Journal LittéRéticulaire de Berlol
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Littéréticulaire : néol., adj. (de littéraire et réticulaire), propriété d'un texte où s'associent, aux valeurs traditionnelles et aux figures classiques du texte littéraire, les significations et effets de sens provoqués par les liens hypertextuels au sein d'un réseau (l'internet par exemple), qu'ils aient été voulus ou non par l'auteur.







Mai 2006

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Lundi 1er mai. Toutes ces fusées !

Dans Arrêt sur images d'hier, débat sur la véracité documentaire dans le film Le Cauchemar de Darwin d'Hubert Sauper. Titine, Michel et moi étions allés le voir au Racine Odéon le 27 mars 2005 et n'avions pas attendu le retournement (partiel) de la presse pour ne guère apprécier que nos sentiments soient ainsi manipulés — tout en accordant qu'il y a un (ou plusieurs) problème(s) majeur(s). D'abord dithyrambique, la presse avait viré critique longtemps après nous, très récemment en fait, suite à la parution d'un article de François Garçon dans Les Temps modernes, n°635-636, nov.-déc. 2005, jan. 2006 : « Le cauchemar de Darwin, allégorie ou mystification ? »
Il doit rester une petite possibilité de défendre ce film en tant qu'œuvre de création, en restant au niveau symbolique dont le mot cauchemar serait l'indice. Petite, parce que la forme d'enquête de terrain voulue par l'auteur lui-même contredit de bout en bout cette liberté. C'est pourtant ce que défendent encore quelques critiques masque-et-plumiens devant le flot de courrier de protestation que lisait Garcin hier.
J'en profite donc (hé hé !...) pour détromper François Garçon que j'invite à lire le JLR puisqu'il dit, à 1:06:30, qu'il n'y a pas un seul site ou blog, sur 311.000 références Google et Yahoo, qui ait posé la question de la véracité du film...

Enfin réussi à me connecter sur le site de l'INA, victime trois jours de son succès. Première navigation dans les Archives pour tous et première sélection, par exemple, une émission de 1969 sur Détruire dit-elle de Duras. Ai mis ça dans mon panier, comme on dit. Je m'inscrirai pour payer (4 euros) un autre jour (quand j'aurai le temps de finir la visite du site). A priori, tout est payant, non ? Il est où le service public ?

Il fait près de 30 degrés. C'est à n'y rien comprendre. D'autant qu'on annonce une rechute à 15 ou 16 pour demain. C'est toutes ces fusées !...

Cela n'empêche pas le GRAAL d'avoir lieu, à la Maison franco-japonaise, comme l'ont souhaité les membres la semaine dernière. Nous concentrons nos efforts et commentaires sur deux textes de la Shaggå des sept reines sirènes : Court-Brouillonne I et Sole-Sole III (dans Nos Animaux préférés, Seuil, 2006).
Nous repérons bien la « faconde ironique » (p. 55) du chroniqueur historique qui va de prétérition (« Il ne sera pas ici traité de [...] », p. 39) en suffixation péjorative (beuglailler, p. 40) et, derrière lui, l'écrivain qui mixe savamment les champs lexicaux : celui des poissons (fictionnel), celui des contextes politiques (parodique) et celui des objets courants (contextuel), en s'autorisant de temps en temps une remotivation lexicale (« sentant flotter autour d'elle quelque chose comme une grâce » (40) où flotter vaut à la fois dans le sens imagé d'une ambiance et dans le sens propre du milieu aquatique, mais aussi « elle fraya avec des théoriciens du coup de force »frayer a le sens de se fréquenter, d'aller ensemble, mais aussi, pour des poissons, de déposer des œufs, d'être amants peut-être...).
Si l'on ne peut s'empêcher de voir comme des clins d'yeux aux œuvres de Rabelais ou de Borgès, par exemple, rien ne les rend non plus nécessaires. Le texte se suffit. On s'instruirait toutefois para-volodinement à lire d'illustres auteurs de mondes parallèles... Et chacun d'en citer un ou deux : les classiques Voltaire ou Cyrano de Bergerac, mais aussi Jonathan Swift, Franz Kafka, bien sûr, Lewis Carroll, Roy Lewis, Paul Scheerbart ou Gustav Meyrinck (ouf ! la nuit vient de passer !...), ou l'actuel Viktor Pelevine... Beaucoup d'autres sans doute, mais à la condition de s'intéresser surtout à de paradoxales ou extrêmes conditions de vie, de penser, d'être humain, de former société, c'est-à-dire sans trop s'apesantir sur les aspects techniques ou scientifiques qui plombent la narration de SF par ce qui revient à du réalisme. Le récit de Volodine est à la fois éthique, poétique et politique, comme dirait Meschonnic (et je pense parfois au souffle hugolien en le lisant). Car aux éléments littéraires et stylistiques recyclés doivent s'ajouter des bribes d'expériences personnelles, qu'il s'agisse des groupes politiques des années 60-70 ou des temps de désillusion qui ont suivi et d'où émane cette infinie tristesse du commentateur (p. 53-55).

Commentaires

1. Le lundi 1 mai 2006 à 19:58, par Manu :

Je savais que le site de l'INA t'intéresserait.
J'avais songé à t'envoyer cet article, mais je me suis dit, à raison donc, que tu étais déjà au courant.
www.vnunet.fr/actualite/t...
Ceci dit, si tu veux en savoir un peu plus sur la proportion de contenu gratuit et les objectifs d'évolution, jette un coup d'oeil.

2. Le mardi 2 mai 2006 à 06:26, par Berlol :

« les champs lexicaux : celui des poissons (fictionnel), celui des contextes politiques (parodique) et celui des objets courants (contextuel) »
Je m'aperçois un peu tard que j'ai compté la guillotine dans les objets courants. Ce qui me fait la considérer telle, c'est que dans ce monde-là, on peut en commander une par catalogue. L'activité de commander sur catalogue, qui est bien une activité courante de notre temps (encore qu'elle pourrait être globalement remplacée sous peu par la commande en ligne), sous-entend la disponibilité courante de tout ce qui s'y trouve, donc un sème "courant" prêté à tout objet, même improbable et lointain comme une guillotine...
Merci, Manu ! La lecture de l'article est instructive. Faut que je retourne sur le site INA parce qu'en une demi-heure, je n'y ai vu que des contenus payants. J'ai dû prendre un mauvais embranchement quelque part. Non que je veuille absolument que tout soit payant...



Mardi 2 mai 2006. La campagne sans télévision ni climatiseur (pas nous).

Jour de congé et de pluie. En effet, on est retombé à 16 degrés. Le fil d'avril s'est cousu au mai.
Pour être définitivement sûr de ne pas devoir acheter l'Histoire de la France littéraire (et de faire quand même une sacrée économie), il faut regarder les quinze premières minutes du Bateau livre d'avant-hier, avec Michel Prigent. L'affligeant hommage à Beckett qui vient juste après est aussi un grand moment de bêtise télévisuelle — malgré la bonne volonté (ou bien c'est ça, le pire...). Le reste, ce n'est même pas la peine (j'ai testé pour vous).
Mieux vaut aller sur Canal Académie. Ou carrément partir écouter Christophe dans Ubik !
D'autant qu'il y a autre chose à se mettre entre marteaux, enclumes et étriers : le début de l'histoire de la Nouvelle Vague en feuilleton par Jean Douchet himself, en harmonie avec Marin Karmitz & Christian Boltanski qui dialoguent À voix nue pour la semaine, avant d'être ce soir Surpris par la nuit avec la longue histoire des formes brèves...

