilant ; Que he hecho yo para merecer esto ?, avec la grand-mère, Chus Lampreave, impérissable souvenir !) ; après Femmes au bord de la crise de nerfs, c'était différent, je restais aficionado mais plus vraiment surpris. Atame m'avait même paru mauvais. Cependant, je viens de le vérifier, Piensa en mi, la chanson-phare de Talons aiguilles, reste une merveille qui me transperce et me laisse sur le carreau... Comme la "ballade du guitariste anonyme" du groupe Air Liquide (sur l'album The increased difficulty of Concentration), Cosmic Dancer de T Rex, un ou deux morceaux des Cocteau Twins et une dizaine d'autres choses de différents genres qu'il vaut presque mieux que je n'écoute pas...
Ce qui nous ramène à Manset dont les insurpassables On sait que tu vas vite, Les vases bleus ou même 2870 continuent à me scotcher avec la même force que dans les années 80. Ou Y'a une route, tout simplement...

7. Le lundi 10 avril 2006 à 15:36, par Dom :

Manset, ya les très chargés, longs, saturés, discordants, comme Le langage oublié, bluffant total, et les lights, certains morceaux limite écoutables. J'ai l'impression que ça a toujours été comme ça (après up la Mort d'Orion, down Manset (la couverture blanche), up Ya une route, puis derechef down Rien à raconter, malgré les Vases bleues, ...). Dans les deux cas, avec toujours cette façon d'être juste au bord du ridicule qui met jouissivement à l'épreuve les affectionnés. Le dernier, il me paraît vraiment light. Et il aurait l'intention de faire des concerts. !.

8. Le lundi 10 avril 2006 à 16:05, par Berlol :

Oui, ça, je l'ai entendu, je ne le croyais pas...

9. Le mardi 11 avril 2006 à 01:55, par Bartlebooth :

Ah je ne suis pas du tout d'accord avec Dom. Cette histoire de up & down, c'est un peu évasif et simple.
Si certains de ses albums paraissent aujourd'hui "light", il me semble que c'est surtout parce qu'il n'en reste plus grand' chose à écouter ! A moins de se procurer les vinyles, ce que je fais en passionné.
Parce qu'au fil des rééditions, Manset fait un sacré tri, très/trop sévère et c'est bien dommage pour pas mal de titres qui passent à l'as.
De "Rien à raconter" que je trouve sublime d'un bout à l'autre, Manset n'a gardé, lors de sa réédition de ses oeuvres complètes en 1999, que deux titres... sur 8 !
Dans ces suppressions, il y a quelques choix judicieux (ou en tous cas on peut comprendre que l'auteur renie quelques uns de ces titres), - par exemple "Fini d'y croire" dans Royaume de Siam, mais je dis quel dommage pour "Seul et chauve" et j'en dirais presqu'autant pour "Balancé".
Pour Le Train du soir, c'est trois titres que Manset a mis aux oubliettes et je les trouve plutôt bon que mauvais.
Il me semble que Manset renie pas mal d'expérimentations ou extravagances sonores de ces débuts, ce qui explique que le premier album soit indisponible, et sans doute qu'il ait mis tant de temps à resortir Orion (sous la pression des fans ?).
Quant à cet album blanc, surnommé Long long chemin, c'est un peu aller chercher la petite bête, car il fait partie des débuts que Manset préfère oublier au point qu'il soit lui aussi indisponible.
Depuis 1982, soit la suite d'albums Comme un guerrier, Lumières, Prisonnier de l'inutile, Matrice, Revivre, La Vallée de la paix, Jadis et naguère et Le Langage oublié, je ne vois rien qui soit "light", mais un parcours passionnant, d'une qualité musicale et textuelle exceptionnelle , qui me fait préfigurer le meilleur, concernant Obok et la suite s'il y a.

10. Le dimanche 23 avril 2006 à 13:31, par zoso :

Moi j'ai vraiment beaucoup de mal avec ses 2 derniers albums : dndf.over-blog.com/articl...



Lundi 10 avril 2006. Un poisson mi-figue mi-raisin.

Journée volodinière. Je copie, je colle, j'imprime, je relis. J'infuse, aussi. (En gros, ce sont tous les liens distribués dans les mentions d'AV ces deux derniers mois...)
Grâce à Radio Bardo de Lionel Ruffel, je suis allé fouiller dans les notices de mes MD pas encore repiqu&ea