Brève aussi, la carrière de Bikun au Tadjikistan ! N'étant ni en mission officielle ni marié à sa compagne en mission, il se voit obligé de quitter le pays. Trouvera-t-il le moyen d'y retourner ? C'est tout ce que nous lui souhaitons, puisqu'il le souhaite. En lui rappelant que le mariage peut aussi (devrait surtout ?) être considéré comme une simple formalité administrative, cependant révéré presque partout dans le monde — surtout si les liens entre les deux personnes sont véritables...

Deux ou trois orages arrosent Tokyo pendant que je travaille et que T. donne des cours. C'est de saison...
Je fais une pause cinéma. Devinette : quel film ai-je regardé ? (Cf. photo ci-contre...)
Puis c'est l'heure du dîner avec une amie, Ako, que nous n'avions pas vue depuis plus de deux ans (très occupée, elle aussi). Le Saint-Martin avait été réservé puisque Yukie la connaît aussi de longue date. Conversation roulante et amusante sur les déboires universitaires des uns et des autres, sur les préparations de thèse et sur les ripailles de soutenance, sur l'art d'habiter la campagne sans télévision ni climatiseur (pas nous), sur la cuisine du XVIIe siècle... Chiadé, quand même.

Commentaires

1. Le mardi 2 mai 2006 à 09:19, par Toto :

un Pasolini, c'est certain, mais lequel... "Les Contes de Canterbury" ? ou "Les Sorcières" ?

2. Le mardi 2 mai 2006 à 17:54, par Berlol :

Éééhh... Pas mal ! Bon début ! Encore un petit effort...

3. Le mercredi 3 mai 2006 à 00:45, par grapheus tis :

Et pourquoi pas le Décaméron ?

4. Le mercredi 3 mai 2006 à 01:30, par arte :

Les poupées russes 2 ?

5. Le mercredi 3 mai 2006 à 02:09, par Berlol :

Oui, le Décaméron, bien sûr ! Bien vu, cher Grapheus ! Ce charmant jeune homme va se faire plumer, tomber dans la merde (au sens propre), être enfermé dans le sarcophage d'un archevêque pour en resortir la bague au doigt...

6. Le mercredi 3 mai 2006 à 07:40, par arte :

Ben c'est ce que j'avais dit, hein ...

7. Le mercredi 3 mai 2006 à 09:36, par k :

c'est un film gore

8. Le mercredi 3 mai 2006 à 09:43, par Berlol :

Plutôt un film ogre...



Mercredi 3 mai 2006. Telle côte battue par les vents.

Reprise de JCB, notre muguet !

Il y a juste un an, j'étais dans les bambous et les tombes de la famille de T., son père était vivant, elle doutait de pouvoir finir sa thèse et hésitait beaucoup à m'accompagner à Cerisy en août. Aujourd'hui, elle range de fond en comble sa documentation, masque respiratoire sur le visage, tous livres éparpillés dans les pièces, de grands sacs poubelles déjà bien fournis. La balade prévue tombe à l'eau — à la poussière, plutôt, car il fait grand soleil. Alors après quatre heures de travail devant mon écran, je sors tout seul, casque sur les oreilles et appareil photo autour du cou.

Il y a des interstices
Il y a des ciments
Qu'on ne me dise pas que la vie n'est pas belle

Et c'est encore Bouvard et Pécuchet veulent écrire un livre qui m'accompagne (I et II). Cinquième ? Sixième écoute ? Je ne m'en lasse pas. Et je n'ai pas fini de comprendre tout ce qui se dit. Pourquoi écouter le bruit de fond urbain et les banalités émises autour de moi quand je peux entendre et entendre encore d'aussi belles paroles que celles de Pierre Michon, Dominique Meens, Pierre Bergounioux, etc. ? Je ne veux pas être élitiste. Je veux juste, selon mon goût, ne pas perdre (tout) mon temps.
Déjà plusieurs fois, ce genre de promenade, avec vision d'environnement tokyoïte & audition littéraire francophone, a produit sur moi cet effet spectaculaire : un renforcement de la mémoire d'un sens par l'autre, et réciproquement. Telle promenade faite en écoutant Christine Angot, par exemple : pensant à ces rues, angles ou perspectives à l'est de Ginza, je me remémore parfaitement la séquence de propos qu'elle tenait ; inversement, en entendant chez Meens un certain ton emporté que j'adore, de défense ou de revendication de la littérature comme la vie-même, je ressens l'émotion que me procurait Angot... et je revois involontairement les perspectives urbaines associées.

Les rues d'aujourd'hui sont tièdes, pleines d'enfants et de voitures silencieux (à cause du casque), au moins jusqu'à Korakuen où la foule devient plus dense, plus joviale puisque ce sont les abords du Tokyo Dome, ses boutiques, ses attractions gigantesques. Je retourne ensuite pour la première fois depuis 14 ans dans le quartier très calme de Koishikawa, où tout a changé, où la plupart des maisons ont été remplacées par des immeubles et beaucoup de rues ont changé de tracé ou sont carrément nouvelles, au point que je découvre des temples jamais visités et que je ne retrouve pas la résidence de Waseda où mon ex et moi avions été installés pour un mois avant d'habiter l'arrondissement d'Itabashi — on n'imagine pas combien ces premières images urbaines sont gravées profond, et disproportionnées : ces distances qui me paraissaient grandes, telles arcades abritant les trottoirs, telle côte battue par les vents, sont aujourd'hui ridicules, et banales, ou plus simplement normales, habituelles, même si je n'habite pas ce quartier, qui a dû devenir très cher, d'ailleurs.

« Désormais, nul ne peut écrire qu'il n'ait au préalable lu, sans quoi il a toutes les chances de s'engager dans un projet mort-né parce que, à son insu, il appartiendra déjà au passé. Il faut que vous soyez vos propres contemporains. Et donc que vous ayez en quelque sorte traversé et repoussé les morts, les vieux qui encombrent votre route. Il est extrêmement facile de demander à des morts de nous donner la forme du présent, mais à son propre insu on s'est fait soi-même. Proust a passé, Beckett a passé, Faulkner a passé. Ils ont tous passé et chacun d'entre eux s'est taillé une route merveilleuse, resplendissante dans le monde. Comme il serait simple de parodier Faulkner, de plagier Proust. Non, non, non, l'heure est neuve et il appartient à chaque génération, on l'a dit, d'inventer la forme qui soit la sienne. Donc, il appartient à chacun d'entre nous d'être son propre contemporain, et non pas une sorte de succédané ou d'épigone de ceux qui furent et ne sont plus. C'est pour ça qu'on a les cheveux qui se dressent d'épouvante sur la tête lorsque c'est notre tour de nous avancer.» (Pierre Bergounioux dans Bouvard et Pécuchet veulent écrire un livre, II)

« On m'a nommée là. Je suis en charge du registre. J'y couche les événements importants.
— Tu sais écrire ?
— Oui, se rengorgea l'humain. On est encore plusieurs comme ça.
— Combien ?
— Une bonne dizaine.
— C'est beaucoup, fit Wong. J'ignorais.
— On nous envoie tenir les registres. Pour les générations futures.
— Celles-là, il y a peu de chances qu'elles sachent lire, dit Wong.
— Elles seront peut-être comme moi, soupira Tatiana Crow. Je sais écrire, mais je ne sais pas lire.
— Boh, pour ce que ça sert, dit Wong.
Il s'était approché du bitume. La rive n'était pas fiable. Il recula.»
(Antoine Volodine, Nos Animaux préférés, p. 143-144)

« [...] tout le bois et toute la houille se seront convertis en acide carbonique — et aucun être ne pourra subsister.
— Nous n'y sommes pas encore, dit Bouvard.
— espérons-le !, reprit Pécuchet.»
(Gustave Flaubert, Bouvard et Pécuchet, 1881)

Commentaires

1. Le mercredi 3 mai 2006 à 12:30, par Bartlebooth :

J'allais dire : faut être maso pour écouter Angot en promenade, voire ne serait-ce que des émissions littéraires : perso, j'aurais balladeur ou lecteur mp3, j'écouterais des choses qui pulsent un peu plus...
Je rectifie : - j'allais dire : haha cette interview, merci berlol, qu'est-ce qu'elle m'a fait rire l'angot !, mais non : - faut être sacrément maso ou sous stupéfiant pour la réécouter en promenade
haha

2. Le mercredi 3 mai 2006 à 12:31, par Bartlebooth :

haha,
merci berlol, vraiment, je me marre à la réécouter

3. Le mercredi 3 mai 2006 à 12:38, par Bartlebooth :

etc, parce que tout ça, et voila

4. Le mercredi 3 mai 2006 à 16:23, par Berlol :

Caustique, ce soir ! (ou bourré ?)
D'ailleurs, la critique est (trop) facile... C'est même un peu décevant.
Ceci dit, tu mets ce que tu veux dans ton baladeur. Des années durant, j'ai mis de la musique qui pulse, comme tu dis. Mais ça finit par avoir un effet soporifique, et la musique est dénaturée par l'écoute réduite aux seules oreilles. Alors que la parole...



Jeudi 4 mai 2006. Humains qui amblent majestueusement.

Dangereuse spécularité... avec des bons morceaux dedans. Ou cet excellent papier. Mes lectures du matin.
Et puis il faut quand même que je travaille (de 7h à 9h, mêmes horaires le soir d'ailleurs).

Après le petit-déjeuner, avec T. dans le soleil et les rues tranquilles (pont entre deux jours fériés), retournons à Korakuen où elle veut visiter un magasin de bricolage. Au passage, j'achète une Rover. Oui, enfin, je l'avais un peu prévu et puis j'hésitais entre une rover et une MG, j'avais besoin de l'avis de T., puisqu'elle pourra en bénéficier aussi, après tout, si elle veut. Le problème de la MG, que j'essaie sur le stand, c'est qu'il faut un peu garder les bras pliés pour conduire, la distance est plus grande avec la Rover, c'est plus confortable. Et puis les changements de vitesse de la Rover sont plus souples. Normal, c'est du matériel japonais. D'ailleurs, elle fait presque deux kilos de moins que la MG. Pendant ce temps, T. filme la scène : quand je fais demi-tour dans les dix mètres réservés aux essais alors que la foule circule autour, quand je demande en japonais comment on fixe le porte-bagage, quand j'explique que je vais la garer sur le balcon suite aux petits problèmes avec la copropriété...
Le marchand me montre comment la plier ; je l'aide un peu mais c'est simple. L'avis de T. est tout à fait positif, comme ça elle pourra elle aussi se remettre à la bicyclette, un peu, avant de décider une bonne fois pour toute si elle en veut une elle aussi. Livraison le 22 car ce stand Import Bicycle Fair installé dans le centre commercial et de loisir Laqua a pas mal de succès, et puis nous on ne peut pas le 19.

Enfin, on a trouvé la Fève. Pour déjeuner. Il s'agit d'un petit restaurant italien de Kasuga (tout près de Korakuen), qui porte un nom français et dont on avait repéré une autre enseigne vers Suidobashi. Plats de pâtes très bien servis, goût recherché et menus originaux, avec un service sympathique, la fève, quoi !

Visite du grand et beau jardin de Koishikawa Korakuen, très chinois, on s'y perd, pour revenir vers la littérature : outre du muguet fragrant dans un coin, nous y trouvons des quantités de très belles fleurs tigrées nommées shaga... de nombreux humains qui amblent majestueusement mais aucun de nos animaux préférés.

« Résumé : Recueil de nouvelles qui sont mises en rapport les unes avec les autres mêlant également des poèmes (shagga) et leurs commentaires. La structure de l'ensemble est pyramidale et organisée thématiquement. Ces contes mettent en scène des animaux : des crustacés, un éléphant, des poissons femelles et une sorte de harem à l'animalité incertaine.»

Ce résumé est complètement faux, sauf peut-être les huit derniers mots.

Commentaires

1. Le jeudi 4 mai 2006 à 09:58, par alain :

Faut absolument aller lire ce que collecte et ce qu'écrit Bartlebooth de et sur Brisset. C'est formidable. Moi aussi j'adorais depuis l'Anthologie de l'humour noir où je l'avais lu en premier.

J'écris ça là, je ne devrais pas.
Faudrait que je parle de musique avec Bartlebooth aussi.

Angot, j'en reviens pas que ça puisse te faire un effet quelconque, cher hôte.

2. Le jeudi 4 mai 2006 à 10:57, par k :

bah moi je l'aime aussi angot berlol

3. Le jeudi 4 mai 2006 à 17:48, par Berlol :

En effet, Bartlebooth sur Brisset, c'est top. Je l'avais mis en lien le 29 mars, déjà...
Sur Angot, c'est moi qui trouve suspect le blocage que beaucoup font. C'est à se demander s'ils ont ouvert un livre, ou s'ils ne seraient pas restés bloqués sur une certaine image médiatique, et quelques lignes lues en librairie avec le front déjà buté de ceux qui ont choisi leur camp avant de commencer. Décrispez-vous ! Libérez-vous ! Il y a certes une dimension hystérique dans l'écriture angotienne, mais elle en fait quelque chose de tout à fait considérable. Ma suspicion porte justement sur ce rejet de la dimension hystérique qui serait comme un réflexe, et donc regrettable...
Sinon, hé bien, qu'on me laisse avoir des goûts divers. J'ai déjà dit, d'ailleurs, pour la barre trop haute, n'est-ce pas ?...

4. Le jeudi 4 mai 2006 à 22:02, par alain :

Oui, Angot, peut-être l'image trop présente. Sinon, non, tu n'as pas le droit d'avoir des goûts divers. Je suis le redresseur de goûts. Barre toujours trop haute. Non mais.
Quant à se libérer ! Se libérer de quoi ? d'a priori ? de jugements à l'emporte-pièces ? Bien au contraire. Soyons crispés. Vivons crispés.
Aux chiottes, Angot ! Aux chiottes, la liberté !

D'ailleurs (pourquoi d'ailleurs ?), je viens de tomber dans Absalon, Absalon. Ah lala.

ce matin, 4 heures 25.

5. Le vendredi 5 mai 2006 à 00:44, par arte :

Une petite chouette est née. 4 cm, 8 grammes. elle fait "psi psi" (sans y hein !).
Une chouette effraie.

je vous tiens au gaz !

6. Le vendredi 5 mai 2006 à 02:49, par Berlol :

Alain, merci de m'étayer. Ça fait toujours réfléchir. Absalon, Absalon, total respect. Dans le firmament, parallèle à Beckett, se rejoignent à l'infini.
Arte, c'est chouette, une chouette ! On ! veut ! une photo !!! 8 g, comment tu sais ? Tu l'as pesée ?
A+

7. Le vendredi 5 mai 2006 à 04:54, par Bartlebooth :

Sur Angot. D'abord dire que je n'étais pas caustique, un petit peu bourré, soit, ce qui n'explique rien. Et qu'il n'est pas non plus question de crispation : je me crisperais à me retenir de rire en l'écoutant.
Ceci dit, c'est vrai qu'il y a une sorte de blocage, pas vraiment un : je ne résiste pas à sa lecture, elle m'indiffère. J'ai pu la feuilleter en essayant de mettre de côté l'a priori, parce qu'on me disait : Angot, c'est pas si mal que ça, il s'y passe quelque chose. Mais non, vraiment, elle ne m'intéresse pas. J'ai assez à lire pour encore me forcer avec Angot et tâcher d'y trouver le minuscule qui me contenterait, d'ailleurs je l'ai déjà ce minuscule : elle a une manière intéressante de lire sa prose creuse.
Plus que le rejet que tu nommes, Berlol, l'hystérie en question est elle-même réflexe et rejet. A savoir si elle est regrettable, je ne sais pas. Certainement oui en ce qui concerne l' "image médiatique".
Sinon, je ne vois pas de problème à ce qu'on apprécie la prose d'Angot, qu'on la trouve "pas si mal" ou "considérable", d'autant plus que je ne l'ai pas vraiment lue. Ce dernier aveu est une condescendance car je défends l'idée que lire, même et surtout avec méfiance, quelques pages ou lignes en librairie, c'est lire : je ne suis pas obligé de me taper le bouquin pour me faire une idée aussi valable que celui qui le lit attentivement de bout en bout ; et même pire/mieux : je ne suis pas obligé non plus d'en avoir lu un moindre mot. Là aussi, c'est mettre la barre trop haute, s'il faut absolument dépasser le stade de l'entretien radiophonique risible, au contenu incroyablement pauvre, où l' "image médiatique" semble être un reflet fidèle d'une littérature crispée sur le médiatique, la réception, les critiques qui lui sont faites. Et elle, quand s'en libère-t-elle ?

8. Le vendredi 5 mai 2006 à 04:56, par Bartlebooth :

Merci de la recommandation publique, Alain. Tu dois avoir mon e-mail, tu peux écrire pour parler musique et autre.

9. Le vendredi 5 mai 2006 à 05:27, par Berlol :

Merci, Bartle. Je suis assez d'accord avec ce que tu dis sur le droit de lire comme ci ou comme ça, le temps qu'on n'a pas, etc.
En fait, les 3, 5 ou 7 qui commentez de temps en temps et depuis longtemps, je sais à peu près comment lire / interpréter ce que vous m'écrivez, même en mode très elliptique / lapidaire. En revanche, des lecteurs de passage se prennent régulièrement les pieds dans le tapis... Vous me direz, c'est de leur faute, ils n'ont qu'à lire plus attentivement, remonter en arrière, fouiller l'index, etc. M'enfin quand même, sans leur mâcher tout le boulot, si on peut éviter les grosses méprises...

10. Le vendredi 5 mai 2006 à 06:26, par alain :

Je suis donc ici en 1 et 4. Bon, ben, c'est moi. Mince de mince !

11. Le vendredi 5 mai 2006 à 06:47, par arte :

8 grammes, c'est rapport à la densité du poussin par rapport à l'oeuf.
Est-il possible de mettre une photo ici ???

12. Le vendredi 5 mai 2006 à 07:02, par Berlol :

Euh, en fait, je ne sais pas si on peut mettre une photo en commentaires... Je crois que non.
Tu peux pas mettre ça sur ton site ? Ou m'envoyer par mél pour que je la mette dans le billet du jour ?

13. Le vendredi 5 mai 2006 à 10:33, par Aline :

C'est ça, on va remonter en arrière et fouiller l'index... comme si on avait que ça à foutre !

14. Le vendredi 5 mai 2006 à 12:45, par arte :

Tant qu'on ne nous demande pas de fouiller l'arrière avec l'index ...

(Je sais, c'est cochon, mais tant qu'à faire parler de foutre !).

(laisse, Berlol, moi qui adore t'attaquer, j'aime aussi attaquer ceux qui attaquent... La fauconnerie (la bien nommée) me donne de petites poussées de prédation...).

15. Le vendredi 5 mai 2006 à 12:51, par arte :

Je précise à Aline que la contre attaque serait vaine, je la négligerai comme une merde. (petite guaneuse va !i).

16. Le vendredi 5 mai 2006 à 15:12, par cgat :

merci berlol pour le lien en forme de " quand même " de ce billet ...
Il y a de toutes façons travail et travail : en dépit de mes citations nietzschéennes je travaille aussi pas mal, et même s'il m'arrive de le déplorer, c'est le plus souvent du travail que je m'impose à moi-même.
En même temps lire Molloy (ou Angot, que j'aime bien aussi même si ça ne se fait pas dans mon entourage (pour répondre à bartlebooth elle me semble justement assez libérée des médias, qu'elle maîtrise fort bien) ) est-ce du travail ?
bon, j'arrête là les enchâssements de parenthèses peu compatibles avec le commentaire en bas de post ...



Vendredi 5 mai 2006. Le sens des pierres à sucer...

« Votre « sang n'a fait qu'un tour », dites-vous, « à la lecture d'un article de journal » ? De quel sang parlez-vous ? Et de quel tour s'agit-il sinon de ces tours que nous jouent les fantômes et dont Kafka disait qu'ils retournaient les mots dans sa main.» (Extrait de l'article de Christian Salmon aujourd'hui dans Libération, Interdit d'interdire Handke, relatif à la déprogrammation de Peter Handke de la Comédie française par Marcel Bozonnet)

le sang          le mur
chaque fois qu'il est question de sang
on va dans le mur

Au-delà du choix à faire (?), invoqué facilement, entre l'homme et l'œuvre, il y a un autre choix au fond de chacun. Entre l'éthique et l'esthétique, et lequel a priorité. Et d'être cohérent avec soi-même, d'avoir un système.
Suis-je quelqu'un qui donnera toujours priorité à l'éthique — l'esthétique fût-elle sublimement je-ne-sais-quoi ? Suis-je de ceux qui donneront toujours priorité à l'esthétique — l'éthique fût-elle détestablement je-ne-sais-quoi ? Voudrais-je qu'éthique et esthétique toujours s'accordent ? Et qu'est-ce que ça veut dire ? M'enfermerais-je, me draperais-je dans une époche, une retenue pour réfléchir (pendant que les orages passent, après on ne me demandera plus mon avis, je le donnerai peut-être, intempestif et superbe) ?

Marre du feuilleton des eaux claires ! Mon Dieu, la tête de Villepin, ces jours-ci ?!

Ici, c'est presque l'été. Énième relecture de pages de Molloy, pour le cours de demain matin. Mais sur le balcon, cette fois, au soleil, crayon en main, long drink tintant de glaçons à côté. Ça vous change le sens des pierres à sucer... Et puis, une heure après, pour alterner en beauté, quelques pages de Volodine.

Commentaires

1. Le vendredi 5 mai 2006 à 10:25, par grapheus tis :

En eaux plus que troublées avec la polémique autour de Handke !
« C'est le propre de la barbarie de propager l'inhumanité jusque dans le camp de ceux qui la condamnent. »
(Vaneigem - Rien n'est sacré, tout peut se dire)
Quand Handke franchit-il la limite ? Quand est-ce que, moi, qui le juge, je franchis la frontière ?
Ne sais pas ! Ne sais plus !

2. Le vendredi 5 mai 2006 à 10:44, par Aline :

chaque fois qu'il est question de sang
on va dans le mur

Ah bon ?!? dans quel sang (sens) ?

Ecris avec ton sang

3. Le vendredi 5 mai 2006 à 10:45, par Aline :

et moins avec ta tête

4. Le vendredi 5 mai 2006 à 12:54, par arte :

Oui, fais comme Aline, trempe l'index dans l'arrière, et écris avec l'index ...

5. Le vendredi 5 mai 2006 à 13:28, par ck :

Je ne peux pas. Impossible de cautionner une oeuvre, si belle soit-elle, lorsqu'elle condamne l'homme, l'autre. Idem pour les éditeurs. Stagiaire, je suis tombée par hasard sur une maison d'édition dite libertaire qui en réalité était négationniste, avait participé à la publication de la thèse de Faurisson. Ces gens-là ont aujourd'hui pignon sur rue. On ne peut pas accepter la publication de textes pareils. C'est insidieux, sincère, suffisamment pour paraître anodin, et convaincre les masses du bien-fondé du meurtre collectif. C'est ignoble. Et l'esthétisme fait partie de cette sincérité-là. Inacceptable.

6. Le vendredi 5 mai 2006 à 14:47, par Philippe De Jonckheere :

Sûrement que j'aurais préféré avoir Char dans mes amis que Céline, mais je préférerais toujours lire Céline, tandis que Char ne me fait pas grand chose.

Pour moi Marcel Bozonnet est un sot, qui fait semblant de découvrir que Handke sent le souffre (ce n'est pas exactement d'hier que Handke s'entête sur la question serbe). Et qui du coup s'offre le plaisir de parler dans les micros qu'on lui tend, ce qui est amusant c'est qu'il y parle presque aussi mal qu'un cycliste à qui on fait la même chose (tendre un micro __ j'essaierais de faire fois la prochaine mieux).

Handke on peut avoir envie de le mettre au ban, mais le censurer c'est se priver d'une écriture extrêmement singulière. J'ai toujours été sidéré de ne connaître que deux personnes qui avaient été transformées par la lecture de "mon année dans la baie de personne". Dans ma bibliothèque très mal rangée, je crois qu'il n'est pas loin de "la recherche", c'est à moitié un hasard, en tout cas c'est un voisinage qui n'est pas incongru. Pas pour moi en tout cas.

A part cela Handke est sûrement un très vilain monsieur, je n'irais jamais ramasser des champignons avec lui, mais qu'est-ce qu'il écrit bien! Doit on faire une liste des êtres parfaitement méprisables par excellence et qui ont laissé derrière eux des oeuvres indispensables. Il y aurait alors ceux qui ont mal vécu mais écrit sublimement, ceux qui ont bien vécu mais n'ont pas laissé des écrits fondamentaux, ceux qui ont à la fois bien vécu et laissé des écrits magnifiques derrière eux (Louis-René des forêts par exemple) et puis il y a ceux, en fait très nombreux quand on y pense, qui ont à la fois mal vécu et mal écrit.

Amicalement, Constance, Faurisson n'écrira jamais une ligne comme la plus mauvaise des lignes de Handke, on ne pourra jamais se tromper sur cette question. De même les pamphlets antisémites de Céline cumulent à la fois d'être odieux et d'être très piètrement écrits.

7. Le vendredi 5 mai 2006 à 20:25, par Aline :

Cher Arte, c'est avec plaisir que je te fouillerai l'arrière avec l'index ...

8. Le vendredi 5 mai 2006 à 22:48, par Artichaut :

"Je ne plaisante pas avec les porcs"
R.Char

9. Le vendredi 5 mai 2006 à 23:27, par le consul :

Le plus grave ne sont pas les propos de Handke, les thèses négationnistes, les idées malsaines... mais le fait que personne n'y réponde intelligemment. La démocratie c'est le droit de tout dire, mais aussi le pouvoir de répondre à tout... et aujourd'hui on a bien du mal à répondre... à moins que la fascination soit très insidieuse...
A Faurisson, Pierre Vidal Naquet a apporté la réponse la plus juste et la plus radicale. Qui répond aujourd'hui à Handke, Louise L. Lambrich sans doute...
www.inventaire-invention....

les écrits antisémites de Céline ne sont pas mal écrits... c'est là le problème aussi...

10. Le samedi 6 mai 2006 à 02:03, par arte :

Chère Aline,
"avec plaisir" et "avec l'index"... hummm, votre langue, madame... encore !!!
je note le futur à "je te fouillerai l'arrière". Je l'espère proche...

11. Le samedi 6 mai 2006 à 03:21, par Berlol :

"Avec plaisir et l'index..." Voilà un beau zeugma, ou je ne m'y connais pas ! Aline, suivez le lien d'Arte et allez faire vos affaires là-bas... Vous nous raconterez après...

Merci au "consul" de relever le niveau. Ceci dit, on est aussi dans la m... avec cette histoire. Je mets en ligne une émission des Matins de France Culture du 5 janvier 2005 dans laquelle Louise L. Lambrichs disait très clairement sa position. Émission que Bozonet n'avait pas dû écouter, sinon...
À ceux qui se demandent (encore) quelle est ma position (parce qu'il ne l'ont pas encore inférée du JLR), je répondrai que, passée une nécessaire période de réflexion, d'écoute, de lecture (Lambrichs et Olivier Py, par exemple) et de décantation (sas d'époche contre la réaction sanguine (joli fruit)), je reste de ceux qui font passer l'éthique avant l'esthétique.
Je comprends la déprogrammation pour ne pas cautionner institutionnellement les positions politiques de Handke (je ne comprends pas bien qu'il y ait eu programmation, d'ailleurs, puisque ces positions ne sont pas nouvelles, comme le rappelait ci-dessus Philippe — ce qui était peut-être le sens de la citation de Char par Art-t'es-chaud...). En revanche, il devient urgent de lire ou relire Handke, à tête reposée (et non pas avec le sang battant aux tempes des guerrier(re)s) — et peut-être pas seulement pour admirer la beauté ou le génie de l'écriture.

12. Le samedi 6 mai 2006 à 04:50, par le pseudo est obligé ? :

ce M6 ou je ne sais quoi, est-ce vous-même, Berlol, ou vraiment un quidam acharné à détruire votre blog depuis des mois quiconque y vient s'exprimer ? et je ne parle pas en mauvaise part, si je reviens ici c'est que j'y trouve mon compte - mais on aimerait compagnie, dans la mesure où elle s'incruste systématiquement, de meilleur aloi

13. Le samedi 6 mai 2006 à 04:52, par arte :

Mouaiii, ben moi, parler de position, ça m'excite !

Non, sincèrement, ceux qui jugent Bozonnet ne sont pas à la place de l'homme qui devrait nécessairement, un soir de première, serrer une main qui le dégoûte. Fut-elle celle d'un écrivain !
Idem concernant le mépris pour les cyclistes (mais oui mais oui, c'était une "image") : faites nous une belle déclaration sur l'esthétique à l'arrivée du mont Ventoux, et après on en reparle !

Simul et Singulis : « être ensemble et être soi-même » : C'est la devise de la troupe du Français. Voila la position de son administrateur ! Être soi-même. Voila un homme qui ne se contente pas de faire partir les trains a l'heure !

Handke voulait un débat, il l'a. Et on a le droit d'être en désaccord avec lui.
La censure serait d'interdire à un homme qui le serait (en désaccord) d'agir en conséquence. En l'occurence, c'est LUI, cet homme, qui dirige le théatre de la Comédie Française. Pas vous. Et voila un acte de DIRECTION de théatre... Après le ventoux, vous pouvez toujours tenter de postuler à la fonction !

Et je le remercie d'avoir fait entrer Novarina sur la scène de Richelieu !
(que je préfère à Handke... chacun son Poulidor).

P.S : Aline, vous faites du vélo ?

14. Le samedi 6 mai 2006 à 14:17, par k :

et v'la t'y pas qu'il va crié aline pour qu'elle............
j'croyez que ce que vous aimiez c'était quand on disparaissez tel les empreintes que le ressac efface sur le sable, faut savoir aussi
moi le ressac, les vagues,maintenant le sable ne m'égratigne plus, je m'y frotte juste un peu histoire d'avoir la peau douce

15. Le samedi 6 mai 2006 à 22:43, par Aline :

Ar, t'es chaud ! j'te farfouille !
avec l'index
et plus si humidité

16. Le dimanche 7 mai 2006 à 00:25, par le consul :

sauf que handke tient ses propos depuis des années... et aujourd'hui on les découvre, et on déprogramme... fallait pas programmer, et là il n'y avait pas de "censure"...

17. Le dimanche 7 mai 2006 à 00:33, par Berlol :

Oui, c'est pour ça que je dis que Bozonnet n'avait pas dû écouter l'émission avec Lambrichs (par exemple) et que je ne comprends pas non plus qu'il y ait eu programmation... (D'où l'avis de Philippe que Bozonnet est un sot...).

18. Le dimanche 7 mai 2006 à 00:36, par arte :

Sot ET courageux.

19. Le dimanche 7 mai 2006 à 00:37, par Berlol :

Mmoui... parce que c'est toi !...


Dans le Figaro du 5, article de Marion Thébaud :
« BEAUCOUP d'émotion hier à la Comédie-Française. Officiellement, Marcel Bozonnet, son administrateur général, évoquait la saison prochaine, mais la presse attendait surtout ses propos concernant la déprogrammation de la pièce de Peter Handke (nos éditions d'hier). D'entrée, il a affronté l'événement, très ému, indigné. « J'ai repassé le film de ces dernières années, de 1990 à nos jours. J'ai replongé dans l'horreur, dans ce nettoyage ethnique. J'ai été scandalisé par ce que Peter Handke disait, remettant en cause le travail des historiens, des correspondants de guerre. Peter Handke bafoue tout le monde. Je respecte la presse, ses spécialistes dramatiques, mais je respecte également les correspondants de guerre. Ce qu'ils ont rapporté mérite d'être analysé et non pas nié comme le fait Handke.»
Ne connaissait-il pas l'opinion d'Handke ? « Bien sûr mais quand Bruno Bayen m'a proposé la pièce, Handke ne s'était pas encore rendu coupable d'un acte décisif. Assister aux obsèques de Milosevic et tenir les propos du genre : « Le prétendu monde sait tout sur Milosevic. Le prétendu monde connaît la vérité. C'est pourquoi le prétendu monde est aujourd'hui absent. Le prétendu monde n'est pas le monde. Je sais que je ne sais rien. Mais je regarde. J'écoute... Je me souviens. Je questionne. C'est pourquoi je suis ici présent, près de la Yougoslavie, près de la Serbie, près de Slobodan Milosevic.» Cela m'a indigné. C'est une prise de position personnelle, que j'ai prise en conscience.» Lui, censeur ? Là encore, il se révolte : « Je ne suis pas un préfet. Je n'interdis pas qu'on mette en scène Peter Handke, mais je refuse d'inviter à la Comédie-Française un homme qui ne respecte pas les valeurs essentielles. C'est un problème éthique.» Pour finir, il a admis : « J'ai commis une erreur, c'est de programmer cette pièce.» Bruno Bayen refusant de mettre en chantier un spectacle de remplacement, c'est Marcel Bozonnet qui mettra en scène Orgie de Pasolini, en janvier, au Vieux Colombier.»

20. Le dimanche 7 mai 2006 à 01:45, par Aline :

à la Comédie-Française, on ne fouille pas assez l'index

21. Le dimanche 7 mai 2006 à 02:32, par k :

non plus daans la comedie del arte

22. Le dimanche 7 mai 2006 à 02:42, par Aline :

al fondo del arte

23. Le dimanche 7 mai 2006 à 04:38, par le consul :

si on fait passer l'éthique avant l'esthétique, on ne donne pas le prix goncourt à Proust, mais à Dorgelès... et pourtant ce fut l'inverse...
l'idéal c'est quand il y a les deux... c'est sûr. Mais l'éthique change aussi, parfois, souvent...
et la pièce de Handke est elle porteuse d'un message douteux et nauséeux, non ?? alors ??



Samedi 6 mai 2006. Transcendance atteinte, même brièvement.

Institut franco-japonais de Tokyo, 9h30, plein soleil pour la reprise du cours sur Molloy de Beckett, p. 91-100 de l'édition Double, soit la vie sur la plage, où il est question des suçages de pierres.
Il se trouve qu'après les « molys de la Lousse » (p. 72) et quelques mentions comme Ulysse, Geulincx, cénesthésie ou pandémonium, nous sommes autorisés à penser que Molloy a été cultivé, qu'il est plus proche de l'ermite savant (voire philosophe) que d'un crétin clochardisé par accident de la vie. Son idée, son envie, son besoin de sucer des pierres n'est donc peut-être pas totalement un truc inventé par hasard. De plus, il ne nous a pas habitués à se passionner pour quelque chose. Le voir échaffauder des systèmes, des martingales, et voir circuler, outre des pierres, des concepts, n'est donc pas indifférent. Ce n'est pas du remplissage pour « noircir encore quelques pages » (p. 91), mais bien quelque chose d'essentiel basé sur l'efficacité (du calcul et de la prévision) et la beauté (élégance et symétrie).
Mais en développant sa pensée, Molloy découvre qu'efficace ne rime pas toujours avec beau, qu'il faut souffrir de renoncer à l'élégance du concept opératoire pour être performant. Et ça, ça lui déplaît souverainement. Aussi, après avoir cherché passionément une solution pour être sûr qu'aucune pierre n'échappe au cycle de suçages et de changements de poches, il les abandonne sans regret. Il subit la tentation de la praxis, comme le dit Denis Gauer dans sa thèse, et la repousse comme Ulysse résistait au chant des sirènes...
Resterait à savoir pourquoi sucer des pierres (précisément) ? Pourquoi commencer ou quand finir de sucer telle ou telle ? Y a-t-il par dérision un jeu de mots sur la parole de Matthieu : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église » (Matthieu, 16, 18) ? Un substitut du sein maternel ? Est-ce un rite cosmogonique ? Une pratique taoïste ?
Quoi qu'il en soit, une transcendance atteinte, même brièvement, par un rite matériel et organique, voilà qui n'est pas très catholique...

Du Saint-Martin au Faubourg Saint-Martin...

Pour refroidir mon moteur qui a un peu chauffé, on le voit, rien de tel qu'un déjeuner au Saint-Martin avec T. et Manu qui a fait le déplacement pour se taper enfin la salade aux gésiers qu'il convoitait depuis l'an dernier... Un bon moment de causette en compagnie d'une bouteille de bordeaux, qui se prolonge jusqu'à l'Institut où Manu retrouvera presque tous ses anciens collègues jusqu'à une heure avancée de l'après-midi, où T. et moi irons saluer Kuniko à la médiathèque, où j'emprunterai le Nom des singes de Volodine pour moi et Alto solo en japonais pour T. avant d'aller m'enfermer dans l'Espace Images voir un film d'un cinéaste totalement inconnu de moi jusqu'à ce jour, Jean-Claude Guiguet et son Faubourg Saint-Martin (1986) — étonnant mélodrame de la jalousie ordinaire, prétexte à montrer les rouages d'un hôtel un peu spécial. Françoise Fabian et Patachou y sont excellentes.

« On était amoureux des mêmes cinéastes et des mêmes films. Ensemble, nous avons revu tout Pasolini, dont on admirait l'univers. Je me souviens d'un soir où il m'avait emmenée voir Salò. Je trouvais le film tellement prémonitoire, tellement visionnaire, que j'étais bouleversée. Il avait dû me consoler toute la soirée.» (Françoise Fabian, interview au sujet de Jean-Claude Guiguet, propos recueillis par Jean-Marc Lalanne, dans Les Cahiers du cinéma ? — faut que je demande la référence du poly...).

Commentaires

1. Le samedi 6 mai 2006 à 09:29, par le pseudo est obligé ? :

était-ce votre poulet frites ? saucisson de cheval ? boudin pommes ?

2. Le samedi 6 mai 2006 à 17:30, par Berlol :

Moi, poulet-frites, T., moules-frites. Voyez ! Quand je ne le dis pas, on me le demande... ;-)



Dimanche 7 mai 2006. C'est un dimanche ou c'est pas un dimanche ?...

Bouclage d'un article... Je ferai ma journée demain.

Le lendemain pour la veille.
Nouveauté du ping-pong : Katsunori m'a proposé hier d'aller jouer avec Hisae dans une salle de Takadanobaba. C'est à deux stations, donc pratique. Et puis, j'ai habité à la station suivante, Ochiai, pendant quatre ans, alors il y a un petit côté pélerinage à venir au rendez-vous devant Big Box...
Mais quelle surprise ! C'est dans les ruelles de pachinkos et de love-hotels qui entourent la gare, un petit bâtiment en bois, comme une salle de kendo, avec personne, ce matin, et quatre tables... mais pas de climatisation, ce dont on s'aperçoit après une demi-heure de jeu, quand la transpiration perle et que ma défaite se profile — hélas — clairement. Pour aujourd'hui, ça passera, d'ailleurs il pleut. Mais en juillet, ça ne va pas être possible...
Essuyé, séché, changé, on se remouille dehors pour arriver au restaurant turc que propose Katsunori, Deniz, où l'on retranspire de plus belle — c'est sympa et c'est bon !

Après un bain en écoutant le 5e épisode de l'histoire de la Nouvelle Vague, quand tout commence vraiment (pour Freud et ses 150 ans, on verra plus tard), retour devant l'ordinateur pour boucler l'article que j'avais promis à Grapheus Tis pour la fin avril... Il y est question de ce qui se donne encore littérairement dans le réticule quand presque tout est devenu commercial. J'en reparlerai le moment venu. De 15 heures à 2 heures du matin, je ne décolle pas de l'écran, sauf pour un rapide plat de coquillettes à la ratatouille, là encore, bien relevé.

Balade réticulaire de quelques minutes pour refroidir la turbine à neurones et la mettre en sommeil...
Bardadrac, quelqu'un connaît ? C'est l'étonnant titre du dernier Genette... En allant sur le site du Seuil, je découvre la présentation de La Tentation des armes à feu par Patrick Deville lui-même ; une histoire de Mac Guffin, dit-il... Attendez une dizaine de minutes, c'est beaucoup mieux qu'au début !

Commentaires

1. Le dimanche 7 mai 2006 à 21:26, par Michel :

D'un côté, vous dites que votre blog n'est pas de la "littérature", mais une sorte d'aide-mémoire, de ramasse-miettes qui nourrit votre réflexion, et puis on tombe sur cette phrase, assez prétentieuse, non ?
"Il y est question de ce qui se donne encore littérairement dans le réticule quand presque tout est devenu commercial."
comme si ce réticule était le dernier bastion de la littérature ? On a parfois du mal à vous suivre.

(Je sens que le(s) caniche (s) de garde va rappliquer. Peu importe)

2. Le dimanche 7 mai 2006 à 22:26, par Berlol :

"comme si ce réticule était le dernier bastion de la littérature"... Ça, c'est votre lecture. Moi, je n'ai jamais dit ça. Mon expression est vague — je m'en excuse — parce que je ne veux pas révéler le sujet détaillé de cet article (encore que Grapheus en livre une "miette" sur son blog).
D'ailleurs, "ce qui se donne" est une forme impersonnelle dont vous devriez vous méfier : je ne suis pas en train de parler de moi et de ce que je donne (ce qui serait en effet assez prétentieux, le cas échéant), mais de toutes les ressources gratuites disponibles. Pour finir, quand je dis que mon blog n'est pas de la littérature, c'est parce que ce n'est pas à moi de dire si c'en est ou non, cela m'importe peu. Dans les trois épisodes de "Bouvard et Pécuchet veulent écrire un livre" (Cf. Surpris par la nuit sur France Culture), il y a une séquence où l'on demande à de vrais écrivains s'ils disent qu'ils sont écrivains. Que pensez-vous qu'ils répondent ?
On peut, certes, discuter. Mais si vous ne me lisez que pour m'asticoter et que ce que j'écris vous énerve, comme j'en ai l'impression, je ne comprends pas bien pourquoi vous revenez. Ce n'est pas moi qui vous force. A moins que vous n'y veniez malgré vous. Mais là, c'est votre problème. Pour ma part, j'ai cessé de visiter un bon nombre de blogs dont les contenus me tapaient sur les nerfs (après plusieurs vérifications parce que je crains toujours de me tromper). Et il y en a encore assez qui m'intéressent pour me bouffer tout le temps libre...

3. Le dimanche 7 mai 2006 à 23:05, par Michel :

Merci de votre réponse. Je comprends mieux ce que vous vouliez dire.

Concernant les vrais écrivains à qui l'on demande s'ils disent qu'ils sont écrivains, je ne vois pas le problème. S'ils hésitent à se dire tels, en sont-ils vraiment ? Je n'en dirais peut-être pas autant des écrivains que l'on appelle poètes : me rappelle ainsi comment Michaux ou Ponge refusaient de se dire eux-mêmes poètes. Ill y a là comme une certaine prétention à se dire poète, mais écrivain, je ne crois pas : c'est celui qui écrit, qui vit en écrivant et ne vit que d'écrire.

4. Le lundi 8 mai 2006 à 00:42, par grapheus :

Merci, Berlol, pour cette vue aigüe sur le "LittéRéticulaire" de la Toile, en souhaitant que les coquillettes relevées ont été de bon réconfort.
Les commentaires de ce jour me confirment mon hypothèse de travail quant à la place de l'Internet (la Toile) : que nous observions du côté des écrivains/écrivants (!) - ne vivre que d'écrire consacre-t-il un scripteur -, soit ; mais il importe de regarder sous l'angle du "lecteur". Et là, se pose et se repose, depuis l'alphabétisation de nos sociétés, le "lecteur" SAIT-IL lire ?

5. Le lundi 8 mai 2006 à 02:17, par Michel :

En effet, on préfèrerait parfois être analphabète, ou lire par exemple ceci de Michaux dans "Poteaux d'angle" :
" Dans une époque d'agités, garde ton "andante". En toi-même redis-toi toujours : "Davantage, davantage d'andante", tâchant de t'amener où il faut que tu arrives. Sinon, précipité, tout devient superficiel. Les indignés du moment n'y échappent guère, pressés qu'ils sont, afin de n'être jamais en retard d'une indignation. Leurs voix aussi ont trop d'aigu."
Faut-il se fatiguer à se demander si le lecteur sait lire ? ou faut-il se demander ce qu'un écrivain écrit ?

6. Le lundi 8 mai 2006 à 04:14, par Berlol :

両方... (les deux...)

7. Le lundi 8 mai 2006 à 05:00, par Michel :

?? Pardon, je ne connais rien de rien au japonais, mais je subodore cependant que vous voulez probablement dire "les deux à la fois", non ??
Je crois que la première préoccupation est une perte de temps, stérile, et une aliénation, écart par rapport à l'essentiel. Si vous écrivez et vous préoccupez du lecteur (sait-il lire ? que va-t-il comprendre ? que veux-je lui dire ? etc.), il y a fort à craindre que vous ne vous préoccupiez, même inconsciemment, de l'effet que vous allez produire, bon ou mauvais : vanité. Etre dans l'élan, spontané, sans ombre, sans miroir. Cette lecture récente de Michaux n'a fait que me confirmer dans cette conviction intime.
Il y aura toujours, quelque part, des lecteurs qui savent lire, et même s'ils ne comprennent pas tout, peu importe. De toute manière, ce que vous écrivez vous échappe et ne vous appartient même pas.
"Mes propriétés" ?

8. Le lundi 8 mai 2006 à 05:05, par Michel :

Petite précision au passage : je ne voulais pas vous asticoter, et si je suis revenu, c'est que je trouve bien quelque intérêt à votre journal.

9. Le lundi 8 mai 2006 à 05:47, par Berlol :

Merci. J'avais choisi "asticoter" parce que ça peut se faire tout en portant de l'intérêt...
Ce qui vous fait rejeter la première de vos propositions, c'est peut-être que vous vous mettez seulement dans la position de celui qui écrit, et qui, c'est mieux, en effet, n'a pas à se préoccuper de son lecteur (j'y souscris, Cf. 3e aporie, ou "qui ignore ses lecteurs / protège sa candeur"). En revanche, ce qui me fait dire "les deux", c'est qu'il m'arrive, en chercheur littéraire et quelque peu linguiste, piqué de sémiotique et de pragmatique, de vouloir comprendre comment fonctionnent la lecture et les lecteurs, selon leur conformation, leur humeur, leur culture, leur langue, etc. C'est comme cela que je me permets ensuite de guider des lecteurs, notamment des apprenants de français, pour mieux "lire" quelques œuvres littéraires, comme Beckett ce trimestre...

10. Le lundi 8 mai 2006 à 06:52, par Michel :

Très bien



Lundi 8 mai 2006. Limite floue entre l'indécidable et l'impossible.

Cette fois, Daniel Schneidermann a franchement été lourd — Chloé Delaume réussira-t-elle à synthétiser les protestations ? Il y a une interrogation suspicieuse et presqu'à charge (un interrogatoire ?) contre Denis Robert, au sujet de la première affaire Clearstream (la deuxième, l'actuelle étant peut-être un leurre pour masquer de bien pires agissements) — et aucune contre-enquête proposée par l'émission ! DS se permet même des insinuations franchement injurieuses. Ce sont les limites d'Arrêt sur Images : quand on n'analyse pas les images mais qu'on met en direct une personne sur la sellette. Regrettable. Il faut attendre 1:13:00 de vidéo pour qu'un message concret se fasse jour et que Denis Robert renvoie ses interlocuteurs dans les cordes. Peut-être était-ce nécessaire ?, me dis-je, finalement... Mais quand même. Limite.

Intéressantes séquences télévisées avec Patrick Modiano, sur le site de l'INA, signalées par le réseau Modiano.

Même si je n'ai pas été très performant aujourd'hui, d'ailleurs le ciel non plus puisqu'il pleuvait novembreusement, je me souviendrai quand même volontiers d'une petite heure du GRAAL consacrée à quelques pages de Balbutiar (p. 59-79 de Nos Animaux préférés d'Antoine Volodine), quand nous identifiions et différenciions ce qui venait d'un pédant récitant (volutes de style pour ridiculiser les conférenciers) et ce qui émanait formidablement de l'écrivain, redoutable dans la précision avec laquelle il se met à la limite floue entre l'indécidable et l'impossible — Balbutiar a les omoplates soudées au rocher, mais il a aussi des élytres, des pattes et des mandibules, ses viscères suent de panique, il se met à baréter et à glapir (p. 60-61, pour ne prendre que cela)... sans que jamais ces membres ou propriétés nous permettent de comprendre comment est l'animal. Au Palafox dont la forme évoluait au gré des vocables d'Éric Chevillard (Cf. Palafox, Ed. Minuit, 1990), Volodine oppose le Balbutiar dont la forme a priori fixe (figée, même...) reste inconnaissable, au sens propre inimaginable — ce qui pourrait bien être une mise en abyme discrète des œuvres de Volodine (en tout cas, celles que je connais pour l'instant), dans lesquelles l'image précise de ce qui est décrit reste inaccessible et devient le moteur même de la lecture.

Commentaires

1. Le mardi 9 mai 2006 à 08:37, par arte :

Cher Berlol. Xixibelle va bien. Stop. La maman huante. Stop. Photo à suivre. Stop. Rien compris aux débat précédent pr